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 L'HORATHÉRAPIE : 

 

L'HORATHÉRAPIE :           Le pouvoir de l'instant présent 

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L'HORATHÉRAPIE :         Le pouvoir de l'instant présent  

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L'HORATHÉRAPIE : 

 

Le pouvoir de guérison de l'instant présent

 

Résumé des deux livres de base

 

 

L'héritage du Père Henri JOMIN

1895 - 1982

 

Ce  résumé est réalisé à partir 

des deux ouvrages de référence suivants,

qui, tous deux, se référent au travail du Père Henri JOMIN :

 

LE DYNAMISME DE L’INSTANT PRÉSENT

OU

L'HORATHÉRAPIE, L'HÉRITAGE DU PÈRE HENRI JOMIN

 

Par Jean-Claude VOUAKOUANITOU

Avec la collaboration de Chiara Lubich et de Frère Ephraïm  

 

Editions du Cœur Eucharistique, Le Clos du Pain, 02470 Neuilly Saint Front (impression 1998)   

 

et de   

Quand le présent devient Présence

Pour une psychothérapie chrétienne

 

Par Philippe de LABRIOLLE

Avec la collaboration de Dom Guy-Marie Oury et Jean-François et Liliane Vezin

 

Editions de l’Emmanuel, 26 rue de l’abbé Grégoire, 75006 Paris (impression 1993) 

 

Le résumé est surtout réalisé à partir du livre 1 : celui de J.-C. Vouakouanitou.

Les renvois (2) correspondent à des extraits du livre 2 : celui de P. de Labriolle.

 

AVERTISSEMENT IMPORTANT : 

Par définition, un résumé ne peut qu'être incomplet. 

Il ne doit pas empêcher la lecture des ouvrages dans leur totalité.

Il est possible de se les procurer sur Internet auprès d'une des librairies en ligne.

 

 

L’HORATHERAPIE

 

 L’héritage du Père Henri JOMIN (1895 – 1982)

 

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Sommaire :

1 - Genèse

2 - Les idées-maîtresses

3 - Conséquences

4 - Dialogues - Déroulement des entretiens - Aperçu des entretiens (en moyenne 9 entretiens)

5 - L'horatonie : une rééducation psychologique (une thérapie assistée)

6 - Principes de l'horathérapie

7 - L'horathérapie en clientèle (rencontres avec le patient)

8 - Recherche d'efficacité thérapeutique

9 - Pour un apostolat de la miséricorde : vivre dans l'optimisme de l'espérance

10 - Quelques conseils complémentaires pour vivre une vie ouverte et débordante

11 - Conclusion

Annexes :

Annexe 1 - Le présent solennel (par Chiara Lubich et J.C. Vouakouanitou)

Annexe 2 - Quelques réflexions pour le retour vers le présent (par Frère Ephraïm)

Annexe 3 - Le présent est Présence (par Jean-François et Liliane Vezin)

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THÉORIE DU PÈRE JOMIN :  L’obstacle fondamental à la guérison n’est pas l’inconscient, mais la volonté déficiente.

Pour guérir, il faut réagir. Il faut vouloir guérir d’une volonté aimante : « j’aime = je veux ».

Jésus-Christ est présent dans tout ce que je fais. Je veux tout ce qu’il est en moi .

 

1 - GENÈSE

Bien vivre, c’est vivre dans le présent, mais un présent qui tend vers un but.

Tout homme est invité à respecter son corps, à en prendre soin, en le nourrissant et en l’exerçant par des mouvements physiques.

Accorder beaucoup d’importance au contrôle des mouvements musculaires et au contrôle de la respiration pour prendre conscience des sensations corporelles.

La stimulation d’une fonction corporelle consciente peut susciter une prise de conscience psychique.

Nos inquiétudes, nos peurs ont leurs racines dans les expériences passées.

Ce souvenir, chargé émotionnellement modifie le tonus musculaire et bloque l’énergie.

Image et mouvement sont inséparables. L’idée négative entraîne le mal redouté.

Affirmation : « CE QUE JE CRAINS ME DOMINE. CE QUE J’AFFRONTE, JE LE DOMINE ».

2 – LES IDÉES-MAÎTRESSES

2 principes :  « JE VEUX TOUT CE QUI EST »  et  « JE VEUX TOUT CE QUE JE FAIS » .   Seul le présent est réel.

Je veux tout ce qui est, tout ce qui me fait vivre, tout ce qui existe en moi. Je veux tout ce que Dieu veut et pense de ma vie.

Je veux tout ce que je fais : les ‘’sensations pures’’ prennent alors toutes leur importance pour appliquer ce principe, même aux actions corporelles les plus simples. C’est notre manière de faire appel à la vie consciente, de percevoir et de ‘’sentir les choses’’.

La pratique des ‘‘sensations pures’’ permet d’acquérir la capacité de maintenir un équilibre fondamental du corps et de l’esprit.

Nous passons notre vie à nous révolter contre des vérités éternelles, mécontents des choses, des autres et de nous-mêmes.

Dieu nous a fait Amour, pour aimer, pour nous donner, et nous serons dans la mesure où nous aimerons et nous donnerons.

ÊTRE = AMOUR = DON DE SOI (2)

Je puis vivre pour moi, attirer à moi les choses. Fait pour aimer, pour me donner, je vis en moi, pour moi je vais contre ma nature.

Mettant dans ma vie l’égoïsme au lieu de l’amour, je mets dans ma vie un principe de souffrance.

Le fondement naturel est la solidarité humaine. Nous dépendons essentiellement les uns des autres et ne pouvons vivre seuls.

Je veux aussi mes défauts comme ceux des autres. Ainsi donc, voulant tout ce qui est, quelle détente et quelle libération !

. DÉTENTE : plus de révolte, plus de crainte, plus de préoccupation, mais une acceptation confiante étendue à toutes choses.

. LIBÉRATION : rien ne s’impose plus à moi, mais tout sans exception, je le veux et l’aime comme je veux et j’aime la volonté de mon Père. En extension, 2ème principe dans la durée : je veux tout ce que je fais, toute la journée, à tous les instants. De même, pour les conversations, si l’on nous parle, soyons présent d’esprit et non seulement de corps, quel qu’humble que soit notre interlocuteur.

* Me plonger dans le présent : je puis et je dois m’y plonger. C’est par mon action présente et par elle seulement que je répare le passé et prépare l’avenir. C’est l’action présente qui corrige et qui répare en application des deux principes inséparables.

* Indépendance : Aucun homme ne peut me commander. Dieu seul est au-dessus de moi. Je ne veux que la volonté de Dieu. Je n’agirai pas non plus comme tout le monde. Je ne suis pas tout le monde mais moi-même. C’est l’indépendance dans l’amour.

* Reconnaissance :  Tout me vient de Dieu. Mais c’est par les hommes que Dieu me fait ses principaux bienfaits. Mes ancêtres sont nombreux, et chacun d’eux est nécessaire pour expliquer mon existence. Chacune de mes actions me permet de pratiquer l’amour de Dieu, qui se confond avec l’amour de Sa volonté, et l’amour des hommes, puisque les fonctions et les métiers sont tous orientés vers le service d’autrui pour lui permettre de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se distraire, de se guérir…

3 - CONSÉQUENCES

* VIVRE DANS LE PRÉSENT : Sinon risque de schizophrénie (esprit coupé : cette maladie affecte la perception, la pensée et les sensations) ; de la peine à se sentir exister, mouvements régressifs de retrait (se retire en lui-même, comme s’il tournait le dos au monde et à l’objet de sa représentation), comme si quelque chose s’était éteint en lui et qu’il ne se supportait plus.

Nous avons la responsabilité de découvrir la BEAUTÉ de cet aujourd’hui, la RICHESSE qu’il nous apporte.

Le temps qui passe, c’est le temps de notre vie. Quiconque peut l’employer en faisant ce qu’il fait avec amour.

Ce temps ne doit pas être une occasion de tristesse ou de mélancolie. Chaque instant est source de joie !

Être l’homme du moment présent, non pour en jouir à la manière des Épicuriens, mais pour le vivre comme un don du Père dans sa relation à l’éternité ; il s’efforce d’en faire le meilleur usage possible , n’acceptant pas de le laisser parasiter par autre chose.

* RENAÎTRE : Devenu homme, il n’est plus possible de redevenir un petit enfant. Il est inutile de regarder vers l’arrière avec pessimisme et s’y enfermer. Le souffrant, au lieu de sombrer dans sa souffrance, peut toujours désirer la vie, imaginer une situation actuelle et ouverte. Nous pouvons tout mettre en œuvre pour éviter de tomber dans le désespoir et le désarroi.

 

4 – DIALOGUES – Déroulement des entretiens - 

Aperçu des entretiens (en moyenne 9 entretiens)

1ère entrevue : exposé des difficultés, apprendre à pratiquer les sensations pures (voir, entendre, toucher, respirer, marcher) sans penser.

2ème entrevue : voir le danger des idées négatives et l’importance des sensations pures pour ressentir consciemment les mouvements.

3ème entrevue : exposé de l’horathérapie puis étude du sommeil, indépendance, reconnaissance, des forces que nous disposons : l’habitude, la décision, l’insuccès, les relations avec autrui, ainsi que les problèmes personnels du patient.

L’horathérapie fait appel à la volonté libre, la volonté aimante ; le patient apprend à vivre pleinement le moment présent. 

 « Quoi qu’il arrive, vivez dans la joie ». La seule vérité vraie, c’est la conscience. Toute prise de conscience est fondamentale.

 

5 – L’HORATONIE : une rééducation psychophysiologique (une thérapie assistée)

L’horatonie (du grec tonos, tensions) est un procédé psychophysiologique qui vise à relier les fonctions du corps, celle du cerveau et de l’état conscient. L'horatonie vise l'intégration perceptive et sensorimotrice.

Il existe deux grands systèmes physiologiques : la respiration pulmonaire et la circulation sanguine  centrée sur le cœur…

La respiration est la seule fonction neurovégétative contrôlée par la volonté. Je sens ma respiration, je la modifie à volonté… (2)

Trop d’inconscience signifie pas assez de contrôle cérébral. La méthode Vittoz consiste, par des exercices, à rééduquer ce contrôle cérébral. Elle se réalise pleinement avec les exercices de volonté. La volonté doit être précise, possible, sincère… (2)

. RESPIRATION : S’exercer à respirer consciemment et même profondément. Respiration profonde et de plus en plus ample.

-        compter deux temps pour l’inspiration puis quatre temps pour l’apnée et huit temps pour l’expiration par le nez..

-        On peut aussi compter de 1 à 7 pendant l’inspiration et de 21 à 7 en décroissant pendant l’expiration.

. REPRÉSENTATION MENTALE : Éducation de la conscience du corps (mène à la ‘marche consciente’ et ‘actes conscients’).

-        sur le signe de l’infini, ou sur le un : voir par l’imagination la main dessiner ce signe dans l’air, mouvement régulier et rythmé, 6 fois de suite. Cet exercice comme le suivant, soumet l’imagination à la volonté, libère les obsessions. (2)

-    sur les membres : porter fortement l’attention sur la main droite en recherchant toutes les sensations éprouvées. Puis main gauche, pied droit, pied gauche, face, nuque, cou, dos, épaules… organes intérieurs (cela fortifie, calme et réchauffe). (2)

. TRAVAIL PERCEPTIF : Expérience multisensorielle à l’aide d’un casque par l’écoute des influx sonores de diverses sources :

-        motifs musicaux, surtout de musique classique ;

-        chants d’oiseaux, cris d’animaux terrestres ou marins, bruits de vagues. Ces enregistrements témoignent de la vie sauvage.

. EXPRESSION VERBALE : Pas de suggestion, respecter l’expression spontanée, aucune interprétation, doit être lui-même.

 

6 – PRINCIPES DE L’HORATHÉRAPIE

Voir, entendre, respirer, marcher, etc. sans penser. De même, éprouver les sentiments.

Vivre par la pensée dans le passé ou l’avenir, c’est vivre mal, de façon éparpillée, déchirée.

. Bien vivre , c’est vivre dans le présent, le présent psychologique qui s’étend sur toute la durée de l’action que l’on accomplit ;

. tout accepter dans les conditions et les circonstances de ce qui est, avoir une conscience directe des expériences passées ;

. modéliser le passé et le futur en se plongeant dans le présent, seul réel, un présent dynamique qui tend vers un but ;

. accomplir l’action en voulant ce que l’on fait, en déployant toutes nos forces.

Cette action en train de s’accomplir est voulue et faite à fond.

 Deux formules :  « JE VEUX TOUT CE QUI EST »  et  « JE VEUX TOUT CE QUE JE FAIS ».

Dans la seconde formule : « Quand je veux tout ce que je fais, je fais tout ce que je veux » : il s’agit ici de la volonté libre qui consiste à faire et à aimer ce que l’on fait, en donnant le meilleur de soi-même.

Pour transformer les choses, il faut d’abord les accepter. Cette acceptation confiante s’étend à toutes choses.

Dans le trouble ou l’angoisse, dans nos désarrois, nous engager nous-mêmes à fond pour affronter les problèmes et surmonter les obstacles.

Nos défauts sont des données de notre vie présente, c’est de là qu’il faut partir.

De même en voulant ce qui est, accepter l’épreuve quel que soit le trouble, l’angoisse, le désarroi.

S’engager à fond, avec toute sa personne. Aller de l’avant pour franchir les obstacles.

Être présent de corps et d’esprit. Vouloir pleinement le présent et toutes ses conséquences.

En vivant selon ces principes, la vie est simplifiée, transformée.

 

7 – L’HORATHÉRAPIE EN CLIENTÈLE (rencontres avec le patient)

Étant malade, on ne se sent pas responsable ; on est soigné par les autres, un peu comme un enfant. Cependant l’on peut se dire : «  Que  ferais-je pas si j’allais bien ?  Je réussirais. Je ferais de grandes choses, peux-être même mieux que les autres… ». Vivant dans le rêve, on pourrait imaginer une vie magnifique et triomphante : le sentiment de supériorité est satisfait.

Or le malade ne pourrait pas mener maintenant une vie normale ; donc la vie normale l’effraie profondément. « Je ne peux pas ». C’est vrai. Mais le malade ne voit pas que sa crainte est une cause de joie pour une personne en bonne santé.

             AUSSI, vous pouvez lui montrer qu’il devrait désirer guérir : ce qu’il redoute, il le redoute à tord. Il redoute la santé étant actuellement incapable de travailler. Mais guéri, ce qui l’effrayait devient pour lui une occasion de joie car la vie est dans le mouvement, dans l’activité. Il faut donc soutenir le moral du malade.

De plus, le moral ne suffit pas, il faut que le malade arrive à se distraire de son mal. Quel que soit son état de régression, l’adulte ne peut être un enfant, c’est absolument impossible.  Ce n’est pas en arrière qu’il faut aller, mais en avant, c’est-à-dire vers ce que l’on peut imaginer pour demain ou pour tout à l’heure.

. Insister sur la règle :  « JE NE M’ARRÊTERAI JAMAIS CONSCIEMMENT A TOUTE IDÉE QUI S’IMPOSE A MOI »

. Affirmer sa FOI, sa CONFIANCE, son AMOUR, sa JOIE car les vertus s’affirment et ne se sentent pas. (Ste Thérèse de Lisieux)

. Ce n’est pas en étant ‘gentil’ que l’on peut prétendre à un changement, mais en montrant ses contradictions afin d’aller plus loin.

A une patiente : « Si vous avez tout le temps peur de vivre, c’est parce que vous ne savez pas comment garder ce que vous possédez. Vous avez le sourire, mais c’est comme si vous l’aviez perdu. C’est la crainte que vous auriez dû perdre et non la force de vaincre la tristesse. Votre manque de confiance vous empêche de persévérer dans votre élan. Ainsi, vous êtes pris de panique lorsque vous sentez votre faiblesse. Vous pouvez réagir. »

A une  patiente qui se sent délaissée par tous : « Vous venez de dire que vous êtes délaissée ; je crois que délaissée par nous. ».

Un patient dit : « Il n’y a rien de bon en moi et je ne m’aime pas. »

 

8 – RECHERCHE D’EFFICACITÉ THÉRAPEUTIQUE

Au nom de l’égoïsme, l’homme est tenté de tout ramener à lui, de tout prendre, de tout dominer, de tout faire, de détruire parfois.

Victime de pensées erronées et de faux jugements, il ne peut contrôler son imagination, c’est plus fort que lui.

L’horathérapie peut guérir les états névrotiques, psychosomatiques et psychotiques (schizophrénie, paranoïa, maniaco-dépressif).

NÉVROSE HYSTÉRIQUE : c’est une maladie qui met en cause le corps (fatigue, motricité, équilibre, surdités, tremblements, spasmes, douleurs, mutisme…). Il y a ‘inscription dans le corps du conflit psychique’’. L’hystérique a besoin de témoins et de spectateurs : sa manière d’être se caractérise par une attitude théâtrale et la dramatisation.

NÉVROSE D’ANGOISSE : angoisse permanente, attente anxieuse indéterminée, tendu sans savoir pourquoi, rumine, grossit de façon démesurée les soucis de la vie quotidienne, besoin d’être rassuré car l’angoisse le submerge.

 

9 – POUR UN APOSTOLAT DE LA MISÉRICORDE : 

Vivre dans l’optimisme de l’espérance

Nous avons mission de répandre l’espérance. Sans espérance, nous aurions de la peine à vivre, notre vie serait triste, maussade.

C’est probablement le cas de beaucoup de personnes qui vivent dans l’angoisse, l’inquiétude et la culpabilité.

Sans espérance, on interprète tout en négatif, les événements sont vécus dans une perspective de tristesse et de mélancolie au lieu d’accueillir la réalité telle qu’elle est.

Les exercices proposés sont pour rassembler le cœur au lieu de se disperser, en vue de l’unification. Mais pour cela, il faut :

-          s’accepter et accepter les conditions, la situation concrète : vouloir ce qui est

-          s’adonner à une pratique persévérante en vue du changement.

Ce changement peut se réaliser en quiconque à condition de le désirer et de s’y préparer.

     « Accueille la douleur, accepte l’épreuve sans la fuir à tout prix et garde courage. Ne t’enferme plus dans un triste passé.

     Regarde l’avenir dans la face du Christ qui se révèle à toi et t’ouvre son cœur. Ouvre-lui ton cœur pour qu’il le remplisse…

     Accepte tes limites et surtout ne cède pas au découragement lorsque tout en toi te semble incertain.

     Même avec des soucis de toutes sortes, tu peux te réjouir.

     Maintenant tu peux aussi servir, penser au bonheur de tous, faire profiter bon nombre de tes frères et sœurs de ce que tu as reçu. » 

Nous avons ce qu’il faut pour vivre. Dieu s’occupe de nous. Il connaît nos besoins de notre corps, notre psychisme, notre esprit.

Par notre inquiétude, nous ne pouvons rien faire.

Il n’est pas possible de connaître d’avance les desseins divins qui restent mystère. Nous avons à recevoir de Dieu tout ce qui est, et à ne pas laisser divaguer notre esprit. C’est Dieu qui prépare l’avenir. Pourquoi ne pas accepter le mystère, le bouleversement de nos ambitions, en accueillant avec foi le vouloir divin qui dépasse tous nos désirs ?

     Si on donne, si on pense aux autres, le Seigneur pourra dire (le Christ Jésus est en chacun de nous) :

     « J’ai eu faim, tu m’as donné à manger, j’ai eu soif et tu m’as donné à boire. »

Dans chacune de nos actions faites avec amour, Il renouvelle notre joie. Nous pouvons tout offrir à Dieu (joie, fatigue, peine…).

 

10 – QUELQUES CONSEILS COMPLÉMENTAIRES POUR VIVRE UNE VIE OUVERTE ET DÉBORDANTE

* SOMMEIL : Celui qui se couche avec des soucis ne peut pas dormir : pour dormir il faut commencer à se désintéresser (Bergson), à s’étendre et se détendre. A nous de nous accepter tels que nous sommes vraiment, avec notre pauvreté.

* INDÉPENDANCE : Ne signifie pas esprit de révolte contre une autorité quelconque, mais exprime l’autonomie que l’on doit avoir dans les relations avec autrui, une liberté intérieure qu’il faut garder en face de tout ce qui pourrait nous empêcher d’être authentiquement nous-mêmes.  « Je veux tout ce qui est » = acceptation totale, indépendante de tout ce qui n’est pas de Dieu.

    Je ne dois même pas me laisser entraîner par les bons exemples, mais faire en pleine liberté ce qui me semble bon devant Dieu.

    Il s’agit d’une indépendance courageuse, audacieuse, une indépendance dans l’amour.

* RECONNAISSANCE : Prendre conscience de tout ce qui est autour de moi, de toute la création, de tout ce qui vit, de tout ce qui existe en moi, et de tout ce qui me fait vivre.

Tout ce que je suis, c’est grâce à Dieu. Je reconnais et je remercie. Je dis ma reconnaissance. Je reconnais ce qu’Il est.

* NOUS NE CONNAISSONS PAS TOUTES NOS FORCES : Chacun de nous a déjà fait l’expérience de s’enthousiasmer en se fermant à autrui, de « s’affirmer aux dépens du prochain, de faire prévaloir ses ambitions personnelles sur celles des autres ».

Ceci explique parfois les heurts et les conflits dans la vie, mais surtout les offenses, l’exploitation et les injustices sociales.

De plus, devant les tentations d’orgueil et d’ordre sexuel, nous n’avons pas toujours une attitude nette et ferme.

Chacun de nous a la possibilité de réagir, de donner le meilleur de lui-même en affrontant la tentation, et en renonçant par un libre choix à tout ce qui l’entraîne vers le bas.

Nous avons tous cette faculté d’autodétermination qui consiste à choisir entre le bien et le mal.

Tout homme normalement constitué a l’instinct sexuel en lui. Nous pouvons lutter contre les séductions. C’est dans le présent que nous devons mener cette lutte. Les forces de réserve se développent par l’usage et l’effort. Importance de l’intérêt que la volonté permet d’éveiller. Nous avons des facultés que nous ignorons.

* EN CAS D’ÉPUISEMENT : S’étendre, faire une longue sieste et/ou 30 mn après le petit déjeuner et avant le déjeuner.

* ÉGALITÉ D’HUMEUR : Dans un moment de fatigue, on est plus vulnérable, on se sent les nerfs à fleur de peau. On est facilement dominé par les émotions et la colère. On est esclave de ce par quoi on est dominé. Comment être libre ?

Par exemple, j’agis consciemment, en aimant et en faisant ce que je veux. Tout ce que je veux je le fais d’une liberté par amour.

Je suis libre lorsque je peux m’exprimer avec sincérité, quand je peux aimer davantage en donnant mon cœur pour rendre les autres heureux.

Je suis libre lorsque je peux déterminer moi-même mon acte volontaire, me conquérir afin de pouvoir me donner par le fond de mon cœur.

Je suis libre lorsque je peux me regarder fonctionner, m’autoriser à envisager d’autres modes de fonctionnement par exemple me maintenir dans la joie d’une manière actuelle.

VIOLENCE ET COLÈRE SONT DES FAIBLESSES

     Dans l’instant, chacun peut retrouver le calme, la maîtrise de soi et ainsi affronter sereinement ce qui le déconcerte.

     De plus, nous pouvons renoncer à notre violence et à nos colères rentrées. Pour changer, il faut que nous acceptions d’abord nos limites et que nous puissions supporter nos défauts.

     En accueillant chaque instant de notre vie comme un don, comme pouvoir d’aimer, nous pouvons sourire plus facilement même au milieu de grandes difficultés.

     Chacun de nous peut garder le sourire dans la douleur et les épreuves ; c’est un moyen simple de surmonter notre mauvaise humeur, nos aigreurs et nos répugnances. Le sourire est un apostolat ; nous pouvons tous l’exercer pour mettre les autres à l’aise.

     Rien de plus fort que l’homme qui, dans les soucis et les souffrances, se montre toujours accueillant, prêt à écouter et à comprendre les autres, même ceux qui l’ont traité en ennemi. « Bienheureux les doux car ils posséderont la terre. »

* HABITUDES : Nous vivons d’habitudes. Elles permettent de tourner ses forces vers de nouvelles acquisitions et de rendre agréables et faciles des actions d’abord pénibles. Mais danger de routine, d’esclavage. « Je veux ce que je fais » permet d’acquérir rapidement des habitudes. Parfois un seul acte énergique permet d’acquérir ou de corriger une habitude.

* DÉCISION : Affirmer comme certain l’acte à poser. Décider vite, dès que le problème a été bien posé. Comme on décide une bonne action, ne pas hésiter à faire mieux si la charité ou les circonstances l’exigent.

* INSUCCÈS : En cas d’insuccès, jamais de découragement : JE VEUX CE QUI EST.

Quels que soient les échecs, il nous faut espérer un avenir meilleur et l’attendre du Seigneur.

D’un échec que j’accepte pleinement, je fais un succès. D’ailleurs, quand une porte se ferme devant nous, d’ordinaire une autre s’ouvre. Mais nous restons à pleurer devant la porte fermée sans remarquer celle qui vient de s’ouvrir.

Pour un examen, deux conditions sont requises : l’une est importante : savoir un peu la matière, l’autre essentielle : être détendu.

* RÉCEPTIVITÉ A AUTRUI : Nos sens nous sont d’autant plus fidèles que nous pensons moins. (2)

Il est impossible de comprendre notre interlocuteur à la perfection. Mais nous pouvons l’écouter avec amour, un amour qui s’attache à l’autre et qui se donne, pour mieux l’accepter tel qu’il est dans sa différence et dans sa personnalité.

L’Esprit Saint nous fait penser aux autres et nous rend plus disponibles.

Même si nous n’avons pas le même contexte d’idées avec notre interlocuteur, nous pouvons le mettre à l’aise et lui laisser le temps de s’exprimer autant qu’il en éprouve le besoin sans vouloir l’interrompre mais en lui témoignant l’amour de Dieu pour tous. Celui que nous accueillons a le droit d’être lui-même, de faire ce qu’il veut.

Ne pas juger l’homme d’aujourd’hui d’après ce qu’il était hier : il a pu changer dans l’intervalle. Nous pouvons juger les actes, jamais les personnes, Jésus-Christ disait : « Je ne juge personne » (Jn 8, 15)

* RÉCEPTIVITÉ AVEC DIEU : Il suffit de lui ouvrir notre cœur. Il st très bon de répéter : « Merci, Jésus, Alléluia ! ».

* CONFIANCE : Vivre l’instant présent, c’est vivre profondément dans la confiance ! 

Le curé d’Ars disait : « Ne pensez pas au passé, vivez ». Celui qui ne s’aime pas insulte Dieu. Dieu est un en nous et il est infini. Être un en lui. Celui qui n’est pas unifié en lui a souvent des tendances à se déchirer lui-même, à se laisser entortiller, à s’accuser, à se culpabiliser, à se condamner, à ne pas s’aimer, comme s’il était deux. Si je ne me réconcilie pas avec Dieu dans le Christ, je ne serai pas guéri pare que je ne pourrai pas m’aimer.

Quand on ne s’aime pas, on est malade. La vie est ouverture à Dieu et au monde. L’égoïsme au contraire est repli sur soi…

‘’Demande avec confiance, sans hésiter, car celui qui hésite ne doit pas s’attendre à recevoir quelque chose de Dieu’’. (Jac 1, 5-7) (2)  

* FOI VIVANTE : « Le juste vivra de foi ».(Rm 1, 17) « Soyez toujours joyeux, et priez sans cesse et remerciez pour tout ». (1 Th 5, 16-18)

Conséquences :       

       a)    joie : l’allégresse de l’Esprit ;

b)       prière constante : se maintenir dans la disposition de dépendance totale à l’égard de Dieu-Amour ;

c)       reconnaissance pour tout : même pour les épreuves et souffrances permises pour mon bien, parce qu’on croit à l’Amour.

« Ceux qui veulent être riches tombent dans des épreuves. L’amour de l’argent est à la racine de tous les maux. ». (1 Tm 6, 6-10)

« Le fruit de l’Esprit, c’est l’ AMOUR, la JOIE, la PAIX. ». (Ga 5, 22) « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu et vous l’obtiendrez ». (Mc 11, 24) « Il n’y a pas de crainte dans l’amour. L’amour parfait bannit toute crainte » (1 Jn 4, 18).

* JOIE : Le cœur qui se réjouit doit en réjouir d’autres. La joie est contagieuse.

Notre joie doit être vive et intense ; si elle nous est donnée, c’est pour la répandre dans l’humanité.

 

11 – CONCLUSION

« JE VEUX CE QUI EST » : C’est l’axe horizontal de la Croix.

-          accepter dans notre cœur ce que nous sommes ou non, tout ce qui nous manque ;

-          accepter n’importe quelle situation ;

-          reconnaître humblement nos défauts, nos torts ;

-          nous mettre dans une disposition d’ouverture et d’accueil, en supportant d’être contredits, de prendre avec le Christ ‘‘le poids des offenses humaines, du mal dans l’univers et de nos propres fautes’’ ;

-          accepter de souffrir pour présenter au Père une réparation ;

 

« JE VEUX CE QUE JE FAIS » : C’est l’axe vertical de la Croix.

-          faire tout ce que nous voulons dans la mesure où nous en sommes capables, le faire avec amour pour le bonheur de tous, en aspirant à donner toujours davantage le meilleur de nous-même, et en évitant de paraître, de nous mettre en avant.

-          Offrir à Dieu l’action que nous accomplissons.

SOUHAITONS QUE L’HORATHÉRAPIE CONTRIBUE À APPORTER 

LA LIBERTÉ, LA PAIX ET LA JOIE

 

Annexe 1  – Le présent solennel (par Chiara Lubich et J.C. Vouakouanitou)

     Nous sommes unis à Lui par sa présence en tous et en chacun. Il est bon de discerner dans les événements de nos journées les signes de l’amour divin. Dire comme saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! ».

     Tout faire pour que nos actes tendent vers le mieux avec pour objectif : plaire à Dieu.

     Demander au Seigneur la grâce de faire aboutir notre travail. Tout faire avec amour pour la plus grande gloire de Dieu !

     Depuis notre réveil, jusqu’au coucher, toutes nos actions doivent être solennelles (solennel le saut hors du lit, notre toilette, notre petit déjeuner, notre sourire…). Dès notre réveil, notre activité doit être animée de foi, d’espérance et d’amour.

 

Annexe 2 : Quelques réflexions pour le retour vers le présent (par Frère Ephraïm)

. LE NAUFRAGE MENTAL DE L’OCCIDENT : On ne peut pas dire que nous soyons aujourd’hui les malades de refoulement sexuel, nous serions plutôt malades d’un autre appétit. Appétit vital, appétit de sens et des sens, appétit de communion, de toucher. Je suis pour ma part persuadé que le besoin fondamental de l’homme n’est pas sexuel, le besoin de se nourrir est plus profond et plus profond encore son besoin de contact. Les grandes maladies psychiques contemporaines ne sont plus l’hystérie ou la schizophrénie, mais les maladies de l’échange autour de la table : l’anorexie, la boulimie, l’adduction aux drogues. Maladies de la présence et de l’échange.

. À L’ÉCOLE DE L’AFRIQUE : En Afrique, ce qui frappe avant tout c’est la joie, l’exultation, la jubilation constante qui signale l’absence de syndromes dépressifs, de troubles de l’humeur. 

     La  première cause de ce simple bonheur d’être est sans aucun doute l’harmonie avec la nature. L’harmonie avec l’entourage, la famille, la cohérence sociale, les liens entre les générations, la solidarité de la famille élargie. 

     La seconde cause est le rapport au temps. Conditionné par le mythe de la cigale et de la fourmi, nous devons opter pour le terrifiant monde des fourmis sous peine de passer pour des parasites. Mais la fourmi est suicidaire, elle est surtout terriblement matérialiste. 

     De plus, est nécessaire un profond accord avec soi-même, un amour de soi.

 

. RETOUR À LA RÉALITÉ : La raison, plus que l’imagination ou les autres puissances de l’âme, impose sa dictature. Le scientisme imprègne l’inconscient collectif. A l’origine se trouve une angoisse face à l’inconnaissable, un besoin de poser des limites. Dès lors, on est persuadé que l’intelligence assurera la maîtrise et la gestion de notre monde intérieur et extérieur. Cette illusion est la mère des pathologies modernes. Les cérébraux ne comprennent pas qu’ils se servent d’un seul hémisphère du cerveau. Les adeptes du cerveau gauche sont gauches, mal dans leur corps et leurs mouvements manquent de grâce et de coordination. Cela génère leur fond d’angoisse et de sentiment de culpabilité, impressions confuses de mal être au monde. Pour échapper à son malaise, il cherchera des distractions, désirant employer au maximum son temps libre… 

L’homme craint de s’arrêter, il a peur du silence(2)

Tout cela est fuite du réel qui seul repose. Notre culture a inventé le monde virtuel comme source de distraction. Le travail qui mobilise le cerveau est devenu chez les adeptes de l’ordinateur le moyen d’exercer leur paresse d’être, leur peur d’être présent à l’insupportable. Or « rien n’est insupportable dans le présent » (Vittoz). C’est la réactivation des souffrances passées ou l’anticipation de situations pénibles qui sont insupportables. L’homme moderne n’est plus capable de percevoir la réalité visible et invisible. C’est la nécessaire rééducation sensorielle pour aboutir à l’homme total.

. RÉALISME SPIRITUEL : la vie mystique consiste à se laisser toucher par Dieu, et à le toucher de substance à substance.

Annexe 3 : "Le présent est Présence" par J.-F. et L. Vezin (tiré du livre [2])  

 « J’ai tout mais je veux ce que je n’ai pas… ! » Nous nous constituons juges de ce qui nous est indispensable pour vivre.

     C’est notre égoïsme qui nous pousse à posséder toujours plus de biens et ainsi satisfaire nos désirs de plaisirs, de domination.

Ce que nous ne possédons pas et que nous pourrions posséder nous paraît si désirable que ne pas le posséder devient intolérable.

Et ce que nous possédons nous paraît indispensable au point qu’en être privé est aussi intolérable !

     _ inquiétude et fermeture sur soi pour préserver son bien propre : bien matériel (vêtement, livre, meuble, vase, jouet, propriété…), physiologique (santé, sommeil, nourriture, corps…), spirituel (prière, don, compassion, évangélisation, auréole….).

     La fortune d’un homme est ce à quoi il est attaché (argent, biens immobiliers, livre, vêtement…) qu’il considère indispensable à sa vie et qu’il préfère à l’amour et dont il ressent sa perte comme intolérable. La seule véritable valeur est l’amour.

     Le Chemin : C’est lorsque je n’ai plus rien que j’ai tout : l’Amour. Cela ne signifie pas forcément donner tous ses biens, vivre en ermite, prier plusieurs heures…. Cela signifie que chaque instant de ma vie n’est pas ma propriété, n’est pas l’occasion de me réaliser, de satisfaire mes convoitises dans un regard centré sur moi. Si je me regarde, si je suis centré sur mes richesses, je suis inquiet car je suis incapable de leur donner la seule dimension à laquelle j’aspire profondément : l’éternité, l’infini.

     Seul Dieu peut me faire accéder à cette dimension si je ne garde rien pour moi, si je lui donne tout sans condition, si j’expose tout à son amour, dans l’abandon de sa volonté.

     L’important est l’amour qui conduit à donner ou à garder, à vivre seul ou avec d’autres, à prier plus ou moins longtemps.

     Offrir l’instant présent c’est l’ouvrir à l’Amour. Vivre l’instant présent c’est vivre profondément dans la confiance.  ¨

 

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