Télévision Alimentation - Hygiénisme : Pour réfléchir - vidéos & transcriptions écrites d'émissions de télévision
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Tv - Alimentation - Hygiénisme
Vidéos & Transcription écrite d'émissions de télévision

Pour mémoire : Dossier Hygiénisme au lien http://www.conscience33.fr/HYGIENISME.html
Vidéos d'Albert Mosséri qui n'ont pas fait l'objet de diffusions à la télévision, mais qui présentent les bases de l'hygiénisme :
- Fréderic Patenaude a interviewé Albert Mosséri en 2010 : Comment avez-vous découvert l'Hygiénisme pour la première fois ? L'Hygiénisme et le jeûne...
https://www.youtube.com/watch?v=nRq1JH2nch8 Sous-titrée VOSTF (9'47) ou http://www.dailymotion.com/video/x1qdskk Sous-titrée VOSTF (9'48)
- Fréderic Patenaude continue son interview avec Albert Mosseri en 2010 : Qu'est-ce que le menu hygiénique que vous recommandez ?https://www.youtube.com/watch?v=yjoINABPyTg Sous-titrée VOSTF (9'28) ou http://www.dailymotion.com/video/x1qdtmz Sous-titrée VOSTF (9'29)
- Albert Mosséri répond aux questions des jeûneurs en cure chez lui, le 19.02.1996 : https://www.youtube.com/watch?v=3a-PJ6kDfyw (4h05)
- Albert Mosséri répond aux questions des jeûneurs en cure chez lui, le 22.02.1996 : https://www.youtube.com/watch?v=l10GmwAd0Ig (5h09)
- Albert Mosséri répond aux questions des jeûneurs en cure chez lui, le 03.03.1996 : https://www.youtube.com/watch?v=hOYtKW2ZeHY (24'50)

 

VIDÉOS ET TRANSCRIPTION ÉCRITE DES ÉMISSIONS - PRÉSENTATION

Liste :


*** - 29.03.2012 & 27.09.2013 : LE JEÛNE, UNE NOUVELLE THÉRAPIE ? sur Arte
*** - 31.01.2014 : LE VENTRE, NOTRE DEUXIÈME CERVEAU sur Arte : Conversation secrète de notre ventre avec notre tête grâce à… deux cent millions de neurones !
- 24.01.2014 : L'INTESTIN : cerveau des émotions sur Arte (X:enius) - Vidéo au lien : https://www.youtube.com/watch?v=f927WwKgDaE (vidéo rejetée)
- 27.03.2015 :AUTISME : LA NOUVELLE THEORIE D'UNE CAUSE BACTERIENNEsur Arte
Certaines recherches, peu connues du public, explorent une piste radicalement nouvelle : l'environnement...
Dossier au lien : autisme.html

- 05.07.2014 ON A RETROUVÉ LA MÉMOIRE DE L'EAU ! sur France 5 avec le professeur Luc Montagnier au lien : http://www.conscience33.fr/on-a-retrouve-la-memoire-de-l-eau.html
La découverte qu'après un contact avec une molécule, l'eau garderait en son absence ses propriétés remettrait en cause l'approche médicale actuelle. (avec transcription écrite)

- 06.05.2014 : LES POUVOIRS EXTRAORDINAIRES DU CORPS HUMAIN : "Prendre le pouvoir sur son corps" sur France 2.
Magazine. Adriana et Michel embarquent pour le Sud-Ouest, une des régions où les Français vivent le mieux et le plus longtemps.
SOMMAIRE : 1 Présentation - 2 Bains de mer à Biarritz - 3 Une alimentation saine - 4 Les recettes d’Arnaud Daguin - 5 Des exercices sportifs quotidiens - 6 Les exercices de Pierre Salamé - 7 Le sommeil et la mémoire - 8 Lutter contre le stress

- 10.04.2014 : Vivre végan pour vivre mieux sur Arte (X:enius) - avec les vidéos au lien : http://www.conscience33.fr/tv-vivre-vegan-pour-vivre-mieux.html
Quel est l'impact sur la santé d'un mode de vie "vegan" qui exclut tout produit d’origine animale?

- 5.03.2015 Peut-on encore manger des pommes ? sur France 2 dans "Envoyé spécial" au lien pommes.html
Peut-on encore manger des pommes ? La pomme est l'un des fruits les plus gourmands en pesticides.

- 24.05.2014 : Notre alimentation inflence-t-elle notre santé ? sur Arte (X:enius) - vidéo au lien : http://www.dailymotion.com/video/x1wqdjw
Comment les aliments agissent-ils vraiment sur notre santé ? Peut-on en faire un argument de vente ?
- 01.05.2014 : L'orthorexiesur TF1 au Journal Le 20H
- 30.04.2014 : La santé par l'alimentation sur France 5 dans "La Quotidienne" à lire et à (re)voir au lien : tv_la_sante_par_l_alimentation.html
La santé par l'alimentation et... le régime du Dr Seignalet avec le Pr Henri Joyeux.
- 02.04.2014 : Alimentation : y-a-t-il du poison dans nos assiettes ? sur la chaîne D8 dans "En quête d'actualité"
Saumon... Pommes... Porc...
- 25.03.2014 : LE SOJA : UN ALIMENT SANTÉ ? sur France 5 dans Allo docteurs ! -
Soja, mensonges et propagande au Magazine de la Santé

- 13.03.2014 : Alimentation : le marché de la peur sur France 2 dans "Complément d'enquête"
- 16..02.2014 : Du poisson pas si bon, enquête sur une filière opaque sur France 5
- 07.11.2013 : POISSON - élevage en eaux troubles sur France 2 (Émission "Envoyé spécial") -
Conséquence : Une pétition

- 08.02.2014 : LE SUCRE, ami ou ennemi ? sur Arte (X:enius) - Vidéo au lien : http://www.youtube.com/watch?v=cVX29Irn7c0&feature=youtu.be (25'45)
- 03.11.2013 : LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE sur France 5
- 16.12.2013 : CES DÉCROISSANTS QUI DISENT NON À LA CONSOMMATION sur TF 1 au journal de 20 h. 

- 16.02.2014 : ALDI - La La fulgurante ascension de la chaîne allemande de magasins discount Aldi sur Arte (Karambolage)

- 5.03.2015 PEUT-ON ENCORE MANGER DES POMMES ? sur France 2 dans "Envoyé spécial" au lien pommes.html
Peut-on encore manger des pommes ? La pomme est l'un des fruits les plus gourmands en pesticides.

15.06.2014 LA FRAISE, un parfum de business
En forme de cœur, charnue et savoureuse, la fraise des jardins d'antan a un parfum de paradis perdu. Mais où est-elle passée ?
Vidéo VFSTF Dossier au lien http://www.conscience33.fr/la-fraise-un-parfum-de-business.html (avec transcription écrite)

-25.05.2014 : TOMATE, à la recherche du goût perdu sur France 5 - En France, le choix est restreint et souvent éloigné des attentes du consommateur. Dure, farineuse, insipide : les critiques sont sévères contre ces tomates d'aujourd'hui, produites à 80% en hors sol. L'arrivée soudaine de variétés anciennes a marqué un tournant.
Vidéo VFSTF Dossier au lien http://www.conscience33.fr/tomate-a-la-recherche-du-gout-perdu.html avec transcription écrite. Une enquête objective et pointilleuse.

 

- 8.06.2014 Alimentation : faut-il croire aux produits qui promettent la santé et la forme ? sur M6 - A lire et à voir au lien http://www.conscience33.fr/tv_sans_gluten_jus_de_fruits_multivitamines_pomme_pink_lady.html
- Que cachent les jus de fruits multivitaminés ?, en première partie de l'émission, voir au lien #jus_de_fruits_multivitamines la transcription écrite... : http://www.conscience33.fr/tv_sans_gluten_jus_de_fruits_multivitamines_pomme_pink_lady.html#jus_de_fruits_multivitamines
- Les fortunes du "sans gluten" suivi de La pomme Pink Lady, en troisième partie de l'émission, voir au lien #gluten la transcription écrite... : http://www.conscience33.fr/tv_sans_gluten_jus_de_fruits_multivitamines_pomme_pink_lady.html#gluten

- 30.11.2014 GLUTEN, FAUT-IL EN AVOIR PEUR ? sur France 5 au lien gluten.html
Chaque Français consomme en moyenne 58 kilogrammes de pain par an. Or, de nombreux consommateurs seraient intolérants au gluten. Cette protéine de blé permet à la pâte du pain de gonfler.

 

- 02.04.2014 : Alimentation : y-a-t-il du poison dans nos assiettes ? sur la chaîne D8 dans "En quête d'actualité" Saumon... Pommes... Porc...
Pour obtenir des quantités industrielles de fruits, de poissons ou de viandes à prix réduits, les éleveurs et agriculteurs ont parfois recours à des substances pas toujours naturelles. 

- 13.03.2014 : Alimentation : le marché de la peur sur France 2 dans "Complément d'enquête"
Sommaire : La peur au ventre. Le jeûne. L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ». - Poulet bio ou antibio ? Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals. - Les bouchers «haute-couture».ans le Saint-Sacrement exposé..

- 16.02.2014 : Du poisson pas si bon, enquête sur une filière opaque sur France 5 - Comme la filière industrielle de la viande, secouée par de nombreux scandales, celle du poisson entre à son tour dans des zones de turbulences et de soupçon. Selon l'enquête d'une ONG américaine, un poisson sur trois vendus sur les étals aux Etats-Unis n'est pas conforme à son étiquette. En France, une récente enquête de «60 Millions de consommateurs» révèle que dans un cas sur trois, les étiquettes seraient aussi mensongères. Alors, comment s'y retrouver sur l'étal des poissonniers ou dans les rayons surgelés ? Les poissons frais sont-ils toujours ceux que l'on croit ? Qu'est-ce qui différencie un animal sauvage d'un animal d'élevage ? Des rayons des hypermarchés aux élevages espagnols, des étals des marchés aux grossistes de Rungis, des bateaux de pêche bretons aux usines de poisson pané de Pologne, ce documentaire enquête sur un marché qui n'aime guère la transparence. VFST (sous-titrée en français)

 

- 16.02.2014 : ALDI - La La fulgurante ascension de la chaîne allemande de magasins discount Aldi sur Arte (Karambolage)
"Karambolage" décrypte les sociétés allemande et française de façon ludique et impertinente. Au sommaire : - Le Halver Han, un encas de Cologne - Les dates inscrites sur les trottoirs parisiens
- La fulgurante ascension de la chaîne allemande de magasins discount Aldi - La devinette

 

- 08.02.2014 : LE SUCRE, ami ou ennemi ? sur Arte (X:enius) - Vidéo au lien : http://www.youtube.com/watch?v=cVX29Irn7c0&feature=youtu.be (25'45)
Une émission de X:enius consacrée au sucre. Ami ou ennemi ? et quelle solution pour le remplacer ? Diffusion le 8 février 2014 à 7h05 sur Arte. (vidéo déjà diffusée en 2012)

 

- 26.11.204 Débat : "ET SI ON ARRÊTAIT DE MANGER DE LA VIANDE ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne au lien viande.htm
Débat : Chaque année, les Français engloutissent près de 90 kilos de viande. Pour le meilleur… et pour le pire ! Car cette habitude alimentaire bien ancrée serait​ néfaste pour l’environnement et pour notre santé. Faut-il donc arrêter de manger de la viande ?

- 5.11.2014 "FACE-À-FACE : FAUT-IL ARRÊTER DE MANGER DE LA VIANDE ?" sur Arte - Emission 28 minutes. Dossier et vidéo au lien viande.html
Débat entre l'écrivain et éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, auteur d'un "Manifeste pour les animaux", et le journaliste et critique gastronomique Périco Légasse.

- 26.09.2014 : Professeur HENRI JOYEUX sur France 2 au "Journal de 13 h" au lien : http://www.conscience33.fr/henri_joyeux.html
-Chirurgien, cancérologue, il se bat depuis des années pour lutter contre ce fléau national. Sa recette : manger mieux et meilleur.

- 21.09.2014 : Professeur HENRI JOYEUX sur France 2 à "Vivement dimanche" au lien : http://www.conscience33.fr/henri_joyeux.html
Invitée Sophie Marceau qui reçoit Henri Joyeux. Magazine présenté par Michel Drucker

 

- 31.01.2014 : LE VENTRE, NOTRE DEUXIÈME CERVEAU sur Arte : Conversation secrète de notre ventre avec notre tête grâce à… deux cent millions de neurones !

- 24.01.2014 : L'INTESTIN : cerveau des émotions sur Arte (X:enius) - Vidéo au lien : https://www.youtube.com/watch?v=f927WwKgDaE

- 14.11.2014 LA FLORE INTESTINALE, CAUSE DU DIABETE ? au Journal de 20 heures sur TF 1 Dossier et vidéo au lien : diabète.html ou diabete.html
Le diabète touche plus de 3 millions de Français. Des chercheurs de Toulouse ont mis au jour l'importance de la flore intestinale sur la maladie. Conclusion : elle peut-être réversible.

 

- 14.11.2014 "LES SUPERPOUVOIRS DE L’URINE" sur ARTE Dossier et vidéo au lien urine.html
En une vie, chacun de nous produit 38.000 litres d'urine soit l'équivalent d'un gros camion-citerne. Malgré l'importance de cette matière, l'urine reste un sujet tabou ! En dépassant les interdits et en l'observant de près, notre miction nous offre un florilège d'intérêts : médical, comme remède ; technologique, comme ressource énergétique ; matière première ; et même engrais industriel.

- 14.11.2014 "Médecine : PEUT-ON SE SOIGNER PAR L'ESPRIT ?" sur France 5 - Emission La Quotidienne au lien esprit.html
Le stress, l’angoisse et la pensée négative auraient des conséquences directes sur le développement de maladies comme le cancer. Alors notre esprit peut-il soigner notre corps ?

-24.05.2014 : NOTRE ALIMENTATION INFLUENCE-T-ELLE NOTRE SANTÉ ? sur Arte ("X:enius)
Comment les aliments agissent-ils vraiment sur notre santé ? Peut-on en faire un argument de vente ?
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x1wqdjw (26'16)

 

- 16.12.2013 : CES DÉCROISSANTS QUI DISENT NON À LA CONSOMMATION sur TF 1 au journal de 20 h.
C'est une idée audacieuse, provocatrice, diront certains, à l'heure où la France rêve de renouer avec la croissance.
Elle est défendue par les partisans de l'autre modèle, alternatif, qui refuse la société de consommation.
Pour ces militants, "moins" veut dire "mieux".

- 07.11.2013 : POISSON - élevage en eaux troubles sur France 2 (Émission "ENVOYÉ SPÉCIAL") - Conséquence : Une pétition

- 27.05.2014 Tous allergiques  sur Arte - Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=gif6Wahe-xg (1h14 - mise en ligne par Sur la Voie de l' Hygiénisme Authentique) - Pas de transcription.
Dossier Arte http://www.arte.tv/guide/fr/050386-000/tous-allergiques - Présentation rtbf : http://www.rtbf.be/tv/thematique/documentaire/detail_tous-allergiques-inedit-coproduit-par-la-rtbf?id=8259786
Comment expliquer la recrudescence des cas d'allergies dans le monde ? La journaliste italienne Patrizia Marani, elle-même allergique, part à la rencontre de chercheurs et de scientifiques. Au fil de son enquête, elle met en lumière la responsabilité de l'industrie chimique dans la propagation de ce nouveau mal moderne. Un documentaire éclairant et sans concession.

- 03.11.2013 : LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE sur France 5

- 1.02.2015 ALERTE AU MERCURE sur France 5 au lien : mercure.html
Le mercure se trouve partout, dans les produits d'hygiène, les jouets en plastique, les ampoules à économie d'énergie, les poissons, les amalgames dentaires.
Pourtant en 2007, l'OMS l'a classé parmi les dix substances les plus toxiques.
Des études font désormais le lien avec des maladies neurologiques comme Alzheimer ou la sclérose en plaques.
La plupart des pays européens ont adopté des mesures pour limiter son utilisation.
Mais les autorités françaises tardent à réagir.

- 03.06.2014 : Produire bio sur Arte - Vidéo (1h29) pas mise en ligne - Dossier Arte http://www.arte.tv/guide/fr/046344-000/produire-bio?autoplay=1
Peut être vue aux liens : Partie 1 http://www.dailymotion.com/video/x1yl2z6 (44'35) et Partie 2 : http://www.dailymotion.com/video/x1yhe8d (45')

PRÉSENTATION :

 

Album relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

 

 L'Hygiénisme : http://www.hygienisme.org/

Plus d'informations sur l'hygiénisme au lien :
http:// www.conscience33.fr/ HYGIENISME.htm

Autres liens :

Le jeûne : 
http:// www.conscience33.fr/ jeune.html

Vers la nourriture hygiéniste :
http:// www.conscience33.fr/ hygieniste.html

Cours de T.C. Fry :
http:// www.conscience33.fr/ HYGIENISME_COURS.html



VFST = Version française sous-titrée en français :
- option sous-titrée en français incrustée dans le film en cliquant "Sous-titres" ou
- déroulement du texte sous-titré en français sous le film en cliquant "Transcription" en visionnant sur Youtube
- téléchargement possible des films présentés sur Youtube en utilisant dans Firefox "DownloadHelper".

Deux supports pour aider à la réalisation des transcription écrites :

 

- Replay avec Pluzz : http://pluzz.francetv.fr/ pour les chaînes de télévision 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 et Ô.

Le replay peut inclure le sous-titrage, et il est visible pendant une semaine après le passage de l'émission à la télévision.

 

- Site de Télé Scoop : http://telescoop.tv/

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.

 

L'ensemble des dossiers est aussi présenté sous forme d'un "album" sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/conscience.deletre/media_set?set=a.659147030812772.1073741831.100001524447567&type=3


 

LE JEÛNE, UNE NOUVELLE THERAPIE ?

 

LE FILM - LE LIVRE - TRANSCRIPTION ECRITE DES SOUS-TITRES DU FILM

Arte - Jeudi 6 mars 2015 - 22h30
Arte - vendredi 27 septembre 2013 - 9h45
Arte - Jeudi 29 mars 2012 - 22h35


Photo de l'album de Facebook

Revoir : chercher le film avec Google
ou
https://www.youtube.com/watch?v=CGrnPirRVTw (54'59)

Télécharger avec Captvty (avec ou sans le sous-titrage) :
http://captvty.fr/

Re(voir) en replay :
http://www.arte.tv/guide/fr/043980-000/le-jeune-une-nouvelle-therapie?autoplay=1

LE FILM :

Lu au lien http://www.arte.tv/guide/fr/043980-000/le-jeune-une-nouvelle-therapie?autoplay=1

Et s'il existait une alternative au "tout médicament" ? En Russie, en Allemagne et aux États-Unis, médecins et chercheurs étudient les effets étonnants du jeûne sur les patients. Une enquête aussi rigoureuse que troublante.

Dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d’hypertension, d’obésité, de cancers se multiplient et la consommation de médicaments explose. Et s'il existait une autre voie thérapeutique ? Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste : le jeûne. Réputé pour sa source d'eau chaude, le sanatorium de Goriachinsk, dans la plaine sibérienne, est aussi connu pour son centre de jeûne, créé en 1995. Atteints d'asthme, de diabète, de rhumatisme, d'allergie… les patients, très encadrés, n'ingurgitent rien à part de l'eau durant douze jours en moyenne mais la cure se prolonge parfois trois semaines. Après la douloureuse crise d'acidose des débuts, ils se sentent plus en forme et les deux tiers voient leurs symptômes disparaître après une ou plusieurs cures. Remboursé, ce traitement s'appuie sur quarante ans d'études scientifiques, malheureusement non traduites, qui ont démarré sous l'ère soviétique. Bien qu'elles soient inconnues hors de Russie, des médecins et chercheurs occidentaux creusent aussi ce sillon, même si, aux pays du médicament-roi, ils bénéficient de peu de subventions.

Réflexe atavique

Le documentaire nous emmène aussi en Allemagne, à la clinique Buchinger, sur les rives du lac de Constance, où l'on soigne par le jeûne des maladies chroniques, et aux États-Unis, où Valter D. Longo, professeur de biogérontologie à l'université de Californie, étudie les effets du jeûne sur des souris atteintes de cancer – il a mis en évidence le fait que, chez elles, le jeûne décuple les effets de la chimiothérapie. À l'aide d'infographies très claires, le film explique les bouleversements complexes qui s'opèrent dans un organisme à la diète. Grosso modo, il réapprend à vivre de ses réserves, un réflexe atavique qui le purge et le rend plus fort. Aussi efficace que troublante, la démonstration de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (Mâles en péril) incite à réévaluer notre approche de la maladie et du soin. À l'instar des malades de Goriachinsk plus confiants après avoir surmonté l'épreuve du jeûne, on se découvre un corps plus résistant qu'on ne le croyait, une nouvelle plutôt réconfortante.


LE JEÛNE, NOUVELLE THÉRAPIE ? (documentaire Arte) par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade : 
Vidéo sur Google ou http://amarolishivambu.wordpress.com/category/films-videos-et-documentaires-a-voir/
Le film est aussi visible à ce lien (55'21) :
ou https://www.youtube.com/watch?v=ytbXFXoT57w

Lire le "dossier de presse d'Arte" (6 pages) : http://download.pro.arte.tv/uploads/DDP-Jeune.pdf 

Sur Facebook, l'événement : https://www.facebook.com/events/254234407984174/ "Le jeûne, une nouvelle thérapie ?" - "Science of fasting"


Sur France Inter, un complément "Jeûner pas mangé" (15 octobre 2012) écoute disponible jusqu'au 11.07.2015 - émission Service Public avec Jean-Claude Noyé et Claude Fischler 
au lien http://www.franceinter.fr/emission-service-public-jeuner-pas-mange


Lire et écouter Sylvie Gilman, co-réalisatrice du film "Le jeûne, nouvelle thérapie ?"au Congrès du jeûne thérapeutique (29 et 30 juin 2013 : http://fasten.tv/fr/) au lien :
http://fasten.tv/fr/vortraege/gilman (21'31)

Extrait : ... « Le jeûne et les médias » : cette question est avant tout culturelle : on n’y répondra pas du tout de la même façon selon le lieu où l’on se place : les médias allemands et français n’ont en effet pas du tout la même approche du jeûne ... tout simplement parce que la réalité dans les 2 pays est très différente.
Cette réalité est tellement différente qu’Arte a modifié le titre français du documentaire que nous avons réalisé, plutôt que de le traduire littéralement. Le titre en français était simple et direct : « le jeûne, une nouvelle thérapie ? ». Impossible de poser la question en ces termes en Allemagne : la question aurait étonné tout le monde dans un pays où 15 à 20% de la population déclare avoir déjà jeûné. 
Nous serions passés pour des naïfs... voire pire! Arte a donc modifié le titre en : « Fasten und Heilen – Altes Wissen und neueste Forschung» ; ce qui, en français, signifie : « le jeûne, savoir ancestral et dernières recherches »...

Disparu :
Sur "arte.tv/jeuner" : lien http://www.arte.tv/fr/6412060.html
Le site d’ARTE y propose un dossier spécial avec des vidéos, interviews et informations complémentaires. 
Avec plus d’infos sur le mouvement du jeûne en france, dit « Jeûne de confort » : 
On y trouve "Complément d'information et "Le jeûne en France" et "Mots des réalisateurs" (avec des commentaires) [Ces liens ont disparus en 2014]


DOSSIER JEÛNE AU LIEN : http://www.conscience33.fr/jeune.html

LE LIVRE :

PRÉSENTATION :Livre : "Le jeûne, une nouvelle thérapie" par Thierry Lestrade en complément du film du même nom

Un livre "Le jeûne, une nouvelle thérapie"
 par Thierry de Lestrade http://www.amazon.fr/je%C3%BBne-une-nouvelle-th%C3%A9rapie/dp/2707175579/
Extraits du livre au lien : http://www.jolpress.com/jeune-nouvel-espoir-cancer-thierry-de-lestrade-sante-article-821741.html
Des extraits de ce livre sont proposés en lecture simple au lien de Books.google : cliquer ici
Un commentaire du Dr Lallement, cancérologue et auteur de "Les Clés de l'alimentation" : http://www.rebelle-sante.com/node/2062 Son site : docteur-michel-lallement.com/

Télécharger au lien : http://batizen.blogspot.fr/2013/10/ebook-le-jeune-une-nouvelle-therapie.html

TRANSCRIPTION ECRITE :

Une transcription écrite des sous-titres du film est proposée au lien :
http://telescoop.tv/browse/886270/le-jeune-une-nouvelle-therapie.html



 

LE VENTRE,
notre deuxième cerveau

 

PRÉSENTATION - LE FILM - COMMENTAIRES ET PROLONGEMENTS - TRANSCRIPTION ÉCRITE


Vendredi 31 janvier 2014 à 22h20 - Arte, documentaire - Unité Découverte et Connaissance

Lire la transcription écrite du film : http://www.conscience33.fr/tv-alimentation-hygienisme.html#transcription

 

PRÉSENTATION DU DOCUMENTAIRE :

Conversation secrète de notre ventre avec notre tête grâce à… deux cent millions de neurones !

Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ?
Selon cette captivante enquête scientifique, il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord.
Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau.
Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre "tête".
Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète.
Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions.
On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif.
On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

Espoirs thérapeutiques

En outre, certaines découvertes ouvrent aujourd’hui d’immenses espoirs thérapeutiques.
Des maladies neurodégénératives, comme Parkinson, pourraient trouver leur origine dans notre ventre.
Elles commenceraient par s’attaquer aux neurones de notre intestin, hypothèse qui, si elle est vérifiée, débouchera peut-être sur un dépistage plus précoce. Plus étonnant encore, notre deuxième cerveau abrite une colonie spectaculaire de cent mille milliards de bactéries dont l’activité influence notre personnalité et nos choix, nous rend timides ou, au contraire, téméraires.
Des États-Unis à la Chine en passant par la France, ce documentaire, nourri d'interviews et d'infographies éclairantes, passe en revue les recherches les plus récentes menées sur notre deuxième et intrigant cerveau.

 

Présentation de l'album de Facebook

 


LE FILM :

Liens sur Internet :
Chercher avec Goggle ici
par exemple sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1jp95s (54'38)
ou
http://www.dailymotion.com/video/x1ivxo4 (54'38)
ou
http://www.dailymotion.com/video/x1kdano (54'37)

ET SUR ARTE :

Revoir sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/048696-000/le-ventre-notre-deuxieme-cerveau

A la boutique ARTE : http://boutique.arte.tv//f9476-ventre_notre_deuxieme_cerveau
Louer : 2,99 € - Acheter en VOD : 6,99 € - Acheter en DVD : 12,99 €.

Lire la transcription écrite du documentaire " Le ventre, notre deuxième cerveau" :
http://www.conscience33.fr/tv-alimentation-hygienisme.html#transcription

 

COMMENTAIRES ET PROLONGEMENTS :

Commentaires sur Arte :
http://future.arte.tv/fr/le-ventre#article-anchor-11511

Commentaires sur Facebook dans "Vivons cru" :
https://www.facebook.com/groups/VivonsCru/permalink/273930456105320/?comment_id=274323606066005&offset=0&total_comments=22&ref=notif¬if_t=group_activity

Un chapitre concernant le ventre et les intestins est présenté dans le dossier "L'Hygiénisme" http://www.conscience33.fr/HYGIENISME.html.
Plus précisément au lien :
http://www.conscience33.fr/HYGIENISME.html#le_ventre_notre_deuxieme_cerveau

MICROBIOTE INTESTINAL, la santé du futur...
Un dossier et un livret à télécharger au lien : http://www.conscience33.fr/HYGIENISME.html#microbiote_intestinal

Sur FRANCE CULTURE le 7 avril 2014 : conférence "Le cerveau dans le ventre" :
À écouter : En studio, Michel Neunlist, directeur de l'unité de neurogastroentérologie à l'IMAD et Bernard Lardeux, chercheur dans son unité.
http://plus.franceculture.fr/le-cerveau-dans-le-ventre

Semaine du Cerveau 2014 : s'informer sur la recherche sur le cerveau et ses progrès !
À NANTES et... ailleurs : lire http://www.imad-nantes.org/manifestations-et-congres/la-semaine-du-cerveau-2014.html
En particulier, conférences : • "Que nous apprend le tube digestif sur la Maladie de Parkinson ?" par Anne Gaëlle Corbillé et Thomas Clairembault (Unité Inserm de Neurogastroentérologie, U913, IMAD du CHU de Nantes) et La sclérose en plaques Dr David Laplaud
Présentation de la maladie et des recherches effectuées à Nantes par D. Laplaud, neurologue et chercheur (recherche clinique / immunologie) au CHU de Nantes et à l'INSERM U1064/ITUN.

Article : Un laboratoire nantais étudie « le cerveau de nos entrailles » :
http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Un-laboratoire-nantais-etudie-le-cerveau-de-nos-entrailles-_9179-748243_actu.Htm

Article : Obésité : notre second cerveau serait-il trop efficace ? ...
En empêchant la maturation du second cerveau un régime riche en graisse et en sucre contribuerait au développement de l’obésité...
À écouter et à lire au lien http://www.inserm.fr/espace-journalistes/obesite-notre-second-cerveau-serait-il-trop-efficace

Article : Diabète, surpoids... la flore intestinale impliquée dans les maladies métaboliques au lien :
http://www.danielefesty.com/2014/03/la-flore-intestinale-impliqu%C3%A9e-dans-les-maladies-m%C3%A9taboliques-surpoids-diab%C3%A8te.html
C'est un fait : la flore intestinale est impliquée, outre dans les maladies inflammatoires intestinales, dans une large palette de maux sans aucun rapport avec le ventre. Enfin, sans aucun rapport... apparemment ! Car, en réalité, les liens entre ventre et peau, ventre et cerveau, ventre et immunité, ventre et cholestérol, ventre et gestion du sucre (glycémie), etc. sont incroyablement étroits !
Avec 5 vidéos courtes dont celle relative à l'intervention du Dr Michel Neunlist : http://www.youtube.com/watch?v=Evux65y5Bbs (52'')


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION (à partir des sous-titres) :

-Ceci n'est pas un ventre. C'est un concentre d'intelligence.
Il y a, là-dessous, l'équivalent du cerveau d'un animal de compagnie.

-Dans notre ventre, nous avons 200 millions de neurones, presque autant que Timi dans son cortex. Et Timi est vraiment très intelligent.

-Les chiens ou les chats ont le même nombre de neurones que notre ventre.
Ils sont intelligents, le ventre est donc très malin.

-La science nous réserve des surprises en redécouvrant ce que le bon sens a toujours su.
Les angoissés ont l'estomac noué, les lâches manquent de tripes, et nous prenons des décisions viscérales...
Nous ressentons parfois que notre cerveau n'est pas seul maître à bord.
Mais que sait la science sur ce qui se joue entre ventre et cerveau ?
Ici, se cachent non seulement des millions de neurones, mais des milliards de bactéries qui influencent en secret nos audaces et notre personnalité.
Voyage dans les secrets de nos entrailles, à la découverte de notre deuxième cerveau.
L'histoire débute à l'université Columbia de New York, quand M. Gershon osa proclamer que notre ventre est un organe sensible et intelligent.

-Il faut porter attention à notre ventre pour dire au monde que c'est un organe primordial. 
Ce n'est pas un truc dégueulasse et répugnant, qui ressemble à un serpent, mais c'est la ligne de vie et d'énergie de notre santé.
Notre époque sombre méconnaissait ce deuxième cerveau, j'ai contribué à le redécouvrir.
C'est une renaissance, je suis donc le Léonard de Vinci

-Si Léonard de Vinci avait eu le microscope de Michael Gershon, voici quelques-uns des neurones qu'il aurait observés.
Deux cent millions de ces neurones tapissent la paroi de notre intestin.
Répartis tout au long de notre tube digestif, ils nous permettent de digérer.

-Digérer, c'est incroyablement compliqué.
Il faut faire des choses qu'on peine à reproduire, comme décomposer la nourriture en d'infimes molécules que l'organisme utilisera pour fonctionner.
Pour faire cela, il nous faut une grande puissance nerveuse.

-Nos deux cerveaux se ressemblent comme des frères.
Système nerveux central pour le cerveau du haut, système nerveux entèrique pour le cerveau du bas.
Même leurs noms scientifiques sont similaires.
Mais était-ce bien nécessaire que l'évolution nous dote de deux cerveaux séparés ?

-La raison pour laquelle l'évolution a délocalisé ce cerveau est semblable à la raison pour laquelle nous avons des ordinateurs.
Amener le travail en périphérie, au niveau de l'intestin, c'est plus efficace, car ainsi, le cerveau n'a pas à être connecté à l'intestin avec des câbles géants.
Et il n'a pas besoin de grossir de plusieurs millions de neurones.

-A Nantes, le chercheur Michel Neunlist est l'un des experts du système nerveux enterique.
Concernant nos cerveaux, le premier n'est pas celui qu'on croit.

-Le nom de deuxième cerveau est usurpé.
Pour moi, c'est le premier cerveau, voire le cerveau original.
Les organismes primitifs, pluricellulaires, étaient initialement composes d'un tube digestif.
Le système entérique s'est développé dans ce tube.

-En remontant le temps, on s'aperçoit que c'est pour mieux nous nourrir que l'évolution a développé le cerveau du haut.
Avec Pencephale, apparaissent les yeux et les oreilles, utiles pour chercher de la nourriture.
Sans cette division des tâches, nous consacrerions encore toute notre énergie à digérer, et encore digérer.

-Pouah !

-Le tournant décisif de cette évolution spectaculaire de notre encéphale est lie à une invention technologique : la domestication du feu.
C'était il y a 1,5 million d'années, Homo sapiens s'appelait encore Homo ergaster et il venait d'inventer le barbecue.

-La cuisson, c'est une prédigestion.
Grâce à la cuisson, on allège la charge de la mastication, on investit moins d'énergie dans l'effort, et ensuite, la digestion se fait mieux, on récupère 16 fois plus d'énergie.
Ça aurait pu ne pas se faire, mais comme le premier cerveau a bien fonctionné, le deuxième pourra se développer.
Donc, ça s'est fait.
La cuisson a permis de faire sauter des verrous physiologiques, c'est-à-dire des contraintes liées à l'énergie nécessaire pour un gros cerveau.
A partir de Homo ergaster, qui avait un cerveau, pour les premiers, de l'ordre de 700 ou 800 cm3, on va passer graduellement, au fil des milliers d'années, à des cerveaux importants, comme chez les hommes de Neandertal ou ceux de Cro-Magnon.
Le cerveau montera jusqu'à 1 500 ou 1 600 cm3, sans que la taille corporelle ne change.

-Notre encéphale s'est développé et nous pouvons penser à autre chose qu'à notre ventre.
Penser d'un côté, digérer de l'autre.
En théorie, les tâches sont séparées.
Mais la réalité, comme toujours, est plus complexe.
D'abord, nos deux systèmes nerveux, reliés par le nerf vague, discutent sans cesse. Ensuite, cerveau et ventre utilisent les mêmes neurotransmetteurs.

-Le langage que les neurones parlent entre eux s'appelle la neurotransmission.
Les neurotransmetteurs sont les mots que chaque neurone émet pour qu'un autre neurone le comprenne.
La sérotonine est l'un de ces mots. Sérotonine.
Michael Gershon a consacré sa vie à décrypter le sens de ce mot, qui change selon le contexte.
Voici ses découvertes.
Dans le cerveau, sérotonine signifie bien-être.
Dans le ventre, elle rythme notre transit intestinal et régule notre système immunitaire.
Elle est représentée en rouge, les cellules de notre intestin sont en bleu. 
Aussi étonnant que cela puisse paraître, 95 % de la sérotonine de notre corps est produite dans notre ventre.

-Cette sérotonine va agir au niveau du tube digestif, mais elle va aussi être libérée dans le sang et agir sur le cerveau, dans l'hypothalamus, qui permet de gérer les émotions.

-Lorsque ventre et cerveau parlent entre eux, les messages échangés transitent par le nerf vague, mais ça, on le savait.
Ce que les chercheurs ont découvert, c'est que la sérotonine, qui transite par voie sanguine vers le cerveau, interfère de manière complexe sur nos émotions.
Destiné au ventre, ce surplus d'informations qui n'a, en principe, rien à faire dans le cerveau, crée parfois des malentendus.

-Nos émotions influencent notre ventre, mais le ventre est aussi capable d'influencer nos émotions.

-Les échanges entre ventre et cerveau se font à notre insu et sont difficiles à étudier.
Comme toujours en science, c'est en observant ce qui se passe mal, qu'on comprend mieux.
Le syndrome de l'intestin irritable est malheureusement le cas d'étude flagrant des problèmes de communication qui surgissent parfois dans le couple cerveau-ventre.
C'est une maladie très répandue qui touche une personne sur dix et se traduit par des douleurs sévères.

-Ce sont des troubles digestifs, des douleurs abdominales, des troubles du transit, sans qu'il y ait d'anomalie organique dans les différents examens.
C'est pour ça que ces gens-là se questionnent.
On dit : "On a fait un bilan et on trouve rien."
Ils nous disent: "Je souffre, j'ai quelque chose."
On explique donc ce syndrome par des anomalies des relations entre cerveau et tube digestif.

-Qui est responsable ? Qui envoie les mauvais messages ? Notre cerveau du haut ou celui du bas ?
Ces questions mobilisent les chercheurs.
Michael Schemann estime que le syndrome pourrait trouver son origine dans la paroi de l'intestin.
Son équipe tente de percer les mystères d'une peau bourrée de neurones, à la croisée de sensations souvent délicieuses, parfois douloureuses.

-Dans cette saucisse, on a un système nerveux entérique.
C'est une recette typiquement bavaroise, la saucisse blanche.
Cette peau est un intestin dans lequel se trouve ce système nerveux.

-Les chercheurs dissèquent des saucisses, mais surtout des intestins.
Leur travail consiste à mesurer l'activité des neurones de l'intestin humain.

-On se base sur l'hypothèse suivante : l'une des causes de l'intestin irritable est due à une communication défaillante entre la muqueuse et les nerfs.

-Pour tester cette hypothèse, Michael Schemann compare l'activité neuronale des muqueuses de patients sains et celle de patients malades.
Et voilà le résultat sur un intestin malade.
Ce film est la toute première représentation visuelle des signaux émis et reçus par les cellules nerveuses.
Il montre que les neurones sont bien plus actifs chez les malades que chez les patients sains.

-Ces patients souffrent bien d'un système nerveux très sensible, comme une névrose de l'intestin.

-Michael Schemann espère que cela aboutira à un médicament qui parviendra à normaliser cette hyperactivité neuronale.
En attendant, à l'hôpital de Grenoble, Bruno Bonaz a observé que cette maladie est souvent déclenchée par le stress ou des évènements traumatisants.
Il pratique une méthode plus globale pour soulager ses patients.

-Je vous laisse vous asseoir. Vous respirez lentement, calmement... et profondément.
Et vous êtes sereine, vous êtes souriante.
Vous êtes complètement détendue, complètement relâchée.
Pourquoi c'est le ventre qui encaisse ?
Inconsciemment, on met beaucoup de choses au niveau du ventre, d'où l'intérêt de travailler là-dessus, ce qu'on fait avec l'hypnose.
L'hypnose favorise l'ajustement à la douleur.
Ces patients-là sont moins en hyper vigilance et ressentent moins la douleur.
Vous pouvez sentir maintenant, au niveau de votre ventre, une sensation agréable de chaleur.
Concentrez-vous sur cette chaleur douce et agréable que vous percevez dans votre ventre.

-imaginez que l'intestin envoie des signaux gênants au cerveau et que le cerveau trouve que ces signaux sont intolérables.
L'hypnose peut être utilisée pour anesthésier le cerveau.
Il continue à recevoir les mêmes signaux de douleur, mais grâce à l'hypnose, ceux-ci sont soudainement tolérables.

-Même si on le comprend mai, l'imagerie cérébrale a permis de localiser les effets de l'hypnose sur des cerveaux de patients soumis aux douleurs intestinales.

-Voici quatre coupes de cerveaux.
En cas de douleurs abdominales, vous allez activer des zones représentées ici, comme le tronc cérébral, ici, le thalamus, le cortex singulaire antérieur et le cortex frontal.
Et on sait que l'hypnose peut moduler l'activation de ces zones impliquées dans la douleur.
Ce n'est pas une vue de l'esprit, l'hypnose a un substratum neuro-anatomique et fonctionnel.

-Les scientifiques commencent à peine à décrypter la conversation secrète qui se tient à notre insu entre ventre et cerveau.
Notre esprit est sans cesse influencé par la chimie interne de notre corps.
Même nos rêves, cette expression la plus mystérieuse de notre âme, sont sensibles aux émissions de sérotonine qui se font durant notre sommeil.
L'inconscient, cette notion découverte dès l'Antiquité et réinventée par Sigmund Freud, serait-il situé dans notre ventre ?

-Le système nerveux entérique peut affecter la manière dont nous nous sentons et comment le cerveau fonctionne, en adressant des signaux au cerveau.
Ces messages n'atteignent pas la conscience, mais peuvent changer la manière dont l'esprit perçoit le monde.
Notre capacité à penser positivement, à résister à la dépression, à l'anxiété, peut être influencée par les messages que le ventre envoie au cerveau.
C'est dans ce sens que notre ventre contribue à notre inconscient.

-Nous sommes irrationnels, si on n'a pas d'émotions ou de sentiments.
Freud, c'est passionnant, il dit que "moi n'est pas en sa demeure."
Peut-être pas dans le cerveau.
La demeure de moi est peut-être là. Oui, ça me plaît bien.

-La psychanalyse gastrique cherche encore son fondateur.
La similitude de nos cerveaux est telle que les chercheurs commencent à se demander très sérieusement si le ventre et la tête ne pourraient pas aussi partager leurs maladies.
Certaines maladies neurologiques, comme la maladie de Parkinson ou la dépression, pourraient trouver leur origine.
L'hôpital de Nantes, qui reçoit 2 000 malades parkinsoniens par an, est le lieu idéal pour étudier cette hypothèse.

-On va faire quelques gestes pour voir où en est votre maladie.
Faites le geste avec la main droite. Les petites marionnettes, comme ceci. C'est difficile, là.
Dans la vie quotidienne, ça va gêner tous les gestes. Pour vous alimenter...

-Ça bloque.

-Le bras ne monte pas.

-Et vous l’aidez.

-Oui. Il faut le faire manger.

-La maladie de Parkinson a longtemps été considérée comme une maladie qui s'attaque aux neurones situés dans une zone particulière, la substance noire.
Or, les médecins ont constaté qu'elle est souvent accompagnée de troubles digestifs.
Les chercheurs pensent donc qu'elle affecte les neurones du cerveau, mais aussi ceux du ventre.

-Chez certains, avant les premiers signes moteurs, on peut avoir des signes d'atteinte du tube digestif, comme une constipation, ou un trouble de l'odorat.
C'est précoce, on imagine donc que la maladie débuterait en périphérie et suivrait le système nerveux pour rentrer dans le cerveau.
Et ensuite, elle serait plus diffuse dans le cerveau et expliquerait l'affaiblissement intellectuel et les troubles de l'équilibre.

-L'origine réelle de la maladie, dans le ventre ou la tête, n'a pas encore été établie.
Mais les neurologues veulent en avoir le cœur net.
En 2006, ils décident de prouver qu'on peut diagnostiquer avec une simple biopsie intestinale du vivant du patient.
Voilà, c'est mission accomplie.
Dans une simple biopsie, on a 150 neurones, et leur état en dit long sur ceux de notre cerveau.

-On a retrouvé des lésions typiques de la maladie de Parkinson, que l'on a aussi dans le système nerveux central.

-Ce résultat est extraordinaire.
Une biopsie du cerveau peut être dangereuse, mais la biopsie intestinale est un acte sans danger.

-En tant que gastro-entérologue, je n'aurais pas imaginé pouvoir participer à la compréhension des maladies neurologiques.
Pour Parkinson, on peut visualiser ce qui se passe dans le cerveau, à partir de notre cerveau dans l'intestin.
Et ça, c'est génial.

-La découverte des chercheurs nantais suscite un énorme espoir.
D'ici deux ou trois ans, ils espèrent pratiquer ces biopsies en routine.
Les symptômes digestifs surviennent parfois 20 ans avant les premiers troubles moteurs, un diagnostic précoce pourrait permettre de traiter la maladie plus efficacement.
En attendant, l'idée de regarder le ventre pour soigner la tête commence à gagner du terrain.

-Le ventre comme une fenêtre sur le cerveau est une idée qui a été validée pour la maladie de Parkinson.
On va essayer de voir si cette hypothèse s'applique à d'autres maladies neuro-dégénératives, comme la maladie d'Alzheimer ou d'autres pathologies, peut-être aussi comportementales, comme l'autisme ou des pathologies psychiatriques.

-A bien le regarder, notre monde est comme un ventre, fait de tubes et de boyaux où des fluides et des informations circulent dans des réseaux de plus en plus complexes.
La science commence juste à prendre en compte la complexité de ces échanges, dont les propriétés émergentes restent à découvrir.
Mais au bout du monde, la médecine traditionnelle chinoise se base depuis des millénaires sur une vision d'ensemble du corps humain.
Elle s'attache à réguler les flux d'énergie circulant dans nos corps.
Ici, les organes se parlent, interagissent via le chi, un fluide énergétique qui nous relie à l'univers.

-Les différents systèmes médicaux sont basés sur leur contexte culturel.
Dans la médecine occidentale, on se concentre sur le local, on divise le corps pour étudier le fonctionnement des parties.
La médecine chinoise est basée sur une vision holiste.
Elle étudie les relations entre les parties du corps.
Chacune de ces deux visions a ses avantages.

-Le "Monsieur Ventre" de la médecine chinoise s'appelle Bo Zhi Yun.
Nous sommes à l'hôpital de Canton, le plus grand du monde.
Avec 7 millions de patients, sa pharmacie délivre chaque jour 10 tonnes de médicaments, médecine occidentale et médecine chinoise confondues.
Ici, les aiguilles d'acupuncture côtoient les appareils médicaux dernier cri.
Les Chinois pratiquent l'acupuncture depuis 3 000 ans, sans étudier le ventre.
Jusqu'à ce que le Dr Bo découvre, par hasard, l'acupuncture abdominale, pratique nouvelle au pays des traditions.

-C'était en 1972. Beaucoup d'étudiants tentaient d'apprendre l'acupuncture et j'avais 20 étudiants formés en médecine occidentale.
Un jour, un vieil ouvrier est arrivé dans une brouette. Il souffrait du dos.
J'ai appliqué les méthodes classiques, mais rien n'a marché.
Le patient transpirait à cause de la douleur. J'étais nerveux et je transpirais aussi.
Les étudiants regardaient.

-Comme il est entouré d'étudiants, le professeur ne peut pas perdre la face.

-J'ai utilisé deux points d'acupuncture, localisés sur le ventre, sur le méridien REN.
Le patient a immédiatement arrête de crier et son visage est devenu serein.

-Le Pr Bo s'étonne alors. La situation de ces points par rapport aux symptômes n'est pas logique.
Il entame alors une recherche effrénée pour comprendre l'acupuncture du ventre.
Et il découvre une zone sensible autour du nombril.

-Le cordon ombilical est le centre du développement du corps humain.
Son rôle est essentiel dans la croissance de l'embryon. Le nombril joue un rôle de coordination du corps.
Mais on connaît mal ce système caché.

-La méthode du Pr Bo tient sur ces trois cartes.
Il a formé plus de 5 000 disciples, pratiquant l'acupuncture abdominale en Asie, en Europe et aux USA.

-On peut voir que les organes sont reliés à nos émotions et à notre état mental.
On voit bien que le ventre est en relation étroite avec le cerveau.

-Grâce à cette découverte, le Pr Bo soigne désormais de nombreuses pathologies.
Il reçoit une patiente qui souffre de dépression.

-Votre situation s'est-elle améliorée ?

-Oui, et c'est revenu. Il y a eu des problèmes dans la famille.

-En médecine traditionnelle, on dit que pour guérir, il faut chercher la source.
Et où se trouve la source ? Dans le ventre. Commençons la séance.

-Sous les doigts du Pr Bo, des malades de Parkinson, d'Alzheimer, de dépression, voient parfois leurs symptômes régresser, sans que la science occidentale ne le comprenne.
Faut-il accepter l'idée qu'il existe une anatomie énergétique qui n'est pas décrite dans les livres de médecine ?
Pour tenter de mieux comprendre, M. Bo a enregistré les IRM de patients sains avant et après une séance

-Avec l'IRM fonctionnel, on a comparé les images d'un cerveau.
Après l'acupuncture, le nombre de zones activées est augmenté.
Ces résultats montrent améliore les fonctions cognitives et régule les émotions.

-En Orient comme en Occident, la science admet être loin d'avoir tout compris à l'axe cerveau-ventre.
Les recherches ont débouché sur une découverte stupéfiante.
100 000 milliards de bactéries habitent notre tube digestif.
Il y a mille fois plus de bactéries en chacun de nous que d'étoiles dans notre galaxie.
Ce microcosme dans le macrocosme est l'écosystème le plus dense de la planète.
Il y a 100 fois plus de bactéries dans notre ventre que de cellules dans notre corps.

-Je suis un être humain, mes cellules sont issues de l'œuf, résultant de la fécondation.
Toutes ces cellules qui ont proliféré, ça a fabriqué mon corps.
 Je croyais que c'était ça, moi, et j'ai découvert que non.
C'est un petit bout de moi et un énorme bout est fait de bactéries, je suis un écosystème.

-Nous sommes davantage bactériens que nous ne sommes humains.
Nous avons plus de cellules bactériennes dans et sur notre corps que nous n'avons de cellules humaines d'ADN bactérien que d'ADN humain.
On pourrait dire que nous sommes un véhicule à bactéries.

-A l'université McMaster d'Hamilton, au Canada, Steve Collins veut comprendre le fonctionnement de cet écosystème que les chercheurs appellent désormais le microbiote.

-Nous portons chacun, à l'intérieur de nous, un à deux kilos de bactéries.
Elles génèrent à peu près 30 % de nos calories.
Comme nous ne pouvons pas digérer une grande partie de la nourriture, les bactéries la digèrent pour nous, de façon à ce qu'on en retire de l'énergie.

-Nous offrons aux bactéries le gîte et le couvert et en échange, elles convertissent notre nourriture en énergie.
Elles nous aident à déterminer ce qui est toxique ou non pour notre corps.
Sans bactéries, la survie est difficile.

-Le plus grand système immunitaire est situé dans l'intestin.
Il est éduqué par les bactéries qui l'informent des dangers potentiels.
Exposé à ces bactéries, le système immunitaire peut être efficace.

-Puisqu'il joue un rôle si crucial pour notre santé, il faut comprendre comment les microbes nous colonisent.

Ils parlent en anglais.

-Stérile dans le ventre de sa mère, le bébé va être colonisé par des milliards de microbes, dès sa première journée.
Les premières bactéries à s'installer dans l'intestin sélectionneront les nouvelles arrivantes et se stabiliseront pour créer une signature personnelle, comme une empreinte digitale.
La prise d'antibiotiques, la naissance par césarienne, le biberon plutôt que l'allaitement ou l'excès d'hygiène, tout cela réduit le contact avec les bactéries et appauvrit le microbiote du bébé.

-Dans le futur, je ne sais pas quand, on donnera aux bébés, dès leur naissance, la meilleure des flores possibles, afin qu'ils soient colonisés correctement.
On la donnera tout au long de la vie, et lors de la vieillesse, pour renforcer le microbiote.

-Pour trouver la recette du microbiote ideal, encore faudrait-il connaître les bactéries qui le composent.
A l'Inra, Dusko Ehrlich tente de mieux comprendre cette population mystérieuse qui nous habite depuis qu'Eve a croqué la pomme de la connaissance.
Et pour cela, il a décidé d'étudier le génome du microbiote en entier.
Oui, étudier le génome d'un organisme composé de 100 000 milliards de bactéries.
Appelé "Programme MetaHit", ce projet discret est bien plus ambitieux que le décodage du génome humain.

-Il y a dix ans, je me suis demandé ce qui serait le plus amusant pour un microbiologiste. Et c'était très clair.
Dans le monde entier, il y avait une énorme capacité de séquençage disponible, puisqu'on venait de séquencer le génome humain, mais aussi le génome des singes, des vers de terre et des mouches.
Pourquoi ne pas utiliser cette capacité pour séquencer notre génome bactérien ?

-Le résultat de ce travail titanesque a abouti en 2010, lorsque les chercheurs ont publié la carte du génome bactérien humain.
Ils ont abouti à un catalogue de 3 millions de gènes.
Cet immense chantier a débouché sur une découverte surprenante.

-Nous avons découvert tellement de choses que je ne peux pas encore vous expliquer.
Mais le plus surprenant, c'est que les humains peuvent être répartis en trois groupes selon la population microbienne de leurs intestins.
Ces groupes ont été baptisés les entérotytes.

-En plus des groupes sanguins, nous sommes divisés en groupes de bactéries appelés les entérotypes.
Leur différence réside dans leur capacité à convertir la nourriture en énergie.
Les trois produisent des vitamines, mais à des degrés différents.

-Les entérotypes ne semblent liés ni à une situation géographique, à la race, ni au sexe ou à l'âge. Vous pouvez avoir un entérotype bien plus proche d'un Japonais que de votre voisin de palier.

-Nos gènes, notre nourriture ?
Dusko n'a pas encore compris ce qui détermine ces entérotypes, mais il cherche comment les milliers d'espèces de bactéries qui composent notre microbiote interagissent avec notre corps.
L'objectif des chercheurs est de comprendre le rôle des bactéries dans les maladies chroniques.
Nous sommes habitués aux analyses de sang et d'urine.
Bientôt, on analysera nos selles pour connaître la composition de notre microbiote.

-C'est une méthode de diagnostic révolutionnaire.
Nous voyons la prédisposition au diabète de type 2, la prédisposition aux maladies cardio-vasculaires, aux maladies du foie.
Et ceci, simplement en examinant le microbiote des gens.

-C'est en étudiant la flore de personnes obèses, que le chercheur Patrice Cani a fait une découverte prometteuse.
Une bactérie, Akermansia Muciniphila, très abondante dans l'intestin de personnes en bonne santé, est très rare chez les obèses.
Il a donc voulu comprendre à quoi elle sert.
Son équipe a donné un régime riche en graisses à des souris et les a regardés grossir.
Le résultat de cette expérience est stupéfiant.

-Les animaux qui ont reçu la bactérie grossissent deux fois moins.
On a mis en évidence que le tissu adipeux des animaux recevant ce régime et la bactérie, stocke moins d'énergie.

-Akermansia vit dans le mucus qui recouvre et protège nos cellules intestinales, ce qui lui permet de dialoguer avec nos cellules.
Les chercheurs ont trouvé comment la bactérie communique avec les cellules de la paroi intestinale des souris.

-On analyse les gènes de la souris et on a mis en évidence que la bactérie Akermansia était capable d'activer des gènes qui induisent une augmentation de la capacité à brûler les graisses.
La souris prend donc deux fois moins de masse grasse qu'une souris qui ne reçoit pas

-Cette pipette pourrait contenir la poule aux œufs d'or.
Nous mangerons bientôt cette bactérie dans un yaourt ou une pilule.
Mais nous aidera-t-elle à lutter contre l'obésité ?

-D'un point de vue thérapeutique, le but est d'améliorer la condition des patients, mais jamais de dire, je pense que ça ne marchera pas, administrer cette bactérie et manger ce que l'on veut vous protégera de l'obésité.

-Aujourd'hui, on estime que l'obésité est due à 10 % à des facteurs génétiques, à 10 % aux bactéries et à 80 % à notre comportement.
Elle dépend donc pour beaucoup de notre volonté.
Mais lorsqu'on invoque la volonté, cela veut-il forcément dire que nous sommes les seuls à décider ?
Notre cerveau règne-t-il sur notre personnalité ? Ou est-il sous influence ?
Dans le laboratoire ultra stérile de Stephen Collins, la réponse existe peut-être.

-Une souris stérile, sans aucune bactérie, se comporte de façon très étrange.
Elle prend des risques, elle est presque irresponsable.
Avec des bactéries, leur attitude change, elles prennent moins de risques, deviennent prudentes.
Les bactéries disent peut-être : "Nous voulons survivre, attention à bien vous comporter."

-Mais Stephen Collins ne s'arrête pas à ce constat.
Dans cette expérience, on a deux lignées de souris : l'une, téméraire, l'autre, calme.
Puis, on a administré à chaque lignée le microbiote de l'autre.

-Nous avons pris des souris calmes et nous avons transplanté leur microbiote dans des souris qui sont agressives, appelées les souris suisses. 
Et les souris agressives sont devenues calmes. 
Puis, nous avons fait l'expérience inverse. 
Nous avons donné à des souris calmes des souris agressives et les souris calmes sont devenues agressives. 
C'est la preuve expérimentale que le microbiote influence le cerveau.
Ce que NOUS sommes n'est pas détermine uniquement par ce qui est humain.
Nos ancêtres, les bactéries, arrivées sur Terre longtemps avant nous, nous influencent.
Elles ont acquis un répertoire génétique plus grand que le nôtre et nous découvrons qu'elles influencent qui nous sommes et comment nous sommes.

-La démonstration de Collins fait le tour du monde.
En Europe, d'autres scientifiques rendent des souris audacieuses en leur faisant manger des bactéries.

-On connaissait déjà ce genre d'éléments avec certains parasites, des eucaryotes qui habitent dans des organismes et modifient leur comportement en servant mieux leurs intérêts.
Dans la toxoplasmose, ces parasites se retrouvent dans des souris, et ces souris n'ont plus peur des chats.
On dirait même, dans certaines études, qu'elles sont attirées sexuellement.
Elles se font manger par le chat, c'est l'intérêt du toxoplasma qui se développe dans le chat.

La souris chante en anglais.

-Et on a plein d'exemples.
Ces modifications de comportements, à partir de parasites qui vivent dans le ventre des organismes, c'est courant et cela montre bien l'interaction entre ce qui se passe dans le ventre d'un individu et ce que son cerveau va lui commander de faire.

-Avant de conclure que les bactéries nous manipulent, il faudrait prouver qu'on peut transposer sur les humains ce qui marche sur des souris.
Pour modifier la flore intestinale des humains, on a deux outils : les antibiotiques pour les mauvaises bactéries, les probiotiques pour développer les bonnes.
Les probiotiques sont des bactéries censées être bénéfiques.
On les trouve dans les yaourts.
On doute de leur efficacité, car les recherches sont financées par ceux qui les commercialisent.
En Europe, des groupes agro-alimentaires ont été priés de retirer toute allégation santé sur leurs produits enrichis en probiotiques.
Pour couronner le tout, évaluer leur efficacité n'est pas une mince affaire.

-La vie n'est pas simple, même chez les bactéries.
Une seule bactérie fabrique des milliers de molécules.
Dans les probiotiques, on met plusieurs bactéries. C'est plus complexe.
On est loin du schéma classique : une molécule, une action.

-On ne comprend pas.
Donc, ce qu'on sait faire, c'est tuer les méchants avec des antibiotiques, favoriser les gentils avec les probiotiques.
On n'y comprend pas grand-chose.

-Au Centre de neurobiologie du stress, à Los Angeles, Kirsten Tillisch était aussi sceptique.
La prise de probiotiques pourrait-elle répondre au stress ?
Pour en avoir le cœur net, ils ont testé l'effet des probiotiques sur le cerveau de femmes en bonne santé.

-Nous avons décidé d'étudier des femmes sans douleurs intestinales, sans inconfort gastrique, sans anxiété ni dépression.
Le test que nous avons montré est utilisé pour voir les réactions face à des images négatives.
On voulait voir si en modifiant le ventre, on changeait la réponse.

-Pendant deux semaines, les chercheurs ont donné à un groupe de 60 femmes des yaourts avec et sans probiotiques.
Ils ont regardé si leur cerveau réagissait différemment au stress.

Elle parle en anglais.

-Chez les femmes qui avaient pris le probiotique, un réseau de régions du cerveau était moins actif.
Elles sont donc moins réactives aux images.
Dans leur cerveau, quelque chose a été modifie dans leur réponse à l'environnement, face à des images négatives et menaçantes.
C'est la première étude qui montre que donner un probiotique modifie quelque chose dans le cerveau.
C'est excitant.
Avec cette nourriture simple, achetée au marché, je peux changer.

-Même les chercheurs les plus emballés recommandent la prudence face à ces recherches, on ne connaît pas les effets secondaires des bactéries sur nos corps.
Mais tous s'accordent à dire que leurs effets sont avérés sur notre santé, comme sur notre cerveau.

-Nous devons reconnaître désormais qu'une certaine composante de notre cerveau provient des bactéries. 
Cela ne veut pas dire que nous sommes contrôlés par les bactéries, mais qu'elles ont une influence sur ce que nous sommes, comment nous nous comportons et comment nous réagissons.
Je pense que nous devons désormais considérer que NOUS avons un troisième cerveau.
Nous avons le grand cerveau, le petit cerveau et l'intelligence des bactéries.

-En science, on n'avance pas qu'en faisant des découvertes, mais aussi en changeant de modèle, ce qu'on appelle des paradigmes.
Ce que nous sommes est lie à nos environnements, externes et internes, et ça, c'est fabuleux.

-On a plutôt tendance à penser qu'on est des humains, on est en train de regarder on a une individualité forte.
Les écosystèmes, c'est dehors, c'est la forêt, les champs.
En réalité, ça ne marche pas comme ça.
Nous avons en nous cette flore bactérienne, qui existe aussi en dehors.
Et nous baignons dans un écosystème bactérien qui fait partie de nous.
On n’a plus de séparation entre le soi et le non soi, entre moi et l’extérieur, moi et les autres, mais une extraordinaire continuité biologique.

-La vision que les scientifiques ont de notre corps a changé.
Ce que nous prenions pour le fondement de la réalité, notre individualité, n’est sans doute que le reflet d’une réalité plus complexe, essentiellement faite de messages, de réseaux et de connexions encore très mystérieuses.
Nous sommes désormais des milliers de gènes, des milliards de neurones et des centaines de milliards de bactéries.
Nous sommes une multitude de liens et d’informations dont la complexité nous dépasse, encore et toujours.

 

Un film de Cécile Denjean

ARTE France
Unité Découverte et Connaissance

Inserm
Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
Arnaud Benedetti
Claire Lissalde

Scientifiques
Fabrice Papillon
Valérie Rossellini

Emeran Mayer, UCLA CNS Los Angeles
Marie-José Butel, Faculté de Pharmacie, Université Paris Descartes
Jean-Christophe Rozé, Service Néo-Natologie du CHU Nantes
Pascal Derkinderen, Inserm, CHU de Nantes
Bernard Andrieu, Université de Nancy, Epistémologie du corps et des pratiques corporelles
Chantal Delon-Martin, Inserm, Institut des neurosciences de Grenoble, Plateforme IRMage
Liu Bingkai, Université Paris VII

Beijing Bo’s Abdominal Acupuncture Institute
Zhiyun Bo
Xiassing Jie

Beijing zhiyuntang Abdominal Acupuncture Clinic
Congyan Be

Guangdong CTM Hospital
Yanbin Hu
Be Liu
Nie Guangning
Yu Jianiu

Liurang Temple of Guangdong
Liang Fa

Amsterdam Medical center
Max Nieuwdorp
Peter De Groot

Laboratoires Lallemand
Isabelle Champlie
Sylvie Roquefeuil
Christine Savatge

André et Magdeleine Leutellier
Anastasia Amico
Samuel Coraux
Serge Turquier

___

 




 

L'INTESTIN :
cerveau des émotions ?

Arte - Vendredi 24 janvier 2014 -

(Re)voir en ligne (26'11) au lien : 
http://www.youtube.com/watch?v=f927WwKgDaE ou http://www.dailymotion.com/video/x1x6uce



LE FILM :

Avoir une boule au ventre' quand on est stressé ou 'avoir des tripes' quand on est courageux, voilà des expressions bien connues.
Mais y a-t-il vraiment une relation entre les organes digestifs et l'humeur ? 'X:enius' a voulu savoir la part de vérité qui se cache derrière la sagesse des vieux adages.

REMARQUE :
Film complémentaire au documentaire d'Arte, présenté sur Arte le 31 janvier 2014 :
"LE VENTRE, notre deuxième cerveau"
présenté au lien :
http://www.conscience33.fr/tv-alimentation-hygienisme.html#le_ventre_notre_deuxieme_cerveau

ARTE a écrit au lien http://future.arte.tv/fr/le-ventre :

Conversation secrète de notre ventre avec notre tête grâce à... deux cent millions de neurones !

Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ?
Selon cette captivante enquête scientifique, il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord.


Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l'existence d'un deuxième cerveau.
Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre "tête".
Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète.
Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions.
On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif.
On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

Espoirs thérapeutiques

En outre, certaines découvertes ouvrent aujourd'hui d'immenses espoirs thérapeutiques.
Des maladies neurodégénératives, comme Parkinson, pourraient trouver leur origine dans notre ventre.
Elles commenceraient par s'attaquer aux neurones de notre intestin, hypothèse qui, si elle est vérifiée, débouchera peut-être sur un dépistage plus précoce. Plus étonnant encore, notre deuxième cerveau abrite une colonie spectaculaire de cent mille milliards de bactéries dont l'activité influence notre personnalité et nos choix, nous rend timides ou, au contraire, téméraires.
Des États-Unis à la Chine en passant par la France, ce documentaire, nourri d'interviews et d'infographies éclairantes, passe en revue les recherches les plus récentes menées sur notre deuxième et intrigant cerveau.

 

PROLONGEMENTS ET COMMENTAIRES :

Un chapitre concernant le ventre et les intestins est présenté dans le dossier "L'Hygiénisme" http://www.conscience33.fr/HYGIENISME.html.
Plus précisément au lien :
http://www.conscience33.fr/HYGIENISME.html#le_ventre_notre_deuxieme_cerveau

Commentaires sur Arte :
http://future.arte.tv/fr/le-ventre#article-anchor-11511

Commentaires sur Facebook dans "Vivons cru" :
https://www.facebook.com/groups/VivonsCru/permalink/273930456105320/?comment_id=274323606066005&offset=0&total_comments=22&ref=notif¬if_t=group_activity

Un livre : L'intestin, notre deuxième cerveau par Pr Francisca Joly Gomez Éditions Marabout.
Entrevue avec l'auteure au lien : http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201407/15/01-4784096-lintestin-notre-deuxieme-cerveau.php

 

REMARQUE :

- Un autre petit film à ce sujet, vu aux informations de TF 1 (février 2014) :

Un second cerveau dans les intestins

https://www.youtube.com/watch?v=TeZWuTJQv8o (2'40)

 

TRANSCRIPTION... approximative :

Comment les bactéries interagissent tel avec nos propres cellules.
Ces chercheurs analysent les mécanismes à l'œuvre.
Les bactéries,  ils font déjà l'objet, avec les cellules de notre intestin pour les forcer à produire des substances, envoyer des messages par exemple au cerveau via la sécrétion de sérotonine.
On a vu aussi qu’elles ont été capables de produits de faire produire par les cellules intestinales des substances qui vont ensuite vers le tissu adipeux, contrôler notre stockage de graisse.
Un déséquilibre de la flore intestinale a été observée dans des maladies comme l’autisme, la maladie d'alzheimer , l'asthme, l'obésité et les allergies
On savait que les bactéries étaient indispensables à la digestion
On découvre quelles sont aussi précieuses pour le système immunitaire et fait une bonne santé psychique

 

 

Les pouvoirs extraodinaires du corps humain
Prendre le pouvoir sur son corps

France 2 - Mardi 6 mai 2014 - 20h47

Pour comprendre comment des hommes et des femmes repoussent leurs limites physiques, Michel Cymes et Adriana Karembeu détaillent leurs exploits. Pendant quatre jours, les animateurs vivent, eux aussi, une expérience exceptionnelle.


Photo de l'album de Facebook

 



Revoir sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=3deoiNBQLU8&list=UUpjlh0e319ksmoOD7bQFSiw (7'39)

 



Revoir l'émission complète en replay :
http://pluzz.francetv.fr/videos/les_pouvoirs_extraordinaires_du.html (1h43')
Le passage se situe au chapitre 8, à 15'40


PRÉSENTATION :

L'émission : Adriana et Michel embarquent pour le Sud-Ouest, une des régions où les Français vivent le mieux et le plus longtemps. Des plages de Biarritz aux majestueux plateaux du Vercors en passant par Hasparren, Font-Romeu et Bordeaux, les deux complices rencontrent des hommes et des femmes qui leur livrent quelques recettes simples pour transformer le quotidien en maîtrisant le corps autant que le cerveau, grâce à l'activité physique, la méditation, le sommeil, ou encore l'alimentation. L'optimisme a également un impact sur l'espérance de vie. De quelle manière notre humeur influe-t-elle ? Entre autres expériences, Michel et Adriana se baignent dans l'océan Atlantique pour expérimenter les bienfaits de l'eau froide sur la santé.

Présenté par : Adriana Karembeu et Michel Cymes

 

COMMENTAIRE :

Lu sur Facebook / Naturacoach, au lien : https://www.facebook.com/Naturacoach

Tiens, ça faisait longtemps qu'on ne nous avait pas parlé de l'orthorexie Donc comme toujours, on démarre le sujet d'un ton neutre en montrant différents profils, puis on commence un peu à tout mélanger en faisant intervenir le même abruti qui fait son intéressant depuis 3 mois ayant écrit un livre dessus, et surtout on finit en disant que les gens suivent ça (ici exemple du sans gluten) uniquement par mode ou que c'est dans la tête. Résultats : les 7 millions de téléspectateurs n'en retiendront que la dernière phrase et on aura encore raté une occasion de leur apprendre quelque chose...

 


TRANSCRIPTION SUCCINCTE :

15'40
Les Français suivent des régimes, non pas pour maigrir, mais à la recherche d'une alimentation plus saine. Toutes les options existent.
- Depuis 2 ans, Romain suit le régime paléolytique, seulement ce que nos ancêtres auraient pu manger.
- ROMAIN BONNET, 23 ans, adepte du régime paléolithique...
J'évite tous les aliments industriels, ceux qui sont riches en sucre.
- A l'heure des scandales alimentaires, les Français font de plus en plus attention.
Dans les rayons de son supermarché bio, Sabrina est à la recherche d'une bonne dose de fibres et de vitamines.
Elle est très attentive à la provenance des produits et décrypte les étiquettes pour éviter les colorants, les conservateurs ou l'huile de palme.
Aujourd'hui, elle est dans la modération.
- SABRINA CHAUCHARD
- Le jour où je me suis
- Le jour où je me suis dit que j'étais t par jour à ce que j'allais heures par jour à ce que j'allais manger...
Il fallait aussi être heureux, quitte à manger une pizza avec du gluten.
- NARRATRICE
C'est ce qu'on appelle l'orthorexie.
- PATRIK DENOUX Professeur de psychologie interculturelle - Université de Toulous-Le mirail - Auteur de "Pourquoi cette peur au ventre" (Éditions JC Lattes)
C'est cette spirale du risque imagine.
On enlève quelque chose de entre son mal-être passager et l'aliment ingèrè...
Un peu plus tard, on n'est toujours pas bien.
- NARRATRICE
Le gluten est de plus en plus décrié...
Le succès des restaurants qui l'ont rayé de leur carte en est la preuve.
- AGATHE AUDOUZE, créatrice du "Café Pinson" (Paris 9ème)
J'ai fait le choix d'avoir une cuisine sans blé, sans produits laitiers et sans sucre blanc...
- NARRATRICE
... De nombreuses personnes tentent de se sentir mieux ou de suivre la tendance...

FIN

Une transcription est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/461753/les-pouvoirs-extraordinaires-du-corps-humain.html?q=Les%20pouvoirs%20extraordinaires%20du%20corps%20humain
Sommaire :
http://telescoop.tv/reader/461753/les-pouvoirs-extraordinaires-du-corps-humain.html?q=Les+pouvoirs+extraordinaires+du+corps+humain

 

 

 

 

L'orthorexie

TF1 - Jeudi 1er mai 2014 - 20 h


Photo de l'album de Facebook

 



Orthorexie LE 20H le 1er mai 2014 par conscience33

Revoir sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x1sjbn6 (2'32)

 



Revoir le journal complet :
http://www.wat.tv/video/20-heures-mai-2014-6rls7_2i0u7_.html (34'35)
Le passage se situe au chapitre 8, à 15'40


PRÉSENTATION :

Ils sont accros au manger sain.
Ils ne cherchent pas à maigrir. Leur crédo ?
Avoir une alimentation saine.
Qu’ils soient végétariens, crudivores, ou encore végétaliens…

 

 

COMMENTAIRE :

Lu sur Facebook / Naturacoach, au lien : https://www.facebook.com/Naturacoach

Tiens, ça faisait longtemps qu'on ne nous avait pas parlé de l'orthorexie Donc comme toujours, on démarre le sujet d'un ton neutre en montrant différents profils, puis on commence un peu à tout mélanger en faisant intervenir le même abruti qui fait son intéressant depuis 3 mois ayant écrit un livre dessus, et surtout on finit en disant que les gens suivent ça (ici exemple du sans gluten) uniquement par mode ou que c'est dans la tête. Résultats : les 7 millions de téléspectateurs n'en retiendront que la dernière phrase et on aura encore raté une occasion de leur apprendre quelque chose...

 


TRANSCRIPTION SUCCINCTE :

15'40
Les Français suivent des régimes, non pas pour maigrir, mais à la recherche d'une alimentation plus saine. Toutes les options existent.
- Depuis 2 ans, Romain suit le régime paléolytique, seulement ce que nos ancêtres auraient pu manger.
- ROMAIN BONNET, 23 ans, adepte du régime paléolithique...
J'évite tous les aliments industriels, ceux qui sont riches en sucre.
- A l'heure des scandales alimentaires, les Français font de plus en plus attention.
Dans les rayons de son supermarché bio, Sabrina est à la recherche d'une bonne dose de fibres et de vitamines.
Elle est très attentive à la provenance des produits et décrypte les étiquettes pour éviter les colorants, les conservateurs ou l'huile de palme.
Aujourd'hui, elle est dans la modération.
- SABRINA CHAUCHARD
- Le jour où je me suis
- Le jour où je me suis dit que j'étais t par jour à ce que j'allais heures par jour à ce que j'allais manger...
Il fallait aussi être heureux, quitte à manger une pizza avec du gluten.
- NARRATRICE
C'est ce qu'on appelle l'orthorexie.
- PATRIK DENOUX Professeur de psychologie interculturelle - Université de Toulous-Le mirail - Auteur de "Pourquoi cette peur au ventre" (Éditions JC Lattes)
C'est cette spirale du risque imagine.
On enlève quelque chose de entre son mal-être passager et l'aliment ingèrè...
Un peu plus tard, on n'est toujours pas bien.
- NARRATRICE
Le gluten est de plus en plus décrié...
Le succès des restaurants qui l'ont rayé de leur carte en est la preuve.
- AGATHE AUDOUZE, créatrice du "Café Pinson" (Paris 9ème)
J'ai fait le choix d'avoir une cuisine sans blé, sans produits laitiers et sans sucre blanc...
- NARRATRICE
... De nombreuses personnes tentent de se sentir mieux ou de suivre la tendance...

FIN

Une transcription est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/459356/5/le-journal-de-20h.html?q=1er+mai

 

 

 

 

Alimentation :
Y a-t-il du poison dans nos assiettes ?

Chaîne D8 - Magazine de reportage - Mercredi 2 avril 2014 - Dans "En quête d'actualité"
Sommaire :
Pour obtenir des quantités industrielles de fruits, de poissons ou de viandes à prix réduits,
les éleveurs et agriculteurs ont parfois recours à des substances pas toujours naturelles... 

Photo : Alimentation :   Y a-t-il du poison dans nos assiettes ?  D8 Mercredi 2 avril - 'En quête d'actualité'   Saumon... Pommes... Porc...  Pour obtenir des quantités industrielles de fruits, de poissons ou de viandes à prix réduits, les éleveurs et agriculteurs ont parfois recours à des substances pas toujours naturelles...     Revoir sur Dailymotion uniquement la partie relative aux pommes au lien :  http://www.dailymotion.com/video/x1mekxw (34'17)     Revoir le reportage complet en replay :  http://www.d8.tv/d8-docs-mags/pid5198-d8-en-quete-d-actualite.html?vid=1044272 (1h26')    Transcription écrite du sous-titrage au lien :   http://www.conscience33.fr/tv-alimentation-hygienisme.html#y_a_t_il_du_poison_dans_nos_assiettes    PRÉSENTATION :    La France est une terre de gastronomie, mais, depuis plusieurs années, des scandales à répétition sont venus ternir l'image de l'alimentation quotidienne.   Ce qui s'achète en masse dans les rayons des marchés et des grandes surfaces est-il toujours bon pour la santé ?   Depuis 50 ans, l'alimentation s'est diversifiée, et les campagnes de santé poussent à manger toujours plus sainement.   Avec un pouvoir d'achat en berne, les Français recherchent des produits abordables.   Alors, pour obtenir des quantités industrielles de fruits, de poissons ou de viandes à prix réduits, les éleveurs et agriculteurs ont parfois recours à des substances pas toujours naturelles.   Peuvent-elles avoir un impact négatif sur la santé ?   Comment sont fabriqués les aliments que les Français consomment quotidiennement ?    Une transcription écrite des sous-titres du reportage complet est au lien :  http://telescoop.tv/reader/441107/en-quete-d-actualite.html    TRANSCRIPTION ÉCRITE PARTIELLE DES SOUS-TITRES DU REPORTAGE (partie limitée aux pommes) :     (saumon)    ...    27'32 dans le reportage complet     Mangez bien, mangez sain...   Les consommateurs veulent de plus en plus bien se nourrir.   Il y a des produits que nous mangeons tous les jours en grande quantité.   Des produits dont on nous a toujours vanté les bienfaits depuis notre plus jeune âge via la publicité.   Nous consommons plus de fruits et légumes que nos grands-parents.   Nous en avons une image d'aliments bons pour la santé.     Hors, la réalité est plus complexe et parfois, plus sombre.   Dans un instant sur D8, vous découvrirez les méthodes des industriels pour réussir à nous proposer des produits toujours moins chers.     -La matière première n'a pas besoin d'être... 'topissime'.   On peut mettre une viande de qualité standard.     -Vous verrez que derrière des produits en apparence très sains, il peut y avoir des conditions de production moins naturelles qu'on n'imagine et qui ne sont pas sans conséquences pour la santé.     -Il y a une omerta.   On ne parle pas des maladies des agriculteurs.   Il faut parler de ces maladies. Bon sang de bois !     -Manger bien, manger sain...   De plus en plus, les consommateurs sont soucieux d'acheter des produits bons pour la santé.   Il y a des aliments des aliments dont on nous… à coups de spots publicitaires.     -Nous en consommons plus car nous en avons une image d'aliments sains et naturels.   Mais la réalité est beaucoup plus complexe et parfois... beaucoup plus sombre.   C'est le plus grand marché d'Europe : Rungis.   Il est 3h du matin.   Dans le pavillon des fruits et légumes, les acheteurs font leur choix.   Ici, on trouve de tout.   Des haricots verts, des fraises, des artichauts, des tomates et surtout, des pommes.   Des dizaines de variétés.   Des vertes, des rouges, des jaunes et même des bicolores.   C'est le fruit le plus consommé en France.  Frédérique les connaît toutes.   Elle travaille ici depuis 32 ans.   Elle les appelle par leurs noms, parfois exotiques.     -Vous avez Golden. C'est le produit phare.   La Royal Gala, très bonne à manger.   La Rubinette, légèrement acidulée.   La Fuji, juteuse et très sucrée.     -Aujourd'hui, cela semble naturel d'avoir toutes ces variétés.   Mais en réalité, cela n'a pas toujours été comme ça.   La pomme a longtemps été un produit ordinaire et pour tout dire, un peu ennuyeux.   Il y a avait invariablement la rouge, la jaune et la verte.   Une standardisation due à l'arrivée des grandes surfaces dans les années 60.   On voulait des fruits résistants, capables d'être produits toute l'année en grande quantité.   Seules 3 pommes répondaient à ces exigences : la Golden, la Reinette et la Granny.   Cette monotonie a duré près de 30 ans.   Elle a plombé les ventes.   Dans les années 2000, les Français ont commencé à bouder les pommes, surtout les jeunes.   Les industriels vont donc lancer de nouvelles pommes.   Des pommes qui vont être conçues et lancées comme n'importe quel produit de consommation à la mode.   Des pommes qui vont avoir des marques.   C'est de cette manière que va s'imposer la Pink Lady.   La Pink Lady bénéficie d'un marketing sans précèdent et de publicités télévisées.   Elle a même son site Internet dédie avec recettes, jeux pour les enfants et vidéos promotionnelles de la récolte.   Elle devient la star des pommes.   3 à 5 fois plus chère, elle séduit pourtant les consommateurs.   Un succès fou qui a donné des idées aux producteurs et distributeurs.   Plusieurs nouvelles pommes vont s'imposer dans les étales avec les mêmes méthodes : marketing et noms accrocheurs comme la Choupette, l'Antarès ou encore la Tentation.   Chacune d'elles aurait des qualités et des vertus spécifiques.   La pomme est à nouveau à la mode.   2 fruits sur 10 vendues en France sont des pommes.   Un succès qui pousse certains à aller encore plus loin pour gagner beaucoup d'argent.   Pour le comprendre, nous partons vers le nord de l'Europe.   Direction la Belgique. Plus précisément à 40km de Bruxelles : Rillaar.     '-Vous êtes arrivés.    -Un verger de 27 hectares.   A sa tête : Nicolas Stevens.  Son petit déjeuner est le même tous les jours.     -Ca, c'est pas mal. A suivre.     -S'il est si exigeant avec son verger, c'est qu'il est en pleine inspection de ses pommiers.     -En bas, il est moins coloré.   En haut, il l'est beaucoup plus. Ça, ce n’est pas bien.   On voit ici que la peau n'est pas lisse.   Ce n’est pas bon.   Contrairement aux apparences, ce n'est pas un verger mais un laboratoire.   Et Nicolas n'est pas un agriculteur, c'est un inventeur.   Son métier : créer des pommes qui n'existent pas encore.   Pour cela, il réalise des croisements.   Voici comment il s'y prend pour faire un croisement entre un pommier A et un pommier B.   Au moment où les pommiers sont en fleurs, il va prélever un peu de pollen du pommier A.   C’est-à-dire un peu de la poudre qui est au centre de la fleur.   Il va déposer cette poudre au cœur d'une fleur de l'autre pommier.   Ce qui va permettre la fécondation.   Quelques mois plus tard, quand les fruits poussent, Nicolas va récupérer les pépins de ces pommes.   Ces pépins sont les bébés des deux pommiers.   L'homme va les planter et ils donneront un nouvel arbre qui, au bout de 4 ans, produira à son tour des pommes.   Des pommes inédites, singulières, uniques.     -Ce qu'on voit ici, c'est un croisement.   On a un arbre mère et le pollen d'un père.   On a fait le croisement, on a recoupé les pommes, les pépins.   Et chaque pépin est devenu un arbre.     -C'est comme cela qu'est née une pomme d'un nouveau genre, croisement entre 2 pommes connues : la Gala pour sa belle couleur et son goût sucré, et la Braeburn pour son croquant.   Le but : obtenir cette jolie pomme... la Kanzi.   Elle cumulerait les qualités de ses 2 parents.   Elle est donc bicolore, ni farineuse ni acide à la digestion.   Mais pour arriver à ce résultat, les tests de Nicolas ont duré des années.   Car la réalité, c'est que les lois de la nature sont aléatoires.   Les pommes d'un même arbre sont souvent de qualité inégale.   Or, pour commercialiser une pomme, il faut que sa taille, son aspect et son goût soient stables.   Cela se calcule de manière très méthodique.   En laboratoire, deux scientifiques analysent chaque jour les pommes.     -Ca, c'est la référence...    -Acidité, épaisseur de la peau, croquant, taux de sucre...   Tout est mesuré, analysé, comparé, répertorié.     -On prend la pomme, on coupe, on prend la pression, et quand on prend la pression, on prend un peu de jus pour le sucre.   Si on a la pression, c'est noté dans l'ordinateur.   Et le sucre aussi.   Et le degré de Brix qu'on a en sucre.     -On évalue également l'aspect visuel.     -Au début, le plus important, c'était texture-arôme.   Là, il faut ajouter l'apparence.   Le consommateur achète avec les yeux.     -Ainsi est née la Kanzi, en 2005.   Une fois la pomme parfaite trouvée, il a fallu la produire à grande échelle.   Mais ça, ce n'est pas Nicolas qui s'en est chargé.   Il a fait appel à des producteurs qui ont acheté le droit de la produire.   En échange, sur les 20 prochaines années, Nicolas touchera 2 euros sur la vente de chaque pommier.   Sa fortune va donc dépendre de ceux qui vont cultiver la Kanzi et de leur capacité à en faire un produit star.   Ce jour-là, dans la banlieue de Bruxelles, Urs Luder est assez pressé.   Cet homme d'affaires veut voir une marchandise qu'il attend avec impatience.   Chaque jour, des milliers de pommes arrivent ici, dans ce hangar de conditionnement.   Ce matin : petite inspection qualité avec le responsable commercial de Belgique.     -Bonjour. Ça va ?     -Ces pommes viennent des vergers des agriculteurs qui ont acheté la licence de la fameuse Kanzi.   C'était il y a près de 10 ans.   Pour se faire remarquer, une pomme doit être starisée.   La première chose qui compte, c'est son nom.   Quand ils ont acheté la licence, la pomme n'était qu'un numéro de série : 'Club 1'.   Urs a dû trouver un nom qui claque.   C'est dans un dialecte africain que le Belge a puisé l'inspiration.   Pour les Européens, 'Kanzi', ça ne signifie rien, mais ça sonne exotique et c'est facile à retenir.   Après le nom : l'emballage.   Urs a fait créer des cartons sur-mesure.   Du noir, du vert et un motif rouge qui rappelle l'Afrique.   Le fond de caisse, non plus, n'a pas été choisi au hasard.   On a la séduction comme thème.    -Luxueuse et gourmande, sa pomme doit faire rêver.   Il applique la méthode de la Pink Lady pour communiquer auprès du grand public.   A coup de campagnes de pubs, il associe sa pomme au thème de la séduction.   Plusieurs millions d'euros investis.   Ça coûte cher mais c'est nécessaire.   Urs positionne sa pomme comme un produit haut de gamme car il veut la vendre plus chère que les pommes classiques.   Il touche plusieurs centimes sur chaque pomme vendue.   Reste le plus dur à faire : convaincre les grandes surfaces.   Un passage obligé pour vendre vite et beaucoup.   Et la concurrence est rude.   Voici la plus grande enseigne de supermarchés de Belgique.   Bart, le commercial, a déjà réussi à placer ses pommes ici.   Il va faire le point sur les ventes.     -Face à lui : le plus gros acheteur de fruits du pays.   C'est lui qui fait la pluie et le beau temps sur les 190 étales des hypermarchés de l'enseigne.     -Il a été séduit par cette pomme grâce à un atout : sa résistance.   Elle peut rester 2 semaines de plus en rayon qu'une pomme classique.   Alors, quand on a des stocks à gérer, c'est fondamental.     -Il y a de la place pour toutes ces pommes ?     -Non.     -En 7 ans, la Kanzi est devenue une des pommes best-sellers.   C'est la variété la plus récente qui rapporte le plus au magasin derrière la Jonagold   Du coup, le commercial a plus de poids pour négocier les prix de sa pomme.   L'acheteur, lui, a tout intérêt à l'avoir dans ses rayons pour satisfaire ses clients.   Quitte à subir les prix.     -Niveau prix, Je sais beaucoup moins négocier les prix.   Il décide des prix et je décide de l'introduire ou pas.     -Aujourd'hui, la Kanzi fait la fortune de ses producteurs.   Car Bart leur reverse 80 centimes par kilo de pommes vendu.   Deux fois plus que pour une pomme classique.     -Un fruit créé de toutes pièces, des clubs fermés de producteurs et des millions d'euros de communications.   Voici comment les businessmen font d'une pomme un produit star et presque une gravure de mode.   On en vend 50 000 tonnes par an dans toute l'Europe.   Si les consommateurs sont de plus en plus friands de ces pommes, c'est qu'elles ont des formes parfaites, une couleur attrayante, une texture croquante...   Bref, aucun défaut.   Et cela n'est pas uniquement le fruit des croisements.   On a beau avoir beaucoup travaillé en amont pour les fabriquer, ces pommes ne sont pas naturellement parfaites.   Elles connaissent des maladies et sont dévorées par les insectes.   Mais les enjeux financiers sont énormes.   Alors, on utilise des méthodes sur lesquelles les agriculteurs n'aiment pas appesantir.   Des méthodes qui posent des questions pour la santé.   Notre enquête nous mène dans le Limousin, au centre de la France.   C'est la région où l'on produit la pomme la plus connue : la Golden.   Sur le marché des halles de Limoges, les consommateurs ne sont pas convaincus des bienfaits de ces pommes.     -'Une Golden par jour, la santé pour toujours'...   C'est faux.     -Ce serait bien de manger des produits non traités.     -On fait avaler aux gens n'importe quoi. On empoisonne. Immangeable...     -Pourquoi une telle méfiance chez ces consommateurs ?   Qu'est-ce qui provoque ces accusations ?   La pomme serait-elle un fruit défendu ?     Pour en savoir plus, nous nous rendons à quelques kilomètres de Limoges.   A Allassac, chez un des 8 000 producteurs de pommes français.   A la tête de ce verger de 28 hectares : Pierre Borie, 35 ans.   A priori, son exploitation a l'air tout à fait respectueuse de l'environnement.     -Ça va ? Concrètement, quand il a des problèmes d'insectes, il emploie des techniques douces.   Les pucerons peuvent détruire jusqu'à la moitie d'une récolte.   Pour s'en débarrasser, il a une méthode bien à lui.     -J'ai fait du recyclage avec un tuyau d'irrigation que j'ai cloué ici.     Il souffle.     Vous voyez ?   Des pince-oreilles sont cachés dans les tuyaux.   La nuit, ils sortent manger les pucerons.     -C'est l'agriculture raisonnée.   Utiliser des prédateurs naturels pour préserver les fruits.   Seulement, ça ne suffit pas toujours.   Alors, Pierre Borie est obligé d'utiliser des produits chimiques très puissants.   S'il était ravi de nous montrer sa technique alternative, il est beaucoup moins loquace lorsqu'on parle de pesticides.     -Vous nous montrez votre laboratoire phyto ?     -On a un endroit où on stocke les produits phytosanitaires...  Comme je vous l'ai dit, j'ai suivi une formation.   J'ai un agrément, et...   On ne fait pas rentrer tout le monde.   Ne sont autorisés à rentrer que les gens qui ont l'agrément.     -Et moi, je ne l'ai pas.     -Voilà.    -Impossible d'entrer dans le local phytosanitaire.   Difficile aussi d'en savoir plus sur la fréquence d'utilisation des pesticides.     - Je ne peux pas donner de chiffres.   C'est variable.   On met tout en œuvre pour intervenir le moins possible.   Après, oui, on intervient.   On est obligés pour notre récolte.     -Les agriculteurs ont dû mal à reconnaître l'utilisation Pierre Borie qui assure que ce n'est que quand c'est nécessaire.   Car cela ne servirait pas vraiment ses intérêts.     -Ça coûte. Moi, j'ai 28 hectares.   C'est une journée de travail avec 3 personnes, du gasoil, du produit qu'il faut acheter...   La journée me coûte 2 000 euros.   Donc je n'interviens pas par plaisir.     -Nous n'en apprendrons pas plus ce jour-là.   Mais les consommateurs du marché disaient peut-être vrai.   En France, 9 pommes sur 10 sont traitées aux pesticides.   Pour une agriculture classique, une pomme reçoit, en moyenne, 27 traitements chimiques.   La profession assure ne pas pouvoir faire autrement pour produire beaucoup.   La pomme passe 6 mois sur l'arbre.   C'est plus que les autres fruits.   Elle est donc plus longtemps exposée aux insectes.   C'est pour cela qu'elle nécessite beaucoup plus de traitements.   Nous nous sommes procurés la liste des produits chimiques autorisés dans l'agriculture en France.   Il y en 309.   Des substances phytopharmaceutiques très puissantes dont certaines, à haute dose, peuvent provoquer des maladies graves.   Le captan a une toxicité aiguë par simple inhalation et un effet cancérigène suspecté.   Le ditianon a une toxicité aiguë par voie orale.   Les 2 produits présentent des risques de lésions oculaires graves s'ils sont en contact avec les yeux.   L'usage de ces produits est donc très encadre et leur dosage, limite, pour préserver notre santé. Mais... Les doses limites autorisées ont été calculées séparément pour chaque produit et indépendamment les unes des autres.   Aucune étude n'a été menée en cas de cumul de ces doses.   Or, la pomme est traitée par un cocktail de pesticides.   Face à ces questions, de plus en plus de spécialistes s'inquiètent.   L'un d'eux le fait haut et fort depuis plusieurs années, c'est le Professeur Belpomme, cancérologue.   Il préside l'Institut de recherche européen sur le cancer et l'environnement.   Il a été l'un des premiers à dénoncer les effets cumules de tous ces pesticides.     -2 ou 3 résidus chimiques, lorsqu'ils sont ensemble, vont induire une maladie, une infection chronique.   Alors que séparément, lorsqu'on les étudie en laboratoire de façon séparée, ces produits vont être très peu toxiques pour la santé.   C'est l'assemblage de plusieurs produits qui va créer la nuisance sanitaire.   Ce sont les 'effets cocktail'.   C'est actuellement étudié.   Mais il y a tellement de substances chimiques que les études ne sont pas exhaustives.     Le professeur n'est pas le seul à mettre en garde les consommateurs.   En 2009, l'institut de veille sanitaire a publié un rapport dans lequel les dangers liés aux traces répétées de pesticides sont évoquées.   Il existe donc une forte suspicion que l'usage répété des pesticides ait des effets néfastes sur la santé.   Certains citoyens se sentent concernes...   Des hommes et des femmes directement en contact avec ces produits.   Ce sont les agriculteurs eux-mêmes.   Nous partons dans le département de la Creuse, plus précisément, dans la commune de Nouzerolles.   C'est ici que vit Sorina, une femme de 40 ans.   Elle s'est installée dans la région il y a 5 ans pour travailler comme ouvrière agricole.     -C'est ici que je plante des légumes.     -Pour elle, c'était le paradis.   Un bon travail, mieux payé qu'en Roumanie, dont elle est originaire, et en pleine nature.   Une aubaine pour cette jeune femme, mère de 2 enfants.     Accent roumain     -Moi, j'étais très heureuse. Tu ne trouves pas facile comme étrangère à travailler.     -Pendant 5 ans, Sorina a cultivé des pommes dans un grand verger de la région.   Mais depuis septembre dernier, elle est en arrêt maladie.   Sur son arrêt de travail, le médecin a mentionné un 'syndrome vertigineux'.   Selon lui, ces vertiges seraient lies à l'inhalation répétée de pesticides.   Aujourd'hui, ses symptômes sont devenus chroniques.   Sorina doit prendre 15 médicaments par jour.     -Vomissements, mal à l'estomac...     -Elle a pris des photos lorsqu'elle travaillait encore.   On peut y voir, au fond d'un réduit délabré, les bidons des produits qu'elle manipulait régulièrement.   Ils sont en vrac, à même le sol, au mépris des précautions d'usage spécifiées par les fabricants.   Il s'agirait de pesticides qui seraient à l'origine de ses problèmes de santé.   Dans la liste des produits, on découvre, entre autres, du captane et du delan.   Des substances qui figurent bien dans la liste des 309 produits autorisés.   Le problème, selon elle, c'est que les précautions d'emploi n'auraient pas été respectées.     -Ici, on peut rentrer parce qu’il n’est pas fermé.     -Sorina n'aurait pas reçu les protections obligatoires pour disperser ces pesticides.   Elle nous montre des photos du tracteur.   Il est en mauvais état et pas étanche.   Elle aurait été en contact direct avec les produits chimiques.     -Ca, c'était l'année dernière.   Je traitais avec les carreaux casses.   La vitre arrière n'existait pas.   Et cette année, il est avec du Scotch.     -La jeune femme a porté plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui.   Nous avons souhaité rencontrer son patron pour avoir sa version des faits, il a refusé l'interview.   C'est donc en caméra discrète que nous filmons.   Le pomiculteur dément formellement.   Selon lui, la femme aurait donc travaillé protégée dans un tracteur fermé, conformément à la réglementation.   L'affaire est maintenant aux mains de la justice.   Le cas de Sorina n'est pas isolé.   De plus en plus d'agriculteurs exposes aux pesticides souffrent de pathologies cancéreuses ou neurologiques.   Des collectifs de riverains se sont créés pour protester contre l'usage de pesticides.   Ils sont persuadés d'avoir contracté cancers et maladies neurologiques à force d'inhaler des substances toxiques.   Des professionnels de santé s'alarment.   Une délégation de médecins du Limousin est même venue défendre un appel devant les sénateurs. Nous avons rencontré l'un d'entre eux : Pierre-Michel Perinaud.   Il est médecin généraliste à Limoges.   Avec plusieurs confrères, il a constaté la recrudescence de certaines maladies dans la région...    Suite au lien :  http://www.conscience33.fr/tv-alimentation-hygienisme.html#y_a_t_il_du_poison_dans_nos_assiettes
Sur Facebook en cliquant ici.


Revoir sur Dailymotion uniquement la partie relative aux pommes au lien :
http://www.dailymotion.com/video/x1mekxw (34'17)

Revoir le reportage complet en replay :
http://www.d8.tv/d8-docs-mags/pid5198-d8-en-quete-d-actualite.html?vid=1044272 (1h26')



PRÉSENTATION :

La France est une terre de gastronomie, mais, depuis plusieurs années, des scandales à répétition sont venus ternir l'image de l'alimentation quotidienne.
Ce qui s'achète en masse dans les rayons des marchés et des grandes surfaces est-il toujours bon pour la santé ?
Depuis 50 ans, l'alimentation s'est diversifiée, et les campagnes de santé poussent à manger toujours plus sainement.
Avec un pouvoir d'achat en berne, les Français recherchent des produits abordables.
Alors, pour obtenir des quantités industrielles de fruits, de poissons ou de viandes à prix réduits, les éleveurs et agriculteurs ont parfois recours à des substances pas toujours naturelles. 
Peuvent-elles avoir un impact négatif sur la santé ?
Comment sont fabriqués les aliments que les Français consomment quotidiennement ?

Une transcription écrite des sous-titres du reportage complet est au lien :
http://telescoop.tv/reader/441107/en-quete-d-actualite.html

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE PARTIELLE DES SOUS-TITRES DU REPORTAGE (partie limitée aux pommes) :

(saumon)

...

27'32 dans le reportage complet

Mangez bien, mangez sain...
Les consommateurs veulent de plus en plus bien se nourrir.
Il y a des produits que nous mangeons tous les jours en grande quantité.
Des produits dont on nous a toujours vanté les bienfaits depuis notre plus jeune âge via la publicité.
Nous consommons plus de fruits et légumes que nos grands-parents.
Nous en avons une image d'aliments bons pour la santé.

Hors, la réalité est plus complexe et parfois, plus sombre.
Dans un instant sur D8, vous découvrirez les méthodes des industriels pour réussir à nous proposer des produits toujours moins chers.

-La matière première n'a pas besoin d'être... "topissime".
On peut mettre une viande de qualité standard.

-Vous verrez que derrière des produits en apparence très sains, il peut y avoir des conditions de production moins naturelles qu'on n'imagine et qui ne sont pas sans conséquences pour la santé.

-Il y a une omerta.
On ne parle pas des maladies des agriculteurs.
Il faut parler de ces maladies. Bon sang de bois !

-Manger bien, manger sain...
De plus en plus, les consommateurs sont soucieux d'acheter des produits bons pour la santé.
Il y a des aliments des aliments dont on nous…  à coups de spots publicitaires.

-Nous en consommons plus car nous en avons une image d'aliments sains et naturels.
Mais la réalité est beaucoup plus complexe et parfois... beaucoup plus sombre.
C'est le plus grand marché d'Europe : Rungis.
Il est 3h du matin.
Dans le pavillon des fruits et légumes, les acheteurs font leur choix.
Ici, on trouve de tout.
Des haricots verts, des fraises, des artichauts, des tomates et surtout, des pommes.
Des dizaines de variétés.
Des vertes, des rouges, des jaunes et même des bicolores.
C'est le fruit le plus consommé en France.
Frédérique les connaît toutes.
Elle travaille ici depuis 32 ans.
Elle les appelle par leurs noms, parfois exotiques.

-Vous avez Golden. C'est le produit phare.
La Royal Gala, très bonne à manger.
La Rubinette, légèrement acidulée.
La Fuji, juteuse et très sucrée.

-Aujourd'hui, cela semble naturel d'avoir toutes ces variétés.
Mais en réalité, cela n'a pas toujours été comme ça.
La pomme a longtemps été un produit ordinaire et pour tout dire, un peu ennuyeux.
Il y a avait invariablement la rouge, la jaune et la verte.
Une standardisation due à l'arrivée des grandes surfaces dans les années 60.
On voulait des fruits résistants, capables d'être produits toute l'année en grande quantité.
Seules 3 pommes répondaient à ces exigences : la Golden, la Reinette et la Granny.
Cette monotonie a duré près de 30 ans.
Elle a plombé les ventes.
Dans les années 2000, les Français ont commencé à bouder les pommes, surtout les jeunes.
Les industriels vont donc lancer de nouvelles pommes.
Des pommes qui vont être conçues et lancées comme n'importe quel produit de consommation à la mode.
Des pommes qui vont avoir des marques.
C'est de cette manière que va s'imposer la Pink Lady.
La Pink Lady bénéficie d'un marketing sans précèdent et de publicités télévisées.
Elle a même son site Internet dédie avec recettes, jeux pour les enfants et vidéos promotionnelles de la récolte.
Elle devient la star des pommes.
3 à 5 fois plus chère, elle séduit pourtant les consommateurs.
Un succès fou qui a donné des idées aux producteurs et distributeurs.
Plusieurs nouvelles pommes vont s'imposer dans les étales avec les mêmes méthodes : marketing et noms accrocheurs comme la Choupette, l'Antarès ou encore la Tentation.
Chacune d'elles aurait des qualités et des vertus spécifiques.
La pomme est à nouveau à la mode.
2 fruits sur 10 vendus en France sont des pommes.
Un succès qui pousse certains à aller encore plus loin pour gagner beaucoup d'argent.
Pour le comprendre, nous partons vers le nord de l'Europe.
Direction la Belgique. Plus précisément à 40 km de Bruxelles : Rillaar.

'-Vous êtes arrivés.

-Un verger de 27 hectares.
A sa tête : Nicolas Stevens.
Son petit déjeuner est le même tous les jours.

-Ça, c'est pas mal. A suivre.

-S'il est si exigeant avec son verger, c'est qu'il est en pleine inspection de ses pommiers.

-En bas, il est moins coloré.
En haut, il l'est beaucoup plus. Ça, ce n’est pas bien.
On voit ici que la peau n'est pas lisse.
Ce n’est pas bon.
Contrairement aux apparences, ce n'est pas un verger mais un laboratoire.
Et Nicolas n'est pas un agriculteur, c'est un inventeur.
Son métier : créer des pommes qui n'existent pas encore.
Pour cela, il réalise des croisements.
Voici comment il s'y prend pour faire un croisement entre un pommier A et un pommier B.
Au moment où les pommiers sont en fleurs, il va prélever un peu de pollen du pommier A.
C’est-à-dire un peu de la poudre qui est au centre de la fleur.
Il va déposer cette poudre au cœur d'une fleur de l'autre pommier.
Ce qui va permettre la fécondation.
Quelques mois plus tard, quand les fruits poussent, Nicolas va récupérer les pépins de ces pommes.
Ces pépins sont les bébés des deux pommiers.
L'homme va les planter et ils donneront un nouvel arbre qui, au bout de 4 ans, produira à son tour des pommes.
Des pommes inédites, singulières, uniques.

-Ce qu'on voit ici, c'est un croisement.
On a un arbre mère et le pollen d'un père.
On a fait le croisement, on a recoupé les pommes, les pépins.
Et chaque pépin est devenu un arbre.

-C'est comme cela qu'est née une pomme d'un nouveau genre, croisement entre 2 pommes connues : la Gala pour sa belle couleur et son goût sucré, et la Braeburn pour son croquant.
Le but : obtenir cette jolie pomme... la Kanzi.
Elle cumulerait les qualités de ses 2 parents.
Elle est donc bicolore, ni farineuse ni acide à la digestion.
Mais pour arriver à ce résultat, les tests de Nicolas ont duré des années.
Car la réalité, c'est que les lois de la nature sont aléatoires.
Les pommes d'un même arbre sont souvent de qualité inégale.
Or, pour commercialiser une pomme, il faut que sa taille, son aspect et son goût soient stables.
Cela se calcule de manière très méthodique.
En laboratoire, deux scientifiques analysent chaque jour les pommes.

-Ça, c'est la référence...

-Acidité, épaisseur de la peau, croquant, taux de sucre...
Tout est mesuré, analysé, comparé, répertorié.

-On prend la pomme, on coupe, on prend la pression, et quand on prend la pression, on prend un peu de jus pour le sucre.
Si on a la pression, c'est noté dans l'ordinateur.
Et le sucre aussi.
Et le degré de Brix qu'on a en sucre.

-On évalue également l'aspect visuel.

-Au début, le plus important, c'était texture-arôme.
Là, il faut ajouter l'apparence.
Le consommateur achète avec les yeux.

-Ainsi est née la Kanzi, en 2005.
Une fois la pomme parfaite trouvée, il a fallu la produire à grande échelle.
Mais ça, ce n'est pas Nicolas qui s'en est chargé.
Il a fait appel à des producteurs qui ont acheté le droit de la produire.
En échange, sur les 20 prochaines années, Nicolas touchera 2 euros sur la vente de chaque pommier.
Sa fortune va donc dépendre de ceux qui vont cultiver la Kanzi et de leur capacité à en faire un produit star.
Ce jour-là, dans la banlieue de Bruxelles, Urs Luder est assez pressé.
Cet homme d'affaires veut voir une marchandise qu'il attend avec impatience.
Chaque jour, des milliers de pommes arrivent ici, dans ce hangar de conditionnement.
Ce matin : petite inspection qualité avec le responsable commercial de Belgique.

-Bonjour. Ça va ?

-Ces pommes viennent des vergers des agriculteurs qui ont acheté la licence de la fameuse Kanzi.
C'était il y a près de 10 ans.
Pour se faire remarquer, une pomme doit être starisée.
La première chose qui compte, c'est son nom.
Quand ils ont acheté la licence, la pomme n'était qu'un numéro de série : "Club 1".
Urs a dû trouver un nom qui claque.
C'est dans un dialecte africain que le Belge a puisé l'inspiration.
Pour les Européens, "Kanzi", ça ne signifie rien, mais ça sonne exotique et c'est facile à retenir.
Après le nom : l'emballage.
Urs a fait créer des cartons sur-mesure.
Du noir, du vert et un motif rouge qui rappelle l'Afrique.
Le fond de caisse, non plus, n'a pas été choisi au hasard.
On a la séduction comme thème.

-Luxueuse et gourmande, sa pomme doit faire rêver.
Il applique la méthode de la Pink Lady pour communiquer auprès du grand public.
A coup de campagnes de pubs, il associe sa pomme au thème de la séduction.
Plusieurs millions d'euros investis.
Ça coûte cher mais c'est nécessaire.
Urs positionne sa pomme comme un produit haut de gamme car il veut la vendre plus chère que les pommes classiques.
Il touche plusieurs centimes sur chaque pomme vendue.
Reste le plus dur à faire : convaincre les grandes surfaces.
Un passage obligé pour vendre vite et beaucoup.
Et la concurrence est rude.
Voici la plus grande enseigne de supermarchés de Belgique.
Bart, le commercial, a déjà réussi à placer ses pommes ici.
Il va faire le point sur les ventes.

-Face à lui : le plus gros acheteur de fruits du pays.
C'est lui qui fait la pluie et le beau temps sur les 190 étales des hypermarchés de l'enseigne.

-Il a été séduit par cette pomme grâce à un atout : sa résistance.
Elle peut rester 2 semaines de plus en rayon qu'une pomme classique.
Alors, quand on a des stocks à gérer, c'est fondamental.

-Il y a de la place pour toutes ces pommes ?

-Non.

-En 7 ans, la Kanzi est devenue une des pommes best-sellers.
C'est la variété la plus récente qui rapporte le plus au magasin derrière la Jonagold
Du coup, le commercial a plus de poids pour négocier les prix de sa pomme.
L'acheteur, lui, a tout intérêt à l'avoir dans ses rayons pour satisfaire ses clients.
Quitte à subir les prix.

-Niveau prix, Je sais beaucoup moins négocier les prix.
Il décide des prix et je décide de l'introduire ou pas.

-Aujourd'hui, la Kanzi fait la fortune de ses producteurs.
Car Bart leur reverse 80 centimes par kilo de pommes vendu.
Deux fois plus que pour une pomme classique.

-Un fruit créé de toutes pièces, des clubs fermés de producteurs et des millions d'euros de communications.
Voici comment les businessmen font d'une pomme un produit star et presque une gravure de mode.
On en vend 50 000 tonnes par an dans toute l'Europe.
Si les consommateurs sont de plus en plus friands de ces pommes, c'est qu'elles ont des formes parfaites, une couleur attrayante, une texture croquante...
Bref, aucun défaut.
Et cela n'est pas uniquement le fruit des croisements.
On a beau avoir beaucoup travaillé en amont pour les fabriquer, ces pommes ne sont pas naturellement parfaites.
Elles connaissent des maladies et sont dévorées par les insectes.
Mais les enjeux financiers sont énormes.
Alors, on utilise des méthodes sur lesquelles les agriculteurs n'aiment pas appesantir.
Des méthodes qui posent des questions pour la santé.
Notre enquête nous mène dans le Limousin, au centre de la France.
C'est la région où l'on produit la pomme la plus connue : la Golden.
Sur le marché des halles de Limoges, les consommateurs ne sont pas convaincus des bienfaits de ces pommes.

-"Une Golden par jour, la santé pour toujours"...
C'est faux.

-Ce serait bien de manger des produits non traités.

-On fait avaler aux gens n'importe quoi. On empoisonne. Immangeable...

-Pourquoi une telle méfiance chez ces consommateurs ?
Qu'est-ce qui  provoque ces accusations ?
La pomme serait-elle un fruit défendu ?


Pour en savoir plus, nous nous rendons à quelques kilomètres de Limoges.
A Allassac, chez un des 8 000 producteurs de pommes français.
A la tête de ce verger de 28 hectares : Pierre Borie, 35 ans.
A priori, son exploitation a l'air tout à fait respectueuse de l'environnement.

-Ça va ? Concrètement, quand il a des problèmes d'insectes, il emploie des techniques douces.
Les pucerons peuvent détruire jusqu'à la moitie d'une récolte.
Pour s'en débarrasser, il a une méthode bien à lui.

-J'ai fait du recyclage avec un tuyau d'irrigation que j'ai cloué ici.

Il souffle.

Vous voyez ?
Des pince-oreilles sont cachés dans les tuyaux.
La nuit, ils sortent manger les pucerons.

-C'est l'agriculture raisonnée.
Utiliser des prédateurs naturels pour préserver les fruits.
Seulement, ça ne suffit pas toujours.
Alors, Pierre Borie est obligé d'utiliser des produits chimiques très puissants.
S'il était ravi de nous montrer sa technique alternative, il est beaucoup moins loquace lorsqu'on parle de pesticides.

-Vous nous montrez votre laboratoire phyto ?

-On a un endroit où on stocke les produits phytosanitaires...
Comme je vous l'ai dit, j'ai suivi une formation.
J'ai un agrément, et...
On ne fait pas rentrer tout le monde.
Ne sont autorisés à rentrer que les gens qui ont l'agrément.

-Et moi, je ne l'ai pas.

-Voilà.

 -Impossible d'entrer dans le local phytosanitaire.
Difficile aussi d'en savoir plus sur la fréquence d'utilisation des pesticides.

- Je ne peux pas donner de chiffres.
C'est variable.
On met tout en œuvre pour intervenir le moins possible.
Après, oui, on intervient.
On est obligés pour notre récolte.

-Les agriculteurs ont dû mal à reconnaître l'utilisation Pierre Borie qui assure que ce n'est que quand c'est nécessaire.
Car cela ne servirait pas vraiment ses intérêts.

-Ça coûte. Moi, j'ai 28 hectares.
C'est une journée de travail avec 3 personnes, du gasoil, du produit qu'il faut acheter...
La journée me coûte 2 000 euros.
Donc je n'interviens pas par plaisir.

-Nous n'en apprendrons pas plus ce jour-là.
Mais les consommateurs du marché disaient peut-être vrai.
En France, 9 pommes sur 10 sont traitées aux pesticides.
Pour une agriculture classique, une pomme reçoit, en moyenne, 27 traitements chimiques.
La profession assure ne pas pouvoir faire autrement pour produire beaucoup.
La pomme passe 6 mois sur l'arbre.
C'est plus que les autres fruits.
Elle est donc plus longtemps exposée aux insectes.
C'est pour cela qu'elle nécessite beaucoup plus de traitements.
Nous nous sommes procurés la liste des produits chimiques autorisés dans l'agriculture en France.
Il y en 309.
Des substances phytopharmaceutiques très puissantes dont certaines, à haute dose, peuvent provoquer des maladies graves.
Le captan a une toxicité aiguë par simple inhalation et un effet cancérigène suspecté.
Le ditianon a une toxicité aiguë par voie orale.
Les 2 produits présentent des risques de lésions oculaires graves s'ils sont en contact avec les yeux.
L'usage de ces produits est donc très encadre et leur dosage, limite, pour préserver notre santé. Mais... Les doses limites autorisées ont été calculées séparément pour chaque produit et indépendamment les unes des autres.
Aucune étude n'a été menée en cas de cumul de ces doses.
Or, la pomme est traitée par un cocktail de pesticides.
Face à ces questions, de plus en plus de spécialistes s'inquiètent.
L'un d'eux le fait haut et fort depuis plusieurs années, c'est le Professeur  Belpomme, cancérologue.
Il préside l'Institut de recherche européen sur le cancer et l'environnement.
Il a été l'un des premiers à dénoncer les effets cumules de tous ces pesticides.

-2 ou 3 résidus chimiques, lorsqu'ils sont ensemble, vont induire une maladie, une infection chronique.
Alors que séparément, lorsqu'on les étudie en laboratoire de façon séparée, ces produits vont être très peu toxiques pour la santé.
C'est l'assemblage de plusieurs produits qui va créer la nuisance sanitaire.
Ce sont les "effets cocktail".
C'est actuellement étudié.
Mais il y a tellement de substances chimiques que les études ne sont pas exhaustives.

Le professeur n'est pas le seul à mettre en garde les consommateurs.
En 2009, l'institut de veille sanitaire a publié un rapport dans lequel les dangers liés aux traces répétées de pesticides sont évoquées.
Il existe donc une forte suspicion que l'usage répété des pesticides ait des effets néfastes sur la santé.
Certains citoyens se sentent concernés...
Des hommes et des femmes directement en contact avec ces produits.
Ce sont les agriculteurs eux-mêmes.
Nous partons dans le département de la Creuse, plus précisément, dans la commune de Nouzerolles.
C'est ici que vit Sorina, une femme de 40 ans.
Elle s'est installée dans la région il y a 5 ans pour travailler comme ouvrière agricole.

-C'est ici que je plante des légumes.

-Pour elle, c'était le paradis.
Un bon travail, mieux payé qu'en Roumanie, dont elle est originaire, et en pleine nature.
Une aubaine pour cette jeune femme, mère de 2 enfants.

Accent roumain

-Moi, j'étais très heureuse. Tu ne trouves pas facile comme étrangère à travailler.

-Pendant 5 ans, Sorina a cultivé des pommes dans un grand verger de la région.
Mais depuis septembre dernier, elle est en arrêt maladie.
Sur son arrêt de travail, le médecin a mentionné un "syndrome vertigineux".
Selon lui, ces vertiges seraient lies à l'inhalation répétée de pesticides.
Aujourd'hui, ses symptômes sont devenus chroniques.
Sorina doit prendre 15 médicaments par jour.

-Vomissements, mal à l'estomac...

-Elle a pris des photos lorsqu'elle travaillait encore.
On peut y voir, au fond d'un réduit délabré, les bidons des produits qu'elle manipulait régulièrement.
Ils sont en vrac, à même le sol, au mépris des précautions d'usage spécifiées par les fabricants.
Il s'agirait de pesticides qui seraient à l'origine de ses problèmes de santé.
Dans la liste des produits, on découvre, entre autres, du captane et du delan.
Des substances qui figurent bien dans la liste des 309 produits autorisés.
Le problème, selon elle, c'est que les précautions d'emploi n'auraient pas été respectées.

-Ici, on peut rentrer parce qu’il n’est pas fermé.

-Sorina n'aurait pas reçu les protections obligatoires pour disperser ces pesticides.
Elle nous montre des photos du tracteur.
Il est en mauvais état et pas étanche.
Elle aurait été en contact direct avec les produits chimiques.

-Ca, c'était l'année dernière.
Je traitais avec les carreaux casses.
La vitre arrière n'existait pas.
Et cette année, il est avec du Scotch.

-La jeune femme a porté plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui.
Nous avons souhaité rencontrer son patron pour avoir sa version des faits, il a refusé l'interview.
C'est donc en caméra discrète que nous filmons.
Le pomiculteur dément formellement.
Selon lui, la femme aurait donc travaillé protégée dans un tracteur fermé, conformément à la réglementation.
L'affaire est maintenant aux mains de la justice.
Le cas de Sorina n'est pas isolé.
De plus en plus d'agriculteurs exposes aux pesticides souffrent de pathologies cancéreuses ou neurologiques.
Des collectifs de riverains se sont créés pour protester contre l'usage de pesticides.
Ils sont persuadés d'avoir contracté cancers et maladies neurologiques à force d'inhaler des substances toxiques.
Des professionnels de santé s'alarment.
Une délégation de médecins du Limousin est même venue défendre un appel devant les sénateurs. Nous avons rencontré l'un d'entre eux : Pierre-Michel Perinaud.
Il est médecin généraliste à Limoges.
Avec plusieurs confrères, il a constaté la recrudescence de certaines maladies dans la région.

-Une collègue disait que dans la région, en Corrèze, elle avait vu, en 30 ans de boulot, exploser.
La seule chose qui a changé dans mon canton, c'est l'environnement.
Les médecins constatent des choses.
On ne peut pas le prouver, mais on se pose des questions.

-Il a donc, avec ses collègues, lance cet appel national pour réclamer une réduction drastique des pesticides.
Ils sont convaincus que les effets sur l'organisme humain sont sous-estimés et peuvent être dramatiques.
1 200 médecins ont signé cet appel.

-Cancer, maladies neurologiques...
"Nous tenons à exprimer notre souhait que, face aux dangers de ces produits, des politiques soient enfin efficacement mises en œuvre."

-Ces 1 200 médecins ne sont pas les seuls à faire ouvertement la relation entre maladies et pesticides.
En juin 2013, l’INSERN, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui dépend du ministère de la santé, a publié un rapport dans lequel on lit la même inquiétude.

-Ils confirment que les agriculteurs sont les premières victimes.
Il y a une omerta agricole.
On ne parle pas des maladies des agriculteurs.
Dans notre mouvement, il y a la volonté de dire: "Il faut en parler, de ces maladies."

-S'il est si délicat de faire changer les choses, c'est que les agriculteurs ont besoin de ces produits pour assurer leur récolte.
S'ils devaient s'en passer du jour au lendemain, ce serait sans doute un désastre économique.
Nous nous sommes rendus chez un agriculteur qui a tenté l'expérience.
Cela n'a pas été sans conséquences.
Nous sommes à Voutezac, en Corrèze.
Denis Genier et son fils cultivent ce petit verger d'un hectare.

-On va pouvoir commencer à les ramasser la semaine prochaine.

-Il y a 20 ans, Denis a décidé de supprimer tous les pesticides et de passer en agriculture bio.
A l'époque, on l'a pris pour un fou.
Supprimer tous les pesticides ne s'est pas fait aisément.
Ces pommes ont un aspect diffèrent de celles des autres vergers.

-Pour lutter contre les vers, comme en agriculture raisonnée, il a installé des prédateurs naturels.

-Là-bas, on a un abri pour les mésanges.
Il faut que l'orifice ne dépasse pas 32 mm.
Soit 26 soit 32 mm suivant si c'est mésange bleue ou mésange charbonnière.

-A la différence des autres agriculteurs, si ces méthodes ne suffisent pas, lui n'utilisera aucun pesticide.
Conséquences : chaque année, 15 % de ses pommes sont à jeter.
Pourries par les parasites, les champignons ou dévorées par les insectes.
Et dans les 85 % qui restent, toutes n'auront pas un aspect suffisamment présentable pour être vendues.

-Celles qui sont un peu déclassées partent pour la confiture et la compote.
Après, elles finissent en jus.

-Au final, 7 pommes sur 10 seront vendues sur le marché.
Un manque à gagner par rapport aux autres pomiculteurs qui, eux, ne perdent quasiment rien de leur récolte mais qui doivent consommer beaucoup de pesticides.
Certains rêvent de pommes parfaites, naturellement résistantes, qui nécessiteraient moins de traitements.

Nous repartons en Belgique.
Direction le verger expérimental qui a inventé la pomme Kanzi.
Depuis une dizaine d'années,
Nicolas a une obsession.
Il essaie de créer cette pomme idéale.

-Les demandes du public, c'est d'avoir des pommes plus saines, moins traitées, surtout, le plus biologique possible.
Il faut avoir des variétés qui sont très fortes elles-mêmes, qu’on ne doit pas traiter ou beaucoup moins traiter.
C'est un peu le but et ce qu'on recherche.

-Pour cela, Nicolas effectue une sélection drastique.
Chaque année, il réalise 30 000 croisements.
30 000 arbustes uniques qui grandissent sous serre.
Sur ces 30 000, les 20 000 moins résistants seront éliminés.

-Ici, dans la serre, on essaie de sélectionner la résistance et la tolérance sur les maladies.
On va introduire des maladies et on va couper tout de suite ceux qui sont malades.

-Pour un inventeur de pommes comme Nicolas, la pomme idéale serait donc celle qui pousserait sans pesticides, comme la pomme bio de Denis Genier, mais qui, visuellement, resterait attrayante comme les dernières variétés de pommes.
En attendant, l'utilisation des produits chimiques reste largement répandue.

...

61'47 du reportage complet

(porc)

...

Une transcription écrite des sous-titres du reportage complet est au lien :
http://telescoop.tv/reader/441107/en-quete-d-actualite.html
ou
http://telescoop.tv/browse/441107/en-quete-d-actualite.html




 

Alimentation :
le marché de la peur

 

VIDÉO - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - AUTRES INFORMATIONS - COMMENTAIRES

France 2 - Magazine de société - Jeudi 13 mars à 22h20 -

Sommaire :
La peur au ventre. Le jeûne. L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ».
- Poulet bio ou antibio ? Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals. - Les bouchers «haute-couture».


VIDÉO

Photo : Alimentaion : le marché de la peur   France 2 - Magazine de société - Jeudi 13 mars à 22h20 -  Sommaire :   La peur au ventre. L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ».   - Poulet bio ou antibio ? Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals. - Les bouchers «haute-couture».    Revoir le film sur Youtube :  http://www.youtube.com/watch?v=XiKjEQKUm9s (1h04)     Présentation sur internet au lien :  http://www.conscience33.fr/tv_sante.html#alimentation_le_marche_de_la_peur    PRÉSENTATION :  La peur au ventre.   L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ».   Enquête également sur la nouvelle mode des produits sans gluten.     - Poulet bio ou antibio ?   Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals, mettant en lumière que les volailles, mais aussi les porcs ou les lapins sont médicamentés. Pourquoi ?     - Les bouchers «haute-couture».   Boutiques luxueuses, viandes d'exception : des bouchers d'un genre nouveau font la une des médias.   Comment mettent-ils du glamour dans leurs magasins ?    TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE (18 premières minutes) :    - Benoît Duquesne : Bonsoir.  Certains d’entre nous font eurs courses la peur au ventre.  Ils calculent l’équilibre de leures repas au gramme près.  Ils veulent manger sans sucre, sans gluten…  C’est une obsession qui devient une maladie et qui porte un nom : l’orthorexie.  Nous allons parler de cela, mais pas seulement.  Nous allons parler de la malbouffe et généralement, de la peur au ventre.    - Ça me donne des angoisses.  J’ai les mains moites.    - Pourquoi ce fromage est mauvais ?    - Je ne sais pas.  J’ai l’impression que mon corps va être pollué.  J’imagine que ce beurre…  J’imagine que je ne vis pas tenir et que je vais mourir d’angoisse.    …….    -Benoît Duquesne : Voilà.  Cette jeune fille s’appelle Jacinthe.  Elle est orthorexique.  Elle concentre toutes nos peurs alimentaires.  On est d’abord un fan du bio.  On est passé au sans sucre, sans gluten…  On est devenu frudivore, on s’est mis au régime, et on a fini quasiment par ne plus rien manger.  On va parler de cette peur au ventre.  Certains se tournent vers leurs artisans boulangers, pâtissiers ou bouchers.  On a quand même raison de se méfier de l’industrie agroalimentaire quand on entend cettr nouvelle enquête dévoilée par l’UFC-Que Choisir qui nous met en garde contre l’antibiorésistance dans les poulets.  Nous allons voir tout cela ici, à Rungis.  C'est l'un des endroits qui nous réconcilie le mieux avec la nourriture et les bons produits.  Nous recevrons le critique gastronomique, Perico Légasse.  Ainsi qu'un professeur qui publie un livre.  Vous pouvez bien sûr commenter l'émission sur les réseaux sociaux.    - On se nourrit du soleil, du vent, de l'environnement.    - Se nourrir, une idée fixe.    Dans ce centre de thalasso en Bretagne, il n'est question que de nourriture spirituelle.    - Dès qu'on se réveille, on est dans une nourriture qui va remplir notre réservoir affectif.    - Certains ont du mal à suivre.  Cela fait 7 jours qu'eux n'ont rien mangé.    Ils sont en stage de jeûne.  Cadres, commerçants, retraités, ils viennent purifier leur corps d'une nourriture qu'ils jugent trop abondante et parfois dangereuse pour leur santé.    - Il y a des produits qui ne sont pas naturels.  Le corps ne sait pas les digérer.    - Ça passe par faire des pauses alimentaires.  Si mon estomac n'a pas faim, je ne vois pas pourquoi je mangerais.    - Tous les matins, Eric prend la tension de ces stagiaires.  Un instant presque sacré.  Les bienfaits du jeûne sont examinés.    - C'est magnifique.  Je me sens bien.    - Jusque dans les moindres détails.    - Mes ongles sont plus durs.    - J'ai bien dormi.    - La couleur des urines : jaune.    - Jaune foncé ?    - Jaune d'or.    ÉRIC GANDON NATUROPATHE : - L'intérêt du jeûne, c'est de se nettoyer.  On se nettoie en termes physiques, mais on fait aussi un nettoyage des pensées et des émotions.  Ça permet de prendre de la distance par rapport à la nourriture.    - Des pauses loin de la nourriture pour rester en bonne santé.  Une méthode radicale qui attire de plus en plus de monde, malgré le prix : 1.600 euros la semaine de jeûne.    - C'est toujours trop cher si on ne regarde que la notion d'argent.  Mais ça peut nous apporter beaucoup.  Je pourrais payer plus.  Ça n'a pas de prix, la santé.    - Il y a des gens qui investissent dans telle ou telle chose.  A un moment donné, il faut parfois investir en soi-même.  J'investis en moi.    - C'est la nouvelle préoccupation à la mode : le jeûne ou les régimes.  Végétarien, sans gluten, sans lactose...  Finie la bonne chère.  Entre les scandales alimentaires et les campagnes de prévention, manger devient un casse-tête avec une peur au ventre : celle de tomber malade.  Des coaches pour faire ses courses, des tests à 500 euros pour détecter les allergies.  Certains ont flairé le filon et surfent sur les nouvelles habitudes alimentaires.  A qui faire confiance ?  Comment ne pas se noyer dans ce flot d'informations ?  La quête du régime parfait peut virer à l'obsession.  Pour les plus fragiles, cela se termine parfois à l'hôpital psychiatrique.  Un magasin bio dans le centre de Genève.  A priori, un lieu rassurant.  Ici, rien que des produits réputés sains.    Mais pour Jacinthe, c'est un terrain miné.    - Glucides, sucres, lipides...  Graisses saturées, graisses insaturées, polyinsaturées...    - Vous regardez les étiquettes combien de temps ?    - Je veux passer 5 à 10mn à lire chaque paquet.    - Parfois, après de longues hésitations, Jacinthe paraît se décider pour un produit.  Mais le doute revient aussitôt.    - Je pourrais acheter ce produit.  Mais... Je ne le sens pas.  Il y a quelque chose qui me stresse.  C'est les couleurs...  Je ne sais pas qui l'a fait.  Je ne sais pas où ça a été fait.  Ca me stresse.    - Jacinthe, 32 ans, souffre d'orthorexie.  Un trouble dû à l'obsession maladive de la nourriture saine.  Cela la pousse à contrôler le moindre aliment, sa provenance, ses ingrédients, son emballage.  Plus il y a de choix, plus elle angoisse.    - J'adorerais rentrer dans un magasin où il n'y a rien, ou pas grand-chose, où on proposerait 3 ou 4 choses.  Là, il y a beaucoup trop.  Ça me rend méfiante.  Ça ne me rassure pas.    - L'orthorexie, ou quand s'alimenter vire à la paranoïa.  En 6 ans, Jacinthe a progressivement supprimé la viande, les laitages, le riz, les pâtes, persuadée que ces aliments étaient mauvais pour sa santé.  Jusqu'à ne se nourrir que de pommes et de raisin.  Très amaigrie, après 3 séjours en hôpital psychiatrique, elle reprend tout doucement confiance dans ce qu'elle mange.  Son frigo a presque repris une allure normale.  Quand elle l'ouvre, elle a des sueurs froides.    - Il y a un Caprice des dieux.  Ça me donne des angoisses.  J'ai les mains moites.    - Pourquoi est-il mauvais pour vous ?    - Je ne sais pas pourquoi.  J'ai l'impression que mon corps va être pollué.  Même visuellement, j'imagine le beurre qui est autour de mon cœur avec du fromage.  Accompagné encore...  De plein de choses comme ça.  Je me dis que je ne vais pas tenir.  Que je vais mourir d'angoisse.  Ce n'est pas assez sain.    - Jacinthe se sent trop fragile pour manger seule.  Ce midi-là, c'est au tour de Marie de déjeuner avec elle.  Un bon moment entre copines.  L'occasion de renouer les liens avec ses proches.  Trop stricte avec la nourriture, Jacinthe s'est peu à peu coupée du monde.   Elle a fini par lasser son compagnon.  Au plus fort de l'orthorexie, la perspective d'un simple dîner en ville suffisait à la faire paniquer.    - Avant, c'est 3 heures d'angoisse et de stress.  Je sens que je ne suis pas bien.  Si j'angoisse, il le sent.  Ces derniers temps, un dîner en amoureux devenait un cauchemar, tout le temps.    - Une fois par semaine, Jacinthe se rend à la clinique où elle séjournait il y a quelques mois pour faire le point sur ses progrès.  Ici, on soigne les addictions à l'alcool, aux drogues et les troubles du comportement alimentaire.  Son psychiatre, le Dr Perroud, voit de plus en plus de cas d'orthorexie.    ALAIN PERROUD PSYCHIATRE - CLINIQUE BELMONT (GENÈVE) : - Le souci de ces personnes est d'avoir une alimentation bonne pour elles et bonne pour la santé.  Mais il faut aussi que ce soit une nourriture moralement juste et éthiquement correcte.  Quand on réfléchit à ce qu'on mange, quand on se dit que ce qu'on mange est important et que cela mérite d'être sérieusement pris en compte, on s'arrête de suivre ses besoins et ses envies, sa culture, ses habitudes, pour devenir un intellectuel de la nourriture.    - Ce besoin de contrôler sa nourriture, certains l'ont senti et en ont fait un business.  Sur leurs sites Internet, ils nous indiquent ce qu'il faut manger et comment s'y prendre.    Apparaissent rapidement des copies d'écrans de sites internet :  Naturacoach.com  Vivre Cru.org   www.intolsante.com pour leTest ImuPro, le test IntoSanté, le test ImuPro300, les tests ImuPro100 et IuPro200    Des labos en ligne vous révèlent les aliments censés vous empoisonner la vie.  A partir d'analyses de sang, ils prétendent vous indiquer les produits bons ou mauvais pour vous.  On appelle cela des tests d'intolérance alimentaire.  Moyennant 80 à 500 euros, ils peuvent tester jusqu'à 300 aliments différents.    Pas besoin de vous déplacer.  Il suffit de commander le kit de prélèvement puis de déposer votre sang sur un papier buvard, direction le labo.  A Metz, l'équipe de cette chercheuse reçoit près de 200 prélèvements sanguins par mois.    - Soit on réalise la technique selon la demande des patients et des prescripteurs, soit on fait sur des buvards.  Tomates, carottes, gluten, orange, amandes...    SYLVIE BARBIER DIRECTRICE DU LABORATOIRE BARBIER : - La technique vient d'Allemagne.  Le sang est mis en contact avec des échantillons d'aliments pour voir comment le système immunitaire réagit.    - Ce test permet de mettre en évidence le taux d'anticorps spécifique d'un aliment que le patient a dans le sang.  Plus le taux est fort, plus ça mettra en évidence une intolérance  à cet aliment.    - Mais les tests de ces labos sont-ils fiables ?  Cette Parisienne de 53 ans a tenté l'expérience il y a deux ans suite à des maux de ventre.  Caroline avait choisi le test de 300 aliments à 500 euros.  Inquiétée par les résultats, elle est allée voir une diététicienne.  Deux semaines après avoir envoyé son sang, voici ce que Caroline a reçu du laboratoire Barbier.  Un épais rapport truffé d'informations difficiles à déchiffrer.  Jusqu'à ce qu'elle tombe sur cette grille de résultats au code couleur on ne peut plus explicite.    - Qu'est-ce que vous vous êtes dit avec ce rouge ?    - Que je devais arrêter d'en manger et que ce n'était pas bon pour moi.  Je serais allergique à la levure de boulangerie, à la vanille, à la carpe...    - Ce qui l'inquiète le plus, c'est cette petite phrase : 'Vous présentez une allergie de type 3, de niveau 3 par rapport au gluten.' Une allergie au gluten, une affection grave qui implique de supprimer à vie les pâtes et les céréales.  La diététicienne lui conseille de faire un test chez un allergologue.    - Je suis allée voir mon médecin.  J'ai fait une prise de sang.  Je ne suis pas allergique au gluten.    - Vous avez l'impression de vous êtes fait arnaquer ?    - Je suis déçue.  J'ai le sentiment qu'on m'a trompée.  Je suis déçue des résultats.    - Selon la diététicienne, ces tests sont mensongers et potentiellement dangereux.    CORINNE PEIRANO NUTRITIONNISTE - DIETETICIENNE : - J'ai eu des cas de personnes qui, après avoir fait des tests, avaient perdu beaucoup de poids, étaient carencées en certaines vitamines parce que, tel que le préconisaient les codes couleurs, il fallait enlever tel ou tel aliment.  Quand il y en a un ou deux, voire trois, ce n'est pas problématique.  Quand il faut enlever 20 aliments de son alimentation, on se retrouve avec des personnes qui sont perdues et qui ne savent plus comment et quoi manger.    - Au laboratoire qui a réalisé les analyses de Caroline, la directrice reconnaît à demi-mot qu'au moment d'interpréter les résultats, les clients sont parfois un peu désorientés.    - N'y a-t-il pas un problème d'interprétation de ces résultats ?  Beaucoup de personnes se disent, en voyant le rouge sur les feuilles, qu'ils sont intolérants à ces aliments.    - Oui.  C'est pourquoi nous préférons que les patients nous soient envoyés par des prescripteurs.  Ce n'est pas toujours le cas.    - Ce n'est pas un problème ?    - Si.  C'est pourquoi nous sommes disponibles par téléphone.    - Ces tests peuvent-ils prêter à confusion ?    - S'il n'y a pas de prise en charge, oui.    - Ces tests sont souvent interprétés sans contrôle et inquiètent de nombreux médecins.    - 'Pas de légumes en conserve...'  Nous avons montré au Docteur Chabane, allergologue, le test effectué par  Caroline.    HABIB CHABANE MÉDECIN ALLERGOLOGUE : - Sur la base de ces résultats, on peut indiquer un régime sans avoir examiné le patient sur ses habitudes alimentaires et sur les symptômes qu'il présente.  Ça, c'est trompeur.  C'est de la publicité mensongère.  C'est de l'exercice illégal de la médecine.    - Il y a quelque temps, le docteur a alerté l'Ordre des médecins alors qu'un labo parisien voulait mettre sur le marché un nouveau test d'intolérance alimentaire.  Le directeur de l'entreprise a été suspendu pour publicité mensongère.  Depuis, les affaires ont repris.  Dernière tendance pour les angoissés de la malbouffe, les stressés du Caddie, le retour du bon sens.    En région parisienne, voici Benjamin Dariouch.  Il se dit consultant en nutrition.     - Il faut faire des choix fondamentaux.  Il faut acheter des produits de saison.    - Pour 300 euros, il vous coache et vous apprend à cuisiner.  C'est la 2ème fois que Jennifer fait appel à Benjamin.  Avant l'arrivée de son 2e enfant, elle ne veut rien laisser au hasard.    - Les viandes hachées 1er prix, c'est souvent de la vache de réforme.  Ce sont des vaches laitières qu'on a gavées pour qu'elles prennent beaucoup de poids et de volume pour en faire de la viande premier prix. Ce n'est pas du bœuf.    - Vous achèteriez de la viande ici ?    - Non.  Je pense que les animaux qui ont fourni ça ont sûrement mangé des céréales, qui ne font pas partie de leurs aliments de base.    - Pour garder cette couleur très vive, on utilise du dioxyde de soufre.    - Ni nutritionniste ni diététicien, il dit tenir sa légitimité de son ancien métier de consultant en stratégie.    BENJAMIN DARIOUCH GÉRANT DE 'NATURACOACH' : - J'ai travaillé pour l'industrie agroalimentaire.  Je connais les mécanismes qui incitent à vendre.  Les industriels veulent faire vendre leurs produits.  Ça ne représente pas la réalité nutritionnelle du produit.    - Déjà une centaine de clients par mois.    En un an, son chiffre d'affaires a été multiplié par 3.    …  18’35    AUTRES INFORMATIONS :    ÉRIC GANDON et ISABELLE HERCELIN  Site de Éric Gandon : http://www.osenvol.fr/  Cure de jeûne et thalasso : http://www.osenvol.fr/Cure-de-je-ne-Thalasso.html accompagné par Éric Gandon et Isabelle Hercelin.  Site de Isabelle ercelin : http://ressourcedelumiere.com/     BENJAMIN DARIOUCH  Site de Naturacoach : http://www.naturacoach.com/ et  http://www.naturacoach.com/blog-nutrition/coup-de-gueule-pourquoi-je-ne-suis-pas-orthorexique/  Sur Facebook : https://www.facebook.com/Naturacoach    LABORATOIRES BARBIER   Site : http://www.laboratoirebarbier.com/    SOCIÉTÉ R-BIOPHARM (TESTS IMUPRO) :  Site : http://www.intolsante.com/     COMMENTAIRES :    Sur France 2 :  http://www.france2.fr/emissions/complement-d-enquete/videos/rhozet_complement_enquete_extrait_20140213_1927_13022014130926_F2?onglet=replay    Extraits des commentaires :     E. Azalea • Ce reportage est une honte, moi qui aimait les enquêtes faites par France 2, là c'est définitivement fini ! Je pensais que les enquêtes étaient faites de façon constructive de manière à dénoncer ce que l'on nous cache ou à exploiter des sujets peu connus mais la c'est juste l'apologie de l'industrie agro-alimentaire. C'est facile de faire des montages inversés comme dans le cas de Benjamin de Naturacoach qui n'est pas du tout un profiteur de personnes 'malades' ni un gourou ! Et excusez-moi mais si toutes les personnes qui contrôlent un tant soit peu ce qu'elles mangent sont malades alors nous le sommes tous et ne pas vouloir quotionner l'industrie actuelle n'est pas une maladie, ne pas vouloir manger de la merde remplie d'additifs toxiques non plus, c'est du bon sens.  Il ne faut pas tout confondre !    'Message d'une pseudo-orthorexique'    guiguisensei • Quand vous evoquez le colibacille 'escheria coli' (e.coli) dans les viandes contaminés... Arrêtez de dire que E coli est mortelle...Les gens qui font une analyse intestinale, et voit 'e.coli' sur leurs analyses pourraient psychoter à cause de vous... parce que E coli. fait partie de la flore bactérienne aérobie de chaque personne. Tout le monde a des e.coli dans son intestin. C'est pas e.coli le problème, mais les 'souches' d'e.coli 'pathogènes', qu'il faudrait préciser à l'avenir    guiguisensei • reportage baclé concernant le gluten, et les intolérances.Pour avoir été en Allemagne, me faitre soigner dans une clinique environnemental (c'est a dire qu'il considere que l'environnement est une grande cause aux maladies chroniques), on cherche 'POURQUOI' on est malade et c'est souvent multifactoriel.C'est bien pour ça qu'un test isolé ne veut rien dire et ne peut être interprété correctement avec d'autres analyses (les métaux lourds par ex, qui se font partout en europe sauf en france,l'analyse de la flore intestinale...). Il faut soigner dans la globalité, De grace journalistes, au lieu de survoler des sites internet comme vous le faites 10 s et donner une mauvaise images, creusez plus ...essayez de savoir pourquoi les gens vont sur ces forums? s'ils vont mieux? s'ils ont soigné des pathologies? On accuse les gens de s'inquieter, on prétend que les contrôle sont mieux qu'autrefois, que la médecine est à la pointe... Alors expliquez moi pourquoi les maladies chroniques sont en constantes augmentation? Personne ne semble savoir. Les gens cherchent a savoir comprendre pourquoi il sont malades, quand aujourd'hui, l'industrie pharmaceutique attend que les gens soient malades.  Et puis dire que c'est une maladie, ca me fait penser à un reportage que vous aviez dû diffuser sur 'les inventeurs de maladies'.. Si bien manger est une maladie...l'orthorexie...Bien s'habiller c'est l'orthosexy??? ca devient n'importe quoi.  Ps : il faudra dire à Benoit dusquesnes, que C'est 'Hippocrate' et non 'socrate' qui a dit 'que ton alimentation soit ton seul médicament'.

Revoir le film sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=XiKjEQKUm9s (1h04)

Revoir le documentaire en replay jusqu'au 19 mars 2014 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/complement_denquete_,98477343.html (1h04)



PRÉSENTATION :

L'émission : 
La peur au ventre.
Le jeûne.
L'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par l'obsession de la nourriture « saine ».
Enquête également sur la nouvelle mode des produits sans gluten.

- Poulet bio ou antibio ?
Les poulets garantis élevés sans antibiotiques font leur apparition sur les étals, mettant en lumière que les volailles, mais aussi les porcs ou les lapins sont médicamentés. Pourquoi ?

- Les bouchers «haute-couture».
Boutiques luxueuses, viandes d'exception : des bouchers d'un genre nouveau font la une des médias.
Comment mettent-ils du glamour dans leurs magasins ?



TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE (18 premières minutes) :

- Benoît Duquesne : Bonsoir.
Certains d’entre nous font eurs courses la peur au ventre.
Ils calculent l’équilibre de leures repas au gramme près.
Ils veulent manger sans sucre, sans gluten…
C’est une obsession qui devient une maladie et qui porte un nom : l’orthorexie.
Nous allons parler de cela, mais pas seulement.
Nous allons parler de la malbouffe et généralement, de la peur au ventre.

- Ça me donne des angoisses.
J’ai les mains moites.

- Pourquoi ce fromage est mauvais ?

- Je ne sais pas.
J’ai l’impression que mon corps va être pollué.
J’imagine que ce beurre…
J’imagine que je ne vis pas tenir et que je vais mourir d’angoisse.

…….

-Benoît Duquesne : Voilà.
Cette jeune fille s’appelle Jacinthe.
Elle est orthorexique.
Elle concentre toutes nos peurs alimentaires.
On est d’abord un fan du bio.
On est passé au sans sucre, sans gluten…
On est devenu frudivore, on s’est mis au régime, et on a fini quasiment par ne plus rien manger.
On va parler de cette peur au ventre.
Certains se tournent vers leurs artisans boulangers, pâtissiers ou bouchers.
On a quand même raison de se méfier de l’industrie agroalimentaire quand on entend cettr nouvelle enquête dévoilée par l’UFC-Que Choisir qui nous met en garde contre l’antibiorésistance dans les poulets.
Nous allons voir tout cela ici, à Rungis.
C'est l'un des endroits qui nous réconcilie le mieux avec la nourriture et les bons produits.
Nous recevrons le critique gastronomique, Perico Légasse.
Ainsi qu'un professeur qui publie un livre.
Vous pouvez bien sûr commenter l'émission sur les réseaux sociaux.

- On se nourrit du soleil, du vent, de l'environnement.

- Se nourrir, une idée fixe.

Dans ce centre de thalasso en Bretagne, il n'est question que de nourriture spirituelle.

- Dès qu'on se réveille, on est dans une nourriture qui va remplir notre réservoir affectif.

- Certains ont du mal à suivre.
Cela fait 7 jours qu'eux n'ont rien mangé.

Ils sont en stage de jeûne.
Cadres, commerçants, retraités, ils viennent purifier leur corps d'une nourriture qu'ils jugent trop abondante et parfois dangereuse pour leur santé.

- Il y a des produits qui ne sont pas naturels.
Le corps ne sait pas les digérer.

- Ça passe par faire des pauses alimentaires.
Si mon estomac n'a pas faim, je ne vois pas pourquoi je mangerais.

- Tous les matins, Eric prend la tension de ces stagiaires.
Un instant presque sacré.
Les bienfaits du jeûne sont examinés.

- C'est magnifique.
Je me sens bien.

- Jusque dans les moindres détails.

- Mes ongles sont plus durs.

- J'ai bien dormi.

- La couleur des urines : jaune.

- Jaune foncé ?

- Jaune d'or.

ÉRIC GANDON NATUROPATHE : - L'intérêt du jeûne, c'est de se nettoyer.
On se nettoie en termes physiques, mais on fait aussi un nettoyage des pensées et des émotions.
Ça permet de prendre de la distance par rapport à la nourriture.

- Des pauses loin de la nourriture pour rester en bonne santé.
Une méthode radicale qui attire de plus en plus de monde, malgré le prix : 1.600 euros la semaine de jeûne.

- C'est toujours trop cher si on ne regarde que la notion d'argent.
Mais ça peut nous apporter beaucoup.
Je pourrais payer plus.
Ça n'a pas de prix, la santé.

- Il y a des gens qui investissent dans telle ou telle chose.
A un moment donné, il faut parfois investir en soi-même.
J'investis en moi.

- C'est la nouvelle préoccupation à la mode : le jeûne ou les régimes.
Végétarien, sans gluten, sans lactose...
Finie la bonne chère.
Entre les scandales alimentaires et les campagnes de prévention, manger devient un casse-tête avec une peur au ventre : celle de tomber malade.
Des coaches pour faire ses courses, des tests à 500 euros pour détecter les allergies.
Certains ont flairé le filon et surfent sur les nouvelles habitudes alimentaires.
A qui faire confiance ?
Comment ne pas se noyer dans ce flot d'informations ?
La quête du régime parfait peut virer à l'obsession.
Pour les plus fragiles, cela se termine parfois à l'hôpital psychiatrique.
Un magasin bio dans le centre de Genève.
A priori, un lieu rassurant.
Ici, rien que des produits réputés sains.

Mais pour Jacinthe, c'est un terrain miné.
 
- Glucides, sucres, lipides...
Graisses saturées, graisses insaturées, polyinsaturées...
 
- Vous regardez les étiquettes combien de temps ?
 
- Je veux passer 5 à 10mn à lire chaque paquet.
 
- Parfois, après de longues hésitations, Jacinthe paraît se décider pour un produit.
Mais le doute revient aussitôt.
 
- Je pourrais acheter ce produit.
Mais... Je ne le sens pas.
Il y a quelque chose qui me stresse.
C'est les couleurs...
Je ne sais pas qui l'a fait.
Je ne sais pas où ça a été fait.
Ca me stresse.
 
- Jacinthe, 32 ans, souffre d'orthorexie.
Un trouble dû à l'obsession maladive de la nourriture saine.
Cela la pousse à contrôler le moindre aliment, sa provenance, ses ingrédients, son emballage.
Plus il y a de choix, plus elle angoisse.
 
- J'adorerais rentrer dans un magasin où il n'y a rien, ou pas grand-chose, où on proposerait 3 ou 4 choses.
Là, il y a beaucoup trop.
Ça me rend méfiante.
Ça ne me rassure pas.
 
- L'orthorexie, ou quand s'alimenter vire à la paranoïa.
En 6 ans, Jacinthe a progressivement supprimé la viande, les laitages, le riz, les pâtes, persuadée que ces aliments étaient mauvais pour sa santé.
Jusqu'à ne se nourrir que de pommes et de raisin.
Très amaigrie, après 3 séjours en hôpital psychiatrique, elle reprend tout doucement confiance dans ce qu'elle mange.
Son frigo a presque repris une allure normale.
Quand elle l'ouvre, elle a des sueurs froides.
 
- Il y a un Caprice des dieux.
Ça me donne des angoisses.
J'ai les mains moites.
 
- Pourquoi est-il mauvais pour vous ?
 
- Je ne sais pas pourquoi.
J'ai l'impression que mon corps va être pollué.
Même visuellement, j'imagine le beurre qui est autour de mon cœur avec du fromage.
Accompagné encore...
De plein de choses comme ça.
Je me dis que je ne vais pas tenir.
Que je vais mourir d'angoisse.
Ce n'est pas assez sain.
 
- Jacinthe se sent trop fragile pour manger seule.
Ce midi-là, c'est au tour de Marie de déjeuner avec elle.
Un bon moment entre copines.
L'occasion de renouer les liens avec ses proches.
Trop stricte avec la nourriture, Jacinthe s'est peu à peu coupée du monde.
Elle a fini par lasser son compagnon.
Au plus fort de l'orthorexie, la perspective d'un simple dîner en ville suffisait à la faire paniquer.
 
- Avant, c'est 3 heures d'angoisse et de stress.
Je sens que je ne suis pas bien.
Si j'angoisse, il le sent.
Ces derniers temps, un dîner en amoureux devenait un cauchemar, tout le temps.
 
- Une fois par semaine, Jacinthe se rend à la clinique où elle séjournait il y a quelques mois pour faire le point sur ses progrès.
Ici, on soigne les addictions à l'alcool, aux drogues et les troubles du comportement alimentaire.
Son psychiatre, le Dr Perroud, voit de plus en plus de cas d'orthorexie.
 
ALAIN PERROUD PSYCHIÂTRE - CLINIQUE BELMONT (GENÈVE) : - Le souci de ces personnes est d'avoir une alimentation bonne pour elles et bonne pour la santé.
Mais il faut aussi que ce soit une nourriture moralement juste et éthiquement correcte.
Quand on réfléchit à ce qu'on mange, quand on se dit que ce qu'on mange est important et que cela mérite d'être sérieusement pris en compte, on s'arrête de suivre ses besoins et ses envies, sa culture, ses habitudes, pour devenir un intellectuel de la nourriture.
 
- Ce besoin de contrôler sa nourriture, certains l'ont senti et en ont fait un business.
Sur leurs sites Internet, ils nous indiquent ce qu'il faut manger et comment s'y prendre.

Apparaissent rapidement des copies d'écrans de sites internet :
Naturacoach.com
Vivre Cru.org
www.intolsante.com pour leTest ImuPro, le test IntoSanté, le test ImuPro300, les tests ImuPro100 et IuPro200


Des labos en ligne vous révèlent les aliments censés vous empoisonner la vie.
A partir d'analyses de sang, ils prétendent vous indiquer les produits bons ou mauvais pour vous.
On appelle cela des tests d'intolérance alimentaire.
Moyennant 80 à 500 euros, ils peuvent tester jusqu'à 300 aliments différents.
 
Pas besoin de vous déplacer.
Il suffit de commander le kit de prélèvement puis de déposer votre sang sur un papier buvard, direction le labo.
A Metz, l'équipe de cette chercheuse reçoit près de 200 prélèvements sanguins par mois.
 
- Soit on réalise la technique selon la demande des patients et des prescripteurs, soit on fait sur des buvards.
Tomates, carottes, gluten, orange, amandes...
 
SYLVIE BARBIER DIRECTRICE DU LABORATOIRE BARBIER : - La technique vient d'Allemagne.
Le sang est mis en contact avec des échantillons d'aliments pour voir comment le système immunitaire réagit.
 
- Ce test permet de mettre en évidence le taux d'anticorps spécifique d'un aliment que le patient a dans le sang.
Plus le taux est fort, plus ça mettra en évidence une intolérance
à cet aliment.
 
- Mais les tests de ces labos sont-ils fiables ?
Cette Parisienne de 53 ans a tenté l'expérience il y a deux ans suite à des maux de ventre.
Caroline avait choisi le test de 300 aliments à 500 euros.
Inquiétée par les résultats, elle est allée voir une diététicienne.
Deux semaines après avoir envoyé son sang, voici ce que Caroline a reçu du laboratoire Barbier.
Un épais rapport truffé d'informations difficiles à déchiffrer.
Jusqu'à ce qu'elle tombe sur cette grille de résultats au code couleur on ne peut plus explicite.
 
- Qu'est-ce que vous vous êtes dit avec ce rouge ?
 
- Que je devais arrêter d'en manger et que ce n'était pas bon pour moi.
Je serais allergique à la levure de boulangerie, à la vanille, à la carpe...
 
- Ce qui l'inquiète le plus, c'est cette petite phrase : "Vous présentez une allergie de type 3, de niveau 3 par rapport au gluten." Une allergie au gluten, une affection grave qui implique de supprimer à vie les pâtes et les céréales.
La diététicienne lui conseille de faire un test chez un allergologue.

- Je suis allée voir mon médecin.
J'ai fait une prise de sang.
Je ne suis pas allergique au gluten.
 
- Vous avez l'impression de vous êtes fait arnaquer ?
 
- Je suis déçue.
J'ai le sentiment qu'on m'a trompée.
Je suis déçue des résultats.
 
- Selon la diététicienne, ces tests sont mensongers et potentiellement dangereux.
 
CORINNE PEIRANO NUTRITIONNISTE - DIETETICIENNE : - J'ai eu des cas de personnes qui, après avoir fait des tests, avaient perdu beaucoup de poids, étaient carencées en certaines vitamines parce que, tel que le préconisaient les codes couleurs, il fallait enlever tel ou tel aliment.
Quand il y en a un ou deux, voire trois, ce n'est pas problématique.
Quand il faut enlever 20 aliments de son alimentation, on se retrouve avec des personnes qui sont perdues et qui ne savent plus comment et quoi manger.
 
- Au laboratoire qui a réalisé les analyses de Caroline, la directrice reconnaît à demi-mot qu'au moment d'interpréter les résultats, les clients sont parfois un peu désorientés.
 
- N'y a-t-il pas un problème d'interprétation de ces résultats ?
Beaucoup de personnes se disent, en voyant le rouge sur les feuilles, qu'ils sont intolérants à ces aliments.
 
- Oui.
C'est pourquoi nous préférons que les patients nous soient envoyés par des prescripteurs.
Ce n'est pas toujours le cas.

- Ce n'est pas un problème ?

- Si.
C'est pourquoi nous sommes disponibles par téléphone.
 
- Ces tests peuvent-ils prêter à confusion ?

- S'il n'y a pas de prise en charge, oui.
 
- Ces tests sont souvent interprétés sans contrôle et inquiètent de nombreux médecins.

- "Pas de légumes en conserve..."
Nous avons montré au Docteur Chabane, allergologue, le test effectué par
Caroline.
 
HABIB CHABANE MÉDECIN ALLERGOLOGUE : - Sur la base de ces résultats, on peut indiquer un régime sans avoir examiné le patient sur ses habitudes alimentaires et sur les symptômes qu'il présente.
Ça, c'est trompeur.
C'est de la publicité mensongère.
C'est de l'exercice illégal de la médecine.
 
- Il y a quelque temps, le docteur a alerté l'Ordre des médecins alors qu'un labo parisien voulait mettre sur le marché un nouveau test d'intolérance alimentaire.
Le directeur de l'entreprise a été suspendu pour publicité mensongère.
Depuis, les affaires ont repris.
Dernière tendance pour les angoissés de la malbouffe, les stressés du Caddie, le retour du bon sens.


 
En région parisienne, voici Benjamin Dariouch.
Il se dit consultant en nutrition.
 
- Il faut faire des choix fondamentaux.
Il faut acheter des produits de saison.
 
- Pour 300 euros, il vous coache et vous apprend à cuisiner.
C'est la 2ème fois que Jennifer fait appel à Benjamin.
Avant l'arrivée de son 2e enfant, elle ne veut rien laisser au hasard.
 
- Les viandes hachées 1er prix, c'est souvent de la vache de réforme.
Ce sont des vaches laitières qu'on a gavées pour qu'elles prennent beaucoup de poids et de volume pour en faire de la viande premier prix. Ce n'est pas du bœuf.
 
- Vous achèteriez de la viande ici ?
 
- Non.
Je pense que les animaux qui ont fourni ça ont sûrement mangé des céréales, qui ne font pas partie de leurs aliments de base.
 
- Pour garder cette couleur très vive, on utilise du dioxyde de soufre.
 
- Ni nutritionniste ni diététicien, il dit tenir sa légitimité de son ancien métier de consultant en stratégie.
 
BENJAMIN DARIOUCH GÉRANT DE "NATURACOACH" : - J'ai travaillé pour l'industrie agroalimentaire.
Je connais les mécanismes qui incitent à vendre.
Les industriels veulent faire vendre leurs produits.
Ça ne représente pas la réalité nutritionnelle du produit.
 
- Déjà une centaine de clients par mois.
 
En un an, son chiffre d'affaires a été multiplié par 3.


18’35

 

AUTRES INFORMATIONS :

ÉRIC GANDON et ISABELLE HERCELIN
Site de Éric Gandon : http://www.osenvol.fr/
Cure de jeûne et thalasso : http://www.osenvol.fr/Cure-de-je-ne-Thalasso.html accompagné par Éric Gandon et Isabelle Hercelin.
Site de Isabelle ercelin : http://ressourcedelumiere.com/


BENJAMIN DARIOUCH
Site de Naturacoach : http://www.naturacoach.com/ et
http://www.naturacoach.com/blog-nutrition/coup-de-gueule-pourquoi-je-ne-suis-pas-orthorexique/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/Naturacoach

LABORATOIRES BARBIER
Site : http://www.laboratoirebarbier.com/

SOCIÉTÉ R-BIOPHARM (TESTS IMUPRO) :
Site : http://www.intolsante.com/

 

 

COMMENTAIRES :

Sur France 2 :
http://www.france2.fr/emissions/complement-d-enquete/videos/rhozet_complement_enquete_extrait_20140213_1927_13022014130926_F2?onglet=replay

Extraits des commentaires :

  • E. Azalea  

    Ce reportage est une honte, moi qui aimait les enquêtes faites par France 2, là c'est définitivement fini ! Je pensais que les enquêtes étaient faites de façon constructive de manière à dénoncer ce que l'on nous cache ou à exploiter des sujets peu connus mais la c'est juste l'apologie de l'industrie agro-alimentaire. C'est facile de faire des montages inversés comme dans le cas de Benjamin de Naturacoach qui n'est pas du tout un profiteur de personnes "malades" ni un gourou ! Et excusez-moi mais si toutes les personnes qui contrôlent un tant soit peu ce qu'elles mangent sont malades alors nous le sommes tous et ne pas vouloir quotionner l'industrie actuelle n'est pas une maladie, ne pas vouloir manger de la merde remplie d'additifs toxiques non plus, c'est du bon sens.
    Il ne faut pas tout confondre !

    "Message d'une pseudo-orthorexique"

    guiguisensei  

    Quand vous evoquez le colibacille "escheria coli" (e.coli) dans les viandes contaminés... Arrêtez de dire que E coli est mortelle...Les gens qui font une analyse intestinale, et voit "e.coli" sur leurs analyses pourraient psychoter à cause de vous... parce que E coli.fait partie de la flore bactérienne aérobie de chaque personne. Tout le monde a des e.coli dans son intestin. C'est pas e.coli le problème, mais les "souches" d'e.coli "pathogènes", qu'il faudrait préciser à l'avenir

  • guiguisensei  

    reportage baclé concernant le gluten, et les intolérances.Pour avoir été en Allemagne, me faitre soigner dans une clinique environnemental (c'est a dire qu'il considere que l'environnement est une grande cause aux maladies chroniques), on cherche "POURQUOI" on est malade et c'est souvent multifactoriel.C'est bien pour ça qu'un test isolé ne veut rien dire et ne peut être interprété correctement avec d'autres analyses (les métaux lourds par ex, qui se font partout en europe sauf en france,l'analyse de la flore intestinale...). Il faut soigner dans la globalité, De grace journalistes, au lieu de survoler des sites internet comme vous le faites 10 s et donner une mauvaise images, creusez plus ...essayez de savoir pourquoi les gens vont sur ces forums? s'ils vont mieux? s'ils ont soigné des pathologies? On accuse les gens de s'inquieter, on prétend que les contrôle sont mieux qu'autrefois, que la médecine est à la pointe... Alors expliquez moi pourquoi les maladies chroniques sont en constantes augmentation? Personne ne semble savoir. Les gens cherchent a savoir comprendre pourquoi il sont malades, quand aujourd'hui, l'industrie pharmaceutique attend que les gens soient malades.
    Et puis dire que c'est une maladie, ca me fait penser à un reportage que vous aviez dû diffuser sur "les inventeurs de maladies".. Si bien manger est une maladie...l'orthorexie...Bien s'habiller c'est l'orthosexy??? ca devient n'importe quoi.
    Ps : il faudra dire à Benoit dusquesnes, que C'est "Hippocrate" et non "socrate" qui a dit "que ton alimentation soit ton seul médicament".


Lu dans Facebook au profil de Naturacoach le 13 mars 2014 :
https://www.facebook.com/Naturacoach?fref=ts
"Je suis très en colère du montage que France 2 a fait de ma séquence. En gros, je profite juste d'une tendance. Pour votre information, nous avions tourné 4h, et j'ai parlé pendant plus de la moitié du temps du gluten, de ce qui disait aujourd'hui la science dessus, des différentes pathologies, de l'intérêt des produits sans gluten... et j'avais même fait une super recette de cookies sans gluten à la fin pour montrer que santé et gourmandise pouvaient aller de pair.
De plus, la voix off m'a fait dire quelque chose que je n'ai jamais prononcé à savoir que je tirerais ma seule légitimité de mon ancien métier alors que je n'ai pas arrêté de dire pendant 4h que je ne donnais pas mon opinion mais que je me faisais le relais et la synthèses des études scientifiques et des experts..."
BENJAMIN DARIOUCH  



 

Du poisson pas si bon
Enquête sur une filière opaque

France 5 - Du poisson pas si bon, enquête sur une filière opaque - Documentaire - Dimanche 16 février à 20h37


Revoir sur Youtube au lien en version VFST :
http://www.youtube.com/watch?v=ZPKC-5dcthM (52'25)

Revoir l'émission sur France 5 :
http://www.france5.fr/emission/du-poisson-pas-si-bon-enquete-sur-une-filiere-opaque


PRÉSENTATION :

Comme la filière industrielle de la viande, secouée par de nombreux scandales, celle du poisson entre à son tour dans des zones de turbulences et de soupçon. 
Selon l'enquête d'une ONG américaine, un poisson sur trois vendus sur les étals aux Etats-Unis n'est pas conforme à son étiquette. 
En France, une récente enquête de «60 Millions de consommateurs» révèle que dans un cas sur trois, les étiquettes seraient aussi mensongères. 
Alors, comment s'y retrouver sur l'étal des poissonniers ou dans les rayons surgelés ? 
Les poissons frais sont-ils toujours ceux que l'on croit ? 
Qu'est-ce qui différencie un animal sauvage d'un animal d'élevage ? 
Des rayons des hypermarchés aux élevages espagnols, des étals des marchés aux grossistes de Rungis, des bateaux de pêche bretons aux usines de poisson pané de Pologne, ce documentaire enquête sur un marché qui n'aime guère la transparence. 

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

PROLOGUE :

-Ces poissons ne se mangent pas, mais pour ceux qui arrivent dans nos assiettes, la technique permet de vendre le produit plus cher.
Bonjour à tous !
Vous avez peut-être entendu parler du trempage.
Il s'agit de tremper les filets de poisson dans l'eau, pour augmenter le volume.
C'est également utilisé pour les Saint-Jacques.
Et ce n'est pas la seule pratique frauduleuse.
Tromperie sur la provenance, sur les modes d'élevage.
Au total, 1 étiquette sur 3 serait mensongère.
Alors, comment s'y retrouver dans les rayons surgelés ?
Les poissons vendus frais sur les marchés sont-ils ce que l'on croit?
Le prix vaut-il la différence entre une espèce sauvage et une d'élevage ?
Quels sont les ingrédients des poissons panés ?
Le Doc du Dimanche a mis ses yeux dans tous les coins.
Enquête sur une filière opaque.

-Soles, bars et notre rouget

LE FILM SOUS-TITRÉ :

-C'est la brève histoire d'un rouget qui va finir dans l'assiette d'un grand restaurant parisien.
Tout a commencé quelques heures plus tôt.
Les mouettes sont de la partie.
C'est bon signe.
Minuit, sur un bateau de pêche, en Bretagne.
Les filets remontent les premières victimes de la nuit.

-On est les premiers de la chaîne.
On prend le poisson vivant.
C'est agréable.
C'est une fierté, c'est sûr.

-Voici les compagnons d'infortune de notre rouget: quelques soles, une jolie lotte aux yeux verts.
Pas une seconde à perdre.
Certains poissons sont vidés à bord du navire. 7 h du matin.
Premier contact avec la terre ferme, à Saint-Quay-Portrieux, dans le nord de la Bretagne.
Direction la criée où les poissons sont pesés et étiquetés.
L'envoyé du grand restaurant parisien vient faire son marché.

-La sole 2, c'est de la 4 600.

-La vente aux enchères commence.

Il appelle Paris.

-J'ai une pièce de turbot 3 de 2,9 kg et une pièce de 5,6 kg. C'est à faire ? 0K.
C'est dans les 13, 14. sont grattés et vidés, emballés dans des caisses isothermes et recouverts de glace.
Leur destination finale, le Dôme, est soigneusement indiquée.
Une demi-journée de route plus tard, et l'affaire est réglée.
Le poisson a été pêché la veille.
Le commis de cuisine prend l'affaire en main.
Acheté à la criée 15 euros le kilo, notre rouget sera facturé 90 euros au client.
C'est le prix de la fraîcheur et du talent du chef, Franck Graux.

-Un rouget basilic pour deux.

-15 minutes de préparation, 40 minutes de cuisson, un peu de basilic, et voilà le travail.

-Je vous présente le rouget. Magnifique.

-Avec du basilic frais. Je vais vous le préparer.

-Ca, c'est le poisson dont on rêve : sitôt sorti de l'eau, sitôt dans l'assiette. 
Mais très cher.
Mais bien souvent, ce que mangent les Français ressemble plutôt à ça.
Du poisson congelé.
Moins glamour, mais aussi moins cher. 
Ou bien encore à cela. 
Du poisson qui ne ressemble plus du tout à du poisson. 
Là, du gratin de poisson prêt en 2 minutes au micro-ondes. 
Ou encore à ça... Des bâtonnets panés.
Rapide, très bon marché et tellement pratique.
Mais que mange-t-on réellement quand nous achetons du poisson ?
Notre enquête commence dans les rayons d'un supermarché.
Ici, la star, c'est le poisson pané.
En bâtonnets, en croquettes, en pavés avec de la sauce tomate ou en forme d'étoile.
Les Français en consomment environ 8 millions de boîtes par an.
Ses ventes ne cessent d'augmenter.
Les enfants en raffolent.
Les publicités ont l'air tellement sympathiques.
Dans celle-ci, il y a le gentil capitaine avec sa barbe.

-Bon appétit.

-Dans une autre, un génie rigolo.

-Excellent pour bien grandir.

-Et ça marche. Julia, 5 ans, mange du poisson pané une fois par semaine.
Plus facile à faire passer qu'un vrai morceau de poisson avec sa peau et ses arêtes.

-Ça ne ressemble pas à du poisson.

-Tu préfères ça ou du poisson frais ?

-Ce poisson.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il est trop bon,

-Ah, le goût !

-Julia aime bien le goût, mais pour ce qu'il y a dedans, Anna, sa maman, n'en a aucune idée.
De quoi sont faits ces bâtonnets ?
Nous allons tenter de le découvrir. Le problème : depuis le scandale de la viande de cheval, les grandes marques alimentaires refusent d'accueillir des journalistes.
Nous avons appelé le Captain Iglo.  

-Pour une question de planning, c'est compliqué.

-Il nous a claqué la porte au nez.
Et le petit génie de Findus est trop occupé, lui aussi.  

-Votre appel a été transféré à une messagerie vocale.

-Puis nous avons contacté tous les petits producteurs français de poisson pané.
Là encore, porte close.
Désespérés, il nous a fallu aller jusqu'en Pologne pour découvrir comment sont préparés ces fameux bâtonnets.
Le groupe danois Espersen a accepté de nous ouvrir les portes de son usine.
Le groupe fournit toute l'Europe, notamment la France.
Ici, 700 employés travaillent à la chaîne pour 360 euros par mois.
Jakup est le directeur de production.

-Bonjour, mesdames.

-Il a 47 ans et il est très à cheval sur la propreté.
Tout commence le matin avec l'arrivée des matières premières.
Chaque jour, elles sont livrées selon la pêche.
Aujourd'hui, c'est du cabillaud.

-Ces poissons viennent de Norvège et de Russie.
C'est une espèce très populaire.
Ils ont été pêchés dans la mer de Barents.
Ça, c'est un gros cabillaud.

-Les poissons viennent souvent de très loin. Il faut conserver leur fraîcheur.

-C'est important de conserver le produit dans une eau très froide.
On les garde dans de l'eau glacée pour garantir la qualité.

-Puis les poissons passent par cette machine.
La peau est retirée, le squelette, séparé de la chair comestible, et le filet, prêt à être découpé.

-Ces dames vont commencer à nettoyer les filets.
Puis elles enlèveront les arêtes et les imperfections.
On veille à ce qu'elles ne coupent pas trop de chair.

-Comme dans le bœuf, dans le poisson, il y a les morceaux nobles et les bas morceaux.
Les meilleurs morceaux sont apprêtés en portions, ou bien en filets pour les supermarchés.
Certains sont transformés en blocs de filet, destinés à être panés et vendus sous l'appellation "100 % filet".
C'est ici qu'on fabrique aussi le fish burger du leader mondial de la restauration rapide.
Mais quand on fait des carrés avec des poissons, forcément, il y a des chutes.
Et pour Jakup, pas question d'en perdre une miette.

-Nous devons utiliser tout ce que nous pouvons, car cela coûte de l'argent.
On achète le poisson entier et il faut le rentabiliser.
Ce serait une honte de gâcher du poisson.
Il faut utiliser ce qu'on prend à la nature.
Ce n'est pas mauvais, c'est frais, mais il reste beaucoup d'arêtes, alors il faut les retirer.

-Ne vous fiez pas à leur allure peu engageante.
Pas question de jeter ces chutes de poisson.
Jakup a sa recette.

-Là, vous voyez toutes nos chutes issues de la découpe.
Elles sont pressurées dans le cylindre.
C'est ça qui va donner de la bonne chair hachée de poisson.

-Cette fameuse chair hachée va servir à la fabrication de poisson pané et de plats cuisinés.
Dans cette usine, voilà la seule chose que vous ne mangerez jamais: quelques arêtes et de la peau, dont on fera de la nourriture pour animaux domestiques.
Jakup reconnaît que la chair hachée est un produit bas de gamme, mais il affirme qu'elle conserve ses qualités nutritionnelles.
Une fois passée à la moulinette, la chair hachée est pesée et conditionnée dans ces moules, direction le congélateur.
A l'autre bout de l'usine, nous avons rendez-vous avec Radoslaw.
C'est le chef de production poisson pané.
Après 3 heures de congélation, les blocs de chair hachée ressemblent à des blocs de marbre.
Il ne reste qu'à les découper en générant le moins de perte possible.
Tout est alors calibré au millimètre près.

-A partir d'un bloc, on peut fabriquer 396 bâtonnets.
On le sait parce qu'on a fait un calcul mathématique.

-La panure ne coûte pas grand-chose.
Elle est faite d'eau, de farine et de miettes de pain, et constitue 40 % du poids du produit final.
C'est aussi elle qui fait le succès du poisson pané auprès des enfants.

-C'est la recette qui a eu le plus de succès dans toute l'histoire du poisson.

-Précuits 28 secondes dans de l'huile, les bâtonnets seront de nouveaux congelés, puis emballés.
Ici, on en produit près de 40 tonnes par jour.
Espersen les revend entre 1,50 et 5 euros le kilo aux distributeurs de toute l'Europe.
A Paris, nous retrouvons Julia et sa maman, Anna.
Nous leur montrons les images tournées en Pologne.
Nous commençons avec les blocs de filet.

-Qu'est-ce qu'on fait, là ?

-On enlève la peau, les arêtes...

-Puis nous lui montrons la fabrication des poissons panés.
Et là, Anna ne cache pas son étonnement.

-Dégoûtant !

-Voir cette espèce de pâte qui est créée à partir de rien, ça ressemble à un procédé de fabrication de déchets.
C'est pas du poisson.

-Désormais, Anna redoublera d'attention pour faire la différence et les produits à base de chair hachée.
La mention est obligatoire, mais souvent, il faut beaucoup chercher pour s'y retrouver sur les emballages.
L'autre solution, si l'on est réfractaire aux emballages et autres surgelés, c'est d'acheter du poisson frais.
Aujourd'hui, près d'un tiers des poissons consommés en France sont frais, achetés chez le poissonnier, au marché ou au supermarché.
Saumon, bar de ligne, sole, dorade grise, dorade rose ou dorade royale, sardine, thon, poissons entiers ou en filets, il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.
Pour choisir, on s'en remet à son marchand de poisson.

-On va chez le poissonnier, parce qu'on a confiance.
On n'achète pas du surgelé au supermarché.
On n'a pas confiance.

-Je préfère payer pour la qualité.

-Je ne viens que chez eux, depuis des années.

-Vous faites confiance à...

-Oui, complètement confiance. Je téléphone et je dis : "Vous me préparez ça."
Je sais que ce sera parfait.

-Les acheteurs ont confiance en leur poissonnier.
Mais ça n'a jamais été autant le bazar sur les étals de poisson.
En février 2013, une ONG américaine, Oceana, a tiré la première la sonnette d'alarme.
Selon elle, près de 30 % des poissons commercialisés aux Etats-Unis seraient vendus sous une fausse identité.
Du panga vendu pour du cabillaud, du tilapia vendu pour du rouget, bref, dans un cas sur trois, les Américains ne mangeraient pas le poisson qu'ils croient.
En France, aucune enquête de cette ampleur n'a été réalisée, mais un rapport de la Répression des fraudes révèle que dans 1 contrôle sur 3, les étiquettes mentent.
Elle dénonce les "mentions valorisantes mensongères".
Un poisson lambda vendu pour une qualité Label Rouge, du poisson soi-disant pêché à la ligne, et du poisson d'élevage vendu pour du poisson sauvage.
Comment s'y retrouver ?
Nous faisons appel à une spécialiste de la commercialisation des produits aquatiques.
Elle va décrypter pour nous les étiquettes.
Nous commençons sur l'étal d'un poissonnier, dans un marché d'un quartier chic de Paris.
Les étiquettes doivent obligatoirement préciser l'origine des produits.

-Du bar, de la dorade royale...

-Du turbot.

-Mais sur l'étal de Jean-François, ce n'est pas clair.

-Je note les défauts d'étiquette.
Elles sont assez pauvres.
C'est un bel étal, mais ce n'est pas très précis.
"Atlantique nord-ouest", pour le merlan, c'est pas ça.

-Les étiquettes ne sont pas très précises.
Le monde est divisé en zones de pêche.
Il en existe 19 sur la planète.
L'Atlantique Nord-ouest, par exemple, s'étend des côtes américaines au Groenland.
Votre homard proviendra probablement de cette zone.
Pour les amateurs de cabillaud, votre poisson sera pêché en Atlantique nord-est.
Quant au thon, on en trouve dans presque toutes les mers du globe, depuis les côtes asiatiques, en passant par l'océan Indien, jusqu'au Pacifique sud-est.
Pas toujours évident de se repérer.
Même Jean-François, une vie entière dans le poisson, en perd le nord.

-Non, mais franchement, là, vous exagérez !
Le merlan, Atlantique nord-ouest.
Il ne vient pas du Canada.
Il vient de Boulogne.

-Ça vient du nord.
Je suis désolé.
Ces étiquettes, c'est normal.
Ah non, c'est normal.

-Quoi ?

-Ça vient du nord-ouest, du nord-ouest.
 Je dois avoir la carte.
C'est délimité. Il y a le nord-ouest...

-C'est les côtes canadiennes. Là, il faut...

-Dites-moi ce qu'il faut marquer.

-Il faut marquer "nord-est".

-"Nord-est", je ne sais pas. C'est tellement compliqué.

-Le poissonnier est beau joueur.
Pour se défendre, il préfère renvoyer à la confiance que lui feraient ses clients.

-J'ai 60 ans de carrière. Les gens ont confiance.
On est là pour les conseiller, les aider, leur faire un bon rapport qualité-prix.
Voilà. Le reste, c'est du blabla.

-Pas vraiment.
Les étiquettes sont censées nous renseigner sur le mode de production: poisson d'élevage ou de pêche.
Le saumon est aujourd'hui quasi exclusivement d'élevage.
Les soles, à l'inverse, sont toujours sauvages.
Mais c'est parfois plus compliqué. Notamment pour la dorade et le bar.
Difficile de faire la différence et un poisson d'élevage.
Pourtant, les prix varient du simple au triple : 39 euros le kilo pour un bar sauvage contre 16 euros le kilo pour un bar d'élevage.
Qu’achète-t-on à ce prix-là ? Quelle est la différence ?
Nous nous rendons dans une ferme d'élevage pour le découvrir. 
Aguilas, petite ville portuaire de 35 000 habitants, dans le sud de l'Andalousie, en Espagne.
Ici, on vit de la pêche, mais surtout de l'élevage.
L'Espagne est l'un des trois plus gros producteurs de bars et de dorades en Europe. 
Ces drôles de viviers, ce sont des cages flottantes. 
Le groupe Culmarex, fournisseur des poissonniers français, en exploite 24, répartis sur 50 hectares.
T. Hernandez est un des directeurs de l'élevage.
S'il a installé son exploitation sur ce bras de mer, ce n'est pas un hasard.

-Ici, c'est le meilleur endroit d'Espagne pour l'élevage du bar et de la dorade: une bonne profondeur, une qualité d'eau excellente et la situation environnementale est très bonne.
C'est ma caverne d'Ali Baba.

-Dans ces cages qui plongent à 30 m de profondeur, des millions de poissons enfermés derrière des filets qui les empêchent de s'échapper.

-Dans une cage comme celle-ci, il y a 300 000 poissons.
Le volume de la cage est important.
Il y a 15 kg de poissons par mètre cube d'eau.
Ils n'occupent que 2 % de la cage.

-La production est intensive.
Les animaux sont nourris 2 fois par jour, au moyen de ce tube mécanique.
La nourriture circule dans un vaste réseau de tuyaux reliés à cette plateforme.

-Ils ont l'air d'avoir faim.

-Oui, ça se voit qu'ils ont faim.
Là, la température de l'eau est bonne, donc ils ont un bon appétit.
Les poissons vont rester environ 2 ans dans ces cages.
C'est le temps nécessaire pour obtenir un poisson de 600 g, une bonne taille pour le vendre.

-En 2 ans, les poissons arrivent à maturité.
C'est 6 mois de moins que dans la nature.
Pour tenir ce pari, l'éleveur a sa recette.
 Il nourrit ses bêtes d'un savant mélange ultraprotéiné venu d'Amérique latine.

-Ils mangent les mêmes nutriments que s'ils étaient à l'état sauvage.
Ce sont des ingrédients naturels.
Des farines animales de poisson, de l'huile de poisson, des farines végétales.
C'est une alimentation plutôt équilibrée.

-Pour nourrir 1 kg de poisson d'élevage, il faut 2 kg de poisson de pêche.
Un non-sens écologique pour beaucoup.
En quoi ces poissons sont-ils différents des poissons pêchés sauvages ?
Nous nous rendons au marché du port d'Aguilas.
Nous avons rendez-vous avec Angela qui vend les poissons pêchés dans la région.

-Bonjour, madame. Voici des bars et des dorades d'élevage.

-Elle nous montre les différences et poissons d'élevage.
Première dissection : un bar sauvage pêché la veille.
Après avoir enlevé quelques abats, il ne reste que du filet et des arêtes.
Ça, c'est un bon poisson.

-Le bar d'élevage passe sur la table d'opération.
Et là, surprise...

-Regardez. Vous voyez la différence ?

-Oui.

-C'est du gras ?

-C'est bon, le gras ?

-Ça vous donne envie de manger ?
La plus grande différence, c'est le gras.
Il y en a un qui est plus gras que l'autre, parce que le poisson d'aquaculture est nourri avec des croquettes.
Le sauvage mange ce qu'il trouve dans la mer.
On notera la différence à la dégustation.
Le poisson sauvage a la chair plus tendre et savoureuse.
Certains ne verront pas la différence, mais le connaisseur, lui, préférera le sauvage.

-Donc rien à voir entre un poisson d'élevage et un poisson sauvage, même si, d'apparence, il est difficile de faire le tri.
En France, des poissonniers indélicats en profiteraient.
C'est le constat de Marie-Christine, l'experte en produits de la mer, que nous retrouvons à Paris.

-Les écarts de prix peuvent être très importants.
On peut donc être tenté de le vendre pour un produit de pêche.
L'écart de prix peut inciter la négligence de certains revendeurs.

-Avec elle, nous nous livrons à une expérience.
Nous allons faire le tour de plusieurs marchés et poissonneries.
Quand nous trouvons un étiquetage douteux, nous achetons le produit, afin de le faire analyser.

-J'ai un doute.

-Nous achetons ce bar étiqueté "sauvage".
Un peu plus loin, nous achetons une dorade royale, elle aussi garantie sauvage.
Dans une poissonnerie parisienne, nous achetons un filet de bar qui nous semble suspect.
Notre enquête se termine dans ce marché huppé de l'ouest parisien.

-La dorade, c'est pêche ?

-Il a une tête qui ne me plaît pas trop.
Il a le bec qui remonte.
J'ai un doute, mais je suis incapable de dire si c'est vraiment de la pêche ou si c'est de l'élevage.

-Le poissonnier est affirmatif, mais Marie-Christine est sceptique.
Nous achetons un bar et une dorade supposés sauvages.
Résumons.
Nous avons acheté 5 échantillons à analyser : 2 bars, un filet de bar et deux dorades royales.
Il ne reste plus qu'à étiqueter, emballer chacun d'entre eux, à les mettre dans une glacière...
Avant de les expédier a un laboratoire d'analyses indépendant où ils subiront des tests destinés à identifier leur composition et leur mode de production.
8 jours plus tard, nous recevons les résultats du laboratoire. 3 pages d'analyses par poisson.
Sur nos 5 échantillons, 3 ont mis en évidence un profil proche du poisson d'élevage.
Le premier bar acheté sur le marché, soi-disant sauvage : élevage.
Rien à dire sur la première dorade achetée au marché et sur le filet de bar.
Mais dans le marché chic, les 2 poissons que nous avons achetés seraient tous deux des animaux d'élevage.
Nous décidons de retourner dans cette poissonnerie.
La responsable du rayon nous reçoit.
Nous filmons discrètement.

-On a acheté un bar et une dorade étiquetés "sauvages", or ils ont un profil d'élevage.

-La poissonnière est catégorique.
Nous la confrontons aux résultats d'analyses.

-Là, vous voyez, c'est un bar qu'on a acheté ici, et ça, c'est l'identification d'un bar d'élevage.
C'est des analyses qui ont été faites sur le profil acide gras du produit et qui montrent que...

-Face à l'évidence, la poissonnière va botter en touche.

-Elle renvoie la faute sur ses fournisseurs qui l'auraient trompée.

-Vous ne vérifiez pas ?

-Et vous ne faites pas la différence ?

-La poissonnière est responsable, mais pas coupable.
A l'entendre, la valse des étiquettes aurait lieu à Rungis.

-Le problème vient de Rungis ?

-C'est-à-dire ?

-Ils rajoutent des étiquettes ?

-L'étiquette sanitaire est censée assurer la traçabilité du poisson, depuis sa sortie de l'eau jusqu'à sa commercialisation.
Elle précise l'espèce et la zone de pêche ou de production.
Les fournisseurs jouent-ils parfois avec les étiquettes ?
Direction Rungis.
Près de 400 tonnes de poisson transitent chaque nuit dans ce marché.
Les accusations de fraude sont balayées d'un revers de main.

-Une poissonnière m'a dit qu'à Rungis, les fournisseurs avaient des caisses d'étiquettes sanitaires...-
Selon un autre professionnel, s'il y a un fraudeur, c'est le poissonnier.

-Les poissonniers nous ont dit : "C'est à Rungis."
Ça vous fait rire ?

-C'est interdit aussi sur les étals.

-Difficile de savoir qui trompe qui, mais selon l'enquête de la Répression des fraudes, les anomalies sont plus nombreuses chez les poissonniers que chez les grossistes.
C'est le consommateur qui paie la facture.
Poisson sauvage ?
Poisson d'élevage ?
La différence ne se limite pas au prix et au goût.
L'aquaculture suscite la controverse.
Dans les viviers surpeuplés, les poissons d'élevage sont souvent victimes de virus ou de parasites.
Alors certains éleveurs les gavent d'antibiotiques.
Mais cet usage de médicaments inquiète pour la santé de l'animal et pour celle de l'homme.
C'est ce que nous confirme Jean-François Baroiller, spécialiste de l'aquaculture.

-Des travaux ont montré des phénomènes d'antibiorésistance sur des productions de poisson où l'utilisation parfois des antibiotiques qui ne sont pas ceux préconisés, se sont traduits par des antibiorésistances, c'est-a-dire des pathogènes qui s'habituent à cet antibiotique et, petit à petit, perdent toute sensibilité au traitement.
Avec des conséquences sur la santé humaine.

-En clair, à force de consommer trop d'antibiotiques, via les médicaments et l'alimentation, les hommes risquent de se retrouver démunis face aux maladies.
C'est l'antibiorésistance.
Un rapport du ministère de l'Agriculture alerte sur ses dangers.
"Le plus inquiétant est l'apparition "de bactéries multirésistantes.
"En Europe, l'antibiorésistance cause 25 000 décès par an."
Retour en Espagne, dans l'élevage de bars et de dorades du groupe Culmarex.
Le patron nous emmène à la rencontre de la vétérinaire de la société.

-Bonjour, Merce.

-Merce affirme surveiller de près les élevages.
Elle ne s'en cache pas : les antibiotiques, elle en utilise.

-S'il y a une épidémie, nous les traitons avec des antibiotiques.
Les gens en ont très peur, mais quand c'est nécessaire, on les utilise.
On fait les choses correctement.
Le consommateur n'a rien à craindre.
On ne vend jamais un poisson qui vient d'être traité.
On attend qu'ils éliminent de leur organisme.

-Derrière les antibiotiques, c'est tout un mode de production qu'elle défend, un mode de production, à l'entendre, moderne et sûr.

-Pour moi, l'aquaculture fait partie de l'évolution. 
De chasseurs, nous sommes devenus fermiers.
Ça fait partie de notre histoire.
Dans le cadre de l'aquaculture, nous savons ce que le poisson a mangé et qui sont ses parents.
Du poisson sauvage, que savons-nous ?

-Selon la vétérinaire, il serait plus facile d'assurer la traçabilité du poisson d'élevage que celle du poisson sauvage.
Aucun produit de la mer n'échappe aujourd'hui aux soupçons.
Poissons ou crustacés, tous peuvent faire l'objet de fraude, même les plus chers d'entre eux, comme la star des coquillages, la fameuse coquille Saint-Jacques.
Les Français sont les plus gros consommateurs au monde : 2,5 kg par habitant et par an.
Elle coûte pourtant cher : 7 euros le kilo avec coquille et de 20 à 70 euros, décoquillée.
Elle est l'un des produits les plus emblématiques de la gastronomie française.
Pourtant, le consommateur n'est jamais à l'abri d'une arnaque.

Nous partons sur la trace de l'authentique coquille St-Jacques. Port-en-Bessin, en Normandie.
Ce matin, le "Sauvage", petit bateau artisanal, s'apprête à quitter le port.
Son capitaine : Dimitri Rogoff, la cinquantaine. 30 ans qu'il pêche de la Saint-Jacques.
Pas de temps à perdre, aujourd'hui, c'est l'ouverture de la pêche, sur le gisement de la baie de Seine.

-L'ouverture, c'est le jour à ne pas louper.
Les premiers coups de drague, ça reste magique, surtout quand il y a beaucoup de coquilles.
Ce gisement est fermé depuis 2 ans.
On va voir si les coquilles ont bien grossi.

-La coquille Saint-Jacques est une espèce rare et protégée.
Pour Dimitri, les périodes de pêche sont limitées.
4 mois seulement: de décembre à mars.
Et pas plus d'1,5 tonne par jour.

-On essaie de faire en sorte de retrouver le maximum de coquilles tout en continuant à pêcher.
C'est une pêche durable et responsable.

-Il faut 3 heures pour atteindre les gisements de coquilles.
Là, les dragues vont racler les fonds marins sur plusieurs centaines de mètres.
Une demi-heure plus tard, c'est le jackpot.
Les pêcheurs ramènent 400 kg de coquilles d'un seul coup.
Une situation plutôt rare qui ravit Dimitri.

-Ah, elle est belle.

-Toutes ces coquilles vont être mesurées une à une.
Pour protéger la ressource, la réglementation est très stricte : les coquilles de moins de 11 cm doivent être rejetées à la mer.
Elles seront pêchées l'année suivante.

-Il faut respecter ça, parce que c'est un produit qui nous fait vivre 6 mois de l'année, et on en vit bien.
C'est pas facile, mais on arrive à gérer.
On trouve de la coquille tous les ans, donc ça sert à quelque chose de faire attention aux tailles.

-Les coquilles conservées sont nettoyées, débarrassées de leurs imperfections, comme ces bigorneaux collés aux coquillages. Les pêcheurs repèrent et sélectionnent les plus belles et les plus grosses qui seront revendues sous le sigle "Label Rouge".

-Ca, c'est la coquille typique d'ici, avec le dessous noir.
C'est les coquilles "à cul noir".
Elle est belle, celle-là.
On a un corail significatif bien coloré et une grosse noix.
On n'en mange pas tous les jours.
C'est pour les jours de fête.
Ça reste un produit de luxe.

-Dimitri fait partie des pêcheurs militants qui ont obtenu, en 2002, que la Saint-Jacques ait droit à son Label Rouge, un gage de qualité et d'authenticité.
Mais il rêve d'aller encore plus loin.

-Le but du jeu, c'est que le client, à travers un flashcode, dès l'année prochaine, puisse avoir la photo du bateau, la tête du patron et une   qui va avec.
Faire en sorte qu'il y ait un lien entre le produit, son terroir, le gars qui la pêche et celui qui la mange.

-Dimitri défend la véritable Saint-Jacques, de son vrai nom, la "Pecten maximus".
Depuis plusieurs années, sa coquille doit faire face à un concurrent qui inonde le marché: le pétoncle. Avec ou sans corail. Il vient du Chili, du Pérou ou d'Argentine.
Il est bien plus petit que la noix de Saint-Jacques et il coûte deux fois moins cher.
Pourtant, en 1996, l'Organisation mondiale du commerce a autorisé l'appellation "Saint-Jacques" a toutes les variétés dé pétoncles. 
La décision provoque un tollé.
Un sénateur socialiste interpelle le ministre de l'Agriculture.
"Le pétoncle n'a ni la saveur ni les qualités nutritives "de la coquille.
Aujourd'hui, la concurrence du pétoncle a des effets dévastateurs pour les pêcheurs comme Dimitri. Son chiffre d'affaires a baissé de 30 %.
Nous nous rendons dans un hypermarché, au rayon des surgelés.
Tous les emballages semblent promettre l'authentique coquille Saint-Jacques.

-"Dix coquilles "Saint-Jacques à la normande."
Un astérisque renvoie à un inventaire à la Prévert : "zygochlamys patagonica, "argopecten purpuratus, chlamys opercularis."
C'est les noms latins des pétoncles qu'on trouve là-dedans.

-Ça peut tromper le consommateur ?

-C'est fait pour.
On lui fait croire qu'il va manger des Saint-Jacques, alors que c'est des pétoncles.
Si on n'a pas l'œil averti, on mange autre chose.

-Et pour nous vendre leurs ersatz de noix de Saint-Jacques, les industriels rivalisent d'imagination.

-On est dans des visuels bretons, avec un bateau, un phare, des mouettes, une bigoudène.
La bigoudène, au Vietnam, au Pérou, aux USA, ça n'existe pas.
On est dans la confusion à 100 %.
On trouve ça sur d'autres paquets.
A une époque où c'est important de savoir ce qu'on mange, on ne sait pas.

-Ce jour-là, sur des dizaines de produits surgelés, un seul contient l'authentique coquille Saint-Jacques.

-Comment mon produit peut-il trouver sa place dans le marché ?
Quand tout s'appelle pareil, quand on trompe le consommateur...
Ça me pose un réel problème.

-Sur nos étals, on risque d'acheter de la pseudo coquille Saint-Jacques.
Mais pas seulement.
Aujourd'hui, 80 % des Saint-Jacques consommées en France sont importées, des Etats-Unis, du Canada, de la Chine ou du Royaume-Uni.
Et parfois, certaines de ces noix d'importation sont trafiquées.
Notre enquête nous emmène en Ecosse, à Kirkcudbright.
Ici, la pêche de la Saint-Jacques est une tradition depuis des décennies, mais rares sont les entrepreneurs qui reçoivent les journalistes.
Nous avons toutefois obtenu l'autorisation de filmer chez l'un d'eux.
Il s'agit de West Coast Sea Products.
Son patron, c'est John King.
L'entreprise qu'il a héritée de son père est l'une des plus réputées d'Ecosse.
En 2010, la reine d'Angleterre est venue y déguster la coquille locale. 
John King est à la tête d'une véritable usine.
Sous ses ordres, une centaine d'employés décortique les coquilles Saint-Jacques.
Chaque jour, 20 tonnes sont ainsi expédiées dans toute l'Europe. 
Après décorticage, les noix passent par cette machine pour être nettoyées dans de l'eau.
Pour ne pas abîmer le produit, la noix ne doit pas passer plus de 30 secondes dans l'eau.

-Il faut les rincer rapidement, afin d'éviter toute absorption d'eau, sinon, elles gonflent.
Et ça, il faut éviter.

-Mais toutes les noix de Saint-Jacques ne font pas l'objet de la même attention.
Une partie de la production n'a pas droit au même traitement.
Dans ces bacs d'eau, les noix peuvent passer de 24 à 48 heures.

-Ca, c'est ce qu'on appelle les noix de Saint-Jacques "trempées".
Elles sont plus grosses, car elles ont absorbé de l'eau.
La noix est comme une éponge.

-John fait subir ce sort à ses noix, à la demande de certains clients qui ne se soucient guère de la qualité.
Le but : avoir les noix les plus grosses possibles.

-L'avantage des Saint-Jacques trempées, c'est le prix.
Si vous avez 30 % d'eau ajoutée, le prix d'achat diminuera de 30 %.

-Ceux qui achètent la trempée la paient moins cher et en tirent de plus grands profits.
En fait, ils ne gagneront pas autant à la revente.

-Le problème, c'est que la Saint-Jacques gonflée à l'eau risque de décevoir le palais du consommateur.

-Vous voyez celle-ci ?
Elle est pleine d'eau.
Regardez, elle est brisée.
Vous voyez toutes les petites craquelures ?
Regardez la différence.
Ça, c'est une Saint-Jacques sèche.
Et ça, c'est une trempée.
Dans la trempée, le goût est ruiné et la texture est endommagée.

-Vous mangez les deux, vous ?

-Non. Seulement des sèches.
Si vous avez goûté aux deux, il n'y a aucune comparaison possible.
Les trempées n'ont même pas le goût de noix de Saint-Jacques.

-Cette noix trempée représente 10 % de son chiffre d'affaires. 
John n'en exporte pas en France, mais certains de ses concurrents le font, car le trempage est une pratique légale. 
A une condition : trempé, le crustacé perd le droit de s'appeler "coquille Saint-Jacques".
L'étiquette doit indiquer "préparation à base de noix "de Saint-Jacques" et préciser le pourcentage d'eau ajoutée.
Il peut aller de 20 à 40 %.
Mais tous les commerçants respectent-ils la règle du jeu ?
Nous décidons de le vérifier en compagnie de notre experte.
Dans une rue commerçante prestigieuse de Paris, nous allons voir les étals bien achalandés de la poissonnerie.
Ici, les noix de Saint-Jacques sont vendues 60 euros le kilo.
Le prix fort.
Mais s'agit-il d'authentiques noix ?

-On soulève l'étiquette et on voit qu'il ne s'agit pas de coquilles Saint-Jacques, mais d'une préparation des Etats-Unis qui a été trempée.

-Mais c'est caché.
On peut dire qu'il y a une intention de frauder le client ?

-On va demander au monsieur.
Bonjour.

-Le poissonnier va d'abord faire mine de ne rien comprendre.

-Celle-là, elle a été trempée.

-Non. Non.

-Elle a été décortiquée...

-Que dit l'étiquette ?
"Préparation avec 20 % d'eau ajoutée.
Il y a 20 % d'eau rajoutée dans la coquille. C'est ça ?

-Le poissonnier doit reconnaître l'évidence.

-D'accord.

-Gêné par nos questions, le poissonnier préfère s'éclipser.

-Le patron arrive à la rescousse.
Pour se justifier, il nous livre une explication farfelue.

-Là, ça dit "préparation", et là, "coquilles Saint-Jacques".

-Mais pourquoi "préparation" ?

-Et que de l'eau a été rajoutée.
C'est écrit. "20 % d'eau ajoutée."

-Là, il y a eu, manifestement, une envie de tromper.

-Et ça coûte cher au consommateur. 
Acheter 1 kg de ces Saint-Jacques à 60 euros revient à dépenser 12 euros pour un simple verre d'eau.
Une arnaque qui n'a rien d'exceptionnel. 
En 2013, ont fait l'objet d'une enquête de la Répression des fraudes.
Dans 1 cas sur 5, les coquilles avaient été trempées. avaient oublié de le mentionner. 
Aujourd'hui, tous les vendeurs de poisson, petits poissonniers ou marques de la grande distribution, promettent fraîcheur, qualité et transparence.
Carrefour met en avant une filière "Origine et Qualité".
Casino s'engage à vendre des produits sûrs, sains et de qualité. Intermarché vante dans la presse la fraîcheur de ses étals.
"De la sardine dans votre assiette en moins de 48 h."
La réalité est parfois moins rose.
En 2010, dans l'est de la France, le rayon poisson d'un franchisé Intermarché s'est fait pincer.
Dans le document interne, il est fait état d'infractions inquiétantes.
"Problème de températures. Produits périmés."
L'ancien chef du rayon poissonnerie de l'hypermarché a accepté de témoigner sous couvert d'anonymat.
Selon lui, il agissait sur ordre de la direction.

-On avait une politique d'éviter la perte sur le libre-service, sur les barquettes sous vide que vous prenez dans les rayons.
On les retire à - 1.
Donc si le poisson est valable jusqu'au 22, on les retire le 21, mais là, au lieu de le jeter, on le plaçait sur l'étal avec un peu d'eau dessus pour que ça brille.
Les clients pensaient que c'était du frais.

-A l'entendre, il arrivait aussi au poissonnier de déguiser les produits périmés pour les vendre à sa clientèle.

-Avec le saumon ou le poisson qui se mélange bien avec les pâtes, il les coupait en dés et les poêlait pour les mélanger avec des pâtes ou les transformait en pavés en ajoutant du fromage et du bacon comme un rôti orloff.
On faisait ça pour que ça passe mieux.
On en était conscients, mais on ne pouvait pas refuser les ordres du directeur.
Si on n'obéissait pas, on était sacqués sur nos horaires ou nos heures supplémentaires n'étaient pas payées.
Ils savaient nous faire obéir.

-Le poissonnier a quitté l'entreprise deux ans après le contrôle.
Nous contactons l'un des responsables de la grande surface.
Il a perdu la mémoire.

-Je voudrais avoir votre retour sur cette histoire qui s'est passée à l'Intermarché.

-Vente de produits périmés ? Je ne vois pas.
A quelle date ?

-24 novembre 2010.

-2010 ?

-Nous lui parlons du document qui mentionne ce contrôle.
Le directeur retrouve ses souvenirs.
Mais il rejette la faute sur le chef de rayon.

-Quel intérêt aurait-il eu à vendre des produits périmés ?

-Je ne sais pas. Peut-être.pour atteindre ses objectifs.

-Selon mes informations, certaines personnes prétendent que vous avez encouragé ces pratiques pour limiter les pertes.

-Bien sûr !
Je vais l'afficher sur ma vitrine. N'importe quoi !
Je suis outré.

-Le directeur nous assure que ces pratiques n'existent plus dans son magasin.
Nous sommes retournés dans l'hypermarché et n'avons constaté aucun problème sanitaire.
En 2012, un autre magasin de l'enseigne est venu écorner les promesses de la publicité.
Le patron d'un Intermarché de Magny a dû verser 1 300 euros d'amende pour vente de produits avariés.
Sur les étals des grandes surfaces, comme des petites poissonneries, nous ne sommes pas à l'abri de mauvaises surprises.
Alors ouvrez l'oeil et le bon.

oOo

Un film de Lamia Belhacene
Journaliste-enquêteur : Antoine Leblanc

 


 

ALDI : La fulgurante ascension d'Aldi,
magasin discount

Arte - Karembolage - Échappées belles - ALDI -Dimanche 16 février à 20h


Revoir sur Youtube au lien :
http://youtu.be/BSIA82IFYO8 (11'13)

Revoir l'émission sur Arte
http://www.myskreen.com/emission/societe/1216017-karambolage/


PRÉSENTATION :

"Karambolage" décrypte les sociétés allemande et française de façon ludique et impertinente.
Au sommaire :
- Le Halver Han, un encas de Cologne
- Les dates inscrites sur les trottoirs parisiens
- La fulgurante ascension de la chaîne allemande de magasins discount Aldi
- La devinette

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Un téléspectateur de Marseille, Vincent Gardounet, nous pose la question suivante : "Je suis allé à Cologne.
"Dans une brasserie typique, j'ai commandé un "Halver Hahn", "un demi-coq.
Savez-vous ce qu'on m'a servi ?
"Un bout de pain et une tranche de fromage.
"Quelle est cette plaisanterie 7"

-Nous avons demandé à Mme Margit Förster, professeur de civilisation contemporaine, de lui répondre.

-Cher monsieur, il ne s'agit pas d'une mauvaise plaisanterie, mais d'un en-cas traditionnel des brasseries de Cologne, où l'on boit d'ailleurs de la Kolsch, la bière blonde de Cologne.

Les Allemands qui ne sont pas de Rhénanie pensent souvent comme vous qu'un "Halver Hahn" serait en fait un demi-coq.
"Hahn", le coq, et "Halber", "Halver", demi, le dialecte local remplaçant souvent le B par un V.
On notera que ce dialecte s'appelle le "kolsch", tout comme la bière locale.
Et ils sont tout étonnés qu'on leur serve juste un petit pain de seigle avec une ou deux tranches de gouda, le tout accompagne de moutarde.
Mais d'où vient cette appellation incongrue ?
Parmi les anecdotes qui circulent sur l'origine de cette expression, j'ai retenu celle-ci : un jour, un client aurait commandé un petit pain avec du fromage.
Une fois servi, il se serait plaint, dans son dialecte.
"Je ne veux avoir que la moitié l"
Autrement dit...
On notera que "haben , avoir", se dit en dialecte "han".
Qui se prononce comme "Hahn", coq .
"Halve han" : avoir la moitié.
"Halbe Hahn" : demi-coq.
Le serveur ne se laissa pas démonter par ce client, coupa le petit pain en deux et appela cette création "Halver Hahn", demi-coq.
Bon, aujourd'hui, on sert ce plat frugal avec un petit pain entier.
Mais le nom, "demi-coq", est resté. Il fait partie du folklore local, les habitants de Cologne étant ravis de lire la déception, ou pour le moins la surprise, sur le visage des touristes.
Voilà, j'espère avoir répondu à votre télespectateur.

-Si vous déambulez dans Paris en regardant vers le sol, vous remarquerez que l'asphalte des trottoirs est date.
Parfois, cette date est incrustée à l'aide d'un tampon.
Parfois la marque semble réalisée à la main à l'aide d'un outil.
Chaque petit rapiéçage d'asphalte se doit d'être marque par l'entreprise qui fait les travaux pour la mairie de Paris.
Le cahier des charges stipule que les revêtements asphaltiques sur trottoir devront comporter la date d'exécution sous la forme jour, mois, année.
Ici, par exemple, le 21 du mois d'octobre de l'année 2005.
Une pénalité est prévue en cas de non-inscription de cette date.
Pourquoi ?
"Pour gérer plus facilement les contentieux ultérieurs", nous précise la mairie de Paris.
Cette façon de faire semble strictement parisienne.
Attention : une fois que l'on a remarqué ces dates, on passe sa vie à les chercher des yeux, un petit jeu qui devient vite obsessionnel.
Volker Saux nous raconte la fulgurante ascension d'une chaîne allemande de magasins discounts, qui est maintenant bien implantée en France également.

-Enfant, quand j'allais en vacances en Allemagne avec mes parents, j'attendais un moment avec impatience : les courses chez Aldi
Entrer dans un de ces supermarchés, qui n'existaient pas en France, à l'époque, c'était pour moi le vrai moment où je passais le Rhin.
Rayons tristes, néons blafards, produits de marques inconnues vendus sur des palettes posées sur un carrelage douteux, caissières rêches tapotant sur leur caisse comme un automate, publicités vantant une vie bon marché, clients scrutant les prix avant de remplir qui son cabas, qui le coffre de sa Mercedes, de yaourts, de café, de saucisses et de bien d'autres denrées à prix cassés.
C'était mon image d'Epinal de l'Allemagne.
On la retrouvait de Cologne à Berlin, de Kiel à Stuttgart.
Et toujours, pour ma part, avec une certaine satisfaction.
Peut-être aussi car je dénichais chez Aldi mes bonbons préférés.
Une marque introuvable en France et à prix si bas que mes parents ne pouvaient pas me les refuser.
Les Français auront probablement du mal à saisir cet attachement à des supermarchés aussi austères.
Les Allemands un peu moins.
Pour eux, Aldi est plus qu'un magasin alimentaire.
C'est un fleuron économique et un symbole national.
L'histoire de la chaîne Aldi est une success story de l'Allemagne d'après-guerre.
Elle est partie d'une épicerie de la ville d'Essen léguée par Anna Albrecht à ses deux fils, Karl et Theo. Ils  ont développé l'affaire en multipliant les magasins et en imaginant dans les années 50 un concept révolutionnaire, le hard-discount.
L'idée était de se démarquer en réduisant les coûts au strict minimum.
Pour y arriver, ils ont tout passé à la calculette.
La dèco ? Superflue.
Les produits frais ? Ils obligent à avoir dé coûteux stands réfrigérés.
Les étiquettes de prix ? lnutiles : les caissières les mémoriseront.
Le personnel ? Minimal, et surtout polyvalent, capable de tenir la caisse comme le balai.
Les frères Albrecht ont limité le choix à quelques centaines de produits de base.
Pas de grandes marques : trop chères.
Ils ont demandé à des fabricants de produire directement pour eux des produits vendus sous des noms de marques créées pour l'occasion.
L'enseigne fut baptisée Aldi, pour "ALbrecht Discount".
Dans l'Allemagne  d'après-guerre, ces prix cassés tombaient à point.
Les Aldi se multiplièrent.
Les deux frères se partagèrent le marché.
Le nord du pays revenait à Theo, et les magasins du sud, à Karl, sous le nom "Aldi Sud".
Actuellement, il y a environ 4 300 magasins Aldi en Allemagne.
Plus un grand nombre à l'étranger, en Europe, notamment en France, en Australie et aux USA. Aujourd'hui, Aldi est devenu le magasin de tout le monde.
On y croise l'étudiant fauché comme le cadre sup.
Tous les Allemands y ont déjà mis les pieds.
On a vu des célébrités confesser leur amour pour Aldi, et même le sac plastique frappe d'un A a été détourné en accessoire branché.
Il s'est développe une sorte de relation fusionnelle entre l'Allemagne et ces temples de l'efficacité et de l'économie.
Aldi est le symbole d'une vie simple et sans plaisir superflu.
Ce qui colle bien à un certain esprit allemand.
"Aldi, c'est l'Allemagne, l'Allemagne, c'est Aldi", a un jour écrit le "Spiegel".
Le modèle a été imité.
Le hard-discount est devenu la norme, outre-Rhin, où il détient 40% de parts de marché, contre 10 à 15% dans l'Hexagone.
Et cette religion du discount, du toujours moins cher, s'est étendue à d'autres services, en Allemagne comme ailleurs, initiant une révolution dans la consommation qui a même un nom :  la « Aldisierung », la « Aldisation ».
La saga Aldi a son revers.
Avec le temps, l’entreprise est devenu un empire tout puissant obsédé par le contrôle.
La presse parle souvent des cadences infernales des salariés, de la pression exercée par les managers, des relations à sens unique avec les fournisseurs, etc.
Il y a plusieurs codes-barres sur les emballages pour que les caissières ne perdent pas de temps à les tourner.
Si cette question a profité au client, elle a évidemment d’abord enrichi Theo et Karl Albrecht, qui sont devenus les hommes le plus riches d’Allemagne.
Depuis le décès de Theo, en 2010, Karl à plus de 90 ans, reste seul la première fortune du pays.
Mais qu’on ne s’attende pas à le voir flamber sur les plages de la Riviéra.
Les frères Albrecht sont restés, à l’image de leur enseigne, d’une austérité inégalable, si secrets et effacés qu’on connait à peine leur visage.

La devinette…

 

 


 

 

"Ces décroissants qui disent non à la consommation"

Lundi 16 décembre 2013 - TF 1 au journal de 20h

Photo

 

Revoir au lien : http://www.wat.tv/video/ces-decroissants-qui-disent-6kawv_2i0u7_.html (5')


 

Présentation sur Facebook au lien :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152103277874932&set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=1&theater

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

 

C'est une idée audacieuse, provocatrice, diront certains, à l'heure où la France rêve de renouer avec la croissance.
Elle est défendue par les partisans de l'autre modèle, alternatif, qui refuse la société de consommation.
Pour ces militants, "moins" veut dire "mieux".

- Laissez votre corps. Ça va parler à votre insu.
On se libère la tête en coupant des légumes.

- L'invitation disait "Ouvert à tous. Venez avec votre économe."

- Le disco et la soupe, deux choses populaires qui vont bien ensemble.

- De toutes générations, ils sont plus d'une centaine, ravis de participer à ce que l'on appelle une Disco Soupe, épluchage, cuisson puis dégustation gratuite en musique.
Pas seulement un rendez-vous festif.

AURÉLIEN CULAT – COFONDATEUR DE « DISCO SOUPE » :- Les carottes, les patates, ce ne sont que des légumes qui devaient partir à la poubelle, en tout cas qui sortaient du circuit de distribution.

- 450kg de légumes sauvés de la poubelle.
La démarche séduit.
Largement consensuelle.
Signe aussi du succès d'un discours qui prône la décroissance.
Face à la pollution, la surproduction,  l’hyperconsommation, une théorie veut qu'il n'y ait pas de croissance infinie dans un monde fini.

Quelques figures se relaient pour la défendre. 
Paul Ariès est l'une de ces voix.

PAUL  ARIÈS :- C'est passer de cet objectif d'une augmentation du pouvoir d'achat, du niveau de vie à un raisonnement qualitatif, changer de style de vie.

- Pour rencontrer ceux qui ont sauté le pas, il faut quitter la route et suivre les maigres indices qui vous guident dans la forêt cévenole jusqu'à Sylvie Barbe, pionnière de la décroissance.
Cette ancienne couturière a opté pour une vie de quasi dénuement.
Sa maison est une yourte.

- Vous avez tout fait ?

SYVLVIE BARBE :- Oui. J'ai fait toute la structure en bois.
Tout ce qui est tissus, déco, isolation et couverture, j'ai tout fait moi-même.

- Sur un demi-hectare, elle estime disposer de tout ce dont elle a besoin.
La nature, sans la cultiver, lui donne de quoi se nourrir, se laver, se chauffer.
Tout le reste n'est que récupération.

SYVLVIE BARBE :-  C'est une vie proche des choses primitives, l'eau, le feu...
Avec la yourte, on est dans les éléments.
Je suis un cas extrême, je peux le dire.
Tout le monde dans la décroissance ne doit pas faire ce que je fais.
Mais c'est un exemple.

- Impossible à dénombrer, les décroissants n'ont pas tous le même mode de vie.
Moins radicaux, Millie et Xavier ont conservé une voiture, mais pas de frigo.
Et ils assument cette contradiction.
Ancien architecte des villes, Xavier cherche de nouvelles pistes.

XAVIER BARRULHET :- Les ardoises sont dans le mur en terre.
Elles chauffent le mur en terre.
Et par conduction thermique, ça chauffe la maison.
Depuis que l'on a mis ce système en place, on a gagné 4 degrés.
Je consomme donc la moitié de bois de moins que ce que je consommais avant.

- Des solutions individuelles que certains rêvent transposables au collectif.
Le maire de Grigny vient d'obtenir le label Ville lente à forte inspiration décroissante.

LE MAIRE DE GRIGNY :- Derrière la fumée, on voit les serres qui brillent.

- Des serres pour abriter le potager local et 42% d'espaces verts pour respirer.
Des zones de tri, de déchets et de compost avec récupération des eaux de pluie.
Priorité aux modes doux pour se déplacer.
6 écoles, une maison médicale, pour le bien-être des habitants, car ici, c'est eux qui décident de tout.

A Grigny, le budget municipal est participatif.
C'est comme ça que les habitants ont voté pour une monnaie locale.

LE MAIRE DE GRIGNY :- Le grigneuro est calqué sur l'euro. Si on utilise la monnaie locale, on ne peut consommer que localement.
C'est intéressant.

- C'est décroissant ?

- Oui. Si vous consommez localement, vous l'utilisez, vous obligez à produire localement.

- Mais la grande fierté du maire de Grigny  A la question "Qui aime les carottes râpées ?
Réponse hautement  improbable, tous lèvent la main.
Ce n'est pas normal.
400 repas sont proposés ici chaque jour.
Avec l'exploit quasi unique en France de faire des repas bio et locaux.  
Quand la décroissance s'occupe aussi de la formation des papilles...

 

L'émission est aussi présentée aux liens :
http://videos.tf1.fr/jt-20h/2013/le-20-heures-du-16-decembre-2013-8329276.html (à la 17ème minute)
et
http://videos.tf1.fr/jt-20h/2013/ces-decroissants-qui-disent-non-a-la-consommation-8331892.html

 


 

"POISSON : élevage en eaux troubles"

Jeudi 7 novembre 2013 - France 2 à 20h45 POISSON élevage en eaux troubles

NOUVELLE DIFFUSION DE L'ÉMISSION :
Samedi 9 novembre à 02h05

"POISSON : élevage en eaux troubles"

Photo

 

L'émission en vidéo sur Youtube, revoir l’émission :
http://www.youtube.com/watch?v=93gqBn6RzkQ (59'38)

 

Conséquence : Une pétition


RÉSUMÉ :

Poisson : élevage en eaux troubles

poissons-vignette.jpg

C’est l’un des symboles du bien-manger : recommandé par les médecins et les nutritionnistes, le poisson a gardé l’image d’un produit sain et naturel. En France, sa consommation a plus que doublé en cinquante ans et elle concerne particulièrement le poisson d’élevage.

Sa chair renferme pourtant bien des secrets, parmi les plus toxiques de l’industrie agroalimentaire : utilisation de farines animales, usage massif d’antibiotiques et de pesticides, pollution au mercure et aux PCB, défauts de traçabilité, substitutions d’espèces
Un monde secret et opaque où l’intérêt de l’industrie passe parfois avant celui des consommateurs. 

Pendant des mois, en France mais aussi en Norvège et au Vietnam, en passant par la Suède et le Danemark, les équipes d’Envoyé Spécial ont remonté les filières de cette industrie planétaire. 
Poissons d’élevage, produits de la pêche, mais aussi plats cuisinés : plongée dans les eaux troubles d’une filière hors de contrôle, qui déverse à notre insu un dangereux cocktail de produits chimiques dans nos assiettes.

 

Un document de Nicolas Daniel et Louis de Barbeyrac.

[Source : http://www.france2.fr/emissions/envoye-special/poisson-elevage-en-eaux-troubles_142763]

Présentatrices : Guilaine ChenuFrançoise Joly

 

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

GUILAINE CHENU : Bonsoir.
Manger du poisson, est-ce bon pour la santé ?
Que sait-on de leur traçabilité ?
Nous avons remonté des filières de poisson d’élevage.
Nous y trouvons parfois des produits chimiques comme des pesticides.


FRANÇOISE JOLY : Bonsoir à tous.
L’enquête que nous vous proposons va vous révéler un monde secret, opaque.
Il s’est développé ces dix dernières années.
C’est celui du poisson d’élevage.
Vous allez découvrir une industrie planétaire, au même titre que celle du poulet ou du bœuf.
Que savons-nous de ce poisson que nous consommons de plus en plus ?
Est-il toujours bon pour la santé, comme le disent nutritionnistes et médecins ?

L’enquête que nous avons réalisée en France, en Norvège, en Suède, au Danemark et au Vietnam révèle que la chair de ces poissons peut contenir un cocktail de produits chimiques.
Parfois même parmi les plus toxiques de l’industrie alimentaire.
L’une des espèces les plus dangereuses serait le saumon d’élevage, l’un des plus consommés en France.
Nous avons remonté ces filières de production jusqu’à notre assiette.

-C’est sur une route perdue à l’ouest de la Norvège.
Cernée de glaciers et de falaises, sinueuse comme la rive des fjords.
Après des heures de recherches, j’ai fini par atteindre  le but de mon voyage.
Flottant sur les eaux froides, des fermes de poisson où se cache l’un des trésors les mieux gardés du pays : le saumon d’élevage.
Dans ces lieux déserts entourés de grillages et de portes closes, j’ai rendez-vous avec un homme qui souhaite me révéler ce qu’il considère comme un scandale caché sous les eaux des fjords.
Il est l’un des militants écologiques les plus connus de Norvège.
Il est parti contre ce monde responsable selon lui d’une telle catastrophe sanitaire à grande échelle.

- Ces élevages, c'est un désastre.
Il y a 2 millions de saumons.
C'est trop.
Ils tombent tous malades.
En ce moment, des épidémies se sont propagées dans la  Norvège.
Mais ça, ils le cachent aux consommateurs norvégiens et français.

- Depuis 10 ans, Kurt Oddekal a placé ces fermes sous haute surveillance, accumulant les preuves. Aujourd'hui, il souhaite me révéler les pratiques des éleveurs norvégiens, qu'il juge dangereuses.
Sur ces images, il voit que ces hommes déversent dans des bassins de puissants pesticides connus pour leurs effets neurotoxiques.
Ils doivent s'en protéger derrière des combinaisons et des masques à gaz.
De la chimie pour soigner les saumons, rongés de parasites et de maladies, qui pullulent dans les élevages.

- Dans les saumons, on trouve des produits chimiques.
C'est dégoûtant.
Il n'y a rien à manger là-dedans pour un être humain.
Le saumon norvégien est la nourriture la plus toxique.

- Des poissons toxiques alors qu'ils sont couramment vendus dans nos supermarchés.
Et le saumon de Norvège  ne serait pas la seule espèce concernée.
Pour vérifier ces accusations, j'ai enquêté dans les coulisses de l'industrie du poisson.
C'est l'aliment santé par excellence, recommandé par les médecins et les nutritionnistes.
Le poisson a gardé l'image d'un produit sain et naturel.
Sa chair renferme pourtant bien des secrets parmi les plus toxiques de l'industrie alimentaire. De la 
Norvège au Vietnam, en passant par la Suède et le Danemark, j'ai remonté les filières de cette industrie planétaire.
Poissons d'élevage, produits de la pêche, mais aussi plats cuisinés.
Plongée dans les eaux troubles d'une filière hors contrôle.
Elle déverse à notre insu un dangereux cocktail de produits chimiques dans nos assiettes.
En France, la consommation de poisson a plus que doublé en 50 ans.
Elle atteint 27 kilos par an et par habitant.
C'est plus que le bœuf ou le poulet.
Pour répondre à la demande, de nouveaux poissons ont fait leur apparition.
Les poissonneries d'aujourd'hui ne ressemblent plus à celles d'autrefois.

- Vous désirez ?

- 2 filets de saumon.

- Dans cette poissonnerie parisienne, le saumon est écossais et les bars sont grecs.
A part la truite, pas un poisson français à l'horizon.

- On a très peu de poissons français. On nous dit simplement qu'ils viennent du Nord-Est.
On nous dit les zones de pêche.

- Aujourd'hui, la grande majorité des poissons consommés en France est importée.
Près d'un sur deux est un produit d'élevage.

- En élevage, on a le saumon, le bar, la daurade.
On a environ 60% de pêche et le reste, c'est de l'élevage.

- Des poissons beaucoup moins chers que les produits de la pêche, comme ces saumons d'élevage ou ces filets de panga à 12,90 euros le kilo, c'est le poisson le moins cher du magasin.

- 12,9 euros le kilo, ça permet à certains de manger du poisson pas trop cher.
On ne peut pas tous avoir du cabillaud à 32 euros le kilo.

- Pour quand est le prochain arrivage ?

- Encore inconnu il y a 10 ans, le panga est l'un des poissons les plus consommés en France.
On le trouve dans les poissonneries et dans la plupart des grandes surfaces sous forme de filets congelés.
Grâce à son petit prix, le panga s'est imposé dans la restauration collective. 
Au point de devenir l'un des poissons les plus consommés dans les cantines scolaires.
Comment ce produit d'élevage parvient-il à afficher des prix aussi bas ?
Que trouve-t-on dans la chair de ces poissons servis à nos enfants ? Au sud du Vietnam, dans le delta du Mékong, la première étape de mon enquête. 
Ici, le panga fait partie des traditions culinaires. 
Vendu sur les marchés, consommé tous les jours dans les restaurants. 
Derrière cette image traditionnelle, il y a une autre réalité. 
Depuis une quinzaine d'années, le panga est devenu l'une des principales richesses de la région.
95% de la production mondiale provient du sud du Vietnam.
Dans la petite ville de Can Tho, sur le delta, on a érigé une statue à côté de celle d'Ho Chi Minh. 
Le père de l'indépendance du pays.
Je vais découvrir que cette réussite économique cache une face sombre, surexploitant les hommes autant que l'environnement. 
Sur le fleuve, j'ai rendez-vous avec un homme pressé. 
Celui qu'ici, on appelle le roi du panga.
En 15 ans, il a amassé une fortune grâce à ses fermes d'élevage. 
Il exporte du panga dans plus de 30 pays dont la France.
Il a accepté d'ouvrir ses portes à des caméras de télévision pour la première fois.

- Bonjour.
Les gros poissons sont en train de manger.

- On va leur montrer les petits poissons.

- La fortune de cet homme se trouve tout entière sous l'eau de ces bassins.
Pour en comprendre l'ampleur, il faut venir ici tôt le matin et assister au spectacle du petit-déjeuner.
Dans chacun de ces étangs, 300.000 pangas.
Une concentration industrielle pour un poisson vorace.

- Ces pangas, on les fait manger 2 fois par jour.
A chaque fois, on leur donne 3 tonnes d'aliments.

- Gavés de ces croquettes bourrées de graisse et de protéines, les poissons atteignent leur taille adulte en 6 mois.
Deux fois plus vite que dans la nature.
Pour assurer sa production, M. Minh en possède plus de 350 de ce type.

- Dans les fermes, il y a 100 millions de pangas.
Il y a plus de poissons dans les bassins que d'habitants dans tout le Vietnam.

- Après 6 mois d'élevage, il récolte 25 tonnes de poisson par étang.
Pour les pangas, ce n'est que le début du voyage vers les assiettes européennes.
Pour qu'il plaise aux consommateurs, M. Minh leur fait subir une transformation radicale dans l'une de ses 8 usines.
En moins d'une heure, ils deviendront des filets congelés gorgés d'additifs, prêts pour l'exportation.
Pour préparer ce poisson vendu à bas prix sur le marché européen, plus de 1.000 ouvrières transforment jusqu'à 100 tonnes de panga par jour.
La rémunération des employées dépend des performances.
Jusqu'à 150 euros par mois.
Pour cela, il faut tenir la cadence.
Dix secondes en moyenne par filet.
Dix heures par jour.

- Plus elles travaillent et plus elles gagnent.

- Avant la congélation, une dernière étape est nécessaire. Elle commence dans ces grandes lessiveuses.
Dans cette eau, des polyphosphates.
Ces additifs facilitent la congélation.
Ils ont un autre avantage : ils permettent aux filets de se gorger d'eau et d'augmenter artificiellement leur poids.
A l'arrivée, le poisson n'a plus de goût ni d'odeur.
Mais étonnamment, pour M. Minh, c'est un avantage à l'exportation.

- Contrairement aux autres poissons, le panga ne sent rien.
Il n'a pas de goût non plus.
Il prend le goût de toutes les épices.
Il convient pour les cuisines du monde entier.
C'est ça, le secret du panga.

- Tous les ans, le Vietnam exporte 1,5 milliard de ces filets low-cost incolores et inodores.
20% de la production nationale sort des usines de M. Minh.
Dans son hangar, plusieurs milliers de tonnes sont en partance vers l'Espagne, l'Ukraine ou le Brésil, mais aussi, à en croire M. Minh, vers certains supermarchés français.

- C'est la facture de notre poisson qui part chez Carrefour.
Ça passe par un intermédiaire car Carrefour n'achète pas en direct.
C'est un gros site qui achète la cargaison et en revend une partie à Carrefour.
C'est ce grossiste basé à Paris.

- Contacté, Carrefour a contesté cette information.
Dans les pangas de M. Minh, nous n'avons constaté aucun problème sanitaire.
Mais dans d'autres élevages, certains poissons concentrent dans leur chair de dangereux cocktails de produits chimiques.
La plupart des pangas sont malades à cause de la pollution des eaux du Mékong.
Ce monsieur est le représentant local du WWF, une association qui, en 2009, a inscrit le panga sur sa liste rouge des produits dangereux pour l'environnement et le consommateur.

- C'est une ferme d'élevage.

- Les pangas de cette ferme sont élevés dans une eau pompée dans ce canal.
L'un des milliers de petits affluents du Mékong où se concentre

- La pollution se voit à l'œil nu.
Il n'y a qu'à comparer la couleur de l'eau avec celle du fleuve principal.
Ici, c'est beaucoup plus sombre.
C'est à cause des activités humaines tout autour.

- Dans ces canaux, plusieurs millions de Vietnamiens déversent quotidiennement leurs déchets domestiques.
La région est aussi le premier exportateur mondial de riz.
Une culture intensive qui pratique l'épandage massif de pesticides.
Face à ce cocktail de polluants, les eaux atteignent la cote d'alerte.

- Les canaux concentrent des algues vertes et des bactéries qui détruisent l'oxygène et rejettent des produits toxiques dans l'eau.

- Ça peut rendre les pangas malades ?

-Bien sûr. En réduisant la proportion d'oxygène dans l'eau, on affecte la santé et le système immunitaire des poissons.

- Pour soigner leurs pangas rendus malades par la pollution, les éleveurs déversent dans les étangs des quantités industrielles de médicaments.
Dans cette ferme, les poissons ont attrapé plusieurs maladies.

- C'est une grande ferme.

- Patrick est chercheur pour l'université de Namur, en Belgique.
Il est venu aider l'éleveur à soigner ses pangas.

- Ces maladies de vos poissons, ça ne vous pose pas de problèmes ?

- Si. Sur le corps et aussi au niveau des nageoires, ils ont des saignements.
Ils ont aussi une maladie du foie.

- Philippe Kestemont va découvrir que pour soigner les poissons, les éleveurs utilisent des doses dangereuses de médicaments.

- C'est bourré de produits chimiques.

- Là, ce sont des antibiotiques.
- Dans ce local à pharmacie, plusieurs centaines de boîtes d'antibiotiques de toutes sortes. Massivement employés dans cet élevage, ils provoquent une réaction en chaîne.

- Il y a toujours des résidus.
Ça se retrouve dans l'environnement.
A terme, les bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques.

- Régulièrement administrés aux poissons, ces antibiotiques renforcent les maladies qu'ils sont censés combattre, obligeant les producteurs à augmenter les doses.
Un cercle vicieux.
Plus aucun éleveur ne peut y échapper.

- Si le poisson consomme des antibiotiques, il en fixe une partie dans ses tissus et va les libérer sous forme de résidus via les excréments.
Ensuite, ces résidus d'antibiotiques vont se retrouver dans les canaux.
Ils peuvent même rentrer dans d'autres piscicultures car ces canaux sont utilisés par d'autres pisciculteurs.

- Pour enrayer ce cercle vicieux, Patrick Kestemont tente de promouvoir des médicaments moins polluants.
Mais ils coûtent trop cher.
Les éleveurs se plaignent du prix d'achat de leur poisson par les distributeurs occidentaux.

- Nos coûts de production sont de 23.000 dongs le kilo.
Mais notre prix de vente est de 22.000 dongs.
Nous perdons de l'argent.

- Augmenter beaucoup n'est pas bon pour le business.

- Après les antibiotiques, nous allons faire une découverte plus inquiétante.
Ce ne sont pas des antibiotiques.
Ce sont plutôt des produits chimiques.
Des pesticides.

- Des pesticides qui se concentrent dans la chair des poissons et dans les eaux du Mékong.
Des croquettes qui font grandir les pangas deux fois plus vite que des aliments naturels.
Et une concentration record de poissons dans les étangs.
Ces conditions d'élevage mettent-elles en danger la santé des consommateurs ?
C'est ici que s'arrête mon enquête.
Aucune étude scientifique indépendante n'a été menée sur le sujet.
Pour connaître la réponse, je me suis rendu dans un pays qui a poussé plus loin encore l'utilisation des produits chimiques et les techniques d'élevage industriel.

En Norvège, l'élevage de poisson pèse 4 milliards d'euros par an.
70% des saumons consommés en France proviennent de cette ferme.
Elle est directement immergée dans l'eau des fjords.
Dans ce monde secret et opaque, les journalistes ne sont pas les bienvenus.
Aucun éleveur n'a accepté de nous ouvrir ses portes.
Je retrouve Kurt Oddekal, l'activiste qui se bat contre les méthodes des pêcheurs norvégiens.
Pour percer le secret des fermes d'élevage, l'organisation s'est dotée de moyens dignes d'un film d'espionnage.
Ce bateau et ce robot sous-marin.
Avec lui, ils sondent les eaux des fjords.

- C'est rempli de bactéries, dans les bulles.
C'est plein de déchets.

- Sous les élevages, des montagnes de sédiments hautes de 15 mètres où se mélangent les restes d'aliments et de produits chimiques déversés chaque jour dans les fermes.

- C'est très pollué.

- On trouve quoi, dans ces sédiments ?

- Tous les produits toxiques qui servent à tuer les parasites.
Il y a aussi des excréments de poissons. 
Le fond des fjords est totalement détruit.
C'est comme une usine à gaz. 
On trouve même des restes des pesticides utilisés pendant la Première Guerre mondiale pour gazer des soldats.

- Le principal problème des éleveurs norvégiens, c'est ce parasite : le pou de mer.
Il se loge dans la chair des poissons et peut provoquer leur mort.
Devenu résistant à tous les traitements, il oblige les éleveurs à employer des pesticides de plus en plus agressifs.
Ces conditions d'élevage produisent sur les poissons des résultats effrayants.
Comme sur ces cabillauds.
Ils sont déformés par des mutations génétiques.

- C'est un cabillaud échappé d'une ferme.

- Dans les élevages, près de 50% des cabillauds naissent comme ça.

- Il faut 8 générations pour que ça disparaisse.
En plus, ces cabillauds mutants se reproduisent avec des cabillauds sauvages.
Regardez comme ils sont beaux!
Vous n'avez pas envie de manger ça.
Mais comme on leur coupe la tête, vous ne le saurez jamais.

- Les saumons subissent également des transformations moins visibles mais tout aussi inquiétantes.

- Cette queue est plus petite que sur un saumon sauvage.
Et la peau ne couvre pas les branchies.
Ce n'est pas normal.

- Le plus grave se trouve à l'intérieur du poisson.

- Regardez ça !
C'est du poisson frais et sa chair se brise quand on tire.
Ce n'est pas normal.
Cette chair devrait être plus élastique.
Ce poisson ne devrait pas être consommé.
Un saumon sauvage contient 5 à 7% de gras.
Celui-ci, de 15 à 34%. Comme les produits chimiques se stockent dans le gras, ça fait de ce poisson la nourriture la plus toxique du monde.- Plus grave, la chair des poissons d'élevage fixe les résidus chimiques. Cet autre homme travaille pour l'université de Bergen, en Norvège.
Il a mesuré la concentration des produits toxiques dans différents produits alimentaires.
 Les résultats sont édifiants.

- Il y a différentes couleurs qui représentent différents polluants.
Vous avez différents produits alimentaires.
Pommes de hamburgers et saumon d'élevage.

- C'est incroyable. Le poisson d'élevage a des concentrations élevées par rapport aux autres produits.

- On voit que le saumon d'élevage contient beaucoup plus de polluants que les que les autres produits.

- Des poissons d'élevage cinq fois plus toxiques que tous les autres produits de nos supermarchés.
Pour Jérôme Ruzzin, la conclusion est évidente.
Vous continuez à manger du poisson d'élevage ?

- Non.
Il faut éviter d'être exposé à ces polluants, de les ingérer et d'y être exposé.

- Car il a aussi évalué les effets de polluants sur des rats de laboratoire

- C'était un groupe contrôle.
On donnait une nourriture standard.
C'est un groupe avec la même nourriture, mais on y a inclus le saumon d'élevage.

- Pour ce groupe nourri au saumon, il a obtenu un résultat inquiétant.

- On voit le tissu adipeux.
Si on voit ce qu'il se passe avec le saumon d'élevage, c'est impressionnant.

- Manger du poisson d'élevage les a rendus obèses et diabétiques.

- S'ils sont exposés à différents polluants, certains d'entre eux vont faire en sorte que ces organismes accumulent plus de gras.
C'est pour ça qu'une théorie dit que l'obésité serait une conséquence de tous ces polluants qu'on a dans l'environnement.

- Jérôme Ruzzin va faire une autre révélation.
D'après ses recherches, ce qui intoxique le plus la chair des saumons, ce ne sont pas les pesticides utilisés dans les élevages.
Mais ces croquettes avec lesquelles sont nourris les poissons.

- Ces polluants viennent de la nourriture qu'on donne aux saumons.

- Qu'est-ce que c'est?

- Il y a des dioxines, des PCB, de la dieldrine.

- Pourquoi en trouve-t-on dans les croquettes ?

- Il faut demander à ceux qui font la nourriture pour les poissons.
L'effet peut être très dangereux.

- De simples croquettes qui seraient plus dangereuses que les pesticides et les antibiotiques.
Comment sont-elles fabriquées ?
Pourquoi sont-elles si toxiques ?
A l'ouest du Danemark, les bateaux de pêche ne ravitaillent pas les supermarchés.
Mais ces usines d'aliments pour poissons.
Cet homme est le contremaître de l'usine.
Sa spécialité, la voici.

- Voilà notre produit.
Des croquettes.

- Ils les fabriquent avec de la chair de poissons fraîchement péchés.
Ce jour-là, une cargaison d'anguilles de sable.
Il les aspire directement dans les cales des bateaux par des tuyaux qui les acheminent aux ateliers de transformation.

- Pourquoi utilisez-vous ces anguilles pour les croquettes ?

- Parce que c'est un poisson gras.
Il contient des protéines et beaucoup d'huile.

- Ce qui les intéresse, ce sont les poissons gras.
Dans son usine, 20% proviennent de la mer Baltique.
C'est là que le problème commence.
La Baltique est l'une des mers les plus polluées du monde.
Certaines espèces qu'on y pêche sont devenues toxiques, contaminant les croquettes mais aussi la chaîne alimentaire.
En Suède, j'ai rendez-vous avec un militant pour l'association Greenpeace.
Il me mène à des poissons pêchés dans la région.

- Je voudrais des harengs et du saumon.

- Avant de nous les vendre, la poissonnière va tenir un discours impressionnant.
Elle va nous mettre en garde contre sa propre marchandise.

- C'est du hareng de la Baltique.
Faites attention. Ici, les gens savent qu'il ne faut pas trop en manger.
Une fois par semaine, grand grand maximum.
Pareil pour les anguilles.
Les femmes enceintes ne doivent manger aucun poisson de la Baltique.

- Si elle tient ce discours, c'est grâce au travail de Jan Nielsen et du gouvernement suédois qui ont lancé des alertes sanitaires contre les poissons de la Baltique.

- Ils contiennent une grande concentration de dioxines.
C'est l'un des poisons les plus violents que nous connaissons.
Même des niveaux très bas de dioxines peuvent avoir un effet sur votre système hormonal ou provoquer des cancers.

- Pour trouver l'origine de cette pollution, pas besoin de chercher très loin.
Il suffit de faire une heure de route en dehors de Stockholm jusqu'à cette usine chimique.
Elle transforme les arbres des forêts suédoises en papier.

- Historiquement, les papeteries suédoises sont à l'origine de la pollution à la dioxine.
Il y en a ici de fortes concentrations.

- La chimie suédoise n'est pas le seul pollueur.
Autour de la mer Baltique, neuf pays très industrialisés déversent leurs résidus chimiques, comme l'Allemagne et la Russie.
Une mer presque fermée dont les eaux ne se renouvellent qu'au bout de 30 ans.
Les produits chimiques s'y concentrent et aboutissent dans la chair des poissons.

- Les polluants se fixent dans les parties grasses.
C'est pourquoi le saumon et le hareng sont intoxiqués par ces polluants.
Leur chair est très grasse.
Cela leur donne un très bon goût, mais en même temps, ils nous exposent encore plus à ces polluants.

- Ces produits chimiques remontent ensuite la chaîne alimentaire.
Plus un poisson est gras, plus il fixe dans sa chair les polluants.
Certains, comme les pesticides ou les PCB, ne s'éliminent jamais.
On les appelle les polluants organiques persistants.
En remontant la chaîne alimentaire, ils se concentrent de plus en plus dans les parties grasses.
En bout de chaîne, un kilo de thon ou de saumon est donc beaucoup plus toxique qu'un kilo de petits poissons.
C'est ainsi que certains poissons gras de la Baltique sont devenus impropres à la consommation.
Ils sont de moins en moins présents dans les assiettes des consommateurs.
Du coup, ils se retrouvent massivement sur le marché des croquettes pour poissons.
C'est là que l'intoxication s'accélère.
Retour dans l'usine de croquettes.
Pour transformer les poissons gras, on les cuit dans un grand four.
On obtient des produits très différents.
Cette poudre de protéines et cette huile de poisson.
Ces deux ingrédients permettent la fabrication du produit fini.
Ils vont contribuer à la contamination des croquettes.
Cette huile, tout d'abord.
En concentrant les parties grasses, elle accélère l'accumulation des polluants.
C'est pourquoi les poissons d'élevage y sont plus exposés que les poissons sauvages. Les poudres de protéines posent un autre problème.
Plus grave encore.
C'est au bout de l'usine que je l'ai découvert, dans ce bac de produits chimiques.

- L'antioxydant rentre dans la poudre de protéines.
C'est de l'éthoxyquine.

- Un produit que cet homme utilise abondamment, mais dont il ne sait rien.

- Ça sert à quoi ?

- Je ne sais pas ce que c'est.
 Je sais juste que je dois en mettre.

- A quoi sert ce mystérieux produit chimique ?
Fait-il courir un danger aux consommateurs ?
Voici l'histoire d'un des secrets les mieux gardés de l'industrie agroalimentaire.
A première vue, ce produit toxique n'a rien à faire dans une usine d'aliments.
Le produit a été enregistrée en 1959 par Monsanto, le géant américain de la chimie, dans la par Monsanto, le géant américain de la chimie, dans la catégorie des pesticides.
Il servait à traiter le caoutchouc et les fruits et légumes.
Son usage est encadré et limité.
Que fait-il dans des aliments pour poissons ?
La réponse se trouve en Suisse, à Genève, dans ce laboratoire de la répression des fraudes.
Il y a 2 ans, Patrick et Didier ont trouvé ce pesticide dans la chair de poissons d'élevage dans des concentrations très élevées.
Bien au-dessus des 50 microgrammes par kilo autorisés dans les aliments.

- La valeur de référence, c'est 50.
On a mesuré dans le poisson jusqu'à 10 à 20 fois plus que cette norme.
On a des concentrations comprises de 500, voire 1.000 microgrammes par kilo.

- C'est beaucoup plus que la norme.

- Dans les poissons sauvages, il n'y en a pas.
C'est logique car ils ne se nourrissent pas de poisson.

- Avant eux, personne n'avait pensé à chercher des toxiques dans le poisson.
Le produit est censé protéger les fruits et légumes.
Les fabricants de farine et d'huile ont depuis trouvé un autre usage.
Le problème, c'est que les fabricants de croquettes n'ont pas prévenu les autorités sanitaires de ce changement de situation.
Résultat : le taux de ce pesticide est encadré dans les fruits et légumes et même dans les viandes.
Mais rien concernant les poissons.

- Il y a une norme pour les bœufs et les poulets et pas pour les poissons.

- Patrick Edder a fait une découverte plus étonnante encore.
Les effets de ce pesticide sur la santé humaine n'ont jamais été évalués par l'EFSA.
{Ndr : Autorité Européenne de Sécurité des Aliments}

- Il manque beaucoup de choses.
La toxicité à long terme et les aspects liés au cancer n'ont pas été étudiés.
Aucune étude valide n'a été soumise.
Nous n'avons rien étudié par rapport au développement du fœtus.
A l'arrivée, l'EFSA ne peut pas donner d'avis car elle ne peut pas calculer.
Elle n'a pas de données suffisantes.

- Une seule étude sérieuse a été évaluée.
 Elle émane d'une chercheuse norvégienne.

- On a juste trouvé une thèse en Norvège.

- Je décide de retrouver la trace de la chercheuse.
Elle a soutenu sa thèse à Bergen, à l'ouest de la Norvège dans cet institut de recherche, le Nifes.
Depuis, elle y a perdu son travail.
Je la retrouve.
En travaillant sur ce pesticide, elle a découvert que personne, pas même le fabricant Monsanto, n'avait la moindre idée des effets de ce produit sur la santé humaine.

- Personne ne s'est demandé si c'était un produit sans risque.
Tout ce qui entre dans nos aliments devrait être contrôlé.

- Après plusieurs années de travail, elle a suscité des découvertes majeures sur ce produit.
Plus inquiétantes les unes que les que les autres.

- J'ai découvert que les toxiques avaient le pouvoir de traverser la barrière hémato-encéphalique du cerveau.
Cette barrière a une fonction très importante.
Elle sert à protéger physiquement notre cerveau contre les substances toxiques.

- Les toxiques ne rentrent quand même dans le cerveau ?
C'est dangereux ?

- Oui. Cette découverte devrait être publiée aussi vite que possible.

- Selon elle, pas de contamination du cerveau, mais de probables effets cancérigènes.
Depuis plusieurs années, Victoria n'a pas publié un seul de ses résultats dans une revue scientifique.-
Qu'est-ce qui vous empêche de publier ces résultats ?

- Je ne fais plus partie de l'institut.
J'ai perdu mon statut de chercheur.
Je n'ai pas le droit de publier mes recherches scientifiques.

- A la fin de sa thèse, et malgré ses nombreuses découvertes, Victoria a quitté l'institut de recherche.
Officiellement, de son plein gré.
Je ne vais pas tarder à découvrir que la réalité est différente.

- J'ai décidé que je ne voulais plus m'intéresser à cette question.

- Pourquoi ?
Vous avez fait des découvertes importantes.
Vous me dites avoir envie de les publier.

- Si vous détournez votre caméra, on pourra en parler, si vous voulez.

- Hors caméra, elle va affirmer avoir subi des pressions et des tentatives de falsification de certains résultats.
Dans l'espoir de retrouver un poste et de publier un jour ses recherches, elle a préféré ne pas dénoncer ces pratiques dans les médias.
D'autres en revanche l'ont fait avant elle.
Elle n'est pas la première à avoir été poussée vers la sortie.
En 2006, cette femme, Claudette Bethune également chercheuse avait mesuré la présence de substances dangereuses dans le saumon.
Elle avait dénoncé dans un journal norvégien les pressions et les falsifications de la part de sa hiérarchie et du ministère de la pêche.
Il y a 4 ans, des crédits de recherche sur les toxiques ont été coupés par le ministère norvégien de la pêche.
Cette décision pourrait avoir été prise sous la pression de la ministre de la pêche en personne.

- Cette ministre a rédigé les règles sanitaires qui encadrent la profession.
Elle dirige directement tous les organismes de contrôle sanitaire et les instituts de recherche.
Elle utilise son pouvoir pour faire des choses pas recommandables.
Elle oblige les instituts à abaisser les normes pour que les poissons toxiques puissent continuer à se vendre.
Tout ça pour de l'argent.
Avant elle, en Norvège, on n'aurait jamais vendu un poisson dangereux.
Cette ministre est corrompue.

- Pour vérifier ces accusations, je décide de donner la parole à la principale intéressée.
A Bruxelles, j'ai rendez-vous avec la ministre pour cinq minutes d'interview.
Le temps qui me sera imparti va s'avérer beaucoup plus court.

- Les chercheurs voudraient travailler sur les toxiques mais n'ont pas d'argent pour le faire.
Allez-vous rétablir les crédits pour qu'ils puissent travailler ?

- Pardon, je ne sais rien sur le sujet.
Je ne peux pas vous en parler maintenant.

- Nous sommes ici pour parler du salon du poisson et de rien d'autre.

- Assez vite, le chargé de communication va mettre fin à l’interview.

- L'interview est terminée.

- Je n'ai pas posé toutes mes questions.
- La ministre ne souhaite pas s'exprimer sur l'éthoxyquine. 
Elle ignorait tout de cette substance.
Pourtant, si on prend le temps de consulter son CV, disponible sur le site Internet du ministère, on apprend qu'elle a travaillé 4 ans pour le leader mondial de la croquette de poisson.
Juste avant d'être recrutée par la conseillère au ministère de la pêche.
Elle a depuis occupé des dizaines de postes dans l'industrie du saumon et a même dirigé l'un des principaux Iobbys.
Il y aurait encore une autre ligne qui manquerait à ce CV bien rempli.

- Cette femme possède 8% d'une saumonnerie.

- L'accusation est peut-être outrancière mais les faits sont là.
Il m'a suffi d'examiner les registres de cette société.
La ministre en est la principale actionnaire.
La société possède effectivement plus de 10% d'une principale saumonnerie norvégienne.
Plusieurs autres actionnaires sont des membres de la famille de la ministre.
Mon enquête n'est pas encore tout à fait finie.
Il me reste à découvrir comment ces poissons se retrouvent parfois dans nos assiettes sans même que nous le sachions.
Il suffit qu'un industriel décide en toute discrétion de se tromper d'étiquette.
Exactement comme dans Ie scandale de la viande de cheval.
A Boulogne-sur-Mer, principal port de pêche français, certaines entreprises ne se contentent pas de vendre du poisson.
Elles fabriquent aussi un produit inconnu des consommateurs, très utilisé dans les plats cuisinés.
Ce jour-là, un arrivage de cabillauds.
D'un côté, les filets s'entassent et de l'autre, les déchets ne sont pas perdus pour tout le monde.-
Cette femme travaille pour une entreprise spécialisée dans la transformation de déchets de poissons.

- Une fois que l'on a ôté le filet de cabillaud, il reste pas mal de chair que l'on peut utiliser en agroalimentaire, dans des rillettes, par exemple.
On donne une valeur ajoutée à ce qui était considéré comme un déchet il y a quelques années.
C'est devenu une ressource très prisée.

- Très prisée et peu chère. 
Ces restes avec lesquelles sont préparés nos plats cuisinés, ils sont achetés moins de 15 centimes le kilo.
Certains sont chargés dans des conteneurs frigorifiques. 
D'autres partent dans les camions bennes et son acheminés jusqu'à une usine.
Rien ne se perd.
Les peaux de poissons sont d'abord usinées.
Rien ne se perd.
Les peaux de poissons sont d'abord récupérées pour fabriquer des produits cosmétiques.
Quant aux têtes et aux bouts de chair qui restent accrochés aux arêtes, ils sont en partie travaillés dans cet atelier.
Mais à notre arrivée, toutes les machines sont à l'arrêt.
Elles ont pourtant tourné très récemment.
Mais juste avant notre visite, le patron du site a donné l'ordre d'arrêter la production.

- Il a peur que cela choque le consommateur.

- L'image que le patron voulait éviter, nous avons tout de même réussi à la filmer à l’éviter, nous avons tout de même réussi à la filmer à la dérobée dans un autre atelier.
C'est cette pulpeuse en pleine action.
En écrasant les déchets, elle en extrait cette bouillie informe et peu appétissante que l'on appelle la pulpe.
Une fois lavé, voici à quoi ressemble le produit fini.
Celui-ci a été fabriqué avec les restes d'un poisson gras : la truite.

- Que peut-on faire avec cette pulpe ?

- C'est utilisé dans les plats cuisinés et le pet food, l'alimentation des chiens et des chats.

- L'intérêt de ce produit est d'abord son prix.
La pulpeuse se vend autour de 1,30 € le kilo.
Dix fois moins cher que le filet de poisson.
Elle est très prisée des industriels de l'agroalimentaire.
Rien ne les oblige à indiquer sur leurs produits qu'ils contiennent de la pulpe.
Une usine de plats cuisinés dans l'ouest de la France.
Ce matin, les équipes de la Répression des fraudes font une inspection surprise.

- Jean-Michel Emerique est venu inspecter les stocks de cette grande marque d'agroalimentaire et notamment cette brandade de morue dont il veut vérifier la composition.

- Il y a 23% de produits nobles.

- Façon de parler.
La mention "filet de poisson" n'est pas indiquée.
Jean-Michel vérifie que la composition de ce bloc de poisson correspond bien à ce qui est indiqué sur l'étiquette.

- C'est un bloc de chair de poisson.
C'est un produit congelé.
Il est facile de dissimuler un mélange d'espèces en incorporant de la morue et d'autres espèces de poissons que lorsqu'il est présenté en filet.

- Après le scandale de la viande de cheval, le poisson est également dans le collimateur de la Répression des fraudes.
Les échantillons prélevés sont transmis pour des analyses ADN au laboratoire national d'analyses de 
Marseille.
Identifier des poissons et une procédure longue et complexe.
Selon une récente étude américaine, une étiquette de poisson sur 3 serait mensongère.
Et c'est le cas de notre échantillon.

- Il y a plusieurs choses dedans.
Ça, c'est une bande qui est celle de la morue du Pacifique.
Et ça, ce sont 3 bandes qui sont celles du colin d'Alaska.

- Ils ne l'ont pas annoncé.

- Ce n'est pas légal ?

- C'est une anomalie.
Il faut que le professionnel explique l'origine possible de ce colin d'Alaska dans cette matière première.
Il ne faut pas exclure l'origine accidentelle.
Le colin d'Alaska est moins cher que la morue du Pacifique.
Ça pourrait être une fraude.
Il y a un autre type de fraude qui est de faire passer un poisson d'élevage pour du poisson sauvage.-
Dans la pulpe, les substitutions d'espèces sont plus fréquentes et posent un problème de traçabilité.
Toute la filière poisson peut être concernée par des problèmes de sécurité sanitaire aujourd'hui.
A tel point que certains professionnels de la santé sont en train de changer le poisson.
Cet homme est cancérologue.
Ce jour-là, il anime un atelier d'information sur les causes du cancer pour ces femmes atteintes de la maladie.

- Notre objectif est de prendre des mesures qui vont permettre d'éviter la récidive.

- Parmi les multiples causes qui peuvent favoriser le cancer, le poisson est devenu l'une de ses préoccupations.

- Mangez peu de gros poissons comme le saumon et le thon.
Mangez des petits poissons riches en oméga 3 si possible.

- Le poisson peut être problématique pour la santé ?

- Oui.
Avant, le poisson était riche en oméga-3 et en vitamine D.
On donnait une cuillère d'huile de foie de morue pour une bonne raison.
Mais maintenant, c'est du poisson avec des pesticides et du mercure.
Si c'est du poisson de Finlande, il reste de la radioactivité de Tchernobyl.
Il y a du PCB et des dioxynes.
Le message doit être différent.

- Pendant 30 ans, les autorités sanitaires françaises ont encouragé sans limite la consommation de poisson.
Cet été, elles ont revu à la baisse leurs recommandations.
Pas plus de 2 portions de poisson par semaine.
Une manière d'anticiper ce qui pourrait devenir notre prochain scandale alimentaire.

GUILAINE CHENU : Bonsoir.
Vous avez travaillé 5 mois sur cette enquête.
L'avis sanitaire préconise de ne pas manger plus de deux fois par semaine du poisson.
Mais il y a autre chose.

- Pendant longtemps, on nous a recommandé d'en manger le plus souvent possible.
Et c'est vrai car le poisson est riche en oméga-3 qui est un nutriment bon pour le cerveau et la prévention des maladies cardio-vasculaires.
C'étaient de bonnes recommandations.
Mais le problème est qu'il y a autre chose dans le poisson : des PCB, des métaux lourds, des pesticides.
Le seuil au-delà duquel les risques dépassent les bénéfices, c'est 2 fois par semaine.
C'est le cas des poissons gras qui accumulent plus de produits chimiques.
Dans ce cas, pas plus d'une fois par semaine.
Il y a aussi les femmes enceintes, les enfants de moins de 3 ans et certains poissons ne doivent pas être consommés plus d'une fois par mois.
On peut continuer à manger du poisson.
Mais il y a quelques règles à connaître pour éviter d'ingérer ces substances toxiques.
Il faut éviter les poissons gras car ils accumulent le plus de substances toxiques.
Evitez les trop gros poissons.
Ils sont en bout de chaîne alimentaire et ils accumulent les produits toxiques.
Il faut se renseigner sur l'origine du poisson.
Pêche ou élevage, déjà. S'il provient de la pêche, se renseigner sur la zone de pêche.
Si c'est la Baltique, méfiance.

GUILAINE CHENU : De quand date le développement de cette industrie du poisson ?

- Du début des années 70. A l'époque, on élevait aussi en batterie des poulets, des bovins et du cochon.
La filière du poisson connaît les excès de l'agroalimentaire.

 GUILAINE CHENU : Vous parlez aussi du danger génétique qui est plus pernicieux.
A-t-on une idée de ce que cela peut donner dans quelques années ?

- Un poisson d'élevage n'a pas le même patrimoine génétique qu'un saumon sauvage.
Il peut s'échapper de cet élevage et se reproduire avec le poisson sauvage et détériorer les gènes du poisson sauvage.
Et étendre certaines espèces.
Ça va aller plus loin.
Une entreprise américaine a mis au point un saumon génétiquement modifié qui est quatre fois plus gros qu'un saumon sauvage et qui grandit plus vite.
Ils lui ont rajouté un gène qui lui fait secréter une hormone de croissance.
L'autorité sanitaire américaine a rendu un avis positif pour la mise en marché de ce produit.

GUILAINE CHENU : Comment s'appelle ce poisson ?

- Frankenfish.

GUILAINE CHENU : C'est très clair.

¤


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COMMENTAIRES SUR LE SITE FRANCE 2 :

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PRÉSENTATION DE CE DOSSIER SUR FACEBOOK :

Ce dossier est présenté sur Facebook au lien : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10151985224659932.1073741850.565994931&type=3

 

L'ÉMISSION SUR INTERNET

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Poisson : élevage en eau trouble – Extrait 1 - http://www.youtube.com/watch?v=kaqA57IlPOU (1’03)

Poisson : élevage en eau trouble  - Extrait 2  - http://www.youtube.com/watch?v=Ea6B6vtLwuU (1’20) ou
https://www.facebook.com/photo.php?v=617732701611433&set=vb.181507605233947&type=2&theater (vidéo extrait 2 : 1’21)

Poisson : élevage en eau trouble – Extrait 3 : http://www.youtube.com/watch?v=-Y9G9iiz9C8 (0’55)

Poisson : élevage en eau trouble – Extrait 4 : http://www.youtube.com/watch?v=xwXSmX_mOTk (1’16) ou
https://www.facebook.com/photo.php?v=617798588271511&set=vb.181507605233947&type=2&theater (vidéo extrait 4 : 1’16)

FILM COMPLET : sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=93gqBn6RzkQ (59’38)
ou sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x171a0t_envoye-special-poissons-d-elevage-un-business-en-eaux-troubles_news (59’34) et d’autres liens avec Google.

 

Ce dossier est présenté sur internet au lien : http://www.conscience33.fr/tv_sante.html


REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/362192/1/envoye-special.html?q=saumon

 


INFORMATION COMPLÉMENTAIRE :

Sur le site "Terre-net" une information de l'ANSES : "Deux portions de poisson par semaine pas plus, dit l'Anses"
parue le 5 juillet 2013 au lien : http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/france-local/article/deux-portions-de-poisson-par-semaine-pas-plus-dit-l-anses-203-91246.html

Deux portions de poisson par semaine pas plus, dit l'Anses


EN RÉPONSE : PÉTITION SUR CHANGE pour signer cliquez ici

Pétition de Eric Delannoy, Paris adressée à Marisol Touraine :

"Saumon de Norvège : les consommateurs français veulent la vérité et être protégés"
au lien http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/saumon-de-norv%C3%A8ge-les-consommateurs-fran%C3%A7ais-veulent-la-v%C3%A9rit%C3%A9-et-%C3%AAtre-prot%C3%A9g%C3%A9s

Dans une enquête diffusée jeudi 7 novembre dans l'émission "Envoyé spécial" sur France 2, on s'entend dire une fois de plus ce qu'on nous répète depuis un bon moment : les saumons d'élevage de Norvège sont bourrés de substances toxiques. Des produits chimiques utilisés dans leur nourriture et dans les substances avec lesquelles on les asperge.

Arsenic, cadmium, plomb, dioxines, PCB, Diflubenzuron, ethoxyquine, voilà ce que contiennent nos saumons en provenance de Norvège, dans des proportions au-dessus des seuils de danger quelquefois. Mais même en-dessous des limites recommandées, peut-on croire que ce cocktail ne soit pas énormément nocif pour notre santé?

La France qui consomme environ 15% de la production du pays nordique est le plus gros importateur de saumon norvégien, et l'essentiel du saumon que nous consommons (dont 30% pendant les fêtes de fin d'année) vient des fjords de ce pays. Un marché multiplié par trois en vingt ans, qui pèse plus de 400 millions annuels. 

La Norvège de son coté ne cesse de se justifier auprès de ses pays-clients et qui lui demandent des comptes. En réaction au reportage d'Envoyé Spécial le lobby des éleveurs de saumons (regroupé au sein du Centre des Produits de la Mer de Norvège) a immédiatement diffusé un communiqué sur son site. On y apprend qu'en gros il n'y a pas de problème de santé publique.

Le gros souci quand même est qu'aucune expertise indépendante n'existe en Norvège.

Qui dit vrai alors ? Envoyé Spécial, ou la Norvège?

Moi, en tant que consommateur, je demande à savoir, et être protégé.

Savoir exactement ce que mon saumon acheté en barquette à mon supermarché chaque semaine contient.

Savoir si je peux vraiment manger mes 125g de saumon norvégien, 1 fois par semaine, 52 fois par an, 500 fois sur 10 ans, sans courir des risques.

Connaître précisément le contenu toxique de mon saumon, et les teneurs, et les conséquences de sa consommation sur ma santé.

Avoir des recommandations claires, sérieuses, basées sur des tests indépendants.

Je suis un citoyen de ce pays qui souhaite vivre en conscience, en particulier je veux si possible continuer à manger du saumon régulièrement mais je ne veux pas mourir à feux doux sans savoir ce que je mange, et j'interpelle donc solennellement M. Stéphane Le Foll, Ministre de l'Agriculture et Agroalimentaire, et Mme Marisol Touraine, Ministre de la Santé, pour qu'ils se saisissent du sujet, et nous disent la vérité et nous protègent.

1ers clients de la Norvège pour son saumon, nos voix comptent en cette veille des fêtes de fin d’année. Signez et diffusez ma pétition, d'avance merci!

 

Pétition adressée à : 
Marisol Touraine, ministre de la Santé 
Stéphane Le Foll, Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire 
Jérôme Salomon, Conseiller chargé de la sécurité alimentaire 
Guillaume Garot, Ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire 
Bruno Ferreira, Conseiller technique chargé des questions de sécurité sanitaire et de l'alimentation 
Service de presse, Ministère de l'Agriculture 
Laurentino Lavezzi, Conseiller chargé de la consommation et de la protection des consommateurs 


Moi, consommateur de saumon de Norvège, je demande la vérité sur son contenu toxique.
Je vous demande de mettre en place des normes et des procédures de contrôle supplémentaires, pour notre santé.

Cordialement, 
[Votre nom]

au 27.11.2013 : 66 092 personnes ont signé...

 

"La sécurité alimentaire"

Dimanche 3 novembre 2013 - France 5 à 20h35 La sécurité alimentaire

NOUVELLES DIFFUSIONS DE L'ÉMISSION :
Dimanche 10 novembre à 16h08
Jeudi 21 novembre à 16h35

"La sécurité alimentaire"

Photo

 

 

L'émission en vidéo sur Dailymotion, revoir l’émission :

http://www.dailymotion.com/video/x16rz2x_la-securite-alimentaire_webcam (52’25)


La sécurité alimentaire par tchels0o 

 

PRÉSENTATION SUR LE BLOG DE "SAINE ATTITUDE" :

A voir en replay (lien ici) :
Un Doc du dimanche consacré à la sécurité alimentaire
Où vous apprendrez que quand vous achetez du concentré de tomate Le Cabanon, vous financez l'armée chinoise,
ou que si vous achetez du miel bon marché en grande surface, vous pouvez tomber sur un miel de synthèse fabriqué en Chine,
ou que les industriel chinois n'hésitent pas à vendre du rat pour du mouton.

Bref, qu'en attendant une loi obligeant les industriels de l'agroalimentaire d'indiquer la provenance des ingrédients composant leurs produits transformés,
vous feriez mieux pour votre sécurité de ne pas en acheter.
 
http://saineattitude.over-blog.com/2013/11/s%C3%A9curit%C3%A9-alimentaire.html

 


RÉSUMÉ :

Chaque jour, des produits de consommation courante sont retirés en urgence des rayons par les autorités sanitaires, qui les jugent suspects ou dangereux à la consommation.
Des alertes sont lancées quotidiennement à l'échelle européenne.
Et les aliments bio ne sont pas épargnés par ces scandales, comme l'a montré l'affaire des graines germées en Allemagne, contaminées par l'escherichia coli.
En cause bien souvent, l'importation de composants produits dans des pays où les contrôles s'avèrent difficiles, et où les normes européennes ne s'appliquent pas, comme en Chine.
Enquête sur les filières d'approvisionnement de l'industrie agroalimentaire, en compagnie d'experts qui veillent à la sécurité des consommateurs, surpris de trouver du colorant industriel dans certains antibiotiques et des salmonelles dans la charcuterie.

 

Film réalisée par Elsa MARGOUT

Journalistes :
Miyuki DROZ ARAMAKI
Loraine CANAYER
Jié XIONG

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

"La sécurité alimentaire", une enquête d'Elsa Margout.

-Votre cuisine.
Un univers familier peuplé de bonnes odeurs et de bons produits.
Du moins, c'est ce que vous croyez.
Mais vos cacahuètes, savez-vous vraiment ce qu'elles contiennent ?
Et votre saucisson ?
Est-il aussi inoffensif qu'il en a l'air ?
Quant à ce brave maquereau, il risque de vous envoyer à l'hôpital.
Vous êtes sûr de votre salade, mais votre saladier, vos couverts en plastique ?
Vous avez bien quelques doutes sur vos lasagnes, mais vous ignorez d'où viennent vos asperges, votre sauce tomate, votre miel ou les fraises de vos yaourts.
Que savons-nous vraiment de nos aliments ?
Nous avons remonté de la France jusqu'à l'autre bout du monde, en Chine.
Ces experts qui veillent sur notre alimentation.
Faut-il avoir peur de ce que nous mangeons ?
L'insécurité règne-t-elle sur nos assiettes ?
Tous les jours, partout en France, notre alimentation est surveillée comme le lait sur le feu. –
C'est parti.

Bonjour.
 J.-M. Emerique, directeur de la Protection des populations.
Je suis accompagné de deux inspecteurs.
On vient contrôler tout ce qui est hygiène, température, provenance des produits.

-Ces inspecteurs ont une noble mission : garantir la santé du consommateur.

-On regarde la température en surface.
Là, il y a 3 degrés.
C'est parfait.
Pour les températures supérieures, on va vérifier au cœur du produit.

-Les contrôleurs vont passer au crible les étals de ce marché.
Pas une crevette ne passera entre les mailles du filet.

-13,5 degrés, 13,6 degrés. Là, ce n’est pas bien.
Plus la température est élevée, plus la bactérie se multiplie vite.
Donc, le produit, une fois consommé, peut provoquer des troubles gastriques ou de fortes migraines, et il y a un vrai risque pour la santé.

-Les crevettes finissent au panier.

-Mettre ça à la poubelle, alors que vous avez 2 kg de marchandise...
Au prix où c'est, la jeter, je ne suis pas d'accord. Donc, moi, je vais la consommer.

-Les inspecteurs ne s'arrêtent pas aux petits commerces.
80 % de notre alimentation vient des supermarchés.
Ils sont donc régulièrement inspectés.
Pour celui-ci, c'est même la 3ème fois cette année.

-14, derrière. Donc...

-Celui-là, il faudra le contrôler.

-On va le contrôler.

-Il n'y a pas que les petits commerçants qui ont des problèmes avec la température.

-Les sardines, là, c'est clair.

-Ici aussi, 9kg de sardines terminent dans la benne à ordures.
On ne plaisante plus avec la sécurité de nos assiettes.
L'Etat n'est pas le seul à les contrôler.
Pour que le consommateur consomme, il doit avoir confiance.
Les industriels et les grandes surfaces ont donc intérêt à vérifier leurs produits.
Nous partons pour Merville, près de Lille, dans un grand laboratoire de biologie moléculaire.
Chaque matin, 3 000 échantillons arrivent ici, envoyés par les grandes surfaces, les usines ou les chaînes de restaurants.

-Ceci a été prélevé par nos inspecteurs hier, dans différents restaurants ou supermarchés, à travers la France.
C'est des produits variés.
On a une salade de tomates, de la viande destinée à la cuisson, une salade composée et puis le fromage et le dessert, la tarte aux fraises.
Il y a tout le menu !

-Le directeur scientifique du labo va passer cette tarte aux fraises à la moulinette.
Ce qu'il traque: un cocktail bien peu appétissant de bactéries et de virus.

-On a ici un assortiment de différentes bactéries.
Soit des staphylocoques, soit des Escherichia coli.
Un isolement de salmonelle ou un isolement de listeria.

-Ces bactéries sont responsables des intoxications alimentaires et des épidémies les plus courantes, comme la listériose ou la salmonellose, des maladies potentiellement mortelles.

-Notre analyse... de notre tarte aux fraises se prolonge.
On a isolé sur notre boîte des colonies suspectes pour salmonelle.

-En cas de problèmes, c'est une véritable course contre la montre qui s'engage.

-En cas de présence, il faut alerter le client, pour qu'il réagisse aussitôt.

-Il faut retirer le produit infecté des rayons.
Chaque jour, des produits font l'objet d'un rappel, car ils présentent un danger pour la santé.
La liste se trouve sur Internet.
Il y a des plats cuisinés, des desserts, de la charcuterie, comme ce saucisson d'une marque distributeur retiré pour cause de salmonelle.
Des fromages au lait cru rappelés pour cause de listeria ou cette purée pour enfants qui contiendrait des morceaux de métal.
Des infos précieuses pour le consommateur.
Mais aucune grande surface n'a voulu répondre à nos questions.
Sur leur site, difficile de trouver des informations.
Rien ne les oblige à publier la liste des produits rappelés.
Si Carrefour la met en ligne, sur le site d'Auchan, il faut aller tout en bas de la page, là où c'est écrit en tout petit et à l'avant-dernière ligne.
Quant à Leclerc, Casino ou Intermarché, si l'information est sur leur site, elle est bien cachée.
Car malgré les promesses, nous n'avons rien trouvé.
On a fait un test avec 2 produits.
Du thon à la tomate et aux pennes contenant en fait du couscous aux merguez et des salades portant une mauvaise date de péremption.
Un consommateur non averti risque de les manger périmés d'un mois.
En caméra cachée, nous nous rendons dans ces enseignes.
Les produits ont bien disparu des rayons, mais les clients qui les ont achetés risquent de ne jamais savoir qu'il y a un problème.

-Bonjour.

-Dans ce magasin, pas d'affiches, aucune information visible sur le produit.
L'hôtesse, à l'accueil, ne semble pas très au courant.

-J'ai rien. "Salade"... Ah oui !

-"Mauvaise date limite de consommation. "Ça veut dire quoi?

 

-Ben, ils ont mis une mauvaise date.

-On n'en saura pas plus.
En rayon, une affichette indique le problème de date sur les salades.
Mais elle est discrète et ne comporte aucune photo du produit.
Dans ce 2ème magasin, aucun rappel de produit affiché à l'accueil.
Il faut consulter le livre, à l'autre bout du comptoir.

-Si on ne regarde pas dans le livre, on peut pas savoir ?

-C'est ça, le problème. Moi, je ne regarde jamais.

-C'est dans tous les magasins comme ça ?
Y a jamais d'affiches à côté du produit ?

-Non.

-C'est jamais dans les rayons ?

-D'accord.

-Dans ce 3ème magasin, on n'a pas plus entendu parler du thon qui fait l'objet d'un rappel.

-As-tu un produit pennes tomates que les clients doivent ramener parce qu'il y a un problème dessus ?
Parce que je n'ai pas de note, à l'accueil.
C'était affiché, mais quelqu'un a retiré le papier parce qu'il a été déchiré.

-C'est quoi, le souci ?

-Ça devait être du thon, ils ont mis des merguez à la place.

-J'achète des pennes à la tomate et dedans, il y a des merguez ?

-C'est le coup de la viande... On achète du bœuf et on se retrouve avec du cheval.

-Aïe aïe !

-Pour une information destinée au public, les rappels de produits sont plutôt discrets.
Trop de mauvaise publicité.
Malgré cette surveillance, les crises sanitaires se multiplient.
Rappelez-vous.

-Voici une vache folle atteinte d'encéphalopathie spongiforme.

-En 1996, la vache folle, un scandale qui fera 214 morts en Europe, dont 23 en France.
3 ans plus tard, c'est la dioxine qui s'invite dans le poulet, puis les œufs et la mozzarella.
Le bio n'est pas épargné.
En 2011, des graines germées bio sont contaminées par Escherichia coli. 30 morts en
Allemagne et des tonnes de légumes détruits par erreur.
En 2012, cette bactérie touche des steaks hachés et fait une quarantaine de victimes dans plusieurs pays d'Europe.

-Tout est parti de ces fermes roumaines.

-Jusqu'au scandale de la viande de cheval révélé en février 2013.  

-Cette viande était achetée en Roumanie pour le compte de la société française Spanghero, qui fournit Findus, mais aussi Picard, Carrefour ou Auchan.

-Sans danger pour la santé, la fraude a révélé une cascade d'intermédiaires dans la filière des plats préparés à base de viande.
Toutes ces crises touchent plusieurs pays à la fois.
Car notre alimentation est aujourd'hui mondialisée.
Dans nos plats préparés, les légumes ou la viande viennent parfois du bout du monde.
Mais nous n'en savons jamais rien.
Les industriels gardent sur la provenance des ingrédients un étrange silence.
Nous avons suivi la piste d'un produit en apparence bien de chez nous, la tomate.
Nous sommes dans la vallée de Tarascon, près d'Avignon.
D'août à début octobre, la récolte bat son plein.
Ici, depuis des générations, les producteurs locaux cultivent la tomate de Provence.

-Venez là, venez là.

-C'est la vraie tomate de Provence.

-Croquez. J'en ai déjà mangé deux.

-Nous, tous les jours, on mange ça, à la maison.

-Ça, c'est tout le soleil de la Provence, qu'on retrouve dans les plats.

-Cette variété-là, vous ne la trouverez pas sur les marchés, mais dans vos plats cuisinés.

-Sa vocation unique est la transformation industrielle : faire du jus, de la sauce ou du concentré à destination des industries agroalimentaires françaises ou étrangères, pour les plats cuisinés.

-La tomate destinée à la transformation, ça représente 200 à 250 000 t.
La consommation française de tomate concentrée représente 1 million de tonnes : nous produisons 20-25 % de la consommation française.
 
-Le reste de la consommation des Français ?

-Ça provient d'importations d'Italie, d'Espagne, de Chine, essentiellement.

-Pour trouver de la tomate chinoise, inutile d'aller loin.
A quelques kilomètres, voici l'usine du Cabanon, avec un nom qui sent bon le soleil : "Conserves de Provence".
Une des plus grosses usines de sauce tomate de la région.
Dans ces fûts, des litres de sauce qui seront vendus en France, sous la marque Le Cabanon.
Malgré leur nom, ces tomates-là ne viennent pas de Provence, mais de beaucoup plus loin.
Du Xinjiang, en Chine.
Premier producteur agricole mondial, la Chine est devenue le garde-manger de la planète.
Et le premier fournisseur de l'Union européenne.
Bienvenue en pays ouïghour, une région totalement dédiée à la culture de la tomate.
Sur les routes, de longues files de camions chargés de tomates à destination des usines Chalkis, un groupe chinois qui a racheté l'usine provençale du Cabanon en 2004.
Devant l'entrée de l'usine, les chauffeurs font le pied de grue.

-Quand allez-vous entrer?

-Pas avant demain matin.

-Demain matin ?

-Midi, même.

-Le long des files de camions, le jus de tomate dégouline sur la route.
Une odeur de pourriture imprègne l'air.

-Ça fait longtemps qu'on attend.

-Combien de temps ?

-Ça fait 25 heures que les tomates sont dans le camion.
C'est pour ça que ça pue autant. Klaxon.

-Yu Cheng est employé chez Chalkis depuis 10 ans.

-Salut les gars, ça va ?

-Ben tu vois, on poireaute.
Bien sagement.
On respecte les demandes de Chalkis.

-Si toutes les usines du Xinjiang se mettaient à tourner à seulement 70 % de leur capacité réelle, on pourrait répondre à la demande mondiale de concentré de tomate pendant 3 ans.

–Les autorités ont encouragé ce marché ?

-Oui, bien sûr, les autorités l'encouragent.
Surtout que l'entreprise Chalkis appartient à l'armée.
C'est l'armée qui gère la plupart des champs de tomates de la région.

-Le groupe Chalkis n'a pas souhaité nous recevoir.
Il y a 15 ans, pas une tomate ne poussait ici.
Le gouvernement a encouragé cette culture pour faire venir des paysans chinois dans cette région peuplée de la minorité ouïghour.
Aujourd'hui, le concentré de tomate du Xinjiang se retrouve sur les pizzas de toute la planète.
Et il fait vivre toute la région.
Comme Zhang Zibin, le propriétaire de ce champ.

-Nous, on ne mange pas des tomates.
On n'aime pas trop ça.
C'est pour ça qu'ils vendent les concentrés à l'étranger.
Peu de gens les consomment, ici.

-Mais traiter avec l'armée, ce n'est pas toujours une bonne affaire.

-On n'a jamais de contrats avec Chalkis.
Ils nous font toujours de belles promesses.
Et quand les récoltes arrivent, ils nous font attendre avec nos camions pendant 3 ou 4 jours.

-On a même laissé des champs entiers pourrir.

-Vous y avez laissé beaucoup d'argent ?

-Oui. C'est toujours nous qui payons.
Chalkis, ça ne leur fait même pas mal.
Nous, les petits producteurs, on en bave.

-Pourquoi Chalkis, l'un des leaders mondiaux du concentré de tomates, a-t-il racheté l'usine française du Cabanon ?
Pour pouvoir vendre en Europe sans l'étiquette chinoise, qui fait peur aux consommateurs.

-Inutile d'être provençal pour bien parler de Belles tomates.
Ecoutez. Cigales.

-Cette publicité qui date de 10 ans avant le rachat semble étrangement visionnaire.

-Belles tomates, c'est la purée de tomates fraîches gorgées de soleil préparée par Le Cabanon.

-Peuchère.

-Aujourd'hui, la sauce arrive directement de Chine dans ces fûts.
Ne reste plus qu'à mettre une étiquette bien française sur une sauce chinoise.
Nous consommons donc des produits venus du bout du monde, sans même le savoir.
De nombreux légumes viennent quasiment exclusivement de
Chine.
Comme par exemple les asperges. Nous sommes dans le
Fujian, au sud de la Chine.
A 73 ans, M. Yang travaille chaque jour dans son champ d'asperges.

-Il y a beaucoup de producteurs d'asperges, dans la région ?

-Oui, beaucoup. Ici, tout le monde plante des asperges. Il rit.

-Qui les achète, vos asperges ?

-Elles vont en Europe de l'Ouest.
Là-bas, ils achètent beaucoup d'asperges en bocaux, qui viennent de Chine.

-2 asperges sur 3 consommées en France viennent de champs chinois comme celui de M. Yang.
Dans son village, sur 500 familles, 480 cultivent des asperges.
C'est devenu une monoculture destinée à l'exportation.
Aujourd'hui, il en a récolté 15 kg.
Il part les vendre à une centrale d'achat de la ville voisine.

-Ah, voilà la patronne! -Mme Lin collecte les asperges des paysans pour les 5 usines de la région.

-T'as vu, je les ai bien lavées !

-M. Yang touche 70 centimes d'euro par kilo.
Mme Lin les trie par taille et les prépare pour les usines.

-Celles-ci, je les revends 1,72 euro le kilo.
Celles-là, 1,23 euro.
Plus elles sont grosses, plus elles valent cher.

-Les usines les revendent en Europe, à des industriels et à la grande distribution, qui mettront leur propre marque sur le bocal.
Elles vous coûteront 15 à 30 euros le kilo.
Une bonne affaire pour les intermédiaires, moins pour M. Yang.

-Vous avez gagné combien, aujourd'hui ?

-Un peu moins de 4 euros.

-Et ça vous convient ?

-Non.

-Vous vouliez combien ?

-Un bon prix, ce serait 1,20 euro le kilo.

-La Chine est devenue le supermarché de la planète.
Le monde entier y fait ses courses.
Mais les Français ne sauront jamais qu'ils mangent chinois.
Même si les produits sont de qualité, les industriels se gardent bien d'indiquer leur origine.
Un manque de transparence qu'Olivier Andrault, de l'association UFC Que choisir va nous démontrer en faisant les courses.

-Hop ! Je prends un petit truc...
Ça, c'est de la viande bovine.
Obligatoirement, il y a indication de l'origine, on le voit.

-Une obligation depuis la crise de la vache folle.
Et c'est pareil pour les fruits et les légumes frais.

-Pour les fruits et légumes, il y a une obligation, au niveau européen, d'indiquer le pays d'origine.

-Ça change quoi ?

-Quand le produit est transformé, il n'y a plus d'obligation, et la, en général, il n'y a pas d'indication.
On va le vérifier.

-On mange deux fois plus de produits transformés qu'il y a 20 ans.
On a donc acheté des plats préparés, des surgelés et même des yaourts.
Nous voilà parés pour une leçon d'étiquettes.
Premier constat : il n'y a aucune information sur la provenance des ingrédients.

-Comme quasiment tous les produits transformés, les fabricants n'ont donné aucune information sur l'origine, on dit juste que c'est une viande de veau préparée en salaison.
En revanche, le fabricant a cru bon de préciser que le produit est cuisiné dans l'Aveyron.
Le consommateur peut croire que le produit est fabriqué avec des ingrédients du terroir.
Or, on n'a aucune garantie sur l'origine des ingrédients.

-"Cuisinée en Aveyron" veut juste dire que l'usine est en Aveyron ?

-Oui, l'usine où s'est opérée la dernière fabrication se situe en Aveyron, mais les ingrédients peuvent provenir du monde entier.

-Pour les yaourts, le lait peut venir de Nouvelle-Zélande, les fraises de Chine, impossible de le savoir.
C'est pareil même les conserves de légumes.

-On n'a pas cette information parce qu'il y a un Lobbying énorme de l'industrie agroalimentaire européenne ou internationale qui veut acheter ces ingrédients là où ils sont le moins cher, à un moment donné.
Ça veut dire que les acheteurs, plutôt que d'avoir une liste de fournisseurs restreinte, dont ils connaissent la fiabilité, préfèrent se comporter comme des traders : ils achètent tel ou tel ingrédient n'importe où dans le monde.

-Ces traders, nous allons les rencontrer à Hangzhou, au sud de Shanghai, une ville dédiée au commerce et aux exportations.
C'est là que se trouve le siège de 21 Food.
Cette société met en contact acheteurs étrangers et fournisseurs chinois via Internet.
On appelle ça le sourcing.
Han Lin Cha est le directeur du marketing.

-Je vais vous montrer notre site en anglais.

-Sur la colonne de gauche, l'acheteur passe son annonce.
Le drapeau indique le pays.
Sur la colonne de droite, proposent leurs produits.

-Qu'est-ce qui se vend bien, sur votre site ?

-Tout.
On vend vraiment de tout.

-Vous avez beaucoup de clients français ?

-Oui, on en a pas mal.
Ils achètent beaucoup de légumes.
Des légumes frais, des surgelés.
Et des produits de la mer, surgelés ou frais.

-Ce jour-là, sur le site, plusieurs clients français veulent justement acheter du miel, du concentré de jus d'orange, du vin, des fruits de mer et des crustacés.

-Ces dernières années, on voit de plus en plus d'acheteurs français.
Depuis 2 ans, leur nombre a vraiment augmenté.
 
-Les affaires marchent plutôt bien pour 21 Food.
Pourtant, en matière de sécurité alimentaire, la Chine a mauvaise réputation.
Aliments toxiques, fraudes, le cocktail chinois est salé.
En 2008, du lait en poudre pour enfants est enrichi à la mélamine, un produit toxique qui augmente le taux de protéines. 300 000 enfants tombent malades.
11 bébés en mourront.
En mars dernier, 16 O00 cadavres de porcs sont repêchés à Shanghai, révélant un trafic de cochons malades revendus comme de la viande fraîche sur les marchés locaux.
L'imagination des fraudeurs est sans limites.
Du rat et du renard ont été vendus comme de la viande d'agneau.
Il y a quelques semaines, 22 tonnes de porc ont été maquillées en bœuf.
Comment faire passer une viande pour une autre ?
La recette est simple, elle circule même sur Internet.
Prenez du porc, versez du concentré de bœuf, rajoutez de la gélatine alimentaire et laissez mariner jusqu'à ce que la viande change de couleur.
Saisissez à feu très vif.
Et voilà, le porc a pris l'aspect du bœuf.
Une vidéo qui en dit long sur la sécurité des aliments en Chine
. Henri Van Ruymbeke dirige une société qui aide les industriels européens à se fournir en Chine
. Ces multiples scandales ne semblent pas les inquiéter. -Aujourd'hui, qui se fournit en Chine ?

-Tout le monde.
Tous les industriels, les distributeurs...
Mais ils se fournissent dans les pays où il y a du produit.
Le point essentiel, c'est de choisir son fournisseur.
Car il y a du bon et du mauvais.
Et l'un à côté de l'autre !
Et le choix du fournisseur, ça peut pas se faire par téléphone, il faut aller le voir.

-Retour dans le Fujian.
Outre les asperges, on y cultive des agrumes.
Comme ces pomelos, des pamplemousses destinés au marché européen.
Peter Wang travaille pour une société d'audit.
Il inspecte les fournisseurs chinois pour des industriels européens.
Il va contrôler cette exploitation pour le grossiste Metro.

-Bonjour. Tout le site vous appartient ?

-Oui.

-Vous avez transformé des forêts en vergers ?

-Oui, c'est ça. -Peter a 200 ha à inspecter.

-Allez, vous m'emmenez voir ?

-L'audit commence dans les vergers.
Les fruits sont encore verts.
Ils poussent dans de petits sacs, à l'abri des insectes, mais aussi des jets de pesticides.

-Je regarde s'il n'y a pas d'insectes dedans, si le fruit est beau, s'il est propre.

-Le plus important, c'est le contrôle des engrais, pesticides et autres produits chimiques potentiellement interdits par les normes européennes.

-C'est un peu le fouillis, ici.
Ce produit-là, c'est bon.
Il est prévu pour les agrumes.
Les oranges, les pomelos, etc.
Mais celui-ci doit être utilisé pour le blé.
Ce n’est pas pareil, le blé et les pomelos.
Vous prenez un risque.
Vous ne pouvez pas choisir vos pesticides en fonction de ce qui a marché.
Les délais de récolte ne sont pas les mêmes.
Il y a des règles à respecter.

-C'est seulement la première année qu'on s'en sert.

-Il faut arrêter.

-On nous a dit que ce produit marchait bien.

-Il ne faut pas.
C'est interdit

-L'Europe a les normes les plus strictes en matière de produits chimiques.
Une source fréquente d'erreurs pour les producteurs chinois.

-Aujourd'hui, les entreprises acceptent mieux notre travail.
Avant, si je parlais de traçabilité, mes interlocuteurs m'envoyaient sur les roses.
Ils ne voulaient même pas en entendre parler.
Maintenant, ils viennent me demander eux-mêmes des conseils.
Je pense qu'il faut profiter des scandales en Chine pour inculquer l'idée de traçabilité dans la tête de certains producteurs.

-En Chine, on cultive comme nous l'ont enseigné nos parents.
Depuis qu'on travaille pour des firmes étrangères, on apprend.
On est inspectés.
Il y a toujours des choses qui clochent, mais on continue.
Un jour, on réussira à répondre à toutes les exigences des Européens.

-Peter est satisfait.
Il faut juste que l'entreprise améliore l'utilisation des pesticides.
Mais il y a des producteurs moins scrupuleux.
Pour déjouer les fraudes, les sociétés chargées des audits effectuent des inspections surprise.
On a suivi l'une d'entre elles, mêlés à l'équipe d'inspecteurs dirigée par cette jeune femme, Antonieta, et son collègue.
 
-Let's go.

-OK.

-Nous filmerons en caméra cachée.
Le contrôle a lieu à l'improviste, dans cette entreprise de surgelés.
35 conteneurs en sortent chaque mois.
La visite commence par la chambre froide.
L'usine exporte des coquilles Saint-Jacques dans le monde entier.
Un détail attire tout de suite l'attention d'Antonieta : des stalactites.

-Ça veut dire quoi ?
Que la température a changé ?

-Oui.
Cela signifie qu'il y a un problème de variation de température.

-Ça peut être dangereux, si on les mange ?

-On ne peut pas dire ça.
Mais si la température varie, le produit peut sembler congelé à l'extérieur et ne pas l'être à l'intérieur.
Parfois, ça ne se voit pas, mais après 30 jours de bateau, quand ça arrive chez les clients, c'est déjà pourri, dedans.

-Antonieta et son équipe prélèvent des cartons et vont décongeler les sacs.
Ce qu'elles cherchent, c'est une fraude très courante.
Le trempage dans des produits chimiques qui permettent de gonfler les coquilles d'eau et donc, de tricher sur le poids réel.
Chaque sac doit peser 800 g.
Le premier est correct, au grand soulagement des dirigeants de l'usine. Rires.

-Ouf !
C'est ce qu'on espérait, comme résultat.

-Les suivants le seront moins.
Les coquilles Saint-Jacques ont sans doute subi le trempage.
Il ne s'agit que de quelques grammes, mais sur plusieurs tonnes, la fraude peut représenter une jolie somme.
Nous avons montré ces images à notre spécialiste de la Chine.
Selon lui, les exigences européennes sont parfois difficiles à comprendre pour les Chinois.

-En Europe, tout le monde sait qu'il ne faut pas recongeler.
En Chine, non.
On décongèle, on recongèle, ça fait partie de la culture des gens.
Ce n’est pas naturel.
Donc, à partir de là, vous devez bien définir cette règle du jeu.

-Autre motif récurrent d'incompréhension : la sous-traitance.
Voici les images d'une de ces dernières inspections.

-On investit dans une entreprise.
Si l'entreprise n'arrive pas à suivre la demande, on fait appel à d'autres entreprises.
Même si l'entreprise chinoise est belle et qu'elle fait appel à une entreprise qui n'est pas présentable, ça ne va pas les marquer.
 
On parle aussi de Anvers, Belgique , Brésil

Là, on a une entreprise pas prête à répondre aux standards européens.

-Ces contrôles sur le terrain sont-ils suffisants ou faut-il craindre les produits importés ?
Pour le savoir, nous partons à Anvers, en Belgique, la porte d'entrée des denrées alimentaires à destination de toute l'Union européenne.
L'Europe est le plus gros importateur d'aliments.
160 millions de tonnes de marchandises transitent ici chaque année.
Comment s'assurer de leur qualité ?
Le matin, des conteneurs sont prélevés sur chaque cargo qui entre au port.
On les emmène jusqu'à cet entrepôt, pour les contrôler.
Ce jour-là, ce sont des poulets congelés qui viennent du Brésil.

-On prend des cartons aussi bien devant que derrière ou au milieu.
On en prend même tout au fond, pour avoir une image globale du chargement et de sa qualité.

-Stefan est vétérinaire, mais il passe le plus clair de son temps en cuisine.
En fait, un laboratoire d'analyses sensorielles.
Le poulet brésilien va faire un petit tour au micro-ondes.

-Dès qu'on le sort du micro-ondes, on peut déjà avoir une idée, rien qu'à l'odeur.
Je vais enlever le plastique, pour libérer l'odeur.

-Ça a l'air normal ?

-Oui, parfaitement normal.

-Stefan prélève des échantillons et les envoie en laboratoire, pour subir des analyses plus poussées.
Le poulet brésilien va poursuivre sa route, direction les usines de plats préparés, les chaînes de restaurants ou les hypermarchés européens.
Seuls quelques milliers de conteneurs sont vérifiés chaque année, sur les 7 millions qui entrent au port.
Alors, les contrôles sont ciblés sur les produits et les pays qui présentent le plus de risques, comme la Chine, l'Inde ou la Turquie.
C'est à Liège, dans ce labo, qu'arrivent les échantillons prélevés dans les conteneurs.
Claude est chargé des produits à risques : crevettes, volailles et poisson.

-Je vais rechercher une protéine appelée "histamine".

-C'est dangereux ?

-Ça peut provoquer des chocs dangereux et peut-être même entraîner la mort pour les gens qui sont particulièrement sujets aux allergies.

-Depuis 23 ans, Claude coupe, tranche, dissèque les denrées venues du monde entier.
Et il en a vu des vertes et des pas mûres.

-Le plus étonnant, c'est de voir ce qu'on fait manger aux animaux.
On contrôle ça aussi.
Je me souviens avoir trouvé des pneus, du verre, des clous, du fil barbelé.

-Et pour les êtres humains ?

-Du colorant qu'on utilisait pour fabriquer du cirage.
Qui est interdit.
Des antibiotiques, aussi.
On en trouve régulièrement dans la viande d'importation.
On est quelquefois surpris de voir ce qu'on arrive à faire manger aux gens.
Il y a des choses que je ne mange plus.

-Réduite en bouillie, la sardine va être décomposée dans ses moindres particules.
Chaque pic, sur l'ordinateur, représente une molécule.
Et l'histamine est bien là.

-Cet échantillon dépasse la norme de... à peu près une fois.
On est à 170,70 milligrammes par kilo.

-La norme est à 100.
Donc, a priori, ça devrait être retiré du marché.

-La sardine à l'histamine sera donc boutée hors de l'Union européenne.
Il n'y a pas que l'alimentation qui subit ces analyses.
A l'étage supérieur, le responsable du laboratoire, Jean-Paul Denuit, va faire passer un mauvais quart d'heure à des Spatules.
Ces ustensiles et assiettes en plastique viennent de Chine.
Ils pourraient contenir des substances toxiques, les amines aromatiques.

-Ça peut contaminer nos aliments, si le plastique n'est pas de bonne qualité.
Le contrôle a pour but de stopper au niveau des frontières les plastiques de mauvaise qualité.

-Sous l'effet de la chaleur, dans une casserole, ces substances passent dans nos aliments, augmentant les risques de cancer.
En 2 ans, on a détruit 20 000 ustensiles de cuisine chinois contenant des amines aromatiques, comme ces 3 000 saladiers passés au pilon il y a quelques jours.
La spatule va suivre le même chemin.

-Dans cet échantillon, on a la présence d'amines aromatiques au-dessus de la norme.
Il va être déclaré non conforme.

-Quelques minutes plus tard, à Bruxelles, l'alarme est donnée dans toute l'Europe, grâce à la hotline des alertes alimentaires.
Cet immeuble abrite les sentinelles de l'alimentation européenne.
13 815 km de frontières surveillés depuis cet étage.
Enrique vient de recevoir l'information concernant les spatules chinoises.

-On a reçu une information sur un produit chinois.
Ce sont des spatules en plastique.
Des amines aromatiques ont migré dans ce produit, et ça peut être cancérigène.

-Il lance l'alerte en Europe.
Quand un produit nocif est détecté par un pays, il informe le système d'alerte à Bruxelles, qui prévient les autres en quelques heures.
Cette année, sur 3 500 produits suspects, 547 présentaient un danger pour la santé.
La Chine détient le record de signalements.

-Là, par exemple, on a trouvé des aflatoxines dans des pistaches. C'est l'Allemagne qui a donné l'alerte.
Les pistaches viennent de Turquie et sont à destination de la France et de l'Allemagne.
Sur le poisson, on a aussi des contaminations aux métaux lourds comme le mercure ou l'histamine.
Un très gros pourcentage de ces produits vient de Chine.

-Mais parfois, les produits étrangers sont difficiles à détecter et vont se nicher dans les denrées qui semblent les plus naturelles, comme le miel.
Paul Schweitzer est apiculteur.
Il produit son miel à l'ancienne, dans son jardin.

-J'ai des abeilles depuis l'âge de 12 ans.
Je me suis passionné pour la biologie de l'abeille et tout ce qui est en rapport avec.
Le miel, la botanique et tout ça.

-Quand il ne s'occupe pas des ruches, il dirige le principal laboratoire français d'analyses sur le miel.
Ce jour-là, 15 marques de miel premier prix vendues en supermarché vont nous livrer leurs petits secrets.

-Là, on pèse 10 g de miel.
On va vérifier si le miel n'a pas subi un traitement thermique trop important.

-Il va surtout vérifier l'origine du miel, en analysant au microscope les grains de pollen.

-C'est un miel d'origine chinoise.
Quand on trouve du pollen de thé dans un miel, on est sûr qu'il a une origine chinoise.
Mais sur les pots, c'est jamais marqué "Origine Chine".

-Sur aucun de ces produits vendus en grande surface n'est mentionnée l'origine du miel.
L'astuce: mélanger des miels venant de plusieurs pays, ce qui évite de les mentionner sur l'étiquette.

-Je lis sur l'étiquette: "Mélange de miels originaires et non originaires de la CE."
On n'a le droit de marquer que ça quand on met deux miels différents.
Le client sait pas ce qu'il achète, puisqu'un miel "non originaire et originaire de la CE", ben... ça veut dire qu'il provient de la planète Terre.
Donc, on ne sait pas d'où il vient.

-Bilan : 1 pot sur 3 de miel premier prix contient du miel chinois.
Ce n'est pas tout.
En contrôlant les sucres, le Pr Schweitzer repère vite une fraude courante.

-On rajoute des sirops de sucre: on rallonge le miel.
C'est une adultération.
Si on ajoute autant de sucre qu'il y a de miel, on double la quantité de "miel", entre guillemets, à vendre.
Et comme les sucres sont moins chers que le miel, on fait une opération juteuse.

-Plusieurs pots contenant du miel d'origine chinoise ont bien été falsifiés.

-C'est un mélange de miels du Brésil et de Chine.
Il y a du sucre dedans.

-Retour en Chine.
On a voulu savoir s'il était aisé de trouver du miel pour l'exporter et surtout de le falsifier.
En caméra cachée, nous allons dans une usine de miel.
Nous nous faisons passer pour des acheteurs occidentaux.
En négociant le prix, le responsable va nous faire une étrange proposition.

-Il y a bien une possibilité, pour faire baisser le prix.
Si vous voulez, on peut augmenter le pourcentage d'eau dans le miel.
On ajouterait... comme de l'eau sucrée.

-Vous êtes en mesure de le faire ?

-Si c'est ce que vos clients veulent !
Je peux vous fabriquer du miel très bon marché en augmentant le pourcentage d'humidité.
A condition que vous le marquiez dans le contrat, sinon, je prends un trop gros risque.

-Certains fraudeurs chinois ne se contentent plus de rajouter de l'eau sucrée.
Ils peuvent créer artificiellement du miel de synthèse.
Le Pr Schweitzer va nous en faire la démonstration.

-On va faire un faux miel du Gâtinais.
C'est un des miels pour lesquels il est le plus facile de faire un faux.

-Il faut du sucre...

-4 g de glucose. 3,99 de fructose.

-Encore du sucre, toujours du sucre.

-Il y a aussi du maltose et de l'isomaltose.

-Au total 6 sucres différents.

-On trouve ces sucres facilement ?

-C'est les sucres bateau, les moins chers de la chimie.
Rajoutez de l'acide gluconique, normalement produit par les abeilles, 1 ou 2 enzymes, de l'eau et quelques grains de pollen pour faire plus vrai.

-Je mélange le tout.

-Chauffez à feu doux.
Le faux miel est prêt.

-Ce produit là ressemble à du miel, mais il n'y a pas 1g de miel là-dedans.
Par contre, on l'a analysé, et il est conforme sous tous les critères légaux.
Certains miels chinois sont faits comme ça.
C'est même mieux que ce que j'ai bricolé là.
C'est fait à l'échelle industrielle avec des contrôles, et les produits ressemblent parfaitement au miel.

-10 % du miel consommé en France serait falsifié.
Sommes-nous condamnés à consommer des produits qui viennent de loin ou d'autres solutions sont-elles possibles ?
Nous sommes retournés dans la vallée de Tarascon.
Aujourd’hui l'usine chinoise du Cabanon n'achète plus de tomates aux producteurs locaux.
Alors, ils ont pris leur destin en main.
Une soixantaine d’agriculteurs se sont regroupés et ont monté leur propre usine, Provence tomates.
Avec un maître-mot : la traçabilité jusqu'au champ.

-Voilà, on a le nom du producteur, la parcelle, le numéro de la benne, la variété, la date et l'heure de récolte.

-Par boîte, vous savez de quelle parcelle venait le concentré ?

-La parcelle, la région, le producteur.

-L'usine fabrique des sauces pour les pizzas et les plats cuisinés.
Entre le concentré chinois et le coulis provençal, il n’y a pas photo.

-On dirait de la pâte à modeler.

-Pour quelques euros de plus, des industriels locaux font aujourd’hui le choix d’acheter cette sauce fabriquée avec des tomates de Provence plutôt que celles venues du bout du monde.

-A nous de contre-attaquer, de sensibiliser les consommateurs, qui sont des citoyens.
Il faut que tout le monde cherche à comprendre que quand il achète un produit, c’est pas le demi-centime de plus ou les quelques centimes de plus sur un produit qui vont changer notre situation à la fin du mois.
Si on ne maintient pas de la production chez nous, demain, le produit d’importation sera encore plus cher.

-Les sénateurs l’ont peut-être entendu.

Ils ont voté un texte obligeant les industriels à indiquer la provenance de tous les produits sur leurs plats préparés.
S’il est appliqué, alors, demain, nous saurons enfin ce que nous mangeons.
Quant à la Chine, elle bouge aussi.
La classe moyenne n’accepte plus les scandales alimentaires.
Le gouvernement chinois vient de procéder, en quelques mois, à 900 arrestations pour fraude alimentaire.
Quand la Chine s’éveillera, elle voudra, elle aussi, être bien dans son assiette et consommer  en toute sécurité.

¤


COMMENTAIRES SUR LE SITE DE "FRANCE 5" :

http://www.france5.fr/emission/la-securite-alimentaire/diffusion-du-03-11-2013-20h35



DÉBAT ET COMMENTAIRES SUR LE SITE DU "MONDE" :

http://lesdebatsdudd.blog.lemonde.fr/2013/11/04/que-savons-nous-vraiment-de-nos-aliments/


REPLAY :

Avec sous-titrages : http://pluzz.francetv.fr/videos/la_securite_alimentaire_,91460828.html (52’24)

Avec commentaires des téléspectateurs : http://www.france5.fr/emission/la-securite-alimentaire/diffusion-du-03-11-2013-20h35

 

L'ÉMISSION SUR INTERNET

Vidéo sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=TNMKcaGrgsk (52’25)

 Visible sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/x16rz2x_la-securite-alimentaire_webcam (52’25)

 

 

L'émission en vidéo sur Youtube, revoir l’émission :

http://www.youtube.com/watch?v=TNMKcaGrgsk (52’25)

 

 

 


REMARQUE :
Le site "Télé Scoop" présente aussi une transcription de cette émission au lien :
http://telescoop.tv/browse/357591/la-securite-alimentaire.html?q=s%C3%A9curit%C3%A9%20alimentaire

 

 

 

 

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