Télévision : émissions avec Matthieu Ricard - Dossier relatif aux émissions avec ou sans sous-titres et avec une transcription écrite pour la plupart de ces émissions.
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TV - MATTHIEU RICARD - émissions Télévision
Altruisme & Plaidoyer pour les animaux

- 6.05.2015 : Matthieu Ricard : Mon Népal après la catastrophe - 28 minutes - Arte -
Intégralité de sa participation au lien : https://rutube.ru/video/99848b8bd48c6ae1f6c315a2ba0d8522/ (12'28)
Transcription : http://telescoop.tv/browse/969164/28-minutes.html?q=28%20minutes
Complément : 3 questions sur le bonheur à Matthieu Ricard
- 28 minutes - ARTE
à voir au lien https://www.youtube.com/watch?v=6abjE8IShck (3'33)

- 11.12.2014 - Arte "Une Voie Bouddhiste"... "Sur le chemin de la compassion" au lien #arte_11_12_2014
Dans ce film tourné au Népal et en France, Matthieu Ricard livre pour la première fois à la caméra le fruit de ses réflexions sur l’altruisme, partageant sa pensée mais aussi ses recherches et les actions humanitaires qu’il mène à travers son association Karuna-Shechen.

- 19.10.2014 - France 2 : émission "Vivement dimanche prochain" au lien #france2_19_10_2014
Entretien avec le moine bouddhiste et philosophe Matthieu Ricard, qui publie "Plaidoyer pour les animaux" (Allary Editions).

- 16.10.2014 France 5 : émission "Les grandes questions" : Le bonheur est-il dans le pré ? au lien #france5_16_10_2014
Avec Matthieu Ricard, Pierre Rabhi et Stéphane Le Foll

- 15.10.2014 - France 5 : émission "C ŕ vous la suite" au lien #france5_15_10_2014
Dix minutes supplémentaires passées en compagnie de Matthieu Ricard - Record de saison pour C à vous (part d'audience).

- 13.10.2014 - Arte : émission 28' au lien : #arte
Entretien avec le moine bouddhiste et philosophe Matthieu Ricard, qui publie "Plaidoyer pour les animaux" (Allary Editions).

- Radio Télévision Suisse RTS 24.08.2014 : émission "Pardonnez-moi"
Darius Rochebin reçoit Matthieu Ricard. Docteur en génétique cellulaire, il devient moine bouddhiste tibétain en 1979.
Auteur de nombreux ouvrages, il offre l'intégralité de ses droits d'auteurs à des projets humanitaires menés au Tibet, en Inde et au Népal...
(Re)voir l'émission "Pardonnez-moi" au lien :
http://www.dailymotion.com/video/x24pd20 (24'04)

France 2 - 15.12.2013 : émission "Sagesses bouddhistes" - ALTRUISME
Interview de Matthieu Ricard le 15.12.2013 dans le cadre de "Sagesses bouddhistes" sur France 2, présentée au lien :
http://www.conscience33.fr/sagesses-bouddhistes.html#altruisme_un_facteur_de_paix

-

ARTICLES :
- NOUVEL OBSERVATEUR 24.10.2014
http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20141024.OBS3091/matthieu-ricard-tuer-une-vache-c-est-quand-meme-un-petit-meurtre.html?xtor=RSS-17

 

AUTRE :
Matthieu Ricard à Bordeaux le 29.10.2014 Vidéo (42'07) https://www.youtube.com/watch?v=3NcF2oHuh7c&feature=youtu.be

PRÉSENTATION :

 




SOUS-TITRES et TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES

Les présentes transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.

 

Vous pouvez aussi voir en replay les émissions sous 7 jours.

 

Toutes les émissions ont fait l'objet d'enregistrements avec Captvty.

Les émissions mises en ligne avec Dailymotion ont été supprimées sans notification préalable en février 2015 !
Elles sont disponbiles.


Remarques :
Le site "Télé Scoop" présente une transcription écrite des émissions.



Livre "Plaidoyer pour l'altruisme - La Force de la bienveillance"
Présentation en lecture seule de 80 pages au lien http://books.google.fr/books?id=dSHiAAAAQBAJ&pg=PT309&lpg=PT309&dq=matthieu+ricard&source=bl&ots=shkq-SMwvI&sig=f4XeW4GKDaET6UF_Q1bDSwUF4YQ&hl=fr&sa=X&ei=VZxSUvbCNZKU7QaglYC4DA&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=matthieu%20ricard%20&f=false

 


Pour mémoire : controverse http://www.nadoptepasunebouddhiste.com/tag/matthieu%20ricard/




 

Matthieu Ricard

Arte - Une Voie Bouddhiste

Sur le Chemin de la Compassion

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Jeudi 11 décembre 2014 à 3h55' - Arte

Dans ce film tourné au Népal et en France, Matthieu Ricard livre pour la première fois à la caméra le fruit de ses réflexions sur l’altruisme,
partageant sa pensée mais aussi ses recherches et les actions humanitaires qu’il mène à travers son association Karuna-Shechen.



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

L'émission peut être téléchargée pendant 6 jours avec Captvty :
http://captvty.fr/

Revoir en replay (6 jours) :
https://www.youtube.com/watch?v=-OpKhN2Cg4E&list=UUwI-JbGNsojunnHbFAc0M4Q

Revoir en replay (6 jours) sur Arte :
http://www.arte.tv/guide/fr/044902-000/matthieu-ricard?autoplay=1


PRÉSENTATION :

Lu au lien : http://www.filmsdocumentaires.com/films/2517-matthieu-ricard-sur-le-chemin-de-la-compassion

Avec Matthieu RICARD

Depuis plus de quarante ans, ce passeur entre Orient et Occident partage son temps entre l’Inde, le Népal et le reste du monde. Dans ce film tourné au Népal et en France, Matthieu Ricard livre pour la première fois à la caméra le fruit de ses réflexions sur l’altruisme, partageant sa pensée mais aussi ses recherches et les actions humanitaires qu’il mène à travers son association Karuna-Shechen.
Il nous invite à le suivre de Davos où il transmet sa vision humaniste aux « grands » de ce monde, aux séminaires du Mind and Life où il participe à des études scientifiques sur l’effet de la méditation sur le cerveau.

Matthieu Ricard est un homme de son temps, qui met son expérience et sa sagesse au profit du bien-être et de l’épanouissement de tous.


Autres informations :

Matthieu RICARD :
Site de Matthieu Ricard : http://www.matthieuricard.org/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/matthieu.ricard.francais
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Ricard

Le film complet, ayant pour titre "Sur le Chemin de la Compassion", d'une durée de 51 minutes, avec des compléments, peut être acheté 14,95 € au lien :
http://www.filmsdocumentaires.com/films/2517-matthieu-ricard-sur-le-chemin-de-la-compassion

Autre lien :
http://matthieuricard.org/medias/dvd-matthieu-ricard-sur-le-chemin-de-la-compassion


TRANSCRIPTION ÉCRITE :

-L'altruisme commence par le fait d'accorder de la valeur à l'autre. Être vraiment ouvert, concerné, attentif aux autres...
Ces difficultés, ces souffrances et ces joies me concernent : je ne souhaite pas souffrir, je souhaite m'épanouir, eh bien, chaque être sensible, chaque être vivant a exactement ce même désir.
Du coup, étant concerné, on est disponible à l'action pour améliorer le bien-être de ceux qui nous entourent, remédier à la souffrance et à ses causes.

MATTHIEU RICARD : UNE VOIE BOUDDHISTE - UN FILM DE JEANNE MACOLO DE FILIPPIS

-40 années consacrées au bouddhisme tibétain ont fait de Matthieu Ricard un passeur entre Orient et Occident.
Interprète du Dalaï-lama, traducteur, auteur, photographe, ce moine réside au Népal et parcourt le monde pour mieux faire connaître la culture et la spiritualité du Tibet.
Matthieu Ricard a connu certains des plus grands lamas de l'Himalaya.
Ils enseignent oralement les voies de la sagesse.

-Je suis venu la première fois en Inde rencontrer des maîtres spirituels qui avaient fui l'invasion communiste chinoise du Tibet.
Donc, le 2 juin 1976, j'ai eu la grande fortune de rencontrer mon premier maître : Kangyour Rinpoche.
Ça a été sans aucun doute le moment le plus déterminant de ma vie !
Ça a exaucé un peu toutes mes aspirations qui, à 20 ans, n'étaient pas formulées...
Quelle est la meilleure manière d'exprimer toute la richesse du potentiel de la vie humaine ?
Si vous voulez... Etudiant, quand je travaillais à l'institut Pasteur, je faisais des choses passionnantes qui me servent encore, mais en gros, je savais ce que je ne voulais pas, c'est-à-dire, disons...
Une vie qui n'apporte pas un sentiment de plénitude.
Mais j'ignorais comment accomplir ce sentiment de plénitude.
Quand je suis rentré en France, j'ai fait ma thèse à l'Institut Pasteur.
Pendant ces 5 ou 6 ans, j'ai fait des allers-retours.
Et cet intérêt s'approfondissait, s'accroissait.
Il est devenu clair que mon "post-doc", je voulais le faire dans l'Himalaya !
Pour moi, le nombre d'années que je passais à étudier la division des bactéries et la position des gènes qui contribuent à cette division, c'est passionnant, mais j'étais encore plus passionné par comprendre les mécanismes du bonheur et de la souffrance.
A 26 ans, j'ai pris ma retraite et je suis passé à autre chose !
C'était pas du tout un drame : on ne part pas en brisant des choses.
C'était la continuation naturelle de ce qui me semblait le plus inspirant.
J'ai passé 7 ans sans bouger à Darjeeling.
Puis j'ai eu l'immense fortune de bénéficier des enseignements de Dilgo Khyentse Rinpoche, grand maître du 20ème siècle, celui du Dalaï-lama.
Presque tous les grands maîtres tibétains en Inde ont étudié avec lui.
Une relation personnelle avec quelqu'un qui a amené la sagesse, la compassion, l'amour altruiste, cette liberté intérieure et cette connaissance ultime, c'est éminemment précieux.
Je n'ai jamais eu l'impression d'un destin prédestiné.
C'est une grande fortune.
Des éléments ont pu m'amener là selon les lois de cause à effet, par mon éducation...
Ma mère et mon oncle s'intéressaient beaucoup à la spiritualité.
J'ai lu, j'ai vu les films d'Arnaud Desjardins, ses documentaires sur les grands maîtres tibétains.
Ça m'a aidé à dire : c'est là que je vais aller, plutôt qu'en Chine ou ailleurs.
Ces circonstances de l'existence ont contribué à ça.
Dès que j'ai vu ces documentaires d'Arnaud Desjardins où on voyait tous ces visages...
J'ai eu l'impression qu'il y avait 20 "Saint François d'Assise" ou 20 "Socrate" en vie, avec une unité dans la qualité.
Ça m'a paru une évidence d'aller rencontrer ces personnes.
Khyentse Rinpoche, c'est là qu'il se reposait.
Il se levait très tôt, vers 3h30, 4h...
Moi, je dormais par terre, il y avait des tapis !
Il enseignait toute la journée, j'étais assis dans un petit coin.
Je le servais, j'allais lui chercher des livres.
Je traduisais quand il y avait des étrangers.
Deux moines étaient attachés à sa personne, des serviteurs, mais des serviteurs spirituels.
Et des disciples en premier lieu. indescriptible...
Ça inspire chaque instant, ça donne un sens à tout.
Sans ça, je ne serais rien.
J'aurais fait quelque chose dans ma vie.
Mais pour moi, c'est ça qui a fait la différence.
Après sa mort en 1991, j'ai essayé de participer à l'accomplissement de sa vision pour le bien des êtres, ce monastère, la publication des textes, les projets humanitaires, avec son petit-fils, Ramjab Rinpoche, qui est l'abbé de ce monastère.

Clochettes incessantes.

Prière méditative chantée.

Sous l'inspiration de Khyentse Rinpoché, depuis 30 ans, nous avons réimprimé près de 400 volumes, tous les trésors spirituels de la tradition la plus ancienne du bouddhisme tibétain.
Cette édition est épuisée.
Il y a quelques années, j'ai décidé de le refaire beaucoup mieux, avec les meilleurs lettrés.
Il ne suffit pas d'être un as en grammaire et en orthographe, il faut avoir une culture de la littérature philosophique, des rituels, des textes mèditatifs, pour sentir ce qui cloche.
Quatre ans et demi qu'on s'est engagés dans ce projet.
C'est les paroles de l'enseignement du Bouddha, le dharma.
En quittant le Tibet, mon premier maître a pris le maximum de livres, pour préserver l'immense richesse de la culture du Tibet d'une disparition quasiment totale.
En 1997, ici, il y avait très peu de téléphones à l'époque.
Il y avait un seul téléphone autour du stupa.
Je reçois un coup de téléphone de France, d'un éditeur qui me dit : "Que penseriez-vous d'un dialogue avec votre père ?"
J'ai soupiré.
J'ai pensé : y a aucune chance que ça l'intéresse !
Même si je suis son fils, je voyais pas Jean-François Revel dialoguer avec un moine bouddhiste, ce n'était pas souhaitable.
C'était un penseur libéral, agnostique...
Il ne va pas voir ça comme quelque chose d'attrayant.
J'ai dit : "Demandez-lui !"
D'après moi, ça ne se ferait pas.
Quinze jours plus tard, il m'appelle : "Il a accepté!"
C'était un écrivain politique.
De retour en France, je l'informais des évènements au Tibet.
Ça a été un des premiers intellectuels français à évoquer brusquement un jour la question tibétaine de façon très forte.
Ça a surpris tout le monde.
Pendant des années, on n'a jamais parlé d'idées en profondeur.
Pour la première fois, on abordait ce qu'est le bouddhisme, pourquoi cette démarche...
On n'en avait jamais parlé !
Il a eu le courage de se demander d'où vient la popularité du bouddhisme.
Que manque-t-il dans la civilisation occidentale ?
Il est parti du principe que les Grecs avaient 3 priorités : que puis-je connaître ? Comment diriger la cité ? Et comment diriger et mener ma propre existence ?
Que puis-je connaître ? Maintenant, la science répond à ces questions.
Comment diriger la cité ? C'est devenu la démocratie. Bon... Le système idéal, qui peut être dévié, mais qui reste le système idéal.
Et comment dois-je conduire mon existence ? Il a dit : les philosophes, après Descartes, ont abandonné cette question.
On fait des constructions philosophiques incompréhensibles qui ne nous éclairent pas.
Il a dit : il y a un manque dans le monde moderne pour savoir comment mener son existence.
Il avait l'impression que le bouddhisme avait une réponse, pas forcément "la" réponse.
Il était passionné par ça.
J'avais fait une liste de sujets.
Quand il a vu ça : "T'es fou ?! C'est ce à quoi l'humanité réfléchit depuis 2 000 ans ! Ça va pas la tête ?!"
On mène les débats, c'est lui qui me questionnait.
Vers les derniers jours, il m'a dit : "Il y avait encore ça sur ta liste !"
Je reviens en France pour le lancement.
Je m'attendais pas à ce déferlement d'intérêt médiatique.
Vu comment était mon père, ça les a intrigués : "Le Moine et le philosophe", avec la réputation de mon père et moi resurgissant de nulle part.
En gros, en 15 jours, j'ai dû faire 15 télévisions, tous les journaux possibles et imaginables.
Je me retrouvais plongé dans les questionnements de la vie moderne, des grandes questions sociales, politiques, etc.
Je me suis replongé dans la vie occidentale.

Côte de Jor - Dordogne

Ma très chère mère habite ici.
Elle est allée après moi en Inde, mais son intérêt a précédé ma naissance !
On a vécu ensemble en Inde, on s'est croisés, elle est venue à Darjeeling et au Bhoutan auprès de Khyentse Rinpoche.
Ça, c'est quoi ?

-Un petit rosier.

-Elle a 88 ans, c'est toujours une grande joie d'être avec elle.
Ça sera pas donné pour toujours.
Il y a une profonde affection.
C'est une autre raison pour passer du temps ici.
Elle se combine avec toutes les autres.

-C'est une canne unique : il y a marqué une prière dessus et c'est un moulin à prière !
Elle a été bénie !
C'est la seule qui existe dans le monde.

-J'ai grandi au milieu de sa peinture. C'est sûr...
Mais c'est plus... sa personne qui m'a aidé et guidé par la force de l'exemple.
C'est quelqu'un d'une très grande bonté, d'une grande générosité.
Elle a une grande joie de vivre.
Plus elle prend de l'âge, plus elle devient lumineuse.
Elle est non conventionnelle, ça aide à ne pas s'enliser dans les sentiers battus.
J'admire son art et surtout sa personne.

-C'est pas un jardin de curé, c'est un jardin de nonne !

La Sonnerie - Dordogne

Sa Sainteté le Dalaï-lama a donné un premier grand enseignement en France, là, sur la Côte de Jor, en... en 1991.
Je lui servais pour la première fois d'interprète dans son enseignement.
Ça s'est passé par hasard, je ne m'y attendais pas.
Je pensais simplement assister aux enseignements.
J'avais rencontré Sa Sainteté lors des enseignements de Khyentse Rinpoche.
La veille des enseignements, il est venu visiter la tente.
Son traducteur devait traduire du tibétain vers l'anglais et quelqu'un d'autre de l'anglais vers le français.
Il a dit : "Tu traduiras directement !"
Sans avoir préparé quoi que ce soit, j'ai dû traduire cet enseignement.
J'étais sur la sellette : se retrouver devant 10 000 personnes sans jamais avoir fait ça !
C'est une énorme responsabilité de lui prêter sa voix.
C'est toujours un défi d'être à la hauteur.
Ce type d'altruisme, ce que nous devons développer, c'est-à-dire un altruisme infini, allié à la connaissance parfaite.
Un maître spirituel peut parler parfois pendant 5 à 10 mn.
L'essentiel, c'est de garder le fil.
Par exemple, si on oublie le début, on est bloqué !
C'est assez amusant : c'est un peu une méditation.
Il ne faut pas s'interrompre.
Les interruptions, c'est le pire !
C'est comme si on brisait un verre.

Résonance d'un coup de gong.

De tous les maîtres spirituels de notre époque, le rayonnement de Sa Sainteté est universel et global, universellement reconnu.

Conférence sur le bonheur avec Stéphane Hessel - Toulouse 2011


Sa stature morale dépasse largement son rôle de Dalaï-lama, de maître bouddhiste.
C'est un point de repère moral dans notre monde.

Rires et applaudissements.

-Inutile de décrire les qualités du Dalaï-lama !
Il fait apparaître le meilleur de vous-même.
Vous êtes ému, inspiré.
Un bain de jouvence !
Il suffit de le voir pour y croire.
Et c'est une chose très simple.
Il ne fait pas de déclarations mystérieuses, il ne promet pas des choses impossibles.
Le contraire d'une secte, d'un imposteur qui vous donne des vérités incompréhensibles, qui vous impose une vie déraisonnable, en n'étant pas désintéressé.
Là, c'est le don total de soi-même : rien à gagner, rien à perdre, tout à donner !
Certains concepts sont mal compris.
Au début du 20ème siècle, on dit que le bouddhisme est nihiliste, qu'on se désintéresse du monde.
Ça n'a vraiment aucun sens !
On ne renonce pas à tout ce qui est bon dans l'existence, ça serait absurde.
Renoncer à ce qui contribue à votre bonheur véritable, c'est à l'opposé du bouddhisme !
C'est renoncer aux causes de la souffrance.
Si c'était quelque chose d'ïnéluctable, qu'on ne pouvait rien y faire, comme dit le Dalaï-lama : prenez une bière, allez à la plage et oubliez la souffrance !
Par contre, s'il y a un remède, c'est de l'aveuglement et de la paresse de ne pas faire de traitement.
D'un certain point de vue, tant pis pour vous !
Il y a des choses si simples qui permettent de progresser, ne serait-ce que de comprendre que l'égoïsme génère la souffrance et qu'on accomplit le bien d'autrui et le sien par l'altruisme !

Tibet - Région Kham

Au Tibet, on a construit 40 projets sans avoir d'organisation.
On était 2 ou 3 à construire des écoles, des ponts, des cliniques.
Puis ça a pris de l'ampleur, il a fallu s'organiser.
Vis-à-vis de nos bienfaiteurs, ça serait inacceptable de ne pas s'organiser mieux.
On essaie de mettre un peu d'ordre avec l'équipe de Karuna-Schechen.
Ce qui distingue Karuna des autres ONG, c'est que tout le monde fait ça par altruisme.
Sinon, pourquoi est-ce qu'on ferait ça ?
Dans nos valeurs, on vérifie constamment notre motivation.
Et par ce processus de transformation personnelle, on a la force d'âme pour gérer les hauts et les bas.
Souvent, dans les organisations humanitaires, ce qui cloche, c'est les conflits internes ou entre organisations, des conflits d'ego, parfois la corruption ou simplement une vision assez distante des populations : les gens se promènent dans des grosses bagnoles.
Moi, ça fait 40 ans que je vis avec les gens, surtout quand j'étais au Bhoutan et au Tibet.
On voit ça de l'intérieur, on parle la langue.
Il y a l'altruisme et le souci constant de cultiver cet altruisme davantage.
Là, on va à "l'école de bambou".
C'est un entrepreneur social exceptionnel, Uttam Sanjem, qui a eu cette idée.
On le soutient !
La scolarité, c'est 1 euro par mois.
Ceux qui ne paient pas restent quand même.
Les écoles sont en bambou, c'est écologique.
C'est construit en 3 mois. Le béton, pour moi, quel gâchis !

27'07 (fin de la transcriptionn donnée par TéléScoop !)

Chant traditionnel.

-Uttam a commencé sa première école en bambou pour ne plus voir les enfants dans les rues.
Nous, on l'a connu en 2007.
Quelques mois plus tard, en 2008, on a construit des écoles avec lui : 6 écoles en 3 ans, 7 000 enfants !
On va mettre une équipe pour que ça continue et participer aux frais.
On va essayer d'améliorer ça.
Il veut en faire 75, il y a 75 districts au Népal.
Il faut 100 professeurs par école.
Il met des annonces et fait une présélection.
Ensuite, il met 3 profs pendant une semaine dans une classe.
A l'issue, ce sont les enfants qui choisissent leur professeur.
C'est génial !
Les enfants disent : celui-là, on l'aime bien, il enseigne bien !
Tous espèrent que grâce à l'éducation, les enfants feront mieux qu'eux.
Ils envoient un fils, c'est lui qui va s'occuper des parents.
La fille part se marier.
Il y a un préjudice contre les femmes.

-Uttam récupère les filles.
Tout le monde le sait, c'est les femmes qui changent la société.
On a bien compris ça !

-C'est notre mission.
Je redescends dans la vallée, même si je préfère rester dans mon ermitage.
C'est en pensant à ces enfants et à ces personnes que je continue à courir le monde.
Franchement, je m'en passerais bien.
A 65 ans, je resterais bien tranquille dans mon ermitage à réfléchir, à traduire des textes, à écrire un peu.
L'endroit parfait !
Je vois 300 km d'Himalaya, les forêts, l'air est pur...
C'est sympa. Parfait !
Le jour, on s'assied sur le balcon, devant l'Himalaya.
Pendant deux mois, la seule chose qui importe, c'est de progresser dans ce processus qui consiste à se débarrasser petit à petit de la haine, de la colère, de l'obsession, de la jalousie, de l'arrogance et surtout du manque de discernement quant aux lois de cause à effet qui entraînent la souffrance ou conduisent au bonheur véritable.
Tout ça, c'est une science contemplative.
Le bouddhisme enseigne une science de l'esprit, de 'éveil.
C'est un chemin.

-La mutation, c'est ce processus.
C'est naturel pour moi d'être passé de l'Institut Pasteur à l'Himalaya.
Je voyais un potentiel sans doute plus grand d'épanouissement personnel et de contribution au bien-être des autres.

Laboratoire de Tania Singer - Leipzig

-La recherche scientifique est fondamentale.
J'ai participé à des recherches sur l'entraînement de l'esprit.
Si on pouvait montrer que ce n'est pas qu'une idée naÏve, mais que ça induit des changements profonds dans l'ensemble du cerveau, les gens verront que ça marche : ça vaut la peine de s'y intéresser.
On a entrepris cette collaboration il y a 10 ans, grâce à l'institut du "Mind and Life" et au Dalaï-lama.
Ce mouvement dure depuis 25 ans, les recherches ont été lancées il y a 10 ans, avec des psychologues, des spécialistes des neurosciences qui font des études cliniques sur les effets de l'esprit sur le corps.
Ça a pris un tour différent avec d'une part des scintifiques de haut niveau et d'autre part des méditants qui ont médité entre 10 000 et 50 000 heures !

-La plasticité cérébrale, c'est le fait de s'exposer régulièrement à un entraînement nouveau qui fait que nous changeons.
Ça, c'est vu de l'intérieur.

-Le fait de répéter régulièrement, d'amener encore et encore l'amour altruiste dans le champ de la conscience, ça fait que peu à peu, l'amour altruiste prend une plus grande prééminence dans notre manière d'être et que l'égoïsme, le fait de rechercher le bonheur au détriment des autres, finit par ne plus nous préoccuper.

Discussion en anglais.

-Je suis là, je vis !
Quand il y a une lumière ou un visage extraordinaire, je sors mon appareil.
Après, je le range.
C'est aussi le meilleur moyen de partager ces moments extraordinaires, exprimer la beauté des paysages, cette nature grandiose, et la beauté intérieure des êtres.
La vraie beauté, c'est celle de l'éveil !
Ces photos ont été prises de mon ermitage, sans tricher, 30 m à droite et à gauche.
Un truc comme ça ne se produit que 2 fois dans l'année.
Il y a toujours un peu de brume, mais il y a un trou juste là.
C'est le monastère qui est à 1 km en face.
C'est un coup de chance !
On vit dans le syndrome du mauvais monde.
Il faut montrer les horreurs, mais aussi l'espoir qui a un sublime potentiel dans chaque être humain, la force d'âme des Tibétains dans les tragédies multiples.
Si on peut montrer ça à travers les photos, ça donne un message d'espoir.
Le défi, c'est comment passer de la ransformation personnelle à une transformation de la société.
La transformation de la société est éminemment désirable.
L'altruisme n'est pas un luxe ni un noble idéal qu'on pourrait se permettre si tout allait bien, c'est une nécessité.
Dans l'économie, il faut de la considération pour l'autre.
Si on veut que la vie sociale conduise à une vie plus agréable, il faut que les conditions au travail, les conditions de liberté, la condition des femmes...
Pour améliorer tous ces facteurs, il faut être concerné par le sort des autres.
C'est l'altruisme !

Air d'opéra.

-J'ai été invité 3 fois au forum économique mondial de Davos.
Ça peut paraître surprenant, un moine bouddhiste !
Les journalistes me demandent : "Que faites-vous là ?"
Je pourrais être dehors avec les manifestants antimondialistes, avec des petits drapeaux, mais ces gens souhaitent avoir une voix aau sein de ces grands débats.
A Davos, on vous laisse dire ce que vous voulez.
Souvent, on me dit : "Ne parlez pas de ça ni du Tibet !"
A Davos, on ne m'a jamais donné la moindre consigne !
Vous vous adressez à des gens comme Clinton sans aucune barrière.
Ça, c'est enthousiasmant : ce sont les gens qui sont les moteurs du monde moderne, les représentants de la nouvelle économie comme Ernst Fehr de l'école Polytechnique de Zurich.
Il dit qu'on ne peut pas exclure l'altruisme puisqu'il existe !
Classiquement, on dit que l'économie n'est mue que par l'intérêt personnel, l'altruisme n'y a pas sa place.
Ces nouveaux économistes réfutent cette idée.
...
Ce débat me passionne puisque je travaille sur l'altruisme.
Comment contribuer à une société plus altruiste en ignorant l'économie ?
On perd son temps !
Si des gens convaincus d'une chose n'en parlent qu'entre eux, l'impact est limité.
Il vaut mieux être au coeur, comme dans le cheval de Troie, non pas pour créer l'anarchie, mais c'est là où les choses peuvent changer.

-Je voulais te le montrer.

-On va le déranger...

-C'est lui qui a des problèmes...

-Même si on veu avoir une vie active d'entrepreneur social, de philanthrope, d'humanitaire, le meilleur entraînement, c'est d'essayer de devenir un meilleur être humain, à la mesure de ses propres moyens.
On peut réaliser des choses.
Tout dépend avec quelle rapidité.
On a vu assez de bouleversements dans le monde des civilisations pour savoir que ça peut être fait.
Maintenant à quelle vitesse, c'est difficile à dire.
A un moment donné, ces activités s'épuisent, ne serait-ce que parce qu'on n'est plus capable de les mener à bien.
Depuis quelques années, j'ai du mal à prendre 70 avions par an pour trouver des ressources pour nos projets humanitaires...
Karuna-Schechen a réalisé 111 projets en 10 ans !
Toutes ces choses qui s'ajoutent les unes aux autres, qui s'empilent et s'entremêlent,je m'essouffle un peu...
Si on suit un chemin, même s'il fait 10 000 km, c'est pas grave !
L'essentiel, c'est de marcher dans la bonne direction.
La durée du voyage, c'est pas grave ! Ha ha ha !

ARTE France - 2011


La transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/765752/matthieu-ricard.html?q=matthieu%20ricard

 

 

Matthieu Ricard

France 2 - Vivement dimanche prochain

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Dimanche 19 octobre 2014 - France 2

Entretien avec le moine bouddhiste et philosophe Matthieu Ricard, qui publie "Plaidoyer pour les animaux" (Allary Editions).



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube l'extrait avec Matthieu Ricard, VOSTF sous titrée en français :
https://www.youtube.com/watch?v=nlMXJk5l7pY (8'45)




Revoir sur Dailymotion l'extrait avec Matthieu Ricard :
http://www.dailymotion.com/video/x28bguc (8'46)


Matthieu Ricard : Plaidoyer pour les animaux... par conscience33 


Revoir sur Dailymotion l'émission complète VOSTF (sous-titrée en français) :
http://www.dailymotion.com/video/x28bgsy (55'54)
Cette vidéo a été rejetée !

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/vivement_dimanche_prochain_,111000164.html

Autres vidéos sur Youtube l'extrait avec Matthieu Ricard :
https://www.youtube.com/watch?v=suMAB818hcQ
(8'33)
ou
https://www.youtube.com/watch?v=WjNQmS6lhgA (8'44)


PRÉSENTATION :

Avec Matthieu RICARD

Présenté par : Michel Drucker

Le programme : Chaque semaine, sur le célèbre canapé rouge de Vivement Dimanche, Michel Drucker fait revivre le parcours de personnalités dhorizons aussi variés que ceux de la chanson, de la littérature, du cinéma ou de la politique.

Autres informations :

Matthieu RICARD :
Site de Matthieu Ricard : http://www.matthieuricard.org/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/matthieu.ricard.francais
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Ricard

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'EXTRAIT DE L'ÉMISSION CONCERNANT MATTHIEU RICARD :

- M. Drucker : On va accueillir quelqu'un qui est un personnage hors norme.
Il était docteur en génétique cellulaire, il a été chercheur auprès de François Jacob, et puis dans les années 60, il est devenu moine bouddhiste.
Il est l'interprète du Dalaï Lama, il vit dans l'Himalaya depuis plusieurs décennies, et il a écrit un livre qui va faire beaucoup de bruit, "Plaidoyer pour les animaux", voici Matthieu Ricard...
Merci d'être là.
Lorsque votre éditrice Nicole Lattès m'a envoyé les épreuves non corrigées de votre livre, évidemment, compte tenu de mon rapport passionnel avec les animaux, je me suis précipité dessus.
Et, évidemment j'étais très impressionné, par ce que vous avez écrit.
D'abord, il y a deux citations, je devrait commencer par ça : "Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis", c'est de George Bernard Shaw, et puis : "On n'a pas deux coeurs, un pour les animaux, un pour les humains, on a un coeur ou on n'en a pas", ça c'est de Lamartine.
C'est important de commencer par ça...

- M. Ricard : La vérité est qu'il faudrait aimer les animaux au détriment des humains, ou à la place des humains, ou seulement les animaux, ça n'a pas de sens.
L'idée, c'est que la bienveillance fait partie de la nature humaine, en même temps que d'autres, mais que de limiter la bienveillance à nous seuls autres et de ne pas considérer le fait qu'il y a tant d'êtres sensibles qui, comme nous, souhaitent éviter la souffrance, souhaitent accomplir le bien-être, souhaitent rester en vie.
Je veux dire, quelle est l'aspiration la plus fondamentale que de vouloir rester en vie et d'éviter la souffrance ?

- M. Drucker : Alors, jamais on a autant parlé des animaux, d'ailleurs jusqu'à une loi qui est en partie votée et qui considère enfin que ce sont des êtres sensibles et non pas des objets.

- M. Ricard : C'est un peu aberrant qu'il faille attendre le XXIème siècle pour déclarer dans le code civil que les animaux ne sont pas des biens meubles mobiles ou des produits agricoles ou des choses nulles qui n'appartiennent à personne.
Cette façon montre quand même le manque de perspective et d'imagination.

- M. Drucker : Alors, vous dites qu'en général, les hommes ont du mal à tuer les animaux avec une totale indifférence.
Mais que la façon dont on tue les animaux se fait dans une espèce de clandestinité, comme s'il y avait une honte.

- M. Ricard : Là, c'est la face cachée de la réalité de tous les jours.
Il y a un abattoir en Californie dont tous les murs sont peints de fresques idylliques, vous voyez des vaches qui jouent dans les prés avec les oiseaux, des enfants, et à l'intérieur, c'est l'enfer.
Il faut dire que que 60 milliards d'animaux terrestres et 1.000 milliards d'animaux marins sont tués tous les ans pour notre usage, et dans des conditions abominables.
La plupart des animaux...
On sait par exemple, les bovidés, des bovins sont assommés par électronarcose mais que 15% reprennent conscience au moment où on les coupe en morceaux.
Je veux dire que ce qui se passe loin des regards, donc loin du coeur, il y a un manque de cohérence éthique.
Alors je vous dis ces choses sont incroyables.

- M. Drucker : Vous dites: "La répugnance à tuer les animaux se dilue dans la rapidité anonyme de la tuerie".
C'est-à-dire, quelqu'un qui saigne, un saigneur dans un abattoir, en 25 ans de carrière, tue entre 6 et 9 millions de porcs, et aux Etats-Unis, un employé d'une chaîne de poulets tue entre 75.000 et 90.000 poulets par nuit.

- M. Ricard : A une vitesse absolument incroyable.
Il y en a un qui a écrit une sorte de témoignage, il a dit : "Je suis un tueur et quand je rentre chez moi après avoir tué ces centaines, ces milliers d'animaux, j'ai tellement de mal à revenir à la normale dans une vie familiale parce qu'on est obligé de tuer l'empathie en soi".
Vous savez, c'est assez nouveau ça dans les rapports entre les humains et les animaux.
Les chasseurs-cueilleurs n'ont jamais considéré les animaux comme inférieurs, ils les considéraient comme différents, c'est à partir du moment où on les a tués un peu en masse qu'il a fallu dire pour se retrouver un peu en soi qu'ils ne ressentent pas la douleur, qu'ils sont là pour nous, etc., pour ne pas se sentir tous les jours comme des petits meurtriers.

- M. Drucker : Et là une chose qui est très intéressante, vous dites : "Emotionnellement, le consommateur ne fait pas le lien entre la viande et l'animal", et à la question "Manges-tu des animaux ?", tous les enfants de 5ans, 6 ans répondent non...

- M. Ricard : Ben oui, on a fait une enquête auprès à Chicago, à des enfants en classe moyenne, et plus de la moitié, quand on leur disait que la viande, c'étaient des animaux, ils répondaient : "Non, je ne peux pas manger des animaux".

- M. Drucker : Dans le bouddhisme, il est hors de question d'utiliser l'intelligence humaine pour exploiter les autres.

- M. Ricard : Justement, ce qui nous caractérise, c'est cette faculté de nous mettre à la place de l'autre, et ce progrès de civilisation, au lieu de le transformer en droit du plus fort par rapport à ceux que l'on peut dominer, ne serait-ce pas un signe de civilisation que d'avoir de la considération pour leur sort?

- M. Drucker : Il y a un chapitre important sur l'expérimentation animale, vous dites: "C'est un dilemme qui n'est pas près d'être résolu".
Il y a 2,5 millions d'animaux qui sont utilisés en France pour les expériences en laboratoire.
Vous évoquez les trafics d'animaux, les 5.000 trophées chaque année pour l'ivoire, les animaux comme objets de divertissement, 12.000 taureaux sont tués chaque année pour la corrida, les animaux de cirque, et vous dites : "Existe-t-il des dresseurs gentils ?".

- M. Ricard : Bien ça c'est le témoignage d'un dresseur russe qui était très célèbre dans le monde pour ses dressages d'ours.
Il avait un ours qui tenait une colombe dans sa main, et il disait : "Vous ne vous rendez pas compte de la somme de souffrances qu'il a fallu infliger à cet ours pour qu'il ne bouffe pas la colombe en public", et il disait : "Il n'y a pas de bons dresseurs, il n'y a que des dresseurs qui font mal à leurs animaux pour arriver à ce genre de numéro".

- M. Drucker : Vous, vous êtes né à la campagne et vous vous souvenez des parties de pêche, et vous vous souvenez de la souffrance des poissons.

- M. Ricard : Au début, j'avais une grand mère qui était si gentille, si bonne, la grand mère gâteau par excellence.
Je ne pensais pas que la pêche puisse être une occupation nuisible, et puis un jour, soudainement, je me suis dit : si moi on me tirait avec un crochet et que je m'asphyxiais comme ce poisson s'asphyxie ?
Et cette prise de conscience amène brusquement à se dire: je ne peux pas vivre de la souffrance et de la mort des autres.

- M. Drucker : Parlez-moi du Dalaï Lama, vous êtes son interprête, vous le voyez régulièrement, vous vivez en Himalaya depuis maintenant 50 ans, est-ce qu'il aura un successeur le Dalaï Lama ?

- M. Ricard : Le Dalaï Lama a toujours dit que l'institution du Dalaï Lama n'avait pas d'importance, que c'était au peuple tibétain de décider s'ils veulent ou non un dalaï lama.
Sils veulent l'élire, ou trouver la personne comme ça était fait jusqu'à maintenant.
Ce qui compte, c'est le sort des 6 millions des Tibétains et de leur liberté, de leurs aspirations.

- M. Drucker : J'étais vraiment content que vous veniez, parce que vous ne venez pas souvent en Europe, et je voudrais terminer sur cette photo, parce que j'avais rencontré votre papa, Jean-François Revel, académicien.
Il faut rappeler que vous êtes le fils de Jean-François Revel et de Yahne Le Toumelin, votre maman qui est peintre, qui a 91 ans.
Et votre papa était un personnage vraiment important.
Je vous remercie infiniment d'être passé par notre canapé.
Je vous remercie infiniment.

- M. Ricard : Merci beaucoup.

- R. Alagna : Merci beaucoup.

- M. Drucker : C'est impressionnant...



La transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/696005/3/vivement-dimanche-prochain.html?q=Matthieu%20Ricard

 


Matthieu Ricard

France 5 - « Les grandes questions » :

Le bonheur est-il dans le pré ?

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE - COMMENTAIRES

Jeudi 16 octobre 2014 - France 5 - 21h40

Avec Matthieu Ricard, Pierre Rabhi et Stéphane Le Foll



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Dailymotion l'émission - VOSTF Sous-titrée en français :
http://www.dailymotion.com/video/x28bkoo (56'15)

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/les_grandes_questions_f5_saison3_,110656719.html



PRÉSENTATION :

Avec : M. Ricard, P. Rabhi et S. Le Foll
L'émission : 
Pour ce numéro, intitulé « Le bonheur est-il dans le pré ? », le journaliste accueille notamment Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, Pierre Rabhi, philosophe et agriculteur biologiste, et Matthieu Ricard, docteur en génétique cellulaire et auteur.

Afin de répondre aux questions brûlantes que soulève l'actualité, Franz-Olivier Giesbert reçoit sur le plateau des intellectuels et éditorialistes qui confrontent leurs idées avec passion. Philosophes, scientifiques, universitaires, experts, personnalités politiques et membres de la société civile, soutenant des thèses parfois opposées, échangent sur des sujets aux implications politiques et sociales nombreuses.

Le programme : Franz-Olivier Giesbert est désormais entouré de trois philosophes : Mazarine Pingeot, Géraldine Muhlmann et Adèle Van Reeth. En compagnie dintellectuels et/ou dexperts, ils offrent un éclairage philosophique sur de grands thèmes de société.

Présenté par : Franz-Olivier Giesbert, Mazarine Pingeot, Eliette Abécassis, Géraldine Muhlmann et Adèle Van Reeth

 

Autres informations :

Matthieu RICARD :
Site de Matthieu Ricard : http://www.matthieuricard.org/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/matthieu.ricard.francais
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Ricard

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES SOUS-TITRES DE L'ÉMISSION :

- F-O. Giesbert : Bonsoir !
Bienvenue et merci d'être au rendez-vous des "Grandes questions".
C'est le 1er numéro de la nouvelle saison.
Ce soir, nous allons répondre à cette grande question : le bonheur est-il dans le pré ?
Pierre Rahbi, le sage de l'Ardèche que tout le monde connaît.
Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture est le personnage qui monte au gouvernement.
L'agriculture mène même à l'Elysée.
Matthieu Ricard, moine bouddhiste et docteur en génétique cellulaire.
Face à eux, Mazarine Pingeot, Géraldine Muhlmann, Eliette Abécassis, 3 agrégées de philosophie que les télés du monde entier s'arrachent.
Vous pouvez réagir tout au long de cette émission sur les réseaux sociaux.
On commence tout de suite par la question : le bonheur est-il dans le pré ?
Est-il en Ardèche ?

- P. Rahbi : Oui, à condition qu'on le veuille et que l'on fasse ce qu'il faut pour l'avoir.
Croire que le bonheur peut être intégral et pur est une illusion.
Il y a un bonheur relatif.
Dans un monde compliqué.

- F-O. Giesbert : Le bonheur est-il au ministère de l'Agriculture ?

- S. Le Foll : Pas forcément toujours.
Ça peut être fatigant, par moments.
On peut avoir envie de se reposer.
Il faut assumer nos responsabilités.
C'est un mystère, les questions alimentaires.
Ça touche à des questions essentielles.
On parle d'alimentation, d'agriculture.

- F-O. Giesbert : Où est le bonheur dans votre monde, Matthieu Ricard ?
Au sommet de l'Himalaya ?

- M. Ricard : Le bonheur est une manière d'être.
On peut être misérable et garder le bonheur.
Le bonheur est construit avec et au travers des autres.
Le bonheur égoïste, tout le monde y perd.
Cela vous rend misérable.
Il ne peut y avoir de bonheur qu'altruisme.

- F-O. Giesbert : On va passer au premier sous-thème de cette émission.
La sobriété et la nature sont-elles les 2 mamelles du bonheur ?
Tout d'abord, une petite question.

- Pierre Rahbi, vous êtes le Socrate des champs, le prophète de la prairie.
Vous êtes la bonne conscience de notre société consumériste.
Vous n'êtes que sage.
Fini de rire.
L'heure est grave.
La Terre est malade de nos égoïsmes.
La consommation comme seul horizon.
Au moment où la France se noie dans le pessimisme, on écoute le grand sachem de l'Ardèche.
A la croissance, vous opposez la sobriété.
Heureusement, la joie ne s'achète pas et va nous permettre d'appréhender tout cela.
La joie est une façon d'être au monde dans une forme de légèreté, de jubilation, d'orgasme permanent.
Vous écrivez ceci : Chaque fois que je fais le plein de carburant, j'engraisse les monopoles pétroliers et contribue..."

- P. Rahbi : Non, je ne fume pas ce que je fais pousser.
Il faut qu'aujourd'hui l'humanité comprenne qu'elle a à coopérer avec la vie et non pas à la détruire.
Ce que j'appelle l'agroécologie, c'est une coopération avec la vie.
Sinon, on participe à son extinction.
Ou en tout cas à l'extinction de l'humanité.
La planète Terre se débrouillera.
On est dans un processus suicidaire.

- F-O. Giesbert : Coopérer, ça veut dire cultiver ses petites plantes ?

- P. Rahbi : Non.
J'ai écrit des livres qui ont été accueillis par le ministère de la Culture comme étant très sérieux.

- F-O. Giesbert : La presse aussi.

- P. Rahbi : Oui.
Ce ne sont pas des théories générales.
Elles se fondent sur des expériences mises à l'épreuve même dans les situations les plus compliquées comme le Sahel, où vous êtes en voie de désertification.
Quand vous y apportez l'agroécologie, vous apportez la solution.
Au lieu d'acheter des sacs d'engrais, vous participez à la régénération de la terre qui est un organisme vivant à part entière.

- F-O. Giesbert : Vous prêcher la sobriété comme la Bible et le Coran.
Toujours avec modération...

- P. Rahbi : C'est dans un registre très réaliste.
Vous avez une partition du monde avec d'un côté, des gens très riches qui ont ce qu'il faut pour consommer.
Mais là où il y a la richesse, c'est là où il y a la plus grande consommation d'anxiolytiques.

- M. Pingeot : Le constat est intéressant.
C'est votre engagement qui est passionnant.
Vous êtes exemplaire.
Votre biographie est tout un roman.
Vous n'avez été qu'arraché dans votre vie.
A vos parents, ensuite à votre seconde vie, celle où vous vous êtes converti au catholicisme.
Puis arraché à cette seconde famille pour arriver à Paris, puis en Ardèche.
Votre rapport à la terre y est quasi sacré.
N'y a-t-il pas fondamentalement un désir de retour au foyer idéal ?
Ne mythifiez-vous pas la terre ?

- P. Rahbi : Je vous remercie de rappeler toutes ces ruptures.
J'appelle ça des ruptures, des réadaptations.
Quand vous êtes déterminé par 2 cultures, une musulmane où l'on vous dit que Dieu est transcendant, qu'il n'a ni été engendré ni engendré, qu'il ne faut pas boire de vin et manger de cochon et que vous arrivez dans une culture on se régale avec du saucisson et où l'on boit du vin, il n'est pas étonnant qu'on soit cinglé.
En étant parti sur toutes ces contradictions, comment ensuite, pour ne pas perdre raison soi-même, retrouver quelque chose qui domine tout ça pour nous faire renaître à nous-mêmes.
Nous sommes les enfants d'une société qui nous détermine.
Il faut sortir de ce conditionnement pour arriver à être soi.

- F-O. Giesbert : Matthieu Ricard veut parler.

- M. Ricard : Une expression qui entre en résonance avec la sobriété heureuse, j'aime bien parler d'harmonie durable.
On parle d'environnement durable.
L'harmonie durable, c'est réduire les inégalités.
Et croître qualitativement, et non plus quantitativement.
Améliorer la qualité de ce qu'on fait et préserver le sort des générations à venir.

- M. Pingeot : La question du moyen est plus politique.
Vous parlez d'éveiller les consciences.
Comment fait-on pour éveiller les consciences, à partir du moment où c'est juste un rapport individuel à soi-même ?

- P. Rahbi : Je n'ai aucune prétention à vouloir éveiller les consciences.
J'ai fait mes choix.
J'ai travaillé dans une entreprise et j'ai décidé que je n'avancerais pas dans ce chemin-là.
J'avais l'impression de troquer ma vie contre un salaire.
Ma vie vaut plus que ça.
Chacun a ses raisons d'être.

- F-O. Giesbert : Vous avez changé de vie pour aller vivre à la campagne.

- P. Rahbi : Il y avait une protestation à l'égard du modèle, que je trouve esclavagiste.

- M. Pingeot : On ne peut pas demander à toute la population d'une société post-postindustrielle...

- P. Rahbi : Je ne demande rien à personne.

- M. Pingeot : Vous n'écririez pas des livres.
Vous avez un côté gourou.

- P. Rahbi : Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous.
Il ne faut pas se gourer de gourou.
Je ne suis pas dans cette posture du gourou.
Quand j'ai écrit "Du Sahara aux Cévennes", c'était pour revisiter mon cheminement et essayer de décrypter ce qui pouvait m'instruire, moi.
C'est un éditeur qui l'a lu.

- M. Pingeot : Vous ne pensez pas exporter votre modèle ?

- P. Rahbi : Je n'ai rien à exporter.

- M. Pingeot : Je vous crois à moitié.
Si vous croyez en quelque chose, c'est normal d'être prosélyte.

- P. Rahbi : Je chante la Terre.
Nous sommes en train de la tuer.
Tous les jours, on répand du poison sur cette Terre à laquelle nous devons notre survie.

- F-O. Giesbert : Vous êtes allé chercher le bonheur en Ardèche.

- P. Rahbi : Pas le bonheur.
Il y a pas une quête du bonheur.
Vous pouvez être milliardaire, avoir des avions privés et ne pas être heureux.
Vous connaissez le mythe de l'homme qui vivait dans un tonneau ?

- F-O. Giesbert : Diogène disait merde à tout le monde.

- P. Rahbi : Et Alexandre le Grand, dans sa grandeur, vient se pencher sur ce type et le type lui répond : "Je ne te demande rien".

- F-O. Giesbert : C'est Stéphane Le Foll ?

- S. Le Foll : Il vient de la Sarthe.
Il vient d'un village de 256 habitants.
Il y a une idée qui consiste à réfléchir à quelque chose de très simple.
Les sociétés humaines et les grandes cités sont nées en même temps que l'agriculture.
Que les sociétés ne se portent pas bien, qu'il y ait des problèmes à régler, c'est évident.
Je voulais poser ce postulat de départ.
L'idée qu'on opposerait la terre à la société, la vie à la campagne, l'agriculture aux autres activités, est une erreur de base.
Après, comment on équilibre les 2 ?
C'est peut-être l'objet du débat.

- P. Rahbi : C'est la perception que nous avons de notre réalité globale.
Au lieu de percevoir la planète comme une oasis dans un désert astral et sidéral...

- F-O. Giesbert : Il y a des exoplanètes.

- P. Rahbi : Ce sont des hypothèses.

- F-O. Giesbert : Il y en aurait une centaine de milliards.

- P. Rahbi : Il y en aurait.
La seule certitude que nous ayons, c'est que nous avons cette planète.
Au lieu de la percevoir comme une chance inouïe, on la perçoit comme un gisement de ressources qu'il faut épuiser.

- E. Abécassis : Si l'on pense que le bonheur est dans le pré, cela veut-il dire que l'on refuse la modernité ?

- P. Rahbi : Il faut garder les éléments positifs de l'évolution.
Je ne peux pas souscrire à la bombe atomique, aux armes, à cette fureur de l'humanité.

- E. Abécassis : Que gardez-vous dans l'humanité ?
Dans le progrès technique, que gardez-vous ?
Il faut le rejeter complètement pour se rapprocher de la nature ?

Quels choix moraux faisons-nous par rapport à ça ?

Quand on choisit de fabriquer des fusils, je ne peux pas souscrire à ça.
La chirurgie d'aujourd'hui, c'est extraordinaire.
Il y a une technologie qui grandit l'humanité et une autre qui la détruit.

- G. Muhlmann : Dans votre discours, quelque chose me met moins à l'aise.
C'est une dimension complotiste.
Je vous ai entendu parler, j'ai étudié le sujet Pierre Rahbi avant d'arriver.

- F-O. Giesbert : On le connaissait avant.
On voit sa photo dans tous les magasins bio.

- P. Rahbi : Pas seulement.

- G. Muhlmann : Après la guerre, il y avait des matières de guerre : des nitrates, du phosphore.
Qu'allait-on faire après la guerre ?
On n'allait pas fermer les usines.
On les a réinvesties dans 2 espaces de profit : l'agronomie et la médecine.
Ça donne l'impression que des gens ont organisé tout ça.

- P. Rahbi : Rien n'est anodin.
La pétrochimie internationale y voyait des intérêts.
Elle a produit un prescripteur de pesticides et un prescripteur de médicaments.
Dans un aveuglement total et une ignorance totale, ça a été fait.
Des tas de gens pensent que les organismes génétiquement modifiés sont une très bonne intention pour la faim dans le monde, sauf que c'est un drame.

- M. Ricard : Le dalaï-lama disait : "Un pays qui vend des armes vend son âme." L'holocène est une période qui a commencé il y a 12.000 ans.
Puis on est passés à des sociétés égalitaires.

- F-O. Giesbert : Vous êtes sûr ?

- M. Ricard : Les chasseurs-cueilleurs étaient une société profondément égalitaire.

- M. Pingeot : Il y a beaucoup de Jean-Jacques Rousseau dans tout ce qu'on entend.

- M. Ricard : On n'a pas décidé de saccager la planète.
Ce ne sont pas des individus qui ont dit : "On va croître et on va créer des technologies pour détruire la planète." Une amie scientifique m'a dit : "Si le CO2 était rose, on verrait le ciel rosir à vue d'oeil." On s'inquiéterait un peu plus.
Nous sommes programmés pour réagir à des dangers immédiats.
Si un rhinocéros arrive dans la salle, on va se lever tout de suite.
On a du mal à avoir de la considération pour les générations à venir.
Groucho Marx disait : "Qu'est-ce que je vais faire pour les générations à venir ?
Pourquoi je m'inquiéterais de la génération à venir, qu'est-ce qu'elle a fait pour moi ?" Et
Steven Ford disait : "A quoi bon changer mon comportement pour quelque chose qui va changer dans 100 ans ?"

- M. Pingeot : Vous parlez du principe de responsabilité qui est formalisé par un philosophe allemand, Hans Jonas.
Quand on fait des découvertes technologiques, on ne peut pas connaître les conséquences qu'il y aura dans le futur.
La question, c'est toujours celle du risque.
Mais ne pas encourager le progrès scientifique ou médical, c'est aussi une prise de risque.
Dans ce calcul de risque, on n'interroge jamais la non-prise de risque, comme si elle était neutre.

- M. Ricard : C'est "La connaissance inutile" comme l'écrivait mon père.

- F-O. Giesbert : Jean-François Revel.
Il nous a fait un bouddhiste.

- S. Le Foll : Quelle est l'idée qui nous intéresse dans ce que développe Pierre Rahbi ?
Il a répondu à un besoin.
A l'après-guerre, il y a eu une augmentation de la population extrêmement importante.
Besoin alimentaire.
Dans notre société, après la guerre, il y avait des tickets de rationnement.
On ne pouvait pas manger comme on le fait aujourd'hui.
Il y a une espèce de profusion qui est arrivée.
Le vrai sujet évoqué, c'est que pour faire ça, on a considéré que les mécanismes naturels étaient d'abord des empêcheurs.
On a cherché à empêcher les empêcheurs.
On pensait que c'était avec ce qu'on allait apporter comme techniques et de technologies qu'on allait pouvoir produire.
La démarche de Pierre Rahbi est intéressante, mais à l'envers.
Et si les mécanismes naturels étaient utiles à la production agricole ?
Changer ça, c'est une rupture d'un paradigme par rapport à l'agriculture qui est immense.
Le ministre est plutôt sur la ligne de l'agroécologie.
Pour créer une rupture dans ce sens-là, pas pour revenir sur l'idée qu'on a besoin de produire ou pour dire qu'il y a des problèmes de production agricole.
Faisons en sorte que ce qu'on considérait comme étant quelque chose qui pouvait nous empêcher peut être quelque chose qui peut nous aider.
On peut venir corriger ensuite s'il y a des problèmes.
C'est ce changement-là qui est culturellement fort.
Après, on peut parler philosophiquement de ce que ça donne en termes de société.

- F-O. Giesbert : Il faut qu'on aborde la 2e partie.
L'harmonie des humains passe-t-elle par leur réconciliation avec le monde animal ?
On a le meilleur client possible de cette planète, Matthieu Ricard, l'ami des animaux, qui publie un livre.

- Matthieu Ricard, c'est un sacré cadeau que vous faites à Brigitte Bardot.
350 pages appelant au respect et à la bienveillance envers les animaux.
On se doutait que vous n'étiez pas spectateur de corrida mais là, vous tapez fort, à l'instar de
Gandhi.
90% de nos concitoyens considèrent leurs animaux domestiques comme un membre de leur famille, alors que moins de 3% sont végétariens.
Nous dénions aux animaux leur caractère sensible pour les réduire à des objets faits pour divertir ou être consommés.
Descartes ne pensait pas autrement  il y a 4 siècles.
2 chiffres vous font dresser les cheveux sur la tête.
Chaque année, on tue 60 milliards d'animaux terrestres et 1.000 milliards d'animaux marins.
Moine bouddhiste qui murmure à l'oreille du dalaï-lama, mais aussi docteur en génétique, vous savez que 99% de notre ADN est   similaire à celui du chimpanzé, 50% à celui de la mouche.
Donc sous quelle forme animale voulez-vous être réincarné ?

- M. Ricard : Un être humain qui ferait partie de ce même règne.

- F-O. Giesbert : Il répond à côté.

- M. Ricard : Dans le règne des espèces, je serais content de continuer à œuvrer avec une intelligence humaine, pour améliorer la planète.

- F-O. Giesbert : Si ce n'était pas un être humain ?

- M. Pingeot : J'aimais bien cette réponse.

- M. Ricard : La barge rousse du Canada.

- F-O. Giesbert : L'homme a tenté de surplomber le monde animal.
C'est ça, l'histoire de l'humanité.

- M. Ricard : On ne peut pas s'extraire de l'interdépendance.

- F-O. Giesbert : Il essaye toujours.

- M. Ricard : On ne peut pas s'extraire de quelque chose auquel on appartient.
On ne peut pas s'extraire de son propre corps, de la biosphère.
Notre civilisation a énormément progressé.
Il y a 300 ans, on emmenait femmes et enfants pour voir des pendaisons et le supplice de la roue.
Voltaire s'était insurgé parce que c'était un innocent qu'on brisait à la masse.
Il y a eu la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
Maintenant, qu'on s'occupe des droits des femmes et des enfants à juste titre.
Le respect de la personne humaine est non négociable.
Mao disait : "200 millions de morts pour le socialisme, c'est pas grave." On n'en est plus là.
D'un seul coup, l'animal a une valeur intrinsèque et quasiment neutre.
C'est de la matière à faire de la saucisse.
1,6 million d'espèces animales seraient simplement là pour nous, ça n'a pas beaucoup de sens.

- F-O. Giesbert : C'est ce qui est écrit dans tous les textes sacrés, dans la Bible et dans le Coran.
Dieu va créer l'homme, puis la femme.
Et ensuite, il va créer des bestioles pour qu'ils puissent les bouffer.

- M. Ricard : Milan Kundera disait : et si les extraterrestres débarquaient et disaient qu'ils étaient très friands de viande humaine ?
Les animaux sont différents, pas inférieurs.
Jusqu'au moment où ils ont commencé à les domestiquer et à tuer en masse.
Il fallait dire que les animaux n'avaient aucune douleur, qu'ils étaient intrinsèquement inférieurs.
Il y a une intolérance éthique.

- F-O. Giesbert : Je vais vous mettre entre les mains d'Eliette Abécassis.

- E. Abécassis : Je suis végétarienne depuis que Franz a eu la délicatesse de me faire visiter un abattoir.
Vous décrivez très bien la façon terrible dont on traite les animaux.
On arrache les becs des poulets pour qu'ils ne se frappent pas entre eux.
Et il y a ces pages sur les ours dont certains Chinois apprécient la bile.
Et ils restent 15 ou 20 ans en cage.
Vous ne pensez pas que la société a besoin d'exorcisme ?
Et que fait-on de la violence ?
La violence est là.
Vous, que faites-vous de la violence qui est en vous ?
Et que fait-on si elle ne s'exerce pas ?

- F-O. Giesbert : Il est très en colère contre les gens violents.

- M. Ricard : J'ai consacré ma vie à essayer de ne plus avoir la moindre trace de bienveillance... De malveillance.
L'idée que ce soit gravé dans la pierre, ce sont les idées de Konrad Lorenz et Freud.
On est plus en danger aujourd'hui qu'il y a 300 ans ?
Aujourd'hui, il y a 100 fois moins d'homicides en Europe qu'il y a 300 ans.
Si vous regardez le nombre moyen de décès par conflit en 1950, c'est 30.000.
Aujourd'hui, c'est 1.000.
Regardez le livre de Steven Pinker, la violence n'a cessé de décliner.

- E. Abécassis : Vous êtes pour les gens un prophète, un guide spirituel.
Vous êtes considéré comme ça.
Vous êtes l'une des consciences de notre temps.
En philosophie, il y a le concept du kairos, le moment opportun.
Il donne son sens à une action et à une réflexion.
Des centaines de milliers de gens sont tués en Syrie, les Kurdes vont être massacrés.
Est-il opportun, aujourd'hui, de lever la voix pour défendre les animaux ou ne sommes-nous pas dans une forme de barbarie que l'on dénonce à s'intéresser aux animaux plutôt qu'aux hommes quand les hommes ont besoin qu'on s'occupe d'eux ?

- M. Ricard : C'est une question qui m'est très souvent posée.
Je m'occupe de 140 projets humanitaires.
Nous soignons 100.000 patients par an en Inde, au Népal et au Tibet.
Nous avons 25.000 enfants dans des écoles.
Le fait de me préoccuper aussi des animaux ne m'a pas empêché de me mettre au service de l'humanité.
Il y a des gens qui font des collections de timbres.
Pourquoi ne se mettent-ils pas au service des animaux ?

 
- E. Abécassis : Comparez-vous le massacre des animaux au massacre de la Shoah ?

- M. Ricard : J'ai pris des précautions.
J'ai forgé un terme différent : le zoocide.
Il concerne 60 milliards d'animaux terrestres et 1.000 milliards d'animaux marins.
Ce n'est pas du génocide.
J'ai pris l'immense précaution de faire lire ce chapitre par les grands spécialistes.
Je fais des analogies.
Quand les analogies existent, on ne peut pas détourner le regard.
Isaac Bashevis Singer a été le 1er à parler de Treblinka.
Là, c'est un zoocide qui, année après année, recommence.
Il y a des négationnistes qui disaient que la Shoah n'avait pas vraiment existé.
Là, c'est une autre forme de négationnisme, de dire qu'il n'y a pas d'importance.
C'est un problème de conscience morale.

- F-O. Giesbert : Il y a une autre grande conscience sur ce plateau : Stéphane Le Foll.

- S. Le Foll : J'ai 2 grandes consciences et une petite au milieu.

- M. Ricard : Il était question de sémantique.
Il faudrait définir ce qu'est la violence avant tout.
On s'apercevra qu'elle est multiforme.
Je ne fais pas de morale.
La violence est multiforme.
La mondialisation est une violence terrible qui provoque sur la planète de la famine.

- F-O. Giesbert : La politique n'est-elle pas une violence ?

- M. Ricard : Tout dépend de la conscience qui mène les choses.
La violence est multiforme.
Je peux aller manifester contre les multinationales et rentrer chez moi et pourrir la vie de ceux qui vivent chez moi.
Il faut redéfinir ce qu'est la violence.
Souvent, on se lance dans un langage.
Tant que l'on n'a pas clarifié, on parle dans le vide.

- F-O. Giesbert : Stéphane Le Foll, vous entendez ces 2 discours.
Etes-vous le ministre de l'élevage, des abattoirs, des céréales ?

- S. Le Foll : Il y a un principe que je ne reprendrais pas.
En Inde, ils ont une civilisation avec des castes.
Si je mesurais cette civilisation selon la manière dont elle traite les animaux, je dirais qu'elle est moins élevée que la nôtre.
Ce principe n'est pas bon.
Dans les débats que j'ai eus au Parlement européen, c'était toujours le principe qui était avancé, en particulier avec les députés les plus religieux.
Pour moi, c'est non.
Est-on plus violent aujourd'hui qu'avant ?
Vous avez dit qu'on l'était moins.
Je suis d'accord.
Il y a un siècle, les animaux étaient enfermés, on les sortait et on les égorgeait.
Ça se faisait comme ça.
Ma mère m'a raconté que dans les fermes qui avaient des chevaux, ceux-ci étaient sifflés.
D'autres, c'était à coups de bâton.
La violence est à la responsabilité de chacun.
Comment la gérer collectivement ?

- F-O. Giesbert : Tout dépend comment on les élève et comment on les abat.

- S. Le Foll : Je connais le discours.
Il est sous-jacent.
Les animaux dont vous parlez sont des animaux qui n'existeraient pas.
Toutes les races actuelles ont été des races créées avec des objectifs : avoir du lait, de la viande.

- F-O. Giesbert : Il a marqué un bon point.

- S. Le Foll : Dans la manière dont tout cela a été construit, il y avait des besoins physiologiques et on a trouvé des solutions pour y répondre.
Quand on arrive dans des grandessociétés comme les nôtres, on arrive dans l'industriel.
En 20 ans, ce qui a été fait sur le bien-être animal est un progrès.
Il y a 30 ou 40 ans, ce que l'on demandait aux agriculteurs ou aux éleveurs n'était pas imaginable.

- F-O. Giesbert : Vous venez de marquer un point.
Si le bonheur est dans le pré, si on veut vivre en harmonie avec les animaux, il en faut beaucoup.

- M. Ricard : Gandhi ne disait pas "On ne juge la civilisation d'une nation que par les animaux".
C'est un degré supplémentaire de civilisation.
On s'intéresse aussi aux autres êtres sensibles.
Il ne voulait pas dire que l'on ne s'intéresse pas à la façon dont les êtres humains gèrent les animaux.
Il est plus difficile de s'introduire dans un abattoir que dans une centrale atomique.
S'il n'y avait rien à cacher, on emmènerait les enfants pour voir ce qui s'y passe.

- S. Le Foll : Il y a tout d'abord un rapport à la mort.
Ce n'est pas facile.
Les sociétés sont très individualistes.
L'individu a une conscience très élevée de son être.
Il a de plus en plus un rapport à la mort qui voudrait être celui de l'éternité.
On projette ce sentiment sur les animaux.
C'est compliqué et ce n'est pas vrai.
Les abattoirs où on amène les enfants, non.
Il y a la mort.

- M. Ricard : La viande n'est pas fabriquée dans les supermarchés.

- S. Le Foll : Mangez-vous de la viande ?

- M. Ricard : Non.

- S. Le Foll : C'est votre choix.
Ne faites pas une règle de votre pensée.

- M. Ricard : C'est une prise de conscience.

- P. Rahbi : Je vais vous parler de choses concrètes.
Nous avons vécu pendant des années avec des animaux.
Notre biotope très rocailleux et difficile nous avait fait choisir un animal adapté à ce biotope difficile : la chèvre.

- F-O. Giesbert : C'est intelligent, la chèvre.

- P. Rahbi : Elle est très malicieuse.
Premier critère : nous avons limité la densité.
Deuxième critère : nous ne vivions pas des animaux, mais avec les animaux.
Chaque chèvre avait son nom.
A table, on disait qu'untel n'allait pas bien aujourd'hui, etc.
C'était comme l'extension de la famille.
La chèvre fournissait du lait, nous faisions du fromage que nous allions vendre au marché.
C'est cette fabrication et ce rapport au public et à la clientèle qui ont généré une convivialité extraordinaire.
Le prétexte marchand ne devenait pas simplement l'exploitation des bêtes pour en vivre, mais il allait plus loin.
Ils étaient devenus des amis.
Les chèvres faisaient des fromages excellents.
C'était une offrande de la vie.
Chaque animal était considéré.
Ils n'étaient pas vus simplement comme une usine à faire du lait.
Je ne suis pas végétarien, mais pour autant, je ne suis pas dans une posture...
Je vais vous raconter une histoire.
Dans le monde musulman, nous avons l'Aïd el-Kebir.
C'est le sacrifice en commémoration d'Abraham.
Cette fête existe depuis toujours.
Nous prenions un animal jeune qu'il fallait engraisser avant d'arriver à l'échéance.
Enfant, je voyais le mouton élevé et j'étais dans l'émotion.
Un jour, le jour du sacrifice arrive.
Je m'étais attaché à cette bête.
Je savais qu'elle était condamnée et qu'elle allait mourir.
Mon père arrive avec son couteau.
Que se passe-t-il ?
Il lâche le couteau.
Il ne peut pas tuer cette animal.
Pourquoi ?
Parce que je suis fâché avec le voisin.
Il est allé chercher le voisin.
Ils se sont réconciliés.
La notion de sacrifice est une notion de la vie qui se donne à la vie.
Il n'y a qu'une seule différence avec l'être humain.
Quand un lion mange une antilope, il la digère.
Mais il n'a pas d'entrepôt d'antilopes.

- F-O. Giesbert : Le bonheur est-il dans le pré ?
Il y a une sous-question : faut-il remettre la ruralité, la campagne au coeur des priorités ?
C'est une question pour Stéphane Le Foll.
La ruralité disparaît peu à peu ?
Il y a beaucoup de gens qui n'ont jamais vu un chevreau.

- S. Le Foll : La ruralité est changeante dans l'histoire même de la France.
Les paysans étaient les derniers de la hiérarchie sociale.
Les paysans n'existaient même pas sous l'ère gallo-romaine.
C'étaient de grandes exploitations
avec des gens qui travaillaient.
Il n'y avait pas de paysans.
Le paysan a toujours été celui qui travaillait la terre.
Il n'était pas considéré.
Il y est arrivé.
La République et la révolution industrielle, le chef d'exploitation est arrivé.
C'est là qu'il acquiert un statut et une place très importante.
Le ministère de l'Agriculture a été créée en 1881.
La ruralité a pris des formes nouvelles.
Il faut qu'on la pense.
On a pensé urbain.
On a conçu les villes.
Les bourgs se sont construits et on n'a pas repensé le bourg.

- G. Muhlmann : J'ai rarement vu un ministère où c'est tellement évident que ce soit la question de la malnutrition ou de l'alimentation, 16 millions d'Européens souffrent de malnutrition.
Que ce soit la question de la diversité, de la culture, vous dites qu'il faut la promouvoir.
L'ensemble de vos sujets, que ce soit le prix des engrais, que ce soit l'alimentaire, on se dit que cela ne peut se faire qu'au niveau du marché international.
Il y a quelque chose comme une impuissance nationale au ministère de l'Agriculture.

- S. Le Foll : Il y a tout d'abord des inerties énormes.
La politique, vous gérez des inerties.
Les philosophes et les penseurs se gèrent un monde.
Le politique gère la réalité.
On ne change pas comme ça.
Si vous prenez la question alimentaire, la bataille conduite a sauvé 3 milliards d'euros pour l'aide alimentaire.
L'aide alimentaire est concrète et permet l'accès à l'alimentation.
La bataille existe.
Si je reprends la question de l'agroécologie, on m'a dit que ça ne va pas assez vite.
C'est vrai.
Pour enclencher un processus...

- F-O. Giesbert : Qu'est-ce que l'agroécologie ?

- S. Le Foll : Réfléchissons à nos mécanismes naturels pour produire.

- F-O. Giesbert : Envoyer des coccinelles pour tuer les pucerons, par exemple.

- S. Le Foll : Oui.
Quand vous labourez, si vous avez 3 tonnes de vers de terre à l'hectare, ça laboure la terre.
Et ça va bien plus profond qu'une machine.
Il faut s'organiser pour que les vers de terre travaillent à votre place.
Tout cela nécessite des objectifs.
On a fait une loi qui s'appelle "Produire autrement".
Il faut rechercher autrement.
L'innovation est nécessaire.
Il faut innover, produire autrement.
C'est toute la technique qui revient à l'agronomie, à la recherche et à l'utilisation naturelle des produits.
Il faut aussi développer.
Je diffuse le savoir des pionniers.
Il y a des gens qui ont pris des risques pour d'autres.
Au moment où ils les ont pris, ils étaient convaincus.
La grande population des agriculteurs ne prendront pas ce risque si on ne les aide pas.

- P. Rahbi : Je tiens à préciser quelque chose.
Ce qu'ignore le monde moderne, c'est que la Terre est un organisme vivant à part entière.
Il y a des micro-organismes.
Tout ceux-là travaillent gratuitement, jour et nuit, sans faire grève.

- F-O. Giesbert : Pourquoi font-elles grève ?

- P. Rahbi : Quand on leur met des produits chimiques, elles font plus que grève, elles meurent.
Vous mettez des substances chimiques, elles sont nuisibles au travail de la terre qui élabore des oligo-éléments et des sels minéraux.
C'est une substance très subtile pour notre alimentation.
Nous mangeons des aliments carencés terriblement.
Quand un végétal est carencé, il cherche à survivre.
A ce moment-là, il devient la proie facile des maladies et des parasites.

- G. Muhlmann : Il n'y a pas de maladie dans la nature ?
Il n'y a pas de violence dans la nature ?
Je me permets de vous interrompre.
Je ne vois pas pourquoi la défense des processus naturels, la défense d'un meilleur comportement, toutes ces choses, je les entends.
Pourquoi cela devrait passer par un discours d'irénisme sur la nature qui me sidère ?

- P. Rahbi : Je ne suis pas d'accord.

- G. Muhlmann : La Terre ne tombe jamais malade toute seule, il faut lui mettre des produits chimiques ?
Comment croyez-vous que l'on a soigné la pomme de terre ?
Par des produits.
Je ne vous entends jamais dire une chose qui est très importante dans l'histoire des humains : la nature est dangereuse.
Nous devons nous protéger de la nature.

- P. Rahbi : Vous ne pouvez pas dire que la nature est dangereuse.
Il n'y aurait pas non plus la bombe atomique
Le virus a inventé la bombe atomique.

- G. Muhlmann : Que nous soyons dangereux, je ne le nie pas.
Mais la nature aussi.

- P. Rahbi : Ils ont inventé des missiles.
Ils ont inventé des drones.

- M. Pingeot : Que l'être humain soit ambivalent et non pas un gentil, c'est une question anthropologique.
Vous avez une vision d'un homme merveilleux et ce serait la société qui l'aurait averti.

- E. Abécassis : Je voudrais revenir sur la notion de nature.
Il n'y a pas de nature.
La nature est une construction d'un point de vue philosophique.
Quand on parle de nature, on est dans la question de culture qui dit qu'elle est nature.

- P. Rahbi : Que voulez-vous démontrer ?

- E. Abécassis : Rien.
La nature rousseauiste, cette image idyllique de l'état de nature auquel nous aspirons tous et qui serait comme un paradis et qui serait notre bonheur n'existe pas.
C'est une construction.

- P. Rahbi : Je ne suis pas dans le romantisme, je suis dans le réel absolu.
Les arbres, ce n'est pas une vue de l'esprit.
La Terre existe.
Les arbres existent.
Les animaux existent.
Ce ne sont pas des éléments virtuels.
C'est la réalité.
Vous, vous êtes dans le romantisme de la nature.
Je ne le suis pas.
Nous sommes la nature.
Il faut arrêter de croire que la nature est nous.
Nous sommes la nature.
Nous sommes l'émanation de la nature.
Nous sommes des mammifères érigés, avec une tête sphérique, capable d'un cerveau.
Mais nous sommes bien de la nature.

- M. Ricard : Une tigresse rôde autour de mon ermitage.
Je sais ce qu'elle aimerait manger au petit déjeuner.
Cela ne m'empêche pas d'avoir plus de bienveillance pour les êtres sensibles.

- M. Pingeot : Vous passez votre vie à essayer de maîtriser votre violence.

- M. Ricard : Je ne vois pas du tout les choses comme ça.

- M. Pingeot : On a parlé de la violence.
C'est une question importante.
La violence est inhérente à chacun d'entre nous.

- M. Ricard : Je ne comprends pas cette inhérence.

- M. Pingeot : Vous n'avez aucune violence ?

- M. Ricard : C'est une possibilité.
C'est la fabrique fondamentale de notre nature et de l'être humains ?
C'est une présupposition qui n'a aucune justification.

- M. Pingeot : Il suffit de regarder dans une cour de récréation.
La question de la sagesse, et de la civilisation par ailleurs,
c'est de dépasser son animalité.
Au moment où il dépasse son animalité et non pas dans une sorte de continuum.
Contre l'instinct de possession, la violence possible, c'est à ce moment-là que la morale vient.
Comment peut-on réinscrire l'homme dans un continuum ?
C'est nous qui sommes en train de parler de ce continuum.

- M. Ricard : La haine, la
jalousie, pourquoi cette animalité ?
Alors qu'il y a l'amour, la liberté intérieure, la paix intérieure.
L'animalité est la nature de l'inconscience ?

- P. Rahbi : J'ai de plus en plus de mal à saisir la logique de cette rencontre.
De quoi parlons-nous ?
Nous sommes dans des plans différents.
Quand on nous dit que nous sommes des animaux, forcément.

- M. Pingeot : Y a-t-il une différence de degrés ou une différence de nature ?
C'est une question classique et pourtant fondamentale.

- P. Rahbi : Je vais vous raconter une histoire que j'ai inventée moi-même.
J'imagine la Terre se construire.
Avec ses montagnes, sa mer.
Elle est absolument splendide.
C'est bien avant l'avènement de l'être humain.
Ensuite, elle se dit : "Je suis très belle, mais s'il n'y a personne pour m'admirer, ce n'est pas très bien".
Elle aurait donc créé l'être humain.
A-t-elle bien fait ou mal fait ?
Je me demande si elle n'a pas eu tort de créer l'être humain car l'être humain va la détruire.

- E. Abécassis : C'est le syndrome de Noé.
Il vaut mieux sauver les animaux que l'homme.

- F-O. Giesbert : C'est le moment du nouveau rituel de cette émission : la question "babacou".
Il y a quelques mois, des chercheurs du CNRS de Bordeaux ont fait une découverte absolument incroyable.
Comme nous autres animaux humains, les écrevisses sont sujettes au stress et à l'anxiété.
Pour qu'elles se sentent mieux, il suffit de leur injecter de la benzodiazépine.
A-t-on vraiment le droit de manger des animaux non humains, comme nous ?
Ils peuvent déprimer au sortir de la mélancolie.
Je suis désolé si je vous ai coupé l'appétit.
Je vous laisse réfléchir jusqu'à la semaine prochaine.
Je recevrai Bruno Le Maire, Jean-François Kahn.
Je rappelle les titres de vos livres : Matthieu Ricard avec "Plaidoyer pour les animaux".
Pierre Rahbi, beaucoup de livres.
Tout d'abord, ce livre avec le merveilleux Jean-Marie Pelt : "Le monde a-t-il un sens".
Il y a le classique "Vers la sobriété heureuse".
Je vous conseille ce livre pour comprendre Pierre Rahbi.
Mais aussi cette revue, "Ultreïa".
C'est le 1er numéro.
Et puis, le livre d'Olivier Le Naire : "Pierre Rahbi.
Semeur d'espoirs".
Stéphane Le Foll, on attend votre livre.
Pour l'instant, c'est une préface à ce livre, "L'intelligence est dans le pré".
Merci à vous tous.
Cette émission est terminée.
On se retrouve la semaine prochaine à la même heure.
A la semaine prochaine.



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Ces commentaires ont été lus le mercredi 22 octobre...

Kathia • il y a 6 jours
Si contente de pouvoir écouter Pierre Rabbi et Matthieu Ricard mais si profondément déçue par les questions et le comportement des présentatrices et du présentateur. Mesdames et monsieur je pense que vous n'avez rien compris et que malgré votre soit disant savoir vous avez encore beaucoup de chemin à faire. Je ne regarderai plus cette émission.

sophie > Kathia • il y a 6 jours
complètement d'accord avec vous, bien peu de respect pour 2 invités qui auraient pu apprendre beaucoup à ces présentatrices "simplificatrices" et à l'esprit étroit. Et renvoyer à P. Rabhi le fait qu'il n'est pas dans la réalité pke philosophe est assez étonnant de la part de journalistes et homme politique... Il s'est d'ailleurs demandé ce qu'il faisait là. Un triste spectacle, mais qui encourage à se tourner vers d'autres sources d'information

Chritiane> Kathia • il y a 6 jours
Christiane,
je partage entièrement vos commentaire Didou et Kathia . J'ai décidé de ne plus regarder une émission si déséquilibrée ,les plus jeunes étant les plus ringardes.Décevant et triste pour les deux invités (P Rabhi se demandait ce qu'il faisait là et M Ricard n'était pas écouté.

Alexandra > Kathia • il y a 6 jours
Je suis également très déçue par la gestion des discussions, je n'avais jamais regardé cette émission, je pensais que sur France 5 la qualité des questions et l'élévation du débat serait plus élevé justement! je n'ai rien appris et me demande quel est le but de cette émission.

Mathilde > Alexandra • il y a 6 jours
Effectivement, cela aurait pu voler très haut, mais on était vraiment plus bas "qu'au raz des pâquerettes". Quand on entend Pingeot qui parle de la nature dangereuse... on sait très bien que ce n'est pas un long fleuve tranquille, qu'il faut faire avec... pour un peu elle nous aurait parlé d'Ebola. Après avoir suivi la grande librairie, ouah quelle claque!!!

claudine > Kathia • il y a 6 jours
Cher Fog, revoyez votre casting pour la prochaine émission. Sinon beaucoup fermeront leur poste pour ne pas être contraint d'écouter ces "philosophes" réciter leurs savantes leçons!

Christian > Kathia • il y a 2 jours
La grande question était : " Le bonheur est-il dans le pré" .
La moindre des choses, c'était de pouvoir poser des questions à Monsieur Pierre Rabhi. Mais c'est lui qui a refusé que les présentatrices ne lui pose des questions ou lui demandent des éclaircissements sur ses affirmations.
Comme si les déclarations de Pierre Rabhi ne pouvaient qu'être écoutées en silence.
J'ai beaucoup apprécié cette émission, mais j'ai été très déçu des propos incohérents de Pierre Rabhi ainsi que de son agressivité.

Patrick > Christian • il y a un jour
J'apprécie que je ne sois pas le seul, pratiquement, à me démarquer de la quasi totalité des commentaires. Je regrette aussi que les présentatrices restent muettes sur ces derniers.

Lucien Sabban > Kathia • il y a 4 jours
J'ai visionné cette émission, plein d'espoir et tout comme vous, Kathia, je suis profondément déçu par la légèreté avec laquelle les 2 grands chercheurs (Ricard et Rabhi) ont été questionnés et moult fois interrompus. Que F.O.G. à la 52è minute donne la parole au "petit" Rabhi est indigne, témoignant d'une arrogance prétentieuse, bien française diraient nos amis étrangers. Au déclin économique et politique dans lequel est actuellement plongé notre beau pays, prenons garde à ne pas y ajouter l'isolement culturel ...

nicole treves > Lucien Sabban • il y a 2 jours
tout à fait d'accord!

AnneA • il y a 6 jours
Merci à vous : j'ai enfin compris la différence entre intellectualisme et intelligence. Un grand moment !

AnneA. > claudine • il y a 6 jours
"Un grand moment" voulait exprimer mon indignation face à ce manque de respect envers M.Ricard et P.Rabhi. Décrédibiliser des hommes aussi intéressants, sensibles, humains, qui nous ouvrent les yeux sur une manière de vivre plus en harmonie avec notre environnement et donc plus heureuse, c'est désolant à un point ! Jusque là j'admirais les hommes et les femmes intellectuelles, leur savoir, leur manière d'utiliser la langue...Je tombe de très haut.

claudine > AnneA. • il y a 6 jours
Oui Anne j'avais très bien compris votre indignation. Le mienne fut identique! J'ai trouvé lamentable aussi bien le présentateur qui aboie sans cesse pour bien marteler sa présence que ces trois savantes incapables de comprendre le discours généreux et tellement humaniste de ces trois grands hommes sous prétexte de valoriser leur soi-disant savoir "intellectuel".

Malou Legrand > AnneA • il y a 3 jours
Bien d'accord et d'ailleurs avec la majorité de ces commentateurs; que monsieur Giesbert nous protège désormais de ces walkiries intellos qui n'ont en réalité rien à dire que de plates régurgitations sans intérêt.

Didou • il y a 6 jours
Dommage que les chroniqueuses ne se soient pas renseignees sur l'agroecologie, et les avancées en terme de recherche. On comprend aujourd'hui.hui de mieux en mieux en quoi les phénomènes naturels dans le sol permettent de se prémunir des maladies, en quoi la biodiversité lutte aussi contre ces dernières (contrairement à la monoculture) et en quoi, sans éviter ni nier les maladies, l'agroecologie permet de produire avec un seuil de pertes tolérable etc. Etc. L'opposition retour à la nature/technologie ou nature= bien et culture= mal sont des débats dépasses. J'ai eu l'impression de voir se parler un ancien monde des idées et un nouveau monde....les plus jeunes ne représentant pas celui que l'on croit.

Marilyne • il y a 6 jours
J'étais impatiente de voir Pierre Rahbi et Matthieu Ricard, des hommes de conviction que nous avons tout intérêt à écouter. Quelle déception de voir le traitement qui leur a été réservé ! Ils n'ont pas pu s'exprimer face à l'indigence des questions de "chroniqueuses" peu respectueuses, pétries de clichés, qui ne savent visiblement pas de quoi elles parlent ! J'ai eu pitié d'eux et honte pour elles comme pour FOG qui se réserve le beau rôle comme toujours mais n'élève pas plus le débat. Affligeant sur une chaîne de France Télévisions.

geraldine • il y a 6 jours
Quelle émission surprenante ! Un présentateur qui fait sensiblement baisser le niveau des discussions par des interventions piquantes ou des questions stupides, associé à des chroniqueuses agressives qui ne ratent pas une occasion pour contrer les opinions des invités. On finit par être choqués de tant d'irrespect et par ce manque d'écoute notoire ! Dans quelle société voulons nous vivre ? La nature devient même, comble du ridicule, dans la bouche d ' une chroniqueuse suffisante et pédante <<un concept="" dépassé="">>! Pierre Rabbi dont le calme et la modestie se sont encore illustrés reste interdit ..et nous avec! Le seul vainqueur : un ministre gominé, grand orateur, qui au passage se désole du manque de réalisme des philosophes qui amènent l'inertie, mais qui quant à lui n ' apporte rien au débat philosophique. Conclusion implicite d'une émission hypocrite:il faut tuer les penseurs !Quel progrès que cette émission <<culturelle>>! On félicite Arte!

boquet > geraldine • il y a 6 jours
d accord a 100%

Jefarchi > geraldine • il y a 6 jours
complètement d'accord

Chris • il y a 6 jours
Autant de fausse monnaie que de richesses pour un plateau prometteur sur le papier : Pierre Rabhi, Mathieu Ricard, Stéphane Lefol.

Dans les faits, des têtes farcies de savoirs non éprouvés, celles des présentatrices qui aspirent à se faire une notoriété sur le dos d'invités, dont les connaissances les dépassent tant en expérience qu'en
réflexion et que leur manque d'humilité les empêche de reconnaître.

Si l'idée maîtresse de FOG était de générer de la controverse, et comment en douter, c'est une réussite, bien peu flatteuse pour ces pauvres filles.
Quant à alimenter les consciences ?...

Joacho • il y a 6 jours
Après avoir lu les commentaires, je suis rassurée je ne suis pas la seule affligée par cette mascarade, accueillir Pierre Rabbi et Matthieu Ricard et afficher une telle ignorance face à leurs parcours, leurs messages, leurs intentions...Ces trois femmes ont l'air de débarquer, de faire exprès (ou pas) de ne rien comprendre aux réponses des invités, c'était difficile à écouter, et d'un manque total de respect. La "violence" était sur le plateau et l'on comprend aisément pourquoi nous en sommes arrivés là....

José • il y a 6 jours
Inviter Pierre Rahbi et Matthieu Ricard et tenter de les faire passer pour des gentils illuminés? Ce n'est pas sérieux.
Le ton des présentateurs était agressif et condescendant.
Un bien triste spectacle, quelle déception!

Jefarchi • il y a 6 jours
J'espère que les chroniqueuses ont adressé des excuses à Pierre Rabbi et Matthieu Ricard, leurs invités à l'issue de l'émission. Quel gâchis d'avoir deux grands sages sur un même plateau et d'avoir à subir des interventions aussi stupides, agressives et empreintes d'une manifeste volonté de s'opposer pour parler et se montrer (à l'exception de Mme Abecasis qui a juste un peu relevé le niveau des "interventionnistes" ridicules... ce n'était pas difficile me direz vous).
Quelle déception cette émission, quel irrespect ! n'y avait il pas moyen de faire avancer le débat plutôt que de le faire tomber si bas ?

Smurth • il y a 6 jours
Franchement,

Mazarine Pingeot / Présentateur ?
Géraldine Muhlmann / Présentateur ?
Adèle Van Reeth / Présentateur ? je les trouve un peu légères comme présence et comme conscience, arrogantes et plaquées dans des fumées pseudo-intelec ras des pâquerettes, à côté de la plaque sur les niveaux des questions ou de ce qu'elles ont dit, ou plutôt rien dit, on aurait la maternelle qui joue au grand et qui sait mais qui sait rien au fond et Giesbert qui gesticule du vent comme d'habitude, que ces jeunes dames regardent ce lien et s'instruise un peu et vivent pour prendre un peu de consistance
http://www.wat.tv/video/george...

 

Anne-Laure Tran • il y a 5 jours
Une émission ahurissante, quelle déception... un sentiment de honte d'avoir regardé (donc un peu participé) M. Ricard et M. Rabhi ainsi malmenés et bafoués. Je boycotte l'émission, dégoûtée par l'immense bêtise de ces chroniqueuses qui n'écoutent que leurs questions acerbes, aucunement les réponses. Je n'écris jamais de commentaire sur les émissions TV mais j'ai ressenti ce besoin au lendemain de cette émission désastreuse...

sainclair> Anne-Laure Tran • il y a 5 jours
Calme héroÏque de M.Ricard et M.Rabhi face à une déferlante haineuse.

tom29 • il y a 5 jours
Entièrement d'accord, quel manque de respect, le comportement de ces journalistes était affligeant !! Quand on a la chance de réunir deux grands hommes sur un même plateau, on ne peut pas se permettre un tel spectacle. M.Giesbert cela mérite bien une petite déclaration car cette émission restera un grand gâchis.

Anne • il y a 5 jours
très décevant, les interventions des 3 philosophes ont été vaines, maladroites, complétement à côté du sujet. Face à des démonstrations réalistes, que répondre à des arguments tout théoriques, tout droit sortis des fiches révisions philo bac L ? Au lieu d'interrompre Pierre Rahbi dans son explication, avec l'idée (fausse) d'une opposition entre "la nature dangeureuse" vs. une vision "angélique"
que vous lui avez prêté (encore faux), il aurait été bien plus intelligent, utile (et poli) de le laisser terminer et poser la question judicieuse de "comment l'agroécologie aurait pu, ou pas, régler les
famines de la pomme de terre, comment éviter que cela se reproduise, à l'avenir?" (car oui j'aurais bien voulu l'entendre sur ce point, encore aurait-il fallu lui poser la question clairement sans partir dans des comportements énervés et des théories scolaires). Gros déséquilibre entre des personnes bienveillantes, brillantes, qui partagent des expériences concrètes, et un journaliste et des universitaires d'un niveau trop faible pour porter à bien le rôle de contradicteurs.

BruSteph • il y a 5 jours
Il y a quelques années Pierre Desproges, en parlant d'un animateur, avait dit qu'il "changeait l'or en plomb". C'est tout à fait le sentiment que j'ai eu hier soir en regardant l'émission. Les interventions de M. Rabhi (et également de Monsieur Le Foll, bonne surprise) étaient de très haut niveau, Mathieu Ricard semblait moins à son aise, mais surtout les animateurs n'étaient absolument pas au niveau. Ils n'ont fait que tirer le débat vers le bas ou l'emmener vers des analyses conceptuelles totalement verbeuses et incompréhensibles. Vraiment quel dommage de gâcher un tel moment avec des intervenants de cette qualité !!!

LAURENT • il y a 5 jours
Quel manque de respect!!! Un présentateur qui coupe la parole, à un humour décalé et des interventions irréalistes, des présentatrices agressives, remettant en question la légitimité de Mr RICARD et Rabhi. Je croyais que cette émission était un échange ??? Monsieur Rabhi s'est lui-même demandé si cela n'était pas une " blague" tellement il a été malmené. Je suis navrée, mais je ne vois pas pourquoi je ferai le l'audimat à une émission qui se positionne ainsi.

Koko Limache • il y a 5 jours
Je partage l'avis général et j'espère que FOG et ses chroniqueuses en tiendront compte... Tombée par hasard sur l'émission, Monsieur Rabhi et Mathieu Ricard ont fait preuve d'une grande sagesse face à la conduite des "journalistes". Ils ont été totalement incompris par leurs "intellocutrices" qui n'ont même pas essayé de comprendre la richesse de leurs savoirs. Au contraire, au lieu d'élever le débat, on aurait dit qu'elles n'avaient pour mission que d'enfoncer les deux sages, Monsieur Le Foll ayant été épargné de leurs attaques. (on le voit bien, lorsque le ministre reprend et expose les principes de l'agroécologie , Mlle Pingeot n'a plus rien à dire et fait une petite moue, elle s'écrase!). Ce qu'ont fait les trois copines de FOG n'a pas été constructif, elles ont utilisé des arguments de base à l'emporte-pièce, sans aucune connaissance de cause. Quand j'entends des inepties pareilles de leur part, (Mlle Pingeot, il est clair vous avez projeté vos problèmes psy au sujet de "l'arrachement" à sa terre de Rabhi, votre copine du milieu est devenue agressive voire quasi hystérique au sujet d'un nature violente..., la troisième disait des platitudes sur la dichotomie nature et culture, l'importance ou non de la cause animale...), j'ai envie de crier au secours. Monsieur Rabhi vous avez bien eu raison de vous demander ce que vous faisiez sur ce plateau!!!! Monsieur FOG et Mlles, je ne vous félicite pas, votre émission d'hier était catastrophique, la mise en scène et l'ambiance étaient nulles.

ROUSSY DOMINIQUE • il y a 5 jours
Heureusement que Pierre Rabbi et Matthieu Ricard n'ont rien à prouver !
Et dire que les présentateurs sont payés pour cet affligeant spectacle de leur suffisance et de leur médiocrité.
D'accord avec toutes les remarques précédentes.

Pierre • il y a 5 jours
On a souvent du mal à imaginer, et à comprendre, l'agressivité qu'on dû subir Gandhi ou Jésus. Après avoir vu le traitement agressif et condescendant réservé à Pierre Rabhi par Mazarine Pingeot et Géraldine Muhlmann, on comprend mieux comment la douceur et la force de l'exemple peuvent déchaîner la colère des médiocres. Beaucoup de déception donc, alors que je me réjouissais d'entendre à la télévision deux paroles trop rares, un peu d'agacement vis-à-vis du style de FOG, qui a bien mérité ce diminutif hier, et beaucoup de peine pour le pauvre Rabhi, qui se demandait ce qu'il faisait dans pareille galère.

Caro > Pierre • il y a 5 jours
J'ai ressenti exactement de la même chose. Beaucoup de tristesse pour Pierre Rhabhi qui semblait désespéré des propos tenus par ces 3 femmes.

ROGER • il y a 5 jours
Totalement en accord avec les commentaires précédents. Quel dommage de constater sans pouvoir réagir de tels agissements indignes d'intellectuels ! Il n'y avait pas de place à la discussion dans ce
style de débats ...FOG m'a fortement déçu et M. RICARD ainsi que M. RABBHI ont été impuissants face de tels agissements de la part des "présentatrices" qui voulaient se mettre en valeur et donner un ton volontairement agressif sur les invités.

DEP • il y a 5 jours

Bonjour
Comme bien d'autres je suis atterrée c'est le cas de le dire: confrontation stérile, il n'y a pas eu discussion alors que tant de choses à apprendre de ces Maîtres .Le manque humilité d'une pensée formatée face à la sagesse et l'expérience ! Gachi d'être passée à coté de ces penseurs face à des philosophes et journalistes "romantiques" ou agressifs dans leur connaissance, voire insultante :suggérer Rousseau pour leur approche de la terre nature est aussi consternant que de suggérer leur absence d'implication dans une réalité quotidienne! SVP FOG il est temps de recarder le contenu et les propos, nous ne pouvons plus passer à côté de l'essentiel sur 57' émission MERCI CDT

Elena • il y a 5 jours
... je n'arrête pas de penser à cette émission. Je bouillonne. Dites-moi, les trois chroniqueuses ont-elles connaissance des ouvrages de Matthieu Ricard et de Pierre Rabhi ? Ont-elles parcouru, même en diagonale, le dernier livre de M. Ricard ?

Koko > Limache Elena • il y a 5 jours
Elena,chez moi aussi on discute beaucoup au sujet de cette émission d'hier. Visiblement non, elles n'ont pas lu les ouvrages, pire, si elles l'ont fait (je les vois bien surligner rapidement des "phrases clef"), elles n'ont rien compris ou n'ont même pas essayé. Pour une fois que nous avions des penseurs vivants face à nous, elles ont été incapables de se mettre à la hauteur, de développer leurs propres pensées et d'exposer leurs arguments sereinement. Bien dommage! Cela doit être la société du spectacle!

Koko Limache > Koko Limache • il y a 5 jours
En tout cas, j'ai très envie de lire les ouvrages de Ricard et Rabhi.

Amelaine • il y a 5 jours
(à propos de l'émission "le bonheur est-il dans le pré")

Charlie et ses drôles de dames!
Quelle déception! Des questions basées sur les préjugés et aucunement sur les discours qui venaient d’être tenus.
Mesdames, j'ai eu honte pour l'image de la femme.
Vous n'aviez de cesse de parler de violence. Hors vous étiez les plus agressives.
Quel était le but de l'émission?
Nous apporter un regard ouvert sur d'autres façons de penser?
Ou nous proposer une énième représentation des précieuses ridicules pour faire monter l'audimat?
Si l'objectif était de conforter le spectateur dans l'idée qu'à la TV, il n'y a pas de bonne émission culturelle, c'était réussi!

Koko Limache > Amelaine • il y a 5 jours
bravo pour votre commentaire, il faut faire cesser ce genre de mépris envers des invités de marque comme Mathieu Ricard et Pierre Rabhi. Des gens comme des patrons du CAC 40 n'auraient jamais subi un tel traitement....

Frédéric • il y a 5 jours
Quel phénoménal gâchis !!!!!

Il était pathétique de constater à quel point il est possible de créer un non-dialogue à force de lancer au travers du studio des idées dont les seuls objectifs étaient de contrer celles de Mathieu RICARD, Pierre RABHI et Stéphane Le Foll, tout en essayant de monter que l'on a raison.

Quel abîme d'incompréhension.

Quelle dérision pour l'homme.

Je trouve profondément honteux de kidnapper le temps aussi précieux d'homme tels que Mathieu Ricard, Pierre Rabhi ou Stéphane Le Foll pour des échanges d'une telle indigence. Ils auraient été bien mieux, ce soir là, simplement entre eux sur ce plateau de télévision.

Le résumé de la présentation de cette émission (que je ne regarderais plus), est (je reprend sur ce site) :"Entouré d'intellectuels et d'experts, Franz-Olivier Giesbert offre un éclairage philosophique sur de grands thèmes de société."

Quelle farce ! Il y avait bien des grands thèmes de société, mais malgré la présence de personnes ayant passé leur vie à réfléchir avec sagesse sur la vie de tous, ce ne fut qu'un pugilat stérile ou les idées étriquées de Mr. GIESBERT et de 3 femmes en quête éperdue de leur propre "renommée" tentaient de mettre à bas les tentatives de dialogue lancées par leurs interlocuteurs.

Comme il est rassurant pour notre monde de constater que s'expriment dans cette rubrique des voix comme celles de Kathia, AnneA, Sophie, Clothilde, Claudine, Chrisitane, Mathilde, Alexandra, et sans doute beaucoup d'autres.

J'espère qu'elle sont le plus nombreuse possible.

Et si un jour le beau chant de ces voix pouvaient permettre que ne naissent même plus dans des cervelles immatures et prétentieuses, ce qui amène ces situations de non-dialogue absolu, le monde serait soudain meilleur.

La question de Pierre Rabhi, vers la fin de l'émision, se demandant vraiment ce qu'il faisait là, donne parfaitement la mesure de ce que fût ce lamentable moment de télévision.

Elle aura eu le mérite, au moins, comme le fait remarquer AnneA, de pouvoir nous faire constater ou en est notre humanité.

Quel gigantesque chemin encore à parcourir !

Elena • il y a 5 jours
Quelle triste scène ! Dans leur grande miséricorde, Matthieu Ricard et Pierre Rabhi n'en tiendront pas rigueur aux présentatrices tellement emmurées dans leur intellectualisme et incapables d'un ressenti viscéral du monde concret. Ne perdons pas courage, tant que de tels "pépites d'hommes" sont à nos côtés, il y aura de l'espoir pour cette Terre.

Amelaine • il y a 5 jours
Merci tout de même à Pierre Rabbi et Matthieu Ricard d’être venus nous exposer leurs idées, malgré la triste agressivité que dégageait le plateau.

Cricri • il y a 5 jours
Quelle déception de voir deux penseurs qui sont des précurseurs dans la pensée qui doit faire évoluer notre civilisation face à des femmes arrogantes et ignorantes de ce qu'est l'agrobiologie. Traiter Pierre Rabbi de "gourou" est une insulte à son savoir et à sa personne. Dommage pour ces deux hommes d'avoir perdu leur temps. Et à Franz-Olivier Giesberg je dirais que gesticulation et spectacle ne vont pas de paire avec réflexion et échange.

roze • il y a 5 jours
Consternation, tristesse et honte d'un tel niveau de débat... De l'air !
Quelle gabegie !

Fresnet • il y a 5 jours
La moindre des choses aurait été de choisir des intervenants au niveau de Pierre Rabhi Mathieu Ricard.
Avant d'interroger de tels personnages, représentant une telle sagesse et humanité, la moindre es choses serait de prendre connaissance de leur oeuvre et de leur spiritualité.

Les égos trop développés de nos intervenantes et a légèreté frisant a stupidité de FOG ont rendu la discussion parfois hors propos et sans intérêt.

Respect humilité et une certaine intelligence sont les ingrédients nécessaires face à ces deux personnalités, pour donner de la valeur à la discussion

Mazarine Pingeot aurait dû se renseigner sur l'essence du bouddhisme avant de poser ses questions sur la violence.Je me demande ce que justifie sa présence pour donner la répartie à ces sages.

A force de vouloir à tout prix contrarier, contredire les idées, les 3 interlocutrices ont rendu insipides les discussions.
A l'issue de l'émission,l'organisateur n'a-t-il pas eu honte d'avoir invité Pierre Rabhi et Mathieu Ricard dans un tel contexte?

La discussion aurait pu nous faire grandir, mais elle nous a laissé dans un embarras certain .

Quel gâchis, quelle médiocrité (encore! ou va notre société?) ,quel dommage!

André FRACHON • il y a 5 jours
24 heures après l'émission nous sommes toujours sous le choc de découvrir des journalistes et animateurs aussi peu respectueux, ayant aussi peu préparé leur intervention, d'un niveau de connaissance et de compréhension des questions de notre temps aussi faible ... et dire que Mme Pingeot est professeur de philosophie et écrivain !

martine • il y a 5 jours
Comme je comprends les paroles de Pierre RABHI qui finit par avouer qu'il se demande ce qu'il fait dans ce débat sans queue ni tête!!! Ainsi que le sourire de Mathieu RICARD devant tant d'inepties!!!
FOG ? Pas mieux que la présentatrice, ainsi que S. LE FOL et les 2 invitées.
Il aurait pu reprendre en main le débat et et lui redonner du sens. Mais, non! Il s'est plu à laisser aller le déraillement dans l'absurde et la cacophonie (sans doute pour faire parler de son émission), pour finir sur une nouvelle question tout aussi insipide que la précédente!
Je suis navrée de voir à quel point on s'est servi de ces 2 grands esprits pour remplir un vide télévisuel et tenter de faire valoir des médiocres qui, avec leurs idées courtes et arrêtées sur la forme, n'ont sans doute jamais pris la peine de lire et comprendre dans le fond, la pensée et les idées défendues par Mathieu RICARD et Pierrre RABHI qui, plus loin que leur égo, réfléchissent, eux, à l'avenir de nos enfants et de la planète.
Bon courage à eux de tenter d'éclairer les abysses...
Martine

c1234 7814 • il y a 5 jours
Pathétique et consternant : je me réjouissais d'entendre les 3 invités débattre d'un sujet passionnant et capital, et me suis retrouvée face à 3 parisiennes arrogantes et un présentateur en dessous de tout qui se sont écoutés parler sans aucun respect pour leurs interlocuteurs. Une honte, une faute journalistique, et surtout humaine. Quand on a la chance de se trouver face à des éveilleurs de conscience de la pointure de Pierre Rabhi et de Mathieu Ricard, la plus petite des intelligences - et je ne parle pas de politesse - serait de s'ouvrir à leur point de vue pour leur permettre de développer leur discours et faire remonter le niveau du débat. J'ai rencontré Pierre Rabhi lors d'un long entretien privé il y a quelques mois, c'est un homme rare, dont la sensibilité n'a d'égale que son intelligence solaire.
Ça, de la philosophie ?? Un show minable, on se serait cru sur D8 ou sur M6.
Je ne regarderai plus jamais cette émission - et j'ai définitivement fini d'écouter FOG.

Sylvie • il y a 5 jours
J'étais très en colère après cette émission, Franz-Olivier Giesbert a littéralement manqué de respect à ses invités, leur coupant sans cesse la parole par des plaisanteries qui ne font rire que lui. Il ne s'adressait visiblement pas à Mr le Ministre de la même façon, bizarre!!! De même pour les présentatrices, toutes sorties du même moule complètement sourdes, totalement autocentrées. Le but est de faire le "buzz" et se faire remarquer alors "mieux vaut s'attaquer au messager qu'au message"! Quel gâchis, pour une fois que nous avions la chance d'entendre Pierre Rabhi et Matthieu Ricard sur un plateau, deux éminents personnages qui ont beaucoup à nous apporter. Leur discours va à contresens de la dynamique actuelle. Bien évidemment ça dérange!!!

Monette • il y a 5 jours
Dommage! Pour une fois nous avions deux hommes d'exception Pierre RABBI et Matthieu RICARD sur un même plateau, quel régal en perspective sauf que face à eux des interlocutrices stupides, dépassées par le sujet et loin des réalités et de plus irrespectueuses. Quel gâchis! Si seulement FOG avait su élever le débat. Spectacle affligeant!

Sébastien • il y a 5 jours
L'émission tombait à pic; je suis en train de lire attentivement le livre de Pierre Rabhi "Vers la sobriété heureuse". En m'asseyant devant la télévision, je ne pensais pas me retrouver devant un remake bas de gamme de "On n'est pas couché". Je suis désolé des termes que je vais employer mais j'ai eu l'impression de voir trois pintades et un clown en face de ces trois invités. Il y avait de quoi créer une bien belle discussion autour de ce sujet là mais malheureusement elle a été bâclée.
J'en ai parlé autour de moi aujourd'hui ventant la tenue des invités même si j'avoue avoir été un peu déçu par Mathieu Ricard mais surtout en insistant sur la médiocrité des philo-chroniqueuses qui devraient lâcher "La Philosophie pour les nuls" pour se consacrer sérieusement au sujet et à leurs invités. Très décevant...

fleurian • il y a 5 jours
Honnêtement, les contradictrices à la commande sont vite devenues fâcheuses
Mesdames, la vie n'est pas une partie de scrabble malhonnête et lorsqu'on se veut impertinente on tâche d'être pertinente.
On pourrait intituler cette émissions "Franz - Olivier et ses drôles de pestes" ... mais je n'ai jamais eu envie de rire.

Sophie B. • il y a 4 jours
Mesdames les philosophes, en levant le nez de vos livres, et en observant, par exemple, vos jeunes enfants (si vous en avez), ou ceux des autres, vous pourrez peut-être vous aussi constater que l'humain est naturellement bon, aimant, amoureux de la vie... Lorsqu'ils se frappent ou s'insultent dans les cours de récréations, les enfants ne font que reproduire les comportements des adultes autour d'eux, ils reproduisent ce qu'ils subissent : des cris, de l'impatience, de la dévalorisation, du jugement, du stress, de l'agressivité, voire des claques et des fessées... En organisant nos vies autrement, en nous comportant autrement avec les enfants, nous pourrions être surpris par le potentiel humain : son empathie, sa bonté, sa créativité, sa capacité d'amour quasi illimitée... qui ne demandent qu'à être préservés et mis au service du monde. Malheureusement, ce potentiel est malmené par la violence éducative et les modèles humains et sociétaux... Quand est-ce qu'on change ?

Patrick • il y a 3 jours
Je ne partage pas l'indignation que je lis.

Ce n’est pas tant les présentateurs qu’il faut incriminer, mais les invités qui ne répondent pas aux questions posées.

Se dire philosophe, ou se laisser dire philosophe, et ne pas appréhender ses concepts n’est pas sérieux.

Dire que le monde est moins violent, alors que la « puissance » de feu est plusieurs millions de fois plus importante qu’au temps où il était dangereux de se promener dans les bois, c’est confondre sécurité et barbarisme.

Le problème est que, pour la première fois en public probablement, des eux « icones » ont étés misent devant leurs limites. Que la philosophie montre d’un doigt interrogateur
et bienveillant.

jean > Patrick • il y a 2 jours
Icônes,gourous si c'était le cas ce qu'ils préconisent serait la norme.On en est très loin.Les gourous de notre époque sont les tenants d'une marchandisation et d'une techno-science et donc d'une violence tout azimut qui détruit tous les fondements de la vie sur terre.Bien sur la philosophie dont vous parlez est au service de ce saccage,elle ne s'occupe que de problèmes hors-sol pour imposer dans les faits une domination idéologique.Il n'y a pas grand chose à apprendre de ce coté là.Ce qui m’intéresse c'est d'entendre d'autres voix, d'autres pratiques et d'autres attitudes pour sortir de ce cloaque où prospèrent tous les escrocs qui ont toujours un truc intéressant (pour eux surtout) à vendre.Malheureusement au cours de cette émission il n'a pas été possible d'entendre parler d'agroécologie avec précision parce que certains et certaines prétendues philosophes nous ont entrainés dans un débat inepte....

francoise • il y a 3 jours
OUI
Pierre RABHI, VOUS NE NE VIVEZ PAS SUR LE MÊME PLAN que les 3 dames philosophes , pétries d'intelligence de la raison , mais pas de celle du coeur et du monde ...HÉLAS, ce sont les gens sortis des mêmes écoles que ces dames qui dirigent notre pays .......si loin de la vraie intelligence , bienveillante . L'épisode de la "NATURE " a été particulièrement éloquent .

Echodailes • il y a 3 jours
Le principe de cette émission est téméraire, inventif, pertinent : aborder les « grandes questions » contemporaines :
sociétés, cultures, sciences, politiques, religions, économies...et les faire « questionner » par la philosophie ( contemporaine ? là je n’ai pas compris) je trouve ce principe passionnant !

Je comprends qu’en changeant de version, concernant par exemple le « par qui » et « comment » la question « philosophique » intervient, il faille peut-être un temps à cette nouvelle mouture et à ses animateurs/ trices pour trouver leur « bonne » vitesse de croisière.

Mais, en revanche, je me permets d’exprimer un « ressenti », un regret : les questions manquaient de conviction, d’authenticité- je veux dire : m’intéresse surtout de la part d’une agrégée de philo qu’elle fasse appelle à ses convictions(ou ses questionnements authentiques) plus que de déployer un savoir évident qui empêche le dialogue ! plus intéressant serait de questionner à partir d’une question « forte » qui vous tient à cœur peut-être ? là je suis sûre que vous rejoindriez- et ce n’est pas paradoxale- le questionnement de beaucoup de téléspectateurs... nous sommes vos contemporains !

Je le dis avec maladresse peut-être, mais en tant qu’agrégées de philo j’ai confiance que vous saurez me lire...

béatrice • il y a 3 jours
Je regarde cette émission en replay , quelle chance de pouvoir écouter ces 2 grands humanistes mais alors les présentatrices ont un comportement malsain : elles veulent piéger Pierre Rabhi par leur questions doucement hypocrites, mais elles n'ont vraiment rien compris et sûrement la phrase "après moi lé déluge" leur colle à la peau. Je trouve médiocre l'intervention des présentatrices (animatrices!!) et du présentateur(animateur).L'évolution de l'humanité ne passe pas encore par eux et j'ose espérer qu'ils peuvent changer et je les invite à regarder en replay leurs interventions pendant l'émission en se mettant un peu en retrait d'eux même ( leur égo) et ... Pour finir je ne me risquerai plus à regarder cette émission.
Et pour répondre à Mme Abecassis la violence peut se transformer en amour et ce sera plus utile à notre chère planète.

Raphaël • il y a 3 jours
Le dernière fois que je regarde cette émission.
Comme Pierre Rahbi vers la fin, quand il hésite à quitter le plateau, je ne comprends pas le fil conducteur de cette émission ni sa raison d'être.
Ce débat est une insulte à ceux qui sont en recherche de conscience "adulte" et d'élévation.

Sébastien • il y a 3 jours
Il serait bien d'entendre ce que l'équipe pense de cette prestation et comment elle explique ces critiques unanimes, non? Ou bien estime-t-elle avoir été à la hauteur...

Christian ROUSSY DOMINIQUE • il y a 2 jours
Pourquoi Monsieur Pierre Rabhi n'aurait-il rien à prouver ?
Il ne suffit pas de dire que le lion n'a pas de banque d'antilopes ou se moquer des journalistes en disant que les virus ont inventé la bombe atomique pour qu'on ne puisse plus se poser de questions sur la réalité du vécu de Pierre Rabhi.

ghali patrick • il y a 2 jours
source médiapart

Contre Pierre Rabhi
12 JUILLET 2014 | PAR YANN KINDO

Quoi, être « contre » une si sage et si gentille personne, mais comment peut-on ? Comment oser ne pas être un admirateur de Pierre Rabhi? Et pourquoi ne pas être persan, tant qu'on y est ?

Et pourtant, oui, parfois, il faut prendre un moment pour dégommer les idoles à la mode dans les milieux de gauche. Parce que ça fait du bien, certes, mais aussi si ça se trouve pour le bien de la dite « gauche » aussi, à la limite.

Il a été déjà question de Pierre Rabhi plusieurs fois sur ce blog. Pour l'essentiel, à l'occasion d'une visite à sa ferme expérimentale pas loin de chez nous en Ardèche, au cours de laquelle on avait pu constater avec quelques copains de l'AFIS à quel point les méthodes agronomiques du bonhomme sont une sorte d'arnaque qui repose sur l'exploitation de main d'œuvre gratuite et de dons divers et variés, pour aboutir au final à un résultat absolument minable en termes de production, dont auraient honte même les plus incompétents des jardiniers amateurs (dans mon style)

http://blogs.mediapart.fr/blog...

http://afis-ardeche.blogspot.f...

Je ne vais pas en rajouter ici sur la question proprement agronomique, que l'on peut considérer comme réglée : si on généralisait les illusions et l'incompétence qui règnent à la ferme du Mas de Beaulieu, il y aurait encore plus de sous-nutrition sur la planète que le capitalisme ne réussit déjà à en provoquer.

Insistons donc plutôt sur d'autres raisons pour lesquelles il vaut la peine de se positionner « contre Rabhi », quitte à peiner les croyants qui l'idolâtrent aveuglément.

D'abord, il faut combattre Rabhi comme on combat toutes les religions, comme autant d'opiums du peuple et de superstitions archaïques. Je ne vais pas revenir sur les sortes de rituels magiques et biodynamiques qui se pratiquent dans sa ferme expérimentale, à l'instar de ce « mésenstère de cerf » qui nous a tant fait marrer après la visite, sorte de talisman gastrique fièrement accroché au toit de la maison pour capter plein d'énergies positives. Non, plus largement, la pensée de Rabhi est fondamentalement une pensée religieuse, et le bougre ne s'en cache même pas :

« Je fonctionne sur une spiritualité qui m’est propre. Je ne peux pas imaginer que la vie soit un hasard, je pressens une intelligence qui régit tout ça que j’appelle le « divin », pas dieu. Je suis persuadé qu’il y a quelque chose qui nous échappe, qui outrepasse nos capacités, il y a un grand mystère dans toute chose. Nous-mêmes, pourquoi nous sommes nés, qui nous a réalisé ? C’est une intelligence infinie qui a créé la réalité dans sa totalité et je ressens ce mystère en moi. Et sans rituel d’aucune sorte, c’est un ressenti presque permanent. Chacun de nous vit en mangeant, respirant... Pour moi ce n’est pas anodin car tellement bien fait et organisé. Je n’ai donc pas besoin de temple ni de prière, lorsque je ne trouve pas de réponses ou de solutions, j’en appelle à ce « divin ». »

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog...

Invoquer les esprits pour leur demander d'envoyer la pluie ou le soleil pour aider les plantes à pousser, ça reste fondamentalement ça, l'agriculture à la Rabhi. Peut-être qu'il fait comme le nouveau pape et qu'il compte régler le conflit israélo-palestinien [= l'oppression du peuple palestinien par l'état d'Israël] en invitant à la prière, faute d'avoir trouvé d'autres réponses ou solutions.

Cet aspect religieux est ce qui a sans doute alerté un autre bloggeur de Médiapart, Jospeh G, qui a consacré un billet à une critique du personnage et de son système :

http://blogs.mediapart.fr/blog...

Joseph G remarque fort justement que puisque l'on baigne en pleine spiritualité, il n'est pas surprenant que les admirateurs de Rabhi aient avec lui une relation qui est celle qu'ont des disciples avec leur gourou. En ce sens, Rabhi est bien un nouveau Lacan, à la différence près que Rabhi, lui, on comprend ce qu'il raconte. Ce qui n'est pas forcément à son avantage...

Par exemple, sur son blog, Rabhi a publié un billet intitulé « Je ne veux pas être un gourou ».

http://www.pierrerabhi.org/blo...

Voilà qui tombe bien. Sauf que, les commentaires sous le billet viennent immédiatement contredire cette sorte d'antiphrase, avec des choses du genre :

« Pierre, Monsieur Rabhi...

Ces billets m'émeuvent aux larmes à chaque lecture tant le verbe est juste et la pensée claire, simple, lucide. Ayant grandi à quelques kilomètres de votre ferme je garde un lien intime avec votre parcours, vos actions, votre chemin. Je suis touchée au plus profond par l'humanisme et l'intelligence de la vision que vous transmettez. J'ai dit un jour pour introduire un de vos textes qu'il existe parmi nous des sages. Vous êtes l'un d'eux. »

« Merci Monsieur Rabhi pour cette lettre d'amour et de dignité.

Inestimable... Je vous aime »

« Votre conscience m'aide a développer ma conscience et à choisir mon avenir en fonction d'une nouvelle manière de penser, de concevoir le monde. »

« On vous aime. »

« Monsieur Rabhi, vous êtes un éclaireur, un porteur de lumières, merci pour votre intelligence et votre amour de l'humanité,c'est la combinaison magique !

Orphelin de votre mère, sachez que toutes les mères sont vos mères. »

« Peut être pas un gourou, mais un être d'exception oui ! »

Et ça continue comme ça à l'infini, que ce soit sur le blog de Rabhi directement ou sur le site de France Inter, quand la station avait fait une journée spéciale de promotion du grand homme simple et bon. On est frappé par le côté essentiellement affectif de ces remarques, et par l'incapacité des laudateurs à discuter le moins du monde de quoi que ce soit d'un peu précis et de tangible en dehors des grandes considérations creuses (et souvent misanthropes) sur le thème « l'humanité est méchante, heureusement que vous nous montrez la voie de la bonté ». Ce qui est somme toute le créneau sur lequel surfe Rabhi.

Rabhi adulé par ses ouailles qui le gourouifient même quand il proclame qu'il ne veut pas être un gourou, ça évoque forcément cette magnifique scène de La vie de Brian des Monthy Python, dans laquelle les disciples du Messie-qui-ne-veut-pas-l'être- répètent en chœur ses paroles selon lesquelles chacun est différent et doit penser par lui-même [désolé, c'est en anglais]:

Quant au contenu du « message » de Rabhi, il est sidérant de vide et de nullité. Parce qu'au fond, qu'est ce qu'il raconte, en dehors de vagues sentences sur la sobriété heureuse à la façon de Bernard de Clairvaux, l'inspirateur des moines cisterciens ? En gros, face au capitalisme, Rabhi dit ce que l'Eglise catholique nous serine depuis deux millénaires : aimez-vous les uns les autres, serrez-vous un peu la ceinture pour votre bien et remettez-vous en au divin pour le reste. Mais surtout, pas de lutte des classes, hein, ça c'est pêché !

Par exemple, sur Médiapart c'est Jade Liingard qui s'occupe de la promotion des idées écolos et décroissantes. Elle a donc logiquement fait la promo du nouveau livre de Rabhi dans cette interview :

http://www.mediapart.fr/journa...

Voici un passage qui résume la quintessence de la pensée Rabhi :

« Avec le mouvement pour la terre et l'humanisme, nous voulons un changement de paradigme. Sinon, on va continuer à mystifier, à gérer au jour le jour de petites échéances en petites échéances, tranquilliser les gens par une certaine démagogie. Mais sans donner la solution radicale qui est nécessaire : changer de logique, mettre l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations. Revenir à une civilisation de la modération, de l'autolimitation. »

« changer de logique, mettre l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations », ça ne mange pas de pain, c'est tellement vague que tout le monde sur l'échiquier politique peut dire ça. Sur le terrain des formules creuses et générales qui ne font de mal à personne le Front de Gauche et son fameux « L'humain d'abord » doivent donc faire face ici à une rude concurrence.

Quand la journaliste l'interroge sur la question des inégalités, Rabhi brasse encore du vide avec des trucs du genre : « Contre les inégalités, il faut inventer de nouvelles politiques, inventives, locales. ». Oui, inventons des inventions, c'est ça qu'il faut faire, mais c'est bien sûr ! Qui pourrait ne pas être d'accord avec des solutions inventives, surtout si elles sont au niveau local, en plus ? Parce que le niveau local, c'est le bon niveau, c'est sûr, à l'heure où l'ensemble de la production est désormais mondialisée... A part ça, que nous dit Rabhi ? Qu'« il faut des règles éthiques et morales », que « Si une société est généreuse et vraiment préoccupée d'équité, elle résoudra le problème. », que « la société civile est un immense laboratoire d'utopies et d'expérimentations d'intérêt général. », que « nous appelons à l'insurrection des consciences », et que « L'écologie devrait être transversale. Elle concerne tout le monde, les arbres, les créatures, tout. ». Et bla bla bli et bla bla bla. Ça doit pas demander beaucoup d'efforts, d'aligner comme ça de telles platitude creuses [car oui, Rabhi arrive à rendre creux ce qui est pourtant plat, c'est en cela que c'est un être d'exception à mes yeux]

Et surtout, en termes de critique du capitalisme et de perspectives politiques pour les exploités et les opprimés, le discours de Rabhi ne pisse pas plus loin que ce que n'importe quel pape moyen peut raconter dans un sermon qui ferait titrer aux journalistes des choses du genre « L'Eglise se place résolument aux côtés des pauvres ».

Dans cette interview avec Jade Lingaard, jamais Rabhi ne prononce des mots comme « bourgeoisie », « classes sociales » ni même tout simplement « capitalisme ». Tout cela n'existe pas pour lui, il faut juste que chacun se serre un peu la ceinture et tout ira bien.

D'ailleurs, en fait, pour être honnête, je crois à la réflexion que le Pape se préoccupe plus des inégalités sociales et des réalités du capitalisme que ne le fait Pierre Rabhi.

Ce qui n'est pas très surprenant, parce qu'en fait Rabhi s'accommode très bien du capitalisme et du pouvoir de la bourgeoisie, ce qui doit expliquer pourquoi il est le « penseur » « radical » préféré des bourgeois et du show-bizz.

Dans l'interview à Médipart, Rabhi nous dit :

« L'argent, je ne le diabolise pas. On en a tous besoin, moi le premier. »

Effectivement, on l'a vu dans la reportage de l'AFIS 07 à la ferme expérimentale des disciples de Rabhi : ils en ont besoin, d'argent, vu qu'ils ne produisent que très peu par eux-mêmes, malgré toute la main d'œuvre gratuite à leur disposition. Alors ils font payer les « stagiaires » qui viennent travailleur pour eux, et ils font appel aux dons. Et ce à une échelle semble-t-il très large. Parce que la sobriété heureuse de Rabhi, pour qu'elle puisse se répandre, il faut quand même que de riches mécènes plus heureux que sobres viennent lui donner un petit coup de pouce. Ainsi, comme les ventes des livres et des DVDs du gourou ne suffisent pas encore à mettre assez de beurre dans les épinards, il s'est créé une « fondation Pierre Rabhi » dont voici la liste des membres fondateurs ainsi que le comité exécutif :

http://www.fondationpierrerabh...

Aux côté des éditions Actes Sud, on trouve donc d'abord Point Afriques Voyages et son PDG Maurice Freund. Oui oui, une agence de voyages qui organise des transports en avion [quelle horreur !!!!! Et le réchauffement climatique ? Et le repli sur le local ?] pour entre autres aller faire en Afrique des circuits en 4X4 [oh mon Dieu, pas le 4X4, non, pas ça !!!]

Il y a aussi parmi les fondateurs Charles Kloboukoff, dont la « petite » entreprise résiste très bien à la crise, puisque Léa Nature surfe sur le créneau porteur des produits bio et qu'il est à la pointe du très classique processus de concentration du capital qui est actuellement à l'œuvre dans ce secteur florissant:

http://www.agriculture-environ...

« Le 20 mai dernier, le géant du bio Léa nature a pris le contrôle total d’Ekibio, dont il détenait jusqu’alors 40% du capital. Désormais, le groupe de Charles Kloboukoff pèse donc plus de 200 millions d’euros et emploie près de 1000 personnes. Il devient ainsi l’un des leaders incontestés de la transformation des produits bio en France. (…). À l’horizon 2020, son futur holding, baptisé Groupe Léa Biodiversité (et qui réunira Léa Nature et Ekibio) devrait atteindre les 350 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une part à l’international de près de 10 %, notamment vers l’Asie et le continent américain. »

Le local, on vous dit, le local.

La sobriété heureuse, qu'on vous dit, visez petit pour être épanouis, qu'on vous dit.

Mais il y a de aspects du message de Rabhi que son bailleur de fonds a bien enregistrés, il faut arrêter de faire du mauvais esprit :

« Avec une croissance continue oscillant entre 10 et 30% par an depuis dix ans, le groupe affiche une augmentation de son chiffre d’affaires de 11 % pour 2013.

Bref, Charles Kloboukoff n’est pas vraiment un adepte de la décroissance ! En tout cas, en ce qui concerne ses propres affaires. Car le discours n’est plus du tout le même lorsqu’il s’agit, par exemple, de l’Afrique. Selon lui, ce continent ne doit pas profiter du développement que l’on connaît en Occident.« Le monde occidental qui a colonisé ce continent porte une grande responsabilité dans les dérives modernistes que rencontrent les peuples africains. Nous avons tout fait pour les couper de leurs racines et les éloigner d’une vie simple et authentique. Nous avons introduit des méthodes du soi-disant développement qui ne sont pas les leurs, et ainsi suscité des tentations destructrices. L’Afrique aurait très bien pu se passer du consumérisme occidental ! », estime le businessman, qui souligne qu’« heureusement, beaucoup d’Africains vivent encore dans le détachement et la simplicité matérielle ».Autrement dit, dans la pauvreté et la misère. »

« Je suis convaincu que les produits vivants, qui se développent par eux-mêmes en puisant dans la nature les nutriments dont ils ont besoin, sont plus profitables à l’Homme que les produits sous perfusion d’intrants chimiques », déclare l’homme d’affaires. Pour lui, « ce qui nous manque le plus, c’est cette capacité à écouter la part d’irrationnel en nous. ».

Eloge du naturel et de l'irrationnel et apologie de la pauvreté (pour les autres surtout), la pensée Rabhi n'est pas trahie par la croissance du chiffre d'affaire et l'absence de diabolisation de l'argent dont on a évidemment tous besoin, et soi-même le premier.

Ensuite, parmi les piliers de la Fondation Pierre Rabhi, il y a fort logiquement François Lemarchand, le fondateur de la chaîne de magasins bobos Nature et Découvertes – qui a aussi par ailleurs sa propre Fondation à son nom, évidemment. Si Bill Gates en a une, il n'y a pas de raison qu'il n'en ait pas. La fortune personnelle de François Lemarchand était estimée à 45 millions d'euros en 2009 [Source : Wikipédia, article sur le bonhomme]. Sans doute François Lemarchand ne fait-il que s'efforcer d'appliquer le bon conseil que donne Rabhi dans son interview à Médiapart :

« Souvent je rencontre des jeunes qui me demandent comment vivre dans la simplicité, avec un simple lopin de terre. Je leur réponds : «Commencez par devenir millionnaires!» La terre est devenue tellement chère. Le foncier fait partie des sujets à repenser. »

En attendant de « repenser le foncier » [encore une formule creuse] et de cultiver son petit lopin de terre, François Lemarchand est déjà devenu multimillionnaire. On verra après pour la suite du projet....

A ses côtés pour soutenir l' « insurrection des consciences » du prophète Rabhi, on trouve également Jacques Rocher, héritier du groupe de cosmétiques Yves Rocher, rien que ça. Mais attention, Jacques Rocher est un écolo, et donc il utilise le profit de l'exploitation de ses employés et de la vente de ses produits très au-dessus de leur valeur réelle pour faire planter des arbres. C'est pas pareil.

Enfin, le tableau des mécènes Fondateurs ne serait pas complet sans une authentique princesse héritière apparentée à la famille des Grimaldi du Rocher, la ci-devant « Constance de Polignac ». Lisez dans La Croix le récit merveilleux de la rencontre fructueuse entre la « princesse écolo » et le pauvre agriculteur algérien, c'est digne des meilleurs papiers de Gala ou des plus belles histoires de la collection Harlequin :

http://www.la-croix.com/Actual...

Après, c'est sûr, dans le registre « La bourgeoise et le jardinier », on a le droit de préférer « L'amant de Lady Chatterley », quand même... Pour leur part, Rabhi et Constance de Polignac ont ensemble développé un projet de rénovation d'un domaine de la famille en Bretagne. Il faut préciser toutefois, par rapport au récit de La Croix, que, comme toujours, quand il est écrit des choses comme « Ils ont rénové », il faut comprendre qu'ils ont apporté le pognon et/ou leurs envies, et que concrètement ce sont les travailleurs employés qui ont vraiment rénové le domaine et créé la valeur liée à son exploitation.

Celle-ci se présente ainsi :

« Outre son activité hôtelière familiale de haut niveau, Kerbastic est aussi une exploitation agricole et forestière où la préservation de la biodiversité et la production biologique sont une priorité absolue. On y a même fait l’acquisition d’une jument de trait »

On peut-être sûr qu'avec l'application des méthodes agricoles de Rabhi, le pognon qui rendra l'ensemble viable ne viendra pas de la production agricole qu'on y fait mais des dépenses luxueuses de bien être et de divertissement de bourgeois qui se sont enrichis avec le travail des autres, ce qui est appelé par La Croix une « activité hôtelière familiale de haut niveau » [sobre et heureuse]

Bref, avec tous ses bourgeois pleins aux as dans la Fondation Pierre Rabhi, il est probable que les membres fondateurs arrivent à donner les 325 000 euros sur les 5 premières années auxquels ils se sont engagés, afin de financer l'activité de Rabhi en synergie avec ses autres structures - comme il est indiqué dans la présentation de la Fondation.

Tout le monde l'aura donc compris : le réseau de Pierre Rabhi est une des meilleures opportunités de Greenwashing pour des capitalistes qui aiment la nature. D'ailleurs, dans le Comité Exécutif de la Fondation Pierre Rabhi, aux côtés des habituels charlatans naturopathes et écomédecins, il y a l'incontournable Serge Orru, ancien dirigeant du W.W.F. France, qui a dû quitter ses fonctions dans l'ONG sous pression interne parce que ses méthodes faisaient quand même trop mauvais genre. Il avait notamment été publiquement enfoncé dans un entretien avec Elise Lucet pour l'émission Cash Investigation, spectacle réjouissant qui n'est malheureusement plus disponible en ligne depuis la suppression du lien sur Youtube.

Mais soyons fair-play, et reconnaissons pour finir que Rabhi ne fait pas que récolter la charité de millionnaires pour financer les activités de son réseau de jardiniers incompétents. Il sait aussi donner de sa personne, et les supports de sa parole de type livres ou DVD se vendent sans doute bien et viennent compenser ce que l'activité (très peu) productive ne parvient pas à assurer. D'ailleurs, d'une certaine manière, la parole de Rabhi elle-même est d'or, au sens propre du terme. En effet, Rabhi peut aussi avoir des caprices de diva et sait monnayer ses prêches publics à leur juste valeur (à ses yeux). Par exemple, quand la mairie de Privas en Ardèche l'a sollicité en 2012 pour participer à la semaine du développement durable, il a dû décliner l'offre. Bien qu'il se sentait alors « dans l’optimum de [ses] compétences spécifiques » [= parler pendant des heures pour brasser du vide], il était appelé en d'autres lieux, notamment à l'international – le local, on vous dit, le local- , parce que, on s'en doute, il est très demandé. Ce qui est par contre plus surprenant dans la réponse faite par une collaboratrice de Rabhi aux solliciteurs privadois, c'est leur choix de ne faire participer Rabhi qu'à un événement « en mesure d’accueillir au minimum 600 personnes et qui soit bien relayée dans les médias. », avec comme conditions (toutefois négociables) de rembourser les frais de déplacement, hôtel et nourriture pour deux personnes [normal] en plus d'un cachet de....1000 euros ! [Source de l'information protégée, mais bon, la ville a été gérée par la gauche, alors....]

Pour prendre la mesure de la chose, je précise que j'organise depuis des années dans la même ville des conférences avec des intervenants universitaires dont certains sont des pointures dans leur domaine, et avec tous infiniment plus de compétences spécifiques à leur optimum que n'en a jamais eues Pierre Rabhi. Et tous l'ont fait gratuitement, sans rechigner à causer dans un café devant 20 personnes, en étant quasiment toujours logé chez l'habitant, et alors que certains refusaient même [à mon grand désarroi] de se faire simplement prendre en charge leur repas.

Rabhi, lui, en voisin ardéchois qu'il est, n'avait en gros qu'à franchir le col de l'Escrinet pour venir délivrer son préchi-précha vide de toute information concrète et qui ne demande donc aucun travail de préparation. Pour 1000 euros et devant 600 personnes minimum...

Conclusion :

L'interview de Médiapart avec Pierre Rabhi était titrée selon ses mots : « Le développement durable est une mystification ».

Le développement durable, je sais pas.

Mais ce dont je suis sûr, c'est que Pierre Rabhi est une mystification.

Yann Kindo

leona delcapitandelascabras • il y a 2 jours
Quelle tasse ! Faut peut-être lire un peu + que les 3 premières lignes d'un résumé Wikipédia... c'est le minimum quand des invités se déplacent sur votre plateau non ? Poncifs à gogo : "vous êtes des bisounours" "la nature, c'est pas toujours gentils" "vous avez bien des pulsions d'agressivité monsieur", "vous voulez un retour à la bougie"... Questions et affirmations stupides, impossibilité pour les invités d'élever un peu la discussion car incessamment interrompus par des remarques ou moqueries hors sujet (ou déplacées et sans intérêt) d'un FOG et de ses pseudos intellos très occupés à dire n'importe quoi n'importe quand... Intérêt de l'émission : aucun. Changez de métiers ou allez sur TF1.

Riquet • il y a un jour
Très déçu et mal à l'aise par ce numéro de cette émission que je ne manque jamais. Des présentatrices tellement formatées par leur formation scolastique d'agrégée de philosophie, qu'elles étaient totalement incapables de comprendre les propos hautement pertinents de nos deux invités qui ne méritaient pas un tel interrogatoire condescendant.

 

 


Matthieu Ricard

France 5 - « C à vous la suite »

et présentation d'extraits à "C à vous le meilleur"

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

"C à vous la suite" : Mercredi 15 octobre 2014 à 20h sur France 5 (émission complète)
"C à vous, le meilleur" : Samedi 18 octobre à 13h sur France 5 (des extraits)

Dix minutes supplémentaires passées en compagnie de Matthieu Ricard - Record de saison pour C à vous (part d'audience).



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Dailymotion l'émission "C à vous la suite" avec Matthieu Ricard (émission complète, durée 15'23) :
http://www.dailymotion.com/video/x28dvvj


Matthieu Ricard à "C à vous la suite" 15.10... par conscience33

Revoir sur Youtube l'émission "C à vous la suite" avec Matthieu Ricard (émission complète, durée 15'23) :
https://www.youtube.com/watch?v=-sjD_SmV7zw

Revoir en replay l'émission "C à vous la suite" (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/c_a_vous_la_suite_saison6_,110656689.html (15'22)
et
Plusieurs extraits en replay à l'émission "C à vous, le meilleur" (des extraits présentés de 31'04 à 35'21) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/c_a_vous_les_meilleurs_moments_,110968630.html (56'22)




PRÉSENTATION :

Avec Matthieu Ricard - Record de saison pour C à vous (part d'audience).
Anne-Sophie Lapix et l'équipe de C à vous recevaient mercredi 15 octobre 2014, Omar Sy, Tahar Rahim, Jean Tirole (Prix Nobel d'économie) et Matthieu Ricard entre autres.

Présenté par : Patrick Cohen, Pierre Lescure, Anne-Sophie Lapix, Anne-Elisabeth Lemoine, Matthieu Noël et Maxime Switek
L'émission : «C à vous la suite», ce sont dix minutes supplémentaires passées en compagnie de l'invité du jour qui déguste le plat préparé en cuisine.

L'émission, programmée à 19h sur France 5, obtient sa meilleure part d'audience de la saison : 5.1% de pda.
Source : http://www.leblogtvnews.com/2014/10/record-de-saison-pour-c-a-vous-part-d-audience.html
et
http://www.france5.fr/et-vous/userdata/a_augure_file/10/10019/Record-audience-C-a-vous-du-15-10-14.pdf

Autres informations :

Matthieu RICARD :
Site de Matthieu Ricard : http://www.matthieuricard.org/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/matthieu.ricard.francais
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Ricard

TRANSCRIPTION ÉCRITE DES EXTRAITS DE L'ÉMISSION CONCERNANT MATTHIEU RICARD PRÉSENTÉE A "C à vous, le meilleur" :

Transcription de la séquence présentée à
- "C à vous, la suite" de 0'44 à
ou
- "C à vous, le meilleur" de de 31'04 à 35'21

0'44 (de la présentation à l'émission complète "C à vous la suite")
A-S Lapix : Matthieu Ricard, nous allons parler de votre livre "Plaidoyer pour les animaux".
Jusqu'à présent, c'étaient des plaidoyers pour les êtres humains...
Y a-t-il une hiérarchie entre humains et animaux ?

Matthieu Ricard : S'il s'agit soit d'écraser un chien, soit d'aller avec sa famille dans le fossé, évidemment que la vie humaine a plus de valeur que la vie animale.
Mais cette situation est extrémement rare.
Et en fait, nous ne sommes pas en compétition avec les animaux.
Et de fait, considérer que la valeur de la vie humaine est non négociable, on ne peut pas instrumentaliser l'être humain, ce qui est tout à fait honorable et désirable.
C'est la création universelle des Droits de l'Homme.
Mais, ceci dit à l'extrême opposé, on instrumentalise comme des objets de consommation, 60 milliards d'animaux terrestres par an et 1.000 milliards d'animaux marins.
1'40 (de la présentation à l'émission complète "C à vous la suite")

puis

- F-O. Giesbert : J'ai vu des abattoirs, enfant.
Il est vrai que l'abattage rituel, c'est un scandale total.
Un steak sur 2 est hallal.
Quand vous mangez de la sorte, vous cotisez pour les autorités islamiques.

- A-S Lapix : C'est ce que disait Marine Le Pen.

- F-O. Giesbert : Je m'en fous de ce qu'elle dit.
Je ne suis pas suspect sur ce plan.

- A-S Lapix : Ça m'avait choquée, à l'époque.

- F-O. Giesbert : D'autres le diront et d'autres le disent.
Je ne suis pas contre l'idée d'un abattage rituel.
...
Dans le judaïsme comme dans l'islam, il faut tuer la bête quand elle est vivante.
Autrefois dans les abattoirs, c'était moins dégueulasse que maintenant, avant.
...

2'29 (de la présentation à l'émission complète "C à vous la suite")
- A-E Lemoine : Il faudrait plus souvent montrer à la télévision ce qui se passe dans les abattoirs ?

Matthieu Ricard : Pas plus souvent, mais une ou deux fois.
Les abattoirs sont gardés comme des centrales nucléaires.
C'est impossible d'aller voir ce qui s'y passe, et à juste titre.
Parce que, par exemple, vous prenez des animaux qui sont soi-disant assommés par électronarcose.
Et 15 % reprennent conscience au moment où on va les couper en morceaux.
Ce n'est pas un spectacle qu'on va montrer à la télévision.
2'54 (de la présentation à l'émission complète "C à vous la suite")

- F-O. Giesbert : Ce qui est scandaleux, c'est qu'on laisse se développer ça.
...
C'est la société.
L'industrie de la viande, les cadences infernales, etc...
...
Une grande partie des imams sont d'accord pour qu'on fasse de l'électronarcose.
On étourdit la bête.
C'est comme ça qu'on fait dans de nombreux abattoirs.
On les assomme, on les étourdit avec l'électronarcose, c'est-à-dire de l'électricité qui passe des 2 côtés, et effectivement ils se réveillent après.
Donc en somme, ils sont vivants.
Rien n'empêche de faire du hallal en respectant l'animal.
...

- A-S Lapix : Olivier Besancenot ?

Olivier Besancenot : Il va passer devant Zemmour.

- F-O. Giesbert : Un peu de compassion.

Olivier Besancenot : J'ai écouté votre plaidoyer.
Je vous trouvais sympathique, au début.
Je me suis demandé quand une polémique réapparaîtrait.
C'est vrai que ce n'est pas ma sensibilité.
Même si les grandes figures révolutionnaires comme Louise Michel a écrit sur les animaux.
Si on a cette sensibilité-là, alors on se révolte contre l'industrie telle qu'elle

- F-O. Giesbert : C'est de l'élevage industriel.

Olivier Besancenot : Mais on en revient toujours à quelque chose de politique, et comme par hasard ça revient toujours aux musulmans.
Pouvez-vous supporter, même au niveau des mimiques, un avis qui n'est pas le...

La transcription écrite des sous-titres de l'émission de "C à vous, le meilleur" du samedi 18 octobre est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/694711/9/c-a-vous-le-meilleur.html

 

 

Matthieu Ricard

Arte - 28'

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Lundi 13 octobre 2014 - Arte

Entretien avec le moine bouddhiste et philosophe Matthieu Ricard, qui publie "Plaidoyer pour les animaux" (Allary Editions).



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :


Revoir sur Dailymotion : [Cette vidéo a été rejetée]
http://www.dailymotion.com/video/x27vf7o (12'04)


Matthieu Ricard - Arte 28' - 13.10.2014 par conscience33

Revoir en replay (6 jours) :
http://www.arte.tv/guide/fr/051912-027/28-minutes?autoplay=1
et
https://www.youtube.com/watch?v=rXBAIld22j0


Revoir le passage de Matthieu Ricard à l'émission sur Youtube (Vidéo de L214medias) :
https://www.youtube.com/watch?v=PawrLVo5GPo (11'10)


Revoir le passage de Matthieu Ricard à l'émission : Vidéo privée sur Youtube au lien (VOSTF)
https://www.youtube.com/watch?v=6QGyPvelBOw (12'03) Choisir la langue "Français (Belgique)"


PRÉSENTATION :
Lu au lien http://www.arte.tv/guide/fr/051912-027/28-minutes?autoplay=1

HUMANISME : L'ANIMAL, MON FRÈRE
Entretien avec le moine bouddhiste et philosophe Matthieu Ricard, qui publie "Plaidoyer pour les animaux" (Allary Editions).
Chaque année, nous tuons 60 milliards d'animaux terrestres et 1 000 milliards d'animaux marins. Un massacre que dénonce notre invité Matthieu Ricard dans son « Plaidoyer pour les animaux », avec lequel il appelle à considérer les animaux comme nos « concitoyens » sur cette terre.

Le moine bouddhiste et philosophe Matthieu Ricard sera sur le plateau ce soir pour nous en parler.

Présentation : Elisabeth QUIN

Autres informations :

Matthieu RICARD :
Site de Matthieu Ricard : http://www.matthieuricard.org/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/matthieu.ricard.francais
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Ricard

Elisabeth QUIN : Journaliste et écrivain 
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Quin

Guillaume ROQUETTE : Directeur de la rédaction "Le Figaro Magazine"
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Roquette

Nadia DAAM : Journaliste web et co-auteur 
Voir le lien de Arte : http://www.arte.tv/fr/l-equipe-de-28-minutes/6305870,CmC=6305784.html


Concernant l'émission 28' :
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/28_minutes

Concernant Isaac Bashevis Singer :
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Bashevis_Singer

Concernant les militants de L214 :
Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/L214
Sur internet : http://www.l214.com/
Sur Facebook : https://www.facebook.com/l214.animaux

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

REMARQUE :
La transcription des 8 premières minutes est assez fidèle à ce qui a été dit, après avoir visionné et corrigé la transcription proposée par TéléScoop.
La transcription des 4 dernières minutes est celle de TéléScoop qui est approximative, et incomplète.

TRANSCRIPTION :

Elisabeth Quin : Bonsoir et bienvenue dans "28 Minutes".
Au sommaire : réformer la France, mission impossible ?
Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, usait hier d'une étonnante métaphore randonneuse : "Faire changer les choses, c'est comme entrer dans la vallee de la Mort : on ne sait pas quand on va en sortir mais le pire serait de faire marche arrière".
Manuel Valls et ses randonneurs gouvernementaux peuvent-ils encore réformer ?
On va en débattre tout à l'heure.
Mais tout d'abord, nous recevons le moine bouddhiste Matthieu Ricard, le saint François d'Assise des lamas tibétains, auteur d'un plaidoyer pour les animaux auquel nous demanderons si, comme le disait Pierre Desproges, les droits de l'homme s'effacent devant les droits des asticots.
Bonsoir, Nadia, la vigie du numérique.
On vous aime. On tient à vous.

Bonsoir, Guillaume Roquette, notre complice du lundi soir.

Bonsoir, Matthieu Ricard.
"Plaidoyer pour les animaux".
Vous n'arrêtez pas de publier vers une bienveillance pour tous.
Vous avez eu un déclic à quel âge pour les animaux ?
Parce que vous les torturiez quand vous étiez petit ?

Matthieu Ricard : Torturer quand même relativement d'une façon minimale.
Mais disons j'avais une merveilleuse grand mère, la grand mère gâteau, par excellence qui allait à la pêche.
Je me disais qu'une grand-mère ne pouvait pas faire autre chose que des bonnes choses.
Je n'avais pas réfléchi au fait que si on me tirait avec un hameçon sous l'eau pour m'asphyxier, comme le poisson s'asphyxie dans l'air, c'est pas terrible.
Je me suis interrogé.
Mon père m'a emmené à la corrida au Mexique quand j'avais 5 ans.
Il y avait de la belle musique.
Qu'est-ce qui me manquait ?
Je me suis rappelé la citation de Kafka : "La guerre est un prodigieux manque d'imagination".
Je ne m'étais pas mis à la place de l'autre.
Je n'avais pas la moindre empathie.

Elisabeth Quin : C'est ça l'altruisme.

Matthieu Ricard : Ça fait partie de l'altruisme.

Elisabeth Quin : Un long cheminement.
On va en parler après l'Expresso que vous a consacré Thibaut Nolt.
Voici l'Expresso.

- Le total bouddhiste Matthieu Ricard, altruiste professionnel, et par ailleurs docteur en génétique cellulaire, vient au secours de nos amis les animaux.
Amis que nous avons tendance à fusiller, hameçonner, gazer, écraser, mutiler, torturer et parfois manger.
En fait nous exterminons chaque année plus de 1 000 milliards de nos amis, terrestres et marins.
A la lumière de cette amicale hécatombe, le moine népalais, lui-même ex-chenapan qui pêchait à la ligne, grillait des fourmis et applaudissait la corrida, a pris le virage animaliste, comme les 24 signataires du manifeste de la Fondation 30 millions d'amis ou encore Franz-Olivier Giesbert, dont l'ami d'enfance était un jeune bouc.
La condition animale est une affaire sérieuse.
Pas touche aux bestioles.
Sinon, gare !
En février, Farid G., qui s'entraînait au lancer de chat en mondovison, a pris 1 an de prison ferme.
Avant lui, en 2006, Gérard X. était condamné à 1 an de prison avec sursis, 2 000 euros d'amende et l'interdiction à jamais de revoir Junior, son gentil poney chéri, qu'il était accusé d'avoir sodomisé.
Depuis le 15 avril, la définition des animaux est passée dans le code civil de "bien meuble" à "être vivant doué de sensibilité".
Il faudra peut-être plaider la légitime défense pour avoir écrasé un moustique.
Mais au-delà de la lutte contre la maltraitance animale, c'est toute la notion d'anthropocentrisme qui prend du plomb dans l'aile, pardon, dans les fesses.

Elisabeth Quin : Alors, Matthieu Ricard, le moustique mérite toute notre compassion et notre empathie ?
Et surtout la survie ?

Matthieu Ricard : C'est un des arguments des gens : vous allez sauver le moustique, pas les hommes.
Attention ! Vous avez évoqué le cas de Farid à juste titre.
La France était émue.
Toute la France était émue.
Mais le même jour, on a tué 500 000 animaux dans des conditions vraiment terrifiantes dans les abattoirs.
Et personne n'en a parlé.

Elisabeth Quin : On est victimes de sentimentalisme ou schizophrènes ?

Matthieu Ricard : Le sentimentalisme, c'est bien quand ça interpelle.
Mais le problème, c'est la face cachée de la réalité de tous les jours.
Essayez d'aller dans un abattoir faire une enquête.
C'est mieux gardé qu'une centrale atomique.

Elisabeth Quin : Vous êtes allé dans un abattoir ?

Matthieu Ricard : Moi, je n'ai pas essayé, mais tous mes amis qui y sont allés.
Ils s'y sont introduits la nuit.
Ils se sont fait embaucher avec des caméras cachées, comme les militants de L214.
C'est impossible.
Et pourquoi ?
S'il n'y avait vraiment rien qui soit répréhensible moralement, eh bien pourquoi on le ferait ?
Quand on sait que, par exemple, les vaches qui sont abattues, on les étourdit d'abord.
Ça dure 1 minute ou 2.
Il y en a 15% qui sont accrochées par une patte et qu'on découpe vivantes.
Il y a un vrai problème de civilisation.

Elisabeth Quin : Il y a aussi un dilemme.
1.000 milliards d'animaux marins tués chaque année et 60 milliards d'animaux terrestres.
Mais des milliards d'humains à nourrir.
Alors comment fait-on ?
Tout le monde devient végétarien ?

Matthieu Ricard : Tout le monde y perd.
D'abord, l'environnement, c'est les générations à venir.
On sait que l'élevage et toute la chaîne depuis la culture en masse, la déforestation et le transport, ça contribue à 15% des émissions de gaz à effet de serre, après les habitations et avant les transports, les voitures, les avions, les bateaux, l'élevage industriel.
Deuxièmement, il faut 10 kilos de protéines végétales pour faire 1 kilo de viande.
775 millions de tonnes qui pourrait nourrir un millard et demi de personnes dans les pays en voie de développement sont exportés vers les pays riches, qui, eux fabriquent de la viande avec tout ça..
120 kilos de viande par habitant aux Etats-Unis par an.
3 kilos et demi en Inde.
Et en Ethiopie, au moment même de la famine, on exportait encore du grain en Angleterre pour l'élevage animal.
L'humanité y perd.

Elisabeth Quin : Est-ce que vous êtes convaincu, Guillaume Roquette ?

Guillaume Roquette : Pas encore.
En partant du principe que les animaux sont tués dans de bonnes conditions, le fait qu'on puisse manger de la viande, même ça vous êtes contre ?
Le fait que ça puisse être un élément de la culture, du plaisir, d'une forme d'humanité ?

Matthieu Ricard : Les bonnes conditions, s'il vous plait, si vous avez l'occasion, et si on vous y laisse entrer, allez voir ce qui se passe dans les abattoirs.
Une truie qui avant donnait 15 petits porcelets, on l'a poussée par des moyens absolument inimaginables à en enfanter 28.

Guillaume Roquette : Ce que vous dites, c'est qu'on ne peut pas faire de viande sans faire souffrir les animaux ?

Matthieu Ricard : La truie est enfermée avec ses porcelets dans une cage d'acier pour ne pas écraser ses porcelets.
Comme il y en 28, il y en a une dizaine qui vont être chétifs.
Généralement, on les assomme, on les tue sur le macadam, sur le ciment.
Je veux dire, sans souffrir, excusez-moi, mais c'est pas seulement l'élevage dans les près, ça serait formidable.
Mais, 99 % des lapins sont élevés, non pas dans les près, mais dans des conditions ahurissantes, sont empilés les uns sur les autres, sont tous blessés, etc...
La souffrance est omniprésente.
Il n'y a pas d'élevage industriel sans souffrance.

Elisabeth Quin : C'est ce qui vous conduit à faire dans votre plaidoyer, dans votre essai, une analogie que d'aucuns ont faite avant vous comme Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature, qui disait pour les animaux, c'est tous les jours un Treblinka.
C'est-à-dire que vous faites une analogie entre les élevages industriels où il y a 10 000, 20 000, 30 000 poulets désindividualisés, comme vous dites, et tués à la chaîne et les camps de concentration, c'est pas un peu excessif ?

Matthieu Ricard : Non, c'est pas extrême, parce que le génocide concerne les humains.
Il ne s'agit pas de dire que c'est la même chose.
Donc, j'ai forgé le terme zoocide, sur les conseils de Jacques Sèmelin qui est le grand spécialiste mondial des génocides et des tueries en masse, qui m'a dit de prendre un terme diffèrent.
C'est de la tuerie en masse des animaux.
Il y a d'énormes différences.
Ceci dit, les méthodes d'extermination,
Un génocide, malheuresement et pratiquement, vise à exterminer une population pour des raisons diverses.
Ces animaux, on les fait renaître pour les exterminer.
Donc c'est une éternelle tuerie en masse.
Si ces analogies existent, on ne peut pas les ignorer.
Des victimes des camps ont fait eux-mêmes l'analogie.

Guillaume Roquette : En disant que l'homme est un animal comme un autre, en fait vous risquez de pousser ce qui fait la spécificité de l'homme vers la condition animale.
Vous banalisez le génocide.

Matthieu Ricard : Absolument pas. Absolument pas.
J'ai pris d'immenses précautions, si vous lisez ce chapitre, à préciser que ce n'était pas la même chose.
Il y a des points Jacques Sèmelin l'a reconnu lui-même.
Il ne s'agit pas de dire que c'est la même chose qu'un génocide.
Mais siplement il y a un vrai problème éthique.
On donne une valeur immense à la vie humaine, à juste titre bien sûr.
Mais simplement il faut étendre notre bienveillance.

Elisabeth Quin : Nadia, parlez-nous de ce zoo incroyable.

Nadia Daam : Ça se passe à Zurich dans le zoo de Wildnispark.
Dans ce parc animalier, les visiteurs peuvent voir les animaux gambader et puis juste après, les retrouver dans leur assiette.
Voici ce qu'on peut lire sur la carte du restaurant du zoo : "côtelettes de faon, marcassin braisé, steak de chevreuil".
Et en tout petit, une ligne qui prévient les clients : "la viande provient du parc."
Et si le zoo a choisi de servir ses pensionnaires aux visiteurs, c'est pour faire de la place.
Il y a trop de naissances.
Le directeur estime d'ailleurs que c'est une solution écologique.
Ça vous inspire quoi, cette histoire ?

Matthieu Ricard : On dit que les enfants vont pouvoir avoir de l'empathie avec les animaux au zoo.
Ils les voient beaucoup mieux sur des magazines ou à la télé.
Au Danemark, on avait tué, dépecé une girafe dans un zoo devant les enfants.
Il y a une préservation de certaines espèces dans les zoos.
Mais autant les laisser dans leur environnement naturel.

Elisabeth Quin : Faut-il donner des droits aux animaux et bannir l'asservissement des animaux par l'homme ?

Matthieu Ricard : C'est très compliqué.
Commençons déjà par la bienveillance.
Essayons d'éviter toutes les souffrances qui ne sont pas nécessaires.
Ensuite, pour les gens qui sont totalement dénués d'empathie et de compassion, il faut un minimum de loi.
De même que, à priori, si on est bienveillant, on ne va pas tuer son voisin.
Mais comme il y a des psychopathes, il faut des lois.
Il faut limiter la maltraitance, surtout quand elle n'est pas nécessaire.

Elisabeth Quin : Merci, Matthieu Ricard.
"Plaidoyer pour les animaux, vers une bienveillance pour tous".
C'est aux éditions Allary.
Je précise que tous les droits d'auteur de cet ouvrage, c'est votre dernier essai, seront reversés à la fondation Karuna-Shechen.

Matthieu Ricard :

Elisabeth Quin : Merci, Matthieu Ricard.


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/687424/28-minutes.html?q=28%20minutes




Pour info : la transcription écrite pour la version sos-titrée présentée dans la vidéo privée sur Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=6QGyPvelBOw (12'03) - Choisir la langue "Français (Belgique)"

-Bonsoir et bienvenue dans "28 Minutes".
Au sommaire : réformer la France, mission impossible ?
Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, usait hier d'une étonnante métaphore randonneuse : "Faire changer les choses, c'est comme entrer dans la vallee de la Mort : on ne sait pas quand on va en sortir mais le pire serait de faire marche arrière".
Manuel Valls et ses randonneurs gouvernementaux peuvent-ils encore réformer ?
On va en débattre tout à l'heure.
Mais tout d'abord, nous recevons le moine bouddhiste Matthieu Ricard, le saint François d'Assise des lamas tibétains, auteur d'un plaidoyer pour les animaux auquel nous demanderons si, comme le disait Pierre Desproges, les droits de l'homme s'effacent devant les droits des asticots.
Bonsoir, Nadia, la vigie du numérique.
On vous aime. On tient à vous.

-Bonsoir, Guillaume Roquette, notre complice du lundi soir.

-Bonsoir, Matthieu Ricard.
"Plaidoyer pour les animaux".
Vous n'arrêtez pas de publier vers une bienveillance pour tous.
Vous avez eu un déclic à quel âge pour les animaux ?
Parce que vous les torturiez quand vous étiez petit ?

-Torturer quand même relativement d'une façon minimale.
Mais disons j'avais une merveilleuse grand mère, la grand mère gâteau, par excellence qui allait à la pêche.
Je me disais qu'une grand-mère ne pouvait pas faire autre chose que des bonnes choses.
Je n'avais pas réfléchi au fait que si on me tirait avec un hameçon sous l'eau pour m'asphyxier, comme le poisson s'asphyxie dans l'air, c'est pas terrible.
Je me suis interrogé.
Mon père m'a emmené à la corrida au Mexique quand j'avais 5 ans.
Il y avait de la belle musique.
Qu'est-ce qui me manquait ?
Je me suis rappelé la citation de Kafka : "La guerre est un prodigieux manque d'imagination".
Je ne m'étais pas mis à la place de l'autre.
Je n'avais pas la moindre empathie.

-C'est ça l'altruisme.

-Ça fait partie de l'altruisme.

-Un long cheminement.
On va en parler après l'Expresso que vous a consacré Thibaut Nolt.
Voici l'Expresso.

- Le total bouddhiste Matthieu Ricard, altruiste professionnel, et par ailleurs docteur en génétique cellulaire, vient au secours de nos amis les animaux.
Amis que nous avons tendance à fusiller, hameçonner, gazer, écraser, mutiler, torturer et parfois manger.
En fait nous exterminons chaque année plus de 1 000 milliards de nos amis, terrestres et marins.
A la lumière de cette amicale hécatombe, le moine népalais, lui-même ex-chenapan qui pêchait à la ligne, grillait des fourmis et applaudissait la corrida, a pris le virage animaliste, comme les 24 signataires du manifeste de la Fondation 30 millions d'amis ou encore Franz-Olivier Giesbert, dont l'ami d'enfance était un jeune bouc.
La condition animale est une affaire sérieuse.
Pas touche aux bestioles.
Sinon, gare !
En février, Farid G., qui s'entraînait au lancer de chat en mondovison, a pris 1 an de prison ferme.
Avant lui, en 2006, Gérard X. était condamné à 1 an de prison avec sursis, 2 000 euros d'amende et l'interdiction à jamais de revoir Junior, son gentil poney chéri, qu'il était accusé d'avoir sodomisé.
Depuis le 15 avril, la définition des animaux est passée dans le code civil de "bien meuble" à "être vivant doué de sensibilité".
Il faudra peut-être plaider la légitime défense pour avoir écrasé un moustique.
Mais au-delà de la lutte contre la maltraitance animale, c'est toute la notion d'anthropocentrisme qui prend du plomb dans l'aile, pardon, dans les fesses.

-Alors, Matthieu Ricard, le moustique mérite toute notre compassion et notre empathie ?
Et surtout la survie ?

-C'est un des arguments des gens : vous allez sauver le moustique, pas les hommes.
Attention ! Vous avez évoqué le cas de Farid à juste titre.
La France était émue.
Toute la France était émue.
Mais le même jour, on a tué 500 000 animaux dans des conditions vraiment terrifiantes dans les abattoirs.
Et personne n'en a parlé.

-On est victimes de sentimentalisme ou schizophrènes ?

-Le sentimentalisme, c'est bien quand ça interpelle.
Mais le problème, c'est la face cachée de la réalité de tous les jours.
Essayez d'aller dans un abattoir faire une enquête.
C'est mieux gardé qu'une centrale atomique.

-Vous êtes allé dans un abattoir ?

-Moi, je n'ai pas essayé, mais tous mes amis qui y sont allés.
Ils s'y sont introduits la nuit.
Ils se sont fait embaucher avec des caméras cachées, comme les militants de L214.
C'est impossible.
Et pourquoi ?
S'il n'y avait vraiment rien qui soit répréhensible moralement, eh bien pourquoi on le ferait ?
Quand on sait que, par exemple, les vaches qui sont abattues, on les étourdit d'abord.
Ça dure 1 minute ou 2.
Il y en a 15% qui sont accrochées par une patte et qu'on découpe vivantes.
Il y a un vrai problème de civilisation.

-Il y a aussi un dilemme.
1.000 milliards d'animaux marins tués chaque année et 60 milliards d'animaux terrestres.
Mais des milliards d'humains à nourrir.
Alors comment fait-on ?
Tout le monde devient végétarien ?

-Tout le monde y perd.
D'abord, l'environnement, c'est les générations à venir.
On sait que l'élevage et toute la chaîne depuis la culture en masse, la déforestation et le transport, ça contribue à 15% des émissions de gaz à effet de serre, après les habitations et avant les transports, les voitures, les avions, les bateaux, l'élevage industriel.
Deuxièmement, il faut 10 kilos de protéines végétales pour faire 1 kilo de viande.
775 millions de tonnes qui pourrait nourrir un millard et demi de personnes dans les pays en voie de développement sont exportés vers les pays riches, qui, eux fabriquent de la viande avec tout ça..
120 kilos de viande par habitant aux Etats-Unis par an.
3 kilos et demi en Inde.
Et en Ethiopie, au moment même de la famine, on exportait encore du grain en Angleterre pour l'élevage animal.
L'humanité y perd.

-Est-ce que vous êtes convaincu, Guillaume Roquette ?

-Pas encore.
En partant du principe que les animaux sont tués dans de bonnes conditions, le fait qu'on puisse manger de la viande, même ça vous êtes contre ?
Le fait que ça puisse être un élément de la culture, du plaisir, d'une forme d'humanité ?

-Les bonnes conditions, s'il vous plait, si vous avez l'occasion, et si on vous y laisse entrer, allez voir ce qui se passe dans les abattoirs.
Une truie qui avant donnait 15 petits porcelets, on l'a poussée par des moyens absolument inimaginables à en enfanter 28.

-Ce que vous dites, c'est qu'on ne peut pas faire de viande sans faire souffrir les animaux ?

-La truie est enfermée avec ses porcelets dans une cage d'acier pour ne pas écraser ses porcelets.
Comme il y en 28, il y en a une dizaine qui vont être chétifs.
Généralement, on les assomme, on les tue sur le macadam, sur le ciment.
Je veux dire, sans souffrir, excusez-moi, mais c'est pas seulement l'élevage dans les près, ça serait formidable.
Mais, 99 % des lapins sont élevés, non pas dans les près, mais dans des conditions ahurissantes, sont empilés les uns sur les autres, sont tous blessés, etc...
La souffrance est omniprésente.
Il n'y a pas d'élevage industriel sans souffrance.

-C'est ce qui vous conduit à faire dans votre plaidoyer, dans votre essai, une analogie que d'aucuns ont faite avant vous comme Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature, qui disait pour les animaux, c'est tous les jours un Treblinka.
C'est-à-dire que vous faites une analogie entre les élevages industriels où il y a 10 000, 20 000, 30 000 poulets désindividualisés, comme vous dites, et tués à la chaîne et les camps de concentration, c'est pas un peu excessif ?

-Non, c'est pas extrême, parce que le génocide concerne les humains.
Il ne s'agit pas de dire que c'est la même chose.
Donc, j'ai forgé le terme zoocide, sur les conseils de Jacques Sèmelin qui est le grand spécialiste mondial des génocides et des tueries en masse, qui m'a dit de prendre un terme diffèrent.
C'est de la tuerie en masse des animaux.
Il y a d'énormes différences.
Ceci dit, les méthodes d'extermination,
Un génocide, malheuresement et pratiquement, vise à exterminer une population pour des raisons diverses.
Ces animaux, on les fait renaître pour les exterminer.
Donc c'est une éternelle tuerie en masse.
Si ces analogies existent, on ne peut pas les ignorer.
Des victimes des camps ont fait eux-mêmes l'analogie.

-En disant que l'homme est un animal comme un autre, en fait vous risquez de pousser ce qui fait la spécificité de l'homme vers la condition animale.
Vous banalisez le génocide.

-Absolument pas. Absolument pas.
J'ai pris d'immenses précautions, si vous lisez ce chapitre, à préciser que ce n'était pas la même chose.
Il y a des points Jacques Sèmelin l'a reconnu lui-même.
Il ne s'agit pas de dire que c'est la même chose qu'un génocide.
Mais siplement il y a un vrai problème éthique.
On donne une valeur immense à la vie humaine, à juste titre bien sûr.
Mais simplement il faut étendre notre bienveillance.

-Nadia, parlez-nous de ce zoo incroyable.

- Nadia Daam : Ça se passe à Zurich dans le zoo de Wildnispark.
Dans ce parc animalier, les visiteurs peuvent voir les animaux gambader et puis juste après, les retrouver dans leur assiette.
Voici ce qu'on peut lire sur la carte du restaurant du zoo : "côtelettes de faon, marcassin braisé, steak de chevreuil".
Et en tout petit, une ligne qui prévient les clients : "la viande provient du parc."
Et si le zoo a choisi de servir ses pensionnaires aux visiteurs, c'est pour faire de la place.
Il y a trop de naissances.
Le directeur estime d'ailleurs que c'est une solution écologique.
Ça vous inspire quoi, cette histoire ?

-On dit que les enfants vont pouvoir avoir de l'empathie avec les animaux au zoo.
Ils les voient beaucoup mieux sur des magazines ou à la télé.
Au Danemark, on avait tué, dépecé une girafe dans un zoo devant les enfants.
Il y a une préservation de certaines espèces dans les zoos.
Mais autant les laisser dans leur environnement naturel.

-Faut-il donner des droits aux animaux et bannir l'asservissement des animaux par l'homme ?

-C'est très compliqué.
Commençons déjà par la bienveillance.
Essayons d'éviter toutes les souffrances qui ne sont pas nécessaires.
Ensuite, pour les gens qui sont totalement dénués d'empathie et de compassion, il faut un minimum de loi.
De même que, à priori, si on est bienveillant, on ne va pas tuer son voisin.
Mais comme il y a des psychopathes, il faut des lois.
Il faut limiter la maltraitance, surtout quand elle n'est pas nécessaire.

-Merci, Matthieu Ricard.
"Plaidoyer pour les animaux, vers une bienveillance pour tous".
C'est aux éditions Allary.
Je précise que tous les droits d'auteur de cet ouvrage, c'est votre dernier essai, seront reversés à la fondation Karuna Shechen.

-Merci, Matthieu Ricard.

 

 

Rencontre avec Akong Rimpoché

en son monastère de Samyé Ling, en Ecosse
(2ème partie)

 

VIDÉO DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION - TRANSCRIPTION ÉCRITE

Dimanche 12 octobre 2014 - France 2 à 8h30

La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013,
en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

 



Photo de l'album de Facebook

LA VIDÉO DE L'ÉMISSION :

Revoir sur Youtube VOSTF sous-titrée en français :
https://www.youtube.com/watch?v=msCzIuXm9ic (14'55)

 


Revoir sur Dailymotion VOSTF :
http://www.dailymotion.com/video/x27sxxx (14'56)


Sagesses bouddhistes Rencontre avec Akong... par conscience33

 

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/sagesses_bouddhistes_,110659476.html




PRÉSENTATION :

La rédaction de «Sagesses bouddhistes» rend hommage à Akong Rimpoché, disparu dans des circonstances tragiques à Chengdu, en Chine, en octobre 2013, en rediffusant les entretiens qu'il avait accordés dans son monastère de Samyé Ling, en Ecosse, quelques mois auparavant.

Présenté par : Aurélie Godefroy

 

Autres informations :

Sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Akong_Rinpoch%C3%A9

Hommages : http://www.samye.be/fr/archives/405-homages-a-tcheudje-akong-tulkou-rinpotche-decede-le-8-octobre-2013

Nouvelles : http://www.samye.be/fr/ksd-a-bruxelles/hommages-a-akong-rinpotche/184-hommages-a-akong-rinpotche/414-messages-de-lama-yeshe-losal-rinpotche

Centre Samye Ling : http://www.samyeling.org/

 

TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION :

-Bonjour toutes, bonjour à tous et merci de votre fidélité.
C'est avec une grande joie que nous vous retrouvons ce dimanche matin sur le plateau de Sagesses bouddhistes, pour la suite de notre hommage à Akong Toulkou Rimpoché, décédé tragiquement il y a un an.
Nous avons pu voir la semaine dernière quel était le parcours de ce grand maître tibétain, l'un des premiers à se rendre en Occident.
Je vous propose aujourd'hui de le retrouver lors d'un entretien exclusif qu'il nous avait accordé dans son centre de Samyé Ling en écosse pour évoquer plus particulièrement son action dans le domaine social et thérapeutique.

-Akong Rimpoché, good morning,
Merci de nous retrouver cette semaine.
Je vous rapelle que vous êtes le cofondateur de Samye Ling, le premier centre bouddhiste tibétain en Ecosse.
Vous avez été reconnu comme la réincarnation d'un grand maître à l'âge de 2 ans.
A l'âge de 4 ans, vous avez reçu une formation à la fois de lama et de médecin.
Donc, je voulais, pour commencer, vous demander comment vous avez vécu le fait d'apprendre la médecine si jeune.

-C'est assez fréquent, au Tibet.
Quand on est un lama réincarné, l'un des travaux que l'on a à faire, la principale tâche, c'est d'aider les autres.
On les aide spirituellement.
Les gens viennent vous voir pour chercher de l'aide pour leurs difficultés physiques ou mentales.
Donc, il faut savoir quelque chose par rapport à la médecine pour pouvoir vraiment les aider.
Il faut aussi avoir une certaine compréhension, exercer une forme de thérapie.
Parce que quand ils ont des problèmes, ils ne vont pas voir différents médecins.
Ils viennent me voir ou bien vont voir un autre lama.
Ils pensent qu'ils ont toutes les réponses.
Il faut donc être prêt à les aider.

-On dit d'ailleurs souvent que le Bouddha lui-même est le médecin de l'esprit.

-Oui. Tout l'enseignement du Bouddha vise à aider les gens à gérer leur esprit.
Parce que l'esprit, c'est ce qu'il y a de plus important.
Si on a une maladie physique, l'expérience qu'on a de cette maladie se fait à travers l'esprit.
Même si on coupait le corps en morceaux, s'il n'y avait pas d'esprit, il n'y aurait personne pour ressentir la douleur.
L'expérience de la souffrance et de la douleur c'est évidemment par l'esprit que ça passe.
Ce qui veut dire que l'esprit est fondamental.
C'est l'esprit qu'il faut traiter, qu'il aut aider, pour soulager la souffrance physique.

-Vous avez écrit un livre sur ce sujet, intitulé "L'Art de dresser le tigre intérieur".
Vous y comparez l'esprit à un tigre.
L'esprit est quelque chose qu'on peut dresser, qu'on peut former.
Il peut être complètement déchaîné et sauvage si on ne l'a pas formé, qu'on ne l'a pas entraîné.
Le tigre est un animal puissant.
C'est un exemple.
L'esprit humain est semblable à cela.
On le compare à un tigre.
Ou bien, on arrive à négocier avec lui d'une manière ou d'une autre, ou bien on le combat directement, ou bien on risque de perdre la bataille.
Il y a différentes expériences possibles.

-Vous avez donc décidé de développer une thérapie reconnue, appelée la Tara Rokpa Therapy.
Est-ce que vous pouvez nous en parler ?
Mon système de thérapie est basé sur les principes bouddhistes, les principes de l'enseignement de Bouddha.
Je ne peux pas dire que j'ai été formé en tant que thérapeute.
Mais j'ai connu beaucoup de hauts et de bas dans ma vie, à cause de l'exil.
J'ai connu beaucoup de souffrances, physiquement et mentalement.
On doit se séparer de sa famille, on doit quitter son monastère, on doit quitter tout ce qui nous appartient, on doit renoncer à tout.
Aussi, je ne souffrais pas mentalement, à vrai dire, pendant la fuite.
Les difficultés, les souffrances mentales, étaient du temps où je travaillais à Oxford en tant qu'aide subalterne
Les gens ne connaissaient pas mon histoire.
Ils pensaient que j'étais quelqu'un de paresseux.
Ça a failli me tuer, ça !
Parce que je n'avais jamais travaillé concrètement physiquement.
Quand j'étais au Tibet, j'étais assis sur un trône, et c'était moi qui donnais des ordres.
D'un coup, c'était moi qui devais écouter les ordres des autres et leurs réprimandes.
C'était un grand choc.
Mais c'est vrai, c'était une cause de souffrance dans mon esprit.
C'était comme une vis qui rentrait dans mon cerveau, qui vrillait le cerveau constamment.
J'ai repensé à mes maîtres très précieux qui me disaient : "Il faut accepter la souffrance. Il faut rester positif face à la souffrance. Il faut comprendre que c'est une connaissance précieuse que de faire face a la souffrance."
J'ai donc pu me soulager de ma souffrance en repensant a ces enseignements.
Finalement, j'ai même trouvé une grande joie dans l'acceptation des ordres, quand je devais faire des tâches subalternes comme nettoyer les toilettes.
Evidemment, je n'avais jamais fait ça auparavant.
Chez nous, c'était réservé à des gens de très basse extraction.
Mais j'ai fini par le faire avec beaucoup de joie.
Une fois que j'ai passé cette barrière-là, ça a été ma formation à une thérapie.
Et quand je suis venu ici, je ne me suis pas posé en maître spirituel.
J'étais comme un des travailleur de Samye Ling.
Je faisais les lits, la cuisine, je faisais de la couture, je réparais les draps.
J'aime beaucoup ça.
Ça me plaisait vraiment.
J'avais complètement accepté que c'était une forme de vie très positive pour moi.
Beaucoup de gens qui venaient ici, étaient dans la même situation.
J'ai essayé de leur montrer qu'on pouvait surmonter ces difficultés.
Beaucoup ont dit que ça leur avait fait du bien.
Le livre est finalement le fruit de ces expériences-là.
Ça vient de mon expérience, plus que d'une formation théorique.
La base de cette thérapie c'est la compassion.
Comment développer la compassion et comment aider les autres à travers cette compassion.
Evidemment, ça repose sur les principes fondamentaux du bouddhisme.
On pourrait même dire, sur des principes universels.
La compassion est universelle.
Comment aider les autres ?

-Vous incorporez à cette thérapie des éléments occidentaux issus notamment de la psychiatrie.
Comment cela fonctionne-t-il ?

-Je crois que si on s'adresse à des Occidentaux, il faut évidemment une certaine connaissance des idées occidentales soi-même.
Mais la principale formation de mon côté, c'est que j'essaie de transmettre, c'est comment développer l'amour, la compassion, la tolérance.
Comment accepter, plutôt que rejeter.
C'est la formation que nous donnons.
Apprendre à reconnaître soi-même.
La base de ce système de thérapie, c'est d'analyser soi-même le genre de personne qu'on est.
Analyser très en profondeur.
Il y a certaines choses qu'il faut changer.
D'autres, non.
Une fois qu'on a compris vraiment ce qu'on était soi-même, on voit clairement ce qu'on doit modifier.
Et là, on s'efforce de le faire.

-Cette thérapie est donc destinée à aider des gens en dépression.
C'est un mal très présent, dans notre monde occidental.

-Oui. J'espère que ça va vraiment aider les gens qui sont en dépression.
Ça aide à se rapprocher de ses amis, à se rapprocher de ses parents.
Il y a tant de problèmes, de nos jours, dans la société.
Des problèmes au sein de la famille.
Des problèmes qu'on peut avoir aussi à l'intérieur du couple.
Si on considère que tout est un problème, évidemment, tout devient problématique.
Mais si on aborde les choses de manière positive, ce ne sont plus des problèmes, cec sont simplement des malentendus que l'on essaie de résoudre soi-même, plutôt qu'attendre que les autres nous donnent la solution.
La thérapie nous permet de nous changer nous-mêmes.

-très concrètement, vous avez aussi décidé de créer une maison de soins de jour, baptisée Lothlorien.
Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

-Cette maison de Lothlorien accueille des gens qui ont des problèmes de déséquilibre mental, des gens qui n'ont pas besoin d'être dans une institution psychiatrique, mais qui ne sont pas assez forts pour vivre de façon indépendante dans la société.
C'est une maison intermédiaire, un lieu intermédiaire, où ils peuvent, petit à petit, apprendre à s'adapter à la vie sociale.
C'est fondé sur des formes d'exercices.
Les gens travaillent comme jardiniers.
Le jardin est très thérapeutique.
Le jardinage aide vraiment.

-Nous venons d'évoquer un des aspects de votre action, l'action locale.
Mais vous en menez d'autres, au Tibet.
Vous formez des médecins, et tâchez de préserver les herbes médicinales tibétaines.
Dites-nous-en plus sur ce sujet.

-Je crois que les médecins tibétains sont des gens très précieux.
Parce qu'ils ne se contentent pas de diagnostiquer avec les instruments.
Ils ont une perception très fine qui leur permet d'établir des diagnostics.
J'ai formé à peu près 600 médecins tibétains.
Les herbes médicinales maintenant sont en danger d'extinction, au Tibet.
Parce que celles qui sont utilisées non seulement par la médecine tibétaine, mais par la médecine traditionnelle chinoise, sont maintenant surexploitées.
Des médecins tibétains viennent ici se former en Europe, sur les méthodes biodynamiques.
Quand ils rentrent au Tibet, ils utilisent ces systèmes et replantent des herbes médicinales sur des lieux préservés.

-Pour conclure cette émission, peut-on dire que vous êtes optimiste au sujet de cette thérapie et de tout ce que vous venez de dire sur la formation des médecins tibétains, entre autres ?

-Jusqu'à présent, ces deux lignes d'activité ont plutôt bien marché.
La thérapie ne cesse de progresser dans de nombreux pays.
Samye Ling a lui-même fait cause commune avec l'université d'Aberdeen, pour la formation "Mindfulness", la pleine conscience.
Si d'autres veulent se joindre à nous, ce sera notre prochaine possibilité de faire un cours à l'université.

-Nous vous souhaitons donc bonne chance.
Merci beaucoup de nous avoir reçus aujourd'hui.

-Merci beaucoup d'être venu de bien loin, de France, en Grande-Bretagne.
Merci.

-C'est la fin de cet hommage que nous avons souhaité rendre à Akong Rimpoché, ce grand maître tibétain.
Vous pouvez revoir cette émission pendant toute une semaine sur le site internet de France 2, en consultant Pluzz.fr.
Merci à tous de votre présence.
Je vous souhaite une bonne journée.


Une transcription écrite des sous-titres est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/685830/1/sagesses-bouddhistes.html?q=sagesses+bouddhistes


 


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