Télévision - Les écoles alternatives : Montessori, Freinet, Steiner, l'école autrement ? sur France 5 le 21 janvier 2015 - Emission "Les maternelles". L’école autrement : des enfants plus autonomes.
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TV - Les écoles alternatives :
Montessori, Freinet, Steiner.

L'école autrement : des enfants plus autonomes.

 

PRÉSENTATION

- 21.01.2015 Les écoles alternatives sur France 5 - Emission "Les maternelles".
Les écoles alternatives : Montessori, Freinet, Steiner. L'école autrement : des enfants plus autonomes.

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 


Les écoles alternatives :

Montessori, Freinet, Steiner.

L'école autrement :

des enfants plus autonomes


France 5 - Mercredi 21 janvier 2015 - Emission "Les maternelles" - Magazine

VIDÉOS - L'EMISSION - COMMENTAIRES

Les écoles alternatives : Montessori, Freinet, Steiner.
L'école autrement : des enfants plus autonomes.



Photo de l'album sur Facebook

(Re)voir la séquence avec Dailymotion VOSTF (à partir de 26'30 de l'émission complète) :
http://www.dailymotion.com/video/x2f943w (43'58)


Ecoles alternatives - L'école autrement : des... by conscience33 


Télécharger l'émission complète avec Captvty pendant 6 jours :
http://captvty.fr/

Vidéo de l'émission complète sur France 5 :
http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles/diffusions/21-01-2015_296205

Vidéo de l'émission complète sur Pluzz.fr en replay 6 jours :
http://pluzz.francetv.fr/videos/les_maternelles_,115873233.html




L'EMISSION :

Lu au lien http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles/diffusions/21-01-2015_296205

L’école autrement : des enfants plus autonomes

 

LIVRES

- ECOLES DIFFÉRENTES
Des pédagogies pour grandir et apprendre autrement
Catherine Piraud-Rouet
Ed. Fabert (2015)

- CES ÉCOLES QUI RENDENT NOS ENFANTS HEUREUX
Antonella Verdiani
Ed. Actes sud (2012)

- L’ÉCOLE DU COLIBRI
La pédagogie de la cooperation
Isabelle Peloux, Anne Lamy
Ed. Actes sud (2014)

- ECHEC SCOLAIRE
Des solutions pour se réconcilier avec l’école
Catherine Sanson-Stern
Ed. Fabert (2011)


COMMENTAIRES :

Lu au lien http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles/diffusions/21-01-2015_296205

Elodie. :
Je suis nouvellement enseignante et je voulais vous préciser que nous sommes "formés" aux différentes pédagogies. A chacun de mettre en place ce qu'il souhaite! Il est recommandé également de travailler de plus en plus en groupe, en autonomie à l'aide de plan de travail, de donner des responsabilités, et d'adapter son enseignement au public (différenciation)...

sel :
C'est chouette les filles de présenter ces pédagogies avec autant d'enthousiasme, par contre, demandez-vous combien d'élèves peuvent être accueillis de cette façon dans une même classe (30 ???) et surtout le temps passé par l'enseignant pour préparer cette pédagogie qui semble suivre la liberté de l'enfant alors qu'en fait tout est très préparé... CQFD, cela ne peut pas être si généralisé ...

Yasmine :
Bonjour,
Je suis professeur des écoles et j'exerce dans des écoles publiques classiques. Je suis en train d'écouter votre émission et voudrais simplement préciser que l'autonomie, la responsabilisation, la différenciation, l'autocorrection ou la correction par les élèves, toutes ces choses sont aussi mises en place chez nous ! Évidemment cela dépend sans doute du professeur, mais je vous assure que j'en croise énormément autour de moi.

Laura :
Je suis également nouvellement enseignante. Ces pédagogies sont de plus en plus mises en place dans les classes des écoles "ordinaires". Et nous aussi visons tous les objectifs dont vous parlez !!!

Nadine :
Nous aussi nous enseignons de cette façon dans une école publique normale sans être spécialisée en méthodeFreinet!!!

Sam... :
Je suis enseignante dans des écoles publiques classiques (je change chaque année), je ne fais pas ''du Freinet'' mais j'applique beaucoup de ses principes. La description de l'école de Sandrine correspond à ce que je vois dans presque toutes les classes: médiateur, tutorat, exposé, métier et responsabilité, groupe de niveau (surtout en langue mais pas que...). Donc d'après votre émission ce que je fais n'est pas la bonne pédagogie car je ne suis pas dans le privé ou en Freinet?!!! Quel jugement!!!! Je ne vous remercie pas, ni Mr S. de ne pas dire que ce genre de pédagogie est de plus en plus rependue en primaire..

Aude :
Bonjour,
Je suis professeur des écoles depuis peu de temps dans l'enseignement public (en école dite "classique"). Je suis convaincue par toutes ces pédagogies alternatives mais attention : ne mettez pas dos-à-dos ces écoles et les écoles "traditionnelles". L'évaluation par compétence sans note se répand de plus en plus dans toutes les écoles, la responsabilisation des élèves est un souci quotidien de tous les enseignants, le travail en autonomie, en groupe, en coopération rythme la vie de nos classes. Chacun de nous s'approprie différentes méthodes et construit sa classe selon ce qu'il est et ce que sont ses élèves chaque année. Tout cela pour dire, l'école autrement existe également dans les écoles classiques et ne disons pas que cela est uniquement réservé à ces écoles "étiquetées".

Stéphanie :
Je suis professeur des écoles et j'exerce dans une école "classique" et je voudrais dire à Alain Sotto qu'il faut qu'il révise sa vision de l'école "classique" (qui me semble dépassée), on met nous aussi toutes ces choses en place : autocorrection, responsabilisation, différenciation, prise en charge des enfants différents (dys...), pas ou peu de notes, travail en groupe, on limite le plus possible l'enseignement frontal. Après, nous n'avons pas les mêmes moyens que ces écoles alternatives (plus d'élèves) ce qui ne nous permet pas de le faire tout le temps ou du moins autant qu'on aimerait, ce qui je vous assure est source de frustrations!!!

Laure :
Je suis étudiante en master enseignement et il est évident que l'on est formé à ces pédagogies alternatives. L'enseignement dit ordinaire étant beaucoup basé sur la pédagogie Freinet... Je trouve dommage que l'on dénigre autant l'école ordinaire sachant que les écoles alternatives sont peu accessibles et que l'ensemble des thématiques abordées dans votre émission nous sont enseignées et généralement mises en place en classe ordinaire! Serait-il possible d'admettre l'évolution de l'école ordinaire?

Françoise... :
Contrairement à ce que j'entends les enseignants de l'école publique utilisent de nombreuses pédagogies pour faire réussir tous leurs élèves , cependant il faut que les parents fassent plus confiance aux enseignants et ne soient pas des freins à l'évolution de l'école.

emi :
Chère équipe des maternelles je suis en train de faire des bonds devant ma télévision en vous écoutant...Je n'arrive même pas à attendre la fin du débat pour vous écrire! Je suis professeur des écoles dans une école publique et NOUS enseignons de cette façon! NOUS sommes formés pour enseigner des pédagogies nouvelles, NOUS donnons des responsabilités aux enfants, NOUS écoutons un enfant qui n'a pas compris... bref quelle honte ce reportage et ce débat sans parler de ce psy qui ne sait même pas comment les enseignants sont formés à l'IUFM. Déjà que l’école publique n'a pas bonne presse et bien ce débat ne va pas faire avancer les choses!

Stéphanie :
Ah enfin!!!!!! Il aura fallu attendre la fin du débat pour que pendant 10 secondes on parle des ces enseignants qui essayent de changer les choses!

McGabin :
Bonjour
Tout comme Yasmine, je suis enseignante dans une école publique, en ZEP. Depuis 12 ans, nous essayons de tout mettre en place pour faire progresser nos élèves à leur rythme et en dédramatisant le statut de l'erreur... je ne les note pas, je les responsabilise, ils acquièrent des droits et privilèges si leur comportement le leur permet, ils font des dictées négociées (discutent pour se corriger)... bref, je prends dans différentes méthodologies et pédagogies et me retrouve dans tout ce que j'entends actuellement dans votre émission, sans pour autant être dans une école à pédagogie alternative. Il y a malheureusement d'autres problématiques à prendre en compte : faire venir les parents à l'école, ce qui est très compliqué dans certains quartiers, les moyens pour mettre en place tout cela (j'entends que l'idéal serait d'être 2 ! On est bien d'accord !)... bref, c'est très beau quand on entend parler de ces écoles, mais ce n'est pas si simple...

Sarah :
Bonjour, je travaille pour une association dont l'objectif est de créer sur mesure des outils à l'usage des enseignants, des ateliers de créations, d'invention et d'imagination, autour des notions scolaires requises à chaque âge. Nous voyons en effet beaucoup d'enseignants qui ont le désir de faire évoluer les schémas "classiques" vers les principes d'autonomie et de laboratoire d'expérience mis e place par les pédagogies Montessori, Freinet ou Decroly. Mais le nombre d'élèves et parfois même les pressions alentours venant de la direction, des collègues ou des parents, ne permet pas une liberté totale d'enseignement sans un combat personnel régulier. Je suis heureuse de voir ici tant d'enseignants préoccupés par cette problématique d'évolution du système scolaire ! Battez-vous, les enfants ont tout à y gagner !

Emmannuel :
Bonjour,

Je trouve votre thème d'aujourd'hui assez démago. J'ai 2 filles de 4 et 6 ans qui aiment l'école "normale". La plus âgée est pressée d'apprendre à lire et à écrire. Avec la réforme scolaire, les enfants ont encore plus de nouvelles activités périscolaires (NAP) : Capoeira, journalisme, relaxation,...Merci la réforme

Je crois aussi que si les parents aiment l'école, les enfants le ressentent.
Si on considère l'école comme un moyen d'épanouissement et non une "obligation d'aller à l'école", les enfants vont à l'école dans un autre état d'esprit!
Si les parents aiment l'école, les enfants aiment aussi!

Anne :
Nous ne demandons que cela, nous, enseignants des écoles publiques, d'avoir les moyens de mettre en place ces pédagogies qui fonctionnent et pour lesquelles nous sommes (trop peu, ok) formés ! Je crois également profondément en l'école publique qui peut mettre ces pédagogies au service de la réussite de tous les élèves, riches ou non. Mais cela demande des moyens et les Français ne sont pas prêts à payer davantage d'impôts...

Emilie44 :
Je suis moi aussi enseignante en école maternelle publique, et j'applique énormément de principes de la pédagogie Montessori sur laquelle je suis archi convaincue. La seule différence entre ces écoles et nous, c'est que nous avons deux fois plus d'élèves dans nos classes (en général une trentaine contre une quinzaine en école Montessori, avec 2 adultes formés à la pédagogie), donc bien évidemment la tâche est plus ardue pour nous, mais nous y croyons et nous nous accrochons!!

Je trouverais intéressant que vous consacriez un futur reportage à ces pédagogies innovantes mises en place dans les écoles publiques, pour montrer au grand public que oui, ça bouge dans nos écoles, que contrairement à l'image que les médias aiment renvoyer des enseignants nous ne sommes pas encroûtés dans nos vieilles habitudes sans envie d'en changer.

Rach :
Professeur de français en collège, je suis abasourdie par votre émission de ce matin. Je doute que le Dr Sotto sache vraiment de quoi il parle et je me demande depuis combien de décennies il n'a pas mis un pied dans un établissement ! Contrairement à toutes les bêtises qu'il a pu dire ce matin, je n'ai rencontré que des équipes soudées, qui travaillent de concert ; les programmes, qui devraient évoluer sous peu, permettent sans problème des ponts entre les matières (français, histoire geo, anglais, arts plastiques...) que nous renforçons par nombre de projets. Si ce fameux "spécialiste" en doute, je l'invite à visiter mon établissement... Je déplore que l'équipe des maternelles ait approuvé ses dires, en faisant l'apologie d'établissements et familles élitistes !

 


TRANSCRIPTION DE L SEQUENCE À PARTIR DES SOUS-TITRES :
(enregistrement à partir de 26'30)

...

- Julia : On va passer au thème du jour.
On parle souvent du thème de l'école autrement.
Aujourd'hui, on a décidé de rentrer dans le vif du sujet pour voir ce que proposaient ces écoles atypiques.
Que ce soit par conviction pédagogique ou pour aider leurs enfants en difficulté, de plus en plus de parents se posent la question de scolariser leurs enfants dans une école dite "a pédagogie alternative".
Il y a notamment Montessori, Freinet ou Steiner.
Mais il en existe d'autres.
Ça tente nos maternautes ?

- Nathalie : Oui, terriblement.
Ils sont vraiment dans le mouvement qu'on sent en France, mais pas qu'en France, dans toute l'Europe.
A 71%, ils seraient prêts à scolariser leurs enfants dans une école avec une méthode différente.
Evidemment, il y a des gens qui témoignent parce que leurs enfants étaient malades dans l'école classique.
C'est le cas de Julie.
Elle a changé son enfant et l'a placé dans une école Montessori/Freinet.
Je ne connais pas quand ça mélange les 2, mais c'est du côté d'Aubagne.
Son enfant revit.
C'est une satisfaction pour les parents.
La question qui revient très rapidement, c'est celle de Marie.
Ces écoles sont quand même réservées à une forme d'élite, excepté Freinet que l'on trouve dans le public.
Ça coûte entre 1500 euros et 3500 l'année.
Commencer en maternelle avec une pédagogie comme ça, c'est un peu compliqué.
Virginie nous dit qu'elle ne savait même pas que ça existait.
On va essayer de faire comprendre tout ça ce matin.
On a beaucoup progressé en France aujourd'hui.
Il y a des réseaux très clairs.
Il y a aussi des écoles coopératives.
Néanmoins, Anne Coffinier qui s'occupe de la Fondation pour l'école nous dit qu'on reste à la traîne.
Je suis allée voir ce qui se passait dans le monde entier.
J'ai retenu une initiative intelligente, mais qui vient du Portugal.
Ça a été lancé comme chez nous, dans les années 70.
Ils ont réfléchi autrement.
Leur intelligence est de s'être dit que c'était super dur de faire bouger les formateurs, les écoles et les parents.
On a chacun des réticences.
Ils ont voulu commencer par changer l'établissement scolaire, dans ses pièces, son mode de fonctionnement.
Ils ont créé une école en open space.
A partir de ce moment, on travaille ensemble.
L'enfant, qui était en maternelle déjà très bon en lecture, moins bon en mathématiques...
Celui qui est en CM2, il va pouvoir repartir sur un niveau.
Les mentalités ont changé car elles ont été inspirées par un bâtiment différent.
Il y a beaucoup d'exemples à prendre ailleurs.
Pour nos enfants, qu'est-ce que c'est bien !
On devrait prendre ce qui marche.

- Julia : Formidable.
Que propose ces pédagogies alternatives et quels sont les atouts et les limites ?
On va essayer de vous donner des réponses avec nos invités.
Il y aura Chloé et Alain Sotto, psychopédagogues, ainsi que S. Quétier.
On va les rejoindre tout de suite.
Avant, je voulais vous remercier d'être venus.
Est-ce qu'on a mérité nos tablettes de chocolat ?

- C.Michalak : Je me suis dit que vous étiez tellement sympa...
Vous méritez grave !

- Julia : N'oubliez pas que vous avez jusqu'au 15 février pour faire des gâteaux.
Merci beaucoup, messieurs.
Bonjour, Chloé.
Vous êtes la maman de Jade, Maya, Iris et Anouk.
Vos filles sont encore scolarisées en école publique Freinet.
Vous avez vous-même été sur les bancs d'une école de ce type.
Il vous tenait à coeur d'offrir cela à vos enfants.
Merci de témoigner. Bonjour, S.Quétier.
Je rappelle que vous êtes animatrice sur une chaîne concurrente.
On vous adore et on est ravis de vous avoir sur notre plateau.
Vous aussi, vous êtes la maman de 2 enfants que vous avez décidé de scolariser dans une école a pédagogie alternative.
Si votre fille est totalement épanouie dans cette école, ça a été plus difficile pour votre fils.

- Nathalie : A.Sotto, bonjour.
Vous êtes psychopédagogue et l'auteur de ce livre : "Donner l'envie d'apprendre".
C'est sorti aux éditions XL.
C'est un plaisir de vous retrouver sur notre plateau.
On disait tout à l'heure avec Julia que de plus en plus de parents sont demandeurs, qu'un certain nombre d'écoles à pédagogies dites alternatives se sont développées en France.
Selon vous, est-ce autre chose qu'une tendance à la mode ?

ALAIN SOTTO, PSYCHOPEDAGOGUE :- A.Sotto : Je pense que c'est un grand mouvement qui a démarré.
Chaque année, on compte environ une trentaine d'écoles nouvelles.
En 2014, il y en avait 52. C'est quelque chose de puissant.

- Nathalie : Ça correspond à quoi ?
Il faudrait révolutionner la façon d'enseigner aujourd'hui en France ?

- A.Sotto : C'est un peu ça.
Ça correspond à une offre éducative demandée par les parents.
Il y a aussi une organisation qui s'appelle la Fondation pour l'école.
C'est associé à notre site qui s'appelle "Créer son école".
Cette fondation est d'utilité publique et elle donne aussi un label de qualité aux enseignants qui se forment et qui aident à la création d'écoles.

- Nathalie : Ça évite de se perdre dans les méandres.
Certains pensent parfois que c'est affilié à des sectes, et ça permet d'avoir une visibilité.
Par rapport à tous les enfants qui sont accueillis, cela permet d'être au plus proche de tous les enfants ?

- A.Sotto : Oui.
Il y a environ 700 groupes scolaires, soit enviro 60.000 enfants.
C'est une petite goutte d'eau par rapport aux 12 millions d'élèves scolarisés.
Mais la tendance est là.
Parmi ces écoles, 3 sur 5 ne sont pas confessionnelles.
Elles utilisent une variété très importante de méthodes pédagogiques avec une grande souplesse.
On peut changer de méthode en cours d'année si le groupe d'enfants ne marche pas bien avec ce qui a été tenté.

- Julia : C'est très intéressant.
L'école Ange Guépin à Nantes pratique la pédagogie Freinet depuis plus de 20 ans.
Ici, un élève qui réussit est d'abord un élève qui s'interroge, qui cherche par lui-même et qui n'a pas peur de se tromper.
Chaque situation de l'école n'est pas stressante mais stimulante.

34'05 Film "UNe éCole PaS CoMMe Les aUTRes"

- Vous allez sortir votre cahier d'entraînement.

- Aujourd'hui, la matinée démarre par un exercice on ne peut plus classique, la fameuse dictée.
Mais ce qui l'est moins, c'est que les élèves ensuite se corrigent entre eux.

- Moi, j'ai mis un "e" à la fin de "poils".

- Mais il y a plusieurs poils donc, je dirais un "s".

- L'exercice de dictée coopérative permet aux élèves de se confronter aux erreurs.
Qu'est-ce que c'est que faire une erreur ?
Est-ce grave ou pas? Comment les dépasser ?
On apprend a les dépasser progressivement mais on peut aussi les dépasser à plusieurs.
Cela démystifie la faute.

- Quand il fait des fautes, ça me donne un peu plus confiance en moi parce que je comprends que je ne suis pas la seule à faire des fautes.

- C'est maintenant l'heure des recherches personnelles.
Chaque élève choisit un thème qui l'intéresse pour l'exposer ensuite aux autres.

- Notre recherche, ce sont les écritures japonaises.

- Pourquoi ?

- Parce qu'elle est japonaise.

- J'aimerais travailler un peu plus dessus.

- Je trouve ça joli alors j'aimerais en apprendre plus.

- La pédagogie Freinet essaie dans la plupart des situations possibles de rendre les enfants acteurs et motivés, voire même auteurs de leur apprentissage.
C'est eux qui amènent leurs sujets et leurs contenus.
Dans ce cas-là, la motivation est plus importante.

- Combien y a-t-il de lettres ? 46 ?

- Est-ce que ça s'appelle des lettres ?

- C'est plus amusant que de rester toute la journée sur le même travail.
On apprend un truc sur le thème et ensuite, on va l'apprendre.

- Il y a 3 sortes d'écritures japonaises.

- Le fait de présenter aux autres, ça amène du sens aussi.
On est dans la pédagogie coopérative: apprendre aux autres grâce au temps que j'ai passé à faire des recherches sur le sujet.

- Il y a 46 formes dans l'alphabet.

- C'est un peu stressant la 1re fois.
C'est un peu toile maître ou la maîtresse.
C'est toi qui apprends.

- Du coup, tu te sens plus grand.

- Tous les jours, pendant une heure, les élèves travaillent aussi selon un planning individualisé.

- L'idée est vraiment de coller au niveau scolaire de l'enfant.
Par exemple, s'il a un bon niveau de mathématiques pour son âge, on lui permet d'aller plus loin dans le programme et d'avancer plus vite.
On lui permet aussi de travailler ses faiblesses a son niveau.
Tout le monde avance à son rythme.
Qu'est-ce qu'il faut faire ?

- Il faut remettre en ordre les phrases mais je n'y arrive pas.

- Pendant ce temps, Renaud peut se consacrer à ceux qui en ont le plus besoin.
Tandis que les élèves les plus avancés peuvent aussi aider ceux qui butent sur les exercices.

- Comme j'arrive bien à corriger mes textes, que je comprends bien, et que Maya n'arrive pas trop à comprendre, je l'aide.

- Souvent, je ne comprends pas tous les mots de Renaud alors qu'avec elle, je comprends mieux.

- Dans cette école, on ne note pas non plus les élèves, on valide leurs acquis mais seulement quand ils se sentent prêts.
Aujourd'hui, Tanguy se lance. Il doit savoir lire à haute voix de façon expressive.

- Ça amène a travailler la confiance en soi et a déstresser les enfants par rapport a ces moments d'évaluation qui peuvent être source d'appréhension.
L'enfant y va en confiance.
C'est ce que l'on souhaite.

- Aujourd'hui, seules une vingtaine d'écoles en France pratiquent entièrement la pédagogie Freinet.

38'16 Fin du film

- Nathalie : A.Sotto, c'est vrai que ça fait envie.

- Julia : Vous allez lui demander pourquoi il n'y en a pas plus.

- Nathalie : Evidemment !
On est dans le public, sur une pédagogie mesurée et évaluée.
Il y a 10.000 personnes en France formées à la pédagogie Freinet.
Pourquoi est-ce que cela n'est pas dans toutes les écoles publiques de l'Education nationale française ?

- A.Sotto : C'est la question.
Parce que ça amènerait une révolution.
Il faudrait reformer près de 950.000 enseignants.

- Nathalie : C'est ça qui est trop dur ?

- A.Sotto : Oui. Les enseignants ont été formés à des disciplines, des matières et non pas à la communication avec les enfants, non pas à la dynamique de groupe, non pas à la psychologie de l'enfant.

- Julia : Ne pourrait-on pas au moins former les nouveaux

- A.Sotto : C'est ce que je crois. Ce serait l'idéal.

- Julia : C'est tout un truc à revoir.
On n'est pas rendus. Chloé, rebonjour.
Vous êtes la maman de Jade, 18 ans, Maya, 16 ans, Iris, 11 ans et Anouk, 9 ans.
Vos 4 filles sont ou ont été scolarisées dans des écoles Freinet.
C'est exactement ce que l'on vient de voir ?

- Chloé : Ça ressemble beaucoup.
Il y a une partie d'autonomie avec un temps de travail individuel.
Un contrat est passé entre l'instituteur et l'enfant.
Il y a un certain nombre de choses à faire et on apprend à s'organiser.
On fait d'abord l'obligatoire et ensuite le pas obligatoire.

- Julia : Y a-t-il aussi la correction coopérative ?

- Chloé : Non, mais il y a des fiches auto-correctives.
On se corrige soi-même.
Il y a aussi des temps de travail en groupe.
Il y a aussi pas mal de responsabilisation et pas mal de temps de parole.
Le matin, pour partager ce qu'on a à se dire.
Un peu comme les adultes qui arrivent au bureau et qui ne vont pas directement à leur bureau.
Comme à la machine à café.
On apprend à écouter l'autre et on se met ensuite vraiment au travail.
Ça repose aussi beaucoup sur le tâtonnement expérimental, sur le fait de pouvoir se tromper sans que ce soit nécessairement un échec, pour comprendre.

- Julia : Pourquoi avez-vous fait ce choix, de scolariser vos filles dans ce type d'établissement ?
C'est un vrai choix.
Je crois que vous avez carrément déménagé pour pouvoir le faire.

- Chloé : D'abord, parce que je suis allée dans une école Freinet quand j'étais petite.
C'était un hasard.
On habitait a côté.
On a déménagé ensuite dans la Nièvre et il y avait à nouveau une école Freinet dans le village.
Je suis vernie !
Je voulais que mes filles aient la même chance que moi.

- Julia : Vous n'êtes pas à Marseille ?

- Chloé : Maintenant, oui.
J'ai cherché le quartier dans lequel il y avait une école Freinet.

- Julia : Vous avez choisi le quartier en fonction de l'école.

- Chloé : Oui.

- Julia : Vous étiez motivée.

- Julia : Ça vous a apporté quoi, à vous ?

- Chloé : D'abord, j'ai toujours
On peut aimer l'école sans aller à l'école Freinet, bien sûr.
Mais j'aimais vraiment ça. Ça m'a appris a aller au bout de mes projets.
On travaille beaucoup par projets.
Quand on fait quelque chose, on va jusqu'au bout.
C'est vraiment une pédagogie du travail.
On confond souvent les pédagogies alternatives avec le fait que les enfants s'amusent à l'école, qu'ils sont libres et autonomes.
Mais ils sont libres de travailler, en fait.
On part du principe que ça plaît, de travailler.
Je crois beaucoup a ça.
On est motivé, on a envie d'apprendre.

- Julia : Comment s'y sentent vos filles, notamment les petites qui y sont encore ?

- Chloé : Je sais qu'elles s'y sentent bien.
Quand elles sortent de l'école, tous les jours, j'essaie de faire ce qu'on appelle une question ouverte du style : "C'était comment ta journée?"
Elles me disent tous les jours : "C'était trop bien !"
Cela fait 15 ans que je vais les chercher à l'école et 15 ans que j'entends ça.

- Julia : Vous n'avez jamais entendu : "Je ne veux pas y aller ?"

- Chloé : Jamais.

- Julia : Bravo! Sandrine, on passe à vous.
Vous êtes la mère de Lola, 13 ans et Gaston, 11 ans, qui ont été, ou sont encore, en tout cas pour votre fille, scolarisés à l'école La Source, à Meudon, en région parisienne. En quoi cette école est-elle différente par rapport à ce qu'on vient de voir ?
Quelle est la pédagogie ?

- Sandrine : C'est une pédagogie qui est aussi basée sur la responsabilisation de l'enfant.
Il y a beaucoup de travaux en équipe, d'exposés où les enfants proposent spontanément des thèmes.
Il y a le débrief du matin où chacun parle de ce qu'il a fait.
Les enfants sont aussi responsabilisés sur des tâches. Ils ont des ceintures de comportement qui leur permettent d'acquérir de l'autonomie.
Ce n'est pas matériel.
Si on travaille bien et qu'on se comporte bien, on a de plus en plus de liberté au sein de l'école.
Par exemple, le droit de déambuler dans les couloirs.
Ce n'est pas n'importe quoi non plus.
Il y a beaucoup de groupes de niveaux.
Par exemple, en anglais, ma fille a 4 niveaux différents d'anglais au sein de sa classe.
On décloisonne les 4e entre elles.
On met des groupes de niveau donc aucun élève ne se sent nul.
Il y a beaucoup d'échanges, de dialogue, de projets pédagogiques.
En primaire, il y avait un projet qui s'appelait "Pacifique".
C'étaient des cours de gestion de conflit.
Les enfants réglaient leurs problèmes entre eux, avec un adulte qui était là surtout pour les guider.

- Julia : Ça ne se réglait pas forcément dans la cour de récré, à la baston.

- Sandrine : Aussi.
Ce ne sont pas non plus des modèles.
Mais c'est vraiment une école très ouverte et beaucoup en dialogue avec les parents.

- Julia : C'est privé ou public ?

- Sandrine : C'est une école privée.

- Julia : On pense tout de suite à l'argent.
Est-ce accessible à tous ?

- Sandrine : C'est en fonction de votre revenu.

- Julia : Donc vous, vous payez plein pot, j'imagine !

- Sandrine : Bien vu !
- Julia : Mais grâce à vous, des gens peuvent y accéder.

- Sandrine : Exactement.

- Julia : C'est la même chose dans les crèches, on est indexés selon son niveau de revenus.
Comment vos enfants s'y sont-ils sentis ?
Ça a été très différent.

- Sandrine : Ma fille Lola est comme un poisson dans l'eau.
Elle est en 4e et ça se passe très bien.
Mais ça a été un peu plus compliqué pour mon fils.
Il s'y sentait très bien et serait bien resté jusqu'à la terminale, mais il ne savait pas comment gérer sa trop grande liberté.
Il était perdu et tout fou.
Ça se ressentait au niveau de son comportement.
Ils ont ce qu'on appelle des "gêneurs".
C'est quand vous gênez la classe.
Il entendait tout le temps ça.
Il avait des problèmes de concentration, de comportement.
Il ne savait pas quoi faire de cette trop grande liberté.
Il est donc revenu dans un système classique qui lui convient parfaitement bien.

- Julia : La trop grande liberté que pourrait ressentir un enfant, c'est par exemple d'avoir le choix des matières ?

- Sandrine : Il a le choix de certaines matières renforcées ou il a le choix d'interpeler le professeur en classe.
Ça peut donner n'importe quoi.
Quand ils sont tout petit, la frontière est difficile.
Du coup, il perturbait le groupe.

- Julia : Et pour un enfant qui serait extrêmement timide par exemple ?

- Sandrine : La maîtresse en revanche l'incite à parler.
Ils sont très en confiance.
Il y a beaucoup de travaux en groupe.

- Julia : Pour votre fils, ce n'était pas son truc mais votre fille a adoré.

- Sandrine : Lui n'en avait pas conscience.
Mais après 3 ou 4 mois dans une école plus classique avec des notes, il est mieux dans ses baskets.
Il avait besoin d'un cadre un peu plus stricte.

- Nathalie : Alain, vous nous disiez qu'il y a une grande différence.
Au lieu de passer par la discipline, on passe par l'enfant, que ce soit chez Freinet ou Montessori.
On pourrait parler de Steiner et des autres.
Quelles sont les caractéristiques communes de ces pédagogies alternatives ?
Et quels atouts ont-elles pour l'enfant ?
Et pour l'enfant d'aujourd'hui avec le cerveau d'aujourd'hui.

- A.Sotto : Absolument. Globalement, on retient 5 % de ce qu'on écoute, 20% de ce qu'on lit et 80% de ce que l'on fait.
Et 90% de ce que l'on est capable d'expliquer avec ses propres mots.
C'est la définition d'un acquis scolaire.
Le cadre actuel traditionnel de pédagogie frontale où le maître parle et les enfants écoutent, l'enfant écoute et il y a des parasites énormes.
Par exemple, si vous parlez dans votre tête en même temps que vous écoutez quelqu'un d'autre, il y a des messages parasites et vous n'écoutez pas l'autre.
Si pendant que l'autre parle, vous avez une émotion, ça efface complètement le message de l'autre.

- Nathalie : On comprend qu'il y ait beaucoup d'enfants en difficulté.

- A.Sotto : On ne peut ni accélérer ni ralentir celui qui parle.
On peut le couper mais on ne peut pas revenir en arrière.
C'est dans ça que la lecture est beaucoup plus souple.
C'est un apprentissage individuel où on transforme les mots en images de sens. Ça permet les allers-retours.

- Nathalie : Dans ce qu'on a entendu, avec l'auto-correction, quand on aide les copains, ça donne déjà la possibilité à l'enfant de reformuler les choses ?
C'est ça, la différence ?
Si on va un peu plus dans les avantages de ce qui nous a été raconté, il y a le fait de parler davantage, le fait de dire quand ils ne comprennent pas...

- A.Sotto : Et ils vont réfléchir.
La définition de la réflexion, c'est de faire un retour sur ce que l'on vient d'entendre ou de voir et de l'éclairer avec ce qu'on a déjà dans la tête.
Dans le système traditionnel, il n'y a aucun moment où l'enfant peut réfléchir.
La réflexion et la compréhension sont laissées pour la maison, avec les fameux devoirs.
Si on supprime les devoirs à la maison, il y a un gain d'énergie formidable.

- Julia : Il n'y a pas de devoirs avec ces pédagogies alternatives ?

- Sandrine : Il y en a avait un petit peu.

- A.Sotto : Mais c'est l'exception.
L'enfant doit terminer sa journée en ayant tout fait.
L'important, c'est qu'on ne peut pas donner quelque chose à faire à un enfant sans lui donner les moyens de le réaliser.
Par exemple, il ne faut pas dire à un enfant : "Tu vas mémoriser la bonne orthographe".
Il va dire: "Comment ? J'écoute bien et je regarde bien ?"
Mais ce n'est pas en écoutant qu'on mémorise un mot.
C'est en le décortiquant et en l'épelant. Une fois que j'ai donné à l'enfant les moyens de réussir la tâche et que je l'ai entraîné, alors je peux faire une évaluation.

- Nathalie : On va revenir sur cette histoire d'évaluation.
Je voudrais qu'on revienne à ce que disait Sandrine.
Ça colle bien pour l'un de ses enfants mais moins bien pour l'autre.
Est-ce que cela veut dire que ces pédagogies ne valent pas pour tous les enfants, toutes les intelligences, tous les types de comportement ?

- A.Sotto : C'est par rapport au moment aussi.
Peut-être que ce n'était pas son moment à lui.

- Nathalie : Si ça dure une année, on est mal !

- Julia : Ça a duré combien de temps ?

- Sandrine : Du CP au CM2.

- Julia : Il a eu le temps de voir que ça ne lui plaisait pas.

- Sandrine : Ça lui plaisait à lui !
Il s'est éclaté.
Il était très heureux d'être puni parce qu'il me disait : "C'est génial, je discute avec des adultes".

- Nathalie : Qu'est-ce que cela nous dit ?

- A.Sotto : Il n'avait pas intégré ce qui était négociable et non négociable.
Il avait peut-être besoin d'une autre pédagogie à ce Il faut savoir que les véritables écoles Montessori sont très rigoureuses.
Il y en a qui le sont moins.
Les parents doivent vraiment se renseigner avant d'inscrire leurs enfants.
Mais effectivement, il y a des enfants qui ont besoin d'avoir des limites imposées très rapidement.

- Sandrine : Il avait des contrats qu'on passait avec ses professeurs.
Il les tenait plus ou moins.
Il était responsabilisé mais il n'était peut-être pas assez mûr pour cette responsabilité.
L'école, ce n'était pas du laxisme, loin de là.
Mais comme ça fonctionnait avec 80% des enfants...
Ils ont essayé de s'adapter encore plus à l'enfant alors qu'ils le font déjà beaucoup mais à un moment, cela n'est plus possible.

- A.Sotto : Il devait y avoir une frustration à la base.
Quand on est frustré, on a 2 possibilités pour rétablir un niveau de plaisir : soit l'agressivité, soit fuir dans la rêverie.
C'est pour ça que dans les classes, on trouve des enfants agressifs, perturbants et des enfants rêveurs qui fuient une réalité qui ne leur plaît pas parce qu'ils n'ont pas de plaisir. Le pire, c'est quand l'enfant ne peut ni combattre ni rêver.

- Sandrine : C'était le clown de la classe.

- A.Sotto : Il a dû en profiter.

- Julia : Il s'est fait des copains, apparemment.
Chloé, on a compris que ces pédagogies facilitent l'autonomie et la responsabilisation.
Je crois que votre fille qui a 9 ans et qui est en CM1 a été chargée de s'occuper des horaires pour amener tous les autres élèves dans la classe.

- Chloé : En ce moment, c'est sa responsabilité.
Elle est responsable de l'heure du matin.
Les maîtresses n'ont pas de montre et c'est elle qui dit l'heure.
C'est pour ça qu'elle me demande d'être à l'heure en ce moment.
Elle est très à cheval sur les horaires.
A 8h30, elle prévient qu'il faut fermer les portes et que c'est l'heure de monter.
Dans quelques mois, ça ne sera plus elle et elle sera responsable d'autre chose.
Elle prévient les maîtresses qu'il est l'heure.
Cela permet aux maîtresses de faire autre chose que de regarder leur montre.

- Julia : Je fais ça tout le temps avec Nathalie !

- Nathalie : Et je dis "oui maman".

- Chloé : Ça s'apprend jeune.
Elle a envie de ne pas oublier sa montre le matin.
C'est une motivation pour arriver à l'heure.

- Julia : Et les notes ?

- Chloé : Il n'y en a pas.
Il y a des évaluations : ce qui est acquis, en cours d'acquisition ou ce qui n'est pas acquis.

- Julia : Cela vous embête ?

- Chloé : Pas du tout.
Je n'en avais pas non plus quand j'étais en primaire.
Je découvre avec ma première, qui est dans un collège Freinet pas très loin de chez nous, qu'il n'y a pas de notes non plus.
Jusqu'à maintenant, on basculait dans un collège traditionnel avec des notes.
C'est très intéressant.
Ça permet vraiment de s'évaluer, pas seulement soi-même mais avec les parents.
Le petit problème de la note, c'est que quand l'enfant rentre à la maison, on lui demande s'il a eu une note et on s'arrête à ça.
Là, ce n'est pas ça.
On demande comment s'est passée l'évaluation.
Là, il dit qu'il s'est trompé sur tel ou tel point.
On rentre beaucoup plus dans le sujet.
Il n'y a pas une note qui arrête la discussion.
C'est super s'il a eu 18 en math mais c'est plus intéressant de dire qu'il a tout compris sur les fractions.

- Sandrine : Nous, on a les 2 : mon fils a des notes parce qu'il est dans un établissement classique et ma fille a les 2.
Elle a "acquis" ou "non acquis" et des notes.
Les professeurs nous ont expliqué que si elle voulait rejoindre un établissement plus classique, ses "acquis" ou "non acquis" pouvaient être transformés en notes.
Mon fils n'avait pas l'habitude, mais il arrive à peu près maintenant à se mesurer.
J'évite justement de lui demander quelle note il a eue.
J'essaie de lui demander ce qu'il n'a pas compris.

- Nathalie : C'est intéressant.
Ce que vous dites toutes les 2 montre que nous avons aussi, nous en tant que parents, à évoluer.
Les notes étaient dans le sujet de la refondation de l'école.
Peut-on s'en passer ?

- A.Sotto : Il y a des systèmes scolaires qui s'en passent très bien au Danemark, en Norvège...
Il n'y a des notes qu'à partir de 13 ans.

- Nathalie : Pourquoi on les remet ?

- A.Sotto : Parce qu'il y a besoin de hiérarchiser et de classer.
Ce qui est très dur et stigmatisant, c'est de classer des petits.
Ça les met tout de suite dans un système de compétition accéléré par les parents.
Les parents se projettent toujours dans l'avenir alors que l'enfant est dans le présent.
Il ne sait pas ce qu'il va faire plus tard.
Dans les classes où on a supprimé les notes, l'ambiance a changé complètement.
Il y a de la coopération et pas de compétition.
Ça crée un discours avec les parents complètement différent.

- Julia : Il y a peut-être moins de compétition entre les parents.

- A.Sotto : Ce n'est pas "combien tu vaux" mais "en quoi cette journée a été importante ?"

- Julia : Que dites-vous aux détracteurs qui disent que la vraie vie, ce n'est pas ça.

- Chloé : Souvent, les gens disent qu'ils ont eu des notes quand ils étaient petits et qu'ils n'en sont pas morts.
De toute façon, ils disent que dans la vie, on est évalués.
Moi, je réponds que c'est important, c'est toujours ça de pris, la petite enfance.
On ne cherche pas à ce qu'un enfant de 5 ou 6 ans connaisse tout de la vraie vie et heureusement.
Ça donne une certaine confiance de départ.
Elles n'avaient pas connu de notes et du jour au lendemain, elles ont eu des notes en arrivant en 6e dans toutes les matières car il n'y avait pas de collège Freinet.
Elles se sont très bien adaptées.
Ce sont des pédagogies qui apprennent beaucoup a s'adapter.
On ne fait pas du tout la même chose d'un jour à l'autre.
C'est idiot, mais s'il se met à neiger, on arrête ce qu'on est en train de faire pour travailler sur la neige.

- Julia : Une fois dans le système classique, elles ne sont pas frustrées ?

- Chloé : Non, car elles ont appris a s'adapter.
Il y a d'autres choses riche dans leur nouveau collège.

- Julia : Est-ce qu'elles s'ennuient plus ?

- Chloé : Il y a moins d'enthousiasme.

- Julia : Elles ont un peu critiqué une prof, je crois.

- Chloé : C'était au lycée.
Elle a juste dit : "Ce serait bien, madame, que vous Iâchiez un peu votre livre".
Cette prof a demandé très gentiment ce que les enfants pensaient de son cours.
Ma fille a répondu tout simplement qu'il fallait lâcher un peu le livre parce c'est un cours de langue.
Visiblement, elles ne sont pas fâchées.

- Julia : Sandrine, vous nous disiez que votre fils s'était très bien adapté au changement d'école.

- Sandrine : Très bien.
Il est très heureux.
Il est content de son nouveau cadre.
Ce n'est pas l'armée non plus.
C'est une école stricte avec de très bons enseignants.
Il s'est pris d'amour pour le français et ce n'était pas le cas avant.
Le personnel d'encadrement est super a l'écoute, contrairement à ce que l'on pourrait penser.
Ils vous appellent en cas de problème.
Il est comme un poisson dans l'eau.
Il a quand même pris une petite gifle les 2 premiers mois parce que la charge de travail est énorme.
On leur demande beaucoup.
Mais il s'y est mis et il n'en est pas malheureux.
Il est très Il fait des fiches de lecture de 8 copies doubles de lui-même !
Pourvu que ça dure !

- Nathalie : Ça a eu du bon, finalement.
Pour terminer, A.Sotto, ces écoles, on voudrait qu'il y en ait plus.
En même temps, elles refusent d'aller vers l'institution car elles refusent la charge de programmes.
On souffre de trop de programmes.
C'est ce que vous disiez, on impose ces disciplines avec des contenus massifs au lieu de partir de l'enfant dans l'apprentissage.

- A.Sotto : Surtout, vous prenez un enfant qui a passé une journée de 6e.
Il a fait des mathématiques, de l'histoire, de la géographie...
A la fin de sa journée, quel lien de sens peut-il faire entre toutes les matières ?
Dans ces écoles-là, les enseignants, qui communiquent entre eux, qui sont soudés, disent qu'ils ont fait ceci ou cela.
"Ce serait pas mal que tu leur parles de ci ou de ça."
On a cerveau qui ne fonctionne qu'à partir du moment où il fait des liens.
Toute information morcelée n'est pas gardée en mémoire.

- Nathalie : Donc, il faut de la souplesse.

- A.Sotto : Oui. Il faut que dans les classes, il y ait 2 enseignants.
C'est absurde de laisser un adulte en face de 20 ou 30 gosses.
Ce n'est pas un système de communication qui fonctionne.
Quand vous avez 2 adultes en face d'un groupe d'enfants, à ce moment-là, c'est un groupe avec un autre groupe.
La communication change complètement.
On s'aperçoit que les enfants sont très attentifs et tres curieux de voir les relations entre eux, ce qui correspond à la famille.
L'ambiance change complètement et on est moins fatigué à la fin d'une journée de classe.

- Julia : Et on a retenu plus de choses.

- Nathalie : Moi, je pense à tous ces professeurs et instituteurs qui font un travail formidable.
Elles arrivent à rentrer dans le programme et en même temps, il y a leur boulot à elles et nos enfants.
S'ils pouvaient retenir un peu mieux...

- Julia : Nathalie, des professeurs dans les écoles publiques mettent à profit ces enseignements.
Certains se les approprient.

- Chloé : Les écoles Freinet sont des écoles publiques.
Souvent, ce sont des instituteurs isolés et qui ne disent pas forcément qu'ils le font.
Ils s'en inspirent fortement.

- Nathalie : Mais oui ! On les aime aussi, nos professeurs du public. Il y a de bons résultats,

- A.Sotto : Ils ont beaucoup d'initiatives. Ça bouillonne.

- Nathalie : On en parlait tout à l'heure.
Ça bouillonne.
Je file sur les livres.
Le Fabert de C. Piraud-Rouet pour les "Ecoles différentes".
C'est assez bien fait.
On est à la fois du côté pédagogue, vécu des enfants et vécu des parents.
C'est un très bon livre. A.Verdiani, "Ces écoles qui rendent nos enfants heureux".
Comment aller dans le sens de l'effort, du travail, en maintenant la joie dont on a parlé pour vos enfants ?
Il y a cette notion du plaisir.

- Julia : Merci, Nathalie. Merci à vous, Chloé et Sandrine, d'être venues témoigner sur notre plateau.
Merci à vous, A.Sotto.
Vous restez avec nous.
Place aux appels à témoins des "Maternelles".
Cannabis ou drogues dures, comment avez-vous géré votre addiction durant votre grossesse ?
Contactez-nous.
Vous vous demandez si votre enfant ne souffre pas d'hyperactivité ?
Venez témoigner.
Comment faites-vous pour rester femme depuis que vous êtes devenue mère ?
Si vous souhaitez participer à notre émission, contactez-nous sur notre site.
A.Sotto et Nathalie, on rejoint l'équipe des "Maternelles".
Vincent, convaincu par les écoles alternatives ?

- Vincent : Je ne sais pas, pour tout vous dire.
J'ai trouvé intéressant le témoignage de Sandrine.
On pense que ces écoles sont la réponse à tout, mais des fois, ça ne colle pas aux enfants.
Nous sommes d'accord pour dire que c'est une autre méthode pour aider nos enfants à apprendre, mais c'est pas forcément la meilleure méthode.
L'école, ça peut être très bien aussi.
En même temps, je suis un peu...
A l'école, j'ai l'impression qu'on s'inspire de plus en plus de Freinet, Montessori, surtout dans les petites sections, en maternelle.
J'ai l'impression que ça arrive à l'école, cette pédagogie-là. Je suis perdu.

- Julia : Alain, ça dépend de l'enfant, du moment de l'enfant ?

- A.Sotto : Oui, il y a le moment de l'enfant, le projet des parents, également.
Il faut éviter l'idéal parental en se disant qu'il va réussir plus vite, qu'il va écraser les autres.
Ces nouvelles écoles qui se créent sont très liées aux tendances actuelles : l'écologie, l'école à la ferme...
Ce sont des réussites.
J'en connais 2 dans la Drôme et l'Ardèche.
L'enfant est dans l'action mais avec l'écologie, le développement durable, la création de maisons pour des retraités, pour qu'il y ait un échange entre les enfants et les personnes âgées.
Il y a des innovations passionnantes.
Il faut aller au fin fond de l'Ardèche...

- Julia : Moi, je veux bien, mais je risque de perdre mon travail.
Donc je reste ici.
Merci, A.Sotto, d'avoir répondu à la question de Vincent.
Vous pouvez poser des questions a nos spécialistes via notre page Facebook.
Notre invité y répondra.
Voici la question d'Alexis.

- Nathalie : Super question d'Alexis, un papa qui a une petite fille de 8 ans, Clémentine.
Elle a exprimé rapidement l'idée de faire du piano.
"On ne s'est pas rendu compte et elle non plus de la motivation et du travail que la pratique du piano exigeait", c'est-à-dire le côté ingras."
Depuis, pour Clémentine, apprendre le piano est devenu une sorte de corvée.
Ma femme doit la surveiller pour qu'elle fasse ses exercices. Que faire ?"

- A.Sotto : Elle a 8 ans ?

- Julia : Jouer de la guitare ?

- A.Sotto : On dit "jouer" du piano.
C'est jouer, le verbe.
C'est important.
Il y a des pédagogies importantes dans l'enseignement du piano.
Le solfège est introduit une fois que l'enfant a découvert l'instrument, a un début de plaisir.
A partir de là, il peut construire quelque chose.
Là, ce qui est embêtant, c'est que cette enfant est en train de mémoriser de l'échec, et c'est l'effondrement du plaisir parental.

- Nathalie : Et peut-être de son désir à elle.

- A.Sotto : Oui, à 8 ans, c'est normal.
On ne demande pas à un enfant ce qu'il veut faire plus tard.
Ca n'a pas de sens.
C'est une question complexe car il y a beaucoup de choses en jeu.
Si j'avais l'enfant en face de moi, j'aurais des questions à lui poser, ainsi qu'aux parents, pour voir s'il y a une cohérence.
Ce que je vais essayer d'éviter, c'est qu'elle mémorise une situation d'échec.
C'est le début d'un blocage.

- Julia : On lui fait arrêter le piano ? On change de méthode ?

- A.Sotto : On change de méthode.
Est-ce qu'ils ont acheté le piano ?
Avec ma fille, on a attendu un an avant d'acheter le piano.
On ne sait jamais.

- Nathalie : Et si le piano est là ?
Elle écoute sa fille et on arrête ?
Ca va la stigmatiser dans l'échec.

- A.Sotto : Il vaut mieux qu'elle ne soit pas renforcée dans l'échec.
Si c'est un calvaire quotidien...
Il y a déjà l'école, c'est suffisant. Là, il n'y a pas de plaisir.
On a un cerveau qui est fait pour imaginer des actions qui donnent du plaisir.
S'il n'y a pas ce plaisir, on est en train...
Cette situation d'échec peut se reporter sur autre chose.

- Julia : Il faut limiter les dégâts.

- Nathalie : Donc, on change de méthode, on fait du Montessori dans le piano !

- Julia : On attend.
C'est peut-être une histoire de moment.
Merci d'avoir répondu à cette question.
Quel pied, ce grand album des "Maternelles", ce matin, Elsa !

- Elsa : J'ai posté sur mon Instagram une photo des pieds de ma fille et ça a été liké un nombre de fois pas possible.
On adore les pied de nos enfants, c'est tellement mignon !

- Julia : Jusqu'à un certain âge.

- Elsa : Après, ça sent très fort.

- Nathalie : Oui, ça pue.

- Elsa : En photo, ça va.
On commence avec Adam, qui attrape son pied.
Il est très souple.
On a les petons de Caterina.
C'est sa maman qui nous a adressé cette photo.
Voici les pieds de Djena et de Charlène, sa maman.
Elles ont les mêmes chaussettes.
On passe aux petits petons de Manel.
Il a 6 mois maintenant.
C'était une photo de sa naissance.
Et voici la photo de Manon, 14 jours.
J'adore.
On a envie de les croquer.
Et voici toute une famille, avec Hugo et Luca au milieu.
Et puis, la comparaison des pieds entre Tom et Noah, les 2 petits frères.
Sa maman Myriam nous a adressé cette photo.

- Julia : Après, on passera aux mains.

- Elsa : On fera toutes les parties du corps !

- Julia : Quelle bonne nouvelle !
Merci d'être venu, A.Sotto.
Il est l'heure de se quitter.
Vous avez rendez-vous à 11h45 avec l'équipe de "La Quotidienne".
On se retrouve demain à 8h55 pour parler de la phase difficile que traversent les parents des enfants de 2 ans qui disent "non" à tout.
Très belle journée à tous.
Je vous embrasse.

 

Présentation d'une transcription sur TéléScoop :
http://telescoop.tv/browse/824530/les-maternelles.html?q=les+maternelles


 

 

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