Télévision Santé - Pour réfléchir - Vidéos & transcriptions écrites d'émissions de télévision
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Tv Santé
Vidéos & Transcription écrite d'émissions de télévision

PRÉSENTATION - ÉMISSIONS RELATIVES À LA SANTÉ -

ÉMISSIONS RELATIVES À L'ALIMENTATION/L'HYGIÉNISME - ÉMISSIONS RELATIVES AUX VOYAGES - ÉMISSIONS RELATIVES À PIERRE RABHI

 

Thèmes : CANCER & Les guérisseurs - SOURDS & La surdité - VIANDE & Nourriture animale - VIN & La biodynamie

 

- 2.09.2014 L'URGENCE DE RALENTIR sur Arte. Dossier avec la transcription écrite au lien : http://www.conscience33.fr/urgence-de-ralentir.html
Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps.

- ÉMISSIONS CONCERNANT L'ALIMENTATION ET L'HYGIÉNISME

*** - 29.03.2012 & 27.09.2013 : LE JEÛNE, UNE NOUVELLE THÉRAPIE ? sur Arte
*** - 31.01.2014 : LE VENTRE, NOTRE DEUXIÈME CERVEAU sur Arte : Conversation secrète de notre ventre avec notre tête grâce à… deux cent millions de neurones !
- 24.01.2014 : L'INTESTIN : cerveau des émotions sur Arte (X:enius) - Vidéo au lien : https://www.youtube.com/watch?v=f927WwKgDaE
- 27.03.2015 :AUTISME : LA NOUVELLE THEORIE D'UNE CAUSE BACTERIENNEsur Arte
Certaines recherches, peu connues du public, explorent une piste radicalement nouvelle : l'environnement...
Dossier au lien : autisme.html

- 05.07.2014 ON A RETROUVÉ LA MÉMOIRE DE L'EAU ! sur France 5 avec le professeur Luc Montagnier au lien : http://www.conscience33.fr/on-a-retrouve-la-memoire-de-l-eau.html
La découverte qu'après un contact avec une molécule, l'eau garderait en son absence ses propriétés remettrait en cause l'approche médicale actuelle. (avec transcription écrite)

- 06.05.2014 : LES POUVOIRS EXTRAORDINAIRES DU CORPS HUMAIN : "Prendre le pouvoir sur son corps" sur France 2.
Magazine. Adriana et Michel embarquent pour le Sud-Ouest, une des régions où les Français vivent le mieux et le plus longtemps.
SOMMAIRE : 1 Présentation - 2 Bains de mer à Biarritz - 3 Une alimentation saine - 4 Les recettes d’Arnaud Daguin - 5 Des exercices sportifs quotidiens - 6 Les exercices de Pierre Salamé - 7 Le sommeil et la mémoire - 8 Lutter contre le stress

- 16.09.2014 : LES POUVOIRS EXTRAORDINAIRES DU CORPS HUMAIN : "Les pouvoirs extraordinaires de notre cerveau" sur France 2.
Un reportage sur les capacités du cerveau. Au lien : tv_les_pouvoirs_extraordinaires_du_corps_humain.html
SOMMAIRE : 1 Présentation - 2 La force des émotions - 3 Les réflexes corporels - 4 L'impact des émotions - 5 Le test de quotient intellectuel - 6 L'apprentissage - 7 Les failles de notre cerveau - 8 L'hypnose - 9 Le ventre, notre second cerveau - 10 Découvertes sur le cerveau - 11 Les jeux vidéos - 12 Bibliographie

- 10.04.2014 : Vivre végan pour vivre mieux sur Arte (X:enius) - avec les vidéos au lien : http://www.conscience33.fr/tv-vivre-vegan-pour-vivre-mieux.html
Quel est l'impact sur la santé d'un mode de vie "vegan" qui exclut tout produit d’origine animale?
- 01.05.2014 : L'orthorexie sur TF1 au Journal Le 20H à voir au lien http://www.conscience33.fr/tv-alimentation-hygienisme.html#orthorexie
- 30.04.2014 : La santé par l'alimentation sur France 5 dans "La Quotidienne" à lire et à (re)voir au lien : tv_la_sante_par_l_alimentation.html
La santé par l'alimentation et... le régime du Dr Seignalet avec le Pr Henri Joyeux.

 

- LISTE DES ÉMISSIONS RELATIVES À LA SANTÉ :

- 26.05.2015SE SOIGNER AUTREMENT... sur France 5 Vidéo et transcription au lien se-soigner.html
NATUROPATHIE - HOMEOPATHIE - ACUPUNCTURE - GI GONG - MTC (MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE) - AYURVEDA -AURICULOTHERAPIE - MEDITATION - NEUROFEEDBACK
... Entre 13 000 et 30 000 décès par an, les médicaments tuent 4 à 10 fois plus que les accidents de la route...

- 13.05.2015La biodynamie - extrait de "Silence, ça pousse !" sur France 5 Vidéo et transcription au lien http://www.conscience33.fr/scp2015-05-13.html

- 30.04.2015 PEUT-ON VIVRE SANS ANIMAUX ? sur France 2 - Emission "Envoyé spécial" au lien viande.htm
Peut-on vivre sans consommer de l'animal ? Un journaliste tente de se passer totalement des animaux dans sa vie quotidienne.

- 27.04.2015 LE CANCER : DES NOUVELLES TECHNIQUES DE DEPISTAGE ? sur Arte dans Xenius au lien http://www.conscience33.fr/cancer.html
Le cancer est une pathologie qui fait très peur. Depuis quelque temps, les oncologues sont en train de changer leur fusil d’épaule, car on estime que tous les types de cancer ne doivent pas être soignés de la même manière ni avec la même intensité. Mais selon quels critères faut-il faire le tri ?

- 24.04.2015 Cancer : la piste oubliée sur Arte au lien : cancer.html Cancer et Métabolisme avec le Dr Schwartz
Alors que la génétique domine la recherche sur le cancer depuis quatre décennies, des scientifiques explorent la piste métabolique. Selon eux, le cancer correspondrait à un dérèglement du métabolisme cellulaire... Un état des lieux complet et accessible des réflexions actuelles sur la maladie, avec la voix de François Cluzet.

- 10.04.2015 VIVRE VEGAN POUR VIVRE MIEUX ? sur Arte dans Xenius - Vidéo http://www.dailymotion.com/video/x1no5ls

- 5.04.2015 Le vin et la science : un nouveau pacte - Seconde partie : La biodynamie et le vin biologique sur Arte au lien vin.html
Quand vignerons, chercheurs et œnologues tentent de renouer le lien millénaire entre l'homme et la vigne.

- 15.03.2015 Manger sain info ou intox ? sur France 5 Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x2jne09 (52')

- 5.03.2015 PEUT-ON ENCORE MANGER DES POMMES ? sur France 2 dans "Envoyé spécial" au lien pommes.html
Peut-on encore manger des pommes ? La pomme est l'un des fruits les plus gourmands en pesticides.

- 1.02.2015 ALERTE AU MERCURE sur France 5 au lien : mercure.html
Le mercure se trouve partout, dans les produits d'hygiène, les jouets en plastique, les ampoules à économie d'énergie, les poissons, les amalgames dentaires.
Pourtant en 2007, l'OMS l'a classé parmi les dix substances les plus toxiques.
Des études font désormais le lien avec des maladies neurologiques comme Alzheimer ou la sclérose en plaques.
La plupart des pays européens ont adopté des mesures pour limiter son utilisation.
Mais les autorités françaises tardent à réagir.

- 6.01.2015 MALADIES CHRONIQUES, LES ENFANTS AUSSI ? sur Arte - Film téléchargé - Pas de transcription écrite
Dans les pays occidentaux, le nombre d’enfants atteints de maladies chroniques ne cesse d’augmenter. Et si les excès de la médecine et de l’industrialisation étaient responsables de l’affaiblissement croissant de notre système immunitaire ?
Replay : http://www.arte.tv/guide/fr/051576-000/maladies-chroniques-les-enfants-aussi?autoplay=1

- 6.01.2015 Maladies chroniques, les enfants aussi ? Débat avec le pédiatre Tim Niehues sur Arte -
Film téléchargé - Pas de transcription écrite
Replay : http://www.arte.tv/guide/fr/057324-001/entretien-avec-tim-niehues?autoplay=1

- 6.01.2015 MORTS SUR ORDONNANCE sur France 5 au lien http://www.conscience33.fr/morts-sur-ordonnance.html
Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères et autres tranquillisants sauvent des vies, mais de nombreux experts parlent aussi de «bombes à retardement» : ils seraient à l'origine de vagues de suicides, de troubles de comportement graves, d'homicides et certains seraient plus addictifs que les drogues dures... Ce film montre la dangerosité potentielle de ces molécules et analyse comment l'industrie pharmaceutique a verrouillé le marché, avec un cynisme effrayant.

- 6.01.2015 Débat : Psychotropes : Pourquoi ils ne peuvent pas tout guérir ? sur France 5 au lien http://www.conscience33.fr/morts-sur-ordonnance.html
Après la diffusion du documentaire «Morts sur ordonnance», Marina Carrère d'Encausse ouvre le débat avec ses invités, le docteur Patrick Landman, psychiatre, auteur de «Tristesse Business» paru aux éditions Max Milo, et le professeur Jean Pierre Olié, chef de service de psychiatrie à l'hôpital Saint-Anne, auteur d'un rapport sur les anti-dépresseurs pour l'Académie de Médecine.

- 30.11.2014 GLUTEN, FAUT-IL EN AVOIR PEUR ? sur France 5 au lien gluten.html
Chaque Français consomme en moyenne 58 kilogrammes de pain par an. Or, de nombreux consommateurs seraient intolérants au gluten. Cette protéine de blé permet à la pâte du pain de gonfler.

- 26.11.204 Débat : "ET SI ON ARRÊTAIT DE MANGER DE LA VIANDE ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne au lien viande.htm
Débat : Chaque année, les Français engloutissent près de 90 kilos de viande. Pour le meilleur… et pour le pire ! Car cette habitude alimentaire bien ancrée serait​ néfaste pour l’environnement et pour notre santé. Faut-il donc arrêter de manger de la viande ?

- 17.11.2014 "CES PLANTES QUI NOUS FONT DU BIEN" sur France 5 - La Quotidienne au lien plantes.html
1 Français sur 2 a recours aux produits à base de plantes. Quelles sont leur vertus, où les trouver et comment s’en servir ?

- 14.11.2014 "Médecine : PEUT-ON SE SOIGNER PAR L'ESPRIT ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne au lien esprit.html
Le stress, l’angoisse et la pensée négative auraient des conséquences directes sur le développement de maladies comme le cancer. Alors notre esprit peut-il soigner notre corps ?

- 14.11.2014 "LES SUPERPOUVOIRS DE L’URINE" sur ARTE Dossier et vidéo au lien urine.html
En une vie, chacun de nous produit 38.000 litres d'urine soit l'équivalent d'un gros camion-citerne. Malgré l'importance de cette matière, l'urine reste un sujet tabou ! En dépassant les interdits et en l'observant de près, notre miction nous offre un florilège d'intérêts : médical, comme remède ; technologique, comme ressource énergétique ; matière première ; et même engrais industriel.

- 14.11.2014 LA FLORE INTESTINALE, CAUSE DU DIABETE ? au Journal de 20 heures sur TF 1 Dossier et vidéo au lien : diabète.html ou diabete.html
Le diabète touche plus de 3 millions de Français. Des chercheurs de Toulouse ont mis au jour l'importance de la flore intestinale sur la maladie. Conclusion : elle peut-être réversible.

- 5.11.2014 "FACE-À-FACE : FAUT-IL ARRÊTER DE MANGER DE LA VIANDE ?" sur Arte - Emission 28 minutes. Dossier et vidéo au lien viande.html
Débat entre l'écrivain et éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, auteur d'un "Manifeste pour les animaux", et le journaliste et critique gastronomique Périco Légasse.

- 10.10.2014 "Faut-il manger de la viande ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne
http://www.france5.fr/emissions/la-quotidienne/a-la-une/faut-il-manger-de-la-viande-en-partenariat-avec-la-vie_269067
et sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=NCXhMflgf6Q (11'10)

- 26.09.2014 : Professeur HENRI JOYEUX sur France 2 au "Journal de 13 h" au lien : http://www.conscience33.fr/henri_joyeux.html
-Chirurgien, cancérologue, il se bat depuis des années pour lutter contre ce fléau national. Sa recette : manger mieux et meilleur.

- 21.09.2014 : Professeur HENRI JOYEUX sur France 2 à "Vivement dimanche" au lien : http://www.conscience33.fr/henri_joyeux.html
Invitée Sophie Marceau qui reçoit Henri Joyeux. Magazine présenté par Michel Drucker

 

- 31.01.2015 :GUÉRISSEURS : LA MAIN AU FEU sur France 2 - Emission 13h15 au lien : guerisseurs.html
Combien sont-ils en France, ces guérisseurs aux mains nues que l'on vient voir dans l'espoir de soulager une souffrance physique ou mentale, voire de la faire disparaître ? Ils seraient entre 5 000 et 8 000 à toucher, palper, manipuler, magnétiser, effacer les verrues, "passer le feu", hypnotiser...
Si les guérisseurs responsables ne prétendent pas remplacer les médecins traditionnels, ceux qui font appel à eux disent qu'ils peuvent réussir là où la médecine orthodoxe a échoué. Et l'institution médicale ouvre parfois aujourd'hui ses portes à ces pratiques, en complément de traitements classiques.

- 01.06.2014 : CANCERS ET COUPEURS DE FEU sur France 5 - Emission "In vivo" - au lien : guerisseurs.html
Dossier avec vidéo et transcription au lien : http://www.conscience33.fr/guerisseurs.html
Aussi transcription écrite : http://www.conscience33.fr/Le_cancer.html#transcription
A Rodez, les équipes de cancérologie ont constaté que guérisseurs et coupeurs de feu soulageaient les brûlures des radiothérapies et rassuraient les patients.
Vidéo VOSTF : http://www.dailymotion.com/video/x1yevbl (28'01) et Dossier http://www.conscience33.fr/Le_cancer.html#Coupeur_de_feu

 

-24.05.2014 : NOTRE ALIMENTATION INFLUENCE-T-ELLE NOTRE SANTÉ ? sur Arte ("X:enius)
Comment les aliments agissent-ils vraiment sur notre santé ? Peut-on en faire un argument de vente ?
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x1wqdjw (26'16)

 

-27.05.2014 : LA GUERRE DES GRAINES sur France 5 "Le monde en face" - Blog France 5 : http://blog.francetvinfo.fr/guerre-des-graines/2014/03/30/teaser-la-guerre-des-graines.html
Les graines sont-elles une marchandise ou un bien commun de l'humanité au même titre que l'eau ou l'air ?
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x1yswxh (51'49) Présentation de France 5 : http://www.france5.fr/emissions/le-monde-en-face/la-guerre-des-graines_241521

15.06.2014 LA FRAISE, un parfum de business
En forme de cœur, charnue et savoureuse, la fraise des jardins d'antan a un parfum de paradis perdu. Mais où est-elle passée ?
Vidéo VFSTF Dossier au lien http://www.conscience33.fr/la-fraise-un-parfum-de-business.html (avec transcription écrite)

-25.05.2014 : TOMATE, à la recherche du goût perdu sur France 5 - En France, le choix est restreint et souvent éloigné des attentes du consommateur. Dure, farineuse, insipide : les critiques sont sévères contre ces tomates d'aujourd'hui, produites à 80% en hors sol. L'arrivée soudaine de variétés anciennes a marqué un tournant.
Vidéo VFSTF Dossier au lien http://www.conscience33.fr/tomate-a-la-recherche-du-gout-perdu.html avec transcription écrite. Une enquête objective et pointilleuse.

- 03.06.2014 : Produire bio sur Arte - Vidéo (1h29) pas mise en ligne - Dossier Arte http://www.arte.tv/guide/fr/046344-000/produire-bio?autoplay=1
Peut être vue aux liens : Partie 1 http://www.dailymotion.com/video/x1yl2z6 (44'35) et Partie 2 : http://www.dailymotion.com/video/x1yhe8d (45')

- 20.05.2014 : LA MALADIE DE LYME, quand les tiques attaquent ! documentaire sur France 5 suivi du débat "Ces nouvelles maladies qui ous menacent" ("Le monde en face")
Dossier : http://www.conscience33.fr/tv-la-maladie-de-lyme.html
Vidéo : Partie 1 http://www.dailymotion.com/video/x1vulej (51'50) Partie 2 : http://www.dailymotion.com/video/x1vv3u4 (13'29)

- 19.02.2013 : Les médicaments anticholestérols sont inefficaces et toxiques sur France 5 "Magazine de la santé" avec le Dr De Lorgeril
Vidéo de l'émission-polémique : https://www.youtube.com/watch?v=tmUY_YK8Exs
Article débriefing de l'émission : http://michel.delorgeril.info/cholesterol/debriefing-apres-lemission-sur-la-5-allo-docteur-le-19-fevrier-2013-tout-savoir-pour-mieux-rire

- 03.06.2014 : Comment diagnostiquer les intolérances alimentaires ? sur Arte (X:enius) : Vidéo http://www.dailymotion.com/video/x1yt8jp (25'47) 
Dossier Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/051094-006/x-enius

- 27.05.2014 Tous allergiques  sur Arte - Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=gif6Wahe-xg (1h14 - mise en ligne par Sur la Voie de l' Hygiénisme Authentique) - Pas de transcription.
Dossier Arte http://www.arte.tv/guide/fr/050386-000/tous-allergiques - Présentation rtbf : http://www.rtbf.be/tv/thematique/documentaire/detail_tous-allergiques-inedit-coproduit-par-la-rtbf?id=8259786
Comment expliquer la recrudescence des cas d'allergies dans le monde ? La journaliste italienne Patrizia Marani, elle-même allergique, part à la rencontre de chercheurs et de scientifiques. Au fil de son enquête, elle met en lumière la responsabilité de l'industrie chimique dans la propagation de ce nouveau mal moderne. Un documentaire éclairant et sans concession.

- 25.01.2014 : OSTÉOPATHIE, ACUPUNCTURE... Comment ça marche ? "C'est pas sorcier" sur France 3

08.06.2014 Alimentation : faut-il croire aux produits qui promettent la santé et la forme ? sur M6 - A lire et à voir au lien http://www.conscience33.fr/tv_sans_gluten_jus_de_fruits_multivitamines_pomme_pink_lady.html
- Que cachent les jus de fruits multivitaminés ?, en première partie de l'émission, voir au lien #jus_de_fruits_multivitamines la transcription écrite... : http://www.conscience33.fr/tv_sans_gluten_jus_de_fruits_multivitamines_pomme_pink_lady.html#jus_de_fruits_multivitamines
- Les fortunes du "sans gluten" suivi de La pomme Pink Lady, en troisième partie de l'émission, voir au lien #gluten la transcription écrite... : http://www.conscience33.fr/tv_sans_gluten_jus_de_fruits_multivitamines_pomme_pink_lady.html#gluten

- 13.03.2014 : Alimentation : le marché de la peur sur France 2 dans "Complément d'enquête"
- 02.04.2014 : Alimentation : y-a-t-il du poison dans nos assiettes ? sur la chaîne D8 dans "En quête d'actualité" Saumon... Pommes... Porc...
- 16..02.2014 : Du poisson pas si bon, enquête sur une filière opaque sur France 5
- 07.11.2013 : POISSON - élevage en eaux troubles sur France 2 (Émission "Envoyé spécial") - Conséquence : Une pétition

- 08.02.2014 : LE SUCRE, ami ou ennemi ? sur Arte (X:enius) - Vidéo au lien : http://www.youtube.com/watch?v=cVX29Irn7c0&feature=youtu.be (25'45)
- 03.11.2013 : LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE sur France 5
- 16.12.2013 : CES DÉCROISSANTS QUI DISENT NON À LA CONSOMMATION sur TF 1 au journal de 20 h. 

- 16.02.2014 : ALDI - La La fulgurante ascension de la chaîne allemande de magasins discount Aldi sur Arte (Karambolage)

- 27.03.2013 :  L'adieu au steak THÉMA : DOIT-ON ENCORE MANGER DES ANIMAUX ? sur Arte
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=5Xv1H81qy_Q 

 

- 05.02.2014 : L'équithérapie est-elle efficace ? sur Arte ("X:enius") - Vidéo au lien : http://www.youtube.com/watch?v=PsJZ513Ww3U
L'equithérapie est-elle vraiment efficace ? Existe-t-il une base scientifique au pouvoir curatif des chevaux ? Diffusion le 5 février 2014 à 8h30 sur Arte.

 

* Émissions "Silence, ça pousse !" sur France 5 : Vidéos et les transcriptions au lien http://www.conscience33.fr/tv-silence-ca-pousse.html
Le premier bêche, plante, explique. La seconde s'étonne, s'enthousiasme, apprend. Stéphane Marie et Noëlle Bréham proposent une immersion dans le monde du jardinage.
Ils dévoilent, de manière concrète et toujours avec humour, les petits secrets des pros.

- 08.01.2014 : QUE FAIRE ? Réponse de Claude Bourguignon et Lydia Bourguignon sur Arte : des personnalités exposent leurs idées pour sauver la planète.
Aujourd'hui : les ingénieurs agronomes Claude et Lydia Bourguignon, fondateurs du Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols, promoteurs d'une agriculture propre et durable.

 

- 6.01.2015 AUX FRONTIERES DE LA VIE - HARRY ROSELMACK sur TF1 au lien euthanasie.html
La fin de vie est un des grands débats de société qui fera l'objet d'un nouveau projet de loi en 2015. Pendant plusieurs mois Harry Roselmack a rencontré plusieurs personnes prêtes "à partir". (présentation par TéléZ)

 

- 2.09.2014 L'URGENCE DE RALENTIR sur Arte. Dossier au lien : http://www.conscience33.fr/urgence-de-ralentir.html
Aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l'urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps.

- 24.02.2014 : Ensemble, c'est mieux... sur France 3. Échanges de savoirs, entraide entre génrations, magasins alternatifs...

- 16.12.2013 : CES DÉCROISSANTS QUI DISENT NON À LA CONSOMMATION sur TF 1 au journal de 20 h. C'est une idée audacieuse, provocatrice, diront certains, à l'heure où la France rêve de renouer avec la croissance.
Elle est défendue par les partisans de l'autre modèle, alternatif, qui refuse la société de consommation.
Pour ces militants, "moins" veut dire "mieux".

 

- 12.07.2014 : Mon cerveau a-t-il un sexe ? sur France 5 au lien http://www.conscience33.fr/tv-mon-cerveau-a-t-il-un-sexe.html

- 26.09.2014 : Les implants cochléaires sur Arte dans X:enius au lien : http://www.conscience33.fr/les_implants_cochleaires.html
Près de 80 000 personnes en Allemagne et environ 65 000 en France sont nées sourdes ou le sont devenues... 
Comment les faire accéder au monde des sons et du langage parlé ? "X:enius" explique comment les implants cochléaires permettent de traiter la surdité.

 

- 7.12.2014 : Les secrets de fabrication du Sauternes sur Arte - Karambolage http://www.dailymotion.com/video/x2c1h55

 

- 21.01.2015 : Les écoles alternatives- L'école autrement : des enfants plus autonomes sur France 5 - Emission "Les maternelles" au lien : education.html
Les écoles alternatives : Montessori, Freinet, Steiner. L'école autrement : des enfants plus autonomes.

- 10.04.2015 : Charlotte de Vilmorin sur France 2 - Journal de 13h au lien #Charlotte_de_Vilmorin
Présentation de son livre et de son entreprise

 

C A N C E R : voir aussi au lien : http://www.conscience33.fr/cancer.html

- 27.04.2015 LE CANCER : DES NOUVELLES TECHNIQUES DE DEPISTAGE ? sur Arte dans Xenius au lien http://www.conscience33.fr/cancer.html
Le cancer est une pathologie qui fait très peur. Depuis quelque temps, les oncologues sont en train de changer leur fusil d’épaule, car on estime que tous les types de cancer ne doivent pas être soignés de la même manière ni avec la même intensité. Mais selon quels critères faut-il faire le tri ?

- 24.04.2015 CANCER : LA PISTE OUBLIEE sur Arte au lien http://www.conscience33.fr/cancer.html Cancer et Métabolisme avec le Dr Schwartz
Alors que la génétique domine la recherche sur le cancer depuis quatre décennies, des scientifiques explorent la piste métabolique. Selon eux, le cancer correspondrait à un dérèglement du métabolisme cellulaire... Un état des lieux complet et accessible des réflexions actuelles sur la maladie, avec la voix de François Cluzet.

- 31.01.2015 :GUÉRISSEURS : LA MAIN AU FEU sur France 2 - Emission 13h15 au lien : guerisseurs.html
Combien sont-ils en France, ces guérisseurs aux mains nues que l'on vient voir dans l'espoir de soulager une souffrance physique ou mentale, voire de la faire disparaître ? Ils seraient entre 5 000 et 8 000 à toucher, palper, manipuler, magnétiser, effacer les verrues, "passer le feu", hypnotiser...
Si les guérisseurs responsables ne prétendent pas remplacer les médecins traditionnels, ceux qui font appel à eux disent qu'ils peuvent réussir là où la médecine orthodoxe a échoué. Et l'institution médicale ouvre parfois aujourd'hui ses portes à ces pratiques, en complément de traitements classiques.

01.06.2014 : CANCERS ET COUPEURS DE FEU sur France 5 - Emission "In vivo" - au lien : guerisseurs.html
Dossier avec vidéo et transcription au lien : http://www.conscience33.fr/guerisseurs.html
Aussi transcription écrite : http://www.conscience33.fr/Le_cancer.html#transcription
A Rodez, les équipes de cancérologie ont constaté que guérisseurs et coupeurs de feu soulageaient les brûlures des radiothérapies et rassuraient les patients.
Vidéo http://rutube.ru/video/7d07847ab61572b4bbf643384ca96622/ (28'01) et Dossier http://www.conscience33.fr/Le_cancer.html#Coupeur_de_feu

 

S O U R D S : Voir aussi le dossier au lien sourds.html

- 04.05.2015 LE CRI DE COLÈRE DES SOURDS - Arte dans lémission "28 minutes" au lien sourds.html
Avec le témoignage d' Emmanuelle Laborit, comédienne et directrice de l' International Visual Théâtre.

- 24.04.2015 : LE VILLAGE DU SILENCE - Documentaire vidéo VOSTF (58'23) : http://rutube.ru/video/69b056ea8968f8a8598277c9c5df8814/
Sous-titres : http://telescoop.tv/browse/954499/le-village-du-silence.html
A Fischbeck, des jeunes gens sourds et aveugles peuvent développer leurs sens et leur créativité.
À travers des portraits d’une grande sensibilité, découverte d’une institution allemande exemplaire, qui prend en charge des jeunes gens sourds et aveugles. Les trois sens dont ils disposent, à savoir l’odorat, le toucher et le goût, sont mis en valeur par l'équipe d'éducateurs qui les aident ainsi à développer leur créativité artistique.

- 16.12.2014 LE PAYS DES SOURDS (1h35) présenté sur France 2 - Deux parties :
Vidéo Partie 1 : http://rutube.ru/video/5c1fd087522d8868e10cf00cc40bdb9d/ (49'21)
Vidéo Partie 2 : http://rutube.ru/video/c64300a910a0c8ef6b424be6a24ecb90/ (46'03)
Sous-titres : http://telescoop.tv/browse/776545/le-pays-des-sourds.html
À quoi ressemble le monde pour les milliers de gens qui vivent dans le silence ?

- 9.12.2014 LA SUITE AVEC L'EQUIPE DU FILM "LA FAMILLE BELIER" - Le Grand Journal du 09/12/14 Vidéo (18'43) : http://rutube.ru/video/762159c5254d6a41d0d6b9bb6b210489/
Sur internet (18'43) : http://www.canalplus.fr/redirect_pfv.php?vid=1180192
Sous-titres : http://telescoop.tv/browse/766357/le-grand-journal-la-suite.html

- ajouté le 20.03.2015 : B.O La Famille Bélier - Je vole by Louane (alias Paula Bélier) Vidéo (3'27) : https://www.youtube.com/watch?v=qdyiGr2Dym0
Paroles : http://www.paroles.net/louane/paroles-je-vole et http://paroles-et-traduction.com/paroles-louane-vole-famille-belier/

- 26.09.2014 LES IMPLANTS COCHLÉAIRES Arte - Magazine vidéo VOSTF (26'08) : http://rutube.ru/video/71d9b745ff45ef471e4774b9438f7fdf/
Sur internet : http://future.arte.tv/fr/implants-cochleaires
Dossier "album" Facebook : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=761395863921221&set=a.723185397742268.1073741848.100001524447567&type=1
Transcription : http://telescoop.tv/ browse/662791/1/ x-enius.html
Près de 80 000 personnes en Allemagne et environ 65 000 en France sont nées sourdes ou le sont devenues... 
Comment les faire accéder au monde des sons et du langage parlé ? "X:enius" explique comment les implants cochléaires permettent de traiter la surdité.

- 02.10.2014 LE SCANDALE DES PROTHESES AUDITIVES - Le scandale des prothèses auditives (1h11) : France 5 La quotidienne au lien sourds.html
La France compte 6 millions de malentendants, mais seuls 1,5 millions d'entre eux bénéficient de prothèses auditives.
Au-delà du déni de surdité qui frappe un grand nombre de déficients auditifs en début de diagnostic, les prix prohibitifs des prothèses en France n’aident pas ceux qui en auraient besoin à sauter le pas.

V I A N D E : voir aussi au lien viande.html

- 05.05.2015 MODE DE VIE "VEGAN" sur Arte dans Xenius - Vidéo http://rutube.ru/video/dd9d3674ed2f49b1eef74e5180e6d449/ (25'56)
Pas de viande, pas de fromage, pas de chaussures en cuir : il faut renoncer à beaucoup de choses pour adopter le mode de vie "vegan". Quel impact une alimentation excluant tout produit d’origine animale a-t-elle sur notre santé ?

- 30.04.2015 PEUT-ON VIVRE SANS ANIMAUX ? sur France 2 - Emission "Envoyé spécial" au lien viande.htm
Peut-on vivre sans consommer de l'animal ? Un journaliste tente de se passer totalement des animaux dans sa vie quotidienne.

- 10.04.2015 VIVRE VEGAN POUR VIVRE MIEUX ? sur Arte dans Xenius - Vidéo http://www.dailymotion.com/video/x1no5ls

- 26.11.2014 Débat : "ET SI ON ARRÊTAIT DE MANGER DE LA VIANDE ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne au lien viande.htm
Débat : Chaque année, les Français engloutissent près de 90 kilos de viande. Pour le meilleur… et pour le pire ! Car cette habitude alimentaire bien ancrée serait​ néfaste pour l’environnement et pour notre santé. Faut-il donc arrêter de manger de la viande ?

- 05.11.2014 "FACE-À-FACE : FAUT-IL ARRÊTER DE MANGER DE LA VIANDE ?" sur Arte - Emission 28 minutes. Dossier et vidéo au lien viande.html
Débat entre l'écrivain et éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, auteur d'un "Manifeste pour les animaux", et le journaliste et critique gastronomique Périco Légasse.

- 10.10.2014 "Faut-il manger de la viande ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne
http://www.france5.fr/emissions/la-quotidienne/a-la-une/faut-il-manger-de-la-viande-en-partenariat-avec-la-vie_269067
et sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=NCXhMflgf6Q (11'10)

27.03.2013 :  L'adieu au steak THÉMA : DOIT-ON ENCORE MANGER DES ANIMAUX ? sur Arte
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=5Xv1H81qy_Q 

 

V I N : voir aussi au lien http://www.conscience33.fr/vin.html

- 13.05.2015La biodynamie - extrait de "Silence, ça pousse !" sur France 5 Vidéo et transcription au lien http://www.conscience33.fr/scp2015-05-13.html

- 5.04.2015 Le vin et la science : un nouveau pacte - Seconde partie : La biodynamie et le vin biologique sur Arte au lien vin.html
Quand vignerons, chercheurs et œnologues tentent de renouer le lien millénaire entre l'homme et la vigne.


- LISTE D'ÉMISSIONS PRÉSENTÉES DANS Tv-VOYAGES & MONDE :

 

- 7.09.2014 Islam : "Les grandes confréries soufies" 4 émissions : 7, 14, 21 & 28 septembre 2014 France 2 - Vidéos au lien : http://www.dailymotion.com/video/x25fdtc
Dossier avec transcriptions au lien : http://www.conscience33.fr/soufis.html ou soufis.html

 

- 06.06.2014 : POLYNÉSIE, UN AVENIR IRRADIÉ : Dossier Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048690-000/polynesie-un-avenir-irradie?autoplay=1
De 1966 à 1996, la France a effectué plus de cent quatre-vingt-dix essais nucléaires – aériens puis souterrains – sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, omettant soigneusement d’informer les populations des risques encourus.
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x1yt367

- 26.02.2014 : Japon - FUKUSHIMA : vers une contamination planétaire ? sur France 3 dans "Pièces à conviction".
Vidéo et la transcription écrite de l'émission au lien : tv_Fukushima_vers_une_contamination_planetaire.html

- 23.02.2014 : France - PARIS : Maison d'accueil de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, présentée dans le documentaire "Montmartre, un village à Paris" sur France 5 :
L’hôtellerie EPHREM est la Maison d’accueil de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, où Jésus-Christ est adoré jour et nuit dans le Saint-Sacrement exposé.

- 21.02.2014 : Sibérie - BAÏR : Le mystère de la momie de Sibérie sur Arte : Enquête sur la momie d'un moine bouddhiste restée intacte.

- 15.02.2014 : Inde, LE KERALA sur France 5 (Échappées belles)
Intégrale de l'émission avec la transcription écrite de la partie "Ashram : la sagesse d'Amma". VFST (sous-titrée en français)

- 01.02.2014 : Brésil - ABADIÃNA : João de Deus, le guérisseur qui fait peur sur Canal + João Teixeira de Faria (aussi appelé João de Deus, « Jean de Dieu », né le 24 juin 1942, est un guérisseur, « chirurgien psychique » et médium brésilien.
Il pratique à Abadiãna, une petite ville près de Brasilia.
Il est connu pour avoir reçu des centaines de milliers de personnes en quête de guérison.

- 28.12.2013 : Inde - RAJASTHAN : CAPUCINE, PRINCESSE DU DÉSERT "Reportages" sur TF1 : ‘‘Elle s’appelle Capucine, il se nomme Pabu. Ils se sont connus au Rajasthan. Elle était touriste, lui, chamelier. Le coup de foudre fut immédiat.
Depuis sept ans, Capucine, la Française, Pabu, l’Indien, et Mohan, leur petit garçon de 6 ans, vivent heureux au milieu du désert.’’

- 24.12.2013 : France - ABBAYE DE LA COUDRE (LAVAL) : DANS UN MONASTÈRE... "Un monde ailleurs" sur France 5 :
‘‘La journaliste Charlotte Savreux a vécu durant une semaine avec les sœurs cisterciennes de l’abbaye de la Coudre (près de Laval) en respectant leurs règles de vie.’’

- 10.12.2013 : France - MONTREUIL : NOUS VIEILLIRONS ENSEMBLE, LA SAGA DES BABAYAGAS sur France 5 Documentaire

* Série "Médecines d'ailleurs" sur Arte - Mars 2014 - au lien : http://www.conscience33.fr/tv-medecines-ailleurs.html 
20 reportages avec Bernard Fontanille : Découvrir et partager la vie des femmes et des hommes qui prennent soin des autres, sauvent des vies, parfois inventent de nouvelles manières de soigner, de soulager, et ces médecines ancestrales, toujours profondément ancrées dans une culture.
Destinations :

Mongolie, Japon, Corée du Sud, Chine, Cambodge, Indonésie, Brésil, Pérou, Bolivie, Ladakh, Inde, Népal, Espagne, Ouganda, Kenya, Afrique du Sud.

 

 

- ÉMISSIONS DE TÉLÉVISION AVEC PIERRE RABHI :

Le dossier complet concernant Pierre Rabhi est transféré au lien :

http://www.conscience33.fr/tv_pierre_rabhi.html

 

10.04.2014 : France 5 : Émission "La Grande librairie" J.M. Le Clézio et Pierre Rabhi - avec transcription écrite -

23.03.2014 : France 2 : Émission "Thé ou Café" Interview de Pierre Rabhi - avec transcription écrite -

25.02.2014 : Arte Émission 28 minutes Passage de Pierre Rabhi - avec transcription écrite -

08.02.2014 : RTS Émission "Faut pas croire" Pierre Rabhi, playdoyer pour la terre
Revoir sur Youtube au lien : http://www.youtube.com/watch?v=AZ4bZGrCE_4 (23'02)

18.12.2013 : Arte Émission "28 minutes" Le vrai progrès, c'est la décroissance avec Pierre Rabhi - avec transcription écrite -

29.10.2013 : France 5 Émission "Méditerranées XXI" Pierre Rabhi... militant du goût et de la "sobriété heureuse" - avec transcription écrite -

26.10.2013 : Canal + Émission "Salut les terriens" Pierre Rabhi, l'incroyable destin de l'enfant du désert algérien - avec transcription écrite -

24.10.2013 : France 2 Émission "Complément d'enquête" Pierre Rabhi, paysan philosophe - avec transcription écrite -

 

 

PRÉSENTATION :

 

Album relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

VFST = Version française sous-titrée en français :
- option sous-titrée en français incrustée dans le film en cliquant "Sous-titres" ou
- déroulement du texte sous-titré en français sous le film en cliquant "Transcription" en visionnant sur Youtube
- téléchargement possible des films présentés sur Youtube en utilisant dans Firefox "DownloadHelper".

Deux supports pour aider à la réalisation des transcription écrites :

 

- Replay avec Pluzz : http://pluzz.francetv.fr/ pour les chaînes de télévision 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 et Ô.

Le replay peut inclure le sous-titrage, et il est visible pendant une semaine après le passage de l'émission à la télévision.

 

- Site de Télé Scoop : http://telescoop.tv/

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.


Allô Docteurs sur France 5 :
Sur Facebook : https://www.facebook.com/allodoc
Sur Twitter : https://twitter.com/search?q=%23santeF5
Site Allô Docteurs : http://www.allodocteurs.fr/?Page=1
Instagram : http://instagram.com/allodocteurs
Chats : http://www.allodocteurs.fr/rechercher.asp?idtypearticle=11
France2ReplayTV : http://www.youtube.com/channel/UC4CprxJupOF4PTWbcCXo_CQ/videos
Site Facebook de France 5 : https://www.facebook.com/france5

 


 

Alimentation :
le marché de la peur

France 2 - Magazine de société - Jeudi 13 mars à 22h20 -
Sommaire :
La peur au ventre. Le jeûne. L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ».
- Poulet bio ou antibio ? Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals. - Les bouchers «haute-couture».

Revoir le film sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=XiKjEQKUm9s (1h04)

Revoir le documentaire en replay jusqu'au 19 mars 2014 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/complement_denquete_,98477343.html (1h04)

 


PRÉSENTATION :

L'émission : 
La peur au ventre.
Le jeûne.
L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ».
Enquête également sur la nouvelle mode des produits sans gluten.

- Poulet bio ou antibio ?
Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals, mettant en lumière que les volailles, mais aussi les porcs ou les lapins sont médicamentés. Pourquoi ?

- Les bouchers «haute-couture».
Boutiques luxueuses, viandes d'exception : des bouchers d'un genre nouveau font la une des médias.
Comment mettent-ils du glamour dans leurs magasins ?

TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE (18 premières minutes) :

- Benoît Duquesne : Bonsoir.
Certains d’entre nous font eurs courses la peur au ventre.
Ils calculent l’équilibre de leures repas au gramme près.
Ils veulent manger sans sucre, sans gluten…
C’est une obsession qui devient une maladie et qui porte un nom : l’orthorexie.
Nous allons parler de cela, mais pas seulement.
Nous allons parler de la malbouffe et généralement, de la peur au ventre.

- Ça me donne des angoisses.
J’ai les mains moites.

- Pourquoi ce fromage est mauvais ?

- Je ne sais pas.
J’ai l’impression que mon corps va être pollué.
J’imagine que ce beurre…
J’imagine que je ne vis pas tenir et que je vais mourir d’angoisse.

…….

-Benoît Duquesne : Voilà.
Cette jeune fille s’appelle Jacinthe.
Elle est orthorexique.
Elle concentre toutes nos peurs alimentaires.
On est d’abord un fan du bio.
On est passé au sans sucre, sans gluten…
On est devenu frudivore, on s’est mis au régime, et on a fini quasiment par ne plus rien manger.
On va parler de cette peur au ventre.
Certains se tournent vers leurs artisans boulangers, pâtissiers ou bouchers.
On a quand même raison de se méfier de l’industrie agroalimentaire quand on entend cettr nouvelle enquête dévoilée par l’UFC-Que Choisir qui nous met en garde contre l’antibiorésistance dans les poulets.
Nous allons voir tout cela ici, à Rungis.
C'est l'un des endroits qui nous réconcilie le mieux avec la nourriture et les bons produits.
Nous recevrons le critique gastronomique, Perico Légasse.
Ainsi qu'un professeur qui publie un livre.
Vous pouvez bien sûr commenter l'émission sur les réseaux sociaux.

- On se nourrit du soleil, du vent, de l'environnement.

- Se nourrir, une idée fixe.

Dans ce centre de thalasso en Bretagne, il n'est question que de nourriture spirituelle.

- Dès qu'on se réveille, on est dans une nourriture qui va remplir notre réservoir affectif.

- Certains ont du mal à suivre.
Cela fait 7 jours qu'eux n'ont rien mangé.

Ils sont en stage de jeûne.
Cadres, commerçants, retraités, ils viennent purifier leur corps d'une nourriture qu'ils jugent trop abondante et parfois dangereuse pour leur santé.

- Il y a des produits qui ne sont pas naturels.
Le corps ne sait pas les digérer.

- Ça passe par faire des pauses alimentaires.
Si mon estomac n'a pas faim, je ne vois pas pourquoi je mangerais.

- Tous les matins, Eric prend la tension de ces stagiaires.
Un instant presque sacré.
Les bienfaits du jeûne sont examinés.

- C'est magnifique.
Je me sens bien.

- Jusque dans les moindres détails.

- Mes ongles sont plus durs.

- J'ai bien dormi.

- La couleur des urines : jaune.

- Jaune foncé ?

- Jaune d'or.

ÉRIC GANDON NATUROPATHE : - L'intérêt du jeûne, c'est de se nettoyer.
On se nettoie en termes physiques, mais on fait aussi un nettoyage des pensées et des émotions.
Ça permet de prendre de la distance par rapport à la nourriture.

- Des pauses loin de la nourriture pour rester en bonne santé.
Une méthode radicale qui attire de plus en plus de monde, malgré le prix : 1.600 euros la semaine de jeûne.

- C'est toujours trop cher si on ne regarde que la notion d'argent.
Mais ça peut nous apporter beaucoup.
Je pourrais payer plus.
Ça n'a pas de prix, la santé.

- Il y a des gens qui investissent dans telle ou telle chose.
A un moment donné, il faut parfois investir en soi-même.
J'investis en moi.

- C'est la nouvelle préoccupation à la mode : le jeûne ou les régimes.
Végétarien, sans gluten, sans lactose...
Finie la bonne chère.
Entre les scandales alimentaires et les campagnes de prévention, manger devient un casse-tête avec une peur au ventre : celle de tomber malade.
Des coaches pour faire ses courses, des tests à 500 euros pour détecter les allergies.
Certains ont flairé le filon et surfent sur les nouvelles habitudes alimentaires.
A qui faire confiance ?
Comment ne pas se noyer dans ce flot d'informations ?
La quête du régime parfait peut virer à l'obsession.
Pour les plus fragiles, cela se termine parfois à l'hôpital psychiatrique.
Un magasin bio dans le centre de Genève.
A priori, un lieu rassurant.
Ici, rien que des produits réputés sains.

Mais pour Jacinthe, c'est un terrain miné.
 
- Glucides, sucres, lipides...
Graisses saturées, graisses insaturées, polyinsaturées...
 
- Vous regardez les étiquettes combien de temps ?
 
- Je veux passer 5 à 10mn à lire chaque paquet.
 
- Parfois, après de longues hésitations, Jacinthe paraît se décider pour un produit.
Mais le doute revient aussitôt.
 
- Je pourrais acheter ce produit.
Mais... Je ne le sens pas.
Il y a quelque chose qui me stresse.
C'est les couleurs...
Je ne sais pas qui l'a fait.
Je ne sais pas où ça a été fait.
Ca me stresse.
 
- Jacinthe, 32 ans, souffre d'orthorexie.
Un trouble dû à l'obsession maladive de la nourriture saine.
Cela la pousse à contrôler le moindre aliment, sa provenance, ses ingrédients, son emballage.
Plus il y a de choix, plus elle angoisse.
 
- J'adorerais rentrer dans un magasin où il n'y a rien, ou pas grand-chose, où on proposerait 3 ou 4 choses.
Là, il y a beaucoup trop.
Ça me rend méfiante.
Ça ne me rassure pas.
 
- L'orthorexie, ou quand s'alimenter vire à la paranoïa.
En 6 ans, Jacinthe a progressivement supprimé la viande, les laitages, le riz, les pâtes, persuadée que ces aliments étaient mauvais pour sa santé.
Jusqu'à ne se nourrir que de pommes et de raisin.
Très amaigrie, après 3 séjours en hôpital psychiatrique, elle reprend tout doucement confiance dans ce qu'elle mange.
Son frigo a presque repris une allure normale.
Quand elle l'ouvre, elle a des sueurs froides.
 
- Il y a un Caprice des dieux.
Ça me donne des angoisses.
J'ai les mains moites.
 
- Pourquoi est-il mauvais pour vous ?
 
- Je ne sais pas pourquoi.
J'ai l'impression que mon corps va être pollué.
Même visuellement, j'imagine le beurre qui est autour de mon cœur avec du fromage.
Accompagné encore...
De plein de choses comme ça.
Je me dis que je ne vais pas tenir.
Que je vais mourir d'angoisse.
Ce n'est pas assez sain.
 
- Jacinthe se sent trop fragile pour manger seule.
Ce midi-là, c'est au tour de Marie de déjeuner avec elle.
Un bon moment entre copines.
L'occasion de renouer les liens avec ses proches.
Trop stricte avec la nourriture, Jacinthe s'est peu à peu coupée du monde.
Elle a fini par lasser son compagnon.
Au plus fort de l'orthorexie, la perspective d'un simple dîner en ville suffisait à la faire paniquer.
 
- Avant, c'est 3 heures d'angoisse et de stress.
Je sens que je ne suis pas bien.
Si j'angoisse, il le sent.
Ces derniers temps, un dîner en amoureux devenait un cauchemar, tout le temps.
 
- Une fois par semaine, Jacinthe se rend à la clinique où elle séjournait il y a quelques mois pour faire le point sur ses progrès.
Ici, on soigne les addictions à l'alcool, aux drogues et les troubles du comportement alimentaire.
Son psychiatre, le Dr Perroud, voit de plus en plus de cas d'orthorexie.
 
ALAIN PERROUD PSYCHIÂTRE - CLINIQUE BELMONT (GENÈVE) : - Le souci de ces personnes est d'avoir une alimentation bonne pour elles et bonne pour la santé.
Mais il faut aussi que ce soit une nourriture moralement juste et éthiquement correcte.
Quand on réfléchit à ce qu'on mange, quand on se dit que ce qu'on mange est important et que cela mérite d'être sérieusement pris en compte, on s'arrête de suivre ses besoins et ses envies, sa culture, ses habitudes, pour devenir un intellectuel de la nourriture.
 
- Ce besoin de contrôler sa nourriture, certains l'ont senti et en ont fait un business.
Sur leurs sites Internet, ils nous indiquent ce qu'il faut manger et comment s'y prendre.

Apparaissent rapidement des copies d'écrans de sites internet :
Naturacoach.com
Vivre Cru.org
www.intolsante.com pour leTest ImuPro, le test IntoSanté, le test ImuPro300, les tests ImuPro100 et IuPro200


Des labos en ligne vous révèlent les aliments censés vous empoisonner la vie.
A partir d'analyses de sang, ils prétendent vous indiquer les produits bons ou mauvais pour vous.
On appelle cela des tests d'intolérance alimentaire.
Moyennant 80 à 500 euros, ils peuvent tester jusqu'à 300 aliments différents.
 
Pas besoin de vous déplacer.
Il suffit de commander le kit de prélèvement puis de déposer votre sang sur un papier buvard, direction le labo.
A Metz, l'équipe de cette chercheuse reçoit près de 200 prélèvements sanguins par mois.
 
- Soit on réalise la technique selon la demande des patients et des prescripteurs, soit on fait sur des buvards.
Tomates, carottes, gluten, orange, amandes...
 
SYLVIE BARBIER DIRECTRICE DU LABORATOIRE BARBIER : - La technique vient d'Allemagne.
Le sang est mis en contact avec des échantillons d'aliments pour voir comment le système immunitaire réagit.
 
- Ce test permet de mettre en évidence le taux d'anticorps spécifique d'un aliment que le patient a dans le sang.
Plus le taux est fort, plus ça mettra en évidence une intolérance
à cet aliment.
 
- Mais les tests de ces labos sont-ils fiables ?
Cette Parisienne de 53 ans a tenté l'expérience il y a deux ans suite à des maux de ventre.
Caroline avait choisi le test de 300 aliments à 500 euros.
Inquiétée par les résultats, elle est allée voir une diététicienne.
Deux semaines après avoir envoyé son sang, voici ce que Caroline a reçu du laboratoire Barbier.
Un épais rapport truffé d'informations difficiles à déchiffrer.
Jusqu'à ce qu'elle tombe sur cette grille de résultats au code couleur on ne peut plus explicite.
 
- Qu'est-ce que vous vous êtes dit avec ce rouge ?
 
- Que je devais arrêter d'en manger et que ce n'était pas bon pour moi.
Je serais allergique à la levure de boulangerie, à la vanille, à la carpe...
 
- Ce qui l'inquiète le plus, c'est cette petite phrase : "Vous présentez une allergie de type 3, de niveau 3 par rapport au gluten." Une allergie au gluten, une affection grave qui implique de supprimer à vie les pâtes et les céréales.
La diététicienne lui conseille de faire un test chez un allergologue.

- Je suis allée voir mon médecin.
J'ai fait une prise de sang.
Je ne suis pas allergique au gluten.
 
- Vous avez l'impression de vous êtes fait arnaquer ?
 
- Je suis déçue.
J'ai le sentiment qu'on m'a trompée.
Je suis déçue des résultats.
 
- Selon la diététicienne, ces tests sont mensongers et potentiellement dangereux.
 
CORINNE PEIRANO NUTRITIONNISTE - DIETETICIENNE : - J'ai eu des cas de personnes qui, après avoir fait des tests, avaient perdu beaucoup de poids, étaient carencées en certaines vitamines parce que, tel que le préconisaient les codes couleurs, il fallait enlever tel ou tel aliment.
Quand il y en a un ou deux, voire trois, ce n'est pas problématique.
Quand il faut enlever 20 aliments de son alimentation, on se retrouve avec des personnes qui sont perdues et qui ne savent plus comment et quoi manger.
 
- Au laboratoire qui a réalisé les analyses de Caroline, la directrice reconnaît à demi-mot qu'au moment d'interpréter les résultats, les clients sont parfois un peu désorientés.
 
- N'y a-t-il pas un problème d'interprétation de ces résultats ?
Beaucoup de personnes se disent, en voyant le rouge sur les feuilles, qu'ils sont intolérants à ces aliments.
 
- Oui.
C'est pourquoi nous préférons que les patients nous soient envoyés par des prescripteurs.
Ce n'est pas toujours le cas.

- Ce n'est pas un problème ?

- Si.
C'est pourquoi nous sommes disponibles par téléphone.
 
- Ces tests peuvent-ils prêter à confusion ?

- S'il n'y a pas de prise en charge, oui.
 
- Ces tests sont souvent interprétés sans contrôle et inquiètent de nombreux médecins.

- "Pas de légumes en conserve..."
Nous avons montré au Docteur Chabane, allergologue, le test effectué par
Caroline.
 
HABIB CHABANE MÉDECIN ALLERGOLOGUE : - Sur la base de ces résultats, on peut indiquer un régime sans avoir examiné le patient sur ses habitudes alimentaires et sur les symptômes qu'il présente.
Ça, c'est trompeur.
C'est de la publicité mensongère.
C'est de l'exercice illégal de la médecine.
 
- Il y a quelque temps, le docteur a alerté l'Ordre des médecins alors qu'un labo parisien voulait mettre sur le marché un nouveau test d'intolérance alimentaire.
Le directeur de l'entreprise a été suspendu pour publicité mensongère.
Depuis, les affaires ont repris.
Dernière tendance pour les angoissés de la malbouffe, les stressés du Caddie, le retour du bon sens.


 
En région parisienne, voici Benjamin Dariouch.
Il se dit consultant en nutrition.
 
- Il faut faire des choix fondamentaux.
Il faut acheter des produits de saison.
 
- Pour 300 euros, il vous coache et vous apprend à cuisiner.
C'est la 2ème fois que Jennifer fait appel à Benjamin.
Avant l'arrivée de son 2e enfant, elle ne veut rien laisser au hasard.
 
- Les viandes hachées 1er prix, c'est souvent de la vache de réforme.
Ce sont des vaches laitières qu'on a gavées pour qu'elles prennent beaucoup de poids et de volume pour en faire de la viande premier prix. Ce n'est pas du bœuf.
 
- Vous achèteriez de la viande ici ?
 
- Non.
Je pense que les animaux qui ont fourni ça ont sûrement mangé des céréales, qui ne font pas partie de leurs aliments de base.
 
- Pour garder cette couleur très vive, on utilise du dioxyde de soufre.
 
- Ni nutritionniste ni diététicien, il dit tenir sa légitimité de son ancien métier de consultant en stratégie.
 
BENJAMIN DARIOUCH GÉRANT DE "NATURACOACH" : - J'ai travaillé pour l'industrie agroalimentaire.
Je connais les mécanismes qui incitent à vendre.
Les industriels veulent faire vendre leurs produits.
Ça ne représente pas la réalité nutritionnelle du produit.
 
- Déjà une centaine de clients par mois.
 
En un an, son chiffre d'affaires a été multiplié par 3.


18’35

 

AUTRES INFORMATIONS :

ÉRIC GANDON et ISABELLE HERCELIN
Site de Éric Gandon : http://www.osenvol.fr/
Cure de jeûne et thalasso : http://www.osenvol.fr/Cure-de-je-ne-Thalasso.html accompagné par Éric Gandon et Isabelle Hercelin.
Site de Isabelle ercelin : http://ressourcedelumiere.com/


BENJAMIN DARIOUCH
Site de Naturacoach : http://www.naturacoach.com/ et
http://www.naturacoach.com/blog-nutrition/coup-de-gueule-pourquoi-je-ne-suis-pas-orthorexique/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/Naturacoach

LABORATOIRES BARBIER
Site : http://www.laboratoirebarbier.com/

SOCIÉTÉ R-BIOPHARM (TESTS IMUPRO) :
Site : http://www.intolsante.com/

 

 

COMMENTAIRES :

Sur France 2 :
http://www.france2.fr/emissions/complement-d-enquete/videos/rhozet_complement_enquete_extrait_20140213_1927_13022014130926_F2?onglet=replay

Extraits des commentaires :

  • E. Azalea  

    Ce reportage est une honte, moi qui aimait les enquêtes faites par France 2, là c'est définitivement fini ! Je pensais que les enquêtes étaient faites de façon constructive de manière à dénoncer ce que l'on nous cache ou à exploiter des sujets peu connus mais la c'est juste l'apologie de l'industrie agro-alimentaire. C'est facile de faire des montages inversés comme dans le cas de Benjamin de Naturacoach qui n'est pas du tout un profiteur de personnes "malades" ni un gourou ! Et excusez-moi mais si toutes les personnes qui contrôlent un tant soit peu ce qu'elles mangent sont malades alors nous le sommes tous et ne pas vouloir quotionner l'industrie actuelle n'est pas une maladie, ne pas vouloir manger de la merde remplie d'additifs toxiques non plus, c'est du bon sens.
    Il ne faut pas tout confondre !

    "Message d'une pseudo-orthorexique"

    guiguisensei  

    Quand vous evoquez le colibacille "escheria coli" (e.coli) dans les viandes contaminés... Arrêtez de dire que E coli est mortelle...Les gens qui font une analyse intestinale, et voit "e.coli" sur leurs analyses pourraient psychoter à cause de vous... parce que E coli.fait partie de la flore bactérienne aérobie de chaque personne. Tout le monde a des e.coli dans son intestin. C'est pas e.coli le problème, mais les "souches" d'e.coli "pathogènes", qu'il faudrait préciser à l'avenir

  • guiguisensei  

    reportage baclé concernant le gluten, et les intolérances.Pour avoir été en Allemagne, me faitre soigner dans une clinique environnemental (c'est a dire qu'il considere que l'environnement est une grande cause aux maladies chroniques), on cherche "POURQUOI" on est malade et c'est souvent multifactoriel.C'est bien pour ça qu'un test isolé ne veut rien dire et ne peut être interprété correctement avec d'autres analyses (les métaux lourds par ex, qui se font partout en europe sauf en france,l'analyse de la flore intestinale...). Il faut soigner dans la globalité, De grace journalistes, au lieu de survoler des sites internet comme vous le faites 10 s et donner une mauvaise images, creusez plus ...essayez de savoir pourquoi les gens vont sur ces forums? s'ils vont mieux? s'ils ont soigné des pathologies? On accuse les gens de s'inquieter, on prétend que les contrôle sont mieux qu'autrefois, que la médecine est à la pointe... Alors expliquez moi pourquoi les maladies chroniques sont en constantes augmentation? Personne ne semble savoir. Les gens cherchent a savoir comprendre pourquoi il sont malades, quand aujourd'hui, l'industrie pharmaceutique attend que les gens soient malades.
    Et puis dire que c'est une maladie, ca me fait penser à un reportage que vous aviez dû diffuser sur "les inventeurs de maladies".. Si bien manger est une maladie...l'orthorexie...Bien s'habiller c'est l'orthosexy??? ca devient n'importe quoi.
    Ps : il faudra dire à Benoit dusquesnes, que C'est "Hippocrate" et non "socrate" qui a dit "que ton alimentation soit ton seul médicament".


Lu dans Facebook au profil de Naturacoach le 13 mars 2014 :
https://www.facebook.com/Naturacoach?fref=ts
"Je suis très en colère du montage que France 2 a fait de ma séquence. En gros, je profite juste d'une tendance. Pour votre information, nous avions tourné 4h, et j'ai parlé pendant plus de la moitié du temps du gluten, de ce qui disait aujourd'hui la science dessus, des différentes pathologies, de l'intérêt des produits sans gluten... et j'avais même fait une super recette de cookies sans gluten à la fin pour montrer que santé et gourmandise pouvaient aller de pair.
De plus, la voix off m'a fait dire quelque chose que je n'ai jamais prononcé à savoir que je tirerais ma seule légitimité de mon ancien métier alors que je n'ai pas arrêté de dire pendant 4h que je ne donnais pas mon opinion mais que je me faisais le relais et la synthèses des études scientifiques et des experts..."
BENJAMIN DARIOUCH  



 

Ensemble, c'est mieux

France 3 - Documentaire - Lundi 24 février à 20h45 -
Échanges de savoirs, entraide entre génrations, magasins alternatifs...

Photo de Conscience de L'Être.

Revoir le documentaire en replay jusqu'au 2 mars 2014 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/ensemble_c_est_mieux_,97626539.html (1h56')


PRÉSENTATION :

Échange de services ou de savoirs, entraide entre générations, nouveaux commerces...
Aujourd'hui, partout en France, de nouvelles solidarités voient le jour.
Au départ de chaque réseau solidaire, il y a un citoyen qui s'engage.
Ce documentaire raconte le quotidien d'hommes et de femmes qui ont décidé d’agir en bas de chez eux, dans leur ville, dans leur quartier.

Documentaire de Claire Lajeunie et Julie Awobada.

Lire le synopsis et la critique de Télérama au lien : #telerama_ensemble

TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE :

-Avec la crise, les Français s'entraident. Ils agissent chez eux, dans leur quartier, leur ville.
 -On met des légumes devant chez soi. Une nourriture à partager.
-Potagers solidaires, légumes gratuits, un nouveau mouvement arrive en France.
-On s'appelle pas Coluche, on n'a pas la prétention d'égaler les Restos du Cœur, mais on a la volonté. On y croit.

-Déménager gratuitement, s'offrir un repas de chef à la maison, tout se troque.
-On joue aux riches sans l'être.
-On se rend pas compte de tout ce qu'on sait faire qui peut aider.
 -Des associations d'étudiants aident des chômeurs à retrouver du travail.
-Ça te rend très crédible. C'est pas que des vêtements, c'est de la confiance.
-Bonjour, madame.
-Des magasins gratuits voient le jour.
-On m'a dit : "Tu peux entrer et choisir 3 articles, et tu repars." Sans payer ? Impossible ! C'est une blague !

-C'est bon.
-C'est parti.

-La débrouille est de retour. Aujourd'hui, la solidarité, c'est l'affaire de tous.
A Chambéry, une communauté d'échanges solidaires a vu le jour il y a 2 ans et s'appelle l'Accorderie.
L'idée vient du Québec. 250 personnes se sont regroupées autour d'une idée simple : échanger des services gratuitement, selon ses compétences. Ici, aucun argent n'est échangé. La seule monnaie en cours, c'est le temps.
-Je prends mon carnet de chèques pour payer du temps. C'est un papier ordinaire sur lequel on marque le service qui a été rendu, par exemple, une coupe de cheveux, le nom de la personne qui nous a rendu service, et là, je marque le temps que la personne a passé pour le service. Ensuite, on remet le chèque à l'Accorderie dans un pot. Ils vont le comptabiliser et notre compte va être crédité en temps et non en euros.
-Bonjour. C'est Olivier qui m'a parlé de toi.
-C'est Arielle.
-Bonjour. Tu déménages le 23, c'est ça ?
-Oui.
-Arielle s'est inscrite il y a 2 jours. Chaque nouvel accordeur reçoit un crédit de 15 heures. Une aubaine pour Arielle. Elle n'a pas d'argent pour déménager.
-J'ai besoin d'une camionnette. 2 personnes en ont. C'est 80 euros pour la matinée, la camionnette.
J'ai 2 noms de personnes qui en ont une.
-Arielle est au chômage et élève seule ses filles de 11 et 13 ans. Elle a besoin de bras pour porter les cartons.
-Par contre, il y a 2 étages à descendre et 4 à monter.
-Moi, je me suis inscrit pour la descente.
-Est-ce que tu es dans la liste ? Super. Merci !
-Je t'en prie.
-J'ai 3 accordeurs plus des maris de copines qui vont venir, plus mes copines. C'est bon. Plus la camionnette d'une accordeure jusqu'à 13h.
-Ça devrait le faire.
-Pour aujourd'hui, c'est bon.
-Très bien.
-J'ai besoin de ces services pour arriver à faire les choses normales de la vie. J'arrive plus à les faire avec mes revenus. Vraiment, c'est un besoin. Et puis, j'aime bien, parce que je vais échanger, donner.
-Qu'allez-vous proposer ?
-Moi, je propose des gardes d'enfants. Et aussi l'écriture. Je vais proposer aux gens de faire des courriers administratifs ou non. Un courrier soutenu et argumenté pour un problème, je me propose de le faire. J'ai même pensé faire des poèmes d'amour. On verra. C'est au 2ème. Salut.
-8 jours plus tard, c'est l'heure du déménagement. Arielle quitte son deux pièces pour un logement HLM plus grand. Il est 8h du matin, ses amis sont là.
-Y a du monde qui arrive, 4 accordeurs également, plus Maud, qui amène son Jumpy, qui est aussi une accordeure. Avec Maud, j'ai 4 heures. A midi, elle doit partir. On va faire les grosses choses.
-Parmi les accordeurs, il y a Francis, responsable d'achats, Olivier, cadre supérieur dans le bâtiment, et Sébastien, ingénieur, qui propose ses talents.
-Je propose un peu de déménagement, du dépannage informatique, et je coupe parfois les cheveux aux gens que je connais. Je sais qu'ils ne râleront pas.
-Voici Maud et sa fameuse camionnette.
-Je propose mon Jumpy. Parmi ce que je propose, c'est le camion le plus prisé.
-Aujourd'hui, son temps est compté. Normalement, c'est 4 heures. Après, je pars en vacances. Je m'en vais à midi.
-Tous ont bloqué leur samedi matin pour aider Arielle, sans la connaître et sans contrepartie financière.
-lci, c'est fini. Terminé. Y a rien. C'est super. Tous ces gens, avec les accordeurs en plus, c'est super ! C'est bon ? Y a plus que ça.
- Tu prends le dernier truc. Ah, la lumière. Je reviendrai nettoyer, mais c'est fini.
-Direction le nouvel appartement d'Arielle, à 500 m de là.
-Alors là, comment on fait ? On passe, là ?
-Oui.
-On le met où ?
-C'est un endroit bizarre. Attention ma tête. A droite.
-Après 2 ans d'attente, ArieIIe a enfin un logement social. Il lui coûte 300 euros de moins pour elle et ses 2 filles.
 -C'est superbe.
-Si ArieIIe avait fait appel à des déménageurs professionnels, cela lui aurait coûté au minimum 400 euros. Au-delà de l'économie réalisée, elle vit une expérience. Ce que ça apporte, c'est aussi un sentiment de liberté. C'est un truc de dingue. Ça sort de l'habitude, Les relations de boulot, c'est particulier, les relations d'argent chez les commerçants aussi. Ça change. Ça apporte de la liberté. Et c'est avec des gens qu'on ne connaît pas. On invente d'autres liens.
-Fin du déménagement. Pause-déjeuner pour les accordeurs et les amis d'Arielle.
-A table! Il est midi, là ? On compte quoi? 4 heures ?
-Comme tu veux. Là, il est midi. Midi vingt.
-Alors on compte 5 heures.
-4, c'est bon.
-Non, 5.
-Je suis arrivé en retard.
-Il a rien fait pendant 20 mn.
-Au total, elle a dépensé 16 heures pour son déménagement. Des heures qui lui seront débitées de son compte temps. Cela étonne ses amis.
-Vous pouvez m'expliquer le système ? Je débarque.
-On donne des heures à une banque d'heures qui s'appelle l'Accorderie.
-D'où les fameux accordeurs.
-Voilà. Pour les filles, c'est "accordeure" avec un E.
-On échange des services. Une heure de ci vaut une heure de ça.
-Sans argent ?
-Non.
-Je trouve que c'est super. Ça va se développer, avec la crise.
-C'est pas que la crise.
-C'est un état d'esprit.
-En cas de coup dur, ça permet de se serrer les coudes.
-Je suis contente !
-Tu vas bien dormir, ce soir.
-Oui.
-15 jours plus tard, Arielle fait ses premiers pas à l'Accorderie, et échange ses premiers services. Pour gagner des heures, elle part s'occuper d'un adolescent et aider une mère célibataire, comme elle.
-Tout est sur nos épaules quand on élève seule des enfants. Il faut pouvoir souffler.
-Vous trouvez que le baby-sitting équivaut à un déménagement ?
-Ca, c'est super, à l'Accorderie. Tout équivaut à tout, sans hiérarchie.
-Elle va chercher Kélian, 13 ans. Sa mère est femme de ménage. L'adolescent a l'habitude de passer du temps avec des inconnus comme Arielle.
-Ta maman vient te chercher assez tôt, aujourd'hui.
-16h ?
-Oui, il me semble.
-Kélian, tu es souvent gardé par des accordeurs ?
-Quand ma mère travaille, oui. Au début, c'était bizarre. Mais on se connaît plus,
-C'est mieux que de rester seul ?
-Oui. Chez moi, je reste devant la console ou la télé. Là, je sors.
-Direction le lac du Bourget pour un bol d'air. Lou, sa fille, profite de cette sortie pour faire connaissance avec Kélian.
-Tu connais, cet endroit ?
-Oui. Je suis déjà venu. On va là-bas ? Elle est froide ?
-Tu m'aides à trouver des pierres plates ?
-Tu lui as appris à faire des ricochets ? Regarde. Tu y arrives bien ! Je sens que Lou va se baigner. Courageuse, ma fille.
-L'eau est froide.
-C'est une responsabilité de garder un enfant qu'on ne connaît pas.
-On est en confiance. Ce qui me plaît, c'est que comme il n'y a pas de rapport d'argent, ça change tout. Le rapport de base, c'est la bienveillance. La bienveillance normale, pas exagérée. Personne ne se force. On est juste respectueux des autres. Et ce qui nous lie, c'est les échanges.
-A l'Accorderie de Chambéry, les échanges deviennent un nouveau mode de vie. Comme ArieIIe, d'autres accordeurs vont apprendre a s'entraider en conjuguant leurs talents. Au départ de chaque réseau solidaire, il y a un citoyen qui décide de s'engager et d'agir.

Cédric Derouin, un caviste de 35 ans lance un mouvement : les Incroyables Comestibles.
-Les betteraves sont bonnes.
-Si personne ne les prend, je les prendrai.
-On le met au palmier? -Ce père de 3 enfants consacre son temps libre à cette initiative encore peu connue. L'idée est simple : installer dans la ville des potagers en libre-service, où chacun peut se servir en légumes ou fruits selon ses besoins.
-C'est un exemple de bac. Y a des betteraves, des poireaux, du chou. Ça, c'est du céleri.
-On peut les manger.
-Première étape pour Cédric: faire connaître le mouvement et donner envie aux gens de planter à leur tour un peu partout.
-Ça y est, les gens commencent
-C'est sur la promenade du front de mer que Cédric installe son stand.
-Bonjour, mesdames. Voici un petit flyer d'un mouvement citoyen qui se lance sur Saint-Nazaire.
-Juliette vit à Saint-Nazaire. Elle a rejoint les Incroyables Comestibles il y a 3 mois.
-En bas des immeubles, on met de la menthe, de la ciboulette, du persil ou des framboisiers. Avec l'affiche "Nourriture à partager, "servez-vous, c'est gratuit." Si ça vous intéresse, il y a un site Internet. On construit des bacs à partir de palettes, là-bas. Après, on les installe devant chez les gens.
-Cédric n'a aucune subvention. C'est la débrouille. Comme ici, ces bacs fabriqués avec des palettes, du bois de récupération. Il est devenu un pro du système D, depuis qu'il a mis des légumes en libre-service devant sa maison.
-J'avais trouvé l'idée sur Internet intéressante. L'été dernier, j'ai récupéré des plants de poireaux en grande quantité. Trop.
- J'en ai donné à mes voisins, mes amis, et il m'en restait encore. Du coup, j'ai repensé à cette idée et je me suis dit que j'allais faire ça. J'ai démarré seul. Maintenant, on est 50. En 6 mois, c'est bien.
-Tout a commencé en 2008 dans une cité industrielle en Angleterre, touchée par la crise. Faire un potager non pas derrière mais devant chez soi et laisser les légumes à disposition de qui en a besoin. Une idée toute simple qui conquiert la France de commune en commune. A chaque fois, les Incroyables comestibles postent une photo sur les réseaux sociaux pour inciter les gens à les rejoindre. Huit jours plus tard, les Incroyables comestibles investissent un parc public : le jardin des plantes de Saint-Nazaire. Ils profitent du festival "Jardinons Nature" pour installer le premier potager solidaire de la ville.
-Un petit peu de thym, ça sent bon.
-Poireaux en haut, tomates au milieu, oignons en bas. Ça marche comme ça. Vous voulez planter vos tomates ?
-Leur objectif : faire planter petits et grands pour qu'ils reviennent cueillir les légumes une fois mûrs.
-On ne nourrira pas la ville avec ce petit carré. Mais si on peut les faire réfléchir et se dire qu'il y a d'autres façons de faire, on a gagné une bonne partie. On éveille les consciences.
-Cédric !
-François Rouillay est venu depuis son village d'Alsace. Il a découvert les Incroyables Comestibles en Angleterre.
-Est-ce que ce tunnel de roses va se transformer en tunnel comestible ?
-Tu rêves.
-C'est pas interdit de rêver.
-Il est venu aider Cédric à convaincre les responsables de la ville de poser des bacs au pied des immeubles.
-Saint-Nazaire, ville comestible et solidaire. C'est pas l'avenir, ça ? 100 % comestible. Tout le monde mange à sa faim.
-A Saint-Nazaire, pour l'instant, ça va.
-Y a pas de Restos du Cœur ?
-En plus, les gens sont assistés. C'est un peu humiliant. Là, vous changez de regard et de réalité.
-A Saint-Nazaire comme ailleurs, les Incroyables Comestibles démarrent à peine. C'est devant la maison de François Rouillay que tout a commencé il y a 2 ans. C'est un mouvement d'abondance partagée. On l'a découvert en décembre 2011 en France. Personne ne connaissait. Avec une poignée d'amis, on a trouvé ça génial et on a fait notre bac devant la maison. Un voisin nous a vus, on lui a expliqué. Il l'a fait chez lui. Puis son voisin l'a vu, et il l'a fait aussi. Et de fil en aiguille, plusieurs personnes l'ont fait, puis le village d'à côté. Et maintenant, il y a 2, 3 démarrages par jour.
-Partout en France, le mouvement fait boule de neige. A Versailles, près de Paris, ce sont des étudiants qui lancent Thibaut, Linda, Alexis, Vincent et Rémi ont quitté la fac pour suivre un cours un peu particulier au Potager du Roi du château de Versailles.
-Christine Dufour.
-Bonjour, madame. Thibaut.
-Christine Dufour est la jardinière en chef du Potager du Roi depuis 15 ans. Elle leur réserve une formation musclée pour leur apprendre les bases du jardinage.
-On vient se former au jardinage.
-Une journée de jardinage.
-Voilà. C'est ça. Pour nous, c'est une formation. On est novices.
-Y a du travail.
-Oui.
-Direction la serre du château pour la théorie. Thibaut a trouvé des mécènes pour lancer le mouvement. Le Potager du Roi les soutient en les formant gratuitement.
-Ces carottes ont déjà 4 mois et demi. Si j'en ramasse une, elle est minuscule.
 -Première leçon: savoir reconnaître les légumes pour savoir quoi planter dans les bacs.
-On compte 6 mois pour une carotte.
-On ne prétend pas être jardiniers. On est là pour apprendre. C'est la première fois que je me balade à Versailles en bottes. Il faut une première à tout.
-Aubergines, pas la peine. La température de levée est de 25 degrés. Il faut une serre. C'est une culture méditerranéenne. Le climat parisien ne lui va pas. Le basilic, c'est un peu chétif, fragile. Mais ça peut être super sympa. Ils ont du courage. Là, ils vont avoir du travail. C'est un beau projet. Le concept est sympa, c'est pour le partage. Après, ils ne réalisent pas tout le travail que ça va demander. Un potager, c'est beaucoup de travail.
-Vous nous aiderez.
-J'ai 9 ha, là, ça va aller. On va aller dehors essayer de semer.
-C'est parti.
-Le Potager du Roi, c'est 9 ha de jardins, 400 espèces différentes de fruits et autant de légumes. Un site prestigieux, l'endroit idéal pour apprendre à bêcher semer, et repiquer. A 25 ans, Thibaut a déjà été bénévole à la Banque Alimentaire et veut faire bouger les mentalités.
-Le déclic était simple. On est partis du constat qu'il y a beaucoup de jeunes, des étudiants, qui travaillent et étudient en même temps et qui mangent des pâtes. C'est le destin de tout étudiant pour commencer. Il y a aussi des travailleurs pauvres, des retraités qui peinent à finir le mois. Il fallait faire quelque chose comme les Incroyables Comestibles.
-Essayez d'un peu moins parler et de plus agir. Faites des gestes rapides comme ça. Vous n'avez pas l'habitude. Là, vous traînassez. Ça manque de dynamisme. On peut changer le cordeau ?
-Oui. Ici ?
-Non. C'est n'importe quoi.
-Excusez-moi, je suis paumé.
-Bien tendu. On le recule. Qui va lui montrer ?
-Ah oui, en arrière !
- Non, on ne marche pas !
-D'habitude, on a le nez dans les livres. Là, on est dehors, c'est mieux.
-Alexis, on continue les petits pois ?
-Après 8 heures d'exercices pratiques, le métier commence à rentrer.
-Je trouve que ça va. C'est plutôt pas mal.
-On a bon espoir.
-Oui. C'est pas mal.
-C'est bon.
-OK.
-Quand Coluche a dit qu'il voulait ouvrir des restaurants gratuits pour ceux qui n'avaient pas à manger, c'était surprenant. Et pourtant, ça a marché. On ne s’appelle pas Coluche et on n'a pas la prétention d'égaler les Restos du Cœur, mais au moins, on a sincèrement la volonté et l'énergie et on y croit.
-La semaine prochaine, c'est le top départ des Incroyables Comestibles. Ils vont installer des potagers solidaires dans la ville de Versailles.

L'Accorderie se développe et compte aujourd'hui plus de 300 personnes. Thida est une des premières à s'y être inscrite, il y a 2 ans. Sa spécialité, c'est la cuisine cambodgienne. Elle va préparer directement ses plats chez les accordeurs. Un vrai chef à domicile qui amène ses courses et ses ustensiles.
-Quand il y a la viande, le couteau, c'est essentiel. Donc je prends le mien. Le matériel, c'est essentiel.
-Thida a été appelée par un couple dans le centre-ville de Chambéry. Elle doit gagner beaucoup d'heures car elle prépare une surprise de taille : une fête de 100 personnes pour les 18 ans de sa fille. Un événement que Thida veut organiser grâce aux talents des accordeurs.
-Faut passer le couloir, d'après ce qu'elle m'a dit.
-Elle ne connaît pas les personnes chez qui elle va cuisiner. A chaque fois, c’est l’inconnu
-Hého !
-Je monte où, dis-moi ? J'arrive. Bonjour, Joris.
-Salut. Ça va ?
-Joris et Shampika accueillent Thida. Le jeune couple va goûter à sa cuisine pour la première fois.
-C'est mignon, ici. Vous êtes au dernier étage ? C'est ton bébé ?
-Oui. Loanne.
-Elle est trop mimi.
-Pas de temps à perdre. Thida a 3 heures pour tout préparer.
-Qui c'est qui sait bien couper la viande ? Joris ? J'ai des bons couteaux. La sauce de poisson, c'est capital.
-Shampika et Joris ont invité un couple d'amis, ce soir.
-On s'est dit que ce serait sympa
-Marquer le coup avec moi, c'est sympa.
-On fait le restaurant à la maison. On a tous des enfants, c'est plus pratique d'être à la maison. Et on va découvrir cette cuisine.
-L'idéal, c'est de prendre de la viande persillée, qu'il y ait des filaments de gras.
-Thida va montrer à Shampika les secrets de la cuisine asiatique.
-Avec le gras, c'est plus savoureux. Après, tu coupes tout fin. Ça cuit super vite sur la plancha.
-Je pensais pas que c'était si fin. En France, on met des plus gros morceaux.
-Vous avez déjà raté un plat ?
-Dans les échanges ? Non. Pour le moment, non. C'est chouette. T'as vu les quantités ? Je vous laisse goûter. Vous verrez pour la prochaine fois. Pas plus de sel.
-Ça pique !
-C'est l'ail qui pique. Mais à la cuisson, ça pique plus.
-Quand on fait appel à un accordeur, on n'est pas sûr du résultat.
-On est plus exigeants que quand il y a de l'argent en jeu. Quand c'est un service, les gens y mettent tellement de cœur que l'exigence est plus forte. J'ai jamais autant stressé qu'en rendant un service. Il faut que ce soit parfait. Il y a un rapport humain qui va au-delà du rapport d'argent.
-Le poulet, c'est un assaisonnement classique a base de sauce d'huître, sel, sucre.
-Au-delà du service rendu, des liens se tissent et de vraies rencontres se font.
-Rendre un service, ça s'arrête pas là. Au lieu de parler de notre travail, on est plus amenés à parler de nos vies.
-L'Accorderie crée des liens. On les maintient à l'extérieur, des gens peuvent devenir des vrais amis. C'est assez riche. Je vous montre une ou deux et je vous laisse continuer. N'oubliez pas les cacahouètes. Ça va dans la salade. Tu les mettras avant de servir, Joris. Sans cacahouètes, c'est plus une salade cambodgienne.
-Après plus de 2 heures de cuisine, verdict de Joris et de Shampika.
-C'est super bon.
-Eh bien, voilà. 2 heures 30 de temps de gagné. Et du temps passé ensemble avec plaisir.
3 heures, c'est ça ?
-3h30. Si, il y a les courses.
-L'addition pour eux : un chèque dont le montant s'élève à 3h30, en plus des 25 euros de courses que Thida a avancés. Pour Shampika et Joris, reste à dresser la table pour les invités.
-Allez, j'y vais. A bientôt. Merci.
-Thida va continuer à cumuler des heures pour organiser l'anniversaire de sa fille grâce à l'Accorderie. Thibaut, l'étudiant en master de droit, organise une opération exceptionnelle. Il collecte 38 t de terre pour remplir une vingtaine de bacs.
-La terre est remplie. Je décolle d'ici 2 mn, on arrive. C'est parti.

-Aujourd'hui, il installe les premiers potagers solidaires dans les Yvelines. Direction un quartier résidentiel de Vélizy. Ça va ? Bonjour, madame. Bonjour, monsieur. Parfait, il y a tout le monde ! On est bons.
-Voilà les plants. A vos outils. Aujourd'hui, c'est le top départ des plantations. Et nous, notre travail commence.
-Les bacs en bois ont été offerts par le château de Versailles. La terre vient du Potager du Roi. Thibaut et les autres espèrent mobiliser toutes les bonnes volontés.
-Où est la tranchée ?
-Y en a une là.
-Y a de la place, là ? Tu peux faire une petite allée. Si j'ai besoin de persil, je viendrai là.
-On se retrouve tous ici, c'est agréable. Et ils voient que les pommes de terre ne viennent pas du magasin.
-A ma grande surprise, quelqu'un a apporté de l'estragon. Venez planter. Il faut avoir ça en tête : ce n’est pas parce que madame a planté son estragon, que c'est elle qui va le récolter ou le manger. C'est la solidarité. Chacun peut se servir. Personne n'est propriétaire des légumes.
-Souriez.
-Le lendemain, à Versailles, sur l'une des avenues les plus fréquentées de la cité royale, un autre défi attend Thibaut et ses amis.
-Bonjour.
-Ils ont convaincu des grands chefs cuisiniers de venir les soutenir. Jean-Baptiste Martin est aux fourneaux.
-On essaie d'initier des rendez-vous spontanés dans la rue en espérant que dans le futur, on ait des habitants qui se réunissent pour préparer et partager des petites choses de manière conviviale.
La bonne nourriture, c'est de l'émotion. Les rencontres aussi. Ça marche ensemble. Ton couteau, il est guidé par ton doigt. Voilà.
-Pour l'occasion, les étudiants des Incroyables Comestibles jouent aux aides-cuistots.
-Je suis stressée.
-Ces jeunes veulent avancer. Face à des jeunes comme ça, on propose d'aider. Eux ne demandent rien. On se joint à eux pour améliorer ce qu'on peut, où on peut. C'est pour les potagers solidaires. -Vous pouvez déguster gratuitement.
-Au menu : des fraises au basilic et à la menthe.
-C'est un projet tourné vers la gastronomie et le bien manger. Avoir ces chefs, c'est aussi un gage de qualité. Et gastronomique, parce que c'est délicieux. J'adore les carottes à la coriandre. Même en forme de fleurs !
-Venez goûter ma carotte !
-Tout à fait excellent. J'attends la troisième.
-Vous mangez souvent des légumes ?
-Non.
-Vous préférez manger quoi ?
-Des grecs.
-Ce que les jeunes aiment.
-Vous savez comment poussent les carottes ?
-Non. Je les mange et voilà.
-C'est bon ?
-Oui.
-Ça fait plaisir, chef ?
-Des ados qui aiment ça ? Oui.
-Le marché se termine. Thibaut continue à sensibiliser les Versaillais.
-C'est très chouette. Si ça peut servir, en plus ! J'ai vu les bacs là-bas.
-Les gens sont intéressés. Avoir des personnes comme ce monsieur qui nous dit : "C'est génial, mon balcon, y a plus de place. "Je vais prendre 2, 3 bacs." Je n’ai rien à dire de plus !
-Dans les prochains mois, Thibaut et son groupe espèrent élargir le mouvement dans toutes les  Yvelines. Cédric, des Incroyables Comestibles à Saint-Nazaire, s'apprête à passer la journée les mains dans la terre. Première installation en centre-ville : un potager vertical.
-C'est pour qui, ce bac ?
-La dame qui vit là veut participer au mouvement. On lui a créé un bac.
-C'est pour tous les gens qui veulent. Si tu as oublié ta ciboulette, tu en prends un peu là pour mettre sur ton poisson. C'est une façon d'être solidaire sans savoir à qui on fait plaisir.
-Changement de quartier. Pour imposer son mouvement, le jeune père de famille va aller encore plus loin. Dans une autre résidence, Cédric a décidé de se passer de l'autorisation de la copropriété. Il va transformer une partie commune en potager.
-C'est ce qui permet de faire changer les mentalités : on peut faire autrement. Si on se contente de dire: "Ce serait bien de faire ça", on se rend compte que les gens parlent, on fait une réunion, puis on discute, on refait une autre réunion parce qu'on n'avait pas fini la dernière fois, et au final, on n'agit pas. L'efficacité du mouvement, c'est qu'on plante d'abord on arrose et on partage. On parle après. On agit d'abord.
-On n'est pas obligés de mettre toutes les tomates.
-Mets les blettes aux quatre coins, et les tomates partout.
-Nous sommes chez Amélie. Elle a contacté pour tenter l'aventure en bas de son immeuble.
-J'ai rencontré Cédric, et après, sur Facebook, les réseaux sociaux. J'ai la chance d'avoir un jardin chez mon père. Mais en ville, on n'a pas tout ça. L'idée me plaisait bien. Et ça permet de faire des rencontres. Où est le plantoir ?
-Une opération surprise qui fait sortir les voisins de chez eux.
-C'est sympa !
-Vous mettez une laitue, vous revenez, elle est plus là ! Vous croyez que ça va marcher ? J'espère. Pourquoi pas ?
-Vous allez mettre ces plants ? Qui va entretenir ça ?
-Tous ceux qui veulent.
-D'accord.
-Il faudra arroser les tomates.
-C'est bien. Bon courage.
-C'est convivial. Ça permettra de mieux connaître les voisins.
-Que pensez-vous de l'idée ?
-C'est bien. Oui, sûrement. On aura notre persil, notre ciboulette à proximité.
-Cédric retourne chaque motte de terre. Il ne s'arrête pas de bêcher.
-On a des framboisiers encore. Quand les enfants viendront jouer, ils pourront manger des framboises. L'idée, c'est de permettre à des gens qui n'ont pas forcément les moyens d'acheter des fruits et légumes, ça coûte hyper cher, les framboises, d'en manger, et elles sont produites en bas de l'immeuble. Voilà. Gratuitement.
-Les résidents répondront-ils à l'appel de Cédric ? S'ils prennent le relais le mouvement pourra commencer.
-Trois, deux, un.
-3 mois plus tard, c'est le grand jour.
Tchanda, la fille de Thida, fête ses 18 ans. Pour lui offrir une belle soirée sans dépenser trop, Thida a fait appel aux accordeurs.
-Vas-y, entre.
-Parmi eux, Olivier, spécialiste des macarons, et Danièle, réputée pour ses talents de couturière.
-Des macarons de toutes les couleurs.
-Tu y as passé longtemps ?
-Une bonne demi-journée. Vous allez m'aider.
-Olivier est cadre supérieur dans le bâtiment. A l'Accorderie, c'est un pâtissier reconnu. Thida lui a commandé 100 macarons pour la fête.
-Entre la couture, les préparations, le repas, l'organisation de la salle, l'Accorderie, c'est super pour faire appel à différents services.
-J'ai pas la dextérité d'un pâtissier.
-On dirait que t'as fait ça toute ta vie. C'est régulier, l'épaisseur, la garniture...
-Ça vous touche que Thida ait pensé à vous ?
-Bien sûr. On ne se connaissait pas, Thida et moi. On a fait connaissance et c'est des liens d'amitié qui se créent. Ce qui est bien, c'est que même s'il est raté, le goût y est.
-Sans l'Accorderie, vous auriez pu avoir tout ça ?
-Non.
-Les macarons, c'est cher. C'est un budget, pour 100 personnes, au niveau du repas. On sera plus au clair là-bas.
-A côté, atelier couture, avec Danièle, 64 ans, ancienne couturière à la retraite. Cela fait une semaine qu'elle travaille sur la robe de Tchanda.
-Daniele est déjà passée à la maison plusieurs fois. Elle a bâti le bustier, on a posé ce drapé. Danièle m'est d'une grande aide. La bretelle est posée. Voyons avec quelques plumes. Qu'est-ce que vous en pensez ?
-Comme ça, oui.
-Encore un côté, et derrière, au niveau de la taille.
-Vous avez hâte d'être à ce soir ?
-Oui. Un peu stressée, un peu excitée. Mais ça va bien se passer. J'espère. Normalement.
-16 euros...
 -Pour 100 macarons, Thida a dépensé 25 euros : le prix des ingrédients et 10 heures de son compte temps.
-Qu'est-ce que je vais pouvoir faire avec ces 10 heures ? Je ne sais pas ! Bon anniversaire ! Et bonne fête. Au revoir, Danièle. Thida, j'espère que ça participera à la réussite de la fête.
-J'en suis sûre.
-Thida file à la salle des fêtes.
Il lui reste 3 heures pour tout préparer. Sur place, elle a rendez-vous avec d'autres accordeurs.
-Arielle !
-Ça va ? C'est le grand jour.
-6 mois après son déménagement, Arielle a multiplié les échanges et les rencontres à l'Accorderie. En plus de la garde d'enfants, elle propose un nouveau service: la décoration.
-Elle essaie de voir, elle a l'habitude d'organiser les tables.
-90 personnes.
-Je sais.
-Tant qu'on peut caser.
-Allez, on essaie. Ça fait un peu dynamique. On va en rajouter. Là, on laisse le passage des gens pour servir.
-Voilà. Le côté élégant commence à arriver avec les nappes.
-C'est fatigant, l'Accorderie.
-A quelques heures de la fête,
-C'est beau !
-Guillemette, une prof de philo, a fait le gâteau d'anniversaire. Un moelleux au chocolat sur 3 étages. -Un gâteau fait maison. C'est parfait. Pas un truc du commerce.
-Tu t'occupes des tissus ?
-Thida a mobilisé 15 accordeurs pour gâter sa fille. Grâce à ses repas cambodgiens, elle a accumulé 70 heures sur son compte temps.
-Je vais dépenser une cinquantaine d'heures.
-Quand même ! Moi, je suis à plus 10. Je me sens pauvre. Moi, je suis riche. Mais ça va diminuer après l'événement.
-C'est beau, comme ça, Thida ?
-Oui, ça égaye. Je suis contente.
-Maintenant que j'ai l'habitude de faire des échanges, j'ai l'impression que c'est normal. On s'entraide tellement que pour moi, c'est devenu normal, hyper courant. Tu fais, tu reçois. C'est bien.
-Tu travailles bien, je suis ravie.
-Merci.
-Je suis ravie des interventions des accordeurs.
-Je ne suis pas décoratrice, j'ai donné le mouvement des tables. Et Thida est toute contente. En fin de compte, c'est ça : un plus un, ça fait plus que deux. Bon week-end. Amusez-vous bien.
-Pour ArieIIe, difficile d'imaginer revenir à sa vie d'avant, avant l'Accorderie. Après une journée de préparatifs, les accordeurs sont partis. Pour Thida et sa fille, c'est la fête.
-Bonsoir à tous. J'espère que la soirée et ce que vous allez manger vous plaira. Beaucoup de personnes se sont mobilisées pour faire tout ça. Je remercie les grands-mères, tous les accordeurs, et surtout ma maman qui a fait beaucoup de choses pour moi.
-Le dîner, c'est un buffet du monde. Grâce aux accordeurs, il y a des plats asiatiques, maghrébins, français. Les invités sont épatés.
-C'est génial qu'on n'ait pas à débourser d'argent pour tout ça. happy birthday !
-Thida a réussi à organiser une fête pour 100 personnes sans dépenser beaucoup d'argent.
-Je veux pas le couper tellement c'est joli. J'ai pu montrer le côté partage à ma fille, qui a 18 ans, qui va s'envoler dans sa vie de femme. C'est ce qui me fait le plus plaisir. Et tout le monde s'est mobilisé pour elle. Cala fait grandir, cette mobilisation de la famille et d'autres personnes inconnues. Je trouve que c'est très bien pour elle, pour plus tard.
-Sur le modèle de Chambéry, des Accorderies se sont ouvertes en France : 4 à Paris, une en Charente-Maritime et une dans la Drôme. D'autres devraient bientôt voir le jour.

Aujourd'hui, les patrons accordent de plus en plus d'importance à l'apparence, lors du recrutement. C'est en faisant ce constat que 3 étudiants en école de commerce ont l'idée de créer la Cravate Solidaire, une association qui récupère des costumes pour en faire don à des chômeurs. Yann, Nicolas, Jacques-Henri font partie de ces Français pour qui l'entraide est une solution.
-A la base, on voulait collecter des costumes et les redistribuer. On a monté le projet petit à petit à force d'en parler. On a créé la Cravate Solidaire.
-Pour avoir un métier, il faut avoir un costard cravate. On a eu cette idée d'aider les gens.
-Tout le monde a dans son armoire un costume qui sert plus. Nous, on le récupère et on lui donne une seconde vie.
-On a été sensibilisés par la problématique du chômage. C'est déjà difficile pour nous de se financer un costume. Alors pour ceux qui n'ont pas de moyens...
-Même si ça nous prend beaucoup de temps, ça nous rend heureux. On fait quelque chose qui a du sens.
-Ce matin, la Cravate Solidaire vient aider la Mie de Pain, une association qui aide les personnes en grande précarité. Leur mission : redonner confiance à ces demandeurs d'emploi le jour de l'entretien. -On vous a expliqué ce que fait l'association ? Tu as un projet professionnel ?
-Agent de maintenance ?
-Oui.
-Yann et Nicolas ont 3 heures pour les relooker du costume aux chaussures. Premier candidat : un peintre en reconversion.
-Nico, un pantalon en 44! La chemise, ça va ?
-Le but, c'est de vous sentir bien. Pas de cravate ?
-On n'a pas beaucoup de chaussures mais dites-moi votre taille.
-42.
-On doit en avoir. Essayez-les. C'est trop grand ? Trop petit ?
-Non, ça va.
-Au bout, ça touche pas ?
-Ça va.
-Parfait.
-Du coup, tu veux une cravate pour ton entretien ? Si c'est hôtellerie de luxe, oui.
-Vous cherchez quel emploi ?
-Faut être bien habillé.
-Tu relèves ta chemise avant de le faire. Tu coinces la cravate entre ton pouce et ton index. Après, on tourne autour du pouce et autour de la main. Voilà, on continue. Après, vous repassez au niveau de votre col. Voilà. Et vous repassez la cravate dans la boucle qu'on a créée. Voilà. Après, vous l'ajustez en tirant sur le petit bout. Tu resserres un petit peu. Voilà.
-Comme ça ?
-C'est parfait.
-Il faut que ça, ce soit plus long.
-Oui. Ça doit arriver au niveau de la ceinture. Ça peut être des personnes en grande précarité sociale. C'est des jeunes qui peuvent vivre dans la rue pour certains. C'est ouvert à tous.
-Qu'en pensez-vous ?
-Ça me va droit au cœur. J'espère qu'ils seront toujours là pour nous aider.
-Tu nous diras quand tu auras décroché un emploi.
-Vous cherchez un travail dans la vente ?
-On va voir pour une cravate. C'est plutôt bien vu. Je vous laisse l'essayer.
-La cravate, vous y tenez.
-Pas spécialement. Le but, ce n’est pas d'habiller tout le monde en financier. Certains veulent s'orienter vers la pâtisserie ou la plomberie. Dans ce cas, une chemise et un pantalon, c'est parfait. Par contre, si on veut faire de la vente, la cravate, c'est utile. Je ne fais pas l'apologie du costume ou de la cravate. Mais en entretien, ça aide. Vous voulez vous voir?
-Vous ne saviez pas qu'il allait vous donner le costume ?
-C'est pour toi, on te le donne.
-Ça vous touche ? C'est tout ce que je peux dire.
-Dans l'asso, contrairement à ce qu'on pourrait penser, on n'est pas nés avec une cuillère en or dans la bouche. Mes parents n'ont pas eu une vie en or. J'avais envie de partager ça, de faire quelque chose qui a du sens. Plutôt que de donner du temps à des assos qui existent déjà, j'ai créé la mienne pour apporter quelque chose de nouveau.
-Tout a commencé ici, dans le studio de Jacques-Henri, un des cofondateurs de la Cravate Solidaire. L'association a démarré il y a 2 ans, sans local. Alors entre deux cours, ils ont investi l'appartement. Aujourd'hui, ils ont près de 100 costumes, donnés par des particuliers.
-On essaie de faire au mieux. On a les chemises, là, on a les costumes complets, là, juste les vestes, les pantalons, les manteaux. Les chaussures pour homme. On a passé du temps à faire la collecte, de la famille, les amis des amis. Ça se passe bien.
-Dans le groupe, ils ont tous moins de 30 ans. Ils sont une dizaine à donner un peu de leur temps à ceux qui en ont besoin. La dernière recrue, c'est Lucie, conseillère en image.
-C'est vraiment le hasard. Je suis très curieuse, je vais souvent sur le Net pêcher des infos. Je suis tombée sur un article sur la Cravate Solidaire. Déjà, le nom m'a plu. J'ai trouvé ça accrocheur. J'ai regardé s'ils étaient sur Facebook. Je les ai trouvés et contactés en leur demandant s'ils recherchaient quelqu'un pour compléter leur concept.
-C'est notre ange gardien. Elle nous a permis de faire un travail plus performant qu'avant, vu que c'est son job. Elle connaît bien la mode et est extrêmement pédagogue. Elle nous apprend beaucoup.
-C'est pas que des vêtements. C'est redonner de la confiance aux gens. Notre image, aujourd'hui, elle passe par l'apparence. Ne serait-ce que mettre une veste, on a l'impression d'être quelqu'un d'autre, d'avoir une prestance différente et ça rassure.
-Lucie et Jacques-Henri accueillent Riyad. Il a 22 ans et passe un entretien pour être vendeur dans une enseigne de chaussures.
-Il va avoir un entretien dans la vente. A la base, il a une formation dans la restauration.
-C'est pour une mission de plusieurs mois ?
-C'est pour un diplôme.
-De l'alternance ?
-Oui.
Portable. Allô ? Oui, ça va. Tu peux me rappeler ? Là, je suis occupé. Excusez-moi.
-On en profite pour en parler. Le téléphone doit être coupé.
-Oui, mais j'ai oublié.
-Je sais que ça arrive. Mais le jour de l'entretien, faut pas oublier. Normalement, en entretien, on ne m’appelle pas.
-Tu ne peux pas savoir.
-Première étape pour Riyad : lui trouver un costume.
-D'abord, on va voir la taille. On verra après le style.
-Quand t'as un costume deux boutons, t'en attaches qu'un ou t'en attaches aucun.
-C'est celui du bas qu'il ne faut pas attacher.
-Tu l'avais fait.
-Mets-toi plus par ici pour que tu puisses bien voir de loin.
-Les chaussures sont grandes.
-On va les changer. Mais elles ne sont pas attachées. C'est peut-être pour ça. Il faut absolument éviter les chaussettes blanches avec les chaussures noires et un pantalon noir. Tu as des chaussettes noires ?
-Il faudra les porter. On croit que c'est des détails, mais c'est aussi les détails qui font la différence. Je me permets. J'essaie de l'attraper. Voilà.
-Je pensais pas me retrouver ici.
-Qu'est-ce qui te fait bizarre ?
-J'ai pas l'habitude de me voir comme ça. Mais après, avec le temps...
-Oui, il y a une question d'habitude.
-La veste, ça ne fait pas robe de chambre ? Elle est large, ici. Je ne me sens pas crédible.
-Tu rassures et l'employeur a besoin d'être rassuré par ses employés.
-Je sais.
-Ta boucle d'oreille, tu comptes la garder ?
-Non, je l'enlève. J'ai du mal à être à l'aise.
-Il faut donner l'impression. Et sourire, ça donne envie d'en savoir plus sur toi. On frappe.
-Entrez.
-Bonjour, monsieur.
-Avec Riyad, ils vont aller encore plus loin. Pour l'aider à gérer le stress, Jacques-Henri simule un entretien d'embauche.
-On a retenu votre candidature suite à votre C.V.
-J'ai commencé l'école hôtelière. J'ai fait mon apprentissage mais je n’ai pas eu mon diplôme.
-Pourquoi la vente ? Qu'aimez-vous dans ce métier ?
-C'est le contact avec la clientèle.
-Selon vous, quelles sont les qualités d'un bon vendeur ?
-Je pense que c'est sa spontanéité, son approche.
-Votre C.V. n'a pas de photo ?
-Je n'y ai pas pensé.
 -Très bien. On vous rappellera la semaine prochaine. Merci de vous être déplacé. A bientôt. Viens, on va débriefer. L'impression générale est bonne. Tu te présentes bien, t'es à l'aise. Par contre, quand tu serres la main... Donne-moi la main. Voilà, plutôt comme ça. C'était un peu mou. Faut pas me casser les doigts, mais plus appuyé. Regarde dans les yeux, c'est important. Quand tu serres la main, regarde la personne dans les yeux. Et souris. Ça montre que t'es présent et pas ailleurs. Assis, garde le dos bien droit. Soit les bras comme ça, soit comme ça, mais pas comme ça.
-Dans le milieu du travail, il faut...
-Cachez ce caleçon que je ne saurais voir.
-Vous êtes gonflé à bloc ? Prêt ?
-Gonflé à bloc, oui. Au revoir.
-A bientôt. Bonne chance !
-Pour nous, c'est valorisant. On a réussi à leur redonner un peu de bonheur, c'est un peu notre sentiment, et on est d'autant plus heureux d'y avoir contribué.
-Au début, on voulait aider au moins une personne à trouver un boulot. Y en a eu plusieurs, on continue, on se fixe d'autres objectifs. Maintenant, on a un vrai rôle a jouer. On va faire au mieux.
-Prochaine mission pour Jacques-Henri, Lucie et les autres, une collecte de vêtements dans une entreprise parisienne.

Dans la résidence investie par les Incroyables Comestibles, les potagers solidaires ont bien poussé. Aujourd'hui, les habitants vont partager la première récolte.
-Bonjour !
-Pour Cédric, c'était un projet risqué, loin d'être gagné.
-Je prends les plus belles.
-Amélie vit ici, elle est à l'origine de ces plantations.
-C'était pas gagné. Les voisins pensaient que ça serait pillé. Ça leur faisait peur. Ou que ça reste à l'abandon, que personne ne s’en occupe, que ça fasse moche dans le paysage. Et au final, y a pas eu de pillage, des gens ont planté d'autres choses, comme des haricots, des choux. C'est un chou portugais. Voilà la dame qui l'a planté.
-Oui, j'ai mis des choux portugais. Ils sont petits encore.
-Pourquoi vous avez planté ça ?
-Parce qu'avec ça, on fait la soupe, avec le saucisson. La soupe portugaise.
-Tout le monde s'y est mis. Le petit garçon aussi. Il arrose tous les soirs.
-Tu as mangé des légumes déjà ?
-Des tomates, des fraises, du thym et de la ciboulette.
-Tu as préféré quoi ?
-Les tomates.
-Ça n'a rien à voir avec une tomate achetée au supermarché. C'est beaucoup plus ferme, plus savoureux.
-Et zéro pesticide.
-Oui. C'est jardiné avec amour.
-Autour de ce potager, on partage les légumes et on échange des recettes.
-Il faut la couper en deux et mettre la farce dessus, avec du persil et de l'ail. Et vous cuisez au four.
-Elle est assez mûre ?
-Oui. Elle doit pas être trop mûre, sinon, y aura trop d'eau.
-D'accord. On s'est rencontrés là. Même la dame, je ne la connaissais pas.
-On s'est peut-être croisées de temps en temps, mais dans notre coin, on est plus isolé, en fait.
-Voilà, on s'arrête. Moi, je sors, y a Amélie au jardin, on discute. On s'est rencontrés autour du potager.
-C'était pas juste une idée en l'air. Ça marche. Les gens se parlent, prennent l'apéritif ensemble, ils jardinent ensemble, ils se disent bonjour. Plutôt qu'une pelouse, il y a un potager et ils en profitent.
-L'année prochaine, on va agrandir tout ça.
-Le carré, là, pourrait être fait. Ce serait bien. On pourrait mettre des haricots. Il y en a un peu, mais ce n’est pas beaucoup. L'année prochaine, on agrandira.
-Ça marche bien. L'idée va pouvoir être reprise ailleurs.
-Redonner le goût de manger local tout en rapprochant les voisins, c'était le pari de Cédric. Un pari réussi.

Conséquence de la crise, les Français ne se sont jamais sentis aussi seuls. 5 millions d'entre eux souffrent de solitude. A Reims, l'association Ensemble 2 Générations a eu la bonne idée : faire vivre un senior et un jeune sous le même toit. Une colocation d'un genre nouveau qui fait des adeptes. Un compromis où chacun y trouve son compte, entre économies et solidarité. Yolande a 77 ans. Elle est veuve depuis 20 ans. Pour rompre son isolement, elle souhaite accueillir un étudiant. Dans quelques heures, elle rencontre son futur colocataire.
-C'est la surprise. Je sais qu'il est de Madagascar.
Il est jeune, il a 19 ans. C'est bien de connaître d'autres cultures. Je n'ai jamais beaucoup voyagé. -Malgré une grande famille, 3 enfants, 4 petits-enfants, et même un arrière-petit-fils, Yolande se sent seule.
-Votre famille a réagi comment ?
-Ils m'ont dit : "Tu as raison. "Et même si on te disait non, tu le ferais quand même."
-Au même moment, à l'autre bout de la ville, le jeune étudiant se prépare à quitter la cité universitaire.
-Vide tes placards. Ecoute, c'est bien. On mettra ça dans la voiture.
-Rodin vit loin de sa famille et a quitté Madagascar il y a un an pour venir étudier en France. A 20 ans, il est en Maths Sup. Il a peu d'amis car il consacre tout son temps à ses études.
-Vous vivez ici depuis quand ?
-Là, ça fait 3 mois. C'est petit, comme vous voyez. Neuf mètres carrés, mais ça va.
-Triste de partir ?
-Non, je suis joyeux, car je crois que chez Mme Forget, c'est beaucoup mieux. Ce n’est pas sympa d'être tout seul. Rentrer chaque soir, ne voir personne, c'est pas très amusant.
-Vous en avez parlé autour de vous ?
-J'en ai parlé à des amis. Ils ont dit que ce serait bien, vu que je vis seul, que je viens de loin. Ce serait une famille. On va y aller.
-Pour cette chambre, Rodin paie 260 euros par mois. C'est trop, il doit déménager. Isabelle Bouvattier dirige Ensemble 2 Générations. Ce matin, elle accompagne Rodin dans ce changement de vie.
-La cohabitation intergénérationnelle aide beaucoup les jeunes au niveau financier. Ce n'est pas la seule motivation, mais c'en est une, il ne faut pas la nier. C'est dur financièrement. Une chambre à ce prix, sans aide au logement, c'est impossible. Très ordonné. Mme Forget va être ravie. Vous faites parfaitement le ménage. Pour un 1er mai, on est gâtés. Le sac de voyage. Allez, on est partis.
-L'association prépare la rencontre depuis des semaines. Entretiens, coups de fil, questionnaire. C'est le grand jour, l'heure des derniers conseils.
-Vous êtes au courant. On n'amène pas quelqu'un passer la nuit chez Mme Forget. C'est une impossibilité totale. Si vous voulez regarder la télévision, elle me disait qu'elle ne veillait pas trop tard.
Donc si vous voulez regarder la télévision, c'est possible. Voilà votre nouvel arrêt de tram, là-bas. Je crois que vous voyez ce paysage de votre fenêtre. Nous sommes arrivés.
-Dans quelques minutes, Rodin va découvrir la maison et rencontrer sa nouvelle coloc' de 77 ans.
-Détendez-vous, tout va bien. Vous ferez ce trajet plusieurs fois. Ça sera différent. Il y a un petit jardin. Allez-y.
-Bonjour. Oh, la surprise.
-Pour vous remercier de nous accueillir un 1er mai. Si ça vous plaît, c'est bien.
-A peine arrivé, il faut officialiser la rencontre et signer la convention entre Yolande et Rodin.
-Bon, Rodin... Bienvenue. J'espère que tu te plairas. Maintenant, la convention. Il y en a une pour chacun. "L'occupant bénéficie d'un logement économique. "Il verse une participation "aux frais d'usage de 80 euros en échange d'une présence régulière "et de services "définis." On va les définir. Que souhaitez-vous ?
-Prendre quelques repas ensemble, faire les courses régulièrement, tu pousseras le Caddie.
-Voilà.
-On coche ? Bricolage simple, je ne sais pas...
-Plus ou moins.
-A deux, on y arrivera. S'occuper de l'animal.
-On va lui demander son avis.
-Vous voulez bien ?
-Oui.
-C'est bien. C'est chose faite.
-Ça met la pression ?
-Non. C'est normal.
-Voilà. Ça fait plaisir. Si vous êtes d'accord avec tout ça, vous n'avez plus qu'à signer. Ça y est, c'est signé.
-J'aime bien son calme et son sourire. Il est adorable.
-Je vous remercie.
-Si les clés sont données, super.
-Aujourd'hui, 1 étudiant sur 3 a des difficultés pour se loger. Alors partager le même toit entre générations apparaît comme une solution à la crise.
-Les parents nous contactent pour leur enfant en pensant que ce serait un bon compromis pour pas laisser le jeune tout de suite après son bac, d'être avec une personne âgée. Ça commence à être une bonne transition entre la vie d'étudiant autonome et quitter papa, maman.
-Ils n'ont plus besoin de vous.
-C'est vrai. Je les dérange. C'est un bonheur de les voir.
-Au revoir.
-A bientôt. Vous savez qu'on est là.
-Yolande et Rodin s'engagent pour un an de vie commune.
Une fois les papiers signés, Yolande fait visiter l'appartement.
-C'est la cuisine. Vous cuisinez un peu ? Je vous ferai des plats malgaches, si vous voulez.
-Je vais vous montrer votre chambre. Il y a un bureau, la commode. Et puis, pour aller sur la terrasse.
-Ça communique ?
-Oui, c'est une porte-fenêtre. Tiens, tire le rideau. Comme ça, tu peux aller travailler sur la terrasse. Viens, mon titi.
-Rodin, on vous sent conquis.
-Oui. Je suis vraiment, comment dire... Je suis... Je ne trouve pas les mots.
-Tu ne trouves pas les mots. Le sourire suffit. Les mots viendront après.
-Ça dépasse tout. Je ne pourrais pas trouver mieux, même si je Iouais un appartement.
-Il y a un placard ici, pour mettre vos vêtements.
-C'est votre chambre ?
-Ce monsieur, là, c'était mon mari.
-Ça fait longtemps que vous vivez ici ?
-Ça fait 19 ans. Il faut arriver à 77 ans pour vivre ça. C'est super, je trouve. Je ne regrette pas mes 20 ans. Tiens.
-J'ai jamais promené un chien.
-C'est la première fois ?
-Chez nous, les chiens se promènent tout seuls.
-Doucement. Ça va ? Ça va aller?
-J'aime bien.
-Il est content si tu le promènes.
-On dirait que vous avez toujours vécu ensemble.
-Je sens qu'il est content.
-C'est le cas. Vous le promenez tous les jours ?
-Il faut. C'est un chien qui ne sort pas assez. Il est trop gros. C'est juste là.
-Un mois après leur rencontre, Yolande et Rodin font plus que partager le même toit. Ils aiment passer du temps ensemble.
-C'est grand !
-Elle est magnifique. Elle a été abîmée pendant la guerre de 14-18.
-Ils l'ont reconstruite ?
-Oui, comme elle était. Tu vois la rosace ? La rosace, là. Juste en-dessous, tu vois une boule.
-Oui.
-C'est un boulet de canon. Bon, on va aller faire une course.
-Chez Yolande, Rodin ne paie pas de loyer. Il donne 80 euros pour l'eau et l'électricité. En échange, il doit lui rendre des services. Tous les samedis, il l'accompagne au supermarché. Et là, chacun son budget.
-Les fraises, ici, n'ont pas de goût.
-Ah oui, mais tu ne peux pas comparer Madagascar avec la France.
-Ça sent bon quand même.
-A Madagascar, les courses, c'est pareil ?
-Non, c'est au marché. C'est plus gai, je dirais. Comment dire... On est plus en relation avec les commerçants. En plus, moi, j'habitais tout près du marché, donc tout le monde me connaissait.
-Et là ?
-Là, y a personne. Chacun se sert.
-Les kiwis...
-C'est là-bas.
-Et les bananes ?
-Il vous facilite la vie ?
-Oui. Déjà, il m'aide beaucoup. Il me passe l'aspirateur. Le matin, il vide le lave-vaisselle. C'est un trésor.
-Qui cuisine en général ?
-C'est moi.
-Elle m'a fait beaucoup de plats que j'ai beaucoup aimés.
-Par exemple ?
-Dernièrement, c'était quoi? C'était du chevreuil et de la purée. Fait maison. C'était bon.
-Je montre ma carte prioritaire.
-Oui, allez-y.
-Ça a des bons côtés d'habiter avec une personne âgée ?
-Ça évite de faire la queue.
-Ben... Quoi d'autre ? Elle m'invite souvent à manger. C'est très avantageux.
-Il fait tout pour vous, Yolande. C'est le luxe total.
-Heureusement. J'ai du mal à me baisser. Je commence à traîner la savate.
-De retour à la maison, c'est Rodin qui veut surprendre Yolande. Ce soir, il cuisine. Il va lui faire goûter un plat typique de son pays.
-Pour une fois, je vais cuisiner pour elle. Je vais lui faire goûter un plat malgache.
-C'est quoi, ce plat ?
-Ça s'appelle "ravitoto". C'est des feuilles de manioc broyées. C'est un plat traditionnel qu'on rencontre dans toutes les régions.
-Ça vous fait plaisir qu'il cuisine ?
-Je pense bien !
-Ça vous touche ?
-Oui. Montre un peu ? Hou là, en effet. On dirait des épinards. Tu cherches quoi?
-Y avait un couteau...
-Ah oui. Attention. Tu veux que je l'aiguise ?
-Non, ça va.
-Tu réduis à 4, sinon ça va déborder partout. Si tu salis, tu nettoies.
-Oui, je nettoie.
-Ça vous fait rire ?
-Oui. Elle est drôle. Elle fait souvent des blagues. Elle a le mot pour rire. On me demande souvent si je fais tout. Non. Je ne fais presque rien. Quand je veux l'aider, elle refuse. Elle dit : "Je peux le faire".
-Ben oui, t'es pas ma gouvernante quand même. Oh, ça bout. Ça va sauter. C'est parce que t'as pas baissé.
-Si, j'ai baissé à4.
-Non, il était à 6. Là, c'est parfait. Le pauvre, il va dire : "Vivement que je reparte à Madagascar." Quand je suis seule, quand je me réveille le matin, j'ai des angoisses, que là, je n'ai plus. Donc c'est quand même important.
-Je me suis attaché à elle. Ça me ferait de la peine de partir. Parce que elle, elle ne partira pas.
-Je fais des économies et je pars avec toi. Ça cuit.
-Oui. Ça prend un peu de temps.
-Ça fait rien, t'inquiète pas.
-Vous avez la pression en cuisine ?
-C'est surtout si elle va aimer ou pas.
-T'inquiète pas. Déjà, rien que l'odeur... Ça cuit combien de temps ?
-Là, c'est bientôt cuit.
-Ça a l'air bien bon. Tu veux que je t'aide ?
-Non, je vais le faire seul.
-Quelle patience ! T'es pas fatigué ?
-3 heures plus tard, Rodin cuisine toujours. Chaque assiette est méticuleusement préparée.
-Le voir faire ça avec tellement d'amour, ça me surprend. En principe, à cet âge-là, on sort, on va en boîte, on va voir les copains, les copines. T'as pas de copine, Rodin ?
-Non. Pas actuellement. La présentation, ce n’est pas trop...
-Ben dis donc, c'est drôlement bien présenté.
-C'est vrai ?
-Parfait. Ça, c'est de la coriandre.
-Oui. C'était pour décorer.
-Depuis la 1re rencontre, vous avez changé ?
-Oui. Tous les jours, je me sens plus à l'aise.
-Ne plus manger seul, ça vous fait plaisir ?
-Carrément. Ce n’est pas agréable de manger seul.
-Moi, c'est pareil. Je regarde mon store, là, ou la télévision.
-Mais ce soir, c'est la fête.
-Ah oui. Et être servie comme ça...
-Dans quelques semaines, Rodin passe ses examens. S'il réussit, Yolande veut lui offrir un week-end à Paris.
-Les couleurs sont belles. Le rouge, orange, et puis la coriandre, c'est très joli.
-Jacques-Henri, l'étudiant en école de commerce, a eu une bonne nouvelle pour la Cravate Solidaire. -On vient de récupérer une camionnette qui nous a été offerte par une grande entreprise. On va pouvoir se développer. C'est un grand pas dans la progression de l'association.
-Aujourd'hui, c'est jour de collecte. Direction les quartiers chics de la capitale.
-Bonjour.
-Ça va, Nico ?
-Jacques-Henri et les autres ont déposé en début de semaine des affichettes dans cette entreprise. Leur idée : encourager les salariés à donner leurs anciens costumes.
-Des belles cravates, des beaux costumes pour homme et femme. Un beau petit haut de tailleur. C'est de la bonne qualité. On a eu quelques costumes, 6 ou 7, qui nous ont été donnés. C'est du quasi tout neuf.
-C'est nickel.
-Après, on a eu des chaussures.
-Parfait.
-Super bon état.
-C'est quasiment neuf. C'est précieux, surtout dans cet état.
-Elles auront une belle seconde vie.
-Elles n'ont même pas vécu. Elles sont quasiment neuves. Ça, c'est génial.
-Avant de partir, visite du directeur adjoint de la société qui a vidé son armoire.
-Même ma femme s'y est mise.
-On manque de vêtements pour femme. Merci beaucoup.
-C'est une très belle initiative.
-Au début, on est surpris. A leur âge, on a plus le souci de la réussite personnelle, trouver sa place dans la société. On a tous cherché du travail, moi le premier. Et on sait qu'être bien dans ses fringues lors d'un entretien, ça aide. Le paraître conditionne pas mal de choses.
-De rien, Nicolas. Et encore bravo.
-Ce jour-là, ils ont collecté 40 vestes et pantalons, autant de cravates, 15 paires de chaussures, et 10 tailleurs pour femme. Des vêtements qu'ils chargent directement dans leur nouvelle camionnette. -Elle est super, la camionnette.
-Elle déchire.
-Elle est vraiment bien.
-A l'autre bout de Paris, dans le 18ème arrondissement, ils ont rendez-vous dans leurs nouveaux locaux. Ils ont une adresse officielle à la Mission Locale, un organisme public qui aide les jeunes à trouver leur premier emploi. L'association a quitté le studio de Jacques-Henri pour un vrai bureau. -Tourne un peu.
-Salut.
-Lucie, la conseillère en image découvre l'endroit.
-Vous avez un super canapé! Génial ! Vous avez monté la table et tout. Super. C'est cool, c'est clean. Y a de l'espace, on y voit un peu plus clair.
-lci, on relooke les hommes et les femmes.
-Voilà Cora.
-Cora a 20 ans. Elle est accompagnée de son petit ami.
Elle va passer un entretien pour être hôtesse d'accueil. C'est la Mission Locale qui l'envoie.
-Un jus d'orange, un café ?
-Tu fais quelle taille ?
-36.
-En haut et en bas ?
-Oui.
-On va essayer de te trouver un petit chemisier sympa, qui va coller à ta personnalité. J'ai peur que ce soit grand. Mais je veux voir comment tu portes les robes. Je te laisse. 38, ça va être grand.
-J'adore.
-T'aimes bien ?
-C'est trop beau. Ça me va bien.
-J'ai envie de dégager un peu tes cheveux, pour vraiment voir. Ça te rend tout de suite très crédible et très sérieuse. Presque un chouia trop sérieuse.
-Cora, vous connaissiez ce lieu ?
-Pas du tout. C'est la première fois que je vois ça. C'est bien, ça nous aide. Moi, je n'ai pas beaucoup de vêtements et ça m'aide. J'ai rendez-vous demain donc je suis un peu pressée. Ça me rassure.
-Tu la trouves comment ?
-Très jolie.
-Elle te plaît ?
-Beaucoup.
-On va essayer autre chose, juste pour voir ce que ça donne. La robe, essaie-la avec la petite veste très flashy, juste pour voir comment tu es. C'est pour faire un test. Quand on reçoit des femmes, il faut aussi penser au maquillage, à la coiffure, aux accessoires. Avec la femme, on a plus de marge de manœuvre.
-Je peux me regarder ?
-Bien sûr.
-Ça va bien ensemble.
-C'est chouette.
-Votre choix se serait porté sur du rose ? Personnellement, non.
-Elle n'aurait pas osé.
-J'aurais mis quelque chose de neutre.
-C'est souvent ce que les gens ont en tête, que la crédibilité passe par des couleurs sobres, neutres. Mais du coup, aucune personnalité ne ressort dans la tenue. Alors qu'un recruteur doit savoir ce qui vous différencie des autres. Si vous montrez votre personnalité, ça peut aider à se démarquer. Je voudrais voir quelque chose au niveau de la coiffure. Comment tu vas attacher tes cheveux ?
-On m'a dit queue de cheval.
-Ou chignon ?
-Chaque détail peut faire la différence lors de l'entretien.
-Tu lisses tes cheveux ?
-Je peux.
-Pour que ce soit net et tiré. Au niveau maquillage, qu'est-ce que tu comptes faire ?
-Je mets juste du mascara.
-Mets un peu de fond de teint pour unifier, un peu de gloss.
-Oui, oui.
-D'accord.
-Je vais mettre du fard à paupières.
-Quelque chose de discret.
-Naturel, oui.
-Souris et montre ton dynamisme. Le sourire, c'est important pour une hôtesse. Ça va claquer. J'espère. On croise les doigts.
-Quand les personnes ressortent d'ici avec le sourire, qu'ils se sentent rassurés et plus armés pour les entretiens, pour nous, c'est une victoire. Je vais prendre ta robe.
-Cora repart avec une robe, une veste et des ballerines, et plus d'assurance pour travailler.
-Dès que tu as un retour, tiens-nous au courant. Ça va aller.
-Merci.
-Je vous accompagne.
-Grâce à la Cravate Solidaire, 30 jeunes ont réussi leur entretien et ont décroché un job.

A Mulhouse, il existe un lieu unique en son genre : un magasin où l'argent n'existe pas. Une caverne d'Ali Baba où n'importe qui peut choisir 3 objets et repartir sans rien payer. Aux commandes de cette échoppe particulière : Mireille, une ancienne chômeuse devenue bénévole. Aujourd'hui, elle ouvre 3 demi-journées par semaine. Subventionné par la ville et par des dons de particuliers, le magasin ne désemplit pas.
-C'est gentil d'être venues. C'est bien. Je ne savais pas si vous alliez venir.
-Dans ce magasin, pas de caisse, pas de vendeur.
Nul besoin de justifier de sa situation sociale.
-Comment vous avez connu le magasin ?
-Par le journal "L'Alsace". Ma sœur m'a parlé du Magasin pour Rien où on entre, on peut choisir 3 articles, et on repart sans payer. J'ai dit : "C'est pas possible. "C'est une blague." Mais non.
-Ici se mêlent habitués, chineurs, mais aussi des personnes envoyées par les services sociaux.
-Il te plaît ?
-Y a pas de boulot. Ça fait 3 mois que je n’ai pas travaillé. Juste quelques missions d'un jour ou deux.
-Un lieu comme ça, ça permet de gâter un peu les enfants ?
-Voilà. Quand ça leur plaît.
-Et pour cette famille démunie, Mireille passe outre la règle des 3 objets. Elle a mis de côté une pièce rare et chère : une chaise haute pour leur bébé de 5 mois. J'espère que ça vous plaît. J'ai aussi mis un tapis de sol. Elle est bien, hein ? Je vous mets ça avec. OK ?
-Merci.
-C'est rare que j'aie ça. C'est exceptionnel.
-On en cherchait une. On a demandé aux Restos du Cœur. Mais c'est rare.
-Vous donnez pas ça à n'importe qui.
-Quand je vois que les personnes ont besoin, voilà. Hein ? Et on a déjà parlé ensemble, donc je sais.
-James, t'as trouvé ton bonheur?
-T'as rien trouvé ? Non ? Très bien, moi, je viens avec toi. On va regarder tous les deux. Tu veux pas ? Les grandes filles, laissez le petit garçon regarder. Merci.
-Ça va m'aller ?
-Faut le régler.
-T'as trouvé, chéri ?
-La dame te parle.
-Oui.
-Je suis contente.
-Allez, bonne journée, madame.
-A la prochaine. Mireille, pas madame.
-Si Mireille est aussi prévenante, c'est qu'elle a connu le chômage. Après avoir travaillé en usine, elle est restée 10 ans sans emploi.
-Je comprends les personnes en difficulté, car je l'ai vécu moi-même, ce combat quotidien pour survivre. Il faut se mettre en tête que ça peut arriver à tout le monde. Du plus grand au plus petit.
-Familles nombreuses, femmes seules ou grands-parents en difficulté, rares sont ceux qui ne trouvent pas leur bonheur.
-C'est pour son âge. Ça, c'est bien. C'est très bien.
-Sans ce magasin, vous ne pourriez pas gâter votre petit-fils ?
-Pas autant. Ça, c'est clair. C'est le bonheur. Je vais vers les livres. J'adore lire, mais quand on voit les prix en librairie, franchement, je ne peux pas. Je ne touche rien car j'ai élevé 4 enfants. Et mon mari a été chauffeur toute sa vie. Ça fait une petite retraite. Mais on est heureux quand même.
-Vous sentez que vous contribuez à ce bonheur ?
-Oui. Mais c'est ça qui me fait plaisir. Et ça me fait survivre. Bonjour, madame.
-Vous êtes Mireille ?
-C'est ça.
-Certains emportent, d'autres apportent. Ici, tout le monde se croise. Un lieu basé sur la solidarité et le recyclage, où tout est gratuit.
-Ça peut rendre service, oui. Ça, l'autre jour, on m'a demandé. Merci, madame. Bonne journée.
-Merci. A vous aussi.
-Je vous amène ça.
-Ça m'intéresse.
-J'ai changé de plaque. J'en ai plus l'utilité.
-Merci. C'est très recherché. -C'est joli.
-Ça peut servir d'attaché-case. On m'a demandé à midi, si j'avais pas un Monopoly. J'ai déjà preneur. Ça va vite.
-Ça vous fait plaisir de donner ici ?
-Bien sûr ! Autant que ça serve à quelqu'un. Ça fonctionne.
-Merci. C'est magnifique. Ça, ça va servir à une famille.
-Oui. C'est complet.
-Voilà. On va essayer de lui trouver une place quelque part.
-C'est tellement simple ! Souvent, on donne de l'argent. Mais là aussi, ça peut aider.
-C'est concret.
-Bonjour.
-Le créateur de ce magasin s'appelle Roger Winterhalter. Militant de longue date, il s'est inspiré d'une initiative allemande pour montrer que la crise pouvait faire émerger de nouveaux concepts.
-Vous avez eu des nouveaux trucs ?
-Oui, plein. Plein de choses d'un coup.
-OK. Y a des gens qui ont du trop plein, des choses devenues inutiles mais qui peuvent servir à d'autres, s'ils sont en bon état. Il faut apprendre à les recycler, à les remettre en circuit et à les utiliser. S'ils ne nous ont rien coûté, y a pas de raison qu'on demande quelque chose. On veut montrer qu'on peut donner gratuitement des choses. C'est ce qu'on appelle une utopie réaliste. Dans un magasin, en général, y a des vigiles à la porte pour voir si personne ne vole. Ici, on va mettre un vigile pour voir si les gens ont emmené quelque chose gratuitement.
-Pour Mireille, c'est l'engagement de toute une vie.
-Ce que je fais, c'est pas pour moi. C'est pour les autres. J'essaie de voir autour de moi les gens qui ont besoin. J'aime bien être à l'écoute des personnes en difficulté. J'aime bien essayer de faire plaisir. C'est ça, mon bonheur. Quand je peux faire plaisir à quelqu'un, je suis contente.

-A Mulhouse, à côté du Magasin pour Rien, se trouve un restaurant solidaire. Une carte alléchante, un service efficace, un décor chic. En apparence, un restaurant comme les autres. Pourtant ici, les serveurs sont en réinsertion, et le menu unique. 6 euros pour les plus démunis et 10 euros pour les autres. Un lieu qui permet aux personnes d'origines différentes de partager la pause-déjeuner.
-Tout le monde est bien accueilli.
On ne regarde pas si c'est un P.-D.G. ou un démuni. Chez moi, il est servi de la même manière.
-C'est toujours excellent. En plus, on fait une bonne action.
-On vient aussi pour ça ?
-Ah oui, surtout. Par les temps qui courent, c'est la moindre des choses.
-Ici, on se fait plaisir aussi. C'est une bonne action et un échange.
-Mireille vient souvent ici. Elle y retrouve Roger Winterhalter et Brigitte Carraz. Ils sont à l'initiative du Magasin pour Rien et du restaurant solidaire.
-On mange bien, le personnel est adorable, et le cadre est joli. C'est un restaurant accueillant, on a envie d'y venir.
-Bonne continuation.
-C'est appétissant.
-Le Magasin pour Rien est aussi la pour démontrer que la valeur est ailleurs que dans l'argent. Ici, c'est pareil.
-Le plus grand souhait de Mireille est que d'autres Magasins pour Rien fleurissent un peu partout en France. En attendant, c'est chez elle qu'elle stocke tous les objets apportés par les particuliers.
-Ici, on a beaucoup de jouets, près de 800 livres.
-De voir tout ça dans votre garage...
-Ça prend beaucoup d'importance. Je pense que je vais devoir faire des soldes. Au lieu de 3 objets, ce sera 5 ou 6.
-Ça vous étonne que ce magasin ait autant de succès ?
-Non, ça ne m'étonne pas. Mais si c'était payant, ça n'aurait pas autant de succès. Mais là, c'est exceptionnel.
-Plusieurs magasins gratuits comme celui de Mulhouse sont en projet en France. Un a ouvert en Belgique. A Reims, c'est les vacances. Rodin a réussi ses examens et passe en Maths Spé. Pour le récompenser, Yolande l'emmène à Paris.
-C'est pas une Jaguar.
-Ça va.
-Tiens, Rodin.
-Première étape : le voyage en voiture. 150 km pour rejoindre la capitale. C'est Yolande, 77 ans, qui conduit.
-Je ne sais plus s'il faut tourner à droite.
-Non. A gauche, je crois.
-Nous voilà bien. On ne sait plus... Klaxon. Hou ! Qu'est-ce qu'il y a ?
-Non, c'est ça pour prendre l'autoroute.
-T'es sûr que c'est vers Paris et pas l'autre sens ?
-Je ne sais pas.
-J'ai l'impression que là, on va à Cormontreuil.
-Je sais juste que ça sort sur l'autoroute.
-C'est dans l'autre sens.
-Il faudrait un GPS.
-T'as pas trop peur ?
-Un peu quand même. Quand vous êtes fatiguée, on s'arrête.
-Oui, t'inquiète pas. Pour l'instant, ça va.
-Vous avez le clignotant en marche, là. Voilà.
-Merci, Rodin.
-Vous avez eu quand, le permis ?
-J'ai passé mon permis le 31 juillet 1967.
-Vous vous êtes fait flasher ?
-Jamais. Ni P.-V. ni accident.
-Y avait pas de flashs.
-Je touche du bois. Comment ça, pas de flashs ?
-Y avait des flashs ?
-Après une heure de voyage, changement de conducteur. Rodin prend le volant.
-Comment on règle le rétroviseur ? Vous n'avez pas peur?
-90, c'est bon.
-D'accord.
-Tiens le volant.
-Oui.
-Parce que quand les voitures doublent, ça chasse. Toi, ça va ? Tu es à l'aise ?
-Ça va.
-Depuis quand tu as le permis ?
-Là, ça va faire un an.
-Ça fait pas un an ? Tu as déjà beaucoup roulé ?
-Pas autant que vous, mais pas mal, oui.
-Tu te débrouilles bien. La vallée est magnifique. Attention. Paris. Va tout droit.
-Yolande rend souvent visite à son fils, Laurent. Il vit en banlieue avec sa femme, Nadia. Ils vont chez eux.
-Bonjour, mamie.
-Mon petit bonhomme.
-Bonjour, Kamil. T'es en vacances ?
-Non.
-La famille connaît Rodin. Pour Kamil, le petit-fils de Yolande, c'est comme un grand-frère.
-Ça va ? Ça a été ?
-Bonjour.
-Elle a apporté quoi, mamie ?
-Des macarons.
-Je pense que tu aimes ça ?
-Merci.
-Qu'est-ce que tu as, là ?
-Tu es content de voir Rodin ? Oui, hein. Et Mamie ?
-Encore plus, hein ?
-T'es en quelle classe déjà ?
-CP. Et je passe en CE1.
-C'est bien ! Félicitations pour ton année.
-Laurent et sa femme veulent eux aussi Félicitations, Rodin.
-Oh, merci !
-Ton agenda pour l'an prochain.
-Je comptais l'acheter. Fais-moi un bisou. C'est gentil. Merci beaucoup. Ça me va droit au cœur. C'est très gentil. "De", D-E. Commence par ici. Voilà.
-"De la part de Kamil". Et Kamil, félicitations pour ton CE1.
-Laurent s'est réjoui de cette colocation.
-C'est rassurant. Quand je l'appelle, c'est parce que j'ai envie de lui parler. Pas par inquiétude. J'ai su tout de suite que ça collerait entre eux.
Pour moi, c'est que du bonheur.
-Laurent voulait partir de la maison et Rodin veut rester.
-Voilà. Mais je ne suis pas jaloux, Rodin.
-C'est évident qu'il fait partie intégrante de notre univers. Quand on appelle Yolande, on demande comment va Rodin, si tout se passe bien. Il vient quand il veut.
-Et vous, Yolande, depuis que Rodin est là ?
-J'ai rajeuni de 10 ans.
-Yolande a retrouvé une nouvelle jeunesse. Rodin, lui, a retrouvé une famille. La distance avec ses proches lui pèse. Aujourd'hui, 3 000 km le séparent de son grand frère, qui vit à Moscou.
-Là, pour l'année scolaire, c'est terminé. J'ai réussi l'année et je passe en deuxième année.
-Félicitations.
-Merci.
-C'est mamie Yoyo. Dis donc, tu ressembles à ton frère.
-Oui, c'est vrai.
-Le même sourire. C'est incroyable, comme ils se ressemblent. Votre papa, comment ça va ? Il va bien ?
-Très bien.
-C'est bien. Et votre sœur ?
-Ma sœur, elle va aussi très bien.
-Au plaisir. Au revoir.
-Depuis quand vous ne vous êtes pas vus ?
-Ça fait plus de 3 ans. 4 ans, même, je crois. Ça fait 4 ans qu'on s'est pas vus ?
-Oui, 4 ans. Heureusement, il y a Skype.
-Oui.
-Comment on supporte la distance ?
-C'est un choix. Nos parents nous ont prévenus. Ils nous ont dit qu'on serait loin d'eux, qu’on ne pourrait peut-être pas communiquer. Ce serait différent. On a pris le risque de partir et on assume. On peut plus reculer.
-Welcome on the Bateau-Mouche.
-Rodin ne connaît pas Paris. Dernière surprise de sa colocataire pas comme les autres : une balade en Bateau-Mouche.
-Ca, c'est un vieux pont. Regarde comme c'est joli. On dit que c'est la plus belle ville du monde.
-C'est quoi, ça ?
-Le musée d'Orsay. C'était une ancienne gare. Paris-Orléans. C'est magnifique.
-A bâbord, le Palais de justice, reconstruit par Napoléon III.
-Regarde, Notre-Dame.
-C'est laquelle ?
-Y en a qu'une.
-C'est vraiment beau. J'aime bien, ça fait ancie.
-Rodin, vous vous seriez imaginé ici, il y a quelques semaines ?
-Non. Je ne m'y attendais pas. J'aurais pas imaginé faire une promenade en bateau, en France.
C'est la première fois et comment dire, j'aurais jamais pensé le faire.
-Et ça te fait sourire ?
-Tu la vois pas ? Je la vois.
-La tour Eiffel ?
-Ben oui !
-Je la voyais plus grande, la tour Eiffel. Elle est pas si grande que ça.
-Oh !
-Kamir, regarde. Avec la tour Eiffel.

-Partage, échange, entraide, la société se mobilise.
Des initiatives solidaires se multiplient partout en France.

oOo

Écrit et Réalisé par CLAIRE LAJEUNIE et JULIE ZWOBADA

Journalistes : MARION BAILLOT et ÉMILIE GRAIL

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LU DANS TÉLÉRAMA au lien :
http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/ensemble-c-est-mieux,73871143.php

SYNOPSIS DE ENSEMBLE, C'EST MIEUX

Echanges de services ou de savoirs, entraide entre générations, nouveaux commerces : aujourd'hui, partout en France, de nouvelles solidarités voient le jour. Des hommes et des femmes ont décidé d'agir en bas de chez eux, dans leur ville ou dans leur quartier.
A Chambéry, «L'Accorderie» propose de s'entraider en fonction des compétences de chacun.
A Saint-Nazaire, Cédric a installé des potagers en libre service.
Jacques-Henri, Yann et Nicolas, étudiants en école de commerce, récupèrent des costumes pour les offrir à des demandeurs d'emploi.
A Reims, une association propose à des jeunes de partager le logement d'une personne âgée.


LA CRITIQUE TV DE TÉLÉRAMA DU 22/02/2014

Troc de compétences dans une « Accorderie », culture participative de légumes et de fruits en libre-service, collecte de costumes et de tailleurs permettant à des demandeurs d'emploi de faire bonne figure lors de leurs entretiens, réunion sous le même toit de seniors trop seuls et de juniors désargentés, « magasin pour rien » où tout est gratuit, telles sont les initiatives anticrise recensées et exposées par Claire Lajeunie et Julie Zwobada.

Que ce soit bien clair : on les applaudit toutes, ainsi que ceux et celles qui paient de leur personne pour les faire vivre, et rendre ainsi plus douce l'existence de leur(s) prochain(s).
Pourtant, cette ode aux bienfaits de l'altruisme et de l'entraide inspire moins de béatitude que de perplexité.
D'abord parce qu'il s'agit moins d'un documentaire que d'une juxtaposition de reportages guère nuancés.
Don et échange sont traités de la même façon, alors qu'ils n'impliquent pas la même chose pour les parties en présence.
Celles-ci ne sont jamais interrogées séparément, ce qui leur interdit de facto toute réserve sur le caractère forcément idyllique de ce qu'elles vivent — un parti pris particulièrement irritant dans le cas de la cohabitation de Rodin, étudiant, et de Yolande, retraitée.

Surtout, on ne saura jamais ce que ce sursaut solidaire a de vraiment nouveau.
Qu'est-ce qui distingue, par exemple, l'Accorderie de réseaux préexistants comme les systèmes d'échanges locaux (SEL) ?
Plutôt que de multiplier les exemples répétitifs, une mise en perspective de ces mobilisations citoyennes n'aurait pas été de trop.

— Sophie Bourdais

 


 

Maison d’accueil de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre :
L’hôtellerie EPHREM

France 5 - Documentaire - Dimanche 23 février à 21h30 -
Maison d'accueil de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, présentée dans le documentaire "Montmartre, un village à Paris"

Photo : Maison d'accueil de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, présentée dans le documentaire 'Montmartre, un village à Paris' sur France 5 le 23 février 2014 à 21h30.    L’hôtellerie EPHREM est la Maison d’accueil de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, où Jésus-Christ est adoré jour et nuit dans le Saint-Sacrement exposé.    Extrait (d'environ 45' jusqu'à environ 50'20) à revoir sur Youtube au lien :  https://www.youtube.com/watch?v=CWDDeCi5hxQ (5'47)    Revoir le documentaire complet sur Youtube :  https://www.youtube.com/watch?v=dINKydGAn_0 (52'10)    PRÉSENTATION :    Site internet : http://www.sacre-coeur-montmartre.com/francais/formations-retraites-pelerinages/article/la-maison-d-accueil    Attenante à la Basilique, elle accueille toutes personnes qui, seules, en famille ou en groupe, effectuent une démarche de prière ou de pèlerinage, et celles qui veulent se joindre a l’adoration eucharistique de jour et de nuit, et aux célébrations liturgiques (Eucharistie, chant de l’Office Divin…).    La Maison d’Accueil offre une capacité d’accueil de 52 chambres et de 180 lits (chambres et dortoirs), dispose de plusieurs salles de conférences et de plusieurs salles à manger.    TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'EXTRAIT :    -La neige ne décourage pas les touristes, et encore moins les fidèles du Sacré-Cœur.  Comme tous les soirs, à 20h30, le bâtiment d'hébergement, situé au pied de la basilique, s'anime.  Les sœurs bénédictines assurent l'accueil des nuits d'adoration.  Depuis cent-vingt-sept ans, sans aucune interruption, des fidèles se relaient en une chaîne de prière de jour, mais aussi de nuit.    -Les personnes qui sont inscrites pour la nuit, qui logent sur place, s'engagent pour assurer une heure de prière dans la nuit, en se relayant.  Là, c'est le premier groupe, qui assure la prière entre 23 heures et minuit, et ainsi de suite jusqu'au matin.    -Franco-italienne, catholique pratiquante, Aline Tiny est une habituée.    -J'ai appelé la semaine dernière pour avoir une chambre.    -Quel est votre nom ?    -Aline Tiny.    -C'est la 502.    -Je peux rester après la messe.  Donc, de 23 heures à minuit.  Je venais quand j'étais petite avec mes parents.  J'avais 9-10 ans, et on venait passer nos vacances en France, en Normandie, on passait toujours par Paris, et on faisait une nuit d'adoration.    -La maison d'hébergement peut accueillir 170 pèlerins.  Ils viennent seuls comme Aline, ou en groupe, paroisses, groupes de prière, familles au complet.    -Ici, on peut être en chambre individuelle ou en dortoir ?    -Oui, voilà, des dortoirs, et il y a des cellules, ça coûte moins cher.  Mais moi, j'aime bien avoir mon espace, pour pouvoir lire jusqu'à tard dans la nuit.    -Vingt-deux heures, la dernière messe a commencé.    -Par là, on va à la basilique ?    -Oui, c'est le couloir qui mène à la basilique.    -Qui reste ouvert toute la nuit?    -Oui, pour l'adoration, jusqu'à sept heures.  Et après, il y a la messe.    Chant religieux. *    -Après cette messe, le Saint-Sacrément sera de nouveau exposé.  Donc, merci de quitter sans tarder la basilique.  Seules peuvent rester les personnes qui sont inscrites pour l'adoration de nuit  Les badges, s'il vous plaît.    -Le Saint-Sacrement, caché pendant les offices, se dévoile à nouveau aux yeux des fidèles.  Placé dans un ostensoir, il représente pour les croyants la présence réelle du Christ.    -Voilà, c'est bon.    -Les fidèles sont libres de rester méditer et prier le temps qu'ils souhaitent, pour peu qu'ils aient assuré l'heure de prière, qu'ils se sont engagés à faire.  A minuit passé, Aline Tiny quitte le Cœur.    -Comment est-ce qu'on se sent après une nuit de prière ?    -On se sent plus en paix.  Parce que je m'éloigne un peu de la routine.  Et j'essaie d'être en communion avec Dieu, dans le silence de la prière, dans l'obscurité.  Dans la basilique, c'est très beau, j'aime beaucoup.    -Toute la nuit, les fidèles vont et viennent entre le bâtiment d'hébergement et la basilique, pour se relayer devant le Saint-Sacrement.    -C'est un peu dur de se lever, mais c'est un grand bonheur d'aller passer une heure vraiment avec Jésus, de ne pas laisser Jésus seul, et de se dire qu'on participe à cette grande chaîne de prière, ininterrompue depuis des années...    https://www.youtube.com/watch?v=CWDDeCi5hxQ

Extrait (d'environ 45' jusqu'à environ 50'20) à revoir sur Youtube au lien :
https://www.youtube.com/watch?v=CWDDeCi5hxQ (5'47)

Revoir le documentaire complet sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=dINKydGAn_0 (52'10)
Connu pour son funiculaire, son Sacré-Coeur, ses bistrots et ses ruelles pavées, Montmartre est l'un des quartiers les plus célèbres de Paris, régulièrement assailli par des hordes de touristes. Un quartier aux multiples visages, aussi : le Montmartre sacré de la Basilique s'efface place du Tertre au profit de celui des peintres, s'évanouit en bas de la butte, dans la frénésie des cabarets. Ici, chacun s'approprie un morceau du glorieux passé des rues montmartroises, fréquenté par une longue liste d'artistes et de comédiens, de Renoir à Picasso, de Satie à Bruant. Si les habitants tentent de préserver l'esprit anticonformiste de l'époque, les temps changent.

Réalisateur : Martin Blanchard



PRÉSENTATION :

L’hôtellerie EPHREM est la Maison d’accueil de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, où Jésus-Christ est adoré jour et nuit dans le Saint-Sacrement exposé.
Site internet : http://www.sacre-coeur-montmartre.com/francais/formations-retraites-pelerinages/article/la-maison-d-accueil

Attenante à la Basilique, elle accueille toutes personnes qui, seules, en famille ou en groupe, effectuent une démarche de prière ou de pèlerinage, et celles qui veulent se joindre a l’adoration eucharistique de jour et de nuit, et aux célébrations liturgiques (Eucharistie, chant de l’Office Divin…).

La Maison d’Accueil offre une capacité d’accueil de 52 chambres et de 180 lits (chambres et dortoirs), dispose de plusieurs salles de conférences et de plusieurs salles à manger.

 

Réalisateur : Martin Blanchard

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'EXTRAIT :

-La neige ne décourage pas les touristes, et encore moins les fidèles du Sacré-Cœur.
Comme tous les soirs, à 20h30, le bâtiment d'hébergement, situé au pied de la basilique, s'anime.
Les sœurs bénédictines assurent l'accueil des nuits d'adoration.
Depuis cent-vingt-sept ans, sans aucune interruption, des fidèles se relaient en une chaîne de prière de jour, mais aussi de nuit.

-Les personnes qui sont inscrites pour la nuit, qui logent sur place, s'engagent pour assurer une heure de prière dans la nuit, en se relayant.
Là, c'est le premier groupe, qui assure la prière entre 23 heures et minuit, et ainsi de suite jusqu'au matin.

-Franco-italienne, catholique pratiquante, Aline Tiny est une habituée.

-J'ai appelé la semaine dernière pour avoir une chambre.

-Quel est votre nom ?

-Aline Tiny.

-C'est la 502.

-Je peux rester après la messe.
Donc, de 23 heures à minuit.
Je venais quand j'étais petite avec mes parents.
J'avais 9-10 ans, et on venait passer nos vacances en France, en Normandie, on passait toujours par Paris, et on faisait une nuit d'adoration.

-La maison d'hébergement peut accueillir 170 pèlerins.
Ils viennent seuls comme Aline, ou en groupe, paroisses, groupes de prière, familles au complet.

-Ici, on peut être en chambre individuelle ou en dortoir ?

-Oui, voilà, des dortoirs, et il y a des cellules, ça coûte moins cher.
Mais moi, j'aime bien avoir mon espace, pour pouvoir lire jusqu'à tard dans la nuit.

-Vingt-deux heures, la dernière messe a commencé.

-Par là, on va à la basilique ?

-Oui, c'est le couloir qui mène à la basilique.

-Qui reste ouvert toute la nuit?

-Oui, pour l'adoration, jusqu'à sept heures.
Et après, il y a la messe.

Chant religieux. *

-Après cette messe, le Saint-Sacrément sera de nouveau exposé.
Donc, merci de quitter sans tarder la basilique.
Seules peuvent rester les personnes qui sont inscrites pour l'adoration de nuit
Les badges, s'il vous plaît.

-Le Saint-Sacrement, caché pendant les offices, se dévoile à nouveau aux yeux des fidèles.
Placé dans un ostensoir, il représente pour les croyants la présence réelle du Christ.

-Voilà, c'est bon.

-Les fidèles sont libres de rester méditer et prier le temps qu'ils souhaitent, pour peu qu'ils aient assuré l'heure de prière, qu'ils se sont engagés à faire.
A minuit passé, Aline Tiny quitte le Cœur.

-Comment est-ce qu'on se sent après une nuit de prière ?

-On se sent plus en paix.
Parce que je m'éloigne un peu de la routine.
Et j'essaie d'être en communion avec Dieu, dans le silence de la prière, dans l'obscurité.
Dans la basilique, c'est très beau, j'aime beaucoup.

-Toute la nuit, les fidèles vont et viennent entre le bâtiment d'hébergement et la basilique, pour se relayer devant le Saint-Sacrement.

-C'est un peu dur de se lever, mais c'est un grand bonheur d'aller passer une heure vraiment avec Jésus, de ne pas laisser Jésus seul, et de se dire qu'on participe à cette grande chaîne de prière, ininterrompue depuis des années...

 


 

Le mystère de la momie de Sibérie


Arte - Documentaire - Vendredi 21 février à 12h50 -
Enquête sur la momie d'un moine bouddhiste restée intacte

Photo : Arte - Documentaire - Vendredi 21 février à 12h50 -  Enquête sur la momie d'un moine bouddhiste restée intacte    Revoir le documentaire complet sur Dailymotion :  http://www.dailymotion.com/video/x1dfakl_360-geo-arte-2014-02-21-12-50-1_travel (52'12)     PRÉSENTATION :    En 1927, dans un monastère bouddhiste de Sibérie, le chambo lama Itigilov, sentant sa fin proche, fait part de ses dernières volontés aux autres moines.   Il demande notamment que son corps soit exhumé au bout de trente ans.   Peu après, au cours d'une séance de méditation, il meurt dans la position du lotus.   Lorsque les moines bouddhistes ouvrent sa tombe, quelques décennies plus tard, ils découvrent avec surprise que le corps ne présente quasiment pas de traces de décomposition…   Enquête.    Aussi au lien :  http://www.conscience33.fr/tv_sante.html#momie

Revoir le documentaire complet sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1dfakl_360-geo-arte-2014-02-21-12-50-1_travel (52'12) Vidéo supprimée

Revoir sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=JVdqYUHWo_g (52'10)


PRÉSENTATION :

En 1927, dans un monastère bouddhiste de Sibérie, le chambo lama Itigilov, sentant sa fin proche, fait part de ses dernières volontés aux autres moines.
Il demande notamment que son corps soit exhumé au bout de trente ans.
Peu après, au cours d'une séance de méditation, il meurt dans la position du lotus.
Lorsque les moines bouddhistes ouvrent sa tombe, quelques décennies plus tard, ils découvrent avec surprise que le corps ne présente quasiment pas de traces de décomposition…
Enquête.

OBSERVATION :
Voir aussi Itigilov sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Itigilov

COMPLÉMENTS :
En complément, sur Arte au lien : http://www.arte.tv/fr/le-mystere-de-la-momie-de-siberie/3223544,CmC=616730.html

Making Of : http://www.arte.tv/fr/making-of/616732.html

Script - transcription écrite à télécharger au lien : http://www.arte.tv/static/c4/pdf/MOMIE_SIBERIE.pdf


TRANSCRIPTION ÉCRITE : (à partir du Script)

COMMENTATEUR :- La route est encore longue pour Baïr, le jeune moine bouddhiste sibérien.
Il veut marcher dans les pas laissés dans la steppe par un moine du nom d’Itigilov (Itiguilov).
Décédé il y a un peu plus de soixante-quinze ans, ce moine est entouré d’un grand mystère : sa dépouille a été retrouvée il y a deux ans presque intacte.

Le corps non putréfié d’Itigilov est exposé au monastère d’Ivolginsk (Ivolguinsk), où il est honoré comme une relique.
Pour Baïr, la dépouille du moine prouve l’existence de Dieu.
Physiquement, ce phénomène est impossible.
C’est donc une preuve en soi. Le phénomène Itigilov est réel.
Tous ceux qui viennent le voir au monastère s’inclinent devant lui et repartent convaincus qu’on peut quitter ce monde matériel et abandonner son corps sans qu’il se putréfie.

Depuis que la dépouille d’Itigilov est arrivée au monastère d’Ivolginsk, Baïr désire en savoir davantage sur l’ancien moine.
Baïr loge depuis quatre ans au monastère où il étudie la philosophie bouddhiste et la médecine tibétaine.

Baïr fait tourner les moulins à prière afin de placer son voyage sous de bons auspices.
Aujourd’hui, il quitte le monastère pour se rendre sur la tombe d’Itigilov et s’entretenir avec le moine qui a retrouvé sa dépouille, il y a deux ans.

La destination de Baïr n’est qu’à une heure de route du monastère, un saut de puce en Bouriatie.
Cette république autonome de la Fédération de Russie est située dans l’est de la Sibérie.
Aussi vaste que l’Allemagne, elle compte à peine un million d’habitants.
 
La république s’étend du rivage méridional du lac Baïkal à la frontière mongole.
Le centre est dominé par une steppe entrecoupée de forêts alluviales.
Au Nord commence la taïga, le sud est le domaine des montagnes.

Baïr arrive à destination.
C’est ici que le corps d’Itigilov (Itiguilov) est resté enterré durant soixante-quinze ans.
 
Baïr est accompagné de Lama Bimba, un moine érudit.
Il raconte à Baïr comment il a eu connaissance de la tombe d’Itigilov.
Originaire de la région, Lama Bimba savait qu’un cimetière pour moines bouddhistes se trouvait à l’abandon sur la colline.
 
Lama Bimba raconte que, il y a quelques années, des personnes lui ont révélé un secret qui a fini par l’obséder.
En 1956, le corps non putréfié d’Itigilov a été exhumé.
Tous ceux qui étaient présents décidèrent de ne jamais révéler ce qu’ils avaient vu et la dépouille fut aussitôt remise en terre.
Le miracle devait demeurer secret, car Staline avait interdit le bouddhisme.
 
En 2002, Lama Bimba décide de retrouver le corps d’Itigilov.
Un monticule de pierres indiquait la bonne tombe.
 Le tertre était un peu écrasé par les grosses pierres, à cet endroit.
 Il était entouré d’un fossé de drainage.
 Quand il pleuvait, l’eau coulait à côté.
 C’est un vieil homme qui m’a indiqué l’endroit.
 Il le connaissait très bien, car son père était présent lors de l’exhumation du corps dans les années cinquante.
 
En compagnie de quatre moines du monastère d’Ivolginsk (Ivolguinsk), Lama Bimba creuse une journée entière.
Le soir, ils découvrent un cercueil inhabituel et lèvent le couvercle.
Du sel en ruisselle.
Or, il n’est pas du tout d’usage en Bouriatie de conserver les morts dans du sel.
 
Quand nous avons ouvert le couvercle avec Lama Bodo, nous avons vu une tête couverte d’un linceul de soie.
Nous avons soulevé le linceul, et le sommet de la tête brillait, comme celle d’un homme vivant.
 
Voilà comment il était. Nous étions stupéfaits.
 On aurait dit qu’il était vivant.
 Du coup, nous avons fait venir des spécialistes.
 
Lama Bimba ne se préoccupe pas de savoir si le sel et les conditions régnant sur la colline ont favorisé la conservation du cadavre.
Pour lui, l’état du corps est un signe de Bouddha.
 
J’étais totalement subjugué. Je me suis dit : « Voilà venu le temps de la renaissance de notre religion. Tout le monde reconnaîtra sa valeur. »

Baïr a rendez-vous avec l’homme qui a signalé l’existence de la tombe à Lama Bimba.
Peut-être détient-il certains souvenirs sur Itigilov (Itiguilov).
Michit Gomboyevitch attend Baïr en compagnie de sa femme et de sa fille.

SOUS-TITRES
(Ndt : les Allemands se sont trompés ici dans les sous-titres.
Dorjiev ne peut pas être le papa du monsieur car il s’agit en fait d’un Khambo Lama Agvan Dorjiev et la vielle dame confond avec lui et Itigilov !)
 
Depuis toutes ces décennies, la photo d’Itigilov (Itiguilov) côtoie celle du père du vieil homme.
Le cliché date de 1917, soit près de dix ans avant la mort du moine.
Baïr aimerait savoir quel genre d’homme était Itigilov.
 
Baïr retourne au monastère d’Ivolginsk (Ivolguinsk), le siège du bouddhisme en Sibérie.
C’est aussi la résidence du khambo lama, la plus haute autorité spirituelle bouddhiste en Russie. Itigilov était le douzième khambo lama.
 
Baïr prie dans le grand temple.
C’est ici que le cercueil d’Itigilov a été acheminé, il y a deux ans.
 
À cette époque, Baïr et d’autres moines prennent connaissance du testament spirituel de Khambo Lama Itigilov.
Peu avant sa mort, il a intimé aux moines de l’extraire de sa tombe trente ans après sa mort.
« Venez et voyez » furent ses mots.
Il est mort en méditant, dans la position du lotus, une faculté uniquement à la portée des grands maîtres de yoga.
 
Quand le corps d’Itigilov a été extrait de son cercueil, toutes les personnes présentes sont restées sans voix.
Même Ayouchéev, l’actuel khambo lama.
 
La première pensée qui m’est venue à l’esprit, c’est : « Comment allons-nous préserver ce corps ? »
C’est d’ailleurs la seule pensée que j’ai eue.
 Une théorie bouddhiste explique ce phénomène.
 
Khambo Lama Itigilov (Itiguilov) a mérité que son corps se conserve, car il était le meilleur entre les bons à son époque.
 
Grâce à lui, j’ai compris que rien n’est inaccessible à l’homme.
Itigilov a élargi l’horizon de l’esprit humain.
Il a démontré que l’homme peut atteindre un niveau bien supérieur à ce qu’on imagine.
 
Autrefois, un corps conservé comme le sien, on ne connaissait cela qu’à travers les livres et les écrits saints, nous n’en avions jamais vu.

COMMENTATEUR :-Iouri Tampoléev n’a pas seulement vu le corps d’Itigilov, il a eu l’occasion de l’examiner.
Âgé de quarante ans, il pratique des autopsies à l’hôpital d’Oulan-Oude, la capitale de la Bouriatie.
Il y a un an, le khambo lama lui a demandé d’ausculter la dépouille d’Itigilov.

IOURI TAMPOLEEV :-En tant que spécialiste, je trouve ce corps particulièrement bien conservé.
Il ne s’agit pas d’une momie, car la momification implique que les fluides soient entièrement évaporés des tissus.
 Or, ce n’est pas du tout le cas ici.
Pour ce que j’ai pu vérifier, lorsqu’on appuie sur la peau, on sent que les tissus présentent encore une certaine souplesse.
Ce qui n’est pas le cas lors d’une momification.

COMMENTATEUR :- Une chose intrigue Tampoléev : le corps ne trahit aucune caractéristique cadavérique.
La peau ne porte aucune tache ni aucun dépôt dû à la décomposition des tissus adipeux.
La rigidité cadavérique n’a pas fait son œuvre, car les membres peuvent être déplacés.
Même la peau est encore élastique.

IOURI TAMPOLEEV :- Nous avons examiné la surface intégrale du corps, des pieds à la tête, et nous n’avons trouvé aucune trace d’intervention artificielle, incision, suture, trace de piqûres, absolument rien.

COMMENTATEUR :-  L’examen du pathologiste n’apporte aucune réponse sur les raisons de l’état de conservation exceptionnel de la dépouille.
 
COMMENTATEUR :- Baïr est bien décidé à poursuivre son enquête.
Qui était cet homme ?
Peut-être que les lieux importants où il a résidé livreront quelques indices.
Itigilov (Itiguilov) est né en 1852 à Orongoï.
Les habitants du village connaissent la maison dans laquelle le moine est venu au monde.
Un jeune homme conduit Baïr à une petite maison en bois utilisée depuis des décennies comme remise.
C’est ici qu’Itigilov a grandi.
 Les villageois ont aménagé un autel devant la maisonnette.
La plaque porte une prière tibétaine.
Itigilov a perdu ses parents alors qu’il n’avait que six ans.
L’orphelin a dû subvenir lui-même à ses besoins.
Baïr cherche dans les pâturages environnants les lieux où Itigilov a passé son enfance en tant que berger.
 Avant l’annexion de la Sibérie par la Russie, les Bouriates faisaient partie des tribus de Gengis Khan.
Ils étaient nomades et le cheval occupait une grande place dans leur culture.
 Les Bouriates se sont sédentarisés au dix-neuvième siècle.
Des maisons en bois ont peu à peu remplacé leurs yourtes ancestrales.
Mais ils n’ont jamais perdu leur amour des équidés.
Aujourd’hui encore, aucun d’eux n’aurait l’idée d’attacher un cheval à unarbre.
 
COMMENTATEUR :- Baïr apprend que les habitants d’Orongoï vont célébrer une cérémonie en l’honneur d’Itigilov (Itiguilov).
Ils gravissent sur les quatre montagnes sacrées qui entourent le village.
Itigilov aurait lui-même participé à une procession similaire.
Chaque famille apporte des offrandes pour apaiser les esprits des lieux : lait, eau-de-vie, pain, fromage et sucreries.
Tous les mets sont rituellement purifiés par la fumée d’un feu.
Les petites banderoles de toutes les couleurs symbolisent les requêtes de chacun.
La cérémonie fait davantage songer aux pratiques chamanistes qu’aux rituels bouddhistes.
Le chamanisme est la religion d’origine des Bouriates.
Aux dix-septième et dix-huitième siècles, des moines tibétains sont arrivés en Sibérie via la
Mongolie convertissant la région avec succès.
Les autochtones ont toutefois conservé quantité de rites et de représentations chamanistes.
Les villageois prient en faisant le tour du lieu saint au centre duquel les lamas chantent des prières.
Itigilov aurait persuadé les villageois de renoncer aux sacrifices d’animaux.
Depuis lors, des sacrifices symboliques remplacent ceux de créatures vivantes.
Ce qui a encore augmenté le prestige dont jouissait Itigilov : il respectait les usages ancestraux et les adaptait au bouddhisme.
À la fin de la cérémonie, les villageois remercient les moines et reçoivent en guise de bénédiction un peu de terre du lieu saint avant de redescendre dans leur village.
 
COMMENTATEUR :- En marchant dans les traces d’Itigilov (Itiguilov), Baïr fait un détour par Oulan-Oude.
La capitale bouriate compte trois cent mille habitants : cinquante pour cent de Bouriates, comme Baïr, et cinquante pour cent de Russes.
Une des attractions de la ville est la tête de bronze de Lénine, la plus grosse au monde.
Depuis la perestroïka, les Bouriates ironisent sur le monument en racontant que la tradition bouriate veut que la tête des ennemis décapités soit exposée en place publique.
 
COMMENTATEUR :- Baïr rend visite à sa mère dans le logement de son frère.
Sa mère réside à quatre cents kilomètres de la capitale, à la limite de la frontière mongole.

MÈRE DE BAÏR :- Je suis arrivée aujourd’hui de Kyakhta.
Je me porte très bien.
Baïr et Sorigto ont tous deux du travail et Darima, une de mes filles, travaille à l’hôpital.
Ses enfants préparent actuellement une compétition de lutte à l’école de sports pour enfants.

COMMENTATEUR :- La mère de Baïr a élevé ses cinq enfants dans la religion, ce qui était interdit pendant l’ère soviétique.

MÈRE DE BAÏR :- Il est clair qu’à l’époque, même en rêve, je n’aurais jamais imaginé que mes fils puissent un jour suivre un enseignement pour devenir moine.
Tous les monastères avaient été détruits.
Il était absolument impossible d’y songer. C’était inimaginable.
 
COMMENTATEUR :- À deux cents kilomètres à l’est de la capitale, sur un haut plateau dominé par des pâturages, des troupeaux et des maisons de bergers isolées, s’élevait autrefois le monastère d’Aninsky, l’université philosophique des bouddhistes bouriates.
Baïr visite le lieu car Itigilov (Itiguilov) a passé plus de vingt ans dans ce monastère.
Après ses études, il y a enseigné la philosophie bouddhiste.

BAÏR :- Il faut savoir que du temps où Khambo Lama Itigilov étudiait ici, le monastère d’Aninsky était à son apogée.
Les maîtres d’Itigilov s’étaient instruits dans d’autres monastères, comme ceux de Zugolsky et de Tamtchinsk.
Après leurs études, ils sont revenus chez eux, au monastère d’Aninsky.
Ces moines étaient si érudits et si déterminés qu’ils ont donné naissance à un nouveau centre du bouddhisme.
C’est à cette époque que Khambo Lama Itigilov est arrivé au monastère pour entamer ses études.
 
COMMENTATEUR :- Trois jeunes moines vivent aujourd’hui dans le monastère d’Aninsky.
Ils montrent à Baïr les vestiges du somptueux temple d’autrefois.
De huit cents à mille moines y vivaient au temps de sa splendeur.
Ce document filmé date de 1925.
La grande fête du printemps au cours de laquelle les moines apparaissent avec de grands masques symbolisant les esprits et les dieux.
Au milieu des années vingt, le bouddhisme bouriate était au sommet de son épanouissement.
La république comptait alors quarante-six monastères et plus de cinq mille lamas.
En 1929, Staline a interdit toutes les religions.
Tous les monastères ont été fermés.
Staline a ensuite ordonné la persécution des religieux et la destruction des temples et des monastères.
La vague de répression a fini par atteindre la vallée d’Aninsky.
Les trois jeunes moines sont rejoints par Legzok Garichapov, un retraité qui vient d’un village voisin.
Il fréquentait régulièrement le monastère dans son enfance.
Il a été témoin de sa destruction.
Il a vu de ses propres yeux le dynamitage du grand temple.
Il raconte pourquoi il ne reste plus que les fondations des petits temples et des maisons des moines.

LEGZOK GARICHAPOV :- Autrefois, je me baladais dans tout le monastère.
Aujourd’hui, tout est anéanti.
Après la destruction du monastère, des experts sont venus de Leningrad.
Ils ont emballé dans des caisses toutes les statues du Bouddha, tous les objets qu’ils trouvaient et ont tout emporté dans la ville.
J’ai vu de mes propres yeux le sort épouvantable du monastère.
Les gens ont tout emporté avec des voitures ou des chevaux.
Les non-croyants des villages alentour ont pillé les maisons des moines dès que ces derniers sont partis.
La route qui traverse Korinsk a été construite avec les briques que les villageois ont prises au monastère d’Aninsky.

COMMENTATEUR :- Les moines qui ne s’étaient pas terrés à temps ont été condamnés au camp de travail.
Quantité de bouddhistes ont été exécutés.
On ne connaît pas le chiffre exact des victimes de la foi.
Quelques années après la révolution d’Octobre, une fois leur pouvoir consolidé, les soviets ont décidé que l’esprit du peuple devait uniquement être dévolu au communisme.
Staline fait démolir tous les lieux de culte sibériens, temples, églises, mosquées et synagogues.
Après l’anéantissement de l’université philosophique des bouddhistes bouriates, la vallée d’Aninsky est abandonnée par les religieux.
Aujourd’hui, trente moines étudient au monastère d’Ivolginsk (Ivolguinsk).
Les débats philosophiques sont destinés à formuler rapidement une succession de thèses.
Cet exercice aiguise le bon sens.
Les moines doivent approfondir leur compréhension de sujets aussi fondamentaux que l’éphémère et l’éternel.
Les thèmes de l’exercice du jour sont la couleur et le son.
Celui qui émet un postulat tente d’acculer verbalement son contradicteur dans ses derniers retranchements.

SOUS-TITRES

COMMENTATEUR :-  Avant de venir au monastère, Baïr étudiait les sciences naturelles, mais cela ne le comblait pas.

BAÏR :- Ce qui compte pour moi, c’est la philosophie.
C’est pour cette raison que j’ai décidé de devenir moine. Je m’intéresse au bouddhisme, à sa conception du monde, en deux mots, à sa philosophie.

COMMENTATEUR :- La vie monacale est réglée de façon stricte.
La journée commence par des prières, suivies de plusieurs heures d’enseignement.
Baïr profite de la pause de midi pour faire ses devoirs.
Un cours de deux heures est dispensé l’après-midi.
À Ivolginsk (Ivolguinsk), les cours sont donnés en deux langues : l’ancien mongol et le tibétain.
Les étudiants apprennent également le sanscrit.
L’ancien mongol s’écrit de bas en haut.
Un jeu d’enfant pour Baïr, car le bouriate, sa langue maternelle, s’écrit dans le même sens.
Le russe, il l’a appris à l’école.

BAÏR :- Je n’ai aucun problème de compréhension.
Pour maîtriser la grammaire, il ne m’a pas fallu plus de quinze jours.
L’ancien mongol était la langue officielle des Bouriates jusqu’en 1937.
Après la révolution, on nous a imposé le russe.

COMMENTATEUR :- Baïr a eu beaucoup plus de mal à maîtriser le tibétain.
À présent, il l’écrit et le parle couramment.

SOUS-TITRES
 
COMMENTATEUR :- Baïr partage une maisonnette située dans le périmètre du monastère avec quatre autres étudiants.
Les tâches ménagères comme la cuisine et le ménage sont exécutées collectivement.
Les étudiants ignorent s’ils resteront ici ou s’ils iront dans un autre monastère une fois qu’ils auront terminé leurs études.
Cette décision incombe au khambo lama.
Le pathologiste Iouri Tampoléev visite le monastère d’Anginsk (Anguinsk) où Itigilov (Itiguilov) a vécu après ses études et où il est décédé en 1927.
Mais le monastère d’Anginsk a lui aussi été réduit en cendre lors des purges des années trente.
Itigilov s’est installé ici après ses longues années d’études et s’est rapidement attiré une réputation de praticien hors pair.
Il dispensait la médecine tibétaine, une science qui, à l’époque, faisait partie de l’enseignement des moines.
Iouri Tampoléev se demande si Itigilov aurait utilisé ses connaissances médicales afin de préserver son corps de la putréfaction.
Les écuelles et les clochettes qu’il trouve dans les cendres ne répondent pas à sa question.
Le pathologiste aimerait bien autopsier la dépouille du saint homme, mais le khambo lama lui refuse son autorisation.
Pour le premier examen, le pathologiste était le bienvenu afin de confirmer l’excellent état de conservation du corps.
Mais une autopsie physique du corps n’intéresse pas du tout le khambo lama.
Pour lui, la seule explication est spirituelle.
 
COMMENTATEUR :- Selon la croyance bouddhiste, un moine doué d’une force spirituelle hors du commun est capable d’aller à la rencontre de sa mort lors d’une profonde méditation. S’il suit ce chemin en parfaite conscience, il gagne directement le nirvana et son corps est protégé de toute putréfaction.
Khambo Lama Ayoutchéev ignore lui aussi comment Itigilov a pu réaliser ce prodige.
Il détient toutefois des indices qui laissent à penser que le moine s’y serait préparé longtemps à l’avance.
 
KHAMBO LAMA AYOUCHÉEV :- Certaines personnes qui l’ont rencontré alors qu’elles avaient dix ans m’ont révélé un détail intrigant : à partir de 1925, et en l’espace de deux ans, Itigilov semble avoir réduit en taille.

COMMENTATEUR :- Au monastère d’Ivolginsk (Ivolguinsk), la médecine tibétaine fait de nouveau partie du cursus.
Elle est enseignée par un moine tibétain, car les instructeurs autochtones sont très rares.
Cette médecine globale séculaire reconnaît trois façons de procéder au diagnostic : l’observation, la palpation et l’interrogation.

SOUS-TITRES

COMMENTATEUR :- Le moine tibétain reçoit aussi des patients.
Cette femme aimerait savoir pourquoi elle souffre de vertiges.

SOUS-TITRES

COMMENTATEUR :- En tâtant le pouls de tous ses doigts, le médecin perçoit l’état des groupes d’organes.
Certains praticiens sont passés maîtres dans cet art du diagnostic.
Contrairement aux traditions religieuses, la médecine tibétaine n’a jamais été interdite sous l’ère soviétique.
Considérée comme une médecine naturelle, elle était pratiquée et suscitait même l’intérêt des scientifiques.
Les habitants de Bouriatie, qu’ils soient Bouriates ou Russes, optent pour la polyclinique ou pour la médecine tibétaine selon le mal dont ils souffrent.
À l’institut des maladies orientales, ces patients sont venus consulter le docteur Tchimit Dorji.
Il est le praticien de médecine tibétaine le plus célèbre de Bouriatie.
Il doit sa renommée pour avoir soigné avec succès des personnes irradiées lors de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
Quantité de patients font un très long trajet pour le consulter.
On vient même de l’étranger.
Tchimit Dorji travaille en étroite collaboration avec ses assistantes.
Ses remèdes à base de plantes médicinales sont préparés individuellement, ce qui peut prendre un certain temps.
Les patients constatent ainsi que leur préparation est faite avec sérieux, ce qui les incite à respecter scrupuleusement les prescriptions.

SOUS-TITRES

COMMENTATEUR :- Ce patient souffre d’un eczéma qui l’empêche de travailler.
Il arrive que le praticien prie durant la consultation bien que la plupart de ses patients, comme celui-ci, ne soient pas croyants.
Les prières sont destinées à demander conseil.

PATIENT :- Il est excellent.
Après cinq années de recherches, j’ai enfin trouvé un bon médecin.
Il m’a guéri.
J’avais tout essayé, même des cures thermales, mais sans résultat.
Et l’année derrière, il m’a sauvé.
C’est un médecin hors pair.
Je serais pourtant incapable de dire comment il obtient de tels résultats.

COMMENTATEUR :- Les patients déplorent cependant que Tchimit ne reçoive qu’une fois par semaine.

TCHIMIT DORJI :- Il me faut une semaine pour récolter les ingrédients et concocter les remèdes.
Et ça ne couvre qu’une journée de consultation.
Je n’achète aucune préparation toute faite, je concocte tout moi-même.
On ne peut pas soigner des patients avec les médicaments du commerce.
Ça se fait en Chine, en Mongolie, au Tibet.
Ils ont même des usines à médicaments.
Mais je me sens responsable de la vie de mes patients.
En préparant tout moi-même, je suis certain des remèdes qu’ils prennent.

COMMENTATEUR :- Le remède qu’il est en train de préparer est destiné à soigner les douleurs stomacales et intestinales.
Il soulage aussi certaines maladies rénales et renforce le corps lors des signes de vieillissement.
Un remède tibétain n’est jamais limité à une seule application.
Alors que les médicaments occidentaux sont souvent constitués de un ou deux principes actifs, les remèdes tibétains comportent une dizaine de substances principales.
Les différents composants s’influencent favorablement afin de réduire au minimum les effets secondaires.
Hormis quelques racines, ce remède comprend aussi de la cardamome, de la grenade, de la cannelle et une grande quantité de safran.
Des ingrédients qui ne poussent pas en Sibérie, Tchimit Dorji les commande en Inde.
La quantité des ingrédients correspond à l’identique à ceux des remèdes ancestraux.
Chaque ingrédient est récolté à une époque précise et doit être purifié selon les méthodes prescrites.
La fabrication d’un seul remède dure plusieurs heures.
Les herbes sont moulues, filtrées au tamis et finement moulues avec des ustensiles séculaires.
Il ne viendrait jamais à l’idée de Tchimit Dorji d’utiliser un appareil électrique.
Cette grande méticulosité combinée à un savoir ancestral donnent naissance à un remède tibétain.
Une des sources principales de ce savoir est un traité de médecine tibétaine dont l’original, fabriqué au Tibet au Moyen Âge, est perdu.
Il n’en existe que trois copies au monde, dont une en Bouriatie.
Ce traité est constitué de soixante-dix-sept rouleaux illustrés de grand format.
Le traité ainsi que de nombreux trésors cultuels bouddhistes ont pu être évacués et sauvés avant les destructions massives.
Dans les années cinquante, lorsque la persécution des religieux a diminué, ces trésors ont été confiés à différents musées bouriates.
Depuis l’avènement de la perestroïka, les trésors et les livres monacaux retournent peu à peu dans les temples bouddhistes.
Certains livres rédigés par Itigilov (Itiguilov) sont réapparus, comme des commentaires sur les écrits bouddhistes et des ouvrages de référence sur la médecine.
Le saint homme en a toutefois écrit bien davantage.
Baïr espère que les ouvrages manquants réapparaîtront un jour.
Selon lui, Itigilov a dû coucher par écrit son procédé pour que son corps ne se putréfie pas après sa mort.
Baïr se met en route pour visiter le lieu d’activité le plus important de Khambo Lama Itigilov : le monastère de Tamtchinsk.
La route suit les voies du transsibérien, l’artère vitale du pays.
 
COMMENTATEUR :- Malgré les rigueurs hivernales, les grandes plaines fluviales permettent de pratiquer l’agriculture.
Grâce à ce moyen de subsistance, lors de la colonisation russe aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, les Bouriates se sont sédentarisés volontairement, contrairement aux autres peuples nomades de Sibérie.
Baïr longe la Selenga, la plus grande rivière de Bouriatie.
Peu à peu, la Selenga s’élargit avant de terminer sa course dans un vaste delta qui se jette dans le lac Baïkal.
Le plus grand lac d’eau douce au monde est surnommé ici « la Mer sainte des Sibériens ».
 
COMMENTATEUR :- Baïr arrive à destination, au sud-ouest du lac Baïkal.
Le monastère se dresse au beau milieu d’un village.
Le monastère de Tamtchinsk a été durant plus d’un siècle la résidence du khambo lama.
C’est ici qu’en 1911, Itigilov a été élu douzième khambo lama de Russie.
Durant sept ans, il a tenu la destinée des bouddhistes russes entre ses mains.
Le monastère de Tamtchinsk est rouvert depuis 1990.
Huit moines célèbrent quotidiennement des cultes pour les villageois.
Les croyants leur remettent une liste de leurs proches auxquels les prières doivent être adressées.
Le monastère accueillera bientôt davantage de moines.
Certains auront été formés au monastère d’Ivolginsk (Ivolguinsk), d’autres reviendront en Bouriatie après avoir suivi un enseignement au Tibet ou en Mongolie.
Il faudra toutefois quelques décennies avant que le monastère de Tamtchinsk recouvre son prestige d’antan.
 
COMMENTATEUR :- Des vingt-trois temples qui se dressaient ici à l’époque d’Itigilov (Itiguilov), seuls deux ont survécu à l’époque stalinienne.
L’abbé du monastère de Tamtchinsk montre à Baïr le grand temple, qui devrait rouvrir dans quelque temps.
Vieux de trois cents ans, c’est le plus ancien de Sibérie.
Sous le règne soviétique, il servait de prison pour les détenus politiques.
D’autres bâtiments du monastère servaient alors à abattre des chevaux ou à élever des poules.
L’abbé estime que si le temple a survécu, c’est grâce à un bon karma.
Il est convaincu que le monastère vivra une renaissance.

ABBÉ :- La foi est très utile à notre époque.
La vacuité spirituelle dans laquelle nous vivions est terminée.
Une idéologie a disparu avec la perestroïka, mais aucune ne l’a remplacée.
L’aspect spirituel de l’existence est sous-développé.
Si cette vacuité spirituelle était comblée par le bouddhisme, ce serait une bonne chose pour les Bouriates.
Cela ne vaut pas seulement pour la Bouriatie, mais pour le monde entier.

COMMENTATEUR :- En suivant les traces d’Itigilov, Baïr enrichit ses connaissances sur sa religion et sur sa patrie.
Il n’avait encore jamais vu d’écrits aussi anciens.

SOUS-TITRES
 
COMMENTATEUR :- La renaissance du bouddhisme a déjà commencé au monastère
Ivolginsk.
Directement à côté du grand temple, les moines érigent un nouvel édifice entièrement dédié à Itigilov.
La dépouille mystérieuse y reposera à jamais et sera montrée aux fidèles lors des grandes cérémonies religieuses.
Toutefois, avant que ce temple soit terminé, il reste quelques problèmes à résoudre.
Lama Bimba a été nommé maître d’œuvre pour avoir trouvé la tombe d’Itigilov.

LAMA BIMBA :- Autrefois, les bâtisseurs de temples étaient de célèbres architectes.
Mais cette époque est bel et bien révolue.
C’était avant la répression.
Aujourd’hui, nous devons nous improviser maîtres d’œuvre.
Nous construisons tout nous-mêmes.

COMMENTATEUR :- Une grande cérémonie religieuse se prépare au monastère d’Ivolginsk.
Depuis qu’il abrite le corps d’Itigilov, les fidèles sont de plus en plus nombreux à assister aux offices. Des légendes se tissent autour de la vie d’Itigilov.
Bon nombre de fidèles sont même convaincus qu’un miracle pourrait se produire s’ils viennent honorer sa dépouille.

FEMME :- Aujourd’hui, c’est une cérémonie importante.
C’est l’anniversaire de notre maître, de notre grand dieu, pas vrai ?

BAÏR :- Aujourd’hui, c’est un événement religieux important, il faudra bien prier.
 
COMMENTATEUR :- Durant des décennies, les bouddhistes de Bouriatie ont pratiqué leur religion en secret.
Ils priaient chez eux.
Ivolginsk était l’unique monastère de Sibérie.
Il a été construit vingt ans après la destruction de tous les autres monastères de Sibérie, apparemment sur les ordres de Staline en personne.
Avec ce geste, le tyran voulait remercier les Bouriates pour leur lutte héroïque durant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, les Bouriates ont plus que jamais besoin de leurs temples.
La vie en Sibérie est devenue particulièrement difficile depuis la perestroïka.
La foi offre aux gens un soutien et une identité.
La Bouriatie compte actuellement vingt monastères.

SOUS-TITRES

COMMENTATEUR :- Le khambo lama est fier que le monastère dispose aujourd’hui de sa précieuse relique.
Mais il est aussi perplexe, car il ne sait pas comment expliquer l’état de la dépouille aux fidèles.

CHAMBO LAMA AÏOUCHÉEV :- Je pense que tout être ambitieux aimerait qu’après sa mort son corps reste dans le même état que celui d’Itigilov (Itiguilov).
Je suis toutefois convaincu que chacun doit suivre sa propre voie.
Même si un être voulait suivre la même voie qu’Itigilov, même s’il imitait sa méthode, il n’atteindrait jamais le même éveil.
Cette voie était uniquement possible pour Itigilov.
Pour cette raison, chaque moine doit suivre son propre destin et son propre karma.
Aucun moine ne pourra jamais répéter ni revivre à l’identique la voie suivie par Itigilov.
Même en apprenant ses pratiques et en sachant la voie qu’il a suivie, il ne serait jamais un Itigilov.
C’est ce que je pense.

COMMENTATEUR :- Le pathologiste Iouri Tampoléev est encore plus perplexe.
Il a considéré tous les éléments : le sel dans le cercueil, la tombe sèche à flanc de colline, le bois de cèdre et le linceul de soie.
Un ensemble qui ne pouvait que ralentir la putréfaction du corps, pas l’arrêter.

IOURI TAMPOLEEV :- Tous les éléments qu’on m’a révélés expliquent uniquement certains aspects.
Le reste, je ne peux pas l’expliquer.
Peut-être s’agit-il de ce que tout le monde dit.
Pour mettre tout le monde d’accord, je dirais que cela tient à la fois du miracle et de l’énigme.

COMMENTATEUR :- Pour la plupart des fidèles, peu importent les raisons pour lesquelles le corps d’Itigilov a déjoué le mécanisme de recyclage de la nature et n’est donc pas putréfié.
Pour eux, ce miracle d’Itigilov suffit en soi.
Ils ont la conviction que le Bouddha peut faire des choses qui dépassent l’entendement des hommes. Ils sont convaincus qu’Itigilov est revenu afin de leur donner du courage et de les aider à faire renaître le bouddhisme en Sibérie.
Sa quête sur les traces d’Itigilov a renforcé Baïr dans la voie qu’il a choisie : c’est l’époque idéale pour suivre Bouddha.


FIN

 

 

 


 

Du poisson pas si bon
Enquête sur une filière opaque

France 5 - Du poisson pas si bon, enquête sur une filière opaque - Documentaire - Dimanche 16 février à 20h37


Revoir sur Youtube au lien en version VFST :
http://www.youtube.com/watch?v=ZPKC-5dcthM (52'25)

Revoir l'émission sur France 5 :
http://www.france5.fr/emission/du-poisson-pas-si-bon-enquete-sur-une-filiere-opaque


PRÉSENTATION :

Comme la filière industrielle de la viande, secouée par de nombreux scandales, celle du poisson entre à son tour dans des zones de turbulences et de soupçon. 
Selon l'enquête d'une ONG américaine, un poisson sur trois vendus sur les étals aux Etats-Unis n'est pas conforme à son étiquette. 
En France, une récente enquête de «60 Millions de consommateurs» révèle que dans un cas sur trois, les étiquettes seraient aussi mensongères. 
Alors, comment s'y retrouver sur l'étal des poissonniers ou dans les rayons surgelés ? 
Les poissons frais sont-ils toujours ceux que l'on croit ? 
Qu'est-ce qui différencie un animal sauvage d'un animal d'élevage ? 
Des rayons des hypermarchés aux élevages espagnols, des étals des marchés aux grossistes de Rungis, des bateaux de pêche bretons aux usines de poisson pané de Pologne, ce documentaire enquête sur un marché qui n'aime guère la transparence. 

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PROLOGUE :

-Ces poissons ne se mangent pas, mais pour ceux qui arrivent dans nos assiettes, la technique permet de vendre le produit plus cher.
Bonjour à tous !
Vous avez peut-être entendu parler du trempage.
Il s'agit de tremper les filets de poisson dans l'eau, pour augmenter le volume.
C'est également utilisé pour les Saint-Jacques.
Et ce n'est pas la seule pratique frauduleuse.
Tromperie sur la provenance, sur les modes d'élevage.
Au total, 1 étiquette sur 3 serait mensongère.
Alors, comment s'y retrouver dans les rayons surgelés ?
Les poissons vendus frais sur les marchés sont-ils ce que l'on croit?
Le prix vaut-il la différence entre une espèce sauvage et une d'élevage ?
Quels sont les ingrédients des poissons panés ?
Le Doc du Dimanche a mis ses yeux dans tous les coins.
Enquête sur une filière opaque.

-Soles, bars et notre rouget

LE FILM SOUS-TITRÉ :

-C'est la brève histoire d'un rouget qui va finir dans l'assiette d'un grand restaurant parisien.
Tout a commencé quelques heures plus tôt.
Les mouettes sont de la partie.
C'est bon signe.
Minuit, sur un bateau de pêche, en Bretagne.
Les filets remontent les premières victimes de la nuit.

-On est les premiers de la chaîne.
On prend le poisson vivant.
C'est agréable.
C'est une fierté, c'est sûr.

-Voici les compagnons d'infortune de notre rouget: quelques soles, une jolie lotte aux yeux verts.
Pas une seconde à perdre.
Certains poissons sont vidés à bord du navire. 7 h du matin.
Premier contact avec la terre ferme, à Saint-Quay-Portrieux, dans le nord de la Bretagne.
Direction la criée où les poissons sont pesés et étiquetés.
L'envoyé du grand restaurant parisien vient faire son marché.

-La sole 2, c'est de la 4 600.

-La vente aux enchères commence.

Il appelle Paris.

-J'ai une pièce de turbot 3 de 2,9 kg et une pièce de 5,6 kg. C'est à faire ? 0K.
C'est dans les 13, 14. sont grattés et vidés, emballés dans des caisses isothermes et recouverts de glace.
Leur destination finale, le Dôme, est soigneusement indiquée.
Une demi-journée de route plus tard, et l'affaire est réglée.
Le poisson a été pêché la veille.
Le commis de cuisine prend l'affaire en main.
Acheté à la criée 15 euros le kilo, notre rouget sera facturé 90 euros au client.
C'est le prix de la fraîcheur et du talent du chef, Franck Graux.

-Un rouget basilic pour deux.

-15 minutes de préparation, 40 minutes de cuisson, un peu de basilic, et voilà le travail.

-Je vous présente le rouget. Magnifique.

-Avec du basilic frais. Je vais vous le préparer.

-Ca, c'est le poisson dont on rêve : sitôt sorti de l'eau, sitôt dans l'assiette. 
Mais très cher.
Mais bien souvent, ce que mangent les Français ressemble plutôt à ça.
Du poisson congelé.
Moins glamour, mais aussi moins cher. 
Ou bien encore à cela. 
Du poisson qui ne ressemble plus du tout à du poisson. 
Là, du gratin de poisson prêt en 2 minutes au micro-ondes. 
Ou encore à ça... Des bâtonnets panés.
Rapide, très bon marché et tellement pratique.
Mais que mange-t-on réellement quand nous achetons du poisson ?
Notre enquête commence dans les rayons d'un supermarché.
Ici, la star, c'est le poisson pané.
En bâtonnets, en croquettes, en pavés avec de la sauce tomate ou en forme d'étoile.
Les Français en consomment environ 8 millions de boîtes par an.
Ses ventes ne cessent d'augmenter.
Les enfants en raffolent.
Les publicités ont l'air tellement sympathiques.
Dans celle-ci, il y a le gentil capitaine avec sa barbe.

-Bon appétit.

-Dans une autre, un génie rigolo.

-Excellent pour bien grandir.

-Et ça marche. Julia, 5 ans, mange du poisson pané une fois par semaine.
Plus facile à faire passer qu'un vrai morceau de poisson avec sa peau et ses arêtes.

-Ça ne ressemble pas à du poisson.

-Tu préfères ça ou du poisson frais ?

-Ce poisson.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il est trop bon,

-Ah, le goût !

-Julia aime bien le goût, mais pour ce qu'il y a dedans, Anna, sa maman, n'en a aucune idée.
De quoi sont faits ces bâtonnets ?
Nous allons tenter de le découvrir. Le problème : depuis le scandale de la viande de cheval, les grandes marques alimentaires refusent d'accueillir des journalistes.
Nous avons appelé le Captain Iglo.  

-Pour une question de planning, c'est compliqué.

-Il nous a claqué la porte au nez.
Et le petit génie de Findus est trop occupé, lui aussi.  

-Votre appel a été transféré à une messagerie vocale.

-Puis nous avons contacté tous les petits producteurs français de poisson pané.
Là encore, porte close.
Désespérés, il nous a fallu aller jusqu'en Pologne pour découvrir comment sont préparés ces fameux bâtonnets.
Le groupe danois Espersen a accepté de nous ouvrir les portes de son usine.
Le groupe fournit toute l'Europe, notamment la France.
Ici, 700 employés travaillent à la chaîne pour 360 euros par mois.
Jakup est le directeur de production.

-Bonjour, mesdames.

-Il a 47 ans et il est très à cheval sur la propreté.
Tout commence le matin avec l'arrivée des matières premières.
Chaque jour, elles sont livrées selon la pêche.
Aujourd'hui, c'est du cabillaud.

-Ces poissons viennent de Norvège et de Russie.
C'est une espèce très populaire.
Ils ont été pêchés dans la mer de Barents.
Ça, c'est un gros cabillaud.

-Les poissons viennent souvent de très loin. Il faut conserver leur fraîcheur.

-C'est important de conserver le produit dans une eau très froide.
On les garde dans de l'eau glacée pour garantir la qualité.

-Puis les poissons passent par cette machine.
La peau est retirée, le squelette, séparé de la chair comestible, et le filet, prêt à être découpé.

-Ces dames vont commencer à nettoyer les filets.
Puis elles enlèveront les arêtes et les imperfections.
On veille à ce qu'elles ne coupent pas trop de chair.

-Comme dans le bœuf, dans le poisson, il y a les morceaux nobles et les bas morceaux.
Les meilleurs morceaux sont apprêtés en portions, ou bien en filets pour les supermarchés.
Certains sont transformés en blocs de filet, destinés à être panés et vendus sous l'appellation "100 % filet".
C'est ici qu'on fabrique aussi le fish burger du leader mondial de la restauration rapide.
Mais quand on fait des carrés avec des poissons, forcément, il y a des chutes.
Et pour Jakup, pas question d'en perdre une miette.

-Nous devons utiliser tout ce que nous pouvons, car cela coûte de l'argent.
On achète le poisson entier et il faut le rentabiliser.
Ce serait une honte de gâcher du poisson.
Il faut utiliser ce qu'on prend à la nature.
Ce n'est pas mauvais, c'est frais, mais il reste beaucoup d'arêtes, alors il faut les retirer.

-Ne vous fiez pas à leur allure peu engageante.
Pas question de jeter ces chutes de poisson.
Jakup a sa recette.

-Là, vous voyez toutes nos chutes issues de la découpe.
Elles sont pressurées dans le cylindre.
C'est ça qui va donner de la bonne chair hachée de poisson.

-Cette fameuse chair hachée va servir à la fabrication de poisson pané et de plats cuisinés.
Dans cette usine, voilà la seule chose que vous ne mangerez jamais: quelques arêtes et de la peau, dont on fera de la nourriture pour animaux domestiques.
Jakup reconnaît que la chair hachée est un produit bas de gamme, mais il affirme qu'elle conserve ses qualités nutritionnelles.
Une fois passée à la moulinette, la chair hachée est pesée et conditionnée dans ces moules, direction le congélateur.
A l'autre bout de l'usine, nous avons rendez-vous avec Radoslaw.
C'est le chef de production poisson pané.
Après 3 heures de congélation, les blocs de chair hachée ressemblent à des blocs de marbre.
Il ne reste qu'à les découper en générant le moins de perte possible.
Tout est alors calibré au millimètre près.

-A partir d'un bloc, on peut fabriquer 396 bâtonnets.
On le sait parce qu'on a fait un calcul mathématique.

-La panure ne coûte pas grand-chose.
Elle est faite d'eau, de farine et de miettes de pain, et constitue 40 % du poids du produit final.
C'est aussi elle qui fait le succès du poisson pané auprès des enfants.

-C'est la recette qui a eu le plus de succès dans toute l'histoire du poisson.

-Précuits 28 secondes dans de l'huile, les bâtonnets seront de nouveaux congelés, puis emballés.
Ici, on en produit près de 40 tonnes par jour.
Espersen les revend entre 1,50 et 5 euros le kilo aux distributeurs de toute l'Europe.
A Paris, nous retrouvons Julia et sa maman, Anna.
Nous leur montrons les images tournées en Pologne.
Nous commençons avec les blocs de filet.

-Qu'est-ce qu'on fait, là ?

-On enlève la peau, les arêtes...

-Puis nous lui montrons la fabrication des poissons panés.
Et là, Anna ne cache pas son étonnement.

-Dégoûtant !

-Voir cette espèce de pâte qui est créée à partir de rien, ça ressemble à un procédé de fabrication de déchets.
C'est pas du poisson.

-Désormais, Anna redoublera d'attention pour faire la différence et les produits à base de chair hachée.
La mention est obligatoire, mais souvent, il faut beaucoup chercher pour s'y retrouver sur les emballages.
L'autre solution, si l'on est réfractaire aux emballages et autres surgelés, c'est d'acheter du poisson frais.
Aujourd'hui, près d'un tiers des poissons consommés en France sont frais, achetés chez le poissonnier, au marché ou au supermarché.
Saumon, bar de ligne, sole, dorade grise, dorade rose ou dorade royale, sardine, thon, poissons entiers ou en filets, il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.
Pour choisir, on s'en remet à son marchand de poisson.

-On va chez le poissonnier, parce qu'on a confiance.
On n'achète pas du surgelé au supermarché.
On n'a pas confiance.

-Je préfère payer pour la qualité.

-Je ne viens que chez eux, depuis des années.

-Vous faites confiance à...

-Oui, complètement confiance. Je téléphone et je dis : "Vous me préparez ça."
Je sais que ce sera parfait.

-Les acheteurs ont confiance en leur poissonnier.
Mais ça n'a jamais été autant le bazar sur les étals de poisson.
En février 2013, une ONG américaine, Oceana, a tiré la première la sonnette d'alarme.
Selon elle, près de 30 % des poissons commercialisés aux Etats-Unis seraient vendus sous une fausse identité.
Du panga vendu pour du cabillaud, du tilapia vendu pour du rouget, bref, dans un cas sur trois, les Américains ne mangeraient pas le poisson qu'ils croient.
En France, aucune enquête de cette ampleur n'a été réalisée, mais un rapport de la Répression des fraudes révèle que dans 1 contrôle sur 3, les étiquettes mentent.
Elle dénonce les "mentions valorisantes mensongères".
Un poisson lambda vendu pour une qualité Label Rouge, du poisson soi-disant pêché à la ligne, et du poisson d'élevage vendu pour du poisson sauvage.
Comment s'y retrouver ?
Nous faisons appel à une spécialiste de la commercialisation des produits aquatiques.
Elle va décrypter pour nous les étiquettes.
Nous commençons sur l'étal d'un poissonnier, dans un marché d'un quartier chic de Paris.
Les étiquettes doivent obligatoirement préciser l'origine des produits.

-Du bar, de la dorade royale...

-Du turbot.

-Mais sur l'étal de Jean-François, ce n'est pas clair.

-Je note les défauts d'étiquette.
Elles sont assez pauvres.
C'est un bel étal, mais ce n'est pas très précis.
"Atlantique nord-ouest", pour le merlan, c'est pas ça.

-Les étiquettes ne sont pas très précises.
Le monde est divisé en zones de pêche.
Il en existe 19 sur la planète.
L'Atlantique Nord-ouest, par exemple, s'étend des côtes américaines au Groenland.
Votre homard proviendra probablement de cette zone.
Pour les amateurs de cabillaud, votre poisson sera pêché en Atlantique nord-est.
Quant au thon, on en trouve dans presque toutes les mers du globe, depuis les côtes asiatiques, en passant par l'océan Indien, jusqu'au Pacifique sud-est.
Pas toujours évident de se repérer.
Même Jean-François, une vie entière dans le poisson, en perd le nord.

-Non, mais franchement, là, vous exagérez !
Le merlan, Atlantique nord-ouest.
Il ne vient pas du Canada.
Il vient de Boulogne.

-Ça vient du nord.
Je suis désolé.
Ces étiquettes, c'est normal.
Ah non, c'est normal.

-Quoi ?

-Ça vient du nord-ouest, du nord-ouest.
 Je dois avoir la carte.
C'est délimité. Il y a le nord-ouest...

-C'est les côtes canadiennes. Là, il faut...

-Dites-moi ce qu'il faut marquer.

-Il faut marquer "nord-est".

-"Nord-est", je ne sais pas. C'est tellement compliqué.

-Le poissonnier est beau joueur.
Pour se défendre, il préfère renvoyer à la confiance que lui feraient ses clients.

-J'ai 60 ans de carrière. Les gens ont confiance.
On est là pour les conseiller, les aider, leur faire un bon rapport qualité-prix.
Voilà. Le reste, c'est du blabla.

-Pas vraiment.
Les étiquettes sont censées nous renseigner sur le mode de production: poisson d'élevage ou de pêche.
Le saumon est aujourd'hui quasi exclusivement d'élevage.
Les soles, à l'inverse, sont toujours sauvages.
Mais c'est parfois plus compliqué. Notamment pour la dorade et le bar.
Difficile de faire la différence et un poisson d'élevage.
Pourtant, les prix varient du simple au triple : 39 euros le kilo pour un bar sauvage contre 16 euros le kilo pour un bar d'élevage.
Qu’achète-t-on à ce prix-là ? Quelle est la différence ?
Nous nous rendons dans une ferme d'élevage pour le découvrir. 
Aguilas, petite ville portuaire de 35 000 habitants, dans le sud de l'Andalousie, en Espagne.
Ici, on vit de la pêche, mais surtout de l'élevage.
L'Espagne est l'un des trois plus gros producteurs de bars et de dorades en Europe. 
Ces drôles de viviers, ce sont des cages flottantes. 
Le groupe Culmarex, fournisseur des poissonniers français, en exploite 24, répartis sur 50 hectares.
T. Hernandez est un des directeurs de l'élevage.
S'il a installé son exploitation sur ce bras de mer, ce n'est pas un hasard.

-Ici, c'est le meilleur endroit d'Espagne pour l'élevage du bar et de la dorade: une bonne profondeur, une qualité d'eau excellente et la situation environnementale est très bonne.
C'est ma caverne d'Ali Baba.

-Dans ces cages qui plongent à 30 m de profondeur, des millions de poissons enfermés derrière des filets qui les empêchent de s'échapper.

-Dans une cage comme celle-ci, il y a 300 000 poissons.
Le volume de la cage est important.
Il y a 15 kg de poissons par mètre cube d'eau.
Ils n'occupent que 2 % de la cage.

-La production est intensive.
Les animaux sont nourris 2 fois par jour, au moyen de ce tube mécanique.
La nourriture circule dans un vaste réseau de tuyaux reliés à cette plateforme.

-Ils ont l'air d'avoir faim.

-Oui, ça se voit qu'ils ont faim.
Là, la température de l'eau est bonne, donc ils ont un bon appétit.
Les poissons vont rester environ 2 ans dans ces cages.
C'est le temps nécessaire pour obtenir un poisson de 600 g, une bonne taille pour le vendre.

-En 2 ans, les poissons arrivent à maturité.
C'est 6 mois de moins que dans la nature.
Pour tenir ce pari, l'éleveur a sa recette.
 Il nourrit ses bêtes d'un savant mélange ultraprotéiné venu d'Amérique latine.

-Ils mangent les mêmes nutriments que s'ils étaient à l'état sauvage.
Ce sont des ingrédients naturels.
Des farines animales de poisson, de l'huile de poisson, des farines végétales.
C'est une alimentation plutôt équilibrée.

-Pour nourrir 1 kg de poisson d'élevage, il faut 2 kg de poisson de pêche.
Un non-sens écologique pour beaucoup.
En quoi ces poissons sont-ils différents des poissons pêchés sauvages ?
Nous nous rendons au marché du port d'Aguilas.
Nous avons rendez-vous avec Angela qui vend les poissons pêchés dans la région.

-Bonjour, madame. Voici des bars et des dorades d'élevage.

-Elle nous montre les différences et poissons d'élevage.
Première dissection : un bar sauvage pêché la veille.
Après avoir enlevé quelques abats, il ne reste que du filet et des arêtes.
Ça, c'est un bon poisson.

-Le bar d'élevage passe sur la table d'opération.
Et là, surprise...

-Regardez. Vous voyez la différence ?

-Oui.

-C'est du gras ?

-C'est bon, le gras ?

-Ça vous donne envie de manger ?
La plus grande différence, c'est le gras.
Il y en a un qui est plus gras que l'autre, parce que le poisson d'aquaculture est nourri avec des croquettes.
Le sauvage mange ce qu'il trouve dans la mer.
On notera la différence à la dégustation.
Le poisson sauvage a la chair plus tendre et savoureuse.
Certains ne verront pas la différence, mais le connaisseur, lui, préférera le sauvage.

-Donc rien à voir entre un poisson d'élevage et un poisson sauvage, même si, d'apparence, il est difficile de faire le tri.
En France, des poissonniers indélicats en profiteraient.
C'est le constat de Marie-Christine, l'experte en produits de la mer, que nous retrouvons à Paris.

-Les écarts de prix peuvent être très importants.
On peut donc être tenté de le vendre pour un produit de pêche.
L'écart de prix peut inciter la négligence de certains revendeurs.

-Avec elle, nous nous livrons à une expérience.
Nous allons faire le tour de plusieurs marchés et poissonneries.
Quand nous trouvons un étiquetage douteux, nous achetons le produit, afin de le faire analyser.

-J'ai un doute.

-Nous achetons ce bar étiqueté "sauvage".
Un peu plus loin, nous achetons une dorade royale, elle aussi garantie sauvage.
Dans une poissonnerie parisienne, nous achetons un filet de bar qui nous semble suspect.
Notre enquête se termine dans ce marché huppé de l'ouest parisien.

-La dorade, c'est pêche ?

-Il a une tête qui ne me plaît pas trop.
Il a le bec qui remonte.
J'ai un doute, mais je suis incapable de dire si c'est vraiment de la pêche ou si c'est de l'élevage.

-Le poissonnier est affirmatif, mais Marie-Christine est sceptique.
Nous achetons un bar et une dorade supposés sauvages.
Résumons.
Nous avons acheté 5 échantillons à analyser : 2 bars, un filet de bar et deux dorades royales.
Il ne reste plus qu'à étiqueter, emballer chacun d'entre eux, à les mettre dans une glacière...
Avant de les expédier a un laboratoire d'analyses indépendant où ils subiront des tests destinés à identifier leur composition et leur mode de production.
8 jours plus tard, nous recevons les résultats du laboratoire. 3 pages d'analyses par poisson.
Sur nos 5 échantillons, 3 ont mis en évidence un profil proche du poisson d'élevage.
Le premier bar acheté sur le marché, soi-disant sauvage : élevage.
Rien à dire sur la première dorade achetée au marché et sur le filet de bar.
Mais dans le marché chic, les 2 poissons que nous avons achetés seraient tous deux des animaux d'élevage.
Nous décidons de retourner dans cette poissonnerie.
La responsable du rayon nous reçoit.
Nous filmons discrètement.

-On a acheté un bar et une dorade étiquetés "sauvages", or ils ont un profil d'élevage.

-La poissonnière est catégorique.
Nous la confrontons aux résultats d'analyses.

-Là, vous voyez, c'est un bar qu'on a acheté ici, et ça, c'est l'identification d'un bar d'élevage.
C'est des analyses qui ont été faites sur le profil acide gras du produit et qui montrent que...

-Face à l'évidence, la poissonnière va botter en touche.

-Elle renvoie la faute sur ses fournisseurs qui l'auraient trompée.

-Vous ne vérifiez pas ?

-Et vous ne faites pas la différence ?

-La poissonnière est responsable, mais pas coupable.
A l'entendre, la valse des étiquettes aurait lieu à Rungis.

-Le problème vient de Rungis ?

-C'est-à-dire ?

-Ils rajoutent des étiquettes ?

-L'étiquette sanitaire est censée assurer la traçabilité du poisson, depuis sa sortie de l'eau jusqu'à sa commercialisation.
Elle précise l'espèce et la zone de pêche ou de production.
Les fournisseurs jouent-ils parfois avec les étiquettes ?
Direction Rungis.
Près de 400 tonnes de poisson transitent chaque nuit dans ce marché.
Les accusations de fraude sont balayées d'un revers de main.

-Une poissonnière m'a dit qu'à Rungis, les fournisseurs avaient des caisses d'étiquettes sanitaires...-
Selon un autre professionnel, s'il y a un fraudeur, c'est le poissonnier.

-Les poissonniers nous ont dit : "C'est à Rungis."
Ça vous fait rire ?

-C'est interdit aussi sur les étals.

-Difficile de savoir qui trompe qui, mais selon l'enquête de la Répression des fraudes, les anomalies sont plus nombreuses chez les poissonniers que chez les grossistes.
C'est le consommateur qui paie la facture.
Poisson sauvage ?
Poisson d'élevage ?
La différence ne se limite pas au prix et au goût.
L'aquaculture suscite la controverse.
Dans les viviers surpeuplés, les poissons d'élevage sont souvent victimes de virus ou de parasites.
Alors certains éleveurs les gavent d'antibiotiques.
Mais cet usage de médicaments inquiète pour la santé de l'animal et pour celle de l'homme.
C'est ce que nous confirme Jean-François Baroiller, spécialiste de l'aquaculture.

-Des travaux ont montré des phénomènes d'antibiorésistance sur des productions de poisson où l'utilisation parfois des antibiotiques qui ne sont pas ceux préconisés, se sont traduits par des antibiorésistances, c'est-a-dire des pathogènes qui s'habituent à cet antibiotique et, petit à petit, perdent toute sensibilité au traitement.
Avec des conséquences sur la santé humaine.

-En clair, à force de consommer trop d'antibiotiques, via les médicaments et l'alimentation, les hommes risquent de se retrouver démunis face aux maladies.
C'est l'antibiorésistance.
Un rapport du ministère de l'Agriculture alerte sur ses dangers.
"Le plus inquiétant est l'apparition "de bactéries multirésistantes.
"En Europe, l'antibiorésistance cause 25 000 décès par an."
Retour en Espagne, dans l'élevage de bars et de dorades du groupe Culmarex.
Le patron nous emmène à la rencontre de la vétérinaire de la société.

-Bonjour, Merce.

-Merce affirme surveiller de près les élevages.
Elle ne s'en cache pas : les antibiotiques, elle en utilise.

-S'il y a une épidémie, nous les traitons avec des antibiotiques.
Les gens en ont très peur, mais quand c'est nécessaire, on les utilise.
On fait les choses correctement.
Le consommateur n'a rien à craindre.
On ne vend jamais un poisson qui vient d'être traité.
On attend qu'ils éliminent de leur organisme.

-Derrière les antibiotiques, c'est tout un mode de production qu'elle défend, un mode de production, à l'entendre, moderne et sûr.

-Pour moi, l'aquaculture fait partie de l'évolution. 
De chasseurs, nous sommes devenus fermiers.
Ça fait partie de notre histoire.
Dans le cadre de l'aquaculture, nous savons ce que le poisson a mangé et qui sont ses parents.
Du poisson sauvage, que savons-nous ?

-Selon la vétérinaire, il serait plus facile d'assurer la traçabilité du poisson d'élevage que celle du poisson sauvage.
Aucun produit de la mer n'échappe aujourd'hui aux soupçons.
Poissons ou crustacés, tous peuvent faire l'objet de fraude, même les plus chers d'entre eux, comme la star des coquillages, la fameuse coquille Saint-Jacques.
Les Français sont les plus gros consommateurs au monde : 2,5 kg par habitant et par an.
Elle coûte pourtant cher : 7 euros le kilo avec coquille et de 20 à 70 euros, décoquillée.
Elle est l'un des produits les plus emblématiques de la gastronomie française.
Pourtant, le consommateur n'est jamais à l'abri d'une arnaque.

Nous partons sur la trace de l'authentique coquille St-Jacques. Port-en-Bessin, en Normandie.
Ce matin, le "Sauvage", petit bateau artisanal, s'apprête à quitter le port.
Son capitaine : Dimitri Rogoff, la cinquantaine. 30 ans qu'il pêche de la Saint-Jacques.
Pas de temps à perdre, aujourd'hui, c'est l'ouverture de la pêche, sur le gisement de la baie de Seine.

-L'ouverture, c'est le jour à ne pas louper.
Les premiers coups de drague, ça reste magique, surtout quand il y a beaucoup de coquilles.
Ce gisement est fermé depuis 2 ans.
On va voir si les coquilles ont bien grossi.

-La coquille Saint-Jacques est une espèce rare et protégée.
Pour Dimitri, les périodes de pêche sont limitées.
4 mois seulement: de décembre à mars.
Et pas plus d'1,5 tonne par jour.

-On essaie de faire en sorte de retrouver le maximum de coquilles tout en continuant à pêcher.
C'est une pêche durable et responsable.

-Il faut 3 heures pour atteindre les gisements de coquilles.
Là, les dragues vont racler les fonds marins sur plusieurs centaines de mètres.
Une demi-heure plus tard, c'est le jackpot.
Les pêcheurs ramènent 400 kg de coquilles d'un seul coup.
Une situation plutôt rare qui ravit Dimitri.

-Ah, elle est belle.

-Toutes ces coquilles vont être mesurées une à une.
Pour protéger la ressource, la réglementation est très stricte : les coquilles de moins de 11 cm doivent être rejetées à la mer.
Elles seront pêchées l'année suivante.

-Il faut respecter ça, parce que c'est un produit qui nous fait vivre 6 mois de l'année, et on en vit bien.
C'est pas facile, mais on arrive à gérer.
On trouve de la coquille tous les ans, donc ça sert à quelque chose de faire attention aux tailles.

-Les coquilles conservées sont nettoyées, débarrassées de leurs imperfections, comme ces bigorneaux collés aux coquillages. Les pêcheurs repèrent et sélectionnent les plus belles et les plus grosses qui seront revendues sous le sigle "Label Rouge".

-Ca, c'est la coquille typique d'ici, avec le dessous noir.
C'est les coquilles "à cul noir".
Elle est belle, celle-là.
On a un corail significatif bien coloré et une grosse noix.
On n'en mange pas tous les jours.
C'est pour les jours de fête.
Ça reste un produit de luxe.

-Dimitri fait partie des pêcheurs militants qui ont obtenu, en 2002, que la Saint-Jacques ait droit à son Label Rouge, un gage de qualité et d'authenticité.
Mais il rêve d'aller encore plus loin.

-Le but du jeu, c'est que le client, à travers un flashcode, dès l'année prochaine, puisse avoir la photo du bateau, la tête du patron et une   qui va avec.
Faire en sorte qu'il y ait un lien entre le produit, son terroir, le gars qui la pêche et celui qui la mange.

-Dimitri défend la véritable Saint-Jacques, de son vrai nom, la "Pecten maximus".
Depuis plusieurs années, sa coquille doit faire face à un concurrent qui inonde le marché: le pétoncle. Avec ou sans corail. Il vient du Chili, du Pérou ou d'Argentine.
Il est bien plus petit que la noix de Saint-Jacques et il coûte deux fois moins cher.
Pourtant, en 1996, l'Organisation mondiale du commerce a autorisé l'appellation "Saint-Jacques" a toutes les variétés dé pétoncles. 
La décision provoque un tollé.
Un sénateur socialiste interpelle le ministre de l'Agriculture.
"Le pétoncle n'a ni la saveur ni les qualités nutritives "de la coquille.
Aujourd'hui, la concurrence du pétoncle a des effets dévastateurs pour les pêcheurs comme Dimitri. Son chiffre d'affaires a baissé de 30 %.
Nous nous rendons dans un hypermarché, au rayon des surgelés.
Tous les emballages semblent promettre l'authentique coquille Saint-Jacques.

-"Dix coquilles "Saint-Jacques à la normande."
Un astérisque renvoie à un inventaire à la Prévert : "zygochlamys patagonica, "argopecten purpuratus, chlamys opercularis."
C'est les noms latins des pétoncles qu'on trouve là-dedans.

-Ça peut tromper le consommateur ?

-C'est fait pour.
On lui fait croire qu'il va manger des Saint-Jacques, alors que c'est des pétoncles.
Si on n'a pas l'œil averti, on mange autre chose.

-Et pour nous vendre leurs ersatz de noix de Saint-Jacques, les industriels rivalisent d'imagination.

-On est dans des visuels bretons, avec un bateau, un phare, des mouettes, une bigoudène.
La bigoudène, au Vietnam, au Pérou, aux USA, ça n'existe pas.
On est dans la confusion à 100 %.
On trouve ça sur d'autres paquets.
A une époque où c'est important de savoir ce qu'on mange, on ne sait pas.

-Ce jour-là, sur des dizaines de produits surgelés, un seul contient l'authentique coquille Saint-Jacques.

-Comment mon produit peut-il trouver sa place dans le marché ?
Quand tout s'appelle pareil, quand on trompe le consommateur...
Ça me pose un réel problème.

-Sur nos étals, on risque d'acheter de la pseudo coquille Saint-Jacques.
Mais pas seulement.
Aujourd'hui, 80 % des Saint-Jacques consommées en France sont importées, des Etats-Unis, du Canada, de la Chine ou du Royaume-Uni.
Et parfois, certaines de ces noix d'importation sont trafiquées.
Notre enquête nous emmène en Ecosse, à Kirkcudbright.
Ici, la pêche de la Saint-Jacques est une tradition depuis des décennies, mais rares sont les entrepreneurs qui reçoivent les journalistes.
Nous avons toutefois obtenu l'autorisation de filmer chez l'un d'eux.
Il s'agit de West Coast Sea Products.
Son patron, c'est John King.
L'entreprise qu'il a héritée de son père est l'une des plus réputées d'Ecosse.
En 2010, la reine d'Angleterre est venue y déguster la coquille locale. 
John King est à la tête d'une véritable usine.
Sous ses ordres, une centaine d'employés décortique les coquilles Saint-Jacques.
Chaque jour, 20 tonnes sont ainsi expédiées dans toute l'Europe. 
Après décorticage, les noix passent par cette machine pour être nettoyées dans de l'eau.
Pour ne pas abîmer le produit, la noix ne doit pas passer plus de 30 secondes dans l'eau.

-Il faut les rincer rapidement, afin d'éviter toute absorption d'eau, sinon, elles gonflent.
Et ça, il faut éviter.

-Mais toutes les noix de Saint-Jacques ne font pas l'objet de la même attention.
Une partie de la production n'a pas droit au même traitement.
Dans ces bacs d'eau, les noix peuvent passer de 24 à 48 heures.

-Ca, c'est ce qu'on appelle les noix de Saint-Jacques "trempées".
Elles sont plus grosses, car elles ont absorbé de l'eau.
La noix est comme une éponge.

-John fait subir ce sort à ses noix, à la demande de certains clients qui ne se soucient guère de la qualité.
Le but : avoir les noix les plus grosses possibles.

-L'avantage des Saint-Jacques trempées, c'est le prix.
Si vous avez 30 % d'eau ajoutée, le prix d'achat diminuera de 30 %.

-Ceux qui achètent la trempée la paient moins cher et en tirent de plus grands profits.
En fait, ils ne gagneront pas autant à la revente.

-Le problème, c'est que la Saint-Jacques gonflée à l'eau risque de décevoir le palais du consommateur.

-Vous voyez celle-ci ?
Elle est pleine d'eau.
Regardez, elle est brisée.
Vous voyez toutes les petites craquelures ?
Regardez la différence.
Ça, c'est une Saint-Jacques sèche.
Et ça, c'est une trempée.
Dans la trempée, le goût est ruiné et la texture est endommagée.

-Vous mangez les deux, vous ?

-Non. Seulement des sèches.
Si vous avez goûté aux deux, il n'y a aucune comparaison possible.
Les trempées n'ont même pas le goût de noix de Saint-Jacques.

-Cette noix trempée représente 10 % de son chiffre d'affaires. 
John n'en exporte pas en France, mais certains de ses concurrents le font, car le trempage est une pratique légale. 
A une condition : trempé, le crustacé perd le droit de s'appeler "coquille Saint-Jacques".
L'étiquette doit indiquer "préparation à base de noix "de Saint-Jacques" et préciser le pourcentage d'eau ajoutée.
Il peut aller de 20 à 40 %.
Mais tous les commerçants respectent-ils la règle du jeu ?
Nous décidons de le vérifier en compagnie de notre experte.
Dans une rue commerçante prestigieuse de Paris, nous allons voir les étals bien achalandés de la poissonnerie.
Ici, les noix de Saint-Jacques sont vendues 60 euros le kilo.
Le prix fort.
Mais s'agit-il d'authentiques noix ?

-On soulève l'étiquette et on voit qu'il ne s'agit pas de coquilles Saint-Jacques, mais d'une préparation des Etats-Unis qui a été trempée.

-Mais c'est caché.
On peut dire qu'il y a une intention de frauder le client ?

-On va demander au monsieur.
Bonjour.

-Le poissonnier va d'abord faire mine de ne rien comprendre.

-Celle-là, elle a été trempée.

-Non. Non.

-Elle a été décortiquée...

-Que dit l'étiquette ?
"Préparation avec 20 % d'eau ajoutée.
Il y a 20 % d'eau rajoutée dans la coquille. C'est ça ?

-Le poissonnier doit reconnaître l'évidence.

-D'accord.

-Gêné par nos questions, le poissonnier préfère s'éclipser.

-Le patron arrive à la rescousse.
Pour se justifier, il nous livre une explication farfelue.

-Là, ça dit "préparation", et là, "coquilles Saint-Jacques".

-Mais pourquoi "préparation" ?

-Et que de l'eau a été rajoutée.
C'est écrit. "20 % d'eau ajoutée."

-Là, il y a eu, manifestement, une envie de tromper.

-Et ça coûte cher au consommateur. 
Acheter 1 kg de ces Saint-Jacques à 60 euros revient à dépenser 12 euros pour un simple verre d'eau.
Une arnaque qui n'a rien d'exceptionnel. 
En 2013, ont fait l'objet d'une enquête de la Répression des fraudes.
Dans 1 cas sur 5, les coquilles avaient été trempées. avaient oublié de le mentionner. 
Aujourd'hui, tous les vendeurs de poisson, petits poissonniers ou marques de la grande distribution, promettent fraîcheur, qualité et transparence.
Carrefour met en avant une filière "Origine et Qualité".
Casino s'engage à vendre des produits sûrs, sains et de qualité. Intermarché vante dans la presse la fraîcheur de ses étals.
"De la sardine dans votre assiette en moins de 48 h."
La réalité est parfois moins rose.
En 2010, dans l'est de la France, le rayon poisson d'un franchisé Intermarché s'est fait pincer.
Dans le document interne, il est fait état d'infractions inquiétantes.
"Problème de températures. Produits périmés."
L'ancien chef du rayon poissonnerie de l'hypermarché a accepté de témoigner sous couvert d'anonymat.
Selon lui, il agissait sur ordre de la direction.

-On avait une politique d'éviter la perte sur le libre-service, sur les barquettes sous vide que vous prenez dans les rayons.
On les retire à - 1.
Donc si le poisson est valable jusqu'au 22, on les retire le 21, mais là, au lieu de le jeter, on le plaçait sur l'étal avec un peu d'eau dessus pour que ça brille.
Les clients pensaient que c'était du frais.

-A l'entendre, il arrivait aussi au poissonnier de déguiser les produits périmés pour les vendre à sa clientèle.

-Avec le saumon ou le poisson qui se mélange bien avec les pâtes, il les coupait en dés et les poêlait pour les mélanger avec des pâtes ou les transformait en pavés en ajoutant du fromage et du bacon comme un rôti orloff.
On faisait ça pour que ça passe mieux.
On en était conscients, mais on ne pouvait pas refuser les ordres du directeur.
Si on n'obéissait pas, on était sacqués sur nos horaires ou nos heures supplémentaires n'étaient pas payées.
Ils savaient nous faire obéir.

-Le poissonnier a quitté l'entreprise deux ans après le contrôle.
Nous contactons l'un des responsables de la grande surface.
Il a perdu la mémoire.

-Je voudrais avoir votre retour sur cette histoire qui s'est passée à l'Intermarché.

-Vente de produits périmés ? Je ne vois pas.
A quelle date ?

-24 novembre 2010.

-2010 ?

-Nous lui parlons du document qui mentionne ce contrôle.
Le directeur retrouve ses souvenirs.
Mais il rejette la faute sur le chef de rayon.

-Quel intérêt aurait-il eu à vendre des produits périmés ?

-Je ne sais pas. Peut-être.pour atteindre ses objectifs.

-Selon mes informations, certaines personnes prétendent que vous avez encouragé ces pratiques pour limiter les pertes.

-Bien sûr !
Je vais l'afficher sur ma vitrine. N'importe quoi !
Je suis outré.

-Le directeur nous assure que ces pratiques n'existent plus dans son magasin.
Nous sommes retournés dans l'hypermarché et n'avons constaté aucun problème sanitaire.
En 2012, un autre magasin de l'enseigne est venu écorner les promesses de la publicité.
Le patron d'un Intermarché de Magny a dû verser 1 300 euros d'amende pour vente de produits avariés.
Sur les étals des grandes surfaces, comme des petites poissonneries, nous ne sommes pas à l'abri de mauvaises surprises.
Alors ouvrez l'oeil et le bon.

oOo

Un film de Lamia Belhacene
Journaliste-enquêteur : Antoine Leblanc

 


 

ALDI : La fulgurante ascension d'Aldi,
magasin discount

Arte - Karembolage - Échappées belles - ALDI -Dimanche 16 février à 20h


Revoir sur Youtube au lien :
http://youtu.be/BSIA82IFYO8 (11'13)

Revoir l'émission sur Arte
http://www.myskreen.com/emission/societe/1216017-karambolage/


PRÉSENTATION :

"Karambolage" décrypte les sociétés allemande et française de façon ludique et impertinente.
Au sommaire :
- Le Halver Han, un encas de Cologne
- Les dates inscrites sur les trottoirs parisiens
- La fulgurante ascension de la chaîne allemande de magasins discount Aldi
- La devinette

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Un téléspectateur de Marseille, Vincent Gardounet, nous pose la question suivante : "Je suis allé à Cologne.
"Dans une brasserie typique, j'ai commandé un "Halver Hahn", "un demi-coq.
Savez-vous ce qu'on m'a servi ?
"Un bout de pain et une tranche de fromage.
"Quelle est cette plaisanterie 7"

-Nous avons demandé à Mme Margit Förster, professeur de civilisation contemporaine, de lui répondre.

-Cher monsieur, il ne s'agit pas d'une mauvaise plaisanterie, mais d'un en-cas traditionnel des brasseries de Cologne, où l'on boit d'ailleurs de la Kolsch, la bière blonde de Cologne.

Les Allemands qui ne sont pas de Rhénanie pensent souvent comme vous qu'un "Halver Hahn" serait en fait un demi-coq.
"Hahn", le coq, et "Halber", "Halver", demi, le dialecte local remplaçant souvent le B par un V.
On notera que ce dialecte s'appelle le "kolsch", tout comme la bière locale.
Et ils sont tout étonnés qu'on leur serve juste un petit pain de seigle avec une ou deux tranches de gouda, le tout accompagne de moutarde.
Mais d'où vient cette appellation incongrue ?
Parmi les anecdotes qui circulent sur l'origine de cette expression, j'ai retenu celle-ci : un jour, un client aurait commandé un petit pain avec du fromage.
Une fois servi, il se serait plaint, dans son dialecte.
"Je ne veux avoir que la moitié l"
Autrement dit...
On notera que "haben , avoir", se dit en dialecte "han".
Qui se prononce comme "Hahn", coq .
"Halve han" : avoir la moitié.
"Halbe Hahn" : demi-coq.
Le serveur ne se laissa pas démonter par ce client, coupa le petit pain en deux et appela cette création "Halver Hahn", demi-coq.
Bon, aujourd'hui, on sert ce plat frugal avec un petit pain entier.
Mais le nom, "demi-coq", est resté. Il fait partie du folklore local, les habitants de Cologne étant ravis de lire la déception, ou pour le moins la surprise, sur le visage des touristes.
Voilà, j'espère avoir répondu à votre télespectateur.

-Si vous déambulez dans Paris en regardant vers le sol, vous remarquerez que l'asphalte des trottoirs est date.
Parfois, cette date est incrustée à l'aide d'un tampon.
Parfois la marque semble réalisée à la main à l'aide d'un outil.
Chaque petit rapiéçage d'asphalte se doit d'être marque par l'entreprise qui fait les travaux pour la mairie de Paris.
Le cahier des charges stipule que les revêtements asphaltiques sur trottoir devront comporter la date d'exécution sous la forme jour, mois, année.
Ici, par exemple, le 21 du mois d'octobre de l'année 2005.
Une pénalité est prévue en cas de non-inscription de cette date.
Pourquoi ?
"Pour gérer plus facilement les contentieux ultérieurs", nous précise la mairie de Paris.
Cette façon de faire semble strictement parisienne.
Attention : une fois que l'on a remarqué ces dates, on passe sa vie à les chercher des yeux, un petit jeu qui devient vite obsessionnel.
Volker Saux nous raconte la fulgurante ascension d'une chaîne allemande de magasins discounts, qui est maintenant bien implantée en France également.

-Enfant, quand j'allais en vacances en Allemagne avec mes parents, j'attendais un moment avec impatience : les courses chez Aldi
Entrer dans un de ces supermarchés, qui n'existaient pas en France, à l'époque, c'était pour moi le vrai moment où je passais le Rhin.
Rayons tristes, néons blafards, produits de marques inconnues vendus sur des palettes posées sur un carrelage douteux, caissières rêches tapotant sur leur caisse comme un automate, publicités vantant une vie bon marché, clients scrutant les prix avant de remplir qui son cabas, qui le coffre de sa Mercedes, de yaourts, de café, de saucisses et de bien d'autres denrées à prix cassés.
C'était mon image d'Epinal de l'Allemagne.
On la retrouvait de Cologne à Berlin, de Kiel à Stuttgart.
Et toujours, pour ma part, avec une certaine satisfaction.
Peut-être aussi car je dénichais chez Aldi mes bonbons préférés.
Une marque introuvable en France et à prix si bas que mes parents ne pouvaient pas me les refuser.
Les Français auront probablement du mal à saisir cet attachement à des supermarchés aussi austères.
Les Allemands un peu moins.
Pour eux, Aldi est plus qu'un magasin alimentaire.
C'est un fleuron économique et un symbole national.
L'histoire de la chaîne Aldi est une success story de l'Allemagne d'après-guerre.
Elle est partie d'une épicerie de la ville d'Essen léguée par Anna Albrecht à ses deux fils, Karl et Theo. Ils  ont développé l'affaire en multipliant les magasins et en imaginant dans les années 50 un concept révolutionnaire, le hard-discount.
L'idée était de se démarquer en réduisant les coûts au strict minimum.
Pour y arriver, ils ont tout passé à la calculette.
La dèco ? Superflue.
Les produits frais ? Ils obligent à avoir dé coûteux stands réfrigérés.
Les étiquettes de prix ? lnutiles : les caissières les mémoriseront.
Le personnel ? Minimal, et surtout polyvalent, capable de tenir la caisse comme le balai.
Les frères Albrecht ont limité le choix à quelques centaines de produits de base.
Pas de grandes marques : trop chères.
Ils ont demandé à des fabricants de produire directement pour eux des produits vendus sous des noms de marques créées pour l'occasion.
L'enseigne fut baptisée Aldi, pour "ALbrecht Discount".
Dans l'Allemagne  d'après-guerre, ces prix cassés tombaient à point.
Les Aldi se multiplièrent.
Les deux frères se partagèrent le marché.
Le nord du pays revenait à Theo, et les magasins du sud, à Karl, sous le nom "Aldi Sud".
Actuellement, il y a environ 4 300 magasins Aldi en Allemagne.
Plus un grand nombre à l'étranger, en Europe, notamment en France, en Australie et aux USA. Aujourd'hui, Aldi est devenu le magasin de tout le monde.
On y croise l'étudiant fauché comme le cadre sup.
Tous les Allemands y ont déjà mis les pieds.
On a vu des célébrités confesser leur amour pour Aldi, et même le sac plastique frappe d'un A a été détourné en accessoire branché.
Il s'est développe une sorte de relation fusionnelle entre l'Allemagne et ces temples de l'efficacité et de l'économie.
Aldi est le symbole d'une vie simple et sans plaisir superflu.
Ce qui colle bien à un certain esprit allemand.
"Aldi, c'est l'Allemagne, l'Allemagne, c'est Aldi", a un jour écrit le "Spiegel".
Le modèle a été imité.
Le hard-discount est devenu la norme, outre-Rhin, où il détient 40% de parts de marché, contre 10 à 15% dans l'Hexagone.
Et cette religion du discount, du toujours moins cher, s'est étendue à d'autres services, en Allemagne comme ailleurs, initiant une révolution dans la consommation qui a même un nom :  la « Aldisierung », la « Aldisation ».
La saga Aldi a son revers.
Avec le temps, l’entreprise est devenu un empire tout puissant obsédé par le contrôle.
La presse parle souvent des cadences infernales des salariés, de la pression exercée par les managers, des relations à sens unique avec les fournisseurs, etc.
Il y a plusieurs codes-barres sur les emballages pour que les caissières ne perdent pas de temps à les tourner.
Si cette question a profité au client, elle a évidemment d’abord enrichi Theo et Karl Albrecht, qui sont devenus les hommes le plus riches d’Allemagne.
Depuis le décès de Theo, en 2010, Karl à plus de 90 ans, reste seul la première fortune du pays.
Mais qu’on ne s’attende pas à le voir flamber sur les plages de la Riviéra.
Les frères Albrecht sont restés, à l’image de leur enseigne, d’une austérité inégalable, si secrets et effacés qu’on connait à peine leur visage.

La devinette…

 

 


 

Inde : LE KERALA
(Échappées belles)

France 5 - Reportages - Échappées belles - LE KERALA - Samedi 15 février à 20h37


Revoir sur Youtube au lien en version VFST :
http://youtu.be/HoTemD_55RI (1h30'41'')


Revoir l'émission sur France 5
http://pluzz.francetv.fr/videos/echappees_belles.html (1h30'41'')


PRÉSENTATION :

Reportages :
. Le Kerala - Ashram : la sagesse d'Amma - Vivre dans les backwaters - L'éléphan roi - Le Kallarypayat - Danse avec les dieux -
. Le feuilleton : Brésil, sur la route des ressources du géant vert (épisode 2)

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION (en partie : "Ashram : la sagesse d'Amma") :

à 10'39'' :

-Si tu veux connaître l'Inde, il faut commencer par un ashram.
C'est un lieu spirituel où l'on fait un travail de transformation de notre conscience.

-C'est typiquement indien ?

-Oui. L'Inde est le seul pays à avoir consacré les 5 000 dernières années à cette quête de soi.
On peut aller voir un ashram et rencontrer un "swami".

-Un "swami", c'est un maître spirituel.

-Avec plaisir !

-Vous êtes dans l'ashram fondé par le gourou Sri Narayana.
Nous sommes une centaine de sages ici, reconnaissables à leurs toges.

-Il y a beaucoup d'ashrams en Inde. Celui-là est particulier ?

-Nous exprimons nos idées en termes de spiritualité et non en termes de religion.
Quoi que vous enseigniez, si c'est lié à la religion, ça n'apportera pas de solution, mais seulement des problèmes.
En général, la religion s'intéresse au passé ou au futur.
Elle ne se soucie pas du présent.
Les pensées vous tirent vers le passé ou le futur.
Sans l'interférence des pensées, vous pouvez être dans le présent.

-Comment on arrive à savourer, sois là.
Quand nous écoutons la musique du chant des oiseaux, nous sommes dans le présent et ça nous rend heureux.
L'intention des oiseaux n'est pas de vous rendre heureux.
Vous l'êtes parce que vous écoutez.
Quand vous écoutez, les pensées ne vous envahissent pas.

-On apprend ça ici ?

-Oui. C'est là-dessus que nous mettons l'accent.
Il y a beaucoup de gens, en Inde, qui sont attirés par cette idéologie.
Ça concerne aussi des gens à l'étranger: au Royaume-Uni, aux USA, au Japon, à Singapour, même à Londres.

-C'est ici que le corps du gourou est enterré ?

-Oui. Juste en dessous.

-C'est comme un dieu vivant. C'est un lieu de pèlerinage.
Les gens font des dévotions et ce n'est pas une religion ?

-En priant, ils reçoivent l'aide du gourou, c'est tout.
Ça ne veut pas dire qu'ils sont religieux. 
Essayer de résoudre les problèmes n'est pas forcément une démarche religieuse, car c'est ce que chaque être humain fait.
Tu ne peux pas limiter ça à un acte religieux.

-Quelle était la philosophie du gourou ?

-Il y a une caste, une religion, un dieu.

-En Inde, ce discours est révolutionnaire.

-Oui. Ça a créé une révolution ici, en Inde.

-Que font-ils ?

-Ils attendent pour manger.

-C'est un repas gratuit?

-Presque gratuit. Une petite somme est versée pour le rituel, mais le repas est gratuit.

C’est beaucoup ! C'est très épicé.

-Houlà !

-Favorise celle-ci.

-Oh !! Ouf !!

Rires.

-C'est pas très drôle !

-On est dans une école d'infirmières qui dépend de l'ashram.
Il y a beaucoup d'écoles comme ça ?

-Oui, il y a des écoles d'informaticiens, de docteurs, tous les domaines de la vie.

-C'est une société dans la société.

-On peut dire ça.

-C'est très bien organisé.

-Au bout de 150 ans, l'organisation est devenue bien structurée et volumineuse.

-Tu crois au gourou Narayana ?

-Il ne faut jamais croire à un maître.
Croire, c'est toujours aveugle.
J'accepte ses enseignements comme valides et utilisables dans ma vie.
C'est une réforme que Narayana Guru a apportée à l'hindouisme, car le maître a dit: ne faut pas construire de temples, "mais des écoles."
Chaque individu qui sort de son ignorance dégage de la puissance de la connaissance.

-L'histoire mystique de l'Inde est riche de récits contant la sagesse maîtres spirituels ou de gourous, semblant établis sur un autre plan de conscience que le commun des mortels.
Aujourd'hui encore, beaucoup partent en quête de ces êtres d'exception.
On dit qu'il y aurait, au sud du Kerala, une femme connue pour sa grandeur d'âme : Amma.

-Je suis là pour servir le monde.
Ma mission est de faire connaître aux gens leur vraie identité. 
Ils ne sont pas des îles séparées, mais les maillons d'une chaîne.
Si vous repartez avec de l'amour, vous le transmettrez près de vous.
Souvent, nous aimons les objets et utilisons les gens.
Ça doit être l'inverse : aimer les gens et utiliser les objets.
Quand les gens se rencontrent, il faut aussi que les cœurs se rencontrent.

-Ni gourou, ni maître spirituel, Amma est plutôt un mahatma, une grande âme vivante.
Elle n'enseigne pas la religion, son action est centrée sur le "darschan", terme sanskrit désignant un moment de contact visuel avec un maître spirituel.
Amma peut passer 17 heures à parler à ses dévots, à les écouter et à les étreindre.
En 40 ans de "darschan", Amma aurait embrassé 33 millions de personnes dans le monde.

-Nous avons montré les photos du mariage de notre fils qu'il a fait ici, avec Amma.
Je lui ai montré aussi la photo de mon père et ma mère et de mon ami qui est malade.
Maintenant, il va remonter beaucoup.

Prières.

-Amma aime le monde.
Jésus-Christ a dit : "Aime ton prochain comme toi-même."
La philosophie hindouiste affirme que le Créateur et la création ne sont pas séparés.
De même que les vagues et l'océan ne font qu'un.
Et puisque nous ne sommes qu'un, aimons-nous les uns les autres, c'est la philosophie d'Amma.

-Sans s'arrêter une seconde, Amma a étreint ce jour 1 000 personnes en accordant pour chacun la même attention.
Une résistance et une dévotion envers les autres qui forcent l'admiration de tous.

-Je ne suis pas un instrument qui a besoin d'une batterie. Je suis connectée à la source. Je ne suis pas identifiée à mon corps, mais à la conscience universelle éternelle.
Je ne sais pas comment cela sera demain.
Je ne demande pas aux gens de me servir ou qu'ils changent leur religion, seulement de donner un peu d'amour autour d'eux.

... à 21'13''

 


 

João de Deus
Le guérisseur qui fait peur

Canal + Documentaire "L'Effet Papillon" Samedi 1er février à 12h20

Photo



Revoir sur Youtube au lien :
http://www.youtube.com/watch?v=isw210xq2Dw (8'37)
 

Revoir l'émission sur Canal plus :
http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3356-c-effet-papillon.html?progid=1006200 (22'58)

 

Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152204098714932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=3&theater


PRÉSENTATION :

João Teixeira de Faria (aussi appelé João de Deus, « Jean de Dieu », né le 24 juin 1942, est un guérisseur, « chirurgien psychique » et médium brésilien.
Il pratique à Abadiãna, une petite ville près de Brasilia.

Il est connu pour avoir reçu des centaines de milliers de personnes en quête de guérison.
(
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jo%C3%A3o_Teixeira_de_Faria )

L’effet papillon, présenté par Daphné Roulier, le magazine de référence de l‘actualité internationale.
Un concentré d’images et d’infos pour une vision dynamique du futur !

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION (en partie) :

Nous voilà de retour sur le plateau de "L’effet Papillon". Direction le Brésil, au milieu de nulle part.
C'est là que des milliers de pèlerins, célèbres ou anonymes, se pressent depuis 35 ans en quête d'une guérison.
Tous attendent un miracle de Jean de Dieu, l’homme qui prétend guérir les cancers, le sida et les maladies les plus incurables en un tour de main.
Il opère en transe, sous l'œil du Divin, sans asepsie, devant un public.
Le spectacle est gratuit, mais pas forcément anodin. Jean de Dieu…

- Abadiânia, 12 000 habitants.
Un trou perdu au centre du Brésil, à plusieurs de centaines de kilomètres des plages touristiques du pays.
Et pourtant, ils sont des dizaines de milliers à venir ici chaque année attirés par de soi-disant miracles.
Tout de blanc vêtus, comme l'impose le rituel, ces touristes un peu particuliers viennent à la rencontre d'un gourou, João Teixeira de Faria, alias João de Deus, Jean de Dieu.
Un guérisseur divin, rien que ça.

SOPHIE :- Je viens dans l'espoir d'une guérison.
Dès la première fois, j'ai senti une guérison, vraiment.
Les symptômes de guérison se sont montrés petit à petit.

- Comme Sophie, qui vient pour la deuxième fois, tous sont là pour se faire soigner par Jean de Dieu. L'organisation est bien huilée.
Des dizaines de personnes bénévolement encadrent les nouveaux venus.

-attendre.
Ceux qui viennent pour la seconde fois, c'est Ià-bas.
Ils vous appelleront après.

- Ceux qui viennent pour la première fois sont prioritaires.
Les invalides eux sont installés au premier rang, évidemment.
Il règne une ambiance de recueillement, avec musique douce de circonstance, seulement troublée par le cliquetis de l'appareil qui compte le nombre de croyants qu’il y a dans la salle comme dans les avions.
En attendant la venue du Messie, ses disciples font de la pub.

NORBERTO QUISTE :- Maître João est un mentaliste.
Si vous voulez plus d'informations, vous pouvez acheter le livre qui est Ià-bas, à la librairie.

- Business toujours. 
João de Deus, 71 ans, le voici.
L'homme qui est censé les guérir.
Il n'est pas médecin, mais il pratique des opérations.
D'un seul regard, il prétend diagnostiquer les maladies.

JOÃO DE DEUS :-Ici nous prêchons la foi.
Cette mission de guérison m'a été confiée quand j'avais 8 ans.

- charlatanisme et mysticisme sont les deux mamelles de son business.
La preuve en image...
Il assure qu’elle a une tumeur, que Dieu la lui a montrée.
Il va l’opérer immédiatement, ici-même.
Une bonne façon d'impressionner ses ouailles, le show commence avec une prière.

Ils prient.

- Ensuite, João s'adresse à son assistant traducteur.

JOÃO DE DEUS :-Où vit cette jeune femme ?

- Où vivez-vous ?

- Aux Etats-Unis, mon père. 

JOÃO DE DEUS :- Après, si elle veut faire des examens chez elle, aux Etats-Unis ou ici, elle peut les faire.
Elle verra que ce qui est en elle aura disparu.

- Il pratique une incision sans anesthésie, sans aucune précaution sanitaire. 

JOÃO DE DEUS :-Regarde, ma fille, je te montre la couleur obscure du sang.
Cela s'écoule.
J'ai ouvert et il n'y aura plus rien.
C'est fini.

- Et comme dans tout bon spectacle de music-hall, il fait appel au public. 

JOÃO DE DEUS :-Il y a un médecin dans la salle ?

- Une femme monte sur scène, elle est soi-disant médecin. 

JOÃO DE DEUS :-C'était une grosse tumeur …

-On ne pourra pas lui parler, impossible de savoir si elle est vraiment médecin ou si elle travaille avec le gourou.

JOÃO DE DEUS :-Tu as trouvé quelque chose ?
Dis à mes fils qu’il n’y a plus la moindre grosseur.

- Elle ne présente plus de grosseur.

- Evidemment. Alléluia ! Le show est terminé.
La jeune femme est emmenée pendant 24 heures à l'intérieur de la maison…
Nous ne serons pas autorisés à la revoir. Au suivant.
Ça continue ainsi toute la journée.

JOÃO DE DEUS :-Ceux qui veulent entrer et recevoir ces prescriptions au nom de Dieu peut entrer.
Ici, c'est un nettoyage spirituel avant votre opération.

- On nous a interdit d'aller dans les salles où sont traités les patients.
João de Deus tient à ses petits secrets.
Il revendique 9 millions de personnes guéries avec l'aide de Dieu, donc…
Qui fait filmer ses opérations pour ensuite les poster sur internet. Succès et pub assurés.

- Il affirme avoir soigné Lula, l'ancien président brésilien, et même la présentatrice nord-américaine a passé quelques jours avec João pour finaliser un reportage sur la guérison spirituelle.

- C'était incroyable. Bouleversant.

- Mais faire croire aux gens qu'ils sont guéris alors qu'ils ne le sont pas, c'est dangereux.
En 2012, Martha Rauscher, une Autrichienne de 58 ans, est morte d'un AVC après avoir fréquenté la villa de Jean de Dieu.
Et en 2003, Javier Bustus, un Américain atteint du sida, a arrêté de prendre ses médicaments après avoir vu le gourou brésilien.
Il en est mort.
Il n'y a eu aucune poursuite.
Mais depuis, le guérisseur invite ses patients à ne pas interrompre leurs traitements médicaux.

 


 

OSTÉOPATHIE, ACUPUNCTURE
Comment ça marche ?

Samedi 25 janvier 2014 - France 3, dans la série "C'est pas sorcier" à 10h50

Photo


Revoir l'émission avec Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=pSf6pJFwQJM (26'06)


 



PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION :

Longtemps discréditées, certaines médecines dites « douces » ou « alternatives » sont aujourd’hui reconnues et réglementées en France. L’ostéopathie traite les douleurs articulaires ou le mal de dos.
L’acupuncture, pratiquée dans le traitement des douleurs chroniques, de certaines allergies ou de nausées, a comme particularité de soigner le corps dans sa globalité et non pas organe par organe.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION (en partie) :

Transcription succincte présentée à partir de la 4ème minute :

-Penchons-nous maintenant sur le lumbago de Marcel.
Cette pathologie touche les vertèbres lombaires.
Comme les autres, elles sont reliées entre elles par des articulations et des ligaments.
Elles sont également séparées par des disques.
Ils agissent comme des coussinets amortissant les chocs, comme quand on marche.
Cette structure est fragile. Si on force trop, on peut facilement l'endommager.
Quand on se penche, par exemple, sans plier les genoux, les efforts sont concentrés ici.
Les disques subissent une énorme pression.
Les muscles doivent résister au poids du corps et au poids de l'objet.
On risque une déchirure. Au niveau d'un disque, des muscles, des ligaments.
Une mauvaise posture répétée, quand on se tient mal à table, par exemple, à son bureau, entraîne une surcharge sur les disques ou sur les articulations et les muscles.
Avec les années, les disques peuvent aussi se tasser.
Ces événements vont générer des douleurs et provoquer par réaction la contraction des muscles du dos, entraînant de nouvelles douleurs et empêchant certains mouvements.

-Et alors ?

-Il faut faire attention, adopter les bonnes postures, se baisser en pliant les genoux.
Si le mal est fait, il faut consulter. En médecine générale, on va utiliser des médicaments.
Ils vont décontracter les muscles ou réduire l'inflammation des ligaments ou lutter contre la douleur. 
L'ostéopathe, lui, va détendre les muscles et redonner à la structure de la mobilité.

-Il y a plusieurs techniques. Massages profonds, tractions, torsions.
L'ostéopathe a parfois des gestes rapides, mais il ne force pas.
Ses torsions respectent les limites naturelles du corps.
Pour limiter les risques, un certificat médical de non contre-indication est exigé pour toute manipulation des cervicales.
Et pour toute manipulation du crâne et du dos chez les bébés de moins de 6 mois.

-Il y a des pièces osseuses qui sont encore en développement qui peuvent se retrouver impactées du fait d'un accouchement long, difficile.
Avec moins de mobilité à ce niveau-là, ça peut aller dans le sens de soucis type otite.

-En tout cas, ces manipulations ne semblent pas déranger bébé.

-Voyons l'effet que peut avoir le pied sur une douleur du bassin ou des lombaires.

-Ça va, Fred ? Tu fatigues pas trop ?

-Je suis devenu cobaye. Ça tombe bien, j'avais mal au dos.

-Mais on te manipule la cheville.

-C'est normal. L'ostéopathie ne se contente pas d'agir là où ça fait mal.
Elle dresse un bilan pour voir si le mal ne viendrait pas d'ailleurs.
Par exemple, une douleur lombaire peut venir d'une vieille entorse. C'est pour ça qu'ils sont sur mon pied.
 
-Une entorse, soit un étirement, voire une déchirure d'un ligament, peut entraîner "un grippage » de l'articulation.
Le tibia adopte alors une mauvaise position.
Il entraîne avec lui le fémur qui prend aussi une mauvaise position, ça tire sur le bassin et ce sont les lombaires qui trinquent.
Là, l'ostéopathe va agir sur les lombaires et va manipuler la cheville pour supprimer l'origine du mal.

-Une mauvaise position de la mâchoire peut avoir un effet sur le cou, le dos. 
L'ostéopathe examine l'ensemble du corps.
A l'aide de ses mains, il va rechercher les causes anciennes qui ont créé les douleurs actuelles.

-Dans cette école, les élèves peuvent mettre en application tout ce qu'ils apprennent auprès de véritables patients sous l'œil de leur professeur. Pourquoi êtes-vous là ?

-Un mal au ventre.

-L'ostéopathie ne s'applique pas qu'aux os, articulations et muscles, parfois aux viscères.
Mais elle ne traite pas n'importe quel mal.

-Absolument. L'ostéopathie peut traiter les douleurs digestives, on trouve dans ce cas une douleur liée à l'estomac, dès lors qu'il n'y a pas une pathologie organique de type ulcères, gastro-entérites, cancers, toutes ces pathologies qui méritent d'être "bilantées" par un médecin dans ce cas-là.

-Sur quoi intervenez-vous ?

-Sur le résultat d'un stress qui va perturber un état d'équilibre chez le patient.
Un état des lieux de la sphère digestive indique si les éléments glissent bien à travers des enveloppes.
Car ces fascias sont des structures qui jouent un rôle phénoménal et considérable.
Si ces fascias sont pris dans une contrainte mécanique, l'organe se trouve isolé et travaille mal.

-Donc là, il s'agit d'un mal de ventre lié au stress. Mais parfois, il peut être lié à un mal de dos.

-C'est simple. Tout est lié.
Voyons ce qu'il a dans le ventre et la tête.
Le cerveau donne des ordres aux organes qui renvoient des données au cerveau.
L'estomac envoie au cerveau des données sur son état  via un nerf qui rejoint la moelle ici, aux lombaires, puis qui remonte jusqu'au au cerveau.
Or les messages provenant des vertèbres lombaires empruntent le même chemin jusqu'au cerveau.
Il peut donc y avoir confusion.
Le siège de la douleur peut se situer au niveau des lombaires, mais le cerveau l’interprètera comme étant au niveau de l'estomac.
A l'inverse, une tension stomacale sera interprétée comme un mal au dos.
C'est pourquoi l'ostéopathe manipule les fascias entourant l'estomac pour soulager un mal de dos.
 
-Qu'il travaille sur le dos, les viscères, l'ostéopathe peut traiter des problèmes d'estomac si la cause est mécanique.
Certains ostéopathes traitent aussi des maladies ORL.
En manipulant les os de la face, ils favoriseraient un meilleur drainage des sinus. De même, agir sur le thorax soignerait certaines crises d'asthme.
Mais l'efficacité de l'ostéopathie dans ces domaines reste contestée.

-Vous avez des sensations ? Bon, très bien.

-Mais que fais-tu, Fred ?

-Je mobilise mes énergies.

-Tu fais quoi?

-Oui, je travaille la circulation de mes énergies en pratiquant le Qi gong.

Il expire.

-C'est une discipline de la médecine traditionnelle chinoise.
Selon cette médecine, les douleurs ou les maladies sont généralement dues à une mauvaise circulation des énergies.
Peut-être ce qui arrive à Marcel. Il devrait pratiquer le Qi gong.

-Tu entends, Marcel ? D'après la tradition orientale, le corps est parcouru par deux types d'énergie. C'est le concept du yin et du yang.
On parle aussi d'énergies positive et négative. Mais il n'y en a pas une bonne et une mauvaise.
Ces deux énergies s'équilibrent comme les plateaux d'une balance. D'après la médecine chinoise, la maladie serait due à un excès, un déficit ou une mauvaise circulation de ces énergies, ce qui provoquerait un déséquilibre.
Ce concept est d'autant plus difficile à comprendre que ces énergies circulent le long de 12 méridiens principaux.
Ils n'existent pas matériellement.
Rien à voir avec les vaisseaux sanguins, par exemple.
Ces énergies voyagent librement dans le corps en passant à travers les tissus de l'organisme, mais en suivant le même itinéraire spécifique connu depuis des lustres.
Trois méridiens partent de la paume et remontent  jusqu'à l'épaule. Main droite et main gauche. Trois autres partent du dos de la main, à gauche et à droite. Trois méridiens partent du dessus du pied et trois autres circulent à l'arrière, à l'intérieur et sur le côté de la jambe.
Au total, on a bien 12 méridiens de chaque côté qui fonctionnent par paires.
Chaque méridien part d'une extrémité du corps et se prolongé jusqu'aux viscères en irriguant tous les organes qu'il croise.

-J'ai ce qu'il faut pour Marcel. Des aiguilles ! Tu sais pour quoi faire ?

-Des piqûres.

-Mais celles-ci  servent à faire de l'acupuncture. Il y a un cours.
L'acupuncture est une discipline médicale qui existe depuis des millénaires en Chine.
Aujourd'hui, en Occident, on l'enseigne dans certaines facultés de médecine.
Le principe consiste à prévenir ou à soigner certains maux en plantant des aiguilles le long des méridiens, sur des points précis. Il y en a environ 800.
On peut agir, par exemple, sur les douleurs dorsales. Mais aussi sur bien d'autres maladies.

-Si la médecine occidentale traite les organes un à un, la médecine chinoise soigne tout le corps et s'intéresse aux flux énergétiques qui passent par les points d'acupuncture dont les premiers ont été définis il y a 5000 ans.

-Les Chinois ont observé que tout trouble interne du corps, tout dysfonctionnement d'un organe, va se manifester par l'apparition de zones de sensibilité en périphérie cutanée, qu'on peut découvrir par la pression du doigt.
Du coup, ils ont eu l'idée d'utiliser ces zones réflexes en les stimulant et ils ont constaté que, très souvent, les troubles disparaissaient.

-Constatant que des points étaient reliés entre eux, les Chinois ont tracé les méridiens.
L'acupuncture s'appuie sur la prévention.
D'ailleurs, jadis, les Chinois payaient le médecin pour être maintenus en bonne santé.
Pour conserver une bonne circulation de l'énergie, ils pratiquent Qi gong, Tai-chi-chuan, Kung-fu.

-En France, l'acupuncture ne peut être pratiquée que par des médecins qui, donc, disposent d'un diplôme de médecine.
Souvent, ce sont des médecins généralistes formés à l'acupuncture. Comme ici.
Bonjour, Dr Dubois. Je peux me permettre ?

-Bonjour.

 

-Expliquez-moi. Face à un patient, en quoi diffère l'approche entre un généraliste et un acupuncteur?

-Cette dame souffre d'une Iombosciatique. Je vais tenir compte de son passif énergétique, c'est-à-dire de tout ce dont elle a souffert depuis 20 ou 30 ans.

-Oui.

-C'est lié. L'art de la médecine chinoise consiste à établir des relations entre les informations obtenues.

-Il y a un examen, avant, pour faire le diagnostic.

-Bien sûr. Nous faisons un examen comme nous l'avons appris à l'université et à l'hôpital.
Avec la médecine chinoise, nous allons engager une procédure en plus.
Nous procédons en 4 temps. 1er temps, c'est l'inspection. Le 2ème temps, c'est l'interrogatoire. 3ème temps, on met en œuvre l'audition et l'olfaction. 4ème temps, c'est la palpation.
Grâce à ces 4 temps de l'examen, on peut réunir des signes qui permettront d'établir un diagnostic énergétique.

-L'acupuncteur prend le pouls à 12 endroits différents du poignet.
Il regarde l'aspect de la langue et la température du corps.
Il détermine ainsi la nature de la pathologie, yin ou yang, excès ou manque et sa localisation.
Il n'y a plus qu'à piquer au bon endroit.

-Alors V25, V26, V40.

-Tu joues à la bataille navale ?

-Pas du tout. Ces points permettent de traiter la Iombosciatique de madame.
Alors quand on parle de V40, quand on met une aiguille là, ça fait quoi ?

-Alors ce point V40 commande les douleurs du bas du dos.
C'est un des 4 points les plus importants du corps.
C'est un point à distance que l'on combine avec des points locaux qui vont aussi agir.

-Alors V26 et V25 sont sur le même méridien.

-Oui. Nous sommes sur le trajet de ce méridien.

-V25, V26, V40 sont sur le même méridien. Mais il y a d'autres aiguilles.

-En effet. Ce point stimule l'énergie yang du corps. Là, ça correspond à la vésicule biliaire.

-Combien d'aiguilles maximum ?

-On peut en mettre. On en met 5, 10, 12 en général. C'est le nombre le plus courant.

-Selon la médecine chinoise, la maladie a plusieurs origines.
Alimentaire: excès de gras ou d'acides. 
Climatique : excès de froid ou de chaleur.
Emotionnelle ou due à un traumatisme. 
Dans tous les cas, elle provoque un déséquilibre entre les énergies yin et yang.
Prenons un mal de dos avec un déficit d'énergie au niveau des reins. En plus, ce mal est renforcé par un excès de froid. Tout cela affaiblit le yang qui est une énergie chaude.
L'acupuncteur agit sur les points d'acupuncture car ils sont situés à l'interface entre l'extérieur et l'intérieur de l'organisme.
Ainsi, il va pouvoir débloquer et corriger ce déséquilibre en apportant ou en évacuant de l'énergie.
Pour le malade qui souffre d'un mal de dos, l'acupuncteur va agir sur le méridien de la vessie, d'abord en piquant au niveau du genou.
Cela permet d'évacuer l'excès de froid. Il agit aussi sur un point de la zone lombaire, tonifiant le rein.
En piquant la cuisse, il débloque les énergies.
L'acupuncteur peut aussi agir sur le méridien de l'estomac, renforçant l'énergie yang, ou sur celui du rein, soulageant la douleur.

-Les acupuncteurs chinois pratiquent aussi la moxibustion.
En Occident, 2 variantes existent : l'auriculothérapie, qui consiste à piquer l'oreille. Et la réflexologie plantaire où l'on pique la plante des pieds. Depuis ces zones, on agirait sur chaque organe. Mais aucune preuve scientifique n'existe.

-Ça y est?

-Oui.

-J'ai rien senti.

-Non. A la pose, on ne sent rien, mais ensuite, on stimule un peu l'aiguille pour provoquer une sensation garante de l'effet thérapeutique.

-En tout cas, c'est confortable.
Jamy, que se passe-t-il quand on pique ?

-Pour la médecine chinoise, l'aiguille agit sur les énergies.
Pour la médecine occidentale, l'aiguille déclencherait la production de substances sédatives.
Si vous approchez la main d'une flamme, vous la retirez par réflexe.
Puis vous avez mal. Le message de douleur est canalisé par des neurones qui remontent jusqu'au cerveau.
Ce message circule sous forme de signal électrique le long des neurones et sous forme chimique entre les neurones.
Cela dit, le cerveau va atténuer la douleur.
Quand l'information arrive au cerveau, l'hypothalamus produit des endorphines qui se fixent à l'extrémité des neurones et qui gênent le passage du message de douleur.
Certains scientifiques pensent que l'aiguille déclenche la libération d'endorphines.

-Le mode d'action de l'acupuncture n'est pas parfaitement compris.
Cela ne veut pas dire que c'est inefficace.
D'ailleurs, l'OMS a établi, depuis 1979, une liste de 43 maladies susceptibles d'être traitées par acupuncture.
Mais la difficulté de cette médecine, c'est de prouver son efficacité.

-Pour cela, il existe des procédures.
Prenons un médicament.
Pour savoir s'il est efficace, on constitue 3 groupes de patients.
Un groupe va prendre le médicament et un autre, un placebo, donc un comprimé à base de sucre.
Tous ignorent à quel traitement ils sont soumis.
Le 3ème groupe ne prend rien.
Puis on observe les résultats. Les médicaments ont toujours un effet  psychologique.
Le placebo a ainsi un petit effet sur le groupe auquel on l'a administré.
Un médicament doit avoir davantage d'effet.

-Comment on fait un placebo en acupuncture ?

-Eh bien, C'est un peu le même principe.
Dans un cas, on utilise de vraies aiguilles.
Dans l'autre, ce sont des aiguilles rétractables ou on pique à côté.
Pour certaines pathologies, on obtient plus de résultats avec la première solution.

-Selon des études, l'acupuncture pourrait soulager le dos ou le genou.
Elle stimulerait même la production d'anti-inflammatoires naturels.
Et on l'utilise dans certains services hospitaliers.
Elle est apparue aussi dans des maternités, notamment pour favoriser le retournement du bébé.

-On traite les femmes entre les 32èmes et 35èmes semaines.
On obtient 83 % de bébés qui se retournent quand la nature en obtient 49 %.

-La haute autorité de santé n'a pas donné d'avis sur ces pratiques, mais reconnaît l'efficacité de l'acupuncture pour les nausées ou certaines allergies.
L'emploi d'un placebo en acupuncture manquant de fiabilité, son effet réel reste difficile à valider.

-Pour revoir cette émission et avoir d'autres informations, retrouvez-nous sur notre site Internet : www.cestpasorcier.com




 

QUE FAIRE ?
Réponse de Claude bourguignon et Lydia Bourguignon

Mercredi 8 janvier 2014 - Arte , dans la série "Que faire" à 7h30

Photo

 

Revoir l'émission avec Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=CBOvElIlrxw (12'25)

 

ou revoir avec Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x19e8vp_que-faire-arte-reponse-de-claude-bourguignon-et-lydia-bourguignon-08-01-2014_tech (12'24)

Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152179742219932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=1&theater


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION :

CLAUDE BOURGUIGNON ET LYDIA BOURGUIGNON
Des personnalités exposent leurs idées pour sauver la planète.
Aujourd'hui : les ingénieurs agronomes Claude et Lydia Bourguignon, fondateurs du Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols, promoteurs d'une agriculture propre et durable.

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION (en partie) :

Transcription succincte présentée par Le Club Médiapart au lien
http://blogs.mediapart.fr/edition/vert-tige/article/090114/dans-la-serie-que-faire-darte-aujourdhui-claude-et-lydia-bourguignon
Écrit par Corinne N.

" - Remettre de la matière organique dans les sols.

- Arrêter le labour profond, les engrais chimiques et les pesticides qui tuent l'humus, les insectes et la terre.

- Favoriser le "semis direct sous couvert", c'est-à-dire laisser les pailles après les récoltes sur le sol, semer des plantes qui amèneront de l'azote naturel, les écraser avant de semer la culture suivante.

- Recréer un équilibre "agro-sylvo-pastoral" propice au développement et au maintien de la bio-diversité.

- En tant que citoyen, réclamer l'arrêt des subventions publiques à l'agriculture chimique pour la réserver à l'agriculture bio."

(...)

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES APPARUS PENDANT L'ÉMISSION :

Maître es sciences et technicien en œnologie, Lydia Bourguignon collabore avec son époux Claude, ingénieur agronome et microbiologiste des sols.
Très tôt, le couple a dénoncé la dégradation rapide de la biomasse et de l’humus des sols agricoles européens, qui entraîne une perte massive de productivité.
Leur Laboratoire d’Analyses Microbiologiques des Sols, fondé en 1990, propose des méthodes alternatives pour revitaliser les sols morts et instaurer une agriculture durable.

Analyse du sol, février 2013, Segré, Pays de la Loire, France…

Conférence ‘‘Préserver ma vie des sols’’, Acigné, Bretagne, France, Octobre 2012.

 

Court métrage :

  • Origine : ARTE
  • Pays : Allemagne
  • Année : 2012

 

 

COMPLÉMENT D'INFORMATION PAR LE CLUB MÉDIAPART :

Les sols qui nous nourrissent.
Les soins que nous devons apporter aux sols par Claude et Lydia Bourguignon au lien :
http://www.espritdavant.com/DetailElement.aspx?numStructure=79255&numElement=173396&numRubrique=463786

 

COMMENTAIRES SUR ARTE au lien :
http://www.arte.tv/guide/fr/047960-005/que-faire

LYDIA & CLAUDE BOURGUIGNON SUR FACEBOOK :
https://www.facebook.com/pages/Lydia-Claude-Bourguignon/269937019709801?

Site du Laboratoire Analyses Microbiologiques Sols (LAMS) au lien :
http://www.lams-21.com/artc/1/fr/

 

Un dessin d'actualité par Stef sur Wiki : http://dessinsdactualite.wiki-fr.net/news.php?id=28
Stop à l'agriculture intensive ! (reproduction autorisée ici - Stef est sur Facebook)
Stop à l'agriculture intensive... Restaurons nos terres !!!
"L'agriculture intensive tue nos terres.
Des solutions sont envisageables.
Le semi direct sous couvert est une piste."

AVEC
un documentaire paru sur France 3 (11 mars 2011) :
Voyage en sol et terre ! Claude et Lydia Bourguignon (53'45) au lien :
http://www.youtube.com/watch?v=8KMqAqF_HvE
Descriptif :
Claude et Lydia, ingénieurs agronomes, suivent un idéal écologique...
Claude et Lydia Bourguignon, ingénieurs agronomes, proposent de revisiter toute une série de pratiques agricoles...

Présentation du documentaire par France 3 :
Claude et Lydia Bourguignon, ingénieurs agronomes, se sont connus à l'INRA de Dijon il y a près de vingt ans. En désaccord avec l'orientation des recherches en matière agricole, ils ont créé leur entreprise : le LAMS (Laboratoire d'Analyse Microbiologique du Sol). Ils étudient le sol plus encore que la terre et passent les deux tiers de l'année à le fouler en France et à l'étranger. Ils observent, sentent, goûtent la terre avant d'en extraire des échantillons sur lesquels ils effectuent des réactions chimiques sur place pour en définir la composition avant de les étudier au microscope dans le coffre de leur véhicule et de les ensacher pour une observation plus précise dans leur laboratoire en Bourgogne. 
Ces deux quinquagénaires ne ressemblent pas à ce que l'on pourrait attendre de la part d'un couple de chercheurs scientifiques. N'appartenant à aucune institution, ils monnaient leurs services en échange d'un résultat. Leurs clients sont des céréaliers, maraîchers ou vignerons, ils font appel à eux pour une analyse du sol de leur exploitation et pour leur conseil en vue d'une bonne conduite culturale. Leur objectif est de réaliser des économies d'intrants (produits phytosanitaires et engrais chimiques), de temps de travail ou tout simplement de récolter des produits de meilleure qualité. 

Claude et Lydia prônent le développement, la diversification des cultures et des semences, des écosystèmes naturels et encouragent les techniques de culture douces sans labour dans un seul but : garder un sol vivant ou redonner vie à un sol biologiquement mort. 
Le combat qui les guide : comment nourrir les habitants de la planète sans tuer le sol. 
Ils passent l'essentiel de l'année sur la route en France, dans les pays européens voisins mais aussi sur d'autres continents. Ils donnent des conférences à des assemblées de professionnels, et depuis quelques années sont de plus en plus sollicités pour des conférences grand public.

et un renvoi à la vidéo :
Un jardin en permaculture http://www.youtube.com/watch?v=6qlGUpilnbE (11'06)

et
au groupe Facebook : "Autour de la Table de la cuisine" : https://www.facebook.com/groups/autourdelatabledelacuisine/
Un groupe pour partager et discuter autour du tout naturel (habitat, alimentation, jardinage, agriculture, etc) - Groupe privé.

ainsi qu'aux
vidéos de la chaîne Cents Terres : http://www.youtube.com/channel/UCkEMPH_S8DUp02Yf6YcS__A

et au
blog de la chaîne Cents Terres : http://www.centsterres.com/

qui renvoie aussi
au film "Les moissons du futur" http://jaiundoute.com/dossiers/01/2013/les-moissons-du-futur/ (en deux partie 47'49 et 48'09)

Ce film "Les moissons du futur" est aussi présenté au lien : http://www.tagtele.com/videos/voir/91374/ (1h35')
avec le descriptif suivant :

"Après Le monde selon Monsanto et Notre poison quotidien, voici le troisième numéro de la trilogie de Marie-Monique Robin.

Les moissons du futur est une enquête résolument optimiste sur les remèdes possibles à la crise alimentaire qui touche la planète.
Une enquête menée sur quatre continents dans lequel elle montre que l'agro écologie peut nourrir le monde.

Dans la droite ligne des précédents documentaires de Marie-Monique Robin. Elle démonte ici les arguments de l'industrie agroalimentaire pour qui il n'y a pas d'alternative aux pesticides et qui prétend que l'agriculture bio entraînerait une baisse de la production de 40 % et une augmentation des prix de 50 %.

Peu avant de débuter son enquête, Marie-Monique Robin avait rencontré à Genève Olivier de Schutter, le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation des Nations Unies, qui dit exactement le contraire.
Avec ce film, elle entend donc sortir du discours dominant qui prétend que si on sort de l'industrie agroalimentaire c'est la famine assurée.
Elle va montrer au contraire que l'agro écologie permettrait de nourrir la planète.

Tout en pointant les raisons qui expliquent qu'aujourd'hui encore un sixième de l'humanité ne mange pas à sa faim, cette investigation démontre que rien n'est inéluctable !

Du Mexique au Japon, en passant par le Malawi, le Kenya, le Sénégal, les états Unis et plusieurs pays européens, Marie-Monique Robin a filmé des expériences d'agriculture familiale et biologique efficaces d'un point de vue agronomique, économique et écologique.

Elle montre que l'on peut faire autrement pour résoudre la question alimentaire en respectant l'environnement et les ressources naturelles, à condition de revoir de fond en comble le système de distribution des aliments et de redonner aux paysans un rôle clé dans cette évolution indispensable à l'avenir de l'humanité."

Le film "Les moissons du futur" est aussi présenté sur Dailymotion en deux parties : http://www.dailymotion.com/video/x1114ha_doc-les-moissons-du-futur-1-2_news (51'13) et http://www.dailymotion.com/video/x110yba_doc-les-moissons-du-futur-2-2_news (44'41)

À NOTER LE FILM-DÉBAT :
Les moissons du futur. Film débat avec Philippe Desbrosse, invité par Infocie-bio au Mans. Quel avenir pour l'agriculture d'aujourd'hui ? Quelles solutions pour nourrir la planète demain? Pourquoi l'agriculture conventionnelle est à bout de souffle? En quoi l'agriculture biologique est l'unique solution pour demain ?
http://www.youtube.com/watch?v=m9QFmx0ZMv8 (1h28) - Mis en ligne le 27 août 2013.

Ainsi que
Le vidéo-chat en replay : LES MOISSONS DU FUTUR diffusé sur Arte le 16 octobre 2012 au lien :
http://videos.arte.tv/fr/videos/le-video-chat-en-replay-les-moissons-du-futur--7003458.html


UNE COMPILATION SUR AGORA VOX : http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/changer-l-agriculture-avec-pierre-42873
Changer l'agriculture avec :
- Bruno PARMENTIER ("Agriculture : le changement c'est pour quand ?") : http://www.youtube.com/watch?v=METoAAtBMz4 (14'06) - Entretien avec Bruno Parmentier, économiste, ancien directeur de l’école supérieure d’agriculture d’Angers et Pierre Rabhi, agriculteur et penseur.
- Pierre RABHI ("Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde") : http://www.youtube.com/watch?v=5XsUDc7EAoU (1h13'),
- Lydia et Claude BOUGUIGNON ("Protéger les sols pour préserver la biodiversité" http://www.youtube.com/watch?v=K_cCYeU7Fi8 (23'08) et "Voyage entre sols et terre" http://www.youtube.com/watch?v=8KMqAqF_HvE (53'45)),
- Alain CANET ("L'agroforestrie : pour une agriculture durable") http://www.youtube.com/watch?v=fH5XhzIjGZo (5'03) et
- Marc DUFUMIER ("Conférence à Chalons-en-Champagne") http://www.youtube.com/watch?v=LIiyJ2AAs_I (2h04').


 

"CAPUCINE, PRINCESSE DU DESERT"
avec Capucine Larmand

Samedi 28 décembre 2013 - Reportages sur TF 1
Reportage rediffusé le dimanche 22 mars 2015 à 15h25 sur TF 1

PRESENTATION - TRANSCRIPTION ECRITE - AUTRE VIDEO


Photo de l'album paru sur Facebook


A revoir :
Emission du 22 mars 2015 en replay (4 jours) au lien :
http://www.wat.tv/video/capucine-princesse-desert-7aasj_2hg6l_.html (34'02)

(Re)voir l'émission du 22 mars 2015 sur Rutube :
http://rutube.ru/video/625e16fae4a307d8aa0eb031313ee6e0/ (34'03)



l'émission du 28 décembre 2013 était au lien :
http://www.wat.tv/video/capucine-princesse-desert-6kk25_2hg6l_.html (32’46)
Ce contenu a été supprimé !

 

 

AUTRE VIDEO

Autre vidéo concernant Capucine :
Présentation sur la chaîne Ushuaïa.TV en novembre 2013

Le désert du Thar :
l'Indienne blanche et les tribus oubliées

Un documentaire de Delphine Kluzec - Ushuaïa TV / 52' 

Sur Youtube un extrait (1'54) au lien :

et
sur video.avi : (51'57)
Le lien peut être retrouvé sur le profil Facebook de Capucine :
https://www.facebook.com/capucinelarmand
à la date du 22 avril 2014

Et aussi sur le site http://malenbai.com/ :

Publié le 26 décembre 2013 par  au lien http://malenbai.com/

Bonjour à vous !
En cliquant sur l’un de ces liens, téléchargez le fichier sur l’ordinateur, vous pourrez
voir l’émission d’Ushuaïa TV5 sur Capucine et Pabu qui a été diffusée il y a environ un mois :
« l’Indienne blanche et les tribus oubliées » Vidéo 1
Si ça ne marche pas, vous pouvez essayer ici : Vidéo 2



Lu au lien
http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/le-desert-du-thar-l-indienne-blanche-et-les-tribus-oubliees,70549502,casting.php :

Aux confins de l'Inde et du Pakistan, 200 000 km2 de sable et de steppes caillouteuses : le nord-ouest du Rajasthan a été surnommé le pays de la mort, tant l'eau y est rare et les conditions de vie extrêmes. C'est pourtant ici, dans le désert du Thar, que Capucine, une jeune Française, a choisi de vivre, par amour pour un Indien, issu d'une caste intouchable très pauvre. Leur histoire d'amour hors normes amène Capucine à faire un choix radical : tout quitter pour vivre avec lui et sa tribu dans le dénuement le plus total.


LA CRITIQUE TV DE TÉLÉRAMA DU 23/11/2013

 

Vivre d'amour et d'eau (pas vraiment) fraîche... c'est le pari fou de Capucine. Il y a sept ans, cette Française a tout quitté pour les beaux yeux de Pabu, un chamelier indien rencontré lors d'une randonnée dans le désert du Thar. Aux confins du Rajasthan et du Pakistan, ce territoire hostile abrite 200 000 kilomètres carrés de steppes caillouteuses; et les conditions de vie y sont extrêmes. D'où son surnom de« Pays de la mort ». Ici, la pluie vaut de l'or, on fait la vaisselle au sable et on dort à la belle étoile dans le dénuement le plus total. Un choix radical qui fait sens pour Capucine. Sourire infini, énergie débordante, elle a donné un fils à Pabu, adopté ses quatre enfants. Elle lutte également pour scolariser les plus pauvres, développer l'artisanat local et valoriser les cultures tribales en voie de disparition.

Partant de cette romance hors norme, ce joli film humaniste plonge dans l'immensité du Thar, ses traditions d'un autre âge et son combat pour la survie. De Jaisalmer à Jodhpur et Osyian, la réalisatrice Delphine Kluzek a partagé le quotidien de musiciens nomades, de gitanes du désert et d'un couple désespérément ­stérile, mis au ban de son village. La caméra immortalise aussi la splendeur d'un palais de maharajah ou les drapés chamarrés de tribus oubliées. L'ocre du désert en toile de fond, comme une invitation à la méditation. — Eléonore Colin

 


 


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION :

‘‘Elle s’appelle Capucine, il se nomme Pabu. Ils se sont connus au Rajasthan. Elle était touriste, lui, chamelier.
Le coup de foudre fut immédiat.
Depuis sept ans, Capucine, la Française, Pabu, l’Indien, et Mohan, leur petit garçon de 6 ans, vivent heureux au milieu du désert.’’
(texte de présentation de la première diffusion le 28 décembre 2013)

200 000 km2 de dunes et de steppes caillouteuses au nord-ouest de l'Inde dans la province du Rajasthan: le désert du Thar a été surnommé le pays de la mort, tant l'eau y est rare et les conditions de vie extrêmes. 
C'est pourtant ici qu'a choisi de vivre Capucine, une jeune Française de 33 ans, par amour pour un Indien nommé Pabu… une histoire d’amour comme il n’en existe que dans les romans…

AUTRES INFORMATIONS :

Sites web de Capucine :

http://www.pabu-ki-dhani.com
http://malenbai.canalblog.com

et nouveau lien : http://malenbai.com/

Sur Facebook : https://www.facebook.com/capucinelarmand?

Lien sur le site de "Conscience 33" : http://www.conscience33.info/tv_sante.html#capucine_princesse_du_desert

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :



TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'EMISSION DU 28 DECEMBRE 2013 :

Anne-Claire Coudray : C'est la fin de ce journal. 
Je vous retrouve tout de suite pour votre magazine "Reportages". 
...
-Aujourd'hui, "Reportages" est consacré à des Français qui ont un brin de folie… 
… Commençons par l'histoire d'une Française qui a choisi de suivre son destin. 
Capucine est partie en Inde et y est tombée amoureuse. 
Elle partage sa vie avec son mari et ses 8 enfants dans le désert du Thar, à la frontière du Pakistan. 
Une vie sans eau courante, sans supermarché, mais avec beaucoup d'amour. 
Voici notre reportage : "Capucine, princesse du désert". 

Klaxon 
Propos en langue locale 

-À 7 000km de l'inde, le voyage commence ici. 
Un village assoupi aux portes de la Bretagne, rien d'exotique. 
Mais Capucine donne le ton. 
Avec ses bracelets à grelots et son petit garçon au teint cuivré, cela fait longtemps que la jeune Bretonne a largué les amarres pour devenir une Indienne blanche. 
C'est le branle-bas de combat. 
Après avoir passé 5 mois chez sa mère, Capucine fait ses bagages pour rentrer en Inde. 

-Il te reste combien de valises à faire ?

CAPUCINE :-1,2... 4, 5, et le four. 

CAPUCINE :-6 bagages et 3 heures pour y faire entrer un inventaire à la Prévert. 

-Qu'y a-t-il dedans ? 

CAPUCINE :-Tout et n'importe quoi. 
Beaucoup de vêtements pour les gens du désert. 
Des échantillons de savon pour donner aux enfants là-bas. 
Il y a des dons des élastiques pour les petites filles. 
Ça, c'est un four solaire. 
Des médicaments... 

-C'est un joyeux bazar. 

Rire 

CAPUCINE :-Une fois là-bas, tout est distribué et utilisé. 

-Où sont tes affaires ? 

CAPUCINE :-Elles sont... C'est ça. 
Elle rit. 
Pas grand-chose.

-Si Capucine a tout quitté pour vivre en Inde parmi les plus pauvres, ce n'est pas par vocation humanitaire, mais par amour. 

CAPUCINE :-C'est quand on s'est rencontrés. 
Ça fait 7 ans et demi. 

CAPUCINE :-Il était chamelier, elle, touriste. 
Elle avait loué ses services pour une randonnée dans le désert. 

CAPUCINE :-Quand j'ai rencontré Pabu, j'ai su que c'était l'homme de ma vie. 
On n'avait pas besoin de se parler, c'était comme si on se connaissait depuis toujours. 
Il m'a dit qu'il m'avait attendue toute sa vie. 
Pourtant, l'histoire d'amour paraît impossible. 
Capucine vient de finir ses études d'architecture, et un destin tout tracé l'attend en France. 

CAPUCINE :-Je voulais monter ma boîte de déco, avoir ma vie parisienne...
J'ai dû faire le deuil de tout ça. 
Ça a été dur. 

CAPUCINE :-En moins de 3 mois, sa décision est prise : tout plaquer pour le rejoindre. 

CAPUCINE :-T'étais trop mignon. 

-Mohan, l'enfant de l'amour, a 6 ans, aujourd'hui. 
Comme sa mère, il partage sa vie entre ses 2 familles. 
Ce soir, il est heureux. 
Demain, il quittera sans regrets sa chambre d'enfant pour retrouver son père, dans le désert. 

CAPUCINE :-Dernière nuit dans ton bateau. 
On éteint ? 

-Bonne nuit. 

-Le périple commence avant l'aube. 
La mère de Capucine embarque avec sa fille et ses 140kg de bagages. 
Elle fait l'aller-retour en Inde pour lui permettre d'emporter plus de choses. 

-Rennes-Delhi, en passant par Paris, 12h de voyage pour changer de repères et retrouver un pays que Mohan a presque oublié, en 5 mois. 

-On est sur une autre planète ? 

CAPUCINE :-Tu crois qu'on est sur une autre planète ? 
On a l'impression... 
Sur la planète Inde ? 
On est sur la Terre, la même planète. 
L'inde, c'est un autre pays. 
Là où on vit avec papa. 

-Mais pour retrouver son papa, Mohan doit encore patienter. 
A l'heure où Capucine arrive à Delhi, Pabu est dans le train qui le ramène du désert. 
Mohan rit. 

CAPUCINE :-Pourquoi tu ris ? 

C'est un petit garçon content. 
On va retrouver papa demain. 
On dort à l'hôtel, et demain, on voit qui ? Mister Pabu. 

-Après 150 jours de séparation, c'est l'instant des retrouvailles. 

-Voilà Pabu. 
Papa 

CAPUCINE :-Ça va, mon lapin ? 
Kisa, un autre fils. 
Et une fille de Pabu, Uina. 
C'est mes chéris. 
Ça va, Meena ? 
C'est mes enfants, et je ferais tout pour eux. 
Tu as vu Mohan ? 

-Tout ce petit monde s'entasse dans 2 pièces, sans électricité ni eau courante, mais avec un terrain de jeu illimité. 
L'attraction du jour : le retour de Capucine. 
A chaque fois, c'est comme si le père Noël débarquait. 
Elle doit distribuer les vêtements collectés en France grâce à l'association qu'elle a créée, Malenbaï, le nom d'une déesse du désert. 

CAPUCINE :-Venez ici, les enfants. 
Tiens, c'est pour toi. 
Regarde, ça va bien ensemble. 
La jupe est assortie au t-shirt. 
Tu ne trouves pas ? 

-Si, ça va. 

-La folie de la mode n'a pas de frontières. 
Capucine est obligée de freiner les ardeurs. 

CAPUCINE :-J'ai dit un t-shirt et un pantalon. 
Il y en a d'autres qui attendent leur tour. 

CAPUCINE :-On distribue en premier à mes enfants. 
Ils m'ont vu arriver avec des sacs. 
Je dois leur donner quelque chose. 
Mais j'ai dit un vêtement chacun. 
Ils en ont déjà un. 
Avoir 2 vêtements, c'est assez. 
Sinon, ils les perdent ou n'en prennent pas soin. 
Ils lavent eux-mêmes leurs vêtements. 
Puis ils échangent. 
Jusqu'à ce qu'ils soient usés. 

CAPUCINE :-Deux vêtements. 
Ici, ça suffit pour être content. 

Musique indienne 

-Pour le retour de Capucine, sa famille indienne a mis les petits plats dans les grands. 
Qu'avez-vous préparé ? 
Des bindis ! 
Super. 
J'adore ça. 

-Oui, je sais. 

-Ça sent trop bon. 
Elle fait des gâteaux.

CAPUCINE :-Sans réfrigérateur, ici, tout ce qui est frais doit être mangé le jour même. 

CAPUCINE :-On mange beaucoup de lentilles, des "dal". 
C'est bon, sauf quand c'est tous les jours. 
En France, quand on me fait des lentilles... 
Ça me tente moyennement. 
Tu sais ce que je mange en France ? 

-Non. 

-Pas d'épices. 

-Ah bon ? 
Mais tu manges quoi, alors ? 
Des pommes ? 
Du chou-fleur ? 

-Elle pense à ce qui coûte trop cher ici et se dit que là-bas, je mange tout ce qu’on ne peut pas ici. 

Les enfants chantent. 

-Dehors, le vent brûlant du désert a fini par faiblir. 
Ce soir, Pabu a coiffé le turban traditionnel et invité des musiciens itinérants à faire halte chez lui pour faire honneur à la femme qu'il aime. 
Ici, pas de télé ni de radio. 
Ces troubadours sont nourris et logés en échange de leur musique. 
Si Capucine a aimé cette culture dès le début, elle a mis des années à se faire accepter par cette caste d’intouchables, l'une des plus isolées en Inde. 

CAPUCINE :-Bravo ! 
Bravo ! 
C'est si beau. 
Il m'est arrivé de me sentir seule dans cette tribu, car je ne parlais pas la langue. 
J'ai appris le marwari. 
Seul Pabu parle anglais. 
S'il partait 3 jours, j'étais toute seule, sans parler. 
J'avais l'impression que tout le monde se moquait de moi. 
Au début, c'était dur. 

-T'as voulu repartir ? 

CAPUCINE :-À partir du moment où j'ai fait ce choix, j'ai jamais regretté. 
Dans les moments difficiles, je me disais que ça aurait été aussi dur de vivre à Paris, dans un appart, seule avec un enfant, avec l'électroménager, mais seule. 
Ici, il y a une chaleur de cœur qui réunit tout le monde, qu'on perd par chez nous, en Europe. 

-Pour profiter de la fraîcheur nocturne, tout le monde dort à la belle étoile. 
Après 5 mois chez sa grand-mère dans une vraie chambre d'enfant, Mohan retrouve le dortoir à la mode du désert. 

-Qui est là ? 
C'est Meena, avec Mohan et Aru. 
T'es content, Mohan, d'avoir retrouvé tes cousines et tes sœurs. 

-Lui a grandi ici et n'a aucun mal à se réacclimater. 
Capucine aussi a dû s'y faire, car Pabu ne supportait pas de dormir enfermé.

CAPUCINE :-Ca, c'est mon oreiller. 

CAPUCINE :-Le confort est rudimentaire, et l'intimité, toute relative. 

-Vous comprenez pourquoi on ne dort pas sur la terrasse ? 

-Même s'ils dorment sur le toit, ils ne sont pas loin. 

CAPUCINE :-Ils sont tout près. 
On les entend ronfler. 
Mais c'est important de passer du temps ensemble. 

CAPUCINE :-Oui, mais si on n'est pas que tous les 2, on est quand même ensemble. 

-Pour leur première nuit dans le désert, ils n'auront eu que quelques heures de répit. 
Des visiteurs sont annoncés dans la journée. 
Pour préparer leur arrivée, tout le monde s'affaire. 
Pour gagner un peu d'argent, Capucine et Pabu ont construit des huttes, où ils accueillent des touristes. 
Pabu prépare les dromadaires pour leur faire faire une excursion dans le désert... pendant que Capucine s'attaque à la vaisselle. 
Ici, pour économiser l'eau, c'est au sable qu'on récure les casseroles. 

CAPUCINE :-C'est un décapant très puissant. 
Ça gratte tout et enlève les odeurs. 

-Ça lave aussi bien que de l'eau ? 

CAPUCINE :-Ça lave mieux. 
Pour les grandes occasions, pour les faire briller plus, on frotte avec de la cendre. 
Et voilà. 

-Tu trouves ça impeccable ? 

-Elle ne trouve pas ça propre. 

CAPUCINE :-Oui. 

-Vous avez perdu la main ?

CAPUCINE :- Je ne suis pas aussi douée qu'elle. 

Klaxon 

-Aujourd'hui, c'est une famille de Français qui vient découvrir le désert. 
Comme à chaque fois, Capucine appréhende la rencontre. 

-Namasté. 

CAPUCINE :-Capucine. 
Enchantée. 

-Règis, Marie et les 2 enfants arrivent de Paris. C'est leur 1er voyage en Inde. 

-On a eu du mal à trouver. 

CAPUCINE :-Bienvenue chez nous. 

-Merci. 

CAPUCINE :-Allons-y. 

-Pour l'instant, eux non plus ne savent pas ce qui les attend. 
Capucine leur fait visiter les huttes où ils vont dormir. 

-Attention à la tête. 

-C'est la maison de Kirikou. 

-Pour prendre une douche, on fait couler de l'eau, on porte le seau jusqu'à l'endroit de la douche... 

-Oh, c'est la douche. 
Rires 

-Mais où je suis ? 

-Ces vacanciers français viennent d'arriver de Paris, pour vivre en Inde parmi les plus pauvres. 
Pour les initier à la vie dans le désert, Capucine leur fait visiter les huttes où ils vont dormir. 

CAPUCINE :-Trop mignon. 
Je vous montre les toilettes. 
Ce sont des sanitaires pour nos visiteurs uniquement.
Jusqu'à la douche... 

-Oui... 

CAPUCINE :-On se douche comme ça. 

-Tu as déjà fait ça, Hugo ? 

CAPUCINE :-Ici, il n'y a pas d'eau. 
Pour aller en chercher, il faut un tracteur avec un grand réservoir. 
On remplit dans les villages, on refait la route, et on prend grand soin de chaque goutte. 

-Ça va aller? 

-C'est écologique. 

-Voilà ! 

-Ce n'est pas la fin des épreuves pour Hugo. 
En guise de bienvenue, les Indiens ont préparé une spécialité très prisée ici : un mélange d'épices et de fruits secs. 

- Tu ne veux pas goûter ? 

-Allez, goûte. 

-C'est bizarre, la couleur... 
C'est de la bouillie verte. 

-A 14 ans, Hugo rêve plutôt de ça : partir à l'assaut du désert à dos de dromadaire. 

-Ça va d'abord vers l'arrière, puis vers l'avant. 
Cris 
Au galop l 

-Oh, là... 

-Pas âme qui vive à l'horizon. 
Le village le plus proche est à des heures de marche. 
Malgré les secousses, chacun s'accroche à sa monture. 

-C'est trop marrant. 
C'est ce qu'on attendait. 
Ce n'est pas un tour de chameau pour touristes. 
A 360 degrés autour de nous, il n'y en a aucun. 
C'est vraiment agréable. 

Chant indien 

-Pour Pabu et Capucine, ce n'est pas qu'une promenade touristique. 
C'est aussi leur plus ancien souvenir commun. 
C'est à dos de chameau qu'ils se sont rencontrés. 

CAPUCINE :-Debout, les enfants.

-Il est 5h du matin. 
Les touristes dorment encore, mais Capucine est déjà sur le pont. 

CAPUCINE :-Allez, lève-toi. 

-Se lever au milieu de la nuit pour aller à l'école, vu de France, ça ressemble à un cauchemar. 
Mais pour ces petites, c'est un rêve qui se réalise. 

-Maman, viens voir. 

CAPUCINE :-Ils sont comment, ces nouveaux uniformes ? 
Ils vous plaisent ? 

-Ils sont trop beaux. 

-Super ! J'adore le mien. 

-Ce moment est aussi l'aboutissement de 7 ans de combat pour Capucine. 
En Inde, moins d'une petite fille sur deux apprend à lire et à écrire. 
L'école coûte cher, et ce n'est que grâce à son association et aux dons récoltés en France que Capucine a pu les inscrire. 

CAPUCINE :-Au début, on se levait au milieu de la nuit. 
On était prêtes 2 heures à l'avance. 
On était trop excitées.

-Elles étaient si contentes. 
Elles ont attendu d'avoir 12 ans.
Elles ne pensaient pas avoir la chance d'y aller un jour. 
Pourtant, l'éducation à l'indienne, que du bonheur. 
Les enfants ont dit à Capucine qu'on les giflait à la moindre erreur. 
Elle n'hésite pas à faire une heure de route pour aller rectifier le tir. 

CAPUCINE :-Bonjour. 
Ce sont mes enfants. 

-T'as vu ? 
Une Blanche avec des enfants indiens. 
C'est vraiment ta mère ? 

CAPUCINE :-Je veux vous voir, car ils se plaignent d'être battus par les professeurs. 
On doit en parler. 

-Les enfants lui ont dit qu'on les frappait. 
Elle n’a pas l'air content. 

CAPUCINE :-En France, vous iriez en prison pour ça. 
C'est pour ça que je viens vérifier. 

-En prison pour ça ? 

CAPUCINE :-Je ne plaisante pas. 
C'est interdit. 

-Pour en avoir le cœur net, Capucine et Pabu décident d'aller vérifier eux-mêmes.

-Ça n'a pas l'air si mal. 

-La surprise est plutôt bonne. 
Les petites sont au 1er rang. 
L'enseignant déploie même un zèle tout particulier. 

CAPUCINE :-Si j'avais eu cette chance petit, j'aurais adoré l'école. 
Je suis tellement fier d'elles. 

-Pour la dernière nuit des Français dans le désert, une fête est organisée en leur honneur. La danseuse est exotique. 
Régis ne boude pas son plaisir. 

Chants 

Mais au moment de la récompenser... 
Il souffle dans une corne. 
Les femmes convenables n'ont pas le droit de danser en public. 

-J'ai cru avoir affaire à une belle Indienne, mais très vite, les pas plus lourds d'un homme m'ont fait comprendre la supercherie. 

-Et il ne sera pas le seul à avoir une surprise. 
Capucine a eu 33 ans aujourd'hui. 
Mais c'est la 1ere fois que sa famille indienne célèbre son anniversaire. 

Ils chantent. 

Elle ne s'y attendait pas. Ici, personne, à part Pabu, ne connaît sa date de naissance.

-Sers-toi, mon amour. 

CAPUCINE :-C'est mon plus bel anniversaire. 

-Bon anniversaire du désert. 

CAPUCINE :-Merci beaucoup, Régis. 

-Les Français doivent faire leurs adieux. 
Après s'être demandé s'ils allaient tenir 2 jours dans le désert, ils ne sont pas pressés de partir. 

CAPUCINE :-Merci. 

-Au revoir.

CAPUCINE :-Moi aussi, je suis émue. 

-Tes enfants sont super. 
Je les adore. 

-Pourquoi pleurez-vous ? 

-Je suis très émue de partir parce que c'était une belle expérience. 
C'était vraiment ce que je recherchais. 
On a envie aussi de les aider. 
C'est une belle histoire. 

-Règis, Marie et leurs enfants ne sont pas près d'oublier la Française du désert et sa tribu.
Quant à Capucine, son destin appartient à cette terre. 
Elle le sait, son histoire d'amour a fait d'elle une indienne blanche…

 

 

 


 

"DANS UN MONASTÈRE"
Un monde ailleurs

Décembre 2013 - Un monde ailleurs sur france 5


Présentation de l'émission (3') :
http://www.dailymotion.com/video/x18t68v_une-vie-ailleurs-du-24-12_tv


Une vie ailleurs du 24-12 par france5

 

Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152128761679932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=1&theater

 La transcription de Télé Scoop avec de nombreuses photos :
http://telescoop.tv/browse/386920/une-vie-ailleurs.html?q=coudre

 


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION :

‘‘La journaliste Charlotte Savreux a vécu durant une semaine avec les sœurs cisterciennes de l’abbaye de la Coudre (près de Laval) en respectant leurs règles de vie.’’

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

Documentaire de société | 56' De : Jérôme Korkikian


L'émission : Durant une semaine, la journaliste Charlotte Savreux rompt avec son quotidien et ses habitudes pour vivre en compagnie des 42 sœurs cisterciennes de l'abbaye de la Coudre. 
En immersion, loin de tout et hors du temps, elle se plie aux règles de vie des religieuses, établies depuis des siècles, basées sur le silence et l'observation de la foi, excluant entre autres objets jugés superflus en ces lieux ordinateurs et téléphones portables. 
La Doyenne, sœur Thérèse, prend Charlotte sous son aile et lui enseigne le sens de cette vie en communauté, autosuffisante. 
Des chambres à l'église en passant par les ateliers, où les sœurs confectionnent fromages et objets artisanaux, la journaliste découvre les moindres recoins de l'Abbaye.



TRANSCRIPTION ÉCRITE :

-Il existe des hommes et des femmes qui vivent différemment des autres. 
Par conviction ou par choix professionnel, ils forment des communautés coupées du reste du monde. 
Ils sont souvent séparés de leurs familles, tenus au secret. 
Vous allez découvrir leurs codes, leurs règles, leurs histoires. 
Vous allez pénétrer dans "Une vie ailleurs".

-Abbaye de la Coudre, aux portes de Laval, en Mayenne. 
Derrière les murs de ce monastère, 42 femmes vivent pour la gloire de Dieu. 
Ce sont des cisterciennes. 
Leur ordre religieux a près de 1 000 ans. 
Elles vivent à l'écart de la société, dans le silence. 
Elles sont éloignées de leur famille, elles ont abandonné toute possession, elles n'auront pas d'enfants. 
Elles cherchent Dieu dans la solitude et la communion, la prière et le travail. 
Je suis journaliste. 
Je vais découvrir le quotidien de cette communauté. 
Je vais vivre avec les cisterciennes pendant une semaine. 
Cette histoire est le récit de mes 7 jours au sein du monastère.

-Bonjour. Je suis attendue par Mère Abbesse.

-Soeur Marie-Noëlle.-Enchantée. 
Merci.

-Je vous appelle Mère Abbesse. 
Mère Abbesse ? 
Charlotte est arrivée. 
Mère Abbesse arrive.

-Merci.

-Bonjour, Charlotte.

-Enchantée de vous connaître.

-C'est la première fois que je me rends dans un monastère. 
Je ne sais pas s'il y a des codes, des règles à respecter. 
Donc dites-moi...

-Vous allez avoir un bon guide avec sœur Béatrice.

-On va y aller tranquillement et vous pourrez me poser vos questions.

-Je suis venue avec mon portable, qui a sonné juste avant. 
Je peux le maintenir allumé dans l'enceinte du monastère ?

-Il ne vaut mieux pas. 
On n'a pas de portables, dans le monastère. 
Il vaut mieux l'éteindre pour ne pas être tentée.

-D'accord. On peut envoyer des messages ?

-Si vous voulez vivre avec nous une vie séparée, de silence.

-D'accord. 
Alors, le mieux, c'est que je vous le donne. 
Vous me le rendrez à mon départ.

-J'ai mon ordinateur, avec des films, de la musique... 
Est-ce que je le garde ? 

Rires.

-L'ordinateur avec des films et de la musique, non. 
Pour faire l'expérience, il faut éviter.
Je vous les laisse. 
Voilà.

-Sœur Béatrice va vous conduire dans votre chambre.

-Et bon séjour.

-Merci, Mère Abbesse. 
A plus tard. 
Je passe ?

-On était à l'accueil, maintenant, nous sommes dans un sas pour entrer dans le monastère.

-On va vers un autre monde ?

-C'est à peu près ça. Je passe devant vous.

-En haut de l'escalier, c'est la porte de gauche. 
C'est là où logent toutes les sœurs ?

-C'est le dortoir. 
On va mettre un peu de lumière. 
Là, c'est l'aile la plus calme, où il y a le moins de sœurs. 
C'est le dortoir du noviciat.

-Ce sont ?

-Les jeunes en formation.

-Pas encore sœurs ?

-Elles sont sœurs, mais elles n'ont pas fini leur formation jusqu'à leur engagement définitif.

-Voilà votre chez-vous pendant dix jours.

-D'accord. Ça me change de ma chambre, de mon environnement.

-Qu'est-ce qui change ?

-C'est plus petit, il y a moins de choses.

-Oui, il y a le minimum.

-C'est formidable, cette petite table face au parc.

-Habituellement, nous n'en avons pas dans nos cellules.
On vient uniquement pour dormir.

-Vous avez dit "cellules" ?
Ça, c'est une cellule ?

-"Cellule", parce qu'on y est seule.

-On a tout de suite l'image de la prison, alors ça effraie.

-C'est simplement un lieu de solitude.

-Parfait. 
Merci. 
C'est sœur Béatrice ?

-C'est ça.

-D'accord. 
A tout à l'heure. 
Pour le moment, ce monde est encore abstrait pour moi. 
Seule dans ma cellule, je ne sais pas à quoi m'attendre. 
Le rythme de la vie monastique m'est étranger. 
Je ne me doute pas que je vais vivre comme hors du temps.

-Notre vie monastique est rythmée par la prière communautaire, la Lectio divina et le travail. 
Par ces trois piliers, nous cherchons à vivre sous le regard de Dieu, dans un climat de silence et de solitude. 
"Le silence de la nuit favorise la prière. Notre cœur est alors tout disponible pour louer Dieu, lire et méditer Sa parole dans les Ecritures. Elle nous rend proche de tous ceux qui veillent dans le service de leurs frères."

-Il est 4h du matin. 
C'est l'office de la nuit, le premier des 7 temps de prière qui ponctuent la journée.

-Bonjour. 
Vous êtes réveillée ? 
Vous êtes prête ?

-J'arrive.

-D'accord.

-C'était difficile, le réveil ?

-Oui. 4h du matin, c'est exceptionnel, non ?

-Non, c'est tous les jours.

-Tous les jours ?

-Oui. 
Ça me fait drôle de parler. 
Habituellement, on ne parle pas. 
Les premières paroles qu'on va dire, ce sont des prières, des paroles adressées à Dieu. 
On entre dans la salle des coules. 
C'est ici qu'on met notre vêtement pour aller à l'église. 
C'est le vêtement de prière ?

-Notre vie ponctuée par la prière nous permet de tendre vers une présence à Dieu quasi permanente. 
Dieu, au-delà de tous nos mots, mais Dieu qui n'est qu'amour.

-Quand je suis arrivée ici, que j'ai vu l'église avec son dépouillement... 
J'ai été saisie.

-C'est dans ce cadre-là, même au niveau de l'architecture, dans cette simplicité, que je vais pouvoir vivre cette radicalité avec le Seigneur.

-Après cet office, les sœurs ont un temps de Lectio divina. 
C'est la lecture des saintes Ecritures. 
Elles se retrouvent au scriptorium. 
Au Moyen Age, les moines y recopiaient les manuscrits.
Aujourd'hui, c'est la salle de lecture et d'étude.

-C'est un lieu important, un lieu de lecture lente de la parole de Dieu, un temps de méditation.

-Un lieu de silence.

-Oui. C'est exceptionnel qu'on parle.

-"Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien.
-Gloire à Toi, Dieu, qui nous aime.
-Accorde-moi de te comprendre.
-Apprends-moi à te parler plus souvent.
-Aie pitié de moi.
-Accorde-moi de T'aimer."

-Plus de téléphone, plus d'ordinateur, aucun contact avec l'extérieur. 
La rupture est radicale. 
Avez-vous le sentiment de vivre dans un monde à part ?

-Non. 
Pas un monde à part, mais un monde autrement. 
C'est pas un monde qui va à toute vitesse, comme la société, c'est pas un monde de l'immédiateté, qui reste sur les apparences, ce n’est pas un monde où il y a plein d'images, d'informations, tout ce qu'on veut. 
C'est plutôt un monde de simplicité. 
On apprend aussi l'humilité. 
Un monde où on apprend à entrer dans la patience de Dieu, donc dans le temps. 
Voilà. 
C'est vraiment un monde autrement.

-Je veux comprendre cet autre monde. 
Comprendre ce qui peut pousser à choisir un mode de vie si radical. 
Je veux connaître l'histoire de ces femmes. 
Que faisais-tu, avant ?

-J'étais chauffeur de car.

-Je travaillais dans un milieu hospitalier. 
Ça me passionnait.

-J'ai fait éducatrice spécialisée, une première année.

-J'aurais aimé enseigner, aussi.

-Mais il y avait quelque chose de plus fort qui...

-Il y avait un appel plus absolu et plus radical.

-Qui m'appelait ailleurs.

-C'est un appel profond qui fait qu'on ne résiste pas, quand on reconnaît qu'intérieurement, on est comme poussée vers un lieu, où, tout d'un coup, on reconnaît que c'est le lieu de notre vie.

-On peut dire non, mais si on dit non, on sait qu'il y aura quelque chose en soi qui protestera toujours.

-Que se passe-t-il, maintenant ?

-Nous allons au travail. Il est 9h15. Jusqu'à midi. 
Ça fera 3 heures de travail.

-Le travail monastique se veut simple. 
Aussi, chacune des sœurs participe aux humbles tâches du quotidien. 
Travailler en silence permet de favoriser la prière du cœur.

-Quel plaisir avez-vous à vivre dans le silence ?

-Je ne dirais pas que c'est un plaisir.

-Un contentement ?

-Non. 
C'est de l'ordre de la joie, plutôt. 
C'est une joie profonde qui nous habite et qui est un peu inexplicable.

-Charlotte.

-Oui.

-Vous allez découvrir le réfectoire. 
Nous mangeons en silence. 
Vous mangerez à côté de moi. 
Si vous voulez me suivre, je vous expliquerai les choses au début du repas.

-On ne parle pas ?

-Gloire à Toi...

-Les 42 sœurs déjeunent ainsi, sans échanger un seul mot. 
Au cours du repas, on n'entend qu'une seule voix : celle de la lectrice. 
Revue de presse, puis lecture en continu.

-"Le Pape a gracié son ancien majordome, condamné en octobre "à plus d'un an de prison "pour avoir subtilisé des documents secrets du Vatican", a annoncé le porte-parole du Saint-Siège. 
Mali.

-On ne peut pas parler?

-A coups de pioches, les islamistes qui occupent le nord du Mali ont à nouveau détruit des mausolées de saints musulmans, promettant de les anéantir tous.

-Là, on peut parler ? 
Pas encore ?

-Jésus est le Christ notre Seigneur.

-On peut parler ?

-Pas encore ? 
D'accord. 
Pourquoi on ne parle pas ?

-Pour écouter.

-Ah, d'accord.

-On ne prend pas le temps de... 
J'allais dire "d'écouter le silence". 
C'est frappant de voir que tous les jeunes ont soit un Walkman, soit un téléphone portable. 
Dès qu'ils arrivent chez eux, ils allument la radio ou la télé. 
Moi, je l'ai fait, avant. 
Mais c'est vrai que c'est frappant, ce bruit qui est permanent, dans la société.

-Après le déjeuner, au moment de faire la vaisselle, je romps le silence pour parler à Alice, la plus jeune sœur. 
Même ici, on ne parle pas ?

-Oui, on garde un climat d'intériorité... 
Même pendant la vaisselle.

-J'ai été surprise pour le repas. 
J'aurais aimé commenter l'actualité avec mes voisines. 
Tu sais, la revue de presse de la sœur. 
Il y a différents événements. 
J'aurais voulu discuter, échanger.

-Oui. C'est parce que t'as pas la vocation.

-Moi, ça me fait peur.

-Ah oui?

-Oui. 
Quand vous priez, vous êtes dans l'isolement, vous ne parlez pas, pendant le travail, vous ne parlez pas... 
Je trouve ça inquiétant. 
Ça veut dire que... 
Nous, le silence, il est habité. 
Je pense que pour une personne qui n'a pas découvert cet espace intérieur, je comprends que ce soit inquiétant, parce qu'il y a un vide, et la nature a horreur du vide. 
Mais notre silence n'est pas vide.

-Dans le silence et la solitude que nous vivons, forcément, on descend assez vite au niveau d'une vérité de soi. 
Un tas d'images tombent. 
La personne que je pensais être n'est pas tout à fait celle qui est au fond. 
Il y a une épuration de l'être et ce n'est pas facile.

-La souffrance est dans ce travail intérieur qui fait qu'on se convertit au jour le jour pour entrer de plus en plus sur ce chemin de liberté dans la recherche de Dieu.

-La journée au monastère s'égraine au rythme du travail manuel, des lectures et des prières. 
Ce que je comprends, c'est que, quand on rentre au monastère, on laisse sa vie aux portes du monastère. 
La vie est belle pour vous, ma sœur, au monastère ?

-Oui. 
C'est la vie de château. 
Les débuts ont été difficiles, mais je m'y suis faite et si c'était à refaire, je recommencerais.

-Voici la cordonnerie. 
Nous visitons sœur Aurélie... qui réalise nos ceintures. 
Et répare nos chaussures.

-Le travail nous invite à faire fructifier nos talents et nous permet de contribuer à l'œuvre créatrice de Dieu.

-Ici, il faut apprendre à vivre, à la fois ensemble et dans la solitude. 
Le manque de contact ouvre pour moi le chemin de l'introspection. 
Pour les sœurs, c'est la route vers Dieu.

-Nous entrons dans le grand silence. 
Nous allons nous coucher. 
Grand silence, depuis 8h du soir, jusqu'à 8h du matin.

-Si je vous souhaite bonne nuit, c'est mon dernier mot ?

-Tout à fait.

-Bonne nuit.

-A demain. 

-Où allons-nous ?

-En Terre promise. C'est un espace où on va se promener.

-Oh là !

-C'est boueux.

-C'est l'expédition, là, c'est la Terre promise. 
Ça se mérite. 
A quel âge as-tu intégré la communauté ?

-A 23 ans. 
Il y a 5 ans.

-Qu'est-ce qui t'a décidée, un jour, à devenir sœur ?

-J'avais un désir de vérité, je cherchais un sens à la vie, et prier me rendait heureuse. 
Les temps de prière, seule ou avec des amis.
Je me suis rendue compte que Dieu seul pouvait combler toutes mes aspirations, tous ces désirs, cet appel à la vie que j'avais en moi. 
Je me rendais compte que cette vie me convenait vraiment, comme un gant qui rentre dans une main. 
Tout coule, tout convient. 
Ça m'a fait cet effet-là, ça répondait à ce que je porte à l'intérieur.

-Quelle femme tu imaginais être, à l'adolescence ? 
Tu t’imaginais avec une famille ? 

-Oui, comme toutes les petites filles.
Je jouais à la poupée. 
Je m'imaginais avec une famille, une maison... 
C'est un peu mystérieux. 
Mais je pense que ça montre que la vocation... 
Dieu m'a appelée depuis que je suis toute petite.

-Comment ont réagi tes parents ? 
"Je vous quitte, je vais au monastère."

-C'est pas simple. 
Pour mon père, ça a été plus difficile. 
Parce que je suis sa fille.

-Maman m'a dit : 
"Je n'aurai jamais d'enfant de toi."

-Maman m'a dit : "Je te vois mariée avec 4 enfants.

-Papa était plus... Je pense que sa souffrance s'est plus exprimée. 
Il a dû quitter la maison, il est revenu après.
Il était quand même assez touché et ému.

-On était à table, un midi d'été, et je leur ai dit: "Voilà, je suis amoureuse." 
Papa n'avait pas bien entendu, donc j'ai dû répéter. 
C'était pas facile pour moi de l'annoncer. 
Et puis, très vite, j'ai dit de quoi il s'agissait. 
"Voilà, je veux donner ma vie au Christ "et je choisis d'entrer dans un monastère."

-Vos parents étaient heureux pour vous ?

-Ils étaient tristes.

-Ils perdaient leur fille ?

-Tout à fait.

-On leur demande un détachement. 
Ils ne sont pas motivés.

-Ça m'a fait très mal. 
C'est très douloureux de voir ses parents ne pas comprendre, souffrir de ce choix, et en même temps, je sentais que je devais rester ferme dans ce choix-là, ne pas me laisser trop attendrir par la douleur que je voyais en face de moi, au risque de perdre le chemin que j'étais en train de construire.

-Que le secours de Dieu demeure toujours avec vous.

-Nous accueillons Charlotte pour ce cours sur la règle de saint Benoît. 
C'est une règle qui a été écrite par un moine.

-A quelle époque (7-Au 6e siècle).

-D'accord.

-Ce sont les premiers siècles du christianisme. 
Il a fondé ce qu'il appelle "une école au service du Seigneur". 
C'est un monastère qui se veut école pour apprendre à aimer Dieu passant par l'amour des frères.

-Donc toute la vie de la communauté est régie par les règles de saint Benoît ?

-La règle de saint Benoît. 
Avec différents préceptes ?

-Oui. La règle a 73 chapitres. 
Toutes les questions peuvent être posées.

-"Ils ne préféreront absolument rien au Christ. Vous avez donc renoncé à une vie de couple, donc on ne va pas parler de compagnon. Les sentiments.
Comment pourriez-vous qualifier ceux que vous avez pour votre famille, vos parents, vos amis intimes ?

-On est entrées au monastère par amour de Dieu. 
C'est un amour qui donne tout et c'est un amour sans partage.

-Donc c'est un amour unilatéral et inconditionnel.

-Il est prioritaire, mais il n'est pas exclusif.
Et cet amour pour le Christ va passer par des médiations. 
Je ne peux pas dire: "J'aime le Christ", si je ne respecte pas celles qui m'entourent. 
J'ai une autre relation avec mes parents.

-Ça n'a rien changé à l'amour que tu leur portes.

-C'est ça, j'aime le Christ, mais je n'aime pas moins mes parents.

-C'est un chemin de liberté et de libération du cœur. 
Amen. 

Rires.

-Mon Dieu, mon Seigneur, accorde-moi de n'être jamais lassée de Te chercher.
-Je brûle d'amour, Seigneur.
-Accorde-moi de ne pas T'oublier.
-Seigneur Jésus, fils de Dieu vivant, aie pitié de moi. 
-accorde-moi de T'aimer.
-Mes yeux devancent la fin de la nuit pour méditer sur Ta promesse.

-Qu'est-ce qui a été le plus difficile, quand vous êtes arrivée ?

-C'est très prosaïque, mais j'ai manqué de sommeil. 
Ça, ça été très difficile.

-Les horaires, la cloche qui sonne, l'office, il y a énormément de contraintes. 
C'est difficile, mais on l'a choisie, et puis, on est portée, quand on est jeune.

-Il y a des choses qui vous ont manqué, en arrivant ici ?

-Les moyens de communication, non, la famille, non. 
Le confort, éventuellement. 
Un peu plus de sommeil... 
Voilà. 
Les seuls moments où je peux avoir un petit coup de nostalgie, c'est quand je vois mes amis qui ont des enfants, qui viennent me voir avec des petits bébés. 
Je me dis : "Elles ont des bébés, et moi, je n'en ai pas."

-Qu'est-ce qui vous a manqué de votre vie d'avant?

-Le plus difficile, au début, c'est de quitter le look, mon image, de ne plus être à la mode. 
Ça, ça a été difficile, alors qu'en fait, ce n'est pas le plus important. 
C'était l'apparence. 
Et moi, je cherchais à être, devant Dieu. 
Etre soi, sans chercher à plaire ou à paraître. 
Et ça, le fait de quitter mon apparence, ça a été difficile. 
Alors que dans la vie, c'est complètement secondaire.

-On est bien, finalement, entre femmes. 
C'est vrai, on est bien, entre nous. 
Est-ce que ça vous choque... 
Moi, j'ai un peu de maquillage...

-Ça se voit

-Ah bon? 
Ça vous arrive de vous maquiller?

-Ça n'a jamais existé chez moi.

-Ah ! 
Est-ce qu'il y a des sœurs qui se maquillent ?
Ça faisait partie de mes questions, quand je suis arrivée. 
Est-ce que je pouvais me maquiller ?

-Je ne crois pas que ce soit le souci des sœurs.

-Si on se maquille, c'est pour l'autre.

-Non, pour soi.

-Je ne suis pas sûre. 
Oui, parce qu'on a l'image de soi, mais une autre peut se développer. 
Si on laisse tomber ça, il y a une image intérieure qui ressort.

-Vous me trouvez différente de vous, en tant que femme ?

-Vous êtes très féminine, donc ça ne peut nous faire que du bien, dans votre manière d'être. 
Ça nous apporte une fraîcheur, comme une jeune qui arrive au monastère. 
Elle arrive avec sa vie, sa naïveté, ses yeux tous neufs. 
Ça traverse la communauté.

-Vous avez le sentiment d'avoir renoncé à votre féminité ?

-Pas la cuisine. 

Rires.

-Le Seigneur nous demande beaucoup de renoncements.

-Lesquels ?

-De tout. 
Vous parliez de mariage. 
Le mariage, ça ne me manque pas. 
Pas beaucoup.

-Quel renoncement a été le plus difficile pour vous ?

-C'est de choisir, ou est-ce que je reste avec le garçon dont j'étais éprise ?

-Ça a été difficile ?

-Ben oui, forcément. 
Il faut renoncer à l'un des deux, mais il y en a un qui est plus fort quand même.

-Vous regrettez de ne pas vous être mariée ?

-Pas du tout.

-On est mieux entre sœurs qu'avec un mari ?

-Je ne pense pas ça. 
Si je regrette quelque chose, c'est pas les enfants, c'est le mari.

-Ça a été difficile de faire le deuil d'une histoire d'amour, d'une relation amoureuse ?

-Je n'ai pas eu de relation amoureuse, donc ça n'a pas été difficile.

-Pour moi, passé le temps de la découverte, les jours se suivent et se ressemblent. 
Levées à 4h du matin pour l'office des vigiles, la nuit silencieuse et calme favorise pour les sœurs la prière et la recherche de Dieu. 
A 5h, les sœurs étudient les Saintes écritures et s’imprègnent de la parole de Dieu. 
6h45. Office des laudes. Les cisterciennes louent le dieu créateur. Elles rendent grâce pour le jour qui se lève. Un prêtre célèbre la messe. 
A 7h45, les sœurs se réunissent pour écouter un chapitre de la règle de saint Benoît.

-Chapitre 71.
"Tous les jeunes obéissent à leurs anciens en toute charité et avec empressement."

-9h. C'est l'office de tierce qui se tient à la 3ème heure du jour.

-A 12h15, c'est l'office de sexte, la 6ème heure après le début du jour. Il marque le moment où le Christ a été crucifié. 
A 12h30, la communauté déjeune en silence, en écoutant la lecture. 
14h15. L'après-midi débute avec l'office de none, la 9ème heure. Ces temps de prière ponctuent la journée de travail et recentrent sur Dieu. 
A la fin de chaque office, les moniales peuvent converser rapidement entre elles, relever un message ou du courrier déposé dans leur casier. 
De 14h30 à 17h30, travaillent à nouveau. 
17h30. L'office des Vêpres marque la fin de la journée. Il commémore la création du monde. 
18h15. La communauté prend un repas frugal et rapide, une collation. 
19h30. Avec la prière des complies, pour un dernier office. Elles chantent leur confiance et leur abandon entre les mains de Dieu. 
20h. Le grand silence.

Au monastère, aujourd'hui ressemble à hier, et demain sera pareil. 
Ici, tout se répète indéfiniment. J'ai envie de rompre avec le silence. J'ai envie de mouvement. Je sais que ce n’est pas autorisé, alors j'ai eu l'idée d'aller frapper à la porte d'une sœur voisine. Je sais que ce n'est pas possible. La seule possibilité pour moi, c'est de rester dans le silence.

-Charlotte, vous êtes venue dans le but de découvrir notre communauté. 
Avez-vous découvert une vie "ailleurs" ?

-Pour moi, oui.

-Ça me change beaucoup de mon quotidien.

-J'imagine.

-C'est surtout le rythme.

-Ah ?

-Mais oui. Lever à 4h du matin, coucher à 20h. Ça ne m'est jamais arrivé. Ce qui m'a beaucoup changée de mes habitudes, c'est que c'est le même rythme, les mêmes horaires, les mêmes visages, parce que c'est la communauté, les mêmes tenues. Pour moi, il y a peut-être Un monde inattendu extérieur?

-Voilà. C’est-à-dire que tout est très structuré. Donc il y a comme une sorte de monotonie. Vous la ressentez aussi ?

-La monotonie, non.

-Je pense que la monotonie s'installe ou existe quand on reste à la surface des choses.
Je comprends que pour vous, qui êtes de passage, ce soit difficile de rentrer dedans. On ne peut pas le faire quand on se divertit, quand on est préoccupée par des tas de choses. C'est un long chemin intérieur de découverte de soi-même, des autres, et de recherche de Dieu.

-Quel conseil me donnez-vous pour poursuivre l'aventure à vos côtés, pour mieux m'imprégner de votre vie ?

-Continuez de vivre avec nous comme vous le faites, en vous laissant porter par le rythme, et je suis sûre que vous allez découvrir d'autres choses.

-Que suis-je censée découvrir?

-Je ne vous le dis pas.

-Donnez-moi un indice.

-Non.

-Allez!

-Non, non. 

Prière.

-Au-delà de mon propre désarroi, je prends conscience que l'austérité du monastère est moins dure que je ne le pensais. Les cisterciennes ont de l'humour et aiment rire.

-"La fin du monde, annoncée par une vaste rumeur qui a parcouru la planète, n'a donc pas eu lieu. Mais la fin du monde, en définitive, c'est pour chacun de nous la mort, même sans apocalypse. Cela mérite que l'on se prépare à la grande épreuve, celle qui sera la nôtre un jour." 

Médias. 

"Le mouvement de grève, très suivi à France Télévisions." 

Rires. 

"Des rediffusions ont remplacé des programmes prévus l'après-midi "sur France 5."

-Le travail des sœurs n'est pas seulement dédié aux tâches d'entretien. Elles ont une activité professionnelle. Elles produisent des préparations pour crèmes dessert. Les sachets conditionnés ici sont expédiés vers des boutiques, des grossistes et des grandes surfaces. Les ingrédients naturels et l'image monastique font le succès de ces entremets. Les sœurs affinent également des fromages. Selon l'ancienne tradition des moines de Port du Salut, elles veillent à la maturation des fromages, elles leur apportent les soins nécessaires.

-Ils ne sont pas uniformes. Ça va venir. Ils ont besoin d'un certain temps.

-La vente de tous ces produits doit assurer l'autonomie économique de la communauté.

-Nous vivons du travail de nos mains. L'activité par laquelle nous assurons nos besoins requiert sérieux et compétence, courage et audace, afin de maintenir l'équilibre de notre économie.

-C'est étonnant de vous voir travailler, alors que vous avez fait vœu de pauvreté.

-Il faut de l'argent pour se nourrir, pour payer le médecin, si nous en avons besoin, pour aller chez le dentiste, pour payer les impôts, et pour un tas de choses. Nous avons besoin d'argent, donc la vente du fromage est un gagne-pain. Cela permet aussi de financer les travaux de rénovation des bâtiments.

-Oui. Mère Abbesse ?

-C'est la vente des produits qui vous permet de financer ça ?

-Euh, oui. Des entremets et des fromages. Et puis, comme toute entreprise, on fait un emprunt important, sinon on ne pourrait pas le financer. C'est un gros investissement, donc il faudra plusieurs années pour rembourser l'investissement.

-Vous êtes comme une PME.

-Tout à fait.

-Vous gérez beaucoup d'argent.

-Euh, oui, mais cet argent n'est pas à nous, on n'a pas de salaires. C'est une redevance versée pour la communauté. Aucune sœur n'a de salaire. C'est de l'argent qui est produit pour la communauté.

-On poursuit les travaux ? 
Demain, c'est Noël, le jour de mon départ du monastère. Dans la salle du chapitre, les sœurs se préparent à la naissance de Jésus.

-Face à moi, les moniales, prosternées à même le sol. C'est la première fois que j'assiste à une telle scène. Ce geste est rare. Il est vécu à des moments forts de la liturgie qui célèbrent la naissance et la mort du Christ, et aussi lors de l'engagement définitif d'une sœur dans la communauté. Sœur Annie, que s'est-il passé, à l'instant ? On annonce cette bonne nouvelle de la naissance du Christ par ce chant que vous avez entendu et qui situe l'événement dans l'histoire, comme le fruit d'une longue histoire humaine. Quand la chantre a proclamé: "Dieu fait homme", nous nous sommes prosternées, en signe de vénération et de communion à cette vie qui nous est donnée. C'est un geste fort, profond qui nous traverse et qui s'exprime par le corps. Le corps devient prière.

-Personne ne sait quand le Christ est né. L'Eglise a choisi une date proche du solstice d'hiver. La lumière du jour prend le pas sur les ténèbres de la nuit.
Les bougies symbolisent le jour qui se Iève. La mise en scène de la nativité n'est pas dans la règle de saint Benoît, mais l'installation de la crèche est un rituel important. Noël est l'une des grandes fêtes chrétiennes. L'événement est célébré lors de la grande messe de minuit. 
A 1h du matin, les sœurs se retrouvent pour partager en silence un chocolat chaud avec une brioche. C'est Noël. Alors que je savoure ce moment unique, je pense aux moniales qui reposent sous les croix blanches du cloître du monastère. Depuis mon arrivée, ces tombes me semblent créer un lien, entre la communauté d'hier et celle d'aujourd'hui. Quand on regarde par les fenêtres, on est toujours connectée aux croix. Ce lieu est chargé.

-D'émotion, de sentiments. C'est un lieu de tristesse. Pour nous aussi, c'est ça. Mais le cimetière, c'est un lieu de vie. Ça fait drôle de dire ça comme ça. On croit en la vie éternelle, donc on vit avec les soeurs qui sont décédées.

-Aucune n'est enterrée avec sa famille ?

-Non, aucune.

-Toutes reposent ici ?

-Oui.

-En entrant au monastère, vous faites vœu de stabilité.
Ça veut dire quoi?

-On choisit de rester dans cette communauté.

-Quand on fait vœu de stabilité dans un monastère, on y entre, on y vit et on y meurt.

-Quand on fait notre profession solennelle, c'est jusqu'à la mort.

-Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie.

-C'est un vœu de fidélité.

-Absolument. C'est l'une des expressions de la fidélité. On s'engage dans une communauté, avec ces sœurs-là, et le jour où elles ne nous plaisent plus, on reste quand même.

-Jusqu'à sa mort.

-Tout à fait.

-Je ne suis pas encore morte, donc je pense que je vais mourir ici.

-C'est beau de voir, au centre de notre cloître, de voir toutes ces tombes et de se dire : "Toutes ces sœurs m'ont précédée ici, ont vécu ici, "je peux compter sur les prières à elles aussi." Il y a une communion.

-La fête de la naissance de Jésus apporte la joie au sein du monastère. 
En ce 25 décembre, la salle des coules bruisse de mots échangés, de dialogues. Surtout, les regards sont pétillants et les sourires, radieux.

-Bon Noël.

-Merci. A vous aussi.

-Joyeux Noël.

-Que ça vous comble le cœur.

-Comment pourriez-vous définir votre rôle ? Un banquier aide à financer un projet, un professeur aide un enfant à s'instruire. Quel est votre rôle ?

-A quoi sert une fleur dans un champ ? Ça veut dire que, vu comme ça, A vue humaine, on ne sert a rien, on n'a pas d'utilité. Mais Dieu nous appelle à être là, à être un peu cette fleur dans un champ qui va faire les louanges de la nature. Personne ne verra la fleur, elle ne sert à rien, mais si elle n'était pas la, elle manquerait. On peut faire l'analogie.

-Au terme de mes 7 jours passés à l'abbaye de la Coudre, il est temps pour moi de quitter ce monde si différent.

-Au revoir, Charlotte. Je vous rends votre ordinateur, votre portable, que vous devez être heureuse de retrouver.

-Enormément. Je me demande pourquoi j'ai pris un sac aussi grand, pour mettre la même tenue tous les jours. Je ne savais pas à quoi m'attendre. J'ai voulu, comme vous, respecter le silence, l'éloignement, et respecter aussi la sobriété de la tenue. Je vous ai évité le défilé de mode quotidien. Ce n'était pas nécessaire.

-Souvent, les gens qui viennent nous voir ils veulent retrouver l'essentiel de leur vie. Et c'est important pour eux.

-Merci beaucoup. Je garde de très bons souvenirs de votre communauté.

-Merci.

-Dans le monde, on est plus portés aux choses extérieures, à l'image, à l'individualisme, aussi, beaucoup. Alors que nous, on a un désir de vivre ensemble. C'est le "ensemble" qui prend sens pour nous.

-Quand on part, comme ça... On sait que tout le monde va nous demander "Comment c'était ?" En même temps, on a envie de revoir tous ceux qu'on aime... Tu es heureuse ?

-J'ai pas l'air malheureuse.

-Au revoir. Merci.

-Pour moi, la vie...

-Va commencer !

-Je vous embrasse aussi.

-Je pense qu'on ne s'engagerait pas dans la vie monastique, si on n'avait pas cette conviction que nous nous engageons pour la vie éternelle.

-Merci d'avoir été guides initiatiques, sœur Béatrice... C'est quoi, la vie éternelle ?

-La vie éternelle, c'est la vie avec Dieu, c'est être toujours avec Dieu. Ça fait partie du réconfort aussi. Au revoir.

-Vivre au monastère, C'est... Vivre à fond de Dieu.

-Je pars. Derrière moi, ces femmes resteront sans doute ici jusqu'à la fin de leurs jours. Je les quitte, riche de les avoir rencontrées, mais sans regret. D'autres vies ailleurs m'attendent.


Article paru dans LA CROIX : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Sept-jours-dans-la-vie-d-une-communaute-cistercienne-2013-12-24-1080417
Sept jours dans la vie d’une communauté cistercienne :
Celui-ci permet de découvrir, à travers son regard et ses questions, la vie des 42 moniales cisterciennes trappistes qui ont choisi d’y vivre...

 

Lien sur le site de "Conscience 33" : http://www.conscience33.info/tv_sante.html#dans_un_monastere


 

"LE VRAI PROGRÈS, C'EST LA DÉCROISSANCE"
avec Pierre RABHI

Mercredi 18 décembre 2013 - Arte au Magazine de 20h : "28 minutes"


 

Présentation de l'émission :
http://www.youtube.com/watch?v=RcN2wkG3i7w (1’21)

 

 

Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/049880-067/28-minutes

 

Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152103277874932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=1&theater

 


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION :

"Comment l'humanité a-t-elle pu passer à côté de ce privilège qu'elle avait de vivre sur une planète vivante qui lui offrait absolument tout ?"
C'est la question existentielle que se pose l'agriculteur, penseur et écrivain, Pierre Rabhi dans "Semeur d'espoirs".
Un long entretien dans lequel ce grand défenseur de l'homme et de la terre, chantre de la "sobriété heureuse" et de la décroissance, nous livre son analyse sur des thèmes aussi variés que la religion, l'éducation ou le nucléaire, pour nous pousser finalement à "prendre conscience de notre inconscience".

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION (en partie) :

 

à partir de 27 secondes :

… Tout d'abord, place à Pierre Rabhi, apôtre de l’agroécologie depuis 50 ans, paysan philosophe, le gourou de José Bové et de Marion Cotillard.
Il est avec nous ce soir.
Pape vert ou graine de star ?
Bonsoir, Pierre Rabhi

. Êtes-vous une graine de star ?
Vous êtes devenu un gourou, quasiment.

PIERRE RABHI : Je n'ai absolument pas cherché à le devenir.
Je ne suis pas du tout dans cette posture.
Mais quand les gens réagissent à ce que vous proposez, ça vous satisfait et ça vous encourage.

ÉLISABETH QUIN : Je vous présente nos chroniqueurs.
On vous retrouve juste après l'Expresso moulu aux sentiments équitables.

{diffusion d’un film}

- Pierre Rabhi est algérien devenu français, musulman devenu catholique, employé de banque devenu poète, cancre devenu cerveau de l’agroécologie. Un mutant. Et comme dans tout bon scénario de fin du monde, le mutant a une mission. La sienne est de sauver la planète et donc l'humanité qui s’y trouve, grâce au jardinage.

PIERRE RABHI : Quand on peut jardiner, c'est un acte politique et de résistance.

- Le jardinage, c'est le pistolet laser de l'individu face au système.
Vade retro Monsanto et ton agriculture d’apocalypse.
Meurs, malbouffe javellisée.
Prends ça, pesticide cancérigène, légume de l'enfer arrivé en avion cargo, OGM qui asservit les paysans, monoculture qui spolie le tiers-monde et lui interdit de subvenir à ses propres besoins.
Dans cette guerre de religion, les Béton-Burger-Bagnole contre les Bois-Bio-Bicyclette, Pierre Rabhi a choisi sa tranchée.
Depuis son QG ardéchois, le stratège entend rendre son intégrité et son honneur à Mère nature, violée sans relâche depuis 50 ans, et prépare la reconquista de l'utopie sur le cynisme.
Vive le printemps arable !

{Fin de la diffusion du film}

ÉLISABETH QUIN : Thibaut Nolte s'est déchaîné pour 2 personnes cette année, le pape François et vous.
C'est un signe.
Vous croyez encore en l'utopie ?
Plus que jamais ?

PIERRE RABHI : Heureusement. Tout dépend de l’étymologie de l'utopie.
Le monde a toujours évolué avec des utopistes.
Les utopistes transgressent les règles établies qui nous pétrifient dans des conventions.
L'utopiste dit que faire autrement c’est possible.
C'est un non-lieu de tous les possibles.
C'est indispensable pour l'humanité.

ÉLISABETH QUIN : Quand on prend le mot humus, le mot humain et le mot humanité, il y a des racines communes ?

PIERRE RABHI : L'humus se produit par une voie chimique naturelle.
Les déchets sont recyclés et avec cet humus, la vie est relancée.
Là où meurt l'humus, la vie s'est éteinte lentement.

ÉLISABETH QUIN : Vous êtes un humaniste ?

PIERRE RABHI : C'est la même racine.
Rien ne se perd, tout se transforme.

- GUILLAUME ROQUETTE : Où est le levier qui va vous permettre de changer le monde à partir de cette écologie basique ?
On a le sentiment qu'il y a quelque chose d'inutile dans tout ça.
Vous avez créé l'association Le Colibri.

PIERRE RABHI : C'est vaniteux de croire que je puisse changer la planète à moi tout seul.
Le rapport entre les humains et la planète est un rapport erroné.
Aujourd'hui, l'humain est devenu dangereux pour la planète.
Donc destructeur de ce à quoi il doit sa propre continuité.
Y a-t-il une possibilité de mettre en accord la conscience humaine par rapport à une réalité humaine à laquelle elle doit irrémédiablement la vie ?

ÉLISABETH QUIN : Dans les années 1970, les écologistes aux États-Unis faisaient du terrorisme.
Ce n'est pas ce que vous faites.
On dit de vous que vous faites ce que vous dites.

PIERRE RABHI : Si je n'avais pas la possibilité d'incarner les utopies concrètement, je m'arrêterais de parler.
Est-on en mesure de proposer à la société dans son évolution des éléments tangibles qui rentrent dans les impératifs d'existence et de survie ?
Aujourd'hui, c'est comme si on était sur un bateau et que tout le monde discourait pour savoir comment éviter qu'elle se noie.

ÉLISABETH QUIN : Comment agir dans le sens de la décroissance, de la sobriété heureuse ?

PIERRE RABHI : L'Europe a généré une idéologie.
La première victime de cette idéologie a été l'Europe.
Les voyageurs voyaient des communautés organisées selon leur créativité les siècles passés.
L'Europe se serait asphyxiée si elle n'était pas allée conquérir les territoires des autres.
Je suis né en Algérie du Sud.
À l'époque, j'apprenais que mes ancêtres étaient les Gaulois.
Si ce n'est pas de l’endoctrinement, qu'est-ce que c'est?
Des sociétés détruisent leur culture, drainent les cultures des pays qu'ils ont conquis.

- GUILLAUME ROQUETTE : Mais ce modèle a sorti une centaine de millions de personnes de la très grande pauvreté.
Il y a aujourd'hui beaucoup moins de famine qu'il y a 100 ans.

PIERRE RABHI : Ne faisons pas occidentalo-centrisme. 
Il y a de plus en plus d'enfants qui meurent de faim.
C'est très difficile d'expliquer les choses en quelques minutes.
Le sujet aborde est immense. 
Quand on me dit que la faim dans le monde est due à la surpopulation, je bondis.
Un 5ème de la population de nantis consomme les 4/5èmes des ressources de la planète.
Je ne suis pas pour la prolifération illimitée de l'humanité, mais l'équation selon laquelle la faim dans le monde est due à la surpopulation est fausse.
 Je fais aussi partie des nantis qui mangent à leur faim.
C'est les ventres pleins qui ont ce genre de théories.
Mais les ventres vides ne sont pas de cet avis-là.

ÉLISABETH QUIN : Vous avez grandi musulman et vous est devenu catholique.
Dans votre livre "Semeur d'espoirs", vous dites qu'aucun monothéisme n'a envisagé la question environnementale.
Comment l’expliquez-vous ?

PIERRE RABHI : Je ne me l'explique pas.
Quand on prend une religion monothéiste, elles ont tout un credo fondamental : la terre a été créée par Dieu.
À partir de ce moment -là, elle est sacrée.
Je m’offusque de la voir polluée et dégradée.
Ça devrait être une fulmination terrible contre l'œuvre de Dieu.
On entre dans la profanation, c'est-à-dire supprimer le caractère sacré des choses.

ÉLISABETH QUIN : Vous publiez "Semeur d'espoirs".
Vous donnerez une conférence demain au Théâtre du Palais-Royal.
Merci, Pierre Rabhi.

 

Fin à 11 minutes...

 

Sur Youtube, présentation de l'émission :
http://www.youtube.com/watch?v=RcN2wkG3i7w (1’21)

Revoir l'émission en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/049880-067/28-minutes

Lien sur le site de "Conscience 33" : http://www.conscience33.fr/tv_sante.html#Pierre_Rabhi_18_12_2013


 

"Ces décroissants qui disent non à la consommation"

Lundi 16 décembre 2013 - TF 1 au journal de 20h

Photo

 

Revoir au lien : http://www.wat.tv/video/ces-decroissants-qui-disent-6kawv_2i0u7_.html (5')


 

Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152103277874932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=1&theater

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

 

C'est une idée audacieuse, provocatrice, diront certains, à l'heure où la France rêve de renouer avec la croissance.
Elle est défendue par les partisans de l'autre modèle, alternatif, qui refuse la société de consommation.
Pour ces militants, "moins" veut dire "mieux".

- Laissez votre corps. Ça va parler à votre insu.
On se libère la tête en coupant des légumes.

- L'invitation disait "Ouvert à tous. Venez avec votre économe."

- Le disco et la soupe, deux choses populaires qui vont bien ensemble.

- De toutes générations, ils sont plus d'une centaine, ravis de participer à ce que l'on appelle une Disco Soupe, épluchage, cuisson puis dégustation gratuite en musique.
Pas seulement un rendez-vous festif.

AURÉLIEN CULAT – COFONDATEUR DE « DISCO SOUPE » :- Les carottes, les patates, ce ne sont que des légumes qui devaient partir à la poubelle, en tout cas qui sortaient du circuit de distribution.

- 450kg de légumes sauvés de la poubelle.
La démarche séduit.
Largement consensuelle.
Signe aussi du succès d'un discours qui prône la décroissance.
Face à la pollution, la surproduction,  l’hyperconsommation, une théorie veut qu'il n'y ait pas de croissance infinie dans un monde fini.

Quelques figures se relaient pour la défendre. 
Paul Ariès est l'une de ces voix.

PAUL  ARIÈS :- C'est passer de cet objectif d'une augmentation du pouvoir d'achat, du niveau de vie à un raisonnement qualitatif, changer de style de vie.

- Pour rencontrer ceux qui ont sauté le pas, il faut quitter la route et suivre les maigres indices qui vous guident dans la forêt cévenole jusqu'à Sylvie Barbe, pionnière de la décroissance.
Cette ancienne couturière a opté pour une vie de quasi dénuement.
Sa maison est une yourte.

- Vous avez tout fait ?

SYVLVIE BARBE :- Oui. J'ai fait toute la structure en bois.
Tout ce qui est tissus, déco, isolation et couverture, j'ai tout fait moi-même.

- Sur un demi-hectare, elle estime disposer de tout ce dont elle a besoin.
La nature, sans la cultiver, lui donne de quoi se nourrir, se laver, se chauffer.
Tout le reste n'est que récupération.

SYVLVIE BARBE :-  C'est une vie proche des choses primitives, l'eau, le feu...
Avec la yourte, on est dans les éléments.
Je suis un cas extrême, je peux le dire.
Tout le monde dans la décroissance ne doit pas faire ce que je fais.
Mais c'est un exemple.

- Impossible à dénombrer, les décroissants n'ont pas tous le même mode de vie.
Moins radicaux, Millie et Xavier ont conservé une voiture, mais pas de frigo.
Et ils assument cette contradiction.
Ancien architecte des villes, Xavier cherche de nouvelles pistes.

XAVIER BARRULHET :- Les ardoises sont dans le mur en terre.
Elles chauffent le mur en terre.
Et par conduction thermique, ça chauffe la maison.
Depuis que l'on a mis ce système en place, on a gagné 4 degrés.
Je consomme donc la moitié de bois de moins que ce que je consommais avant.

- Des solutions individuelles que certains rêvent transposables au collectif.
Le maire de Grigny vient d'obtenir le label Ville lente à forte inspiration décroissante.

LE MAIRE DE GRIGNY :- Derrière la fumée, on voit les serres qui brillent.

- Des serres pour abriter le potager local et 42% d'espaces verts pour respirer.
Des zones de tri, de déchets et de compost avec récupération des eaux de pluie.
Priorité aux modes doux pour se déplacer.
6 écoles, une maison médicale, pour le bien-être des habitants, car ici, c'est eux qui décident de tout.

A Grigny, le budget municipal est participatif.
C'est comme ça que les habitants ont voté pour une monnaie locale.

LE MAIRE DE GRIGNY :- Le grigneuro est calqué sur l'euro. Si on utilise la monnaie locale, on ne peut consommer que localement.
C'est intéressant.

- C'est décroissant ?

- Oui. Si vous consommez localement, vous l'utilisez, vous obligez à produire localement.

- Mais la grande fierté du maire de Grigny  A la question "Qui aime les carottes râpées ?
Réponse hautement  improbable, tous lèvent la main.
Ce n'est pas normal.
400 repas sont proposés ici chaque jour.
Avec l'exploit quasi unique en France de faire des repas bio et locaux.  
Quand la décroissance s'occupe aussi de la formation des papilles...

 

L'émission est aussi présentée aux liens :
http://videos.tf1.fr/jt-20h/2013/le-20-heures-du-16-decembre-2013-8329276.html (à la 17ème minute)
et
http://videos.tf1.fr/jt-20h/2013/ces-decroissants-qui-disent-non-a-la-consommation-8331892.html

 


 

Nous vieillirons ensemble : "LA SAGA DES BABAYOGAS"

Mardi 10 décembre 2013 - France 5 à 20h35

Nous vieillirons ensemble : "LA SAGA DES BABAYAGAS"
De : Jean-Marc La Rocca

L'émission : Thérèse Clerc, 86 ans, a imaginé un lieu de vie alternatif pour femmes âgées.
Elle est partie d'un constat très personnel : le système de prise en charge des personnes âgées génère de la dépendance.
Elle a alors proposé un habitat autogéré, la Maison des Babayagas, qui pourrait réduire la facture de la dépendance des du troisième (et quatrième) âge de manière drastique et salutaire.
Après douze années de luttes, le financement de la maison a enfin été débloqué.
Puis est venue l'inauguration, suivie du plus difficile peut-être : réussir à faire vivre le projet et inscrire les Babayagas au centre de la vie sociale du quartier.
Voir jusqu'au 17.12.2013 en replay :
http://www.france5.fr/emission/nous-vieillirons-ensemble-la-saga-des-babayagas/diffusion-du-10-12-2013-20h35 (52'35)
http://pluzz.francetv.fr/videos/nous_vieillirons_ensemble.html (52'35)

Suivie de l'émission Le monde en face : "QUEL HABITAT POUR LES SENIORS"
Présentée par : Carole Gaessler
L'émission : Après la diffusion du documentaire «Nous vieillirons ensemble, la saga des Babayagas», Carole Gaessler s'entretient avec Carole Renucci, directrice de la rédaction de «Notre Temps», et Christiane Barmelle, créatrice de l'association « Cocon 3s», pour évoquer cette thématique.
Voir jusqu'au 17.12.2013 en replay :
http://pluzz.francetv.fr/videos/le_monde_en_face_,93262894.html (13'43)

Article de "20 minutes" (avec vidéo de 0'38'') :
« La saga des Babayagas » : « Nous ne sommes plus les braves vieux, nous sommes un marché »
http://www.20minutes.fr/television/1261485-20131210-la-maison-babayagas-nous-plus-braves-vieux-marche

Bande-annonce (0'39) :
http://www.programme-tv.net/videos/bandes-annonces/22481-nous-vieillirons-ensemble-la-saga-des-babayagas/


Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152088301104932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=1&theater

 

Site des Babayagas : http://www.lamaisondesbabayagas.fr/

Site de "Cocon 3 s" : http://www.cocon3s.fr/

Forum Cocon 3 s : http://cocon3s.lebonforum.com/ et ancien forum : http://www.cocon3s.fr/index.php?option=com_wrapper&view=wrapper&Itemid=66

Source de la transcription écrite : http://telescoop.tv/browse/379247/2/nous-vieillirons-ensemble-la-saga-des-babayagas.html?q=babayagas


RÉSUMÉ :

Thérèse Clerc, 86 ans, a imaginé un lieu de vie autogéré pour des femmes du troisième et quatrième âge : la Maison des Babayagas.
Après douze ans de lutte, celle-ci voit enfin le jour à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
La Maison des Babayagas est un projet d'ouverture sur la ville : les résidentes organiseront des activités culturelles ou festives en faveur du quartier.
Ce sont vingt femmes qu'il a fallu convaincre de déménager pour venir consacrer bénévolement dix heures hebdomadaires à l'animation de l'association.
Pas si simple !
Les babayagas parviendront-elles à transformer l'utopie en innovation sociale ?

Documentaire français de J.-M. La Rocca

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bienvenue dans "Le monde en face".
Vivre sa vieillesse autrement, loin des maisons de retraite, c'est le pari des Babayagas : des femmes de 60 à 90 ans qui s'autogèrent dans un immeuble de Montreuil en région parisienne.
Un concept novateur imaginé par Thérèse, féministe qui veut rester maîtresse de sa vie, jusqu'au bout.

-La Maison des Babayagas, c'est vieillir autrement.
C'est une vieillesse traitée autrement: ce n'est pas une pathologie.
La vieillesse est un très bel âge, une très belle période.
C'est l'âge de la pleine liberté.

-La pleine liberté. "Nous vieillirons ensemble, "la saga des Babayagas", un film de J.-M. La Rocca.
On se retrouve après pour évoquer le défi du vieillissement de la population.
En 2050, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans.
A tout à l'heure.

-Voici les Babayagas.
Des vieilles dames qui veulent changer le monde et y parviennent.
Elles ont réussi à faire financer une maison de retraite par des fonds publics.
Elles annoncent une révolution inéluctable.
En 2050, le tiers de la population française "Nous allons changer l'image des vieux "dans la société et montrer que la vieillesse "peut être le plus bel âge dans la vie, "l'ouverture aux autres et l'intelligence."
Une utopie peut-être, à laquelle les politiques accordent cependant toute leur attention.

-Je suis Odette Menteau.
-Claude Kéroche. Je suis arrivée le 18 décembre.
-J'ai rejoint les Babayagas au mois de décembre.
-Je suis ravie d'avoir abandonné le soleil pour...
-J'occupe l'appartement numéro 11 au 2e étage.
-Je suis rentrée lors de la 1re fournée.-Je suis heureuse d'être là, je me sens très bien.
-Je suis Thérèse Clerc.

-En 2025, la dépendance des vieux coûtera 30 milliards d'euros par an.
Un gouffre que personne ne sait comment financer.
T. Clerc affirme que c'est le système de la prise en charge qui génère de la dépendance.
Elle a imaginé, il y a 17 ans, "la Maison des Babayagas".
Une maison pour personnes âgées totalement innovante, entièrement autogérée et sans personnel médical.
Thérèse dit que c'est en restant actives, solidaires et intelligentes que les Babayagas vivront en bonne santé.

-Je voudrais que ce soit un lieu de paix et de bonheur.
Il va falloir inventer des méthodes pour que les discussions ne soient que des débats constructifs.
C'est ce que je nous souhaite.
La Maison des Babayagas, c'est vieillir autrement.
C'est amener peu à peu La vieillesse n'est pas une pathologie, c'est un très bel âge, une très belle période.
C'est l'âge de la pleine liberté.
Une liberté que nous n'avons jamais connue avant car nous étions corsetées par ce qu'il fallait faire ou non.
Là, on s'en fout.
C'est 21 logements pour 21 vieilles femmes, construits par les HLM dans le cadre des logements sociaux.
Cette idéologie de "la vieillesse égale maladie" fait que les pouvoirs publics créent de la dépendance.

-Quand j'ai rencontré Odette, elle habitait un foyer-logement pour personnes âgées, très à l'écart du centre-ville.
Comment tu t'y trouves ici ?

-Ben écoute... Si j'aimais vraiment le calme et ne rien faire, ça serait l'idéal.
Mais on est un peu loin du centre.
Sinon il y a un beau parc sur la droite.
Mais, ici, il n'y a pas de projet Babayagas.
Ce sont des personnes qui restent dans leur appartement.
Ou si elles sortent, elles vont faire quelques courses aux petits commerces du coin.
Et ça leur suffit.
Le projet est très important.
Je tenais à en faire partie.
C'est vraiment quelque chose d'innovant.

-Qu'est-ce qui t'intéressait ?

-C'est de vivre dans un lieu où il n'y a que des femmes et où on fera des choses ensemble, partager.
Un lieu ouvert sur la ville.
Moi, j'aime l'enseignement.
Je sais qu'aux Babayagas, je serais très contente de faire profiter des personnes de ce que je sais.
Quand je vois le camion de déménagement arriver, j'ai quand même le cœur qui bat un peu plus vite.
Je ne détestais pas cet appartement.
Mais je préfère cent fois plus aller aux Babayagas, c'est certain.
Toutes mes économies sous le matelas, comme les vieux.
Je suis vieille, c'est ce que je fais.
C'est très haut.
Ils ont fait ça pour des géants.
C'est quoi ? Voilà.

-Je me disais si je déménage mais je déménage où ?
J'ai fait le tour de mes 3 enfants en disant peut-être là, peut-être là-bas.
J'ai vite senti qu'ils n'avaient pas besoin de moi.
Comme j'ai fait en sorte qu'ils soient autonomes, c'est normal, ils ont une réaction normale.
Ils n'ont plus besoin de maman.

-Alors ?

-Départ vers l'inconnu.
Vie nouvelle.
Plein de choses qui arrivent.
C'est bien.
Arrivé un moment, même à un certain âge, il faut changer, bouger.
On ne peut pas rester des années et des années au même endroit sans se poser de questions.
Ça, ça ira là.
Le lit va aller dans la chambre.
Le secrétaire de mon papa, où je vais le mettre ?

-Vivre autrement, c'est important ?

-Oui, oui. La vie de tous les jours est assez triste, des fois.
Si on ne la vit pas autrement, c'est encore plus triste.
Surtout quand on est seul.
Quand on est en couple ou avec de la famille autour, ça va mais quand on est seul...
Certains jours, on se demande ce que l'on fait là.

-A 75 ans, sur 10 femmes, il y a 8 femmes seules qui vivent dans une solitude atroce.
Qui, pour cause de maternité, de temps partiel contraint, de petits boulots, n'ont pour survivre que 900 € par mois.
Alors que les hommes ont 1 550 € par mois.
Ça explique notre vouloir d'être des femmes d'abord.
Ces femmes pauvres sont logées par des HLM qui ne sont pas chers.

-Alors VI... V.I. Vielles. V.I.E.I.L.L.E.S. C'est ça.

-On a commencé sous la pluie.

-A quelle heure ?

-3h30 du matin.-Tu étais où ?

-A Montpellier.

-Bon aménagement.

-Au revoir. Bon maintenant, il faut vider le camion.
Ça, c'est autre chose. J'étais en Provence au soleil, certes, mais j'habitais une résidence de personnes âgées avec une salle commune où il y a des jeux, un restaurant en dessous.
Mais il n'y avait pas tellement de communication entre les habitants de l'immeuble.
Voilà.
On va laisser infuser un peu.
Ce qui m'a plu aussi, c'est ce projet de continuer à être citoyenne jusqu'au bout.
C’est-à-dire s'ouvrir à la ville, au quartier.
Ce n'était pas le cas là où j'habitais.

-Je suis très, très heureuse. Je suis bien, j'ai de la lumière.
Et il y a une vie de communauté.
Ici, ça discute, ça papote, j'apprécie beaucoup.
Il y a quelque chose que notre société est en train de perdre complètement, c'est le savoir-vivre ensemble.
On est dans une société très individualiste.
La Maison des Babayagas, c'est aussi réapprendre à vivre ensemble.
Dans une unité de lieu.
Ça ne peut pas se faire sans grincements.
Les caractères sont bien trempés.

-Afin d'aider les Babayagas à compléter leur groupe, l'office HLM a organisé des rencontres avec des femmes en demande de logement.

-On peut se décaler encore un peu, mesdames ?
C’est un projet de vie collective.
On a 21 logements.
En bas, on a une université populaire.
Ça me semble être le véritable intérêt de la Maison des Babayagas.
Bien entendu, ça va donner beaucoup de travail.
Ça va être une maison de quartier où il y aura énormément de passage. On y fera du cinéma débat, des conférences débats.
Aussi des fêtes avec les voisins, avec le club seniors.
On va faire des sorties, des balades.
La vie est à nous, mais une vie intelligente. 
Grenoble ?
Ça, c'est la gloire !

-Le projet suscite un tel engouement que Thérèse est sollicitée dans toute la France pour le présenter.

-Ça m'est égal de prendre des cars ou des trains.
Je suis votre homme.

-C'est mignonnet.
Pour une jeune étudiante, c'est parfait.
Vu mon âge, ça me suffira.
Les grandes maisons, j'ai donné.
Maintenant, c'est terminé, on va se restreindre.
C'est beaucoup mieux.
Ça me suffit, j'aurai assez pour faire le bazar.
Je suis une femme de communication.
Je pense m'ouvrir sur l'extérieur en côtoyant les gens du quartier.
Il y a beaucoup d'ethnies à Montreuil, c'est évident.
Pourquoi ne pas participer à ce que ces femmes puissent venir, faire un genre d'échanges ?
Elles apporteront leurs traditions.

-Un atelier cuisine ?

-Oui, justement panaché par toutes ces ethnies.
Ça peut être intéressant de faire un genre de "mixage".
Pourquoi pas ?

-Ça commence à être habité. Il y a des chaises, des tables, un lit.
Voilà, c'est bien.
Il y a 13 ans qu'on a rêvé a cette maison.
17 ans que j'ai écrit le projet.
Mais tout arrive.
Il faut être pugnace.

-C'est la canicule de 2003 qui donne à Thérèse la 1re occasion d'exposer son projet dans les médias.
Lorsque je commence à filmer en 2006, la Maison des Babayagas n'est qu'une utopie, que Thérèse et ses compagnes tentent de définir.

-Ce que je ne veux pas dans la maison : traîner en savates, ne pas être soignée, une discipline de fer. et je ne veux pas de hiérarchie.

-Manque d'hygiène, laisser-aller, trop d'autoritarisme.

-Je trouve que c'est un enjeu très osé que nous faisons.
De vouloir vivre ensemble en harmonie notre vieillesse.
C'est pas facile.

-L'avenir, c'est l'autogestion, c'est s'inventer sa propre maison de retraite.

-Absolument.
C'est s'inventer sa vie.
Tout individu devrait un beau jour dire zut au conformisme et à toutes les valeurs qui m'ont élevée.
Moi, je veux vivre une vraie vie, ce que j'ai fait.
Mai 68 a été pour moi la charnière de ma vie.
Je suis née à autre chose.
J'ai claqué mes engagements conjugaux qui avaient duré 20 ans.
J'avais quand même fait 20 ans.
J'ai pris mes 4 gosses et on est partis à l'aventure.
Le désir, c'est un sirop de jouvence qui vous maintient intelligent et ouvert sur le monde, beaucoup plus que les petits vieux devant leur télé.
De cette vieillesse-là, je n'en veux pas.

-Dès la fin 2003, Thérèse avait convaincu J.-P. Brard, alors maire de Montreuil.
Il lui avait réservé un terrain en plein centre-ville.
En 2007, les Babayagas y posent une 1re pierre.

-C'est sur cette pierre-là que je bâtirai la Maison des Babayagas.
Les portes de l'enfer administratif et politique n'auront pas raison d'elle.

-Puis Thérèse a rallié à ses côtés une ministre, Christine Boutin, qui n'est pas de sa couleur politique.

-On s'est déjà vues ?

-Oui, sur un débat droite-gauche.

-Vous vous êtes vues il y a 40 ans, peut-être face-à-face comme amomdhm

-Pourquoi ?

-Quand elle était au MLAC.
Vous êtes 2 femmes de convictions.

-Quand on a les parents âgés sur le dos, c'est très lourd.
On se demande quand ça va se terminer.
C'est immoral.
J'ai pensé à qui est une maison autogérée, citoyenne, solidaire et écologique.
Mais le Conseil général nous refuse les crédits car c'est un projet innovant.
Nous trouvons la pilule amère car on va avoir besoin de projets innovants.
Vous n'êtes pas sans savoir que nous allons être 17 millions de vieux demain et 30 % de la population en 2050.
Donc, nous avons besoin d'une décision politique.

-Tu te souviens ?

-Ah ! Si je me souviens...
Si je veux voir la construction, il faut que je me cramponne !

-Les Babayagas continuent de travailler et organisent des colonies de vacances pour apprendre à vivre ensemble.

-Quel bonheur !
C'est la 1re fois que je fais ça, que je cueille des raisins sur des vignes.

-Ça fait 4 ans et demi que je suis seule.
J'ai aidé 2 maris à être malades, à mourir.
Je me dis que peut-être, je pourrais refaire ma vie.
Pendant 5 ans, j'ai répondu à des annonces, je suis tombée sur des... Ils cherchaient des bonnes ou ils étaient alcooliques.
J'ai dit : les hommes, c'est fini pour moi.
Je vais voir si on peut vivre entre femmes plutôt que de vivre seule.

-Sur quels critères tu vas choisir tes nénettes ?

-Il y a des gens qui peuvent adhérer à ce projet de vieillir ensemble, sans savoir si elle a été militante de quelque chose ou pas.

-Alors là...

-Moi, c'est ce que je pense.
Sinon c'est discriminant.

-Alors on va accueillir la mère de Marine Le Pen qui a notre âge.

-Il n'y a pas d'intérêt.

-Mais au bout de 6 ans d'une vie conviviale et centrée sur le projet, un conflit éclate.
L'installation d'un spa, un bain bouillonnant de 12 places prévu dans l'espace collectif de la maison, divise le groupe.

-Il y a environ 4 ans, nous avons eu 35 000 € de subventions pour acheter un spa.
La fondation des Caisses d'épargne et la fondation Vinci ont bien marqué que c'est pour faire du lien social.

-Je trouve choquant que tu nous dises que ce spa sera ouvert à ceci, à cela, alors que ça n'a jamais été discuté, que ce spa serait ouvert à l'extérieur.

-"Il s'agit pour nous de mieux appréhender l'impact "de votre action en matière de lutte contre l'exclusion."
C'est marqué en toutes lettres.

-Je découvre aujourd'hui que tu as vendu l'idée du spa avec l'idée derrière la tête que ce soit ouvert à l'extérieur.
Sans que ça ait été accepté par qui que ce soit des Babayagas.

-Mais non, je t'ai montré tous les courriers.
Maître Frénel qui demande effectivement des comptes.
Il faudra les rembourser.
Ne me dis pas que tu ne sais pas.

-Je ne veux pas être ouvreuse de spa. Je ne veux pas, à 82 ans, 2 ou 3 fois par semaine, faire ce boulot et avoir cette responsabilité.
S'il y a un pépin, c'est vers celles qui seront là qu'on va se retourner.
L'affolement, l'émotion sera là.

-Le1er projet, c'est ce qui m'avait beaucoup plu, c'est qu'il y allait avoir une bibliothèque.
Un lieu qui nous serait destiné à nous-mêmes, toutes seules.
Et ça, fini.
Vous payez la surface pour le spa.

-Tu la paieras.

-Je la payerai pour mon plaisir et pas pour quelques Babayagas qui iront faire 20 mn par jour, et encore pas sûr, 360 jours par an.

-Quand les loyers ont été donnés, le loyer du rez-de-chaussée qui se monte à 2 350 € avec les charges et les frais de fonctionnement, il y a eu une grande émotion car la plupart des copines se sont dit : je ne sais pas combien ça va me coûter d'entrer dans cette maison.

-Ainsi, derrière la question du spa se posait le problème du loyer très élevé des locaux collectifs. Quand les Babayagas ont appris que chacune devrait payer une centaine d'euros par mois en plus de son loyer, une grande inquiétude s'est emparée du groupe.
C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'a commencé le conflit.
Celui-ci dure plus d'un an.
Il est d'une telle violence qu'en septembre 2011, 13Babayagas sur 16 donnent leur démission.

-Les différends qui se sont élevés m'obligent à cette solution extrême.
A chacune d'entre vous, je souhaite une belle et bonne vieillesse malgré le grand choc que nous avons subi, en voyant s'effondrer nos espoirs de la passer ensemble.
Je vous embrasse.
Voilà ma lettre de démission et toutes les lettres des Babayagas.

-Odette décide de poursuivre l'aventure avec Thérese.

-On redémarrera quelque chose, je vous l'avais dit.
Que ce soit avec vous ou, si vous ne voulez pas, sans vous, et je reste Babayaga.

-Eh bien écoute...

-Ainsi se termine le 1er chapitre de la saga des Babayagas. Ironie de l'histoire, un mois après la scission du groupe a lieu la pose de la vraie 1re pierre.
En présence de D. Voynet, nouvelle maire de Montreuil.

-Pendant la campagne électorale municipale de 2008, j'ai pris l'engagement devant T. Clerc et les Babayagas de tout faire pour que leur projet aboutisse.
J'ai pris cet engagement alors que Thérese, c'est un euphémisme, ne comptait pas parmi les soutiens à mon élection à la mairie

-C'est la démocratie.

-J'ai pris cet engagement car je suis convaincue que ce projet porte en lui les germes d'une nouvelle approche des politiques de vieillissement et de la place des personnes âgées dans la société.

-Vive l'utopie car c'est aussi une révolution, camarades.

-Les relations politiques entre T. Clerc et la municipalité ne sont pas simples. S. Maire, directeur de cabinet de D. Voynet, suit le projet depuis le début du mandat.

-On fait tout ça et tu nous tapes dessus.
Je ne comprends pas.

-Montre-moi les écrits où je vous tape dessus.

-Les oraux, ça suffit.
Des personnes nous disent : vous bossez avec T. Clerc, si vous saviez ce qu'elle raconte sur vous.

-J'aimerais bien qu'ils écrivent, ces gens-là.

-Je leur ai dit mais ils ne le feront pas.
On ne te demande pas de dire "vive Voynet", c'est pas le sujet.
Mais ne tape pas dessus, c'est injuste.
Taper dessus sur le projet des Babayagas, c'est pas juste.
Thérèse est à la fois la force et la faiblesse de ce projet. Sans elle, un projet de ce type-là n'aurait pas pu voir le jour.
Sans son charisme, sa détermination, son obstination.
Sans son talent.
Jamais on aurait eu un projet comme celui-ci.
Et en même temps, à plusieurs reprises, c'est encore le cas aujourd'hui, le projet est susceptible de capoter purement et simplement à cause de l'obstination, du charisme, de la détermination sans faille et un peu bornée de Thérèse Clerc qui, quand elle a une idée, n'en change pas du tout, malgré les arguments, les contextes qui changent.
Ça montre aussi toute la difficulté qu'il y a dans la constitution de ce type de projet, d'innovation sociale, etc., sur le facteur humain.

-Salut ! Tu vas bien ?

-Quand le chantier démarre enfin, tout va très vite.
Mais les Babayagasne sont encore qu'une poignée

-Ce sera l'entrée du rez-de-chaussée.

-Aux côtés de Thérese, Odette et Dominique apportent au projet un nouvel élan.

-Allez, une petite promenade. La la la la la la la.

-Le 1er défi pour Thérèse et ses compagnes est de reformer un groupe cohérent en quelques mois.

-Recruter 15 Babayagas d'ici un an, c'est un bon challenge.

-Pendant ce temps, la maison sort de terre. Julie Gauthier, chargée de l'opération à l'office HLM, anime la visite du chantier.

-On ne voit pas tous les logements, on va juste voir le logement le plus avancé.
Il n'est pas terminé.
Vous aurez une idée de l'agencement de vos appartements.

-On est 12.
Il faut encore 9 places et ça ne se trouve pas comme ça.
C'est là où je m'aperçois que la Maison des Babayagas, c'est pas...
C'est difficile à recruter, les Babayagas.
Quand on leur dit : si vous rentrez chez les Babayagas, il faut signer une charte et vous n'êtes acceptée que si vous avez signé la charte.
Or la charte stipule qu'il y aura 10 h par semaine à donner.
Il y a beaucoup de Babayagas qui s'étaient dit : chouette, je vais avoir un logement, et leur projet, on s'en fout.

-Le partenariat avec l'office HLM implique des engagements réciproques.
Pour son directeur, il est important que les logements soient attribués le plus vite possible.

-A la sortie de la commission d'attribution, il restait 4 logements à attribuer.

-Au bout d'un moment, il faudra que nous, on remplisse les logements.
La perte, elle n'est pas négligeable pour l'office.

-Là, Thérèse...
On s'inquiète.
Thérèse s'inquiète, mais nous aussi.
On se dit que la Ville va nous imposer n'importe qui.

-Il y a des nouvelles dames qui viennent, ça m'enchante.

-Comment ça va ?

-Un peu stressée, pour les mêmes raisons que Thérèse.

-Il faut déjà avoir lu le papier qu'on vous a donné tout au début.
Il faut adhérer à ces idées-là.
Et on vous donnera un autre rendez-vous.
C'est pour ça que vos coordonnées étaient importantes. Pour parler avec vous, pour se rendre compte si vous êtes intéressée et si vous êtes intéressante pour être Babayaga.
Il faut être honnête.

-Angela.

-Vous êtes dans les jeunes de moins de 30 ans !

-C'est gentil.

-C'est pas ça ?

-Non. J'aimerais bien.

-63 et toi, 61.

-On est comme vous, Thérèse, on ne fait pas notre âge.

-Vraiment pas.
Je change de cap.
Je démarre une nouvelle vie.
Avant, j'ai vécu 7 mois dans une chambre, dans une sorte de foyer.
Une résidence pour personnes âgées.
Ça donnait sur la route, c'était très bruyant.
Sans double vitrage.
Ici, c'est un palais en comparaison.
Je me suis mariée en 1976 et ça a duré jusqu'en 1983.
C'était un moment heureux de ta vie ?

-Il y avait des hauts et des bas.
Dans l'ensemble, c'était pas la personne qu'il me fallait.
C'était pas évident.
Depuis, je ne me suis pas remise en ménage. J'ai eu des flirts mais...
Je ne me suis pas remise en ménage mais ça ne me dérange pas.
Je dépérissais là où j'étais.
Je ne suis pas du genre suicidaire mais je crois que j'aurais eu une dégradation de mon état de santé.
Je sais où ça aurait mené.
Ma fille se faisait beaucoup de soucis pour moi. Là, elle est soulagée.
Elle peut continuer sa vie sans avoir à se soucier de moi.
C'est trop émouvant.
C'est un grand soulagement.

-Au fil des semaines, la maison finit de se remplir.

-Ca, c'est le sac des années 70.
Regarde ça un peu.
Tu as vu, Christiane ?
C'est fait avec un jean.

-On dit des capricornes qu'ils rajeunissent avec les années.

-C'est pour ça que je me sens...

-J'ai rencontré une conteuse qui contait les Babayagas.

-Vous avez une chanson.

-Une chanson et un conte.

-Il y a des centaines de contes.
La Babayaga, c'est une sorcière.

-Elle mangeait les petites filles.

-Plonger les femmes que dans la maternité, c'est une imposture sociale.
C'est pour ça que j'aime bien qu'elle mange les petits enfants.
J'entends encore toutes les femmes qui m'ont téléphoné en disant : je voudrais me rapprocher de mes enfants.
Ça ne suffit pas pour faire une Babayaga.
Mangez-les, on vous prendra après ! "Je n'ai plus de dents!" va-t-elle me répondre.

-Je ne vous cache pas qu'on a eu quelques frayeurs sur la capacité de relancer ce projet.
Et de vous voir toutes là, dire que tout va bien, à part des soucis de téléphone, c'est extrêmement motivant.
Ça veut dire que c'est réel et qu'on a réussi quelque chose.

-Surprise !

-Bonjour.

-Je suis si contente de vous voir.

-Merci, c'est gentil.

-En venant saluer les pionnières de Montreuil, N. Belkacem, ministre du Droit des femmes, souligne l'envergure nationale du projet des Babayagas.
Dans l'avenir, pour l'Etat, c'est la perspective de substantielles économies.

-On vous laisse continuer. Merci pour ce que vous faites.

-C'est ici qu'habite Thérèse, à 2 pas de la Maison des Babayagas.

-Ce matin, en me levant à 9h, je l'ai retrouvée comme elle est là, allongée.
Je pense qu'elle est morte.
Bon...
C'est comme ça que les choses finissent.
Bon, je m'habille.
Si je peux louer mon petit appartement, ça me permettra de payer mon loyer à la Maison desBabayagas.
Là, ça ira.
Mais suivant la loi, on ne doit pas être propriétaire pour avoir un logement social, je ne peux pas y rentrer.
Ça me fait mal au cœur car tout était prêt.
J'avais même un appartement.
Mes copines m'avaient octroyé l'appartement le plus grand. Mais bon, je resterai chez moi, tant pis.

-Ça n'a pas l'air de te désespérer totalement.

-Oui parce que quand tu habites depuis 40 ans un appartement, à 85 ans, quitter les lieux...
J'ai mes vieux murs, mes vieux souvenirs.
J'ai toute la vieillerie qui m'accompagne.
Je ne rentrerai pas chez lesBabayagas dans un appartement babayaga mais je serai quand même chez et avec les Babayagas.
De manière à pouvoir mettre au point cette université populaire qui me tient à cœur.
C'est ce qu'il y a de plus intéressant et de plus novateur dans une maison organisée par les vieilles.

-L'université de savoir des vieux est le cœur du projet des Babayagas.
Mais le montant du loyer des locaux collectifs pose toujours problème.

-On a décidé de donner 50 €, comme une provision pour la salle du bas.
Le loyer va être, on le sait, très cher.
Normalement, ce serait plus de 100 € chacune.
Comment être sûre que les 21 vont payer ?

-Tu n'en es pas sûre, nous n'avons aucun pouvoir juridique.

-Alors, on ne pourra pas payer la salle.

-Il ne faut pas être négative. 
On ne peut pas amener un projet aussi novateur et nécessaire au quartier sans que les pouvoirs publics n'investissent aussi dans le fonctionnement.
Nous fournissons 200 h de bénévolat toutes les semaines.
Nous fournissons la matière grise pour créer les programmes. Nous faisons toute la communication et du lien social.
Non, on ne peut pas payer encore 2 000 €. Il faut que les pouvoirs publics se rendent compte qu'un projet innovant, de cette envergure, pour le plus gros électorat de France, ils doivent payer absolument le fonctionnement.

-Je suis pour le lien, la convivialité, faire des fêtes, des soirées d'humour, danser, chanter, etc.
Je peux amener des gens du SEL qui ont de l'expérience sur le bien-être, la nutrition...
'C9 que Je peux apporter, quelque chose de très utile pour les vieilles qui se promènent toutes seules le soir quand elles rentrent chez elles, des cours de self-défense.

-Je suggère des cafés citoyens, certaines sont d'accord avec moi.

-Il faut une animatrice, des sujets bien déterminés.
C'est du boulot.
Oui, je sais.
Mais on pourrait faire ça aussi.
J'en ai pas mal.

-Tu as recommencé à peindre ?
J'ai pas le temps pour l'instant.
Quand un groupe se forme, il y a forcément une recherche de pouvoir.
Et au départ, ça tire de tous les côtés.
Car, justement, il n'y a pas cette espèce de gouvernance qui est en place.
Pour moi, c'est capital au départ.
Il faut qu'on mette en place cette gouvernance et qu'elle soit collégiale pour inclure tout le monde et ne pas mettre quelqu'un de côté.

-Moi, je démissionne.
Vice-présidente, allez-y !

-Pour la présidence, T. Clerc, il n'y a pas de souci ?

-Oui.

-Avec simplement un point, c'est que si nos statuts changent et qu'on se met en collégiale, on n'a plus "président", "vice-président"...
Tout le monde aura le même grade.

-Est-ce que la présidente a tous les pouvoirs ?
Ou est-ce que nous avons le pouvoir de nous prononcer sur les décisions prises pour l'association ?-
La collégiale signifie que les gens qui sont autour de la table ont plus de pouvoirs, qu'il n'y en a pas un qui se déclare chef et qui a l'essence divine, qui fait la pluie et le beau temps.

-En étant dans l'autogestion, la collégiale... c'est une déclinaison.

-Oui, bien sûr.

-Moi, je suis pour une collégiale.
Collégiale aussi ?

-Moi aussi, je connais déjà ça.

-Collégiale.

-Une majorité est pour.

-C'est pas fini !

-Je suis pour la collégiale.

-Moi aussi, pour ma 1re expérience de collégiale.
-Je suis pour la collégiale, absolument.

-Je fais de la glace au café avec du Baileys dedans.
Là, tu commences à croire en Dieu.
La démocratie est très dure à appliquer chez les Babayagas.
C'est un projet totalement innovant et c'est moi qui l'ai pensé.
Depuis 14 ans, j'ai travaillé comme une bête pour ce projet.
Je vis assez mal que les femmes qui sont entrées depuis 2 mois, 8 jours, remettent en cause le fonctionnement de la maison des Babayagas, mais aussi le concept de la maison des Babayagas.
Les pouvoirs publics ont payé 4 millions pour cette maison-là.
Et c'est une maison qui est faite pour les personnes âgées.

-Tu me fais visiter ?

-Il y a une petite terrasse mais je n'y ai pas encore accès.
Donc ici, vidéoprojecteur.
Projection sur le mur.
Le canapé.
Le bonheur.
Je me méfie un peu de l'effet ghetto et étiquette.
Quand on nous présente comme un groupe de vieilles, je suis désolée mais ce n'est pas le qualificatif que je me donnerais en priorité.
On est toujours la vieille de quelqu'un.

-Tu as quel âge ?

-J'ai 61 ans.
Mais qu'importe, c'est un peu dans la tête.

-Tu ne te sens pas vieille ?

-Non, pas pour le moment.
Je me sens moyennement, mais j'ai beaucoup de chance.
Mais je ne me sens pas préoccupée par ces histoires-là. Que des hommes ! Je vais me faire taper sur les doigts par Thérèse.
Si, un jour, il y a une conférence passionnante ici et que le titre, c'est "université du savoir des vieux", je pense que ça va exclure certaines personnes qui vont se dire : c'est pas pour moi.

-Le débat autour de la gouvernance continue.
L'assemblée générale qui devait trancher la question est reportée.

-On ne va pas garder 21 personnes dans le conseil d'administration.
C'est ingérable. Il faut en prendre entre 9 et 11, et c'est déjà assez difficile.
Comme à chaque conseil d'administration, il faut réunir la moitié plus 1.
Pour avoir 12 personnes, c'est un peu difficile.
Et les statuts, il faut en discuter longuement.
On ne va pas enlever comme ça, signer, faire une assemblée extraordinaire.
On prend son temps.

-Tu dors bien ici ?

-Oui mais j'ai du mal à m'endormir car c'est la fatigue...
Bon, c'est quand même un changement de la vie mais bon...
C'est normal, un groupe, ça fonctionne...
Pas en s'affrontant mais en posant les vrais problèmes.
Et en construisant derrière.

-Salut. C'est toujours la même qui vient squatter ici.

-Tu as oublié ton papier, un numéro de téléphone.
Il est là.
Ecrit en gros, ça ne peut être que toi.

-C'est la mairie.
J'ai demandé si ce projet est figé comme des dogmes ou si ça peut évoluer selon les personnalités des Babayagas.

-Chacun est en attente de beaucoup de choses et on n'y trouvera pas tout ce que l'on cherche, c'est sûr.
Ça ne va pas tomber du ciel.
Merci, mon Dieu.

-Tu t'es fait des copines ?

-Oui, tout le palier, on est bien.

-Ne passons pas à côté des choses simples.

-A quelle heure on le décide ?

-9h-9h30, un truc comme ça.

-Je me lave les mains et je me coiffe.

-Elle date de quand cette photo ?

-Je dois avoir 40 ans.

-Tu gardes de bons souvenirs ?

-Ah oui ! Oui, oui.
C'est quelque chose de formidable qui m'est arrivé dans ma vie.
J'ai débuté de ceinture blanche à ceinture noire.

-Comment tu vois la question de la gestion du groupe ?

-C'est une question à laquelle, je ne peux pas te répondre.
Car on débute quelque chose de nouveau, là.
Et on s'est arrêtées, on est en plan.
Car il va y avoir l'inauguration jeudi.
On a reculé pour travailler sur les statuts.
Et justement, ça cafouille un petit peu. Et puis on verra.
Peut-être que c'est bien que ça cafouille, c'est peut-être plus marrant.
Même si c'est un peu stressant car ça arrive de tous les côtés.
Les idées, on jongle avec.
Après, on va mettre tout sur la table et trier.

-J'ai horreur du linge qui traîne.
Ce fer-là ne marche pas bien.
On va boire notre café et après, tu feras toutes tes photos, tout ton petit bazar.

-Tu as combien d'enfants ?

-J'ai 4 enfants.-Tu as de bons rapports avec eux ?

-Pas terribles.
Enfin si, on ne peut pas dire.
Avec mon fils, on est en froid. Il va se calmer, ce chéri.
Je l'ai peut-être mal élevé.
Il a peut-être été un peu gâté.
Je pense que nous sommes trop différentes.
Sur quoi ça va déboucher ?
Avec des personnalités particulières, on va dire.
C'est très particulier.
On n'est pas obligée de supporter peut-être ces différences.
Tout en les acceptant mais... il faut se respecter mutuellement.

-Ce qu'on va faire ce soir, c'est essayer de mieux communiquer, de trouver d'autres façons de fonctionner.
Des conflits, il y en aura, comme dans tout groupe. Il faudrait essayer de ne pas tomber dans ce qui a fait peut-être l'explosion du précédent groupe.
Essayer de ne pas se tirer dans les pattes.

-Le problème, c'est le projet. Allons dans ce sens-là, le reste ne m'intéresse pas.
Je trouve que ces réunions-là, ces bavardages...
Il est quelle heure ?

7 h. Pour moi, on n'a rien fait.
Si, on a bavardé.
On s'est peut-être un peu dévoilées.

-Comment vous dire ?
Arrêtons. Et faisons avancer le projet.
Je ne sais pas comment vous dire.
J'ai tellement envie de retrouver l'insouciance que j'avais avant les enfants.
Vous n'avez pas envie qu'on fasse un groupe de copines et que...
C'est peut-être un peu niais ou un peu enfantin mais...
Je suis totalement engagée dans ce projet.
J'ai signé la charte et je suis venue ici en connaissance de cause.
A nous de trouver avec Thérèse la meilleure façon de fonctionner.
J'ai passé l'essentiel de ma vie en Afrique, jusqu'il y a 10 ans. 
C'était un retour dû à une rupture sentimentale un peu mouvementée.
Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule, malade.
Avec un traitement médical très lourd. Seule avec mes 2 enfants.
Les hommes n'aiment pas les femmes malades.
Une grande partie des hommes n'aime pas les femmes malades. 
Lui, si on pouvait mettre les cons sur orbite, il partirait en 1er.
Il y a des mots, des comportements. 
Je considère que c'est de la maltraitance.
C'était déjà un échec avec le père de mes enfants et échec avec celui que je croyais être l'amour de ma vie.
Quand on m'a parlé de la Maison des Babaygas et qu'on m'a dit qu'il y avait peut-être une opportunité de me donner un logement dans cette maison de femmes, ça a été...
Je n'y croyais pas. J'ai remercié mon ange gardien, je suis allée mettre un cierge. 
J'habitais dans son appartement, je n'avais aucune liberté.
Dominique et Thérèse m'ont offert la liberté.
Merci, les filles !
Elles m'ont rendu ma dignité de femme.
Je suis chez moi, dans mes affaires, j'ai du soleil, des copines.
C'est bon de ressentir ça quand on a été seule et qu'on a vécu des choses lourdes.

-J'ai dit à Angela qu'on peut faire le buffet dans le couloir pour que ce soit pratique. Les Babayagas viennent, parlementent.

-Et quand il y aura le jardin ?

-Oui, le barbecue.

-C'est excellent.

-Ça va être le bonheur.

-Quel potager tu vas faire ?

-Elle va nous faire ça très bien.

-Tu parles.

-Je pense que si.

-Le persil, oui.
Mais les salades, où ça ?

-Oui.

-On a 2 jardins.

-Tu as remarqué ?

-Il y en a un pour la sieste.

-Je ne veux pas mettre mon transat.

-Moi, je tiens le bar.

-Tu as raison.

-Je te seconderai.
Bonjour, Thérèse.

-Quelques jours avant l'inauguration officielle de la maison, il est temps de signer la convention qui lie la mairie, l'office HLM et les Babayagas.

-Les 3 parties doivent signer, sinon la convention n'existe pas.

-Je ne signerai pas sans avoir lu le texte.
Et là, je signerai avec l'assentiment de mes copines.
Mais c'est votre version.

-On en a parlé vendredi.

-C'est l'exemplaire qui a été voté au conseil municipal.

-Finalement, la convention sera bien signée.
Et un beau jour de février 2013, la Maison des Babayagas est inaugurée en fanfare.

-Thérèse Clerc est une sorcière.
Mais sans Thérèse qui a consacré sa vie aux combats citoyens, politiques, pour le droit des femmes, ce projet n'aurait jamais vu le jour.
Je veux saluer toutes les Babayagas.
Toutes celles qui ont fait ce pari inouï de se dire : j'en suis, je vais rentrer dans cette maison, je vais conduire ce projet et faire ce qui est le plus dur, le faire vivre.

-Aujourd'hui, on va parler beaucoup de l'université populaire, qui est la partie la plus intéressante de la Maison des Babayagas.

C'est amusant que ce soit fait par des vieilles femmes.
Mais je pense que nous sommes un peu l'avant-garde éclairée.

-Voilà !

Sous-titrage MFP.

LE MONDE EN FACE – QUEL HABITAT POUR LES SENIORS ?

Source : http://telescoop.tv/browse/379248/le-monde-en-face.html?q=seniors

Une alternative aux maisons de retraite.
Y a-t-il un logement idéal pour bien vieillir ?
Le magazine "Notre Temps" a posé la question à ses lectrices.
Carole Renucci, vous êtes la directrice de la rédaction de "Notre Temps".
Christiane Baumelle, bonsoir. 73 ans.
Qui l'eut dit ? Votre combat, c'est surtout pas de maison de retraite.

-A priori, pas de maison de retraite.

-Vous défendez la colocation solidaire de seniors. Vous avez créé l'association Cocon 3S.
Pourquoi pas de maison de retraite ?

-Notre représentation des maisons de retraite, c'est une image de la perte d'indépendance.

-On ne peut pas y passer de belles années en collectivité ?

Source : http://telescoop.tv/browse/379248/le-monde-en-face.html

-Je ne pense pas.
On n'en a pas cette représentation.
Tous les gens qui ont eu des parents dans les maisons de retraite ne veulent surtout pas y aller.
Ils veulent trouver une autre solution.

-Que vous disent vos lectrices sur les maisons de retraite ?

-Elles nous disent que ce n'est pas leur premier choix.
Notre sondage a révélé que seuls 12% des Français étaient prêts à aller en maison de retraite.
Aujourd'hui, on associe la maison de retraite à une perte d'autonomie.
Les maisons de retraite se sont beaucoup médicalisées.
Elles ont aussi pour vocation de recevoir des personnes en perte d'autonomie.

-Il y a une mauvaise image ?

-Oui. Elle est aussi liée à quelques faits divers.

-De maltraitance ?

-Voilà.

-De rentabilité, aussi.

-Cela renvoie à une question de contrôle, à là où personne n'a envie d'aller.

-Où veulent aller vos lectrices pour bien vieillir ?

-Le logement idéal, c'est de rester chez soi.
Tous les Français le disent.
C'est la première intention. 
Ensuite, ils se disent "rester chez soi, mais plus petit".
Les critères qui prévalent, c'est rester proche des instances médicales, pour pouvoir se replier vers quelque chose de sérieux en cas de pépin de santé.
Le deuxième critère, c'est les amis.
On a envie de rester dans la société, bien inséré avec un réseau social important autour de soi.

-Comme les Babayagas, qui veulent rester dans leur immeuble, installés au cœur de la ville.

-Notre concept, c'est de cohabiter à plusieurs, hommes ou femmes, dans des grandes maisons.
De 4 à 7 personnes, en toute solidarité, en partageant beaucoup de choses.

-L'auberge espagnole pour les seniors.
On partage un loyer, on est tous colocataires ?

-On est colocataires.
Nous, on préconise des choses qui facilitent l'organisation.
On préconise que les colocataires
Après, cette association a le devoir de donner des baux individuels à chacun.
Tous, pour dire "cette maison nous plaît, "on va se la partager".

-Il ne faut pas choisir la maison en premier.
La difficulté, c'est de trouver des gens avec qui on est bien.
On regroupe des gens qui n'ont pas envie de vivre seuls.

-La solitude, c'est le premier...

-C'est la première raison.
On veut aussi partager les loyers, car il y a beaucoup de petites retraites.
C'est plus facile de partager les loyers.
Et on a plus d'espace pour le même prix.

-Comment vous trouvez-vous les uns les autres ?
Il y a des hommes et des femmes.
Vous passez une petite annonce ?

-Non. On fait des réunions dans toutes les régions.

-Où est implantée

-L'association crée des réunions.
Je fais des tours de France.
Après, sur place, il faut que les gens prennent le relais, continuent les réunions, organisent des sorties ensemble, des repas.

-Comme les Babayagas, pour savoir si on est bien ensemble.

-Il faut tester les choses, faire que des liens se tissent.
Après, il peut y avoir des projets qui émergent.

-On va parler des projets et du quotidien.
Ça doit être dur de partager le frigo.
La solitude, c'est ce qui fait le plus peur quand on vieillit.

-Bien sûr.
Comme on l'a entendu dans le documentaire, 8 femmes sur 10 de 73 ans sont seules.
C'est un critère fondamental.
L'élément qui s'ajoute, c'est que les femmes sont souvent plus précaires matériellement.
Elles ont eu des parcours avec quelques trous.

-Des pensions de réversion très faibles.

-Un grand nombre a une pension autour de 800 euros.

-Et les hommes ?

-Ça dépasse les 1 000 euros.
Donc, il y a un décalage important.

-Financièrement, il y a une nécessité.

-Très clairement.

-Est-ce que comme les Babayagas, il y a des travaux d'intérêt collectif, à faire chaque semaine ?

-On propose qu'il y ait une charte de fonctionnement.
Le groupe s'organise autour de cette charte, qu'il peaufine.
Ce sont eux qui décident comment ils voient la vie ensemble.
Et pour quel projet.

-Le projet, c'est vivre ensemble.

-Les Babayagas ont le projet de créer une université populaire.
Moi, j'ai vu des cocons...

-C'est le nom de votre association.

-Oui. Qui avaient le projet d'accueillir des jeunes mères, pour les aider à reprendre les études.
C'était souvent des femmes qui n'avaient pas eu d'enfant.

-C'est important de trouver du sens au-delà du vivre ensemble ?

-Voilà. Il faut donner du sens.
Quel rôle social on veut avoir, quelle position dans le village.
C'est important d'avoir un rôle social.

-Le statut des seniors a beaucoup évolué.

-Oui, et tant mieux. On a l'habitude de dire que les seniors sont en action, ce que la société ne traduit pas forcément.
Les mairies sont tenues par les seniors.
Sans eux, il y aurait un problème de fonctionnement.
Ils sont présents, ont envie d'être acteurs dans la société, de rester ouverts.
Ils ont envie de rendre service et de se tourner autant vers les plus jeunes générations, comme vous l'avez évoqué.
Un habitat qui mêle les générations, ça ne leur fait absolument pas peur.

-Ça commence à émerger en France.

-Oui. Ce qui est demandé là, c'est une organisation à l'identique de ce qu'est la société.

-Un lieu où les générations peuvent vivre ensemble.

-Est-ce que les autres générations ont envie de ce côté intergénérationnel ?

-Les plus jeunes ne se tournent pas volontiers vers les plus âgés.
Il y a encore des a priori.
Mais les jeunes seniors, qui sont issus des années 68, ont tout un potentiel à exprimer.
Ils ont vécu des choses, de bonnes années, ils ont été critiques par rapport à ce qu'ils ont vécu, ils voient leurs parents vieillir, ce qui est nouveau, pour qui se posent les questions d'autonomie, auxquelles les générations précédentes n'étaient pas confrontées.
Ils ont un peu de disponibilité pour s'occuper de leurs parents.
Mais se pose à eux la question...

-De leur propre vieillissement.

-Ils se projettent dans les 20 ou 30 prochaines années.

-Christiane, vous pensez avoir encore des choses à donner à la société.

-Oui. D'ailleurs, je suis sur une liste électorale.

-Aussi.

-Je m'occupe de beaucoup de choses dans plusieurs associations.

-Vous ne vivez plus en colocation ?

-Non. J'ai vécu deux ans en colocation.

-Pourquoi ?

-Si, ça marchait, on est restés très amis.
Mais je devais aller m'occuper de mes petits-enfants.

-C'était incompatible ?
On ne peut pas accueillir sa famille dans la colocation ?

-Oui, mais ça serait vraiment très lourd, quand même. J'ai deux tout petits-enfants. C'était un choix de m'en occuper.

-Vous pensez être un pilier dans votre famille, par rapport à vos enfants, vos petits-enfants ?

-Oui, je suis très utilisée.

-Et utile ?

-Oui.

-Ça vous donne la banane.

-Oui, je crois.
Mes petits-enfants me le rendent bien.
C'est vraiment très intéressant.

-On voit de la colocation solidaire entre seniors, quelles autres formules commencent à émerger?

-Il y a des modèles ailleurs.

 


 

 

"POISSON : élevage en eaux troubles"

Jeudi 7 novembre 2013 - France 2 à 20h45 POISSON élevage en eaux troubles

NOUVELLE DIFFUSION DE L'ÉMISSION :
Samedi 9 novembre à 02h05

"POISSON : élevage en eaux troubles"

Photo

 

L'émission en vidéo sur Youtube, revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=93gqBn6RzkQ (59'38)

 

Conséquence : Une pétition


RÉSUMÉ :

Poisson : élevage en eaux troubles

poissons-vignette.jpg

C’est l’un des symboles du bien-manger : recommandé par les médecins et les nutritionnistes, le poisson a gardé l’image d’un produit sain et naturel. En France, sa consommation a plus que doublé en cinquante ans et elle concerne particulièrement le poisson d’élevage.

Sa chair renferme pourtant bien des secrets, parmi les plus toxiques de l’industrie agroalimentaire : utilisation de farines animales, usage massif d’antibiotiques et de pesticides, pollution au mercure et aux PCB, défauts de traçabilité, substitutions d’espèces
Un monde secret et opaque où l’intérêt de l’industrie passe parfois avant celui des consommateurs. 

Pendant des mois, en France mais aussi en Norvège et au Vietnam, en passant par la Suède et le Danemark, les équipes d’Envoyé Spécial ont remonté les filières de cette industrie planétaire. 
Poissons d’élevage, produits de la pêche, mais aussi plats cuisinés : plongée dans les eaux troubles d’une filière hors de contrôle, qui déverse à notre insu un dangereux cocktail de produits chimiques dans nos assiettes.

 

Un document de Nicolas Daniel et Louis de Barbeyrac.

[Source : http://www.france2.fr/emissions/envoye-special/poisson-elevage-en-eaux-troubles_142763]

Présentatrices : Guilaine ChenuFrançoise Joly

 

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

GUILAINE CHENU : Bonsoir.
Manger du poisson, est-ce bon pour la santé ?
Que sait-on de leur traçabilité ?
Nous avons remonté des filières de poisson d’élevage.
Nous y trouvons parfois des produits chimiques comme des pesticides.


FRANÇOISE JOLY : Bonsoir à tous.
L’enquête que nous vous proposons va vous révéler un monde secret, opaque.
Il s’est développé ces dix dernières années.
C’est celui du poisson d’élevage.
Vous allez découvrir une industrie planétaire, au même titre que celle du poulet ou du bœuf.
Que savons-nous de ce poisson que nous consommons de plus en plus ?
Est-il toujours bon pour la santé, comme le disent nutritionnistes et médecins ?

L’enquête que nous avons réalisée en France, en Norvège, en Suède, au Danemark et au Vietnam révèle que la chair de ces poissons peut contenir un cocktail de produits chimiques.
Parfois même parmi les plus toxiques de l’industrie alimentaire.
L’une des espèces les plus dangereuses serait le saumon d’élevage, l’un des plus consommés en France.
Nous avons remonté ces filières de production jusqu’à notre assiette.

-C’est sur une route perdue à l’ouest de la Norvège.
Cernée de glaciers et de falaises, sinueuse comme la rive des fjords.
Après des heures de recherches, j’ai fini par atteindre  le but de mon voyage.
Flottant sur les eaux froides, des fermes de poisson où se cache l’un des trésors les mieux gardés du pays : le saumon d’élevage.
Dans ces lieux déserts entourés de grillages et de portes closes, j’ai rendez-vous avec un homme qui souhaite me révéler ce qu’il considère comme un scandale caché sous les eaux des fjords.
Il est l’un des militants écologiques les plus connus de Norvège.
Il est parti contre ce monde responsable selon lui d’une telle catastrophe sanitaire à grande échelle.

- Ces élevages, c'est un désastre.
Il y a 2 millions de saumons.
C'est trop.
Ils tombent tous malades.
En ce moment, des épidémies se sont propagées dans la  Norvège.
Mais ça, ils le cachent aux consommateurs norvégiens et français.

- Depuis 10 ans, Kurt Oddekal a placé ces fermes sous haute surveillance, accumulant les preuves. Aujourd'hui, il souhaite me révéler les pratiques des éleveurs norvégiens, qu'il juge dangereuses.
Sur ces images, il voit que ces hommes déversent dans des bassins de puissants pesticides connus pour leurs effets neurotoxiques.
Ils doivent s'en protéger derrière des combinaisons et des masques à gaz.
De la chimie pour soigner les saumons, rongés de parasites et de maladies, qui pullulent dans les élevages.

- Dans les saumons, on trouve des produits chimiques.
C'est dégoûtant.
Il n'y a rien à manger là-dedans pour un être humain.
Le saumon norvégien est la nourriture la plus toxique.

- Des poissons toxiques alors qu'ils sont couramment vendus dans nos supermarchés.
Et le saumon de Norvège  ne serait pas la seule espèce concernée.
Pour vérifier ces accusations, j'ai enquêté dans les coulisses de l'industrie du poisson.
C'est l'aliment santé par excellence, recommandé par les médecins et les nutritionnistes.
Le poisson a gardé l'image d'un produit sain et naturel.
Sa chair renferme pourtant bien des secrets parmi les plus toxiques de l'industrie alimentaire. De la 
Norvège au Vietnam, en passant par la Suède et le Danemark, j'ai remonté les filières de cette industrie planétaire.
Poissons d'élevage, produits de la pêche, mais aussi plats cuisinés.
Plongée dans les eaux troubles d'une filière hors contrôle.
Elle déverse à notre insu un dangereux cocktail de produits chimiques dans nos assiettes.
En France, la consommation de poisson a plus que doublé en 50 ans.
Elle atteint 27 kilos par an et par habitant.
C'est plus que le bœuf ou le poulet.
Pour répondre à la demande, de nouveaux poissons ont fait leur apparition.
Les poissonneries d'aujourd'hui ne ressemblent plus à celles d'autrefois.

- Vous désirez ?

- 2 filets de saumon.

- Dans cette poissonnerie parisienne, le saumon est écossais et les bars sont grecs.
A part la truite, pas un poisson français à l'horizon.

- On a très peu de poissons français. On nous dit simplement qu'ils viennent du Nord-Est.
On nous dit les zones de pêche.

- Aujourd'hui, la grande majorité des poissons consommés en France est importée.
Près d'un sur deux est un produit d'élevage.

- En élevage, on a le saumon, le bar, la daurade.
On a environ 60% de pêche et le reste, c'est de l'élevage.

- Des poissons beaucoup moins chers que les produits de la pêche, comme ces saumons d'élevage ou ces filets de panga à 12,90 euros le kilo, c'est le poisson le moins cher du magasin.

- 12,9 euros le kilo, ça permet à certains de manger du poisson pas trop cher.
On ne peut pas tous avoir du cabillaud à 32 euros le kilo.

- Pour quand est le prochain arrivage ?

- Encore inconnu il y a 10 ans, le panga est l'un des poissons les plus consommés en France.
On le trouve dans les poissonneries et dans la plupart des grandes surfaces sous forme de filets congelés.
Grâce à son petit prix, le panga s'est imposé dans la restauration collective. 
Au point de devenir l'un des poissons les plus consommés dans les cantines scolaires.
Comment ce produit d'élevage parvient-il à afficher des prix aussi bas ?
Que trouve-t-on dans la chair de ces poissons servis à nos enfants ? Au sud du Vietnam, dans le delta du Mékong, la première étape de mon enquête. 
Ici, le panga fait partie des traditions culinaires. 
Vendu sur les marchés, consommé tous les jours dans les restaurants. 
Derrière cette image traditionnelle, il y a une autre réalité. 
Depuis une quinzaine d'années, le panga est devenu l'une des principales richesses de la région.
95% de la production mondiale provient du sud du Vietnam.
Dans la petite ville de Can Tho, sur le delta, on a érigé une statue à côté de celle d'Ho Chi Minh. 
Le père de l'indépendance du pays.
Je vais découvrir que cette réussite économique cache une face sombre, surexploitant les hommes autant que l'environnement. 
Sur le fleuve, j'ai rendez-vous avec un homme pressé. 
Celui qu'ici, on appelle le roi du panga.
En 15 ans, il a amassé une fortune grâce à ses fermes d'élevage. 
Il exporte du panga dans plus de 30 pays dont la France.
Il a accepté d'ouvrir ses portes à des caméras de télévision pour la première fois.

- Bonjour.
Les gros poissons sont en train de manger.

- On va leur montrer les petits poissons.

- La fortune de cet homme se trouve tout entière sous l'eau de ces bassins.
Pour en comprendre l'ampleur, il faut venir ici tôt le matin et assister au spectacle du petit-déjeuner.
Dans chacun de ces étangs, 300.000 pangas.
Une concentration industrielle pour un poisson vorace.

- Ces pangas, on les fait manger 2 fois par jour.
A chaque fois, on leur donne 3 tonnes d'aliments.

- Gavés de ces croquettes bourrées de graisse et de protéines, les poissons atteignent leur taille adulte en 6 mois.
Deux fois plus vite que dans la nature.
Pour assurer sa production, M. Minh en possède plus de 350 de ce type.

- Dans les fermes, il y a 100 millions de pangas.
Il y a plus de poissons dans les bassins que d'habitants dans tout le Vietnam.

- Après 6 mois d'élevage, il récolte 25 tonnes de poisson par étang.
Pour les pangas, ce n'est que le début du voyage vers les assiettes européennes.
Pour qu'il plaise aux consommateurs, M. Minh leur fait subir une transformation radicale dans l'une de ses 8 usines.
En moins d'une heure, ils deviendront des filets congelés gorgés d'additifs, prêts pour l'exportation.
Pour préparer ce poisson vendu à bas prix sur le marché européen, plus de 1.000 ouvrières transforment jusqu'à 100 tonnes de panga par jour.
La rémunération des employées dépend des performances.
Jusqu'à 150 euros par mois.
Pour cela, il faut tenir la cadence.
Dix secondes en moyenne par filet.
Dix heures par jour.

- Plus elles travaillent et plus elles gagnent.

- Avant la congélation, une dernière étape est nécessaire. Elle commence dans ces grandes lessiveuses.
Dans cette eau, des polyphosphates.
Ces additifs facilitent la congélation.
Ils ont un autre avantage : ils permettent aux filets de se gorger d'eau et d'augmenter artificiellement leur poids.
A l'arrivée, le poisson n'a plus de goût ni d'odeur.
Mais étonnamment, pour M. Minh, c'est un avantage à l'exportation.

- Contrairement aux autres poissons, le panga ne sent rien.
Il n'a pas de goût non plus.
Il prend le goût de toutes les épices.
Il convient pour les cuisines du monde entier.
C'est ça, le secret du panga.

- Tous les ans, le Vietnam exporte 1,5 milliard de ces filets low-cost incolores et inodores.
20% de la production nationale sort des usines de M. Minh.
Dans son hangar, plusieurs milliers de tonnes sont en partance vers l'Espagne, l'Ukraine ou le Brésil, mais aussi, à en croire M. Minh, vers certains supermarchés français.

- C'est la facture de notre poisson qui part chez Carrefour.
Ça passe par un intermédiaire car Carrefour n'achète pas en direct.
C'est un gros site qui achète la cargaison et en revend une partie à Carrefour.
C'est ce grossiste basé à Paris.

- Contacté, Carrefour a contesté cette information.
Dans les pangas de M. Minh, nous n'avons constaté aucun problème sanitaire.
Mais dans d'autres élevages, certains poissons concentrent dans leur chair de dangereux cocktails de produits chimiques.
La plupart des pangas sont malades à cause de la pollution des eaux du Mékong.
Ce monsieur est le représentant local du WWF, une association qui, en 2009, a inscrit le panga sur sa liste rouge des produits dangereux pour l'environnement et le consommateur.

- C'est une ferme d'élevage.

- Les pangas de cette ferme sont élevés dans une eau pompée dans ce canal.
L'un des milliers de petits affluents du Mékong où se concentre

- La pollution se voit à l'œil nu.
Il n'y a qu'à comparer la couleur de l'eau avec celle du fleuve principal.
Ici, c'est beaucoup plus sombre.
C'est à cause des activités humaines tout autour.

- Dans ces canaux, plusieurs millions de Vietnamiens déversent quotidiennement leurs déchets domestiques.
La région est aussi le premier exportateur mondial de riz.
Une culture intensive qui pratique l'épandage massif de pesticides.
Face à ce cocktail de polluants, les eaux atteignent la cote d'alerte.

- Les canaux concentrent des algues vertes et des bactéries qui détruisent l'oxygène et rejettent des produits toxiques dans l'eau.

- Ça peut rendre les pangas malades ?

-Bien sûr. En réduisant la proportion d'oxygène dans l'eau, on affecte la santé et le système immunitaire des poissons.

- Pour soigner leurs pangas rendus malades par la pollution, les éleveurs déversent dans les étangs des quantités industrielles de médicaments.
Dans cette ferme, les poissons ont attrapé plusieurs maladies.

- C'est une grande ferme.

- Patrick est chercheur pour l'université de Namur, en Belgique.
Il est venu aider l'éleveur à soigner ses pangas.

- Ces maladies de vos poissons, ça ne vous pose pas de problèmes ?

- Si. Sur le corps et aussi au niveau des nageoires, ils ont des saignements.
Ils ont aussi une maladie du foie.

- Philippe Kestemont va découvrir que pour soigner les poissons, les éleveurs utilisent des doses dangereuses de médicaments.

- C'est bourré de produits chimiques.

- Là, ce sont des antibiotiques.
- Dans ce local à pharmacie, plusieurs centaines de boîtes d'antibiotiques de toutes sortes. Massivement employés dans cet élevage, ils provoquent une réaction en chaîne.

- Il y a toujours des résidus.
Ça se retrouve dans l'environnement.
A terme, les bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques.

- Régulièrement administrés aux poissons, ces antibiotiques renforcent les maladies qu'ils sont censés combattre, obligeant les producteurs à augmenter les doses.
Un cercle vicieux.
Plus aucun éleveur ne peut y échapper.

- Si le poisson consomme des antibiotiques, il en fixe une partie dans ses tissus et va les libérer sous forme de résidus via les excréments.
Ensuite, ces résidus d'antibiotiques vont se retrouver dans les canaux.
Ils peuvent même rentrer dans d'autres piscicultures car ces canaux sont utilisés par d'autres pisciculteurs.

- Pour enrayer ce cercle vicieux, Patrick Kestemont tente de promouvoir des médicaments moins polluants.
Mais ils coûtent trop cher.
Les éleveurs se plaignent du prix d'achat de leur poisson par les distributeurs occidentaux.

- Nos coûts de production sont de 23.000 dongs le kilo.
Mais notre prix de vente est de 22.000 dongs.
Nous perdons de l'argent.

- Augmenter beaucoup n'est pas bon pour le business.

- Après les antibiotiques, nous allons faire une découverte plus inquiétante.
Ce ne sont pas des antibiotiques.
Ce sont plutôt des produits chimiques.
Des pesticides.

- Des pesticides qui se concentrent dans la chair des poissons et dans les eaux du Mékong.
Des croquettes qui font grandir les pangas deux fois plus vite que des aliments naturels.
Et une concentration record de poissons dans les étangs.
Ces conditions d'élevage mettent-elles en danger la santé des consommateurs ?
C'est ici que s'arrête mon enquête.
Aucune étude scientifique indépendante n'a été menée sur le sujet.
Pour connaître la réponse, je me suis rendu dans un pays qui a poussé plus loin encore l'utilisation des produits chimiques et les techniques d'élevage industriel.

En Norvège, l'élevage de poisson pèse 4 milliards d'euros par an.
70% des saumons consommés en France proviennent de cette ferme.
Elle est directement immergée dans l'eau des fjords.
Dans ce monde secret et opaque, les journalistes ne sont pas les bienvenus.
Aucun éleveur n'a accepté de nous ouvrir ses portes.
Je retrouve Kurt Oddekal, l'activiste qui se bat contre les méthodes des pêcheurs norvégiens.
Pour percer le secret des fermes d'élevage, l'organisation s'est dotée de moyens dignes d'un film d'espionnage.
Ce bateau et ce robot sous-marin.
Avec lui, ils sondent les eaux des fjords.

- C'est rempli de bactéries, dans les bulles.
C'est plein de déchets.

- Sous les élevages, des montagnes de sédiments hautes de 15 mètres où se mélangent les restes d'aliments et de produits chimiques déversés chaque jour dans les fermes.

- C'est très pollué.

- On trouve quoi, dans ces sédiments ?

- Tous les produits toxiques qui servent à tuer les parasites.
Il y a aussi des excréments de poissons. 
Le fond des fjords est totalement détruit.
C'est comme une usine à gaz. 
On trouve même des restes des pesticides utilisés pendant la Première Guerre mondiale pour gazer des soldats.

- Le principal problème des éleveurs norvégiens, c'est ce parasite : le pou de mer.
Il se loge dans la chair des poissons et peut provoquer leur mort.
Devenu résistant à tous les traitements, il oblige les éleveurs à employer des pesticides de plus en plus agressifs.
Ces conditions d'élevage produisent sur les poissons des résultats effrayants.
Comme sur ces cabillauds.
Ils sont déformés par des mutations génétiques.

- C'est un cabillaud échappé d'une ferme.

- Dans les élevages, près de 50% des cabillauds naissent comme ça.

- Il faut 8 générations pour que ça disparaisse.
En plus, ces cabillauds mutants se reproduisent avec des cabillauds sauvages.
Regardez comme ils sont beaux!
Vous n'avez pas envie de manger ça.
Mais comme on leur coupe la tête, vous ne le saurez jamais.

- Les saumons subissent également des transformations moins visibles mais tout aussi inquiétantes.

- Cette queue est plus petite que sur un saumon sauvage.
Et la peau ne couvre pas les branchies.
Ce n'est pas normal.

- Le plus grave se trouve à l'intérieur du poisson.

- Regardez ça !
C'est du poisson frais et sa chair se brise quand on tire.
Ce n'est pas normal.
Cette chair devrait être plus élastique.
Ce poisson ne devrait pas être consommé.
Un saumon sauvage contient 5 à 7% de gras.
Celui-ci, de 15 à 34%. Comme les produits chimiques se stockent dans le gras, ça fait de ce poisson la nourriture la plus toxique du monde.- Plus grave, la chair des poissons d'élevage fixe les résidus chimiques. Cet autre homme travaille pour l'université de Bergen, en Norvège.
Il a mesuré la concentration des produits toxiques dans différents produits alimentaires.
 Les résultats sont édifiants.

- Il y a différentes couleurs qui représentent différents polluants.
Vous avez différents produits alimentaires.
Pommes de hamburgers et saumon d'élevage.

- C'est incroyable. Le poisson d'élevage a des concentrations élevées par rapport aux autres produits.

- On voit que le saumon d'élevage contient beaucoup plus de polluants que les que les autres produits.

- Des poissons d'élevage cinq fois plus toxiques que tous les autres produits de nos supermarchés.
Pour Jérôme Ruzzin, la conclusion est évidente.
Vous continuez à manger du poisson d'élevage ?

- Non.
Il faut éviter d'être exposé à ces polluants, de les ingérer et d'y être exposé.

- Car il a aussi évalué les effets de polluants sur des rats de laboratoire

- C'était un groupe contrôle.
On donnait une nourriture standard.
C'est un groupe avec la même nourriture, mais on y a inclus le saumon d'élevage.

- Pour ce groupe nourri au saumon, il a obtenu un résultat inquiétant.

- On voit le tissu adipeux.
Si on voit ce qu'il se passe avec le saumon d'élevage, c'est impressionnant.

- Manger du poisson d'élevage les a rendus obèses et diabétiques.

- S'ils sont exposés à différents polluants, certains d'entre eux vont faire en sorte que ces organismes accumulent plus de gras.
C'est pour ça qu'une théorie dit que l'obésité serait une conséquence de tous ces polluants qu'on a dans l'environnement.

- Jérôme Ruzzin va faire une autre révélation.
D'après ses recherches, ce qui intoxique le plus la chair des saumons, ce ne sont pas les pesticides utilisés dans les élevages.
Mais ces croquettes avec lesquelles sont nourris les poissons.

- Ces polluants viennent de la nourriture qu'on donne aux saumons.

- Qu'est-ce que c'est?

- Il y a des dioxines, des PCB, de la dieldrine.

- Pourquoi en trouve-t-on dans les croquettes ?

- Il faut demander à ceux qui font la nourriture pour les poissons.
L'effet peut être très dangereux.

- De simples croquettes qui seraient plus dangereuses que les pesticides et les antibiotiques.
Comment sont-elles fabriquées ?
Pourquoi sont-elles si toxiques ?
A l'ouest du Danemark, les bateaux de pêche ne ravitaillent pas les supermarchés.
Mais ces usines d'aliments pour poissons.
Cet homme est le contremaître de l'usine.
Sa spécialité, la voici.

- Voilà notre produit.
Des croquettes.

- Ils les fabriquent avec de la chair de poissons fraîchement péchés.
Ce jour-là, une cargaison d'anguilles de sable.
Il les aspire directement dans les cales des bateaux par des tuyaux qui les acheminent aux ateliers de transformation.

- Pourquoi utilisez-vous ces anguilles pour les croquettes ?

- Parce que c'est un poisson gras.
Il contient des protéines et beaucoup d'huile.

- Ce qui les intéresse, ce sont les poissons gras.
Dans son usine, 20% proviennent de la mer Baltique.
C'est là que le problème commence.
La Baltique est l'une des mers les plus polluées du monde.
Certaines espèces qu'on y pêche sont devenues toxiques, contaminant les croquettes mais aussi la chaîne alimentaire.
En Suède, j'ai rendez-vous avec un militant pour l'association Greenpeace.
Il me mène à des poissons pêchés dans la région.

- Je voudrais des harengs et du saumon.

- Avant de nous les vendre, la poissonnière va tenir un discours impressionnant.
Elle va nous mettre en garde contre sa propre marchandise.

- C'est du hareng de la Baltique.
Faites attention. Ici, les gens savent qu'il ne faut pas trop en manger.
Une fois par semaine, grand grand maximum.
Pareil pour les anguilles.
Les femmes enceintes ne doivent manger aucun poisson de la Baltique.

- Si elle tient ce discours, c'est grâce au travail de Jan Nielsen et du gouvernement suédois qui ont lancé des alertes sanitaires contre les poissons de la Baltique.

- Ils contiennent une grande concentration de dioxines.
C'est l'un des poisons les plus violents que nous connaissons.
Même des niveaux très bas de dioxines peuvent avoir un effet sur votre système hormonal ou provoquer des cancers.

- Pour trouver l'origine de cette pollution, pas besoin de chercher très loin.
Il suffit de faire une heure de route en dehors de Stockholm jusqu'à cette usine chimique.
Elle transforme les arbres des forêts suédoises en papier.

- Historiquement, les papeteries suédoises sont à l'origine de la pollution à la dioxine.
Il y en a ici de fortes concentrations.

- La chimie suédoise n'est pas le seul pollueur.
Autour de la mer Baltique, neuf pays très industrialisés déversent leurs résidus chimiques, comme l'Allemagne et la Russie.
Une mer presque fermée dont les eaux ne se renouvellent qu'au bout de 30 ans.
Les produits chimiques s'y concentrent et aboutissent dans la chair des poissons.

- Les polluants se fixent dans les parties grasses.
C'est pourquoi le saumon et le hareng sont intoxiqués par ces polluants.
Leur chair est très grasse.
Cela leur donne un très bon goût, mais en même temps, ils nous exposent encore plus à ces polluants.

- Ces produits chimiques remontent ensuite la chaîne alimentaire.
Plus un poisson est gras, plus il fixe dans sa chair les polluants.
Certains, comme les pesticides ou les PCB, ne s'éliminent jamais.
On les appelle les polluants organiques persistants.
En remontant la chaîne alimentaire, ils se concentrent de plus en plus dans les parties grasses.
En bout de chaîne, un kilo de thon ou de saumon est donc beaucoup plus toxique qu'un kilo de petits poissons.
C'est ainsi que certains poissons gras de la Baltique sont devenus impropres à la consommation.
Ils sont de moins en moins présents dans les assiettes des consommateurs.
Du coup, ils se retrouvent massivement sur le marché des croquettes pour poissons.
C'est là que l'intoxication s'accélère.
Retour dans l'usine de croquettes.
Pour transformer les poissons gras, on les cuit dans un grand four.
On obtient des produits très différents.
Cette poudre de protéines et cette huile de poisson.
Ces deux ingrédients permettent la fabrication du produit fini.
Ils vont contribuer à la contamination des croquettes.
Cette huile, tout d'abord.
En concentrant les parties grasses, elle accélère l'accumulation des polluants.
C'est pourquoi les poissons d'élevage y sont plus exposés que les poissons sauvages. Les poudres de protéines posent un autre problème.
Plus grave encore.
C'est au bout de l'usine que je l'ai découvert, dans ce bac de produits chimiques.

- L'antioxydant rentre dans la poudre de protéines.
C'est de l'éthoxyquine.

- Un produit que cet homme utilise abondamment, mais dont il ne sait rien.

- Ça sert à quoi ?

- Je ne sais pas ce que c'est.
 Je sais juste que je dois en mettre.

- A quoi sert ce mystérieux produit chimique ?
Fait-il courir un danger aux consommateurs ?
Voici l'histoire d'un des secrets les mieux gardés de l'industrie agroalimentaire.
A première vue, ce produit toxique n'a rien à faire dans une usine d'aliments.
Le produit a été enregistrée en 1959 par Monsanto, le géant américain de la chimie, dans la par Monsanto, le géant américain de la chimie, dans la catégorie des pesticides.
Il servait à traiter le caoutchouc et les fruits et légumes.
Son usage est encadré et limité.
Que fait-il dans des aliments pour poissons ?
La réponse se trouve en Suisse, à Genève, dans ce laboratoire de la répression des fraudes.
Il y a 2 ans, Patrick et Didier ont trouvé ce pesticide dans la chair de poissons d'élevage dans des concentrations très élevées.
Bien au-dessus des 50 microgrammes par kilo autorisés dans les aliments.

- La valeur de référence, c'est 50.
On a mesuré dans le poisson jusqu'à 10 à 20 fois plus que cette norme.
On a des concentrations comprises de 500, voire 1.000 microgrammes par kilo.

- C'est beaucoup plus que la norme.

- Dans les poissons sauvages, il n'y en a pas.
C'est logique car ils ne se nourrissent pas de poisson.

- Avant eux, personne n'avait pensé à chercher des toxiques dans le poisson.
Le produit est censé protéger les fruits et légumes.
Les fabricants de farine et d'huile ont depuis trouvé un autre usage.
Le problème, c'est que les fabricants de croquettes n'ont pas prévenu les autorités sanitaires de ce changement de situation.
Résultat : le taux de ce pesticide est encadré dans les fruits et légumes et même dans les viandes.
Mais rien concernant les poissons.

- Il y a une norme pour les bœufs et les poulets et pas pour les poissons.

- Patrick Edder a fait une découverte plus étonnante encore.
Les effets de ce pesticide sur la santé humaine n'ont jamais été évalués par l'EFSA.
{Ndr : Autorité Européenne de Sécurité des Aliments}

- Il manque beaucoup de choses.
La toxicité à long terme et les aspects liés au cancer n'ont pas été étudiés.
Aucune étude valide n'a été soumise.
Nous n'avons rien étudié par rapport au développement du fœtus.
A l'arrivée, l'EFSA ne peut pas donner d'avis car elle ne peut pas calculer.
Elle n'a pas de données suffisantes.

- Une seule étude sérieuse a été évaluée.
 Elle émane d'une chercheuse norvégienne.

- On a juste trouvé une thèse en Norvège.

- Je décide de retrouver la trace de la chercheuse.
Elle a soutenu sa thèse à Bergen, à l'ouest de la Norvège dans cet institut de recherche, le Nifes.
Depuis, elle y a perdu son travail.
Je la retrouve.
En travaillant sur ce pesticide, elle a découvert que personne, pas même le fabricant Monsanto, n'avait la moindre idée des effets de ce produit sur la santé humaine.

- Personne ne s'est demandé si c'était un produit sans risque.
Tout ce qui entre dans nos aliments devrait être contrôlé.

- Après plusieurs années de travail, elle a suscité des découvertes majeures sur ce produit.
Plus inquiétantes les unes que les que les autres.

- J'ai découvert que les toxiques avaient le pouvoir de traverser la barrière hémato-encéphalique du cerveau.
Cette barrière a une fonction très importante.
Elle sert à protéger physiquement notre cerveau contre les substances toxiques.

- Les toxiques ne rentrent quand même dans le cerveau ?
C'est dangereux ?

- Oui. Cette découverte devrait être publiée aussi vite que possible.

- Selon elle, pas de contamination du cerveau, mais de probables effets cancérigènes.
Depuis plusieurs années, Victoria n'a pas publié un seul de ses résultats dans une revue scientifique.-
Qu'est-ce qui vous empêche de publier ces résultats ?

- Je ne fais plus partie de l'institut.
J'ai perdu mon statut de chercheur.
Je n'ai pas le droit de publier mes recherches scientifiques.

- A la fin de sa thèse, et malgré ses nombreuses découvertes, Victoria a quitté l'institut de recherche.
Officiellement, de son plein gré.
Je ne vais pas tarder à découvrir que la réalité est différente.

- J'ai décidé que je ne voulais plus m'intéresser à cette question.

- Pourquoi ?
Vous avez fait des découvertes importantes.
Vous me dites avoir envie de les publier.

- Si vous détournez votre caméra, on pourra en parler, si vous voulez.

- Hors caméra, elle va affirmer avoir subi des pressions et des tentatives de falsification de certains résultats.
Dans l'espoir de retrouver un poste et de publier un jour ses recherches, elle a préféré ne pas dénoncer ces pratiques dans les médias.
D'autres en revanche l'ont fait avant elle.
Elle n'est pas la première à avoir été poussée vers la sortie.
En 2006, cette femme, Claudette Bethune également chercheuse avait mesuré la présence de substances dangereuses dans le saumon.
Elle avait dénoncé dans un journal norvégien les pressions et les falsifications de la part de sa hiérarchie et du ministère de la pêche.
Il y a 4 ans, des crédits de recherche sur les toxiques ont été coupés par le ministère norvégien de la pêche.
Cette décision pourrait avoir été prise sous la pression de la ministre de la pêche en personne.

- Cette ministre a rédigé les règles sanitaires qui encadrent la profession.
Elle dirige directement tous les organismes de contrôle sanitaire et les instituts de recherche.
Elle utilise son pouvoir pour faire des choses pas recommandables.
Elle oblige les instituts à abaisser les normes pour que les poissons toxiques puissent continuer à se vendre.
Tout ça pour de l'argent.
Avant elle, en Norvège, on n'aurait jamais vendu un poisson dangereux.
Cette ministre est corrompue.

- Pour vérifier ces accusations, je décide de donner la parole à la principale intéressée.
A Bruxelles, j'ai rendez-vous avec la ministre pour cinq minutes d'interview.
Le temps qui me sera imparti va s'avérer beaucoup plus court.

- Les chercheurs voudraient travailler sur les toxiques mais n'ont pas d'argent pour le faire.
Allez-vous rétablir les crédits pour qu'ils puissent travailler ?

- Pardon, je ne sais rien sur le sujet.
Je ne peux pas vous en parler maintenant.

- Nous sommes ici pour parler du salon du poisson et de rien d'autre.

- Assez vite, le chargé de communication va mettre fin à l’interview.

- L'interview est terminée.

- Je n'ai pas posé toutes mes questions.
- La ministre ne souhaite pas s'exprimer sur l'éthoxyquine. 
Elle ignorait tout de cette substance.
Pourtant, si on prend le temps de consulter son CV, disponible sur le site Internet du ministère, on apprend qu'elle a travaillé 4 ans pour le leader mondial de la croquette de poisson.
Juste avant d'être recrutée par la conseillère au ministère de la pêche.
Elle a depuis occupé des dizaines de postes dans l'industrie du saumon et a même dirigé l'un des principaux Iobbys.
Il y aurait encore une autre ligne qui manquerait à ce CV bien rempli.

- Cette femme possède 8% d'une saumonnerie.

- L'accusation est peut-être outrancière mais les faits sont là.
Il m'a suffi d'examiner les registres de cette société.
La ministre en est la principale actionnaire.
La société possède effectivement plus de 10% d'une principale saumonnerie norvégienne.
Plusieurs autres actionnaires sont des membres de la famille de la ministre.
Mon enquête n'est pas encore tout à fait finie.
Il me reste à découvrir comment ces poissons se retrouvent parfois dans nos assiettes sans même que nous le sachions.
Il suffit qu'un industriel décide en toute discrétion de se tromper d'étiquette.
Exactement comme dans Ie scandale de la viande de cheval.
A Boulogne-sur-Mer, principal port de pêche français, certaines entreprises ne se contentent pas de vendre du poisson.
Elles fabriquent aussi un produit inconnu des consommateurs, très utilisé dans les plats cuisinés.
Ce jour-là, un arrivage de cabillauds.
D'un côté, les filets s'entassent et de l'autre, les déchets ne sont pas perdus pour tout le monde.-
Cette femme travaille pour une entreprise spécialisée dans la transformation de déchets de poissons.

- Une fois que l'on a ôté le filet de cabillaud, il reste pas mal de chair que l'on peut utiliser en agroalimentaire, dans des rillettes, par exemple.
On donne une valeur ajoutée à ce qui était considéré comme un déchet il y a quelques années.
C'est devenu une ressource très prisée.

- Très prisée et peu chère. 
Ces restes avec lesquelles sont préparés nos plats cuisinés, ils sont achetés moins de 15 centimes le kilo.
Certains sont chargés dans des conteneurs frigorifiques. 
D'autres partent dans les camions bennes et son acheminés jusqu'à une usine.
Rien ne se perd.
Les peaux de poissons sont d'abord usinées.
Rien ne se perd.
Les peaux de poissons sont d'abord récupérées pour fabriquer des produits cosmétiques.
Quant aux têtes et aux bouts de chair qui restent accrochés aux arêtes, ils sont en partie travaillés dans cet atelier.
Mais à notre arrivée, toutes les machines sont à l'arrêt.
Elles ont pourtant tourné très récemment.
Mais juste avant notre visite, le patron du site a donné l'ordre d'arrêter la production.

- Il a peur que cela choque le consommateur.

- L'image que le patron voulait éviter, nous avons tout de même réussi à la filmer à l’éviter, nous avons tout de même réussi à la filmer à la dérobée dans un autre atelier.
C'est cette pulpeuse en pleine action.
En écrasant les déchets, elle en extrait cette bouillie informe et peu appétissante que l'on appelle la pulpe.
Une fois lavé, voici à quoi ressemble le produit fini.
Celui-ci a été fabriqué avec les restes d'un poisson gras : la truite.

- Que peut-on faire avec cette pulpe ?

- C'est utilisé dans les plats cuisinés et le pet food, l'alimentation des chiens et des chats.

- L'intérêt de ce produit est d'abord son prix.
La pulpeuse se vend autour de 1,30 € le kilo.
Dix fois moins cher que le filet de poisson.
Elle est très prisée des industriels de l'agroalimentaire.
Rien ne les oblige à indiquer sur leurs produits qu'ils contiennent de la pulpe.
Une usine de plats cuisinés dans l'ouest de la France.
Ce matin, les équipes de la Répression des fraudes font une inspection surprise.

- Jean-Michel Emerique est venu inspecter les stocks de cette grande marque d'agroalimentaire et notamment cette brandade de morue dont il veut vérifier la composition.

- Il y a 23% de produits nobles.

- Façon de parler.
La mention "filet de poisson" n'est pas indiquée.
Jean-Michel vérifie que la composition de ce bloc de poisson correspond bien à ce qui est indiqué sur l'étiquette.

- C'est un bloc de chair de poisson.
C'est un produit congelé.
Il est facile de dissimuler un mélange d'espèces en incorporant de la morue et d'autres espèces de poissons que lorsqu'il est présenté en filet.

- Après le scandale de la viande de cheval, le poisson est également dans le collimateur de la Répression des fraudes.
Les échantillons prélevés sont transmis pour des analyses ADN au laboratoire national d'analyses de 
Marseille.
Identifier des poissons et une procédure longue et complexe.
Selon une récente étude américaine, une étiquette de poisson sur 3 serait mensongère.
Et c'est le cas de notre échantillon.

- Il y a plusieurs choses dedans.
Ça, c'est une bande qui est celle de la morue du Pacifique.
Et ça, ce sont 3 bandes qui sont celles du colin d'Alaska.

- Ils ne l'ont pas annoncé.

- Ce n'est pas légal ?

- C'est une anomalie.
Il faut que le professionnel explique l'origine possible de ce colin d'Alaska dans cette matière première.
Il ne faut pas exclure l'origine accidentelle.
Le colin d'Alaska est moins cher que la morue du Pacifique.
Ça pourrait être une fraude.
Il y a un autre type de fraude qui est de faire passer un poisson d'élevage pour du poisson sauvage.-
Dans la pulpe, les substitutions d'espèces sont plus fréquentes et posent un problème de traçabilité.
Toute la filière poisson peut être concernée par des problèmes de sécurité sanitaire aujourd'hui.
A tel point que certains professionnels de la santé sont en train de changer le poisson.
Cet homme est cancérologue.
Ce jour-là, il anime un atelier d'information sur les causes du cancer pour ces femmes atteintes de la maladie.

- Notre objectif est de prendre des mesures qui vont permettre d'éviter la récidive.

- Parmi les multiples causes qui peuvent favoriser le cancer, le poisson est devenu l'une de ses préoccupations.

- Mangez peu de gros poissons comme le saumon et le thon.
Mangez des petits poissons riches en oméga 3 si possible.

- Le poisson peut être problématique pour la santé ?

- Oui.
Avant, le poisson était riche en oméga-3 et en vitamine D.
On donnait une cuillère d'huile de foie de morue pour une bonne raison.
Mais maintenant, c'est du poisson avec des pesticides et du mercure.
Si c'est du poisson de Finlande, il reste de la radioactivité de Tchernobyl.
Il y a du PCB et des dioxynes.
Le message doit être différent.

- Pendant 30 ans, les autorités sanitaires françaises ont encouragé sans limite la consommation de poisson.
Cet été, elles ont revu à la baisse leurs recommandations.
Pas plus de 2 portions de poisson par semaine.
Une manière d'anticiper ce qui pourrait devenir notre prochain scandale alimentaire.

GUILAINE CHENU : Bonsoir.
Vous avez travaillé 5 mois sur cette enquête.
L'avis sanitaire préconise de ne pas manger plus de deux fois par semaine du poisson.
Mais il y a autre chose.

- Pendant longtemps, on nous a recommandé d'en manger le plus souvent possible.
Et c'est vrai car le poisson est riche en oméga-3 qui est un nutriment bon pour le cerveau et la prévention des maladies cardio-vasculaires.
C'étaient de bonnes recommandations.
Mais le problème est qu'il y a autre chose dans le poisson : des PCB, des métaux lourds, des pesticides.
Le seuil au-delà duquel les risques dépassent les bénéfices, c'est 2 fois par semaine.
C'est le cas des poissons gras qui accumulent plus de produits chimiques.
Dans ce cas, pas plus d'une fois par semaine.
Il y a aussi les femmes enceintes, les enfants de moins de 3 ans et certains poissons ne doivent pas être consommés plus d'une fois par mois.
On peut continuer à manger du poisson.
Mais il y a quelques règles à connaître pour éviter d'ingérer ces substances toxiques.
Il faut éviter les poissons gras car ils accumulent le plus de substances toxiques.
Evitez les trop gros poissons.
Ils sont en bout de chaîne alimentaire et ils accumulent les produits toxiques.
Il faut se renseigner sur l'origine du poisson.
Pêche ou élevage, déjà. S'il provient de la pêche, se renseigner sur la zone de pêche.
Si c'est la Baltique, méfiance.

GUILAINE CHENU : De quand date le développement de cette industrie du poisson ?

- Du début des années 70. A l'époque, on élevait aussi en batterie des poulets, des bovins et du cochon.
La filière du poisson connaît les excès de l'agroalimentaire.

 GUILAINE CHENU : Vous parlez aussi du danger génétique qui est plus pernicieux.
A-t-on une idée de ce que cela peut donner dans quelques années ?

- Un poisson d'élevage n'a pas le même patrimoine génétique qu'un saumon sauvage.
Il peut s'échapper de cet élevage et se reproduire avec le poisson sauvage et détériorer les gènes du poisson sauvage.
Et étendre certaines espèces.
Ça va aller plus loin.
Une entreprise américaine a mis au point un saumon génétiquement modifié qui est quatre fois plus gros qu'un saumon sauvage et qui grandit plus vite.
Ils lui ont rajouté un gène qui lui fait secréter une hormone de croissance.
L'autorité sanitaire américaine a rendu un avis positif pour la mise en marché de ce produit.

GUILAINE CHENU : Comment s'appelle ce poisson ?

- Frankenfish.

GUILAINE CHENU : C'est très clair.

¤


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L'ÉMISSION SUR INTERNET

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Poisson : élevage en eau trouble – Extrait 1 - http://www.youtube.com/watch?v=kaqA57IlPOU (1’03)

Poisson : élevage en eau trouble  - Extrait 2  - http://www.youtube.com/watch?v=Ea6B6vtLwuU (1’20) ou
https://www.facebook.com/photo.php?v=617732701611433&set=vb.181507605233947&type=2&theater (vidéo extrait 2 : 1’21)

Poisson : élevage en eau trouble – Extrait 3 : http://www.youtube.com/watch?v=-Y9G9iiz9C8 (0’55)

Poisson : élevage en eau trouble – Extrait 4 : http://www.youtube.com/watch?v=xwXSmX_mOTk (1’16) ou
https://www.facebook.com/photo.php?v=617798588271511&set=vb.181507605233947&type=2&theater (vidéo extrait 4 : 1’16)

FILM COMPLET : sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=93gqBn6RzkQ (59’38)
ou sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x171a0t_envoye-special-poissons-d-elevage-un-business-en-eaux-troubles_news (59’34) et d’autres liens avec Google.

 

Ce dossier est présenté sur internet au lien : http://www.conscience33.fr/tv_sante.html


REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/362192/1/envoye-special.html?q=saumon

 


INFORMATION COMPLÉMENTAIRE :

Sur le site "Terre-net" une information de l'ANSES : "Deux portions de poisson par semaine pas plus, dit l'Anses"
parue le 5 juillet 2013 au lien : http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/france-local/article/deux-portions-de-poisson-par-semaine-pas-plus-dit-l-anses-203-91246.html

Deux portions de poisson par semaine pas plus, dit l'Anses


EN RÉPONSE : PÉTITION SUR CHANGE pour signer cliquez ici

Pétition de Eric Delannoy, Paris adressée à Marisol Touraine :

"Saumon de Norvège : les consommateurs français veulent la vérité et être protégés"
au lien http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/saumon-de-norv%C3%A8ge-les-consommateurs-fran%C3%A7ais-veulent-la-v%C3%A9rit%C3%A9-et-%C3%AAtre-prot%C3%A9g%C3%A9s

Dans une enquête diffusée jeudi 7 novembre dans l'émission "Envoyé spécial" sur France 2, on s'entend dire une fois de plus ce qu'on nous répète depuis un bon moment : les saumons d'élevage de Norvège sont bourrés de substances toxiques. Des produits chimiques utilisés dans leur nourriture et dans les substances avec lesquelles on les asperge.

Arsenic, cadmium, plomb, dioxines, PCB, Diflubenzuron, ethoxyquine, voilà ce que contiennent nos saumons en provenance de Norvège, dans des proportions au-dessus des seuils de danger quelquefois. Mais même en-dessous des limites recommandées, peut-on croire que ce cocktail ne soit pas énormément nocif pour notre santé?

La France qui consomme environ 15% de la production du pays nordique est le plus gros importateur de saumon norvégien, et l'essentiel du saumon que nous consommons (dont 30% pendant les fêtes de fin d'année) vient des fjords de ce pays. Un marché multiplié par trois en vingt ans, qui pèse plus de 400 millions annuels. 

La Norvège de son coté ne cesse de se justifier auprès de ses pays-clients et qui lui demandent des comptes. En réaction au reportage d'Envoyé Spécial le lobby des éleveurs de saumons (regroupé au sein du Centre des Produits de la Mer de Norvège) a immédiatement diffusé un communiqué sur son site. On y apprend qu'en gros il n'y a pas de problème de santé publique.

Le gros souci quand même est qu'aucune expertise indépendante n'existe en Norvège.

Qui dit vrai alors ? Envoyé Spécial, ou la Norvège?

Moi, en tant que consommateur, je demande à savoir, et être protégé.

Savoir exactement ce que mon saumon acheté en barquette à mon supermarché chaque semaine contient.

Savoir si je peux vraiment manger mes 125g de saumon norvégien, 1 fois par semaine, 52 fois par an, 500 fois sur 10 ans, sans courir des risques.

Connaître précisément le contenu toxique de mon saumon, et les teneurs, et les conséquences de sa consommation sur ma santé.

Avoir des recommandations claires, sérieuses, basées sur des tests indépendants.

Je suis un citoyen de ce pays qui souhaite vivre en conscience, en particulier je veux si possible continuer à manger du saumon régulièrement mais je ne veux pas mourir à feux doux sans savoir ce que je mange, et j'interpelle donc solennellement M. Stéphane Le Foll, Ministre de l'Agriculture et Agroalimentaire, et Mme Marisol Touraine, Ministre de la Santé, pour qu'ils se saisissent du sujet, et nous disent la vérité et nous protègent.

1ers clients de la Norvège pour son saumon, nos voix comptent en cette veille des fêtes de fin d’année. Signez et diffusez ma pétition, d'avance merci!

 

Pétition adressée à : 
Marisol Touraine, ministre de la Santé 
Stéphane Le Foll, Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire 
Jérôme Salomon, Conseiller chargé de la sécurité alimentaire 
Guillaume Garot, Ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire 
Bruno Ferreira, Conseiller technique chargé des questions de sécurité sanitaire et de l'alimentation 
Service de presse, Ministère de l'Agriculture 
Laurentino Lavezzi, Conseiller chargé de la consommation et de la protection des consommateurs 


Moi, consommateur de saumon de Norvège, je demande la vérité sur son contenu toxique.
Je vous demande de mettre en place des normes et des procédures de contrôle supplémentaires, pour notre santé.

Cordialement, 
[Votre nom]

au 27.11.2013 : 66 092 personnes ont signé...

 

 

"La sécurité alimentaire"

Dimanche 3 novembre 2013 - France 5 à 20h35 La sécurité alimentaire

NOUVELLES DIFFUSIONS DE L'ÉMISSION :
Dimanche 10 novembre à 16h08
Jeudi 21 novembre à 16h35

"La sécurité alimentaire"

Photo

 

 

L'émission en vidéo sur Dailymotion, revoir l’émission :

http://www.dailymotion.com/video/x16rz2x_la-securite-alimentaire_webcam (52’25)


La sécurité alimentaire par tchels0o 

 

PRÉSENTATION SUR LE BLOG DE "SAINE ATTITUDE" :

A voir en replay (lien ici) :
Un Doc du dimanche consacré à la sécurité alimentaire
Où vous apprendrez que quand vous achetez du concentré de tomate Le Cabanon, vous financez l'armée chinoise,
ou que si vous achetez du miel bon marché en grande surface, vous pouvez tomber sur un miel de synthèse fabriqué en Chine,
ou que les industriel chinois n'hésitent pas à vendre du rat pour du mouton.

Bref, qu'en attendant une loi obligeant les industriels de l'agroalimentaire d'indiquer la provenance des ingrédients composant leurs produits transformés,
vous feriez mieux pour votre sécurité de ne pas en acheter.
 
http://saineattitude.over-blog.com/2013/11/s%C3%A9curit%C3%A9-alimentaire.html

 


RÉSUMÉ :

Chaque jour, des produits de consommation courante sont retirés en urgence des rayons par les autorités sanitaires, qui les jugent suspects ou dangereux à la consommation.
Des alertes sont lancées quotidiennement à l'échelle européenne.
Et les aliments bio ne sont pas épargnés par ces scandales, comme l'a montré l'affaire des graines germées en Allemagne, contaminées par l'escherichia coli.
En cause bien souvent, l'importation de composants produits dans des pays où les contrôles s'avèrent difficiles, et où les normes européennes ne s'appliquent pas, comme en Chine.
Enquête sur les filières d'approvisionnement de l'industrie agroalimentaire, en compagnie d'experts qui veillent à la sécurité des consommateurs, surpris de trouver du colorant industriel dans certains antibiotiques et des salmonelles dans la charcuterie.

 

Film réalisée par Elsa MARGOUT

Journalistes :
Miyuki DROZ ARAMAKI
Loraine CANAYER
Jié XIONG

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

"La sécurité alimentaire", une enquête d'Elsa Margout.

-Votre cuisine.
Un univers familier peuplé de bonnes odeurs et de bons produits.
Du moins, c'est ce que vous croyez.
Mais vos cacahuètes, savez-vous vraiment ce qu'elles contiennent ?
Et votre saucisson ?
Est-il aussi inoffensif qu'il en a l'air ?
Quant à ce brave maquereau, il risque de vous envoyer à l'hôpital.
Vous êtes sûr de votre salade, mais votre saladier, vos couverts en plastique ?
Vous avez bien quelques doutes sur vos lasagnes, mais vous ignorez d'où viennent vos asperges, votre sauce tomate, votre miel ou les fraises de vos yaourts.
Que savons-nous vraiment de nos aliments ?
Nous avons remonté de la France jusqu'à l'autre bout du monde, en Chine.
Ces experts qui veillent sur notre alimentation.
Faut-il avoir peur de ce que nous mangeons ?
L'insécurité règne-t-elle sur nos assiettes ?
Tous les jours, partout en France, notre alimentation est surveillée comme le lait sur le feu. –
C'est parti.

Bonjour.
 J.-M. Emerique, directeur de la Protection des populations.
Je suis accompagné de deux inspecteurs.
On vient contrôler tout ce qui est hygiène, température, provenance des produits.

-Ces inspecteurs ont une noble mission : garantir la santé du consommateur.

-On regarde la température en surface.
Là, il y a 3 degrés.
C'est parfait.
Pour les températures supérieures, on va vérifier au cœur du produit.

-Les contrôleurs vont passer au crible les étals de ce marché.
Pas une crevette ne passera entre les mailles du filet.

-13,5 degrés, 13,6 degrés. Là, ce n’est pas bien.
Plus la température est élevée, plus la bactérie se multiplie vite.
Donc, le produit, une fois consommé, peut provoquer des troubles gastriques ou de fortes migraines, et il y a un vrai risque pour la santé.

-Les crevettes finissent au panier.

-Mettre ça à la poubelle, alors que vous avez 2 kg de marchandise...
Au prix où c'est, la jeter, je ne suis pas d'accord. Donc, moi, je vais la consommer.

-Les inspecteurs ne s'arrêtent pas aux petits commerces.
80 % de notre alimentation vient des supermarchés.
Ils sont donc régulièrement inspectés.
Pour celui-ci, c'est même la 3ème fois cette année.

-14, derrière. Donc...

-Celui-là, il faudra le contrôler.

-On va le contrôler.

-Il n'y a pas que les petits commerçants qui ont des problèmes avec la température.

-Les sardines, là, c'est clair.

-Ici aussi, 9kg de sardines terminent dans la benne à ordures.
On ne plaisante plus avec la sécurité de nos assiettes.
L'Etat n'est pas le seul à les contrôler.
Pour que le consommateur consomme, il doit avoir confiance.
Les industriels et les grandes surfaces ont donc intérêt à vérifier leurs produits.
Nous partons pour Merville, près de Lille, dans un grand laboratoire de biologie moléculaire.
Chaque matin, 3 000 échantillons arrivent ici, envoyés par les grandes surfaces, les usines ou les chaînes de restaurants.

-Ceci a été prélevé par nos inspecteurs hier, dans différents restaurants ou supermarchés, à travers la France.
C'est des produits variés.
On a une salade de tomates, de la viande destinée à la cuisson, une salade composée et puis le fromage et le dessert, la tarte aux fraises.
Il y a tout le menu !

-Le directeur scientifique du labo va passer cette tarte aux fraises à la moulinette.
Ce qu'il traque: un cocktail bien peu appétissant de bactéries et de virus.

-On a ici un assortiment de différentes bactéries.
Soit des staphylocoques, soit des Escherichia coli.
Un isolement de salmonelle ou un isolement de listeria.

-Ces bactéries sont responsables des intoxications alimentaires et des épidémies les plus courantes, comme la listériose ou la salmonellose, des maladies potentiellement mortelles.

-Notre analyse... de notre tarte aux fraises se prolonge.
On a isolé sur notre boîte des colonies suspectes pour salmonelle.

-En cas de problèmes, c'est une véritable course contre la montre qui s'engage.

-En cas de présence, il faut alerter le client, pour qu'il réagisse aussitôt.

-Il faut retirer le produit infecté des rayons.
Chaque jour, des produits font l'objet d'un rappel, car ils présentent un danger pour la santé.
La liste se trouve sur Internet.
Il y a des plats cuisinés, des desserts, de la charcuterie, comme ce saucisson d'une marque distributeur retiré pour cause de salmonelle.
Des fromages au lait cru rappelés pour cause de listeria ou cette purée pour enfants qui contiendrait des morceaux de métal.
Des infos précieuses pour le consommateur.
Mais aucune grande surface n'a voulu répondre à nos questions.
Sur leur site, difficile de trouver des informations.
Rien ne les oblige à publier la liste des produits rappelés.
Si Carrefour la met en ligne, sur le site d'Auchan, il faut aller tout en bas de la page, là où c'est écrit en tout petit et à l'avant-dernière ligne.
Quant à Leclerc, Casino ou Intermarché, si l'information est sur leur site, elle est bien cachée.
Car malgré les promesses, nous n'avons rien trouvé.
On a fait un test avec 2 produits.
Du thon à la tomate et aux pennes contenant en fait du couscous aux merguez et des salades portant une mauvaise date de péremption.
Un consommateur non averti risque de les manger périmés d'un mois.
En caméra cachée, nous nous rendons dans ces enseignes.
Les produits ont bien disparu des rayons, mais les clients qui les ont achetés risquent de ne jamais savoir qu'il y a un problème.

-Bonjour.

-Dans ce magasin, pas d'affiches, aucune information visible sur le produit.
L'hôtesse, à l'accueil, ne semble pas très au courant.

-J'ai rien. "Salade"... Ah oui !

-"Mauvaise date limite de consommation. "Ça veut dire quoi?

 

-Ben, ils ont mis une mauvaise date.

-On n'en saura pas plus.
En rayon, une affichette indique le problème de date sur les salades.
Mais elle est discrète et ne comporte aucune photo du produit.
Dans ce 2ème magasin, aucun rappel de produit affiché à l'accueil.
Il faut consulter le livre, à l'autre bout du comptoir.

-Si on ne regarde pas dans le livre, on peut pas savoir ?

-C'est ça, le problème. Moi, je ne regarde jamais.

-C'est dans tous les magasins comme ça ?
Y a jamais d'affiches à côté du produit ?

-Non.

-C'est jamais dans les rayons ?

-D'accord.

-Dans ce 3ème magasin, on n'a pas plus entendu parler du thon qui fait l'objet d'un rappel.

-As-tu un produit pennes tomates que les clients doivent ramener parce qu'il y a un problème dessus ?
Parce que je n'ai pas de note, à l'accueil.
C'était affiché, mais quelqu'un a retiré le papier parce qu'il a été déchiré.

-C'est quoi, le souci ?

-Ça devait être du thon, ils ont mis des merguez à la place.

-J'achète des pennes à la tomate et dedans, il y a des merguez ?

-C'est le coup de la viande... On achète du bœuf et on se retrouve avec du cheval.

-Aïe aïe !

-Pour une information destinée au public, les rappels de produits sont plutôt discrets.
Trop de mauvaise publicité.
Malgré cette surveillance, les crises sanitaires se multiplient.
Rappelez-vous.

-Voici une vache folle atteinte d'encéphalopathie spongiforme.

-En 1996, la vache folle, un scandale qui fera 214 morts en Europe, dont 23 en France.
3 ans plus tard, c'est la dioxine qui s'invite dans le poulet, puis les œufs et la mozzarella.
Le bio n'est pas épargné.
En 2011, des graines germées bio sont contaminées par Escherichia coli. 30 morts en
Allemagne et des tonnes de légumes détruits par erreur.
En 2012, cette bactérie touche des steaks hachés et fait une quarantaine de victimes dans plusieurs pays d'Europe.

-Tout est parti de ces fermes roumaines.

-Jusqu'au scandale de la viande de cheval révélé en février 2013.  

-Cette viande était achetée en Roumanie pour le compte de la société française Spanghero, qui fournit Findus, mais aussi Picard, Carrefour ou Auchan.

-Sans danger pour la santé, la fraude a révélé une cascade d'intermédiaires dans la filière des plats préparés à base de viande.
Toutes ces crises touchent plusieurs pays à la fois.
Car notre alimentation est aujourd'hui mondialisée.
Dans nos plats préparés, les légumes ou la viande viennent parfois du bout du monde.
Mais nous n'en savons jamais rien.
Les industriels gardent sur la provenance des ingrédients un étrange silence.
Nous avons suivi la piste d'un produit en apparence bien de chez nous, la tomate.
Nous sommes dans la vallée de Tarascon, près d'Avignon.
D'août à début octobre, la récolte bat son plein.
Ici, depuis des générations, les producteurs locaux cultivent la tomate de Provence.

-Venez là, venez là.

-C'est la vraie tomate de Provence.

-Croquez. J'en ai déjà mangé deux.

-Nous, tous les jours, on mange ça, à la maison.

-Ça, c'est tout le soleil de la Provence, qu'on retrouve dans les plats.

-Cette variété-là, vous ne la trouverez pas sur les marchés, mais dans vos plats cuisinés.

-Sa vocation unique est la transformation industrielle : faire du jus, de la sauce ou du concentré à destination des industries agroalimentaires françaises ou étrangères, pour les plats cuisinés.

-La tomate destinée à la transformation, ça représente 200 à 250 000 t.
La consommation française de tomate concentrée représente 1 million de tonnes : nous produisons 20-25 % de la consommation française.
 
-Le reste de la consommation des Français ?

-Ça provient d'importations d'Italie, d'Espagne, de Chine, essentiellement.

-Pour trouver de la tomate chinoise, inutile d'aller loin.
A quelques kilomètres, voici l'usine du Cabanon, avec un nom qui sent bon le soleil : "Conserves de Provence".
Une des plus grosses usines de sauce tomate de la région.
Dans ces fûts, des litres de sauce qui seront vendus en France, sous la marque Le Cabanon.
Malgré leur nom, ces tomates-là ne viennent pas de Provence, mais de beaucoup plus loin.
Du Xinjiang, en Chine.
Premier producteur agricole mondial, la Chine est devenue le garde-manger de la planète.
Et le premier fournisseur de l'Union européenne.
Bienvenue en pays ouïghour, une région totalement dédiée à la culture de la tomate.
Sur les routes, de longues files de camions chargés de tomates à destination des usines Chalkis, un groupe chinois qui a racheté l'usine provençale du Cabanon en 2004.
Devant l'entrée de l'usine, les chauffeurs font le pied de grue.

-Quand allez-vous entrer?

-Pas avant demain matin.

-Demain matin ?

-Midi, même.

-Le long des files de camions, le jus de tomate dégouline sur la route.
Une odeur de pourriture imprègne l'air.

-Ça fait longtemps qu'on attend.

-Combien de temps ?

-Ça fait 25 heures que les tomates sont dans le camion.
C'est pour ça que ça pue autant. Klaxon.

-Yu Cheng est employé chez Chalkis depuis 10 ans.

-Salut les gars, ça va ?

-Ben tu vois, on poireaute.
Bien sagement.
On respecte les demandes de Chalkis.

-Si toutes les usines du Xinjiang se mettaient à tourner à seulement 70 % de leur capacité réelle, on pourrait répondre à la demande mondiale de concentré de tomate pendant 3 ans.

–Les autorités ont encouragé ce marché ?

-Oui, bien sûr, les autorités l'encouragent.
Surtout que l'entreprise Chalkis appartient à l'armée.
C'est l'armée qui gère la plupart des champs de tomates de la région.

-Le groupe Chalkis n'a pas souhaité nous recevoir.
Il y a 15 ans, pas une tomate ne poussait ici.
Le gouvernement a encouragé cette culture pour faire venir des paysans chinois dans cette région peuplée de la minorité ouïghour.
Aujourd'hui, le concentré de tomate du Xinjiang se retrouve sur les pizzas de toute la planète.
Et il fait vivre toute la région.
Comme Zhang Zibin, le propriétaire de ce champ.

-Nous, on ne mange pas des tomates.
On n'aime pas trop ça.
C'est pour ça qu'ils vendent les concentrés à l'étranger.
Peu de gens les consomment, ici.

-Mais traiter avec l'armée, ce n'est pas toujours une bonne affaire.

-On n'a jamais de contrats avec Chalkis.
Ils nous font toujours de belles promesses.
Et quand les récoltes arrivent, ils nous font attendre avec nos camions pendant 3 ou 4 jours.

-On a même laissé des champs entiers pourrir.

-Vous y avez laissé beaucoup d'argent ?

-Oui. C'est toujours nous qui payons.
Chalkis, ça ne leur fait même pas mal.
Nous, les petits producteurs, on en bave.

-Pourquoi Chalkis, l'un des leaders mondiaux du concentré de tomates, a-t-il racheté l'usine française du Cabanon ?
Pour pouvoir vendre en Europe sans l'étiquette chinoise, qui fait peur aux consommateurs.

-Inutile d'être provençal pour bien parler de Belles tomates.
Ecoutez. Cigales.

-Cette publicité qui date de 10 ans avant le rachat semble étrangement visionnaire.

-Belles tomates, c'est la purée de tomates fraîches gorgées de soleil préparée par Le Cabanon.

-Peuchère.

-Aujourd'hui, la sauce arrive directement de Chine dans ces fûts.
Ne reste plus qu'à mettre une étiquette bien française sur une sauce chinoise.
Nous consommons donc des produits venus du bout du monde, sans même le savoir.
De nombreux légumes viennent quasiment exclusivement de
Chine.
Comme par exemple les asperges. Nous sommes dans le
Fujian, au sud de la Chine.
A 73 ans, M. Yang travaille chaque jour dans son champ d'asperges.

-Il y a beaucoup de producteurs d'asperges, dans la région ?

-Oui, beaucoup. Ici, tout le monde plante des asperges. Il rit.

-Qui les achète, vos asperges ?

-Elles vont en Europe de l'Ouest.
Là-bas, ils achètent beaucoup d'asperges en bocaux, qui viennent de Chine.

-2 asperges sur 3 consommées en France viennent de champs chinois comme celui de M. Yang.
Dans son village, sur 500 familles, 480 cultivent des asperges.
C'est devenu une monoculture destinée à l'exportation.
Aujourd'hui, il en a récolté 15 kg.
Il part les vendre à une centrale d'achat de la ville voisine.

-Ah, voilà la patronne! -Mme Lin collecte les asperges des paysans pour les 5 usines de la région.

-T'as vu, je les ai bien lavées !

-M. Yang touche 70 centimes d'euro par kilo.
Mme Lin les trie par taille et les prépare pour les usines.

-Celles-ci, je les revends 1,72 euro le kilo.
Celles-là, 1,23 euro.
Plus elles sont grosses, plus elles valent cher.

-Les usines les revendent en Europe, à des industriels et à la grande distribution, qui mettront leur propre marque sur le bocal.
Elles vous coûteront 15 à 30 euros le kilo.
Une bonne affaire pour les intermédiaires, moins pour M. Yang.

-Vous avez gagné combien, aujourd'hui ?

-Un peu moins de 4 euros.

-Et ça vous convient ?

-Non.

-Vous vouliez combien ?

-Un bon prix, ce serait 1,20 euro le kilo.

-La Chine est devenue le supermarché de la planète.
Le monde entier y fait ses courses.
Mais les Français ne sauront jamais qu'ils mangent chinois.
Même si les produits sont de qualité, les industriels se gardent bien d'indiquer leur origine.
Un manque de transparence qu'Olivier Andrault, de l'association UFC Que choisir va nous démontrer en faisant les courses.

-Hop ! Je prends un petit truc...
Ça, c'est de la viande bovine.
Obligatoirement, il y a indication de l'origine, on le voit.

-Une obligation depuis la crise de la vache folle.
Et c'est pareil pour les fruits et les légumes frais.

-Pour les fruits et légumes, il y a une obligation, au niveau européen, d'indiquer le pays d'origine.

-Ça change quoi ?

-Quand le produit est transformé, il n'y a plus d'obligation, et la, en général, il n'y a pas d'indication.
On va le vérifier.

-On mange deux fois plus de produits transformés qu'il y a 20 ans.
On a donc acheté des plats préparés, des surgelés et même des yaourts.
Nous voilà parés pour une leçon d'étiquettes.
Premier constat : il n'y a aucune information sur la provenance des ingrédients.

-Comme quasiment tous les produits transformés, les fabricants n'ont donné aucune information sur l'origine, on dit juste que c'est une viande de veau préparée en salaison.
En revanche, le fabricant a cru bon de préciser que le produit est cuisiné dans l'Aveyron.
Le consommateur peut croire que le produit est fabriqué avec des ingrédients du terroir.
Or, on n'a aucune garantie sur l'origine des ingrédients.

-"Cuisinée en Aveyron" veut juste dire que l'usine est en Aveyron ?

-Oui, l'usine où s'est opérée la dernière fabrication se situe en Aveyron, mais les ingrédients peuvent provenir du monde entier.

-Pour les yaourts, le lait peut venir de Nouvelle-Zélande, les fraises de Chine, impossible de le savoir.
C'est pareil même les conserves de légumes.

-On n'a pas cette information parce qu'il y a un Lobbying énorme de l'industrie agroalimentaire européenne ou internationale qui veut acheter ces ingrédients là où ils sont le moins cher, à un moment donné.
Ça veut dire que les acheteurs, plutôt que d'avoir une liste de fournisseurs restreinte, dont ils connaissent la fiabilité, préfèrent se comporter comme des traders : ils achètent tel ou tel ingrédient n'importe où dans le monde.

-Ces traders, nous allons les rencontrer à Hangzhou, au sud de Shanghai, une ville dédiée au commerce et aux exportations.
C'est là que se trouve le siège de 21 Food.
Cette société met en contact acheteurs étrangers et fournisseurs chinois via Internet.
On appelle ça le sourcing.
Han Lin Cha est le directeur du marketing.

-Je vais vous montrer notre site en anglais.

-Sur la colonne de gauche, l'acheteur passe son annonce.
Le drapeau indique le pays.
Sur la colonne de droite, proposent leurs produits.

-Qu'est-ce qui se vend bien, sur votre site ?

-Tout.
On vend vraiment de tout.

-Vous avez beaucoup de clients français ?

-Oui, on en a pas mal.
Ils achètent beaucoup de légumes.
Des légumes frais, des surgelés.
Et des produits de la mer, surgelés ou frais.

-Ce jour-là, sur le site, plusieurs clients français veulent justement acheter du miel, du concentré de jus d'orange, du vin, des fruits de mer et des crustacés.

-Ces dernières années, on voit de plus en plus d'acheteurs français.
Depuis 2 ans, leur nombre a vraiment augmenté.
 
-Les affaires marchent plutôt bien pour 21 Food.
Pourtant, en matière de sécurité alimentaire, la Chine a mauvaise réputation.
Aliments toxiques, fraudes, le cocktail chinois est salé.
En 2008, du lait en poudre pour enfants est enrichi à la mélamine, un produit toxique qui augmente le taux de protéines. 300 000 enfants tombent malades.
11 bébés en mourront.
En mars dernier, 16 O00 cadavres de porcs sont repêchés à Shanghai, révélant un trafic de cochons malades revendus comme de la viande fraîche sur les marchés locaux.
L'imagination des fraudeurs est sans limites.
Du rat et du renard ont été vendus comme de la viande d'agneau.
Il y a quelques semaines, 22 tonnes de porc ont été maquillées en bœuf.
Comment faire passer une viande pour une autre ?
La recette est simple, elle circule même sur Internet.
Prenez du porc, versez du concentré de bœuf, rajoutez de la gélatine alimentaire et laissez mariner jusqu'à ce que la viande change de couleur.
Saisissez à feu très vif.
Et voilà, le porc a pris l'aspect du bœuf.
Une vidéo qui en dit long sur la sécurité des aliments en Chine
. Henri Van Ruymbeke dirige une société qui aide les industriels européens à se fournir en Chine
. Ces multiples scandales ne semblent pas les inquiéter. -Aujourd'hui, qui se fournit en Chine ?

-Tout le monde.
Tous les industriels, les distributeurs...
Mais ils se fournissent dans les pays où il y a du produit.
Le point essentiel, c'est de choisir son fournisseur.
Car il y a du bon et du mauvais.
Et l'un à côté de l'autre !
Et le choix du fournisseur, ça peut pas se faire par téléphone, il faut aller le voir.

-Retour dans le Fujian.
Outre les asperges, on y cultive des agrumes.
Comme ces pomelos, des pamplemousses destinés au marché européen.
Peter Wang travaille pour une société d'audit.
Il inspecte les fournisseurs chinois pour des industriels européens.
Il va contrôler cette exploitation pour le grossiste Metro.

-Bonjour. Tout le site vous appartient ?

-Oui.

-Vous avez transformé des forêts en vergers ?

-Oui, c'est ça. -Peter a 200 ha à inspecter.

-Allez, vous m'emmenez voir ?

-L'audit commence dans les vergers.
Les fruits sont encore verts.
Ils poussent dans de petits sacs, à l'abri des insectes, mais aussi des jets de pesticides.

-Je regarde s'il n'y a pas d'insectes dedans, si le fruit est beau, s'il est propre.

-Le plus important, c'est le contrôle des engrais, pesticides et autres produits chimiques potentiellement interdits par les normes européennes.

-C'est un peu le fouillis, ici.
Ce produit-là, c'est bon.
Il est prévu pour les agrumes.
Les oranges, les pomelos, etc.
Mais celui-ci doit être utilisé pour le blé.
Ce n’est pas pareil, le blé et les pomelos.
Vous prenez un risque.
Vous ne pouvez pas choisir vos pesticides en fonction de ce qui a marché.
Les délais de récolte ne sont pas les mêmes.
Il y a des règles à respecter.

-C'est seulement la première année qu'on s'en sert.

-Il faut arrêter.

-On nous a dit que ce produit marchait bien.

-Il ne faut pas.
C'est interdit

-L'Europe a les normes les plus strictes en matière de produits chimiques.
Une source fréquente d'erreurs pour les producteurs chinois.

-Aujourd'hui, les entreprises acceptent mieux notre travail.
Avant, si je parlais de traçabilité, mes interlocuteurs m'envoyaient sur les roses.
Ils ne voulaient même pas en entendre parler.
Maintenant, ils viennent me demander eux-mêmes des conseils.
Je pense qu'il faut profiter des scandales en Chine pour inculquer l'idée de traçabilité dans la tête de certains producteurs.

-En Chine, on cultive comme nous l'ont enseigné nos parents.
Depuis qu'on travaille pour des firmes étrangères, on apprend.
On est inspectés.
Il y a toujours des choses qui clochent, mais on continue.
Un jour, on réussira à répondre à toutes les exigences des Européens.

-Peter est satisfait.
Il faut juste que l'entreprise améliore l'utilisation des pesticides.
Mais il y a des producteurs moins scrupuleux.
Pour déjouer les fraudes, les sociétés chargées des audits effectuent des inspections surprise.
On a suivi l'une d'entre elles, mêlés à l'équipe d'inspecteurs dirigée par cette jeune femme, Antonieta, et son collègue.
 
-Let's go.

-OK.

-Nous filmerons en caméra cachée.
Le contrôle a lieu à l'improviste, dans cette entreprise de surgelés.
35 conteneurs en sortent chaque mois.
La visite commence par la chambre froide.
L'usine exporte des coquilles Saint-Jacques dans le monde entier.
Un détail attire tout de suite l'attention d'Antonieta : des stalactites.

-Ça veut dire quoi ?
Que la température a changé ?

-Oui.
Cela signifie qu'il y a un problème de variation de température.

-Ça peut être dangereux, si on les mange ?

-On ne peut pas dire ça.
Mais si la température varie, le produit peut sembler congelé à l'extérieur et ne pas l'être à l'intérieur.
Parfois, ça ne se voit pas, mais après 30 jours de bateau, quand ça arrive chez les clients, c'est déjà pourri, dedans.

-Antonieta et son équipe prélèvent des cartons et vont décongeler les sacs.
Ce qu'elles cherchent, c'est une fraude très courante.
Le trempage dans des produits chimiques qui permettent de gonfler les coquilles d'eau et donc, de tricher sur le poids réel.
Chaque sac doit peser 800 g.
Le premier est correct, au grand soulagement des dirigeants de l'usine. Rires.

-Ouf !
C'est ce qu'on espérait, comme résultat.

-Les suivants le seront moins.
Les coquilles Saint-Jacques ont sans doute subi le trempage.
Il ne s'agit que de quelques grammes, mais sur plusieurs tonnes, la fraude peut représenter une jolie somme.
Nous avons montré ces images à notre spécialiste de la Chine.
Selon lui, les exigences européennes sont parfois difficiles à comprendre pour les Chinois.

-En Europe, tout le monde sait qu'il ne faut pas recongeler.
En Chine, non.
On décongèle, on recongèle, ça fait partie de la culture des gens.
Ce n’est pas naturel.
Donc, à partir de là, vous devez bien définir cette règle du jeu.

-Autre motif récurrent d'incompréhension : la sous-traitance.
Voici les images d'une de ces dernières inspections.

-On investit dans une entreprise.
Si l'entreprise n'arrive pas à suivre la demande, on fait appel à d'autres entreprises.
Même si l'entreprise chinoise est belle et qu'elle fait appel à une entreprise qui n'est pas présentable, ça ne va pas les marquer.
 
On parle aussi de Anvers, Belgique , Brésil

Là, on a une entreprise pas prête à répondre aux standards européens.

-Ces contrôles sur le terrain sont-ils suffisants ou faut-il craindre les produits importés ?
Pour le savoir, nous partons à Anvers, en Belgique, la porte d'entrée des denrées alimentaires à destination de toute l'Union européenne.
L'Europe est le plus gros importateur d'aliments.
160 millions de tonnes de marchandises transitent ici chaque année.
Comment s'assurer de leur qualité ?
Le matin, des conteneurs sont prélevés sur chaque cargo qui entre au port.
On les emmène jusqu'à cet entrepôt, pour les contrôler.
Ce jour-là, ce sont des poulets congelés qui viennent du Brésil.

-On prend des cartons aussi bien devant que derrière ou au milieu.
On en prend même tout au fond, pour avoir une image globale du chargement et de sa qualité.

-Stefan est vétérinaire, mais il passe le plus clair de son temps en cuisine.
En fait, un laboratoire d'analyses sensorielles.
Le poulet brésilien va faire un petit tour au micro-ondes.

-Dès qu'on le sort du micro-ondes, on peut déjà avoir une idée, rien qu'à l'odeur.
Je vais enlever le plastique, pour libérer l'odeur.

-Ça a l'air normal ?

-Oui, parfaitement normal.

-Stefan prélève des échantillons et les envoie en laboratoire, pour subir des analyses plus poussées.
Le poulet brésilien va poursuivre sa route, direction les usines de plats préparés, les chaînes de restaurants ou les hypermarchés européens.
Seuls quelques milliers de conteneurs sont vérifiés chaque année, sur les 7 millions qui entrent au port.
Alors, les contrôles sont ciblés sur les produits et les pays qui présentent le plus de risques, comme la Chine, l'Inde ou la Turquie.
C'est à Liège, dans ce labo, qu'arrivent les échantillons prélevés dans les conteneurs.
Claude est chargé des produits à risques : crevettes, volailles et poisson.

-Je vais rechercher une protéine appelée "histamine".

-C'est dangereux ?

-Ça peut provoquer des chocs dangereux et peut-être même entraîner la mort pour les gens qui sont particulièrement sujets aux allergies.

-Depuis 23 ans, Claude coupe, tranche, dissèque les denrées venues du monde entier.
Et il en a vu des vertes et des pas mûres.

-Le plus étonnant, c'est de voir ce qu'on fait manger aux animaux.
On contrôle ça aussi.
Je me souviens avoir trouvé des pneus, du verre, des clous, du fil barbelé.

-Et pour les êtres humains ?

-Du colorant qu'on utilisait pour fabriquer du cirage.
Qui est interdit.
Des antibiotiques, aussi.
On en trouve régulièrement dans la viande d'importation.
On est quelquefois surpris de voir ce qu'on arrive à faire manger aux gens.
Il y a des choses que je ne mange plus.

-Réduite en bouillie, la sardine va être décomposée dans ses moindres particules.
Chaque pic, sur l'ordinateur, représente une molécule.
Et l'histamine est bien là.

-Cet échantillon dépasse la norme de... à peu près une fois.
On est à 170,70 milligrammes par kilo.

-La norme est à 100.
Donc, a priori, ça devrait être retiré du marché.

-La sardine à l'histamine sera donc boutée hors de l'Union européenne.
Il n'y a pas que l'alimentation qui subit ces analyses.
A l'étage supérieur, le responsable du laboratoire, Jean-Paul Denuit, va faire passer un mauvais quart d'heure à des Spatules.
Ces ustensiles et assiettes en plastique viennent de Chine.
Ils pourraient contenir des substances toxiques, les amines aromatiques.

-Ça peut contaminer nos aliments, si le plastique n'est pas de bonne qualité.
Le contrôle a pour but de stopper au niveau des frontières les plastiques de mauvaise qualité.

-Sous l'effet de la chaleur, dans une casserole, ces substances passent dans nos aliments, augmentant les risques de cancer.
En 2 ans, on a détruit 20 000 ustensiles de cuisine chinois contenant des amines aromatiques, comme ces 3 000 saladiers passés au pilon il y a quelques jours.
La spatule va suivre le même chemin.

-Dans cet échantillon, on a la présence d'amines aromatiques au-dessus de la norme.
Il va être déclaré non conforme.

-Quelques minutes plus tard, à Bruxelles, l'alarme est donnée dans toute l'Europe, grâce à la hotline des alertes alimentaires.
Cet immeuble abrite les sentinelles de l'alimentation européenne.
13 815 km de frontières surveillés depuis cet étage.
Enrique vient de recevoir l'information concernant les spatules chinoises.

-On a reçu une information sur un produit chinois.
Ce sont des spatules en plastique.
Des amines aromatiques ont migré dans ce produit, et ça peut être cancérigène.

-Il lance l'alerte en Europe.
Quand un produit nocif est détecté par un pays, il informe le système d'alerte à Bruxelles, qui prévient les autres en quelques heures.
Cette année, sur 3 500 produits suspects, 547 présentaient un danger pour la santé.
La Chine détient le record de signalements.

-Là, par exemple, on a trouvé des aflatoxines dans des pistaches. C'est l'Allemagne qui a donné l'alerte.
Les pistaches viennent de Turquie et sont à destination de la France et de l'Allemagne.
Sur le poisson, on a aussi des contaminations aux métaux lourds comme le mercure ou l'histamine.
Un très gros pourcentage de ces produits vient de Chine.

-Mais parfois, les produits étrangers sont difficiles à détecter et vont se nicher dans les denrées qui semblent les plus naturelles, comme le miel.
Paul Schweitzer est apiculteur.
Il produit son miel à l'ancienne, dans son jardin.

-J'ai des abeilles depuis l'âge de 12 ans.
Je me suis passionné pour la biologie de l'abeille et tout ce qui est en rapport avec.
Le miel, la botanique et tout ça.

-Quand il ne s'occupe pas des ruches, il dirige le principal laboratoire français d'analyses sur le miel.
Ce jour-là, 15 marques de miel premier prix vendues en supermarché vont nous livrer leurs petits secrets.

-Là, on pèse 10 g de miel.
On va vérifier si le miel n'a pas subi un traitement thermique trop important.

-Il va surtout vérifier l'origine du miel, en analysant au microscope les grains de pollen.

-C'est un miel d'origine chinoise.
Quand on trouve du pollen de thé dans un miel, on est sûr qu'il a une origine chinoise.
Mais sur les pots, c'est jamais marqué "Origine Chine".

-Sur aucun de ces produits vendus en grande surface n'est mentionnée l'origine du miel.
L'astuce: mélanger des miels venant de plusieurs pays, ce qui évite de les mentionner sur l'étiquette.

-Je lis sur l'étiquette: "Mélange de miels originaires et non originaires de la CE."
On n'a le droit de marquer que ça quand on met deux miels différents.
Le client sait pas ce qu'il achète, puisqu'un miel "non originaire et originaire de la CE", ben... ça veut dire qu'il provient de la planète Terre.
Donc, on ne sait pas d'où il vient.

-Bilan : 1 pot sur 3 de miel premier prix contient du miel chinois.
Ce n'est pas tout.
En contrôlant les sucres, le Pr Schweitzer repère vite une fraude courante.

-On rajoute des sirops de sucre: on rallonge le miel.
C'est une adultération.
Si on ajoute autant de sucre qu'il y a de miel, on double la quantité de "miel", entre guillemets, à vendre.
Et comme les sucres sont moins chers que le miel, on fait une opération juteuse.

-Plusieurs pots contenant du miel d'origine chinoise ont bien été falsifiés.

-C'est un mélange de miels du Brésil et de Chine.
Il y a du sucre dedans.

-Retour en Chine.
On a voulu savoir s'il était aisé de trouver du miel pour l'exporter et surtout de le falsifier.
En caméra cachée, nous allons dans une usine de miel.
Nous nous faisons passer pour des acheteurs occidentaux.
En négociant le prix, le responsable va nous faire une étrange proposition.

-Il y a bien une possibilité, pour faire baisser le prix.
Si vous voulez, on peut augmenter le pourcentage d'eau dans le miel.
On ajouterait... comme de l'eau sucrée.

-Vous êtes en mesure de le faire ?

-Si c'est ce que vos clients veulent !
Je peux vous fabriquer du miel très bon marché en augmentant le pourcentage d'humidité.
A condition que vous le marquiez dans le contrat, sinon, je prends un trop gros risque.

-Certains fraudeurs chinois ne se contentent plus de rajouter de l'eau sucrée.
Ils peuvent créer artificiellement du miel de synthèse.
Le Pr Schweitzer va nous en faire la démonstration.

-On va faire un faux miel du Gâtinais.
C'est un des miels pour lesquels il est le plus facile de faire un faux.

-Il faut du sucre...

-4 g de glucose. 3,99 de fructose.

-Encore du sucre, toujours du sucre.

-Il y a aussi du maltose et de l'isomaltose.

-Au total 6 sucres différents.

-On trouve ces sucres facilement ?

-C'est les sucres bateau, les moins chers de la chimie.
Rajoutez de l'acide gluconique, normalement produit par les abeilles, 1 ou 2 enzymes, de l'eau et quelques grains de pollen pour faire plus vrai.

-Je mélange le tout.

-Chauffez à feu doux.
Le faux miel est prêt.

-Ce produit là ressemble à du miel, mais il n'y a pas 1g de miel là-dedans.
Par contre, on l'a analysé, et il est conforme sous tous les critères légaux.
Certains miels chinois sont faits comme ça.
C'est même mieux que ce que j'ai bricolé là.
C'est fait à l'échelle industrielle avec des contrôles, et les produits ressemblent parfaitement au miel.

-10 % du miel consommé en France serait falsifié.
Sommes-nous condamnés à consommer des produits qui viennent de loin ou d'autres solutions sont-elles possibles ?
Nous sommes retournés dans la vallée de Tarascon.
Aujourd’hui l'usine chinoise du Cabanon n'achète plus de tomates aux producteurs locaux.
Alors, ils ont pris leur destin en main.
Une soixantaine d’agriculteurs se sont regroupés et ont monté leur propre usine, Provence tomates.
Avec un maître-mot : la traçabilité jusqu'au champ.

-Voilà, on a le nom du producteur, la parcelle, le numéro de la benne, la variété, la date et l'heure de récolte.

-Par boîte, vous savez de quelle parcelle venait le concentré ?

-La parcelle, la région, le producteur.

-L'usine fabrique des sauces pour les pizzas et les plats cuisinés.
Entre le concentré chinois et le coulis provençal, il n’y a pas photo.

-On dirait de la pâte à modeler.

-Pour quelques euros de plus, des industriels locaux font aujourd’hui le choix d’acheter cette sauce fabriquée avec des tomates de Provence plutôt que celles venues du bout du monde.

-A nous de contre-attaquer, de sensibiliser les consommateurs, qui sont des citoyens.
Il faut que tout le monde cherche à comprendre que quand il achète un produit, c’est pas le demi-centime de plus ou les quelques centimes de plus sur un produit qui vont changer notre situation à la fin du mois.
Si on ne maintient pas de la production chez nous, demain, le produit d’importation sera encore plus cher.

-Les sénateurs l’ont peut-être entendu.

Ils ont voté un texte obligeant les industriels à indiquer la provenance de tous les produits sur leurs plats préparés.
S’il est appliqué, alors, demain, nous saurons enfin ce que nous mangeons.
Quant à la Chine, elle bouge aussi.
La classe moyenne n’accepte plus les scandales alimentaires.
Le gouvernement chinois vient de procéder, en quelques mois, à 900 arrestations pour fraude alimentaire.
Quand la Chine s’éveillera, elle voudra, elle aussi, être bien dans son assiette et consommer  en toute sécurité.

¤


COMMENTAIRES SUR LE SITE DE "FRANCE 5" :

http://www.france5.fr/emission/la-securite-alimentaire/diffusion-du-03-11-2013-20h35



DÉBAT ET COMMENTAIRES SUR LE SITE DU "MONDE" :

http://lesdebatsdudd.blog.lemonde.fr/2013/11/04/que-savons-nous-vraiment-de-nos-aliments/


REPLAY :

Avec sous-titrages : http://pluzz.francetv.fr/videos/la_securite_alimentaire_,91460828.html (52’24)

Avec commentaires des téléspectateurs : http://www.france5.fr/emission/la-securite-alimentaire/diffusion-du-03-11-2013-20h35

 

L'ÉMISSION SUR INTERNET

Vidéo sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=TNMKcaGrgsk (52’25)

 Visible sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x16rz2x_la-securite-alimentaire_webcam (52’25)

 

 

L'émission en vidéo sur Youtube, revoir l’émission :

http://www.youtube.com/watch?v=TNMKcaGrgsk (52’25)

 

 

 


REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/357591/la-securite-alimentaire.html?q=s%C3%A9curit%C3%A9%20alimentaire

 

 

Charlotte de Vilmorin
France 2

Vendredi 10 avril 2014 - France 2 au Journal de 13h : "L'invitée des Cinq dernières minutes"



Photo de l'album sur Facebook

Revoir l'émission sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/edit/x2mbasm (5'53)


Charlotte de Vilmorin 10.04.2015 France 2... par gaultiermaurice

Revoir l'émission sur Rutube :
http://rutube.ru/video/adfe2645eafc53bbd059180b54a1126d/ (5'52)

Revoir le journal télévisé complet en replay :
http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_13h_,120741787.html

L'émission peut être téléchargée avec Captvty :
http://captvty.fr/

 


PRÉSENTATION DE L'ÉMISSION :

Vendredi 10 avril 2014 - France 2 au Journal de 13h : "L'invitée des Cinq dernières minutes"

SITES :

- Wheelcome.net : http://wheelcome.net/ - ITINÉRAIRES D'UNE JEUNE PARISIENNE EN FAUTEUIL ROULANT
 Un blog retraçant les itinéraires d'une jeune parisienne en fauteuil roulant. Voyages, sorties, rencontres, idées, coups de gueule...

- Sur Facebook, page Wheelcome : https://www.facebook.com/wheelcome

- Wheeliz.com : https://www.wheeliz.com/fr - Location de voitures adaptées entre particuliers. Moins cher, plus proche, plus mobile !

- Sur Facebook, page Wheeliz : https://www.facebook.com/wheeliz

LIVRE :
- "Ne dîtes pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque" aux éditions Grasset et Fasquelle :
Sur Facebook : https://www.facebook.com/editionsgrasset
16 € chez Grasset : http://grasset.fr/ne-dites-pas-ma-mere-que-je-suis-handicapee-elle-me-croit-trapeziste-dans-un-cirque-9782246807872


ARTICLE :

- Madame Figaro : http://madame.lefigaro.fr/societe/charlotte-de-vilmorin-24-ans-entrepreneure-060315-95115

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRAGES DE L'ÉMISSION :

Transcription du Journal complet :
http://telescoop.tv/browse/934957/15/journal.html?q=vilmorin

Transcription partielle à partir de 39'35 :

-E.Lucet: Elle est née handicapée, impossible pour elle de marcher, difficile de se mouvoir, même dans un fauteuil roulant. Désespérant, direz-vous. Pas du tout. Elle en a tiré une force et un humour hors du commun. Ne vous apitoyez pas sur son sort. Riez plutôt avec elle, comme elle le fait dans son livre. Voici maintenant l'invitée des "Cinq dernières minutes"...
...
Et cette invitée, c'est Charlotte de Vilmorin.
Bonjour.
On est ravis de vous accueillir sur notre plateau pour ce livre.
C'est publié chez Grasset.
Pourquoi aviez-vous envie d'écrire ce livre sur votre parcours et pourquoi ce titre en forme de pied de nez?

-C.de Vilmorin: Ce livre, c'est une tranche de vie à un moment charnière où je suis passée d'étudiante à active et chef d'entreprise.
C'est une manière de parler du handicap avec humour.
Je considère que c'est très important et je le fais aussi sur mon blog depuis longtemps.
C'est un clin d'oeil au monde de la publicité où j'ai travaillé.

-E.Lucet: Ce livre est une claque pour tous ceux qui vont le lire.
Tout a démarré dans votre enfance par une claque.
Racontez-nous ce qui s'est passé.

-C.de Vilmorin: J'étais scolarisée dans un milieu ordinaire, à l'école du quartier, avec des élèves valides qui couraient dans la cour de récréation.
Un jour, le regard de l'enfant devient adulte et on voit le handicap.
Un jour, la maîtresse a demandé combien on était dans la classe et une de mes camarades a répondu qu'on était 23, plus moi.
J'ai compris que j'étais dans une situation qui me rendait dans une situation de handicap.
Je l'ai très mal vécu.
Je suis rentrée chez moi en larmes.
Je voulais que mes parents me réconfortent.
Ils m'ont fait bien comprendre que ça ne servait à rien de s'apitoyer sur son sort et qu'il fallait au contraire prendre les choses avec philosophie et optimisme, que les choses étaient ce qu'elles étaient.
La vraie claque, c'est vraiment le changement de regard que l'on porte sur soi et le changement d'attitude que je n'ai jamais quitté depuis.
Je prends la vie du bon côté.

-E.Lucet: A partir de ce moment-là, vous avez décidé de ne plus pleurer et de vous battre.
Le combat a été rude, on l'imagine.
La cour de récré, ce n'était pas pour vous.

-C.de Vilmorin: C'était difficile de trouver une école qui acceptait, avant la loi de 2005 sur le handicap, de scolariser un enfant en situation de handicap.
On voulait forcément le mettre dans un cursus spécialisé.
Je ne le voulais pas et ma famille non plus.
On m'a dit qu'on me prenait dans une école normale mais que la cour de récréation était un peu dangereuse pour moi.
Je restais dans le gymnase.

-E.Lucet: Vous avez fait 2 ans de prépa et une école de communication.
Vous avez décidé de travailler dans la publicité.
Vous avez vécu des moments inimaginables.
Vous avez assisté à un cocktail sur une terrasse...

-C.de Vilmorin: Une alerte incendie a retenti.
Dans ces moments-là, on se rend compte qu'on est en situation de handicap parce qu'on ne peut pas descendre, que l'ascenseur est bloqué.
Personne ne sait où on est à ce moment-là.

-E.Lucet: Tout le monde a fui et vous a laissée sur cette terrasse.

-C.de Vilmorin: Oui.
Ca révèle une dimension d'incapacité qui cristallise le handicap.
On n'est pas handicapé dans l'absolu mais dans ces petits moments où ça coince et où l'on est bloqué.

-E.Lucet: Vous racontez beaucoup d'anecdotes comme celle-ci mais nous n'avons pas le temps de toutes les évoquer.
Parlons de votre entreprise.
Pendant un moment, vous avez été stagiaire dans une entreprise.
Quand il a fallu vous embaucher, c'était terminé.
Racontez-nous le projet que vous êtes en train de monter.

-C.de Vilmorin: Je suis en train de créer le premier site de location de voitures aménagées pour les personnes en fauteuil entre particuliers.
On a vraiment besoin de voitures aménagées.
Le plus grand parc de voitures aménagées se trouve chez les particuliers.
On a envie de mutualiser ce parc et de proposer aux propriétaires de voitures aménagées de les mettre à la location pour d'autres personnes en fauteuil.

-E.Lucet: Voici l'adresse de votre site. [www.wheeliz.com]
Vous avez 50 voitures et il vous en faudrait 100.
Tous les particuliers qui ont une voiture aménagée pour le handicap peuvent vous contacter sur le site.
Je vous souhaite bonne chance pour que l'entreprise fonctionne aussi bien que votre sourire et votre écriture.

-C.de Vilmorin: Merci vraiment à vous.

-E.Lucet: Votre livre s'appelle "Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque".
Fin de ce journal.
Merci de l'avoir suivi.
Tout de suite, la météo complète d'A.Baydemir, suivi du Point Route avec V.Maurice.
A 20h et tout le week-end, vous retrouverez L.Delahousse.
Quant à nous, on se retrouve lundi, même lieu, même heure.

 


 

 

 


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