Télévision - Eau : à votre santé ? Les Français ont beau faire confiance à l'eau du robinet, ils sont aussi les deuxièmes consommateurs d'eau en bouteille au monde.
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TV - Eau : à votre santé ?

FILM ET TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION - PRÉSENTATION

- 24.07.2014 Eau : à votre santé ? sur France 5
Les Français ont beau faire confiance à l'eau du robinet, ils sont aussi les deuxièmes consommateurs d'eau en bouteille au monde.

- 28.01.2014 Eau et santé : qui croire, que boire ? sur france 5
Le documentaire, suivi d'un débat, dans le cadre de "Enquête de santé"

-02.02.2014 L'eau, un marché sous pression sur France 5
Les questions que se posent les consommateurs autour de l'eau sont nombreuses. Faut-il préférer celle du robinet ou celle en bouteille ? Quels risquent encourent-ils en consommant l'une plutôt que l'autre ? Quel avenir pour cette ressource naturelle ?

 

PRÉSENTATION :

 

Dossier relatif aux émissions de télévision concernant le domaine de la santé et pour réfléchir !

Il s'agit de comprendre comment la télévision nous renvoie les informations relatives à la santé et de réflexion.

Les transcriptions écrites sont faites avec l'aide des sous-titres.
- Site de Télé Scoop pour les scripts des sous-titres : http://telescoop.tv/



 


EAU : À VOTRE SANTÉ ?


France 5 - Documentaire - Jeudi 24 juillet 2014 à 14h40
Documentaire déjà présenté le 28 janvier 2014, suivi d'un débat dans le cadre de "Enquête de santé"

Les Français ont beau faire confiance à l'eau du robinet, ils sont aussi les deuxièmes consommateurs d'eau en bouteille au monde.


VIDÉO - SOMMAIRE - POUR ALLER PLUS LOIN - TRANSCRIPTION ÉCRITE - COMMENTAIRES -




Photo de l'album de Facebook


(Re)voir l'intégralité du film au lien :
http://www.dailymotion.com/video/x226yco (52'41)


Eau : à votre santé 24.07.2014 France 5 par conscience33

Revoir en replay (6 jours) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/eau_a_votre_sante_,106213593.html
ou
http://www.france5.fr/emission/eau-votre-sante/diffusion-du-24-07-2014-14h40



SOMMAIRE :

Présentation au lien http://www.france5.fr/emission/eau-votre-sante/diffusion-du-24-07-2014-14h40

Les Français ont beau faire confiance à l'eau du robinet, ils sont aussi les deuxièmes consommateurs d'eau en bouteille au monde.

Eau du robinet ou eau en bouteille.
C'est bien sur le terrain de la santé que se joue notre choix.
Les polluants déversés depuis des décennies dans l'environnement, comme les nitrates ou les pesticides, se retrouvent bel et bien à notre robinet, parfois au-delà des normes autorisées et sans que l'on en connaisse les effets réels sur l'organisme.
Les chercheurs et des médecins affirment que des malades de l'eau existent en France, mais ils manquent de preuves.
Même les eaux en bouteille et leur légendaire pureté originelle ne sont plus totalement épargnées par la pollution.
Alors, prend-on oui ou non des risques en buvant certaines eaux ?
Laquelle choisir pour protéger notre santé ?
Pour tenter de nous convaincre que leur eau est celle qu'il nous faut, producteurs d'eau en bouteille et défenseurs de l'eau du robinet se livrent une guerre sans merci.

Magali Cotard / Réalisateur



POUR ALLER PLUS LOIN :

POUR ALLER PLUS LOIN :

Le débat et le documentaire présenté le 28 janvier, avec la transcription écrite : #debat

Dossier "Eau" (avec les films "Water, le pouvoir de l'eau" et "L'eau-la vie"), au lien :
http://www.conscience33.fr/eau.html

Film : "On a retrouvé la mémoire de l'eau" :
http://www.conscience33.fr/on-a-retrouve-la-memoire-de-l-eau.html

Documentaire : L'eau, un marché sous pression" sur France 5 le 2 février 2014au lien
#eau-un-marche-sous-pression
http://www.france5.fr/emission/leau-un-marche-sous-pression


TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE, À PARTIR DES SOUS-TITRES :

- Eau du robinet ou eau en bouteille. C'est bien sur le terrain de la santé que se joue notre choix. Les polluants déversés depuis des décennies dans l'environnement, comme les nitrates ou les pesticides, se retrouvent bel et bien à notre robinet, parfois au-delà des normes autorisées et sans que l'on en connaisse les effets réels sur l'organisme. Les chercheurs et des médecins affirment que des malades de l'eau existent en France, mais ils manquent de preuves. Même les eaux en bouteille et leur légendaire pureté originelle ne sont plus totalement épargnées par la pollution. Alors, prend-on oui ou non des risques en buvant certaines eaux ? Laquelle choisir pour protéger notre santé ? Pour tenter de nous convaincre que leur eau est celle qu'il nous faut, producteurs d'eau en bouteille et défenseurs de l'eau du robinet se livrent une guerre sans merci.
- Je ne bois pas l'eau que j'utilise. Je suis un homme libre. Non ? Pour faire plaisir aux écologistes égarés, je m'en fous, je ne bois pas l'eau que j'utilise. C'est ma liberté. Je bois de l'eau en bouteille. Je bois de préférence celle-ci.
- C'est une grossièreté totale. On montre une cuvette de WC et on dit que l'eau du robinet, c'est pour ça. C'est inacceptable. Ils méprisent des milliers de gens et d'ingénieurs pour vendre une eau dont je voudrais bien voir les résultats. Quand on vient me parler des eaux de source, je suis sceptique. Vive l'eau du robinet.
- La 1re ville française à avoir osé résister à l'appel de la bouteille, c'est Besançon. Depuis 2009, toutes les crèches de la ville sont passées à la carafe.
- Installez-vous à table.
- On a décidé de donner de l'eau du robinet aux enfants des qu'ils commencent à boire de l'eau. Qu'ils la boivent à la petite cuillère ou au verre, c'est l'eau du robinet. Les parents avaient peur que ce ne soit pas une eau de bonne qualité et qu'il y ait des soucis de santé. Il a fallu expliquer que si nous le c'est une eau de très bonne qualité.
- Les biberons arrivent ici. En pratique, seuls les enfants de plus de 6 mois boivent l'eau du robinet.
Mais à terme, le maire souhaite la distribuer le plus tôt possible. Cette eau, il en fait la promotion auprès des habitants depuis plus de 10 ans. Il a commencé par lui donner un nom : la Bisontine.
- On a la chance, en France et en Europe, d'ouvrir le robinet et d'avoir une eau de qualité. On peut considérer que c'est un produit banal. Mais non. Lui donner un nom fait en sorte que ça lui donne beaucoup plus de lisibilité et de visibilité. Des carafes distribuées aux habitants. Des outils marketing habituellement réservés aux embouteilleurs.
- On ne cherche pas à gagner de l'argent. C'est un service public. Notre objectif est de permettre à tous les habitants de cette ville, chaque année, d'économiser, pour une famille de 4 personnes, de 500 a 700 euros suivant l'eau qu'ils achetaient auparavant. C'est beaucoup plus pratique.
- L'opération a si bien fonctionné que les producteurs d'eau en bouteille ont commencé à boire la tasse. A Besançon, entre 2004 et 2011, la proportion de la population ne buvant que de l'eau en bouteille a baissé de 70%. Dans la foulée, d'autres villes françaises ont adopté le concept: Lyon, Strasbourg, Grenoble et Paris. Elles ont créé leur marque d'eau, réconciliant les Français avec le robinet.
- Quand on communique davantage autour de ces marques-la, forcément, les consommateurs auront une meilleure confiance dans cette
- L'eau du robinet réhabilitée auprès des Français, c'est logique. La qualité de l'eau de notre pays est l'une des meilleures au monde. Mais est-ce suffisant pour être certain de la boire sans risque ? Que contiennent réellement ces eaux et quel effet peuvent-elles avoir sur l'organisme ? Nous allons le découvrir. Intéressons-nous d'abord à l'eau de Paris. L'eau de la capitale provient pour moitié d'eau souterraine puisée à une quarantaine de kilomètres de L'autre est directement prélevée dans la Marne ou, comme ici, dans la Seine.
- C'est le 1er barrage.
- Il retient les plus gros flottants. C'est une belle qualité d'eau.
- Mais cette eau n'est pas délivrée ainsi au robinet.
Et heureusement.
- Cette eau qui vient de la Seine, on ne pourrait pas la boire directement?
- Pas du tout. L'eau de la Seine n'est absolument pas potable. Essentiellement parce qu'elle est polluée par des bactéries, des virus et des micro-organismes, qui font que toute personne qui boirait l'eau de la Seine serait malade immédiatement. Le principe du traitement est d'éliminer toute la pollution microbiologique en priorité et la pollution chimique.
- C'est à une centaine de mètres, dans cette usine de potabilisation, que le miracle va se réaliser. L'eau va d'abord passer dans des bacs de décantation.
- L'objectif est d'éliminer toutes les particules qui sont en suspension. Les particules visibles à l'oeil nu ou non, mais qui représentent le trouble de l'eau.
- A la sortie des bacs, l'eau est limpide, mais pas encore potable. Les virus et les bactéries seront détruits dans ce bain à bulles d'ozone. Mais contre les pesticides, l'ozone ne peut rien. L'usine a dû investir dans ce système de filtration. Bien cachées sous une couche d'herbe se trouvent des billes de
- Ce charbon actif est sous forme de lit filtrant sur une hauteur d'un mètre. L'eau va mettre en moyenne entre 10 et 15 minutes pour traverser cette couche de charbon actif. Toutes les molécules qui sont dissoutes dans l'eau viendront se coller dans ce charbon.
- Cette fois, la magie a opéré. L'eau de la Seine, désormais rebaptisée "eau de Paris", est devenue potable. Et comme tous les bons crus, il faut encore la goûter. Les Parisiens auront parfois du mal a apprécier sa saveur, car avant de la laisser sortir de l'usine, on lui ajoutera du chlore.
- L'eau, une fois qu'elle est produite à l'usine de traitement, doit parcourir plusieurs kilomètres pour arriver jusqu'au robinet du Parisien. On doit être sûrs qu'elle arrive sans être dégradée au COUFS de son transport. C'est la raison pour laquelle on lui met un peu de chlore pendant son transport, pour éviter toute contamination microbiologique et toute dégradation de sa qualité microbiologique.
- L'eau de l'usine alimentera 1 Parisien sur 4.
Comme partout en France, elle doit donc répondre à des normes précises.
- Cette eau respecte les critères de qualité donnés par le ministère de la Santé français, qui concerne 54 paramètres. Cette eau respecte au robinet de l'usager en permanence les 54 critères de qualité. On peut la boire toute sa vie, à n'importe quel moment de la journée, sans aucun problème pour
- Les critères de qualité sont classés en 2 familles. Celle des normes bactériologiques, c'est-à-dire les virus et les bactéries, et celle des normes chimiques, comme les nitrates et les pesticides. Régulièrement, un comité d'experts de l'eau se penche sur ces normes au sein de l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation: l'Anses. Selon le président de ce comité, ces normes font de l'eau le produit alimentaire le plus sûr de France.
- Aujourd'hui, les quelques maladies que l'on voit apparaître liées a l'eau sont des maladies bactériennes, microbiologiques et virales, c'est-à-dire des gastro-entérites. Si une usine a sa bonbonne de chlore qui est tombée en panne, l'eau sort non désinfectée et les gens se retrouvent avec une bonne diarrhée. C'est le risque majeur à court terme que l'on observe dans le monde. C'est le risque microbiologique. Concernant le risque chimique, aujourd'hui, il n'y a pas la moindre détection de quelqu'un qui serait malade à cause d'une exposition à des produits chimiques dans l'eau.
- Mais contrairement aux bactéries et aux virus, les produits chimiques n'ont aucun impact immédiat sur notre santé. Qu'en est-il à long terme ? Peut-on être certain qu'ils n'entraînent aucune maladie ? Nous allons nous intéresser à 2 produits chimiques particulièrement contrôlés : les nitrates Les nitrates, on les doit surtout aux engrais déversés parles agriculteurs et aux déjections des animaux d'élevage. Quand ils sont utilisés en masse, ils finissent dans l'eau. Ces nitrates sont devenus l'une des obsessions des producteurs d'eau en bouteille. A une trentaine de kilomètres du Mans, au coeur d'une forêt, Pierre Papillaud nous fait visiter l'une de ses sources.
- Ce que je veux, c'est que vous voyez la pollution qui existe autour : il n'y a rien. Effectivement, c'est sans doute la plus belle ressource que nous Pour s'offrir 10.000ha de forêt, il faut chercher.
- Pour exploiter la source, 4 forages comme celui-ci ont été creusés et placés sous haute surveillance.
- C'est surveillé par caméra. Alarme
- C'est un forage en inox qui descend sur 180m.
- Si Pierre Papillaud tient tant à protéger ses captages, c'est parce qu'il a déjà dû fermer à cause des nitrates. Contrairement aux eaux du robinet, les eaux en bouteille n'ont pas le droit de subir des traitements pour retirer les polluants. Elles doivent être naturellement préservées. La différence ne s'arrête pas là. Les normes sont plus sévères que celles du robinet.
- On vous dit que l'eau de la ville de Paris, ils ont eu le courage de dire cela, est une eau bonne pour faire les biberons. On rigole ou quoi? Il y a 2 législations de potabilité en France. Il y a une notion de potabilité pour les eaux qui sont faites par les villes et une notion de potabilité pour les gens qui mettent en bouteille. Ce n'est pas la même loi.
- Pour l'eau en bouteille, la teneur en nitrates doit être inférieure à 15mg par litre. Au robinet, en revanche, nitrates sont autorisés jusqu'à 50mg par litre.
- L'eau de la ville de Paris a moins de 50 et elle est bonne pour le robinet et pour les enfants. Nous, non. Trouvez-vous cela normal?
- Il y a effectivement de quoi s'y perdre. Selon la loi, l'eau du robinet doit pouvoir être bue à tout âge, sans risque pour la santé. Alors pourquoi des normes différentes ? Peut-on donner de l'eau du robinet à un bébé avant 6 mois ?
- Pour les nourrissons, comme il y a un risque plus particulier à cause de la flore bactérienne qu'ils ont dans leur bouche qui peut produire des nitrites, les autorités sanitaires disent que si on était à 15, ce serait très bien. Cela ne veut pas dire que 50 ne peut pas être donné Si le nourrisson, pendant 6 mois, boit de l'eau à 49, ce n'est pas pour ça qu'il sera malade, mais ce n'est pas l'idéal.
A partir de là, ce sont des recommandations de dire qu'il faut prendre une eau ayant un taux de nitrate plus faible. Si l'eau du robinet de la commune d'à côté a moins de nitrates, vous pouvez la prendre. Si vous voulez prendre de l'eau en bouteille, prenez-en. Ce n'est pas un problème.
- Si les nitrates sont déconseillés chez les nourrissons, c'est qu'ils peuvent entraîner une maladie provoquant un manque d'oxygénation des cellules. Mais dans la pratique, aucun cas n'a été recensé en France depuis 50 ans. Cette norme sert avant tout à mesurer la qualité de l'eau. Une eau pauvre en nitrates est une eau de bonne qualité, une garantie supplémentaire pour les bébés. Alors, qu'en est-il de la Bisontine Cette eau distribuée dans les crèches de Besançon respecte-t-elle les normes du robinet ou celles des pédiatres ? Pour le savoir, nous nous rendons dans l'une des 4 sources qui alimentent la ville.
- La Bisontine est entre 7,5 et 15. Et parfois, jusqu'à 18. Si on observe des pics plus importants, on arrêtera la source concernée pour n'utiliser que des sources avec des teneurs tout à fait correctes.
- On devait rassurer notre population en disant que notre eau est contrôlée et vérifiée. Nous sommes 4 à 5 fois inférieurs aux normes sur les populations les plus faibles.
- L'eau de Besançon a fait le choix de s'aligner sur la législation des eaux en bouteille. Tous les Français n'ont pas cette chance. L'eau a beau être l'aliment le plus contrôlé, des millions de personnes font couler à leur robinet une eau dépassant les normes, avec une vraie inégalité sur le territoire. 80% des dépassements concernent des communes de moins de 500 habitants. L'eau des villes et l'eau des champs ne sont pas logées à la même enseigne. Cyrille Deshayes a révélé cette inégalité dans une enquête pour un organisme de défense de l'environnement : WWF. Il nous conduit en plein coeur de la Beauce, dans l'un des départements les plus sinistrés, à ses yeux : l'Eure-et-Loir. Le grenier à blé de la France cache sous ses terres la nappe phréatique la plus étendue d'Europe, mais aussi l'une des plus polluées par les pesticides.
Ces produits destinés à tuer les mauvaises herbes et les insectes.
- Tous les produits que l'on a utilisés et que l'on a mis en surface pour augmenter cette production, on les a retrouvés rapidement dans la nappe phréatique qui servait également d'alimentation aux communes situées en surface. Rapidement, on s'est retrouvés avec une augmentation de la teneur en nitrates. On est passés de quelques milligrammes par litre à 40 et au-delà de la réglementation. Pour les pesticides, ça a été la même chose. La conséquence pour les populations est d'avoir plus de 20.000 habitants desservis quotidiennement avec une eau qui ne répond pas à la réglementation en vigueur sur l'eau potable, sur ces seuls paramètres que sont les pesticides et les nitrates.
- Tout le sud de l'Eure-et-Loir est A gauche, les dépassements concernant les nitrates. A droite, les pesticides. Les communes en orange et en rose distribuent une eau non conforme aux normes. Et c'est totalement légal. C'est ce que dénonce le président d'une association de défense de l'eau dans le département.
- La réglementation actuelle permet, même si on observe des dépassements très importants, des normes admissibles de pesticides ou de nitrates, d'autoriser toujours la distribution de l'eau par dérogation. Cela peut durer jusqu'à 9 ans. On se rend compte que les autorités publiques, les collectivités locales, les services de l'Etat ne jouent pas leur rôle.
- Les habitants en sont-ils Nous décidons de nous rendre à Oinville-Saint-Liphard, la commune qui détient le record de nitrates du département. Elle fait partie des 5 communes les plus touchées par les pesticides. Sur la façade de la mairie, les résultats des analyses de l'eau sont affichés, comme l'exige la loi. Mais un rapide porte-à-porte nous fera comprendre que ce n'est pas suffisant. Certains habitants boivent cette eau sans savoir qu'elle dépasse les normes. Comme Dorothée, qui vit ici depuis
- Ça veut dire quoi, le rouge ?
- Supérieur à 50mg par litre. Au niveau des pesticides, vous êtes
- La norme maximale de présence de pesticides au robinet en France est fixée à 0,1 microgramme par litre.
Chez Dorothée, en 2011, l'eau en contenait 4 fois plus.
- "La consommation de cette eau est déconseillée pour le groupe sensible constitué des femmes enceintes et des enfants de moins de 6 mois." - Je n'étais pas au courant. Dans certains petits villages, on sait que l'eau est interdite, non buvable, non consommable. Je me disais qu'on serait informés si nous étions dans ce cas-là.
- Buvez-vous de l'eau du robinet ?
- Oui, en 2011, pendant toute ma grossesse. Je suis contente de l'apprendre. Ça fait peur. Est-ce grave ? On ne sait pas trop.
- Les dernières analyses indiquent que ce pesticide est toujours aussi présent à son robinet. La carte précise son nom: l'atrazine-déséthyl. Cyrille Deshayes le connaît bien.
- C'est un désherbant utilisé, notamment pour le maïs. Il a été interdit en 2003. On retrouve des résidus. Le problème, en dehors du fait qu'il s'agisse d'un pesticide, c'est que c'est une molécule qualifiée de perturbateur endocrinien. Ce sont des molécules qui sont des mimétiques d'hormones et qui agissent à des doses très faibles. Il est possible que cela se traduise dans les faits sur un désordre de santé dans 20 ans. On aura la difficulté de faire le lien de cause à effet par rapport à une exposition dans la prime enfance. C'est le problème des perturbateurs
- Des perturbateurs endocriniens dans l'eau du robinet ? Quelles sont les conséquences possibles d'une exposition à ces molécules, même à très faible dose A Montpellier, un pédiatre est persuadé que ces produits chimiques ont un impact bien réel sur ses Ce médecin est spécialiste des pubertés précoces.
- Bonjour, madame.
- C'est la 2e fois qu'Emmy vient le consulter. L'année dernière, à seulement 8 ans, la fillette a vu sa poitrine se développer.
- Cela m'a perturbée. Votre bébé qui grandit plus vite, qui se forme plus vite, vous vous posez des questions. Que cela va-t-il donner plus tard ?
- Il y a 6 mois, le médecin a fait pratiquer une série d'examens à la fillette qui lui ont permis d'affirmer que sa puberté n'avait pas réellement démarré.
- Je vous ai donné les résultats de l'échographie.
Cela montre que son utérus est mais pas de façon excessive. Elle a des valeurs d'oestrogènes dans le sang basses. A l'évidence, il n'y a pas de démarrage pubertaire. Reste la 2e cause de cette prématurité pubertaire : les facteurs environnementaux. Vous êtes près d'une usine d'incinération.
- L'usine traite des produits chimiques.
- Dans le village ?
- Autour de ce village, vous avez des vignobles ?
- Egalement.
- Lorsqu'ils font des épandages de pesticides, vous êtes les 1ers réceptifs ?
- Peut-être.
- Est-ce que, selon vous, Emmy est victime de l'environnement ?
- Il n'y a aucun doute. Emmy avait des taux d'oestradiol indosables. Et ce, alors qu'elle a un développement de la glande mammaire. Il y a bien des oestrogènes cachés. A mon avis, ce sont des perturbateurs endocriniens qui sont contenus dans la graisse et qui sont relargués à travers l'eau quelle boit, l'air qu'elle respire et les aliments qu'elle ingere.
- Les pesticides de l'eau ne peuvent pas être désignés comme seuls responsables de la puberté d'Emmy. C'est l'ensemble des perturbateurs endocriniens présents dans l'environnement qui peuvent l'expliquer. Pour le médecin, il faut comprendre ce phénomène qui gagne du terrain.
- Hier, nous avons reçu 19 Sur les 19, il y avait 5 consultations, dont 4 première fois, pour un développement prématuré de la glande mammaire chez des petites filles. L'âge variait de 3 à 8 ans. S'agit-il d'une véritable épidémie Selon plusieurs de mes collègues, à Bordeaux, à Toulouse, à Paris, ils partagent cette analyse. Il y a une augmentation hautement significative de la prévalence des précocités pubertaires chez la fille.
- Pour le moment, cette épidémie n'a pas de cause officielle. Aucune preuve directe incontestable n'a pu être apportée. Mais à l'inverse, les autorités sanitaires peuvent-elles nous garantir que la norme maximale de pesticides au robinet nous protège réellement ? Sur quoi repose cette valeur de 0,1 microgramme par litre ?
- Dans les années 70, la décision a été prise de fixer une seule valeur qui est à la limite de ce que les appareils analytiques sont capables de détecter.
Qu'ils soient très toxiques ou non, ce n'est pas grave, on estime qu'il ne doit pas y avoir plus de 0,1 de pesticides dans l'eau. Si nous devions procéder pesticide par pesticide, il faudrait que sur chaque pesticide, il y ait un consensus de l'ensemble des experts européens, ce qui nécessiterait un temps fou et de nombreuses analyses. Il faudrait des études sur les animaux, etc. Ce serait très compliqué.
- Un scientifique a cherché à savoir à partir de quel taux le pesticide le plus vendu au monde pouvait nuire à notre santé. Pendant 2 ans, ce spécialiste de biologie moléculaire a mesuré l'effet du Round-up sur des rats. Il a comparé 2 groupes. Le 1er buvait une eau sans polluant. Le 2e, une eau contenant du Round-up. Les résultats sont édifiants.
- Nous avons retrouvé 2 à 3 fois plus de tumeurs chez les rats qui buvaient une eau contaminée avec moins que la dose autorisée aujourd'hui pour le Round-up, c'est-à-dire 0,1 microgramme par litre. A peu près 40% de moins. C'est-à-dire une dose régulièrement admise dans beaucoup de villes et de villages de France sans que ce soit interdit a la consommation. Dès les plus faibles doses, on a des effets graves sur la santé.
- Selon le chercheur, les autorités de santé n'ont aucun moyen d'affirmer que la norme actuelle protège la population.
- Ce n'est pas seulement qu'à 0,1 microgramme, on dit qu'on n'a pas de moyen de détecter moins, donc on accepte cette limite, mais il y a une immense fraude intellectuelle organisée qui aboutit à une fraude sur la sécurité sanitaire extrêmement grave. Derrière, peut-être que des millions de gens en meurent ou en sont malades, pas uniquement le Personne ne dose, en général, les effets toxiques des pesticides à long terme. C'est absolument scandaleux.
- Dès sa publication fin 2012, l'étude fait polémique. Pas assez de rats suivis, donc pas de résultats exploitables pour certains. Pour d'autres, au contraire, Gilles-Eric Séralini a lancé l'alerte. Il faut rapidement confirmer son étude. En attendant, les experts de l'agence de l'alimentation restent prudents.
- Une étude peut donner une alerte. Elle se confirme à partir du moment où d'autres laboratoires ont montré la même chose. Quand il y aura un consensus sur les résultats, à partir de là, tout le monde progresse. L'ensemble de l'Europe estime que 0,1 microgramme par litre pour tous les pesticides est satisfaisant. Bien sûr, l'objectif serait d'arriver à 0. Mais vu les centaines de milliers de tonnes déversées chaque année dans le monde, aujourd'hui, la planète est contaminée partout par les pesticides.
- C'est les seuls produits toxiques volontairement répandus dans l'environnement en temps de paix. Il n'y a plus un testicule, un ovaire, un cerveau, un sein qui ne soit pas en contact avec des Comment voulez-vous que des produits faits pour tuer n'aient pas d'effets secondaires ? C'est impossible.
- Des pesticides jugés trop dangereux sont régulièrement interdits, mais dans le même temps, d'autres apparaissent. Les seules études réalisées pour mesurer leur impact éventuel sur notre santé sont celles des fabricants. Contre cette industrie qui innove sans cesse, la course semble perdue d'avance pour les autorités de contrôle de l'eau. Les 54 critères de potabilité paraissent bien maigres pour mesurer les milliers de molécules qui peuvent se retrouver au robinet. Des molécules nuisibles, mais pas seulement. Nos médicaments aussi se retrouvent dans notre boisson. Le Vidal, la bible des médicaments, recense plus de 3.000 substances différentes. Ce médecin généraliste a cherché à savoir ce qu'elles devenaient après ces prescriptions.
- Il faut avoir à l'idée qu'à peu près 40% des médicaments prescrits ne SOHÎ pas consommés. Ils se retrouvent dans les poubelles, dans l'eau, dans les Donc, dans l'environnement. Il va falloir faire des études pour savoir si, au long cours, ces doses ont un impact.
- Même quand les médicaments sont consommés par les patients, ils sont évacués d'une manière ou d'une autre par leurs urines et par leurs selles. C'est donc dans une station de traitement des eaux usées que Joël Spiroux a mené son étude.
Il ne l'a pas choisie au hasard. C'est ici qu'arrivent les eaux usées de l'hôpital de Rouen.
- Nous avons choisi 25 molécules médicamenteuses. Pendant 30 jours, nous avons collecté, à la sortie du CHU de Rouen, à l'entrée de la station d'épuration, au milieu de la de la station d'épuration, pour voir dans quelle mesure on retrouvait les mêmes 25 molécules. Concernant les résultats, sur ces 25 molécules, on en a quantifié 392kg qui entraient en un an dans la station d'épuration et 300kg qui en sortaient. Cela veut dire que 300kg n'étaient pas retenus par la station Les stations d'épuration n'ont jamais été conçues pour ce type de molécules. Ce n'est pas une erreur de fonctionnement, c'est que ça n'a
- L'eau qui sort de cette usine est rejetée dans la Seine. Les médicaments se retrouvent dans l'environnement. Des études ont démontré leur impact, notamment sur des poissons. Très sensibles aux hormones de nos pilules contraceptives, ils se féminisent. Mais que deviennent ensuite ces médicaments ? Les retrouvent-on à notre robinet ? L'étude de Joël Spiroux a commencé au niveau des eaux usées du CHU pour s'arrêter à la Seine. Nous ne buvons pas cette eau directement, mais c'est bien là, dans les rivières ou dans les fleuves, qu'un tiers de l'eau des Français est puisée. Elle sera de nouveau traitée avant d'arriver jusqu'à nous. Mais les stations de potabilisation font-elles barrage aux médicaments ? La question a été posée à Jean-François Munoz. Son laboratoire a fait venir des échantillons d'eau de la France entière. Les 45 principes actifs les plus utilisés en médecine ont été Les résultats ont été publiés dans ce rapport. Il révèle que 25% de nos eaux du robinet son contaminées par des résidus de médicaments. Des antidépresseurs, antidouleurs et même un antibiotique vétérinaire. Notre robinet ressemble a une armoire a pharmacie, en modèle réduit.
- On est à des niveaux qu'ils sont de l'ordre de l'ultra-trace. A ce niveau-là, notre éclairage permet de tout voir. En termes de pourcentage, c'est important. En termes de quantité dans l'eau, c'est très peu de choses.
Par rapport à ce que on a trouvé dans les eaux du robinet, l'équivalent sur une vie entière d'exposition à ce médicament, c'est comme si on absorbait 2 cachets de votre armoire a pharmacie pour un traitement.
- Le laboratoire a ensuite recherche les effets de ces faibles doses sur la santé. Là encore, les résultats sont rassurants.
- On a une marge de sécurité sanitaire qui permet de ne même pas réglementer la recherche des L'exposition aux médicaments les plus présents dans l'eau ne présente aucun problème d'un point de vue sanitaire.
- On peut avoir des doses très faibles, certes, mais ces produits ne devraient pas se retrouver là. On n'a jamais fait d'études sur ces doses infinitésimales sur des animaux de laboratoire, par exemple. Et également sur les mélanges. Ces produits se retrouvent avec d'autres produits chimiques. On ne peut pas savoir ce que ça peut faire.
- Etudiées une par une, ces traces de médicaments n'ont aucun impact sur la santé. Mais dans l'eau, elles ne sont jamais seules. Qu'en est-il du mélange des médicaments entre eux ou des interactions avec d'autres polluants, comme les pesticides ? Ces mélanges à faible dose préoccupent les spécialistes de l'eau du monde entier. C'est dans l'eau de mer qu'ils ont trouvé un début de réponse. En plein coeur du bassin d'Arcachon, les équipes d'Ifremer ont constaté une étrange disparition. En 2005, les herbes marines qui tapissent le fond de l'eau se sont soudainement clairsemées. 2 ans plus tard, 40% d'entre elles avaient disparu. Pour trouver le coupable, des échantillons d'eau ont été prélevés et envoyés dans un laboratoire du CNRS de l'université de Bordeaux.
- On a pensé qu'il pouvait y avoir une cause liée à l'utilisation d'herbicides. On a recherché ces molécules dans l'eau. On a trouvé une trentaine de molécules à des concentrations très faibles. Prises une à une, ces molécules n'ont pas d'effets avérés. En revanche, quand on les teste en mélange, on commence à noter des phénomènes de ralentissement de croissance et de mauvais état de santé des herbes.
C'est en lien avec ce que les scientifiques nomment "l'effet cocktail". On ne peut pas exclure un impact négatif d'un mélange d'un assez grand nombre de molécules à très faible concentration.
- Les normes actuelles qui assurent la potabilité de notre eau au robinet ne tiennent pourtant pas compte de cet effet cocktail. Les experts de l'eau sont unanimes pour dire que ces normes sont dépassées.
- On atteint une des limites de la science. Il y a présence de micropolluants. Pour un individu, quel est le risque sanitaire ? Est-ce qu'un cancer peut se développer dans 40 ans ? Cela devient difficile à mesurer. Ce que nous faisons, dans notre laboratoire, c'est de travailler sur l'ensemble du mélange. Nous extrayons le mélange de l'eau et nous le mettons en contact avec des cellules ou des animaux pour mesurer l'effet global.
- Ces tests mesurant l'effet global d'une eau sur des cellules sont l'avenir du contrôle de l'eau. Eux seuls pourront certifier que l'eau ne peut pas nuire à notre Mais en attendant, il ne faut pas oublier que l'eau reste malgré tout le produit alimentaire le plus contrôlé de France. Les fruits et légumes représentent plus de 80% de notre exposition aux pesticides. Mais ils ne sont pas soumis à ces 54 normes. Mais si nous voulons à tout prix boire une eau plus pure, est-il utile de nous reporter sur les eaux en bouteille ? Ces eaux coûtent beaucoup plus Pour 1,5l d'eau du robinet, vous déboursez en moyenne 0,0045 euro. Une bouteille d'eau d'1,5l coûte entre 15 et 50 centimes d'euros, soit 30 à 120 fois plus. A ce prix-là, les eaux en bouteille sont-elles épargnées par la pollution ? Leur plastique relargue-t-il dans l'eau des substances toxiques ? La rumeur court toujours. Des molécules du plastique contamineraient l'eau en bouteille et nuiraient à notre santé. Cette rumeur est apparue avec les 1re bouteilles en PVC dans les
- Pour donner a l'emballage plastique souplesse et stabilité, on y ajoute des corps chimiques.
- Dans les années 90, les progrès de la recherche confirment ces craintes : le PVC relargue bien dans l'eau des molécules agissant sur nos hormones, comme du bisphénol A ou des phtalates.
Les embouteilleurs l'abandonnent et le remplacent par du PET. Cette fois-ci, nous assure-t-on, les bouteilles ne laissent rien échapper dans l'eau. Mais voilà qu'en 2009, la rumeur revient avec la publication d'une étude réalisée par 2 chercheurs allemands. Ces chercheurs ont observé des escargots d'eau douce pendant 2 Une partie d'entre eux étaient plongés dans des bouteilles en PET et l'autre, dans des bouteilles en verre.
- Nous avons observé que les escargots des bouteilles en plastique ont produit beaucoup plus d'embryons que ceux des bouteilles en verre. Donc, ça montre une forte teneur en oestrogènes qui vient probablement de l'emballage.
- Des escargots qui produisent 2 fois plus d'embryons dans les bouteilles en PET. L'étude affole les embouteilleurs et les autorités de santé. Le laboratoire de ce toxicologue français mène alors une contre-expertise.
- La publication a annoncé des taux de perturbateurs endocriniens totalement insensés. Ils disaient que dans l'eau en bouteille, l'eau minérale française, qui est très contrôlée, il y a 100 fois plus de pollution que dans l'eau du Rhin. Si un étudiant me ramène un résultat comme cela, je lui demande de refaire sa manipulation. A la suite de cette publication, des pédiatres ont dit que l'eau en bouteille était très polluée et que ça allait changer le sexe des enfants. Et qu'il y aurait des répercussions sur la santé et les fonctions de reproduction des enfants. Dans les biberons, mettez de l'eau du robinet et plus en bouteille. Après, on a fait des contrôles. On a refait des manipulations et on a constaté qu'il n'y avait rien.
- On est sûr, aujourd'hui, que les bouteilles en plastique ne relarguent plus rien ?
- Depuis, de nombreux autres laboratoires ont également contesté les résultats allemands. Parmi eux, celui de Jean-François Munoz.
- On a soumis nos bouteilles à des conditions de température, d'exposition au soleil, draconiennes. Les conditions étaient dégradées. On ne les retrouve pas dans l'utilisation courante des bouteilles. On a regardé les effets sur les cellules.
La conclusion est que ces eaux n'avaient aucun effet sur les
- Pour l'emballage, pas de préoccupation a avoir. Qu'en est-il du contenu ? L'eau en bouteille est-elle épargnée par la pollution ? La pureté originelle vendue avec l'image des volcans d'Auvergne n'est pas un simple argument de vente. Elle assure aux consommateurs des normes 3 fois plus sévères que celles des eaux du robinet. Qu'elles soient plates ou gazeuses, de source ou minérale, les eaux en bouteille ont en commun d'être puisées dans des nappes souterraines à l'écart de l'agriculture intensive ou des rejets de nos eaux usées et donc, en théorie, à l'abri de toute pollution. Mais en mars 2013, cette image de pureté est soudainement mise à mal. Le magazine 60 millions de consommateurs affirme que la pollution n'épargne plus les eaux Une bouteille sur 5 est concernée.
- Il y avait d'un côté la grande pureté de la belle eau qui vient du fin fond des âges et, de l'autre, une eau pourrie traficotée, ce n'est pas la vérité. Il est théoriquement possible que la contamination des eaux de surface aille à un moment ou à un autre, se retrouver dans de l'eau en bouteille. A ce point-là, on n'imaginait pas.
- Les analyses ont révélé la présence d'Atrazine, le pesticide interdit depuis 2003. Mais la plus grosse surprise est la présence d'un médicament pour traiter les cancers du sein : le tamoxifène. Les marques aux doses incriminées ont immédiatement réagi.
- On a eu une critique d'un producteur d'eau en bouteille qui nous demandait pourquoi il y avait du tamoxifène. Ils nous disaient qu'ils l'utilisaient à grande échelle depuis les années 70. Le problème vient peut-être de là. Certains produits massivement utilisés se retrouvent quelque part dans la nature. Ça ne veut pas dire que l'eau est toxique mais qu'elle a été en présence d'une molécule chimique produite par l'homme.
- Le pourcentage de bouteilles concernées est impressionnant. Mais les quantités retrouvées sont Si faible qu'à ce niveau, on parle d'ultra-trace. Les fabricants d'eau en bouteille ont malgré tout démenti les résultats et commandé une contre-expertise.
C'est Hélene Budzinski qui s'en est chargée.
- Nous avons mis en oeuvre un contrôle qualité très strict. On a refait les analyses de façon indépendante 3 fois. Nous n'avons trouvé aucune trace des composants incriminés. Je ne critiquerai pas un laboratoire que je ne connais pas. A ces concentrations-là, la moindre trace va causer un faux positif. Ça peut être une explication.
- Je peux vous affirmer qu'on a fait les analyses de la manière la plus sérieuse possible. On n'a jamais été démentis sur la présence de pesticides. Il y a eu un gros débat autour de la présence de médicaments. J'ai découvert qu'il y avait un consensus sur l'éventualité de pesticides présents dans l'eau minérale. On nous dit qu'elle vient du fond des âges. Ne croyons pas qu'il y ait des zones préservées de tout. Rien n'est totalement préservé.
- Les efforts des embouteilleurs pour protéger les zones de captage ne suffisent plus à freiner la contamination des eaux. Les pesticides gagnent du terrain et atteignent peu à peu les eaux les plus profondes.
- Pouvons-nous garantir que dans 50 ans, ici, il n'y aura pas de nitrates ? Bien sûr que non. La guerre contre les nitrates, contre les pesticides, c'est aussi notre guerre. Si on ne réussit pas à aider à améliorer l'eau des rivières, si on n'essaye pas d'aider ça, on lutte contre nous.
- Dans cette guerre contre la pollution, les eaux en bouteille ont pourtant une bonne longueur d'avance. Leurs ressources sont largement moins polluées que celles dans lesquelles sont puisées nos eaux du robinet. Elles, au moins, n'ont pas besoin de subir des traitements lourds avant de pouvoir être bues. Alors, à la question : eau du robinet ou eau en bouteille, c'est bien la bouteille qui l'emporte aujourd'hui dans la plupart des villes françaises. Pourquoi n'arrive-t-on pas à assurer la même qualité au robinet ? La dernière partie de notre enquête va nous faire découvrir que nous payons pourtant très cher, et depuis très longtemps, une politique de l'eau censée protéger notre santé et nos ressources. Une région française résume à elle seule l'échec de la politique de l'eau en France : la Bretagne.
- Dans le Nord Finistère, l'eau du robinet n'est pas bonne à consommer. On en achète en bouteille. A Saint-Pol-de-Léon, on en achète plus qu'ailleurs.
- 1988 : seuls quelques rares Bretons osent se servir au robinet. Les autres sont à l'eau minérale. Les responsables, les voici : les cochons et leurs déjections. lls ont fait exploser leur taux de nitrates et de bactéries dans les cours d'eau. Qu'en est-il 25 ans plus tard ? Sur la carte des dépassements des normes, rien à signaler. L'eau des Bretons est parfaitement potable. En tout cas, au robinet. Si on superpose la carte de la qualité des cours d'eau, cette fois, rien n'a changé. Les nitrates sont toujours là. Le secret de ce trompe-l'oeil se trouve quelque part dans le Finistère. Le maire de Kernilis va nous faire visiter son usine, l'une des toutes 1res en France à avoir su retirer les nitrates de l'eau.
- Nous faisons passer dans ces échangeurs une eau salée, saumurée, et après un passage très rapide dans cet échangeur, on se retrouve à la sortie avec une eau débarrassée de ses nitrates.
- Cette eau dénitratée sera ensuite envoyée depuis cette salle de contrôle vers une trentaine de châteaux d'eau répartis autour de l'usine.
- On est en moyenne à 7 ou 8mg en sortie d'usine. On vient ensuite la mélanger avec les ressources communales qui, elles, sont plus ou moins chargées de nitrates dans l'eau.
- Les communes qui en ont le plus sont à quel seuil ?
- Cela peut monter jusqu'à 75mg de nitrates dans les productions propres.
- Mélanger une eau sale avec une eau propre pour entrer dans les normes, ici, ça ne choque personne. Mais à une cinquantaine de kilomètres de là, quelques irréductibles refusent cette solution. Gérard Borvon a milité contre l'implantation d'une usine comme celle de Kernilis près de chez lui. Il veut pouvoir connaître la teneur en nitrates de son eau. Il a un moyen simple de comparer son eau du robinet à celle d'une eau de source embouteillée.
- On va faire un test. La source est restée blanche. Avec l'eau du robinet, ça a rosi. On peut comparer ce taux.
C'est de l'ordre de 30 à 35mg. Je considère qu'une eau à 35mg de nitrates n'est pas une eau d'excellente qualité. Tant qu'il n'y aura pas une qualité de l'eau satisfaisante dans la ressource, personne ne fera confiance à la qualité de l'eau. C'est pourquoi, en Bretagne, énormément de gens continuent à utiliser de l'eau en bouteille. Ce n'est pas la solution.
- Avec 35mg de nitrates par litre, cette eau respecte la norme des 50 au robinet, mais c'est encore trop pour la rivière dans laquelle elle est puisée. Les nitrates finissent sur la côte, entraînant le fléau des plages bretonnes : les algues vertes. Tant que la rivière dépassera les 10mg de nitrates par litre, ces algues proliféreront. Voilà pourquoi les écologistes veulent que l'on traite le problème à la source.
- Si l'eau est polluée, ici, il y a une raison. La Bretagne, c'est 6% du territoire agricole et 60% de la production porcine. La solution pour la pollution de l'eau au robinet, comme pour les algues vertes, c'est une autre politique de l'aménagement du territoire.
- Pour l'heure, pas question de s'attaquer aux cochons. On ferme les captages les plus pollués et on raccorde à une autre ressource, plus loin, jusqu'à ce que celle-ci soit à son tour polluée. Une fuite en avant dénoncée par France-Libertés. Cette fondation défend une eau potable et gratuite pour tous.
- On a fait le choix technique de se dire qu'on arriverait toujours à rendre l'eau potable. La question se pose à partir du moment où on ferme des points de captage régulièrement. Cela montre bien que c'est la limite du système. Le jour où tous les points de captage seront trop abîmés pour être techniquement transformés en eau potable, on sera dans l'obligation d'aller chercher l'eau ailleurs.
- C'est pourtant la solution choisie partout en France. En Eure-et-Loir, les dépassements ne seront bientôt qu'un souvenir. D'ici à 3 ans, la commune de Dorothée sera reliée à une autre Une usine flambant neuve retirera les nitrates et les pesticides. Les prix de l'eau vont tripler. Pour France-Libertés, cette stratégie n'est pas viable à long terme.
- Pour nous, c'est surtout une responsabilité politique d'imaginer comment on doit se comporter pour que, dans 50 ans, la ressource en eau soit bonne.
- Cette ambition existe pourtant. Pour protéger notre santé au robinet et nos ressources, des Celui de Seine Normandie est présidé par André Santini. Ici, la politique menée part du principe qu'une eau saine, Ça se paye.
- L'avenir, c'est la dépense. Les budgets actuels de l'Agence de l'eau Seine Normandie sont prioritairement orientés vers l'assainissement, vers le syndicat de l'assainissement. Les sommes sont considérables.
- Chaque année, le comité distribue 900 millions d'euros. Plus de 90% de ce budget est consacré à l'assainissement et non à la protection des captages. C'est ce que dénonce Jean-Luc Touly, conseiller régional d'Ile-de-France. Il est l'un des principaux opposants à la politique d'André Santini. Selon lui, le choix du tout-assainissement sert avant tout les intérêts des distributeurs privés d'eau potable.
- Quand on fait de l'assainissement, on a intérêt que l'eau utilisée par les usagers différents soit le plus polluée pour la dépolluer. C'est donc un intérêt marchand. On va construire des stations, l'eau sera de plus en plus traitée et elle sera plus chère. A un moment, les gens seront coupés de l'eau car ils ne pourront plus payer. C'est tout ce système qui ne fonctionne plus. Tout cela est quand même assez inquiétant pour l'avenir.
- L'avenir, justement, ne sera pas si noir si on s'en tient à la qualité de l'eau du robinet. Des usines de traitement pousseront partout en France, sonnant la fin des dérogations. Et les futures normes devraient enfin prendre en compte l'effet cocktail, nous garantissant une eau plus saine. Mais ces victoires gagnées au prix d'une facture toujours plus chère masqueront la pollution réelle de nos cours d'eau. Quant aux producteurs d'eau en bouteille, ils n'auront probablement d'autres choix que de fermer leurs captages malades pour en chercher de nouveaux. A moins que l'on prenne enfin conscience de l'urgence de protéger notre eau, l'un de nos biens les plus précieux.

 

FIN

 

Une transcription est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/571734/eau-a-votre-sante.html

 

 

COMMENTAIRES :




 


EAU ET SANTÉ : QUI CROIRE, QUE BOIRE ?


France 5 - Enquête de santé - Mardi 28 janvier 2014 à 20h35

Les Français ont beau faire confiance à l'eau du robinet, ils sont aussi les deuxièmes consommateurs d'eau en bouteille au monde.


VIDÉO - SOMMAIRE - POUR ALLER PLUS LOIN - TRANSCRIPTION ÉCRITE - COMMENTAIRES -




(Re)voir l'intégralité du film au lien :
https://www.youtube.com/watch?v=R-_wtsB7bWk (1h40')
ou
https://www.youtube.com/watch?v=vIyxyez2r80 (1h40)



Revoir en replay (6 jours) :
http://www.france5.fr/emission/enquete-de-sante/diffusion-du-28-01-2014-20h35



SOMMAIRE :

Présentation au lien http://www.france5.fr/emission/enquete-de-sante/diffusion-du-28-01-2014-20h35

Les Français ont beau faire confiance à l'eau du robinet, ils sont aussi les deuxièmes consommateurs d'eau en bouteille au monde.
Une eau minérale coûte jusqu'à 300 fois plus que l'eau de ville.
Producteurs d'eaux en bouteille et défenseurs du robinet se livrent donc une guerre sans merci pour tenter de convaincre les consommateurs.
Mais finalement, quelle eau choisir ?

Suivi d'un débat avec :

  • Michel Cymes / Présentateur
  • Marina Carrère d'Encausse / Présentateur
  • Benoît Thévenet / Présentateur

 



POUR ALLER PLUS LOIN :

POUR ALLER PLUS LOIN :

Dossier "Eau" (avec les films "Water, le pouvoir de l'eau" et "L'eau-la vie", au lien :
http://www.conscience33.fr/eau.html

Film : "On a retrouvé la mémoire de l'eau" :
http://www.conscience33.fr/on-a-retrouve-la-memoire-de-l-eau.html


TRANSCRIPTION ÉCRITE DE L'ÉMISSION, À PARTIR DES SOUS-TITRES :

Michel Cymes : Bonsoir. Merci de nous retrouver pour ce nouveau numéro d"'Enquête de santé". Eau du robinet, eau de source, eau minérale, quelle est la meilleur eau pour votre santé ? Le choix n'est pas évident. Les Français font confiance à l'eau du robinet. Mais ils sont aussi les 2e consommateurs d'eau en bouteille au monde. Comment choisir son eau ?

Marina Carrère d'Encausse : On peut comparer les prix ou sélectionner une eau parce que son goût nous plaît. Il faut pouvoir juger de sa qualité. Les choses se compliquent. Il est difficile de décrypter les étiquettes des bouteilles. L'eau est un produit contrôlé, mais elle n'est pas épargnée par la pollution. Des substances rejetées dans l'environnement sont parfois dans l'eau que nous buvons. Quels en sont les effets ? Filtrer son eau a-t-il un intérêt ?

Michel Cymes : Vous faites votre choix parmi toutes les eaux, en fonction de votre mode de vie. Nous allons la goûter avec une Sommelière lors d'une dégustation à l'aveugle.

Bernard Thévenet : Nous avons reçu des questions. En voici une. Si vous voulez intervenir, il y a plusieurs moyens.
On se retrouve après notre enquête.

DÉBUT DU DOCUMENTAIRE

- Eau du robinet ou eau en bouteille. C'est bien sur le terrain de la santé que se joue notre choix. Les polluants déversés depuis des décennies dans l'environnement, comme les nitrates ou les pesticides, se retrouvent bel et bien à notre robinet, parfois au-delà des normes autorisées et sans que l'on en connaisse les effets réels sur l'organisme. Les chercheurs et des médecins affirment que des malades de l'eau existent en France, mais ils manquent de preuves. Même les eaux en bouteille et leur légendaire pureté originelle ne sont plus totalement épargnées par la pollution. Alors, prend-on oui ou non des risques en buvant certaines eaux ? Laquelle choisir pour protéger notre santé ? Pour tenter de nous convaincre que leur eau est celle qu'il nous faut, producteurs d'eau en bouteille et défenseurs de l'eau du robinet se livrent une guerre sans merci.

- Je ne bois pas l'eau que j'utilise. Je suis un homme libre. Non ? Pour faire plaisir aux écologistes égarés, je m'en fous, je ne bois pas l'eau que j'utilise. C'est ma liberté. Je bois de l'eau en bouteille. Je bois de préférence celle-ci.

- C'est une grossièreté totale. On montre une cuvette de WC et on dit que l'eau du robinet, c'est pour ça. C'est inacceptable. Ils méprisent des milliers de gens et d'ingénieurs pour vendre une eau dont je voudrais bien voir les résultats. Quand on vient me parler des eaux de source, je suis sceptique. Vive l'eau du robinet.

- La 1re ville française à avoir osé résister à l'appel de la bouteille, c'est Besançon. Depuis 2009, toutes les crèches de la ville sont passées à la carafe.

- Installez-vous à table.

- On a décidé de donner de l'eau du robinet aux enfants des qu'ils commencent à boire de l'eau. Qu'ils la boivent à la petite cuillère ou au verre, c'est l'eau du robinet. Les parents avaient peur que ce ne soit pas une eau de bonne qualité et qu'il y ait des soucis de santé. Il a fallu expliquer que si nous le faisons, c'est que nous savons que c'est une eau de très bonne qualité.

- Les biberons arrivent ici. En pratique, seuls les enfants de plus de 6 mois boivent l'eau du robinet. Mais à terme, le maire souhaite la distribuer le plus tôt possible. Cette eau, il en fait la promotion auprès des habitants depuis plus de 10 ans. Il a commencé par lui donner un nom : la Bisontine.

- On a la chance, en France et en Europe, d'ouvrir le robinet et d'avoir une eau de qualité. On peut considérer que c'est un produit banal. Mais non. Lui donner un nom fait en sorte que ça lui donne beaucoup plus de lisibilité et de visibilité. - Un logo a été créé. Des carafes distribuées aux habitants. Des outils marketing habituellement réservés aux embouteilleurs.

- On ne cherche pas à gagner de l'argent. C'est un service public. Notre objectif est de permettre à tous les habitants de cette ville, chaque année, d'économiser, pour une famille de 4 personnes, de 500 a 700 euros suivant l'eau qu'ils achetaient auparavant.
C'est beaucoup plus pratique.

- L'opération a si bien fonctionné que les que les producteurs d'eau en bouteille ont commencé à boire la tasse. A Besançon, entre 2004 et 2011, la proportion de la population ne buvant que de l'eau en bouteille a baissé de 70%. Dans la foulée, d'autres villes françaises ont adopté le concept : Lyon, Strasbourg, Grenoble et Paris. Elles ont créé leur marque d'eau, réconciliant les Français avec le robinet.

- Quand on communique davantage autour de ces marques-là, forcément, les consommateurs auront une meilleure confiance dans cette - L'eau - L'eau du - L'eau du robinet

- L'eau du robinet réhabilitée auprès des Français, c'est logique. La qualité de l'eau de notre pays est l'une des meilleures au monde. Mais est-ce suffisant pour être certain de la boire sans risque ? Que contiennent réellement ces eaux et quel effet peuvent-elles avoir sur l'organisme ? Nous allons le découvrir. Intéressons-nous d'abord à l'eau de Paris. L'eau de la capitale provient pour moitié d'eau souterraine puisée a une quarantaine de kilomètres de la. L'autre est directement prélevée dans la Marne ou, comme ici, dans la Seine.

- C'est le 1er barrage.

- Il retient les plus gros flottants. C'est une belle qualité d'eau.

- Mais cette eau n'est pas délivrée ainsi au robinet. Et heureusement.
- Cette eau qui vient de la Seine, on ne pourrait pas la boire directement ?

- Pas du tout. L'eau de la Seine n'est absolument pas potable. Essentiellement parce qu'elle est polluée par des bactéries, des vkus virus et des micro-organismes, qui font que toute personne qui boirait l'eau de la Seine serait malade immédiatement. Le principe du traitement est d'éliminer toute la pollution microbiologique en priorité et la pollution chimique.

- C'est à une centaine de mètres, dans cette usine de potabilisation, que le miracle va se réaliser. L'eau va d'abord passer dans des bacs de décantation. - L'objectif est d'éliminer toutes les particules qui sont en suspension. Les particules visibles à l’œil nu ou non, mais qui représentent le trouble de l'eau.

- A la sortie des bacs, l'eau est limpide, mais pas encore potable. Les virus et les bactéries seront détruits dans ce bain à bulles d'ozone. Mais contre les pesticides, l'ozone ne peut rien. L'usine a dû investir dans ce système de filtration. Bien cachées sous une couche d'herbe se trouvent des billes de charbon actif.

- Ce charbon actif est sous forme de lit filtrant sur une hauteur d'un mètre. L'eau va mettre en moyenne entre 10 et 15 minutes pour traverser cette couche de charbon actif. Toutes les molécules qui sont dissoutes dans l'eau viendront se coller dans ce charbon.

- Cette fois, la magie a opéré. L'eau de la Seine, désormais rebaptisée "eau de Paris", est devenue potable. Et comme tous les bons crus, il faut encore la goûter. Les Parisiens auront parfois du mal à apprécier sa saveur, car avant de la laisser sortir de l'usine, on lui ajoutera du chlore.

- L'eau, une fois qu'elle est produite à l'usine de traitement, doit parcourir plusieurs kilomètres pour arriver jusqu'au robinet du Parisien. On doit être sûrs qu'elle arrive sans être dégradée au cours de son transport. C'est la raison pour laquelle on lui met un peu de chlore pendant son transport, pour éviter toute contamination microbiologique et toute dégradation de sa qualité microbiologique.

- L'eau de l'usine alimentera 1 Parisien sur 4. Comme partout en France, elle doit donc répondre à des normes précises.

- Cette eau respecte les critères de qualité donnés par le ministère de la Santé français, qui concerne 54 paramètres. Cette eau respecte au au robinet de l'usager en permanence les 54 critères de qualité. On peut la boire toute sa vie, à n'importe quel moment de la journée, sans aucun problème pour la santé. - Les critères de qualité sont classés en 2 familles. Celle des normes bactériologiques, c'est-à-dire les virus et les bactéries, et celle des normes chimiques, comme les nitrates et les pesticides. Régulièrement, un comité d'experts de l'eau se penche sur ces normes au sein de l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation : l'Anses.
Selon le président de ce comité, ces normes font de l'eau le produit alimentaire le plus sûr de France.

- Aujourd'hui, les quelques maladies que l'on voit apparaître liées a l'eau sont des maladies bactériennes, microbiologiques et virales, c'est-à-dire des gastro-entérites. Si une usine a sa bonbonne de chlore qui est tombée en panne, l'eau sort non-désinfectée et les gens se retrouvent avec une bonne diarrhée. C'est le risque majeur à court terme que l'on observe dans le monde. C'est le risque microbiologique. Concernant le risque chimique, aujourd'hui, il n'y a pas la moindre détection de quelqu'un qui serait malade à cause d'une exposition à des produits chimiques dans l'eau.

- Mais contrairement aux bactéries et aux virus, les produits chimiques n'ont aucun impact immédiat sur notre santé. Qu'en est-il à long terme ? Peut-on être certain qu'ils n'entraînent aucune maladie ? Nous allons nous intéresser à 2 produits chimiques particulièrement contrôlés : les nitrates et les pesticides. Les nitrates, on les doit surtout aux engrais déversés par les agriculteurs et aux déjections des animaux d'élevage. Quand ils sont utilisés en masse, ils finissent dans l'eau. Ces nitrates sont devenus l'une des obsessions des producteurs d'eau en bouteille. A une trentaine de kilomètres du Mans, au cœur d'une forêt, Pierre Papillaud nous fait visiter l'une de ses sources.

- Ce que je veux, c'est que vous voyez la pollution qui existe autour : il n'y a rien. Effectivement, c'est sans doute la plus belle ressource que nous ayons. Pour s'offrir 10.000ha de forêt, il faut chercher.

- Pour exploiter la source, 4 forages comme celui-ci ont été creusés et placés sous haute surveillance.

- C'est surveillé par caméra.

Alarme

- C'est un forage en inox qui descend sur 180 m.

- Si Pierre Papillaud tient tant à protéger ses captages, c'est parce qu'il a déjà dû fermer à cause des nitrates. Contrairement aux eaux du robinet, les eaux en bouteille n'ont pas le droit de subir des traitements pour retirer les polluants. Elles doivent être naturellement préservées.
La différence ne s'arrête pas là. Les normes sont plus sévères que celles du robinet.

- On vous dit que l'eau de la ville de Paris, ils ont eu le courage de dire cela, est une eau bonne pour faire les biberons. On rigole ou quoi ? Il y a 2 législations de potabilité en France. Il y a une notion de potabilité pour les eaux qui sont faites par les villes et une notion de potabilité pour les gens qui mettent en bouteille. Ce n'est pas la même loi.

- Pour l'eau en bouteille, la teneur en nitrates doit être inférieure à 15 mg par litre. Au robinet, en revanche, les nitrates sont autorisés jusqu'à 50 mg par litre.

- L'eau de la ville de Paris a moins de 50 et elle est bonne pour le robinet et pour les enfants. Nous, non. Trouvez-vous cela normal 9

-.ll y a ?

- Il y a effectivement de quoi s'y perdre. Selon la loi, l'eau du robinet doit pouvoir être bue à tout âge, sans risque pour la santé. Alors pourquoi des normes différentes ? Peut-on donner de l'eau du robinet a un bébé avant 6 mois ?

- Pour les nourrissons, comme il y a un risque plus particulier à cause de la flore bactérienne qu'ils ont dans leur bouche qui peut produire des nitrites, les autorités sanitaires disent que si on était à 15, ce serait très bien. Cela ne veut pas dire que 50 ne peut pas être donné à un nourrisson. Si le nourrisson, pendant 6 mois, boit de l'eau à 49, ce n'est pas pour ça qu'il sera malade, mais ce n'est pas l'idéal. A partir de là, ce sont des recommandations de dire qu'il faut prendre une eau ayant un taux de nitrate plus faible. Si l'eau du robinet de la commune d'à côté a moins de nitrates, vous pouvez la prendre. Si vous voulez prendre de l'eau en bouteille, prenez-en. Ce n'est pas un problème.

- Si les nitrates sont déconseillés chez les nourrissons, c'est qu'ils peuvent entraîner une maladie provoquant un manque d'oxygénation des cellules. Mais dans la pratique, aucun cas n'a été recensé en France depuis 50 ans. Cette norme sert avant tout à mesurer Cette norme sert avant tout à mesurer la qualité de l'eau. Une eau pauvre en nitrates est une eau de bonne qualité, une garantie supplémentaire pour les bébés.

Alors, qu'en est-il de la Bisontine ? Cette eau distribuée dans les crèches de Besançon respecte-t-elle les normes du robinet ou celles des pédiatres ? Pour le savoir, nous nous rendons dans l'une des 4 sources qui alimentent la ville.

- La Bisontine est entre 7,5 et 15. Et parfois, jusqu'à 18. Si on observe des pics plus importants, on arrêtera la source concernée pour n'utiliser que des sources avec des teneurs tout à fait correctes.

- On devait rassurer notre population en disant que notre eau est contrôlée et vérifiée. Nous sommes 4 à 5 fois inférieurs aux normes sur les populations les plus faibles.

- L'eau de Besançon a fait le choix de s'aligner sur la législation des eaux en bouteille. Tous les Français n'ont pas cette chance. L'eau a beau être l'aliment le plus contrôlé, des millions de personnes font couler à leur robinet une eau dépassant les normes, avec une vraie inégalité sur le territoire. 80% des dépassements concernent des communes de moins de 500 habitants. L'eau des villes et l'eau des champs ne sont pas logées à la même enseigne. Cyrille Deshayes a révélé cette inégalité dans une enquête pour un organisme de défense de l'environnement : WWF. Il nous conduit en plein cœur de la Beauce, dans l'un des départements les plus sinistrés, à ses yeux: l'Eure-et-Loir. Le grenier à blé de la France cache sous ses terres la nappe phréatique la plus étendue d'Europe, mais aussi l'une des plus polluées par les pesticides. Ces produits destinés à tuer les mauvaises herbes et les insectes.

- Tous les produits que l'on a utilisés et que l'on a mis en surface pour augmenter cette production, on les a retrouvés rapidement dans la nappe phréatique qui servait également d'alimentation aux communes situées en surface. Rapidement, on s'est retrouvés avec une augmentation de la teneur en nitrates. On est passés de quelques milligrammes par litre à 40 et au-delà de la réglementation. Pour les pesticides, ça a été la même chose. La conséquence pour les populations est d'avoir plus de 20.000 habitants desservis quotidiennement avec une eau qui ne répond pas à la réglementation en vigueur sur l'eau potable, sur ces seuls paramètres que sont les pesticides et les nitrates.

- Tout le sud de l'Eure-et-Loir est touché. A gauche, les dépassements concernant nitrates. A droite, les pesticides. Les communes en orange et en rose distribuent une eau non conforme aux normes. Et c'est totalement légal. C'est ce que dénonce le président d'une association de défense de l'eau dans le département.

- La réglementation actuelle permet, même si on observe des dépassements très importants, des normes admissibles de pesticides ou de nitrates, d'autoriser toujours la distribution de l'eau par dérogation. Cela peut durer jusqu'à 9 ans. On se rend compte que les autorités publiques, les collectivités locales, les services de l'Etat ne jouent pas leur rôle.

- Les habitants en sont-ils informés ? Nous décidons de nous rendre à Oinville-Saint-Liphard, la commune qui détient le record de nitrates du département. Elle fait partie des 5 communes les plus touchées par les pesticides. Sur la façade de la mairie, les résultats des analyses de l'eau sont affichés, comme l'exige la loi. Mais un rapide porte-à-porte nous fera comprendre que ce n'est pas suffisant. Certains habitants boivent cette eau sans savoir qu'elle dépasse les normes. Comme Dorothée, qui vit ici depuis 5 ans.

- Ça veut dire quoi, le rouge ?

- Supérieur à 50 mg par litre.

- Vous êtes à 77,3. Au niveau des pesticides, vous êtes à 0,43.

- La norme maximale de présence de pesticides au robinet en France est fixée à 0,1 microgramme par litre. Chez Dorothée, en 2011, l'eau en contenait 4 fois plus.

- "La consommation de cette eau est déconseillée pour le groupe sensible constitué des femmes enceintes et des enfants de moins de 6 mois."

- Je n'étais pas au courant. Dans certains petits villages, on sait que l'eau est interdite, non buvable, non consommable. Je me disais qu'on serait informés si nous étions dans ce cas-là.

- Buvez-vous de l'eau du robinet ?

- Oui, en 2011, pendant toute ma grossesse. Je suis contente de l'apprendre. Ça fait peur. Est-ce grave ? On ne sait pas trop.

- Les dernières analyses indiquent que ce pesticide est toujours aussi présent à son robinet.
La carte précise son nom: l'atrazine-déséthyl. Cyrille Deshayes le connaît bien.

- C'est un désherbant utilisé, notamment pour le maïs. Il a été interdit en 2003. On retrouve des résidus. Le problème, en dehors du fait qu'il s'agisse d'un pesticide, c'est que c'est une molécule qualifiée de perturbateur endocrinien. Ce sont des molécules qui sont des mimétiques d'hormones et qui agissent à des doses très faibles. Il est possible que cela se traduise dans les faits sur un désordre de santé dans 20 ans. On aura la difficulté de faire le lien de cause à effet par rapport à une exposition dans la prime enfance. C'est le problème des perturbateurs endocriniens.

- Des perturbateurs endocriniens dans l'eau du robinet ? Quelles sont les conséquences possibles d'une exposition à ces molécules, même à très faible dose ? A Montpellier, un pédiatre est persuadé que ces produits chimiques ont un impact bien réel sur ses patients. Ce médecin est spécialiste des pubertés précoces.

- Bonjour, madame.

- C'est la 2e fois qu'Emmy vient le consulter. L'année dernière, à seulement 8 ans, la fillette a vu sa poitrine se développer.

- Cela m'a perturbée. Votre bébé qui grandit plus vite, qui se forme plus vite, vous vous posez des questions. Que cela va-t-il donner plus tard ?

- Il y a 6 mois, le médecin a fait pratiquer une série d'examens à la fillette qui lui ont permis d'affirmer que sa puberté n'avait pas réellement démarré.

- Je vous ai donné les pas réellement démarré.

- Je vous ai donné les résultats de l'échographie. Cela montre que son utérus est imprégné, mais pas de façon excessive. Elle a des valeurs d'oestrogènes dans le sang basses. A l'évidence, il n'y a pas de démarrage pubertaire. Reste la 2e cause de cette prématurité pubertaire : les facteurs environnementaux. Vous êtes près d'une usine d'incinération.

- L'usine traite des produits chimiques.

- Dans le village ?

- A côté.

- Autour de ce village, vous avez des vignobles ?

- Egalement.

- Lorsqu'ils font des épandages de pesticides, vous êtes les 1ers réceptifs ?

- Peut-être.

- Est-ce que, selon vous, Emmy est victime de l'environnement ?

- Il n'y a aucun doute. Emmy avait des taux d'oestradiol indosables. Et ce, alors qu'elle a un développement de la glande mammaire. Il y a bien des oestrogènes cachés. A mon avis, ce sont des perturbateurs endocriniens qui sont contenus dans la graisse et qui sont relargués à travers l'eau quelle boit, l'air qu'elle respire et les aliments qu'elle ingère.

- Les pesticides de l'eau ne peuvent pas être désignés comme seuls responsables de la puberté d'Emmy. C'est l'ensemble des perturbateurs endocriniens présents dans l'environnement qui peuvent l'expliquer. Pour le médecin, il faut comprendre ce phénomène qui gagne du terrain.

- Hier, nous avons reçu 19 patients. Sur les 19, il y avait 5 consultations, dont 4 première fois, pour un développement prématuré de la glande mammaire chez des petites filles. L'âge variait de 3 à 8 ans. S'agit-il d'une véritable épidémie ? Selon plusieurs de mes collègues, à Bordeaux, à Toulouse, à Paris, ils partagent cette analyse. Il y a une augmentation hautement significative de la prévalence des précocités pubertaires chez la fille.

- Pour le moment, cette épidémie n'a pas de cause officielle. Aucune preuve directe incontestable n'a pu être apportée. Mais à l'inverse, les autorités sanitaires peuvent-elles nous garantir que la norme maximale de pesticides au robinet nous protège réellement ? Sur quoi repose cette valeur de 0,1 microgramme par litre ?

- Dans les années 70, la décision a été prise de fixer une seule valeur qui est à la limite de ce que les que les appareils analytiques sont capables de détecter. Qu'ils soient très toxiques ou non, ce n'est pas grave, on estime qu'il ne doit pas y avoir plus de 0,1 microgramme par litre de pesticides dans l'eau. Si nous devions procéder pesticide par pesticide, il faudrait que sur chaque pesticide, il y ait un consensus de l'ensemble des experts européens, ce qui nécessiterait un temps fou et de nombreuses analyses. Il faudrait des études sur les animaux, etc. Ce serait très compliqué.

- Un scientifique a cherché à savoir à partir de quel taux le pesticide le plus vendu au monde pouvait nuire à notre santé. Pendant 2 ans, ce spécialiste de biologie moléculaire a mesuré l'effet du round-up sur des rats. Il a comparé 2 groupes. Le 1er buvait une eau sans polluant. Le 2e, une eau contenant du Round-up. Les résultats sont édifiants.

- Nous avons retrouvé 2 à 3 fois plus de tumeurs chez les rats qui buvaient une eau contaminée avec moins que la dose autorisée aujourd'hui pour le Round-up, c'est-à-dire 0,1 microgramme par litre. A peu près 40% de moins. C'est-à-dire C'est-à-dire une dose régulièrement... C'est-à-dire une dose régulièrement admise dans beaucoup de villes et de villages de France sans que ce soit interdit à la consommation. Dès les plus faibles doses, on a des effets graves sur la santé. - Selon le chercheur, les autorités de santé n'ont aucun moyen d'affirmer que la norme actuelle protège la population.

- Ce n'est pas seulement qu'à 0,1 microgramme, on dit qu'on n'a pas de moyen de détecter moins, donc on accepte cette limite, mais il y a une immense fraude intellectuelle organisée qui aboutit à une fraude sur la sécurité sanitaire extrêmement grave. Derrière, peut-être que des millions de gens en meurent ou en sont malades, pas uniquement
le Round-up. Personne ne dose, en général, les effets toxiques des pesticides à long terme. C'est absolument scandaleux.

- Dès sa publication fin 2012, l'étude fait polémique. Pas assez de rats suivis, donc pas de résultats exploitables pour certains. Pour d'autres, au contraire,
Gilles-Eric Séralini a lancé l'alerte. Il faut rapidement confirmer son étude. En attendant, les experts de l'agence de l'alimentation restent prudents.

- Une étude peut donner une alerte. Elle se confirme à partir du moment où d'autres laboratoires ont montré la même chose. Quand il y aura un consensus sur les résultats, à partir de là, tout le monde progresse. L'ensemble de l'Europe estime que 0,1 microgramme par litre pour tous les pesticides est satisfaisant. Bien sûr, l'objectif serait d'arriver à 0.
Mais vu les centaines de milliers de tonnes déversées chaque année dans le monde, aujourd'hui, la planète est contaminée partout par les pesticides.

- C'est les seuls produits toxiques volontairement répandus dans l'environnement en temps de paix. Il n'y a plus un testicule, un ovaire, un cerveau, un sein qui ne soit pas en contact avec des pesticides. Comment voulez-vous que des produits faits pour tuer n'aient pas d'effets secondaires ? C'est impossible.

- Des pesticides jugés trop dangereux sont régulièrement interdits, mais dans le même temps, d'autres apparaissent. Les seules études réalisées pour mesurer leur impact éventuel sur notre santé sont celles des fabricants. Contre cette industrie qui innove sans cesse, la course semble perdue d'avance pour les autorités de contrôle de l'eau. Les 54 critères de potabilité paraissent bien maigres pour mesurer les milliers de molécules qui peuvent se retrouver au robinet. Des molécules nuisibles, mais pas seulement. Nos médicaments aussi se retrouvent dans notre boisson. Le Vidal, la bible des médicaments, recense plus de 3.000 substances différentes. Ce médecin généraliste a cherché à savoir ce qu'elles devenaient après ces prescriptions.

- Il faut avoir à l'idée qu'à peu près 40% des médicaments prescrits ne sont pas consommés. Ils se retrouvent dans les poubelles, dans l'eau,
dans les waters... Donc, dans l'environnement. Il va falloir faire des études pour savoir si, au long cours, ces doses ont un impact.

- Même quand les médicaments sont consommés par les patients, ils sont évacués d'une manière ou d'une autre par leurs urines et par leurs selles. C'est donc dans une station de traitement des eaux usées que Joël Spiroux a mené son étude. Il ne l'a pas choisie au hasard. C'est ici qu'arrivent les eaux usées de l'hôpital de Rouen.

- Nous avons choisi 25 molécules médicamenteuses. Pendant 30 jours, nous avons collecté, à la sortie du CHU de Rouen, à l'entrée de la station d'épuration, au milieu de la station d'épuration et à la sortie de la station d'épuration, pour voir dans quelle mesure on retrouvait les mêmes 25 molécules.
Concernant les résultats, sur ces 25 molécules, on en a quantifié 392 kg qui entraient en un an dans la station d'épuration et 300 kg qui en sortaient. Cela veut dire que 300 kg n'étaient pas retenus par la station d'épuration. Les stations d'épuration n'ont jamais été conçues pour ce type de molécules. Ce n'est pas une erreur de fonctionnement, c'est que ça n'a jamais été prévu.

- L'eau qui sort de cette usine est rejetée dans la Seine. Les médicaments se retrouvent dans l'environnement. Des études ont démontré leur impact, notamment sur des poissons. Très sensibles aux hormones de nos pilules contraceptives, ils se féminisent. Mais que deviennent ensuite ces médicaments ? Les retrouvent-on à notre robinet ? L'étude de Joël Spiroux a commencé au niveau des eaux usées du CHU pour s'arrêter à la Seine. Nous ne buvons pas cette eau directement, mais c'est bien là, dans les rivières ou dans les fleuves, qu'un tiers de l'eau des Français est puisée. Elle sera de nouveau traitée avant d'arriver jusqu'à nous. Mais les stations de potabilisation font-elles barrage aux médicaments ? La question a été posée à Jean-François Munoz. Son laboratoire a fait venir des échantillons d'eau de la France entière. Les 45 principes actifs les plus utilisés en médecine ont été recherchés. Les résultats ont été publiés dans ce rapport. Il révèle que 25% de nos eaux du robinet son contaminées par des résidus de médicaments. Des antidépresseurs, antidouleurs et même un antibiotique vétérinaire. Notre robinet ressemble à une armoire a pharmacie, en modèle réduit.

- On est à des niveaux qu'ils sont de l'ordre de l'ultra-trace. A ce niveau-là, notre éclairage permet de tout voir. En termes de pourcentage, c'est important. En termes de quantité dans l'eau, c'est très peu de choses. Par rapport à ce que on a trouvé dans les eaux du robinet, l'équivalent sur une vie entière d'exposition à ce médicament, c'est comme si on absorbait 2 cachets de votre armoire a pharmacie pour un traitement.

- Le laboratoire a ensuite recherche les effets de ces faibles doses sur la santé.
Là encore, les résultats sont rassurants.

- On a une marge de sécurité sanitaire qui permet de ne même pas réglementer la recherche des médicaments. L'exposition aux médicaments les plus présents dans l'eau ne présente aucun problème d'un point de vue sanitaire.

- On peut avoir des doses très faibles, certes, mais ces produits ne devraient pas se retrouver là. On n'a jamais fait d'études sur ces doses infinitésimales sur des animaux de laboratoire, par exemple. Et également sur les mélanges. Ces produits se retrouvent avec d'autres produits chimiques. On ne peut pas savoir ce que ça peut faire.

- Etudiées une par une, ces traces de médicaments n'ont aucun impact sur la santé. Mais dans l'eau, elles ne sont jamais seules. Qu'en est-il du mélange des médicaments entre eux ou des interactions avec d'autres polluants, comme C'est dans l'eau de mer qu'ils ont trouvé un début de réponse. En plein cœur du bassin d'Arcachon, les équipes d'Ifremer ont constaté une étrange disparition. En 2005, les herbes marines qui tapissent le fond de l'eau se sont soudainement clairsemées. 2 ans plus tard, 40% d'entre elles avaient disparu. Pour trouver le coupable, des échantillons d'eau ont été prélevés et envoyés dans un laboratoire du CNRS de l'université de Bordeaux.

- On a pensé qu'il pouvait y avoir une cause liée à l'utilisation d'herbicides. On a recherché ces molécules dans l'eau. On a trouvé une trentaine de molécules à des concentrations très faibles. Prises une à une, ces molécules n'ont pas d'effets avérés. En revanche, quand on les teste en mélange, on commence à noter des phénomènes de ralentissement de croissance et de mauvais état de santé des herbes. C'est en lien avec ce que les scientifiques nomment "l'effet cocktail". On ne peut pas exclure un impact négatif d'un mélange d'un assez grand nombre de molécules à très faible concentration.

- Les normes actuelles qui assurent la potabilité de notre eau au robinet ne tiennent pourtant pas compte de cet effet cocktail. Les experts de l'eau sont unanimes pour dire que ces normes sont dépassées.

- On atteint une des limites de la science. Il y a présence de micro-polluants. Pour un individu, quel est le risque sanitaire ? Est-ce qu'un cancer peut se développer dans 40 ans ? Cela devient difficile à mesurer. Ce que nous faisons, dans notre laboratoire, c'est de travailler sur l'ensemble du mélange. Nous extrayons le mélange de l'eau et nous le mettons en contact avec des cellules ou des animaux pour mesurer l'effet global.

- Ces tests mesurant l'effet global d'une eau sur des cellules sont l'avenir du contrôle de l'eau. Eux seuls pourront certifier que l'eau ne peut pas nuire à notre santé. Mais en attendant, il ne faut pas oublier que l'eau reste malgré tout le produit alimentaire le plus contrôlé de France. Les fruits et légumes représentent plus de 80% de notre exposition aux pesticides. Mais ils ne sont pas soumis à ces 54 normes. Mais si nous voulons à tout prix boire une eau plus pure, est-il utile de nous reporter sur les eaux en bouteille 9 ? Ces eaux coûtent beaucoup plus cher. Pour 1,5l d'eau du robinet, vous déboursez en moyenne 0,0045 euro. Une bouteille d'eau d'1,5l coûte entre 15 et 50 centimes
d'euros, soit 30 à 120 fois plus. A ce prix-là, les eaux en bouteille sont-elles épargnées par la pollution ? Leur plastique relargue-t-il dans l'eau des substances toxiques ? La rumeur court toujours. Des molécules du plastique contamineraient l'eau en bouteille et nuiraient à notre santé. Cette rumeur est apparue avec les 1re bouteilles en PVC dans les années 60.

- Pour donner a l'emballage plastique souplesse et stabilité, on y ajoute des corps chimiques. - Dans les années 90, les progrès de la recherche confirment ces craintes : le PVC relargue bien dans l'eau des molécules agissant sur nos hormones, comme du bisphénol A ou des phtalates. Les embouteilleurs l'abandonnent et le remplacent par du PET. Cette fois-ci, nous assure-t-on, les bouteilles ne laissent rien échapper dans l'eau. Mais voilà qu'en 2009, la rumeur revient avec la publication d'une étude réalisée par 2 chercheurs allemands. Ces chercheurs ont observé des escargots d'eau douce pendant 2 mois.
Une partie d'entre eux étaient plongés dans des bouteilles en PET et l'autre, dans des bouteilles en verre.

- Nous avons observé que les escargots des bouteilles en plastique ont produit beaucoup plus d'embryons que ceux des bouteilles en verre. Donc, ça montre une forte teneur en oestrogènes qui vient probablement de l'emballage.

- Des escargots qui produisent 2 fois plus d'embryons dans les bouteilles en PET. L'étude affole les embouteilleurs et les autorités de santé. Le laboratoire de ce toxicologue français mène alors une contre-expertise.

- La publication a annoncé des taux de perturbateurs endocriniens totalement insensés. Ils disaient que dans l'eau en bouteille, l'eau minérale française, qui est très contrôlée, il y a 100 fois plus de pollution que dans l'eau du Rhin. Si un étudiant me ramène un résultat comme cela, je lui demande de refaire sa manipulation. A la suite de cette publication, des pédiatres ont dit que l'eau en bouteille était très polluée et que ça allait changer le sexe des enfants. Et qu'il y aurait des répercussions sur la santé et les fonctions de reproduction des enfants. Dans les biberons, mettez de l'eau du robinet et plus en bouteille. Après, on a fait des contrôles. On a refait des manipulations et on a constaté qu'il n'y avait rien.

- On est sûr, aujourd'hui, que les bouteilles en plastique ne relarguent
plus rien ? - Bien sûr. - Depuis, de nombreux autres laboratoires ont également contesté les résultats allemands. Parmi eux, celui de Jean-François Munoz. - On a soumis nos bouteilles à des conditions de température, d'exposition au soleil, draconiennes. Les conditions étaient dégradées. On ne les retrouve pas dans l'utilisation courante des bouteilles. On a regardé les effets sur les cellules. La conclusion est que ces eaux n'avaient aucun effet sur les cellules. - Pour l'emballage, pas de préoccupation à avoir. Qu'en est-il du contenu ? L'eau en bouteille est-elle épargnée par la pollution 9 ? La pureté originelle vendue avec l'image des volcans d'Auvergne n'est pas un simple argument de vente.
Elle assure aux consommateurs des normes 3 fois plus sévères que celles des eaux du robinet. Qu'elles soient plates ou gazeuses, de source ou minérale, les eaux en bouteille ont en commun d'être puisées dans des nappes souterraines à l'écart de l'agriculture intensive ou des rejets de nos eaux usées et donc, en théorie, à l'abri de toute pollution. Mais en mars 2013, cette image de pureté est soudainement mise à mal. Le magazine 60 millions de consommateurs affirme que la pollution n'épargne plus les eaux en bouteille. Une bouteille sur 5 est concernée.

- Il y avait d'un côté la grande pureté de la belle eau qui vient du fin fond des âges et, de l'autre, une eau pourrie traficotée, ce n'est pas la vérité. Il est théoriquement possible que la contamination des eaux de surface aille à un moment ou à un autre, se retrouver dans de l'eau en bouteille. A ce point-là, on n'imaginait pas.

- Les analyses ont révélé la présence d'Atrazine, le pesticide interdit depuis 2003. Mais la plus grosse surprise est la présence d'un médicament pour traiter les cancers du sein : le Tamoxifène. Les marques aux doses incriminées ont immédiatement réagi.

- On a eu une critique d'un producteur d'eau en bouteille qui nous demandait pourquoi il y avait du Tamoxifène. Ils nous disaient qu'ils l'utilisaient à grande échelle depuis les années 70. Le problème vient peut-être de là. Certains produits massivement utilisés se retrouvent quelque part dans la nature. Ça ne veut pas dire que l'eau est toxique mais qu'elle a été en présence d'une molécule chimique produite par l'homme.

- Le pourcentage de bouteilles concernées est impressionnant. Mais les quantités retrouvées sont très faibles. Si faible qu'à ce niveau, on parle d'ultra-trace. Les fabricants d'eau en bouteille ont malgré tout démenti les résultats et commandé une contre-expertise. C'est Hélene Budzinski qui s'en est chargée. - Nous avons mis en oeuvre un contrôle qualité très strict. On a refait les analyses de façon indépendante 3 fois. Nous n'avons trouvé aucune trace des composants incriminés.
Je ne critiquerai pas un laboratoire que je ne connais pas. A ces concentrations-là, la moindre trace va causer un faux positif. Ça peut être une explication.

- Je peux vous affirmer qu'on a fait les analyses de la manière la plus sérieuse possible. On n'a jamais été démentis sur la présence de pesticides. Il y a eu un gros débat autour de la présence de médicaments. J'ai découvert qu'il y avait un consensus sur l'éventualité de pesticides présents dans l'eau minérale. Ah bon ? On nous dit qu'elle vient du fond des âges. Ne croyons pas qu'il y ait des zones préservées de tout. Rien n'est totalement préservé.

- Les efforts des embouteilleurs pour protéger les zones de captage ne suffisent plus à freiner la contamination des eaux. Les pesticides gagnent du terrain et atteignent peu à peu les eaux les plus profondes.

- Pouvons-nous garantir que dans 50 ans, ici, il n'y aura pas de nitrates ? Bien sûr que non. La guerre contre les nitrates, contre les pesticides, c'est aussi notre guerre. Si on ne réussit pas à aider à améliorer l'eau des rivières, si on n'essaye pas d'aider ça, on lutte contre nous.

- Dans cette guerre contre la pollution, les eaux en bouteille ont pourtant une bonne longueur d'avance. Leurs ressources sont largement moins polluées que celles dans lesquelles sont puisées nos eaux du robinet. Elles, au moins, n'ont pas besoin de subir des traitements lourds avant de pouvoir être bues. Alors, à la question: eau du robinet ou eau en bouteille, c'est bien la bouteille qui l'emporte aujourd'hui dans la plupart des villes françaises. Pourquoi n'arrive-t-on pas à assurer la même qualité au robinet 9 ? La dernière partie de notre enquête va nous faire découvrir que nous payons pourtant très cher, et depuis très longtemps, une politique de l'eau censée protéger notre santé et nos ressources. Une région française résume à elle seule l'échec de la politique de l'eau en France : la Bretagne.

- Dans le Nord Finistère, l'eau du robinet n'est pas bonne à consommer. On en achète en bouteille. A Saint-Pol-de-Léon, on en achète plus qu'ailleurs.

- 1988 : seuls quelques rares Bretons osent se servir au robinet. Les autres sont à l'eau minérale. Les responsables, les voici : les cochons et leurs déjections. Ils ont fait exploser leur taux de nitrates et de bactéries dans les cours d'eau. Qu'en est-il 25 ans plus tard ? Sur la carte des dépassements des normes, rien à signaler. L'eau des Bretons est parfaitement potable. En tout cas, au robinet. Si on superpose la carte de la qualité des cours d'eau, cette fois, rien n'a changé. Les nitrates sont toujours là. Le secret de ce trompe-l'oeil se trouve quelque part dans le Finistère. Le maire de Kernilis va nous faire visiter son usine, l'une des toutes 1res en France à avoir su retirer les nitrates de l'eau.

- Nous faisons passer dans ces échangeurs une eau salée, saumurée, et après un passage très rapide dans cet échangeur, on se retrouve à la sortie avec une eau débarrassée de ses nitrates.

- Cette eau dénitratée sera ensuite envoyée depuis cette salle de contrôle vers une trentaine de châteaux d'eau répartis autour de l'usine.

- On est en moyenne à 7 ou 8 mg en sortie d'usine. On vient ensuite la mélanger avec les ressources communales qui, elles, sont plus ou moins chargées de nitrates dans l'eau.

- Les communes qui en ont le plus sont à quel seuil ?

- Cela peut monter jusqu'à 75 mg de nitrates dans les productions propres.

- Mélanger une eau sale avec une eau propre pour entrer dans les normes, ici, ça ne choque personne. Mais à une cinquantaine de kilomètres de là, quelques irréductibles refusent cette solution. Gérard Borvon a milité contre l'implantation d'une usine comme celle de Kernilis près de chez lui. Il veut pouvoir connaître la teneur en nitrates de son eau. Il a un moyen simple de comparer son eau du robinet à celle d'une eau de source embouteillée.

- On va faire un test. La source est restée blanche. Avec l'eau du robinet, ça a rosi. On peut comparer ce taux. C'est de l'ordre de 30 à 35 mg. Je considère qu'une eau à 35 mg de nitrates n'est pas une eau d'excellente qualité. Tant qu'il n'y aura pas une qualité de l'eau satisfaisante dans la ressource, personne ne fera confiance à la qualité de l'eau.
C'est pourquoi, en Bretagne, énormément de gens continuent à utiliser de l'eau en bouteille. Ce n'est pas la solution.

- Avec 35 mg de nitrates par litre, cette eau respecte la norme des 50 au robinet, mais c'est encore trop pour la rivière dans laquelle elle est puisée. Les nitrates finissent sur la côte, entraînant le fléau des plages bretonnes : les algues vertes. Tant que la rivière dépassera les 10 mg de nitrates par litre, ces algues proliféreront. Voilà pourquoi les écologistes veulent que l'on traite le problème à la source.

- Si l'eau est polluée, ici, il y a une raison. La Bretagne, c'est 6 % du territoire agricole et 60 % de la production porcine. La solution pour la pollution de l'eau au robinet, comme pour les algues vertes, c'est une autre politique de l'aménagement du territoire.

- Pour l'heure, pas question de s'attaquer aux cochons. On ferme les captages les plus pollués et on raccorde à une autre ressource, plus loin, jusqu'à ce que celle-ci soit à son tour polluée. Une fuite en avant dénoncée par France-Libertés. Cette fondation défend une eau potable et gratuite pour tous. - On a fait le choix technique de se dire qu'on arriverait toujours à rendre l'eau potable. La question se pose à partir du moment où on ferme des points de captage régulièrement. Cela montre bien que c'est la limite du système. Le jour où tous les points de captage seront trop abîmés pour être techniquement transformés en eau potable, on sera dans l'obligation d'aller chercher l'eau ailleurs. - C'est pourtant la solution choisie partout en France. En Eure-et-Loir, les dépassements ne seront bientôt qu'un souvenir. D'ici à 3 ans, la commune de Dorothée sera reliée à une autre ressource. Une usine flambant neuve retirera les nitrates et les pesticides. Les prix de l'eau vont tripler. Pour France-Libertés, cette stratégie n'est pas viable à long terme.

- Pour nous, c'est surtout une responsabilité politique d'imaginer comment on doit se comporter pour que, dans 50 ans, la ressource en eau soit bonne. - Cette ambition existe pourtant.
Pour protéger notre santé au robinet et nos ressources, des parlements de l'eau ont été créés dès 1964. Celui de Seine Normandie est présidé par André Santini. Ici, la politique menée part du principe qu'une eau saine, ça se paye. - L'avenir, c'est la dépense. Les budgets actuels de l'Agence de l'eau Seine Normandie sont prioritairement orientés vers l'assainissement, vers le syndicat de l'assainissement. Les sommes sont considérables.

- Chaque année, le comité distribue 900 millions d'euros. Plus de 90 % de ce budget est consacré à l'assainissement et non à la protection des captages. C'est ce que dénonce Jean-Luc Touly, conseiller régional d'Ile-de-France. Il est l'un des principaux opposants à la politique d'André Santini. Selon lui, le choix du tout-assainissement sert avant tout les intérêts des distributeurs privés d'eau potable.

- Quand on fait de l'assainissement, on a intérêt que l'eau utilisée par les usagers différents soit le plus polluée pour la dépolluer. C'est donc un intérêt marchand. On va construire des stations, l'eau sera de plus en plus traitée et elle sera plus chère. A un moment, les gens seront coupés de l'eau car ils ne pourront plus payer. C'est tout ce système qui ne fonctionne plus. Tout cela est quand même assez inquiétant pour l'avenir.

- L'avenir, justement, ne sera pas si noir si on s'en tient à la qualité
de l'eau du robinet. Des usines de traitement pousseront partout en France, sonnant la fin des dérogations. Et les futures normes devraient enfin prendre en compte l'effet cocktail, nous garantissant une eau plus saine. Mais ces victoires gagnées au prix d'une facture toujours plus chère masqueront la pollution réelle de nos cours d'eau. Quant aux producteurs d'eau en bouteille, ils n'auront probablement d'autres choix que de fermer leurs captages malades pour en chercher de nouveaux. A moins que l'on prenne enfin conscience de l'urgence de protéger notre eau, l'un de nos biens les plus précieux.

FIN DU DOCUMENTAIRE

Marina Carrère d'Encausse :
Merci d'être avec nous. Voici des chiffres.

Michel Cymes :
Une autre enquête dit que pour 48% des Français, la qualité de l'eau potable est la préoccupation environnementale No1.
51% des Français estiment ne pas être assez informés.

Marina Carrère d'Encausse : On va répondre à vos questions. Plusieurs experts sont avec nous. Marillys Macé, bonsoir. Vous représentez la qualité de l'eau du côtés, Jean-Pierre Deffis, président de la Chambre syndicale des eaux minérales. Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs.

Michel Cymes : Beaucoup de questions depuis le début de l'émission. Voici la première. Vous représentez les distributeurs. distributeurs. Le plus dangereux, c'est ce qui est rajouté ?

- M. Macé : Rien n'est dangereux car tout est contrôlé. Tout a une norme. Tout le monde peut la boire en sécurité. Le chlore est indispensable. Avant, l'eau dont on se servait faisait des épidémies. Il est mis à petites doses. Il sert dans les canalisations. C'est pour assurer la qualité de l'eau lors du transport.

- Comment on fait les normes ? Sur quelles bases reposent-elles ? Elles reposent sur des concepts obsolètes. chiffres ne sont plus les bons ?

- La question des perturbateurs endocriniens a été évoquée. On les retrouve. L'Atrazine, si vous la mettez avec du bisphénol, vous avez une potentialisation de l'effet diabétique.
Michel Cymes
: On vous a vu dans le documentaire, Thomas Laurenceau. Vous avez mis le feu à l'eau minérale. Que sait-on de la présence de l'aluminium dans l'eau 9 ? Il n'y a jamais eu d'enquête ? Il y a de l'aluminium dans les eaux minérales ?

- Pas que l'on sache.

- M. Macé : L'aluminium est un produit naturel. Les téléspectateurs parlent d'aluminium car il y a un traitement de l'eau du robinet qui se fait à base d'aluminium.

Marina Carrère d'Encausse : Pas à Paris, mais dans certaines villes, effectivement.

- M. Macé : C'est pour rendre l'eau claire. La dose doit être contrôlée . S'il y a dysfonctionnement des installations, on peut trouver un peu plus d'aluminium. Une étude a été faite autour de l'aluminium. L'apport est infime.

Michel Cymes : Et il y a eu une polémique sur les vaccins.

- M. Macé : Mais l'ANSES a toujours dit qu'il n'y avait pas de risque.

- T. Laurenceau : Le vrai problème, c'est ce qui contamine l'eau en amont.
On a parlé des 54 critères. Il y a des milliers de molécules susceptibles de polluer l'eau. Les normes ne peuvent pas tout contrôler.

- 143.000 substances sont sur le marché en Europe.

Marina Carrère d'Encausse : Les dérogations sont faciles à obtenir. Ça pose un problème, même avec des nouvelles normes.

- T. Laurenceau : Cela concerne 1.000 communes.

Marina Carrère d'Encausse : C'est bien de faire des normes, mais il faut les respecter.

Michel Cymes : On a beaucoup parlé des nitrates, notamment en Bretagne. Il y a une différence de concentration autorisée entre les bouteilles et l'eau du robinet. Cela l'eau du robinet. Cela énerve le patron de Cristalline.

- Cette maladie du nourrisson n'est plus observée. nitrates en eux-mêmes ne sont pas dangereux. Associés avec une bactérie, ils deviennent des nitrites et modifient l'oxygénation du sang.

Michel Cymes : Voici une autre question.

- T. Laurenceau : C'est difficile de connaître les effets. On les retrouve dans l'eau. Je pense qu'on peut rassurer les gens sur la qualité de l'eau du robinet.

Michel Cymes : Cette dame a peut-être des problèmes pour avoir des enfants. Elle veut savoir si elle prend des contraceptifs sans le savoir en buvant de l'eau du robinet.

- M. Macé : On peut en retrouver des ultra-traces.

André Cicolella : Il faut avoir une vision globale de l'environnement. Ça n'a plus aucun sens.

Marina Carrère d'Encausse : Voici une autre question.

- J-P. Deffis : Comme vous l'avez vu dans le reportage, il n'y a aucune altération entre le plastique et l'eau. plastique et l'eau. On obéit à une norme. C'est obligatoire. La durée est longue pour l'eau minérale. Plus de 2 ans.

Michel Cymes : Si on la met au soleil ?

- J-P. Deffis : Il faut stocker ses bouteilles dans de bonnes conditions. Si vous les mettez à 50 degrés, le plastique gonflera. Il y a aussi le problème du bouchon. Il peut y avoir des altérations à cause de la chaleur.

Michel Cymes : Le plastique ne laisse rien passer ? Avec les pots d'échappement, dans le garage...

- J-P. Deffis : Si l'exposition dure une éternité, il y aura peut-être un problème.
Mais dans une durée normale, aucun.

- T. Laurenceau : On a fait des analyses sur les phtalates. On en retrouve dans les bouteilles et dans les bonbonnes rechargeables des entreprises, les fontaines à eau.

Michel Cymes : Cela n'est pas rassurant. Des tas de gens vont à la fontaine à eau.

André Cicolella : C'est du bisphénol pur, le bicarbonate.

Michel Cymes : Vous êtes chimiste. Les gens peuvent-ils prendre de l'eau à la fontaine à

André Cicolella : Ils boivent du bisphénol.

Michel Cymes : Tout cela parce que les bonbonnes sont réutilisées ?

Marina Carrère d'Encausse : Pourquoi ce n'est pas le même matériau ? Voici une autre question.

- M. Macé : On risque quelques problèmes. De la chaleur peut se dégager. Il faut toujours utiliser de l'eau froide pour faire la cuisine.

Michel Cymes : Si on la fait bouillir ? Quand vous prenez de l'eau chaude au robinet, c'est que vous avez besoin d'eau chaude. Vous la faites bouillir, il n'y a plus de risques.

- M. Macé : Je préfère prendre l'eau froide.

Marina Carrère d'Encausse : Voici une autre question.

Michel Cymes : Si vous ne voyez pas pourquoi, c'est qu'il n'y a pas de soucis. autre

- M. Macé : Il faut s'informer. Ce n'est sans doute pas grave. Vous ne pouvez pas rester comme ça. Vous téléphonez. Ça peut venir de vos tuyaux. Il y a peut-être eu des travaux dans la rue.

Marina Carrère d'Encausse : Est-ce qu'on a intérêt de laisser couler l'eau avant le 1er verre ?

- M. Macé : C'est mieux.

Michel Cymes : On parle de l'eau du robinet et de l'eau en bouteille. Plein de gens en France ont des forages. Ils n'ont pas d'eau de ville. Des contrôles existent? A qui on peut s'adresser ?

- M. Macé : C'est un piège. Je ne sais pas vous répondre. Il y a une autorisation pour faire un forage. Vous devez le déclarer en mairie.

Michel Cymes : On fait appel à une entreprise.

- M. Macé : Vous devez vraiment avok avoir l'autorisation de la mairie.

- J-P. Deffis : Cela dépend de ce que vous voulez faire de cette eau. Arroser votre jardin, la consommer... C'est un métier embouteillé de l'eau.

André Cicolella : Quand on regarde le bilan européen, la moitié de la pollution observée dans les eaux de surface se retrouve dans les prélèvements.

Michel Cymes : On fait analyser son eau avant de la consommer. C'est ce qui arrive dans l'immeuble qui est contrôlé ?

- M. Macé : Les contrôles se font au robinet. robinet. Des particules de métaux, sivous si vous avez des tuyaux en mauvais état, il y en a encore. état, il y en a encore. Si vous touchez votre robinet et que vous n'avez pas les mains propres...

Michel Cymes : Beaucoup de questions sur les carafes filtrantes. Elles coûtent chères, surtout le filtre. Il faut le changer régulièrement.

Marina Carrère d'Encausse : Pourquoi est-ce efficace ? C'est en vogue.

- T. Laurenceau : On a testé plusieurs fois. C'est efficace pour enlever le chlore. Mais c'est aussi une mauvaise nouvelle. L'eau, une fois déchlorée, est plus fragile et peut devenir un bouillon de culture. Il faut la consommer dans les 24 heures. Ça n'enlève pas beaucoup de nitrates. Ça ne marche pas très bien sur les minéraux. C'est une bonne nouvelle, autant les garder. Le principal intérêt, c'est sur le goût. Si vous mettez l'eau du robinet dans le frigo pendant une heure, vous cassez le goût du chlore.

Marina Carrère d'Encausse : La majorité des Français pense que cela rend l'eau plus propre à la consommation.

- T. Laurenceau : A l'usage, certains filtres peuvent relarguer des particules pas très bonnes. Ça n'améliore pas l'eau, juste le goût. Ça peut l'altérer si on ne l'utilise pas comme il faut. adoucisseurs d'eau ?

- T. Laurenceau : Il peut y avoir des filtres qui agissent comme les carafes. Les adoucisseurs, c'est pour les problèmes de calcaire. Ça n'est pas un problème de santé publique.

Marina Carrère d'Encausse: Ce n'est pas grave, de l'enlever ?

- T. Laurenceau : Ça n'est pas grave dans l'excès. - M. Macé : C'est bien, d'avoir du calcaire. C'est du calcium. Je ne peux qu'adhérer à ce que vous venez de dire. Il y a d'autres techniques très simples pour enlever le goût du chlore. Vous pouvez l'aérer pendant une heure. Inutile de dépenser de l'argent.

Michel Cymes : On s'est fâché avec les fabricants de fontaines a eau et de carafes à eau. goût, ça n'est pas inintéressant.

- M. Macé : Le système général fonctionne avec du sodium. Pour les personnes avec des régimes sans sel, vous pouvez rencontrer des difficultés.

Michel Cymes : Boire est un besoin vital. Une fois absorbée, on ne sait pas à quoi sert l'eau dans le corps humain.

Bernard Thévenet : L'eau est le principal composant du corps humain. Un bébé, c'est 78%. Un adulte, c'est 60%. Pour les femmes, c'est 50%. Elle garde de la place pour les tissus adipeux. Toute cette eau n'est pas répartie de façon homogène. A quoi sert toute cette eau ? Elle est le principal constituant de toutes nos cellules. Elle est essentielle à leur fonctionnement. L'eau permet de maintenir en permanence notre corps à 37 degrés. Elle est indispensable à la digestion. Toute cette eau est régulièrement éliminée. C'est le rôle des urines. Le résultat de la filtration du sang par les reins. Nous perdons de l'eau aussi en transpirant. Nous rejetons de la vapeur d'eau à chaque expiration. Au total, en moyenne, notre organisme a besoin de 2,5l d'eau par jour. Nous en buvons 1,5l et trouvons le reste dans notre alimentation. Dans notre vie, nous boirons 60.000l d'eau.

Marina Carrère d'Encausse : Merci. On vous retrouve tout à l'heure. Un urologue nous rejoindra tout à l'heure. Pour le consommateur, le 1er paramètre pour juger l'eau, c'est son goût. Voici une spécialiste. Bonjour. Vous êtes Sommelière
et membre du bureau de l'Association des sommeliers de Paris. Un sommelier, ça connaît aussi l'eau ?

- Le thé, le café... Tout ce qui se boit.

Michel Cymes : Vous avez organisé une dégustation à l'aveugle avec 5 eaux.

- Il n'y a pas autant de repères gustatifs que pour le vin.

Marina Carrère d'Encausse : Je ne bois que de l'eau du robinet.

- Il faut faire comme pour goûter un vin. Essayez de trouver les 4 saveurs : l'acidité, la douceur, le sucre, l'amertume... Vous pouvez cracher dans le saladier. Je vous conseille de goûter toutes les eaux. Emettez des hypothèses. Il faut la garder plus longtemps en bouche. Il faut la mâcher. L'aspect gustatif, les saveurs et la sensation tactile, la texture.
Est-elle consistante ? Des eaux sont douces, d'autres sont dures.

Michel Cymes : Il y a une odeur ?

- J'ai fait un test olfactif. A part une eau, c'est presque impossible à détecter. Au niveau gustatif, il y a des différences.

Marina Carrère d'Encausse : Certaines sont plus épaisses que d'autres. La première a un peu de goût.

Michel Cymes : La vache...

Marina Carrère d'Encausse : Cela vous dérange pas que j'existe ?

Michel Cymes : Celle-là est très chlorée.

Marina Carrère d'Encausse : Celle-là, je la mettrais là. Je ne sais pas quel est le goût de la Cristalline. Laquelle est la plus épaisse ?

- La Contrexéville

Michel Cymes : Dépêchez-vous, Marina. Nous avons d'autres choses à faire.

Marina Carrère d'Encausse : Bravo pour la 1re. C'est la Contrexéville. Elle a un goût particulier. La Volvic est la moins minéralisée. C'était la 2e. Bravo, Michel est un spécialiste. L'Evian est ici. Elle est douce, comme la Cristalline.

Michel Cymes : Merci.

Marina Carrère d'Encausse : Les eaux en bouteille sont divisées en 2 catégories. Comment faire la différence ?

Michel Cymes : Les eaux de source sont soumises aux mêmes normes de potabilité que l'eau du robinet. Elles sont faiblement minéralisées. Les eaux minérales peuvent dépasser les normes de potabilité et mentionner des bienfaits pour la santé. minérales sont nées dans les stations thermales et étaient au départ vendues dans les pharmacies. La grande distribution a tout modifié dans les années 70. Quels minéraux, pour quels effets ? Comment décrypter les étiquettes ?

- Elles nous promettent un tonus de champion, un transit fluide ou une silhouette de rêve. Les eaux minérales sont-elles à la hauteur de nos espoirs ? Pour répondre à cette question, 2 hommes. Jacques Hubert, urologue, notamment. Il a, avec son collègue, rédigé un rapport sur l'eau. Ils ont décrypté les étiquettes.

- Ces étiquettes sont-elles lisibles ? Le consommateur a besoin d'être éclairé sur la composition de chaque produit.

- Tout repose sur le dosage de minéraux essentiels, comme le sodium, le calcium ou le sulfate.

- J. Hubert : Ces minéraux sont responsables de l'effet thérapeutique.
Ils peuvent aussi avok avoir un effet nocif.

- 1er composant à surveiller : le sel. Sur les bouteilles d'eau, il est désigné par le symbole chimique du sodium.

- Le sodium n'est pas souhaitable à des teneurs importantes. Si on est un malade cardiaque, un hypertendu, si on a une insuffisance rénale, choisissons une eau peu minéralisée. Une eau pauvre en sodium.

- Il est conseillé de choisir une eau pauvre en sodium pour les personnes à risque. 2e composant à surveiller zle calcium. Bon pour les os, mais beaucoup moins pour les calculs rénaux.

- J. Hubert : On ne sait pas quelles sont nos prédispositions pour telle ou telle maladie. Avec une eau riche en calcium, si j'ai une prédisposition à faire des calculs, ça ne va pas arranger les choses.

- Pour être certain de ne pas absorber trop de calcium, l'idéal est de choisir une eau à moins de 150 mg par litre. Il faut surveiller le sulfate et leurs effets immédiats sur le transit chez les plus petits.

- J. Hubert : Quand un bébé est constipé, on donne de l'Hépar. Mais il ne faut pas faire tous les biberons avec cette eau -là.

- Les 1ers effets laxatifs apparaissent dès 300 mg de sulfate par litre. Attention, car cette eau dépasse ce seuil.

- J. Hubert : Avec un repas un peu lourd, prônez une San Pelegrino.

- L'eau minérale ne doit pas être choisie à la légère. Apprenez à lire les étiquettes.

Marina Carrère d'Encausse : Jacques Hubert nous a rejoints sur le plateau.

Michel Cymes : Il n'y a pas beaucoup de Français qui regardent les étiquettes. C'est le goût qui nous fait choisir.

- J-P. Deffis : Ce reportage est intéressant. On se rend compte qu'il y a une relation particulière entre le consommateur et sa marque d'eau. Le consommateur connaît bien sa marque. Il y a une espèce de connivence. Il a ses raisons. Le goût, les minéraux ou l'accessibilité, c'est-à-dire le prix. Le consommateur, il faut lui faire confiance. Il est parfaitement informé sur son choix.

Michel Cymes : La publicité sert à quelque chose ?

- J-P. Deffis : Bien entendu. Toutes ces eaux ont une histoire et une culture.
Elle vient des thermes. Une relation s'est créée.

Michel Cymes : Evian joue sur l'enfance.

- J-P. Deffis : Le consommateur aime la tradition. C'est plutôt les consommatrices qui font les choix pertinents.

- T. Laurenceau : Sous une même marque d'eau, on peut avoir des eaux différentes.

- J-P. Deffis : Par les eaux minérales.

- T. Laurenceau : Les eaux de source.

- J. Hubert : Les eaux minérales, ce sont des eaux qui étaient distribuées en pharmacie. Ça permettait de faire sa cure à la maison. Certaines eaux minérales ne sont pas potables. Elles ont un excès en minéraux. Ces minéraux, qui donnent le goût, vous ont permis de les différencier. Elles peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé, ou des effets néfastes. Les eaux très riches en sodium sont contre-indiquées chez les personnes cardiaques. Les médecins ne connaissent pas assez cela.

Michel Cymes : Jamais un médecin ne conseille une eau ou une autre.

- J. Hubert : L'Académie de médecine a écrit un article sur les eaux minérales. Il n'est pas dans tous les cabinets des médecins.

- M. Macé : On peut, si on n'a pas de problème de nitrates. La différence entre les eaux potables et les eaux en bouteille, c'est que, pour éviter tout problème, on rabat les minéraux. Elles ne doivent pas en avoir plus que nécessaire.

- J. Hubert : Je ne suis pas pédiatre, mais j'en côtoie au quotidien. Concernant les eaux pour les biberons, on fait attention. C'est une population fragile. La plupart des eaux minérales peuvent être utilisées pour les biberons, quand elles sont peu minéralisées. Toutes n'ont pas le logo sur l'étiquette. L'eau du robinet, on s'en méfie. Vous avez évoqué les tuyaux. On a un filtre à la sortie du robinet. Il peut y avoir des microbes à l'intérieur. L'eau du robinet, on doit l'utiliser en dépannage pour les biberons.

Michel Cymes : On dit de certaines eaux qu'elles sont bonnes pour tel ou tel problème. L'Hépar est bonne pour le foie. C'est vrai ?

Marina Carrère d'Encausse : L'eau dynamise, fait maigrir...

- J. Hubert : L'eau ne fait pas maigrir. L'Hépar accélère le transit intestinal.
C'est prouvé.

Michel Cymes : Faites attention, ça n'est pas un régime amaigrissant. Concernant les eaux gazeuses, si vous buvez de la Badoit, vous digérez 10 fois mieux. C'est vrai ?

- J-P. Deffis : Ces eaux sont finement gazeuses.

Michel Cymes : Il y a des bulles très fines, aujourd'hui.

- J-P. Deffis : Toutes les eaux gazeuses ont un taux de bicarbonate de sodium. Le bicarbonate aide à la digestion. Les eaux gazeuses accompagnent le repas et la digestion.

Michel Cymes : Les orchestres aussi.

- J. Hubert : Il y a un risque. J'ai appris, au début de mes études, que quand on faisait un calcul des reins, il fallait supprimer tout apport de calcium. On sait maintenant que des calculs sont plus ou moins sensibles. Il faut l'avis d'un médecin. Si vous dépendez des apports de calcium, il faudra réduire ce genre d'eau.

Marina Carrère d'Encausse : Vous prescrivez des eaux ?

- J. Hubert : Pas sur ordonnance. Mais j'explique ce qui est bon pour eux. Le calcul d'acide urique donne la goutte. C'est le seul calcul qu'on arrive à faire fondre. Les bicarbonates interviennent. L'eau de Vichy peut être le seul traitement pour cela. Une eau peu minéralisée, il n'y a pas de problème à la boire toute sa vie. J'évoquais le cas des calculs, tout à l'heure. tout à l'heure. Si on prend une eau calcite, on peut développer ce pourquoi on était prédisposé.

- J-P. Deffis : Le corps humain est équipé avec des reins.

Michel Cymes : Pourquoi vous ne faites pas de l'eau du robinet gazeuse ?

- M. Macé : Ça existe. Des appareils domestiques permettent de faire de l'eau gazeuse. Dans certains restaurants, on peut trouver de l'eau gazeuse.

- T. Laurenceau : Certaines municipalités ont mis ça en place. Il lit la question.

Marina Carrère d'Encausse : Plutôt que pendant les repas.

- J. Hubert : Cela pousse à manger un peu plus. On revient au problème du régime. Il faut avoir des absorptions hydriques réparties sur la journée.

- J-P. Deffis : C'est un besoin essentiel sur l'hydratation. Notre corps est composé d'eau. On la perd toute la journée. Il faut se réhydrater tout au long de la journée.
Pas seulement pendant les repas. La dose recommandée est de 1,5 l d'eau par jour.

Marina Carrère d'Encausse : Les thés et les cafés sont compris dedans. On n'est pas obligé de boire 1,5 l d'eau par jour.

- J-P. Deffis : C'est quand même mieux. Ça peut être de l'eau du robinet ou de l'eau en bouteille.

Marina Carrère d'Encausse : Il faut boire des boissons à base d'eau.

Michel Cymes : Il y a du magnésium ?

- M. Macé : On le laisse. Aucun problème pour la santé.

Michel Cymes : Dans les eaux minérales 9 ?

- J-P. Deffis : Certaines eaux contiennent plus de magnésium.

Michel Cymes : C'est intéressant, médicalement?

Marina Carrère d'Encausse : Ça permet de vaincre la constipation et la fatigue ?

- J. Hubert : Dans le cacao, vous avez des quantités de magnésium bien supérieures. Elle lit l...

- J. Hubert : On y a déjà répondu. On conseille d'absorber au maximum 89 8 g par jour de sodium. On y arrive vite avec le sodium alimentaire. Il faut faire attention aux eaux avec du sodium. Il lit la essayer l'eau du robinet, dans ces cas-là.

Michel Cymes : Chaque fois qu'on a une diarrhée après un verre d'Evian, hop, eau du robinet !

- J-P. Deffis : Ce qu'on appelle le monde à l'envers. Elle lit la question.

- J. Hubert : Le résidu sec est la définition de la minéralisation. C'est ce qui va dans le casserole après avoir fait bouillir l'eau. C'est ce qui donne ce goût à l'eau. L'eau distillée n'a aucun goût. C'est ce qui donne l'effet thérapeutique ou la contre-indication.

Marina Carrère d'Encausse : Benoît, un récapitulatif des informations essentielles.

Bernard Thévenet : Nous avons la chance de vivre dans un pays où l'eau du robinet est potable. C'est un trésor à préserver. Un enfant meurt toutes les 20 secondes dans le monde faute d'accès à une eau propre. Cela n'arrive pas chez nous. Notre sécurité sanitaire est due à une aberration écologique. Nous traitons l'eau au lieu d'arrêter de la polluer. Voici les prix des eaux. En moyenne, c'est 100 fois moins cher de boire l'eau du robinet, sans prendre en compte Ie le coût de la fabrication des bouteilles en plastique. Les carafes coûtent 10 fois plus chères que l'eau du robinet. Elles permettent de modifier le goût de l'eau, en filtrant le chlore ou en modifiant la composition en minéraux. Dans l'immense majorité des cas, les distributeurs d'eau du robinet font la même chose. Quant à filtrer le calcaire, cela ne sert a rien. Le calcaire abîme les lave-linge, mais pas vos intestins. Privée de chlore, l'eau en carafe peut devenir un bouillon de culture. Faire bouillir de l'eau...

 

 

Une transcription est aussi présentée au lien :
http://telescoop.tv/browse/404163/1/enquete-de-sante.html

 

COMMENTAIRES :

Lu au lien https://www.youtube.com/watch?v=R-_wtsB7bWk :
franck rodiil

Ou sont-ils les véritables spécialistes de l'eau dans cette émission ? Les Jacques Collin, les Marc Henry, les apôtres de Louis Claude Vincent, de Viktor Schaubergerd etc.. Que des lobbyistes, des pseudo-spécialistes, des médecins .. parlons-en de la médecine, pas une heure de cours sur l'eau en 7 ans d'études de médecine alors que nous en sommes constitué à 70% en moyenne, bref.. Avec la TV nous sommes habitués ! Au passage et pour info, la seule chose à lire sur une étiquette d'une bouteille d'eau c'est son taux en minéraux. Trop élevé (au dessus de 100 ml/L ou ppM - voir le résidu sec à 180°c) c'est l'accumulation de minéraux non assimilables par notre organisme (maladies cardiovasculaires, problèmes rénaux etc..). Le reste c'est du vent (cations et anions).. même le pH est modifié une fois l'eau embouteillée. Si vous cherchez des oligo-éléments, des minéraux, des vitamines, vous les trouverez dans l'eau de mer Quinton (sérum Quinton).

Lu au lien : http://www.france5.fr/emission/enquete-de-sante/diffusion-du-28-01-2014-20h35

didier • Quid des caraffes filtrantes style "brita"?
• Répondre
Karim > didier • Personnellement j'ai essayé les carafes, c'est déjà un début de conscience de la problématique de l'eau. A l'heure actuelle j'ai trouvé mille fois mieux!!!! www.purificateurdeau.net depuis je revis ainsi que toute ma famille!!! c'est une solution pour toute la maison ou même en appartement.

Jacques De Witte
Comme d'habitude, on ne parle pas assez des causes en amont, en particulier des usages de pesticides, et des sommes en jeu sur le plan financier pour les multinationales qui les fabriquent. À quoi bon dépolluer de plus en plus si on ne commence pas par s'interroger sur ces usages intensifs de pesticides?
Les abeilles, dont le rôle est pourtant essentiel dans la pollinisation de nos fruits et légumes notre autres rôles, en font déjà les frais d'une manière dramatique.

Daniel Houdot
Les qualités organoleptiques de l'eau n'ont été revisitées depuis de 20 ans et les stations d'épurations ne traitent pas les résidus de médicaments qui arrivent a l'eau du robinet. Les poissons changent même de sexe dans les fleuves et rivières avec les hormones , le paracetamol, les anticoagulants, les perturbateurs endocriniens que l'on retrouve dans la Garonne par exemple. Un rapport n ' a t'il pas été remis au ministère de la santé !?




 


L'EAU, UN MARCHÉ SOUS PRESSION


France 5 - Documentaire - Dimanche 2 février 2014 à 16h00

Les questions que se posent les consommateurs autour de l'eau sont nombreuses.
Faut-il préférer celle du robinet ou celle en bouteille ?
Quels risquent encourent-ils en consommant l'une plutôt que l'autre ?
Quel avenir pour cette ressource naturelle ?


VIDÉO - SOMMAIRE - POUR ALLER PLUS LOIN - TRANSCRIPTION ÉCRITE - COMMENTAIRES -



(Re)voir l'intégralité du film au lien :
http://www.dailymotion.com/video/x229ars (54'11)


L'eau, un marché sous pression 2.02.2014 France 5 par conscience33


Revoir en replay (6 jours) :
http://www.france5.fr/emission/leau-un-marche-sous-pression



SOMMAIRE :

Présentation au lien http://www.france5.fr/emission/leau-un-marche-sous-pression

Les questions que se posent les consommateurs autour de l'eau sont nombreuses.
Faut-il préférer celle du robinet ou celle en bouteille ?
Quels risquent encourent-ils en consommant l'une plutôt que l'autre ?
Quel avenir pour cette ressource naturelle ?
En France, l'industrie de l'eau en bouteille génère environ 3,5 milliards d'euros de bénéfices par an et représente 2,5 % de l'industrie agroalimentaire.
Dans le même temps, la facture d'eau que doivent régler les particuliers s'alourdit régulièrement depuis 15 ans.
La qualité de l'eau, sous toutes ses formes, ne cesse quant à elle de se dégrader.
Sa mise aux normes de distribution s'avère de plus en plus coûteuse.
A l'occasion de la semaine de l'eau, des responsables de distribution, des minéraliers et des partisans de la remunicipalisation de l'eau décryptent ce marché, sous tension.



POUR ALLER PLUS LOIN :

POUR ALLER PLUS LOIN :

Le débat et le documentaire présenté le 28 janvier, avec la transcription écrite : #debat

Dossier "Eau" (avec les films "Water, le pouvoir de l'eau" et "L'eau-la vie"), au lien :
http://www.conscience33.fr/eau.html

Film : "On a retrouvé la mémoire de l'eau" :
http://www.conscience33.fr/on-a-retrouve-la-memoire-de-l-eau.html

Documentaire : L'eau, un marché sous pression" sur France 5 le 2 février 2014
http://www.france5.fr/emission/leau-un-marche-sous-pression


TRANSCRIPTION ÉCRITE DU DOCUMENTAIRE, À PARTIR DES SOUS-TITRES :


COMMENTAIRES :




 

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